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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Une aventure impr&#233;visible</title>
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		<dc:date>2014-04-16T01:10:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luciano Benvenuto, Santiago Bertolino, Hugo Samson</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>
		<dc:subject>Benvenuto, Luciano </dc:subject>
		<dc:subject>Bertolino, Santiago</dc:subject>
		<dc:subject>Samson, Hugo</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que le cin&#233;ma Excentris pr&#233;sentait en premi&#232;re le documentaire politique Carr&#233; rouge sur fond noir devant une salle bond&#233;e,T&#233;l&#233;-Qu&#233;bec diffusait la version courte (intitul&#233;e seulement Carr&#233; rouge) rejoignant un auditoire t&#233;l&#233;visuel de 65 000 personnes, cote d'&#233;coute inesp&#233;r&#233;e pour ce r&#233;seau. &#192; b&#226;bord ! a rencontr&#233; les deux r&#233;alisateurs afin d'en conna&#238;tre davantage sur leur exp&#233;rience filmique. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192;B ! : Comment est n&#233; ce projet de documentaire sur la gr&#232;ve &#233;tudiante vue de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-52-dec-2013-janv-2014-" rel="directory"&gt;No 052 - d&#233;c. 2013 / janv. 2014&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cinema-+" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Memoire-des-luttes-+" rel="tag"&gt;M&#233;moire des luttes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-etudiant-+" rel="tag"&gt;Mouvement &#233;tudiant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Benvenuto-Luciano-+" rel="tag"&gt;Benvenuto, Luciano &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bertolino-Santiago-+" rel="tag"&gt;Bertolino, Santiago&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Samson-Hugo-+" rel="tag"&gt;Samson, Hugo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1799.png?1642092153' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;315&#034; height=&#034;468&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En m&#234;me temps que le cin&#233;ma Excentris pr&#233;sentait en premi&#232;re le documentaire politique &lt;i&gt;Carr&#233; rouge sur fond noir&lt;/i&gt; devant une salle bond&#233;e,T&#233;l&#233;-Qu&#233;bec diffusait la version courte (intitul&#233;e seulement &lt;i&gt;Carr&#233; rouge&lt;/i&gt;) rejoignant un auditoire t&#233;l&#233;visuel de 65 000 personnes, cote d'&#233;coute inesp&#233;r&#233;e pour ce r&#233;seau. &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; a rencontr&#233; les deux r&#233;alisateurs afin d'en conna&#238;tre davantage sur leur exp&#233;rience filmique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B ! : Comment est n&#233; ce projet de documentaire sur la gr&#232;ve &#233;tudiante vue de l'int&#233;rieur de la classe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Santiago :&lt;/strong&gt; Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, j'ai fait plusieurs films sur des sujets &#224; caract&#232;re sociopolitique o&#249; je portais un regard critique sur les enjeux sociaux soulev&#233;s par la gestion n&#233;olib&#233;rale de nos soci&#233;t&#233;s. Sociologiquement, je m'int&#233;ressais surtout aux luttes populaires ainsi qu'au message port&#233; par ces groupes qui proposaient des alternatives. Bien que diffus&#233;s sur Internet, la port&#233;e de mes films restait n&#233;anmoins confin&#233;e &#224; un public restreint de militants convaincus. Je voulais explorer une nouvelle d&#233;marche cr&#233;atrice pour passer du documentaire militant au documentaire politique d'auteur. C'est le saut que j'ai fait avec &lt;i&gt;Carr&#233; rouge&lt;/i&gt; en me rapprochant du c&#244;t&#233; humain des intervenants, en suivant les gens longtemps, en traquant en cin&#233;ma direct leurs &#233;motions, leurs questionnements, leurs doutes et autocritiques tout en pr&#233;sentant la justesse de leur cause et le sens de leurs revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet de la gr&#232;ve &#233;tudiante s'est impos&#233; de lui-m&#234;me. Comme on avait une bonne connaissance du mouvement &#233;tudiant (pour ne pas dire certaines accointances), les perspectives d'une gr&#232;ve &#233;tudiante contre l'augmentation des frais de scolarit&#233; nous sont apparues tr&#232;s t&#244;t un sujet prometteur. C'est ainsi que d&#232;s janvier 2012, Hugo et moi, on s'est mis &#224; filmer. On avait l'intuition que cette lutte &#233;tudiante serait importante, mais jamais qu'elle durerait neuf mois avec une telle ampleur, qu'elle deviendrait historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hugo : &lt;/strong&gt; Dans une optique de r&#233;aliser un documentaire, &#231;a prend habituellement 2 &#224; 3 mois pour faire ta recherche. Tu filmes un peu, tu cr&#233;es des liens, tu cherches des sujets, des personnages &#224; suivre, des &#233;v&#233;nements r&#233;v&#233;lateurs. Tu &#233;labores les grandes lignes de ton projet et puis tu commences &#224; filmer quand les gens sont familiers avec toi, qu'ils te font confiance surtout en cin&#233;ma direct. Donc au d&#233;but on faisait notre recherche de sujets et de personnages. On filmait les assembl&#233;es &#233;tudiantes qui prenaient des votes de gr&#232;ve, les interventions des membres de la classe, les piquetages et les occupations d'institutions d'enseignement. Mais au fur et &#224; mesure qu'on couvrait les &#233;v&#233;nements, on s'est vite rendu compte que l'histoire &#233;tait en train de se faire pendant qu'on filmait. Pire qu'elle s'acc&#233;l&#233;rait avec la mont&#233;e et la force du mouvement. On s'est donc mis rapidement en mode hyperactif dans ce climat f&#233;brile, aux aguets et &#224; l'aff&#251;t de la moindre action &#233;tudiante ou polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B ! : Comment avez-vous obtenu la confiance de l'ex&#233;cutif de la classe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Santiago : &lt;/strong&gt; On leur a pr&#233;sent&#233; notre projet et lors de notre rencontre, on a &#233;t&#233; agr&#233;ablement surpris de leurs r&#233;actions. D'abord, il faut dire qu'&#224; la classe le concept de d&#233;mocratie directe n'est pas un concept creux, mais bien une r&#233;alit&#233; qui se vit sur le mode de la transparence, d'o&#249; leur int&#233;r&#234;t &#224; ce que ce soit film&#233; pour en t&#233;moigner. Ensuite, ils &#233;taient enchant&#233;s par notre approche du cin&#233;ma direct qui nous permettrait de porter un regard intime de l'int&#233;rieur de la classe tout au long du conflit. C'est comme si pour eux cin&#233;ma direct et d&#233;mocratie directe allaient de pair : authenticit&#233; de la r&#233;alit&#233;, mais toujours impr&#233;visible... et un peu longuet !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hugo :&lt;/strong&gt; Les membres de la classe qui ont particip&#233; au film savaient tr&#232;s bien dans quoi ils s'embarquaient. Ils avaient confiance en nous et dans ce type de cin&#233;ma-v&#233;rit&#233;. Apr&#232;s quelques semaines d'adaptation r&#233;ciproque, on nous oubliait totalement dans le feu de l'action, d'autant plus qu'on travaillait avec des &#233;quipements HD tr&#232;s l&#233;gers. La complicit&#233; &#233;tant, on pouvait filmer de tr&#232;s pr&#232;s nos personnages sans perturber l'action. On avait une enti&#232;re libert&#233;. La seule fois, o&#249; il nous a &#233;t&#233; interdit de filmer ce fut lors des d&#233;bats sur le respect ou non de la loi sp&#233;ciale 78, et ce pour des raisons juridiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B ! : Comment s'est d&#233;roul&#233; la suite de la production de votre film ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hugo : &lt;/strong&gt; Je dirais que le film s'est d'abord fait instinctivement avec nos faibles ressources financi&#232;res pour se terminer dans l'urgence. On &#233;tait loin de penser qu'on &#233;tait &#224; r&#233;aliser un long m&#233;trage. &#192; la fin f&#233;vrier, apr&#232;s 2 mois de tournage, il est apparu &#233;vident qu'on ne pouvait pas continuer notre projet sans un soutien financier. Et &#231;a pressait d'autant plus que le conflit s'accentuait avec un mouvement &#233;tudiant de plus en plus massif et o&#249; la classe jouait un r&#244;le majeur. On a donc fait des d&#233;marches aupr&#232;s de maisons de production et on a demand&#233; une subvention &#224; la SODEC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Santiago :&lt;/strong&gt; Notre acc&#232;s privil&#233;gi&#233; &#224; la classe nous procurait un avantage ind&#233;niable. On avait capt&#233; des images in&#233;dites de la gen&#232;se du mouvement de gr&#232;ve &#233;tudiant que les autres m&#233;dias n'avaient pas. On &#233;tait les seuls &#224; avoir film&#233; les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, les membres de l'ex&#233;cutif de la classe en action et les premi&#232;res manifestations &#233;tudiantes. De plus, on avait trouv&#233; certains personnages qu'on voulait suivre comme Victoria lors de l'occupation du c&#233;gep du Vieux-Montr&#233;al et Philippe Lapointe qui est apparu lors du piquetage au c&#233;gep St-Laurent. Comme on &#233;tait avanc&#233; dans notre d&#233;marche et que tout le monde voyait que &#231;a devenait gros, on a reformul&#233; et r&#233;ajust&#233; notre projet en peaufinant les grandes lignes &#8211; avec un sc&#233;nario de 90 pages &#8211; et on l'a pr&#233;sent&#233; &#224; la SODEC qui nous a accord&#233; alors une subvention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB ! : En regard d'un documentaire politique, la subvention de la SODEC avait-elle des conditions ? Avez-vous d&#251; faire des concessions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Santiago :&lt;/strong&gt; Des conditions non. Des concessions, je dirais plut&#244;t des compromis inh&#233;rents &#224; l'institution. C'est in&#233;vitable. Tu le sais qu'&#224; la SODEC, il y a des bar&#232;mes &#224; respecter pour que ton projet de documentaire soit accept&#233; - d'autant plus si c'est un documentaire politique. C'est pourquoi on avait pris soin d'int&#233;grer, d&#232;s le d&#233;but de notre d&#233;marche, les ingr&#233;dients essentiels pour obtenir une subvention, &#224; savoir r&#233;aliser un film d'auteur o&#249; on introduit des personnages dont on suit l'&#233;volution en les abordant sous leurs aspects humains. Le focus doit &#234;tre ax&#233; sur le v&#233;cu r&#233;el et &#233;motionnel des individus selon une facture narrative conventionnelle. La trame humaine autour de certains personnages est essentielle. Tu sais aussi qu'ils veulent des t&#234;tes d'affiche, du GND, des sc&#232;nes sensationnalistes. Cela dit, on a donc fusionn&#233; ou plut&#244;t adapt&#233; notre style de cr&#233;ation avec les imp&#233;ratifs normatifs exig&#233;es par les institutions de diffusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B ! : &#192; quel moment T&#233;l&#233;-Qu&#233;bec est entr&#233; dans le cadre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Santiago : &lt;/strong&gt; Encore l&#224;, c'est un concours de circonstance comme l'&#233;tait la gr&#232;ve &#233;tudiante pour nous. On avait eu du flair, on &#233;tait l&#224; depuis le tout d&#233;but, on poss&#233;dait tous les &#233;l&#233;ments essentiels pour r&#233;aliser un film et comme la gr&#232;ve devenait historique un peu plus chaque jour tous les m&#233;dias officiels &#233;taient affam&#233;s. Tous les diffuseurs t&#233;l&#233; voulaient un film sur la gr&#232;ve &#233;tudiante, surtout T&#233;l&#233;-Qu&#233;bec qui n'a pas de bulletin d'information mais un mandat de traiter l'actualit&#233; et les enjeux sociaux. Comme notre projet &#233;tait fort avanc&#233; et qu'on y pr&#233;sentait de mani&#232;re in&#233;dite le point de vue int&#233;rieur de la classe, T&#233;l&#233;-Qu&#233;bec s'est embarqu&#233; mais en imposant certaines conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hugo : &lt;/strong&gt; L'implication de T&#233;l&#233;-Qu&#233;bec nous a cr&#233;e un sentiment d'urgence et nous a contraint &#224; des choix d&#233;chirants. TQ voulait que le film sorte plus t&#244;t que pr&#233;vu, au mois de mars. Avec 250 heures de mat&#233;riel &#224; traiter au montage, c'&#233;tait impossible, on n'&#233;tait pas assez avanc&#233; pour &#231;a. Trop stressant. De plus TQ exigeait l'exclusivit&#233; de la diffusion avant la projection en salle. On s'est entendu sur la date de sortie (fin ao&#251;t) avec deux versions, une longue pour la projection en salle et une courte pour la t&#233;l&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Santiago :&lt;/strong&gt; Par contre, l'entente avec TQ nous a permis d'engager une monteuse professionnelle, Andr&#233;a Henriquez, qui avait mont&#233; les films de Patricio Henriquez. On &#233;tait enthousiaste d'avoir une 3e personne qui, ayant v&#233;cu la gr&#232;ve de l'ext&#233;rieur, pouvait avec un &#339;il critique et exp&#233;riment&#233; nous apporter un certain recul. On s'est mis d'accord pour travailler un montage de facture plus classique, un montage avec une structure narrative chronologique pour suivre l'enchev&#234;trement complexe et la diversit&#233; des nombreux &#233;v&#233;nements qui se sont succ&#233;d&#233;s 9 mois durant. On a pu b&#233;n&#233;ficier &#233;galement d'une bande sonore travaill&#233;e et enrichie par la musique de Ren&#233; Lussier qui rythme la tension et l'atmosph&#232;re du film. Une de nos insistances au montage &#233;tait le refus d'utiliser une &lt;i&gt;voix off&lt;/i&gt; &#224; des fins narratives. Le film devait se raconter de lui-m&#234;me pendant une heure et demie avec seulement des intertitres au besoin comme compl&#233;ment d'information. L&#224; r&#233;sidait notre d&#233;fi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B ! :&lt;/strong&gt; Quelle est la diff&#233;rence majeure entre les deux versions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hugo :&lt;/strong&gt; Pour la version courte, on a d&#251; enlever plus de 30 minutes. Plusieurs sc&#232;nes qui apportaient des &#233;l&#233;ments relatifs ou critiques au cours du d&#233;roulement des &#233;v&#233;nements ont &#233;t&#233; coup&#233;es au profit de la trame narrative principale. Par exemple, la version longue pr&#233;sente trois types d'occupation : au c&#233;gep du Vieux, au c&#233;gep de St-Laurent et &#224; l'UQAO. La version t&#233;l&#233; ne garde que la premi&#232;re qui fut la plus radicale, enlevant ainsi tout comparatif. On a supprim&#233; des subtilit&#233;s importantes. Que le titre de la version t&#233;l&#233; &lt;i&gt;Carr&#233; rouge&lt;/i&gt; soit amput&#233; de son deuxi&#232;me axiome &#8211;&lt;i&gt; sur fond noir &lt;/i&gt; &#8211; en dit beaucoup sur les concessions faites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B ! : Quelle est la r&#233;action du public apr&#232;s le visionnement du film ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Santiago : &lt;/strong&gt; Aux repr&#233;sentations que nous avons anim&#233;es, le film suscitait &#233;norm&#233;ment de discussions et de d&#233;bats. Souvent l'orientation du d&#233;bat variait selon l'affiliation politique de la majorit&#233; des individus de la salle (soit p&#233;quiste, solidaire, anarchiste ou autre). La perception qui nous importait le plus &#233;tait celle de gens de la classe et de ceux impliqu&#233;s dans le film. Ces derniers ont soulign&#233; unanimement notre souci d'honn&#234;tet&#233; et d'int&#233;grit&#233; &#224; bien repr&#233;senter les faits, les gestes et les propos des protagonistes sans d&#233;formation aucune. De la mani&#232;re que le film a &#233;t&#233; re&#231;u, j'en retiens plusieurs points positifs. D'abord qu'il est possible de faire du film politique d'auteur et, quoi qu'en disent certains critiques, d'en faire une &#339;uvre esth&#233;tique. Il y a des avenues qui s'ouvrent au documentaire, car il y a un public int&#233;ress&#233; aux films politiques. Qu'&#224; titre de documentaire politique et social, notre film remplit bien sa mission en suscitant d&#233;bats et discussions. Finalement, le film &lt;i&gt;Carr&#233; rouge sur fond noir &lt;/i&gt; constitue une trace mat&#233;rielle et vivante de cette gr&#232;ve &#233;tudiante vue de l'int&#233;rieur de la classe, &#233;chappant ainsi &#224; toute d&#233;formation historique et &#224; l'amn&#233;sie de la m&#233;moire du temps. Gr&#226;ce &#224; la r&#233;alisation de ce film, on l&#232;gue pour l'avenir beaucoup d'archives visuelles tra&#231;ant un portrait social d'ensemble de ce que fut ce Printemps &#233;rable au Qu&#233;bec en 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Luciano Benvenuto&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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