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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Un Ras-le-bol collectif</title>
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		<dc:date>2014-04-15T23:10:05Z</dc:date>
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		<dc:creator>Corinne Lachance, Caroline Monast-Landriault</dc:creator>


		<dc:subject>Lachance, Corinne</dc:subject>
		<dc:subject>Monast-Landriault, Caroline</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est par la distribution de centaines de repas gratuits les jeudis soir et les mardis midis que le Ras-le-bol, un groupe autonome form&#233; d'&#233;tudiantes de l'UQAM, se fait conna&#238;tre. Directement inspir&#233; des soupes populaires People's Potato (&#224; Concordia) et Midnight's Kitchen (&#224; McGill), le Ras-le-bol a d'abord comme objectif de contrer la pauvret&#233; &#233;tudiante grandissante, mais caresse &#233;galement l'envie de cr&#233;er un espace collectif rassembleur permettant l'&#233;change d'id&#233;es, la construction de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-50-ete-2013-" rel="directory"&gt;No 050 - &#233;t&#233; 2013&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1771.png?1642092152' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;430&#034; height=&#034;320&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est par la distribution de centaines de repas gratuits les jeudis soir et les mardis midis que le Ras-le-bol, un groupe autonome form&#233; d'&#233;tudiantes de l'UQAM, se fait conna&#238;tre. Directement inspir&#233; des soupes populaires People's Potato (&#224; Concordia) et Midnight's Kitchen (&#224; McGill), le Ras-le-bol a d'abord comme objectif de contrer la pauvret&#233; &#233;tudiante grandissante, mais caresse &#233;galement l'envie de cr&#233;er un espace collectif rassembleur permettant l'&#233;change d'id&#233;es, la construction de d&#233;bats, l'apprentissage r&#233;ciproque et la d&#233;tente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N'ayant aucun local &#224; sa disposition sur son propre campus, le Ras-le-bol pr&#233;pare ses plats dans la cuisine du People's Potatoe. Les personnes participant au projet transportent ensuite les centaines de repas pr&#233;par&#233;s de Concordia au pavillon central de l'UQAM, plus exactement au deuxi&#232;me &#233;tage du pavillon Judith-Jasmin, devant le local d'une cuisine inutilis&#233;e dont ils et elles r&#233;clament l'acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Soif d'apprendre, faim au ventre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir pay&#233; les droits de scolarit&#233;, le loyer, la carte OPUS, le mat&#233;riel scolaire et les d&#233;penses personnelles, le budget allou&#233; &#224; l'alimentation a maigre allure et c'est souvent dans celui-ci que les &#233;tudiantes coupent. Par ailleurs, apr&#232;s le temps allou&#233; aux cours universitaires, aux &#233;tudes et au travail, le temps restant, partag&#233; entre loisirs et corv&#233;es, ne laisse que peu de place pour se concocter des plats abordables et nutritifs. Le Ras-le-bol se veut donc une aide alimentaire pour les &#233;tudiantes. Cela dit, bien que connu sous la banni&#232;re de soupe populaire, ce groupe cherche &#233;galement &#224; cr&#233;er un espace rassembleur suscitant le sentiment de camaraderie qui permet aux &#233;tudiantes de sortir de leur isolement et de s'organiser collectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lieu de distribution devient donc un enjeu crucial. Depuis plusieurs semaines, le collectif du Ras-le-bol et l'administration de l'universit&#233; se rencontrent dans le but de d&#233;finir ce que serait le projet de soupe populaire de l'UQAM et o&#249; il pourrait s'implanter. Le projet de soupe populaire et de cuisine collective n'est cependant pas un nouveau-n&#233; de 2013, plusieurs ann&#233;es de militantisme se cachent derri&#232;re celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Historique de la cuisine populaire &#224; l'UQAM&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout commence avec la fondation en 2001 de l'Agite-bouffe, un collectif qui r&#233;cup&#232;re de la nourriture gr&#226;ce au glanage dans les poubelles (&#171; &lt;i&gt;dumpster diving&lt;/i&gt; &#187;) et distribue des repas v&#233;g&#233;tariens &#224; la communaut&#233; &#233;tudiante de l'UQAM. Durant la gr&#232;ve de 2005, l'initiative se poursuit. L'administration donne du fil &#224; retordre au collectif : elle coupe l'alimentation &#233;lectrique du local pour qu'il ne puisse plus utiliser leurs ronds &#233;lectriques. Une poign&#233;e de membres de l'Agite-bouffe essaie alors la voie &#171; bureaucratique &#187; avec la cr&#233;ation du projet du Collectif &#233;tudiant de transformation alimentaire et &#233;cologique (C&#201;TAC&#201;), officiellement reconnu en 2007 comme comit&#233; du Groupe de recherche en int&#233;r&#234;t public (GRIP-UQAM). &#201;tant d&#233;sormais un groupe reconnu, le collectif ne peut plus distribuer de nourriture sur le campus avant d'avoir les installations appropri&#233;es sans d&#233;roger aux r&#232;gles de l'universit&#233;. En f&#233;vrier 2009, le C&#201;TAC&#201; d&#233;pose un projet de cuisine collective aux services &#224; la vie &#233;tudiante (SVE), une instance administrative qui s&#233;pare les &#233;tudiantes de la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 2011, le dossier stagne toujours. Le collectif en a marre d'attendre et enclenche une escalade des moyens de pression. Il d&#233;cide de faire fi des r&#232;gles en r&#233;alisant son but premier : nourrir la communaut&#233; uqamienne. Un mois plus tard, le collectif re&#231;oit des menaces de la part des SVE : &#171; &lt;i&gt;Par le non-respect des r&#232;glements de l'institution, vous vous exposez &#224; une perte de reconnaissance en tant que groupe &#233;tudiant universitaire &lt;/i&gt; [et au] &lt;i&gt;retrait des ressources attribu&#233;es &#224; votre groupe (local, ligne t&#233;l&#233;phonique)&lt;/i&gt;. &#187; La menace n'&#233;tant pas adress&#233;e uniquement au C&#201;TAC&#201;, mais au GRIP-UQAM, la distribution d'un seul repas gratuit sur le campus entra&#238;nerait la fermeture de tous ses comit&#233;s. Elle n'est donc plus possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, en f&#233;vrier 2012, le C&#201;TAC&#201; profite de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e pour faire des actions directes : distribution de tracts et de collations dans les manifestations, repas populaires durant les assembl&#233;es et activit&#233;s reli&#233;es &#224; la gr&#232;ve. En d&#233;cembre 2012, une fois la gr&#232;ve termin&#233;e, en r&#233;ponse &#224; la menace des SVE, les militants et militantes d&#233;cident de cr&#233;er en parall&#232;le et ind&#233;pendamment du C&#201;TAC&#201; un projet de soupe populaire, le Ras-le-bol. Celui-ci, puisqu'ind&#233;pendant et en dehors de toute institution, peut passer outre aux r&#232;glements de l'UQAM sans qu'il y ait de cons&#233;quences pour ses pairs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 24 janvier 2013, le Ras-le-bol sert donc des repas populaires, accueillant des centaines d'&#233;tudiantes devant la cuisine inutilis&#233;e dont ils et elles revendiquent l'acc&#232;s. En soir&#233;e, en plus des repas, sont organis&#233;s des spectacles de musique et des conf&#233;rences sur l'alimentation. L'engouement de la communaut&#233; uqamienne et la couverture m&#233;diatique n'ont jamais &#233;t&#233; aussi importants. Le Ras-le-bol s'est fait un nom au sein de la communaut&#233; universitaire et au-del&#224; des murs de son campus. Le collectif n'a cependant toujours pas de local de distribution ni de cuisine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un syndicat inquiet&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs enjeux freinent l'implantation compl&#232;te du Ras-le-bol. Entre autres, la possibilit&#233; d'entrer en comp&#233;tition avec la caf&#233;t&#233;ria de l'UQAM et ainsi affecter la s&#233;curit&#233; d'emplois de ses employ&#233;es ; une crainte partag&#233;e &#224; la fois par le syndicat des employ&#233;es de l'UQAM (SEUQAM) et par l'administration qui ne d&#233;sire pas aller &#224; l'encontre du syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette crainte l&#233;gitime, les membres du Ras-le-bol tentent de rassurer le SEUQAM en affirmant que les b&#233;n&#233;ficiaires d'une soupe populaire n'ont pas les moyens de consommer &#224; la caf&#233;t&#233;ria, dont les prix faramineux bloquent l'acc&#232;s &#224; un grand nombre d'&#233;tudiantes. De surcro&#238;t, les repas servis par le Ras-le-bol sont v&#233;g&#233;taliens, une alternative alimentaire qui n'est pas offerte par la caf&#233;t&#233;ria de l'UQAM. D'ailleurs selon les chiffres de vente de la caf&#233;t&#233;ria, les d&#238;ners populaires du Ras-le-bol n'ont pas affect&#233; les profits r&#233;alis&#233;s. En revanche, au-del&#224; de cette logique de profit et de non-comp&#233;titivit&#233;, le Ras-le-Bol lutte contre une r&#233;alit&#233; trop pr&#233;sente sur le campus : la pr&#233;carit&#233; &#233;tudiante, qui justifie &#224; elle seule l'existence d'une soupe populaire &#224; l'UQAM. L'enjeu pour l'universit&#233; serait donc &#224; la fois d'accueillir la soupe populaire sans avoir &#224; faire de mise &#224; pied de ses employ&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien plus qu'un projet en chantier, le Ras-le-bol a d&#233;sormais pris une place tangible sur le campus et dans le quotidien des &#233;tudiantes. Le projet ne peut d&#233;sormais qu'aller de l'avant. Reste maintenant &#224; savoir comment va-t-il se concr&#233;tiser.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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