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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Quelques r&#233;flexions sur la crise, les crises</title>
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		<dc:date>2014-03-03T05:07:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie L&#233;ger</dc:creator>


		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;ger, Marie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le num&#233;ro 54 d'&#192; B&#226;bord (date de sortie : avril 2014) portera sur les r&#233;sistances autochtones. En attendant sa parution, nous avons d&#233;cid&#233; de publier ce texte envoy&#233; par une lectrice, Marie L&#233;ger, en version &#233;lectronique. Il a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; &#224; l'&#233;v&#233;nement &#171; R&#233;sistance &#224; la crise &#187; de Mots et images de la r&#233;sistance le 12 novembre dernier. &lt;br class='autobr' /&gt; Crise environnementale et changements climatiques, crise de valeurs, crise de confiance, crise du mod&#232;le politique et &#233;conomique, crise humanitaire ; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Resistances-autochtones-" rel="directory"&gt;Dossier : R&#233;sistances autochtones&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Conflits-droits-humains-et-+" rel="tag"&gt;Conflits, droits humains et impunit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Leger-Marie-+" rel="tag"&gt;L&#233;ger, Marie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le num&#233;ro 54 d'&#192; B&#226;bord (date de sortie : avril 2014) portera sur les r&#233;sistances autochtones. &lt;br class='autobr' /&gt;
En attendant sa parution, nous avons d&#233;cid&#233; de publier ce texte envoy&#233; par une lectrice, Marie L&#233;ger, en version &#233;lectronique. Il a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; &#224; l'&#233;v&#233;nement &#171; R&#233;sistance &#224; la crise &#187; de Mots et images de la r&#233;sistance le 12 novembre dernier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Crise environnementale et changements climatiques, crise de valeurs, crise de confiance, crise du mod&#232;le politique et &#233;conomique, crise humanitaire ; toutes ces crises qui se bousculent dans ma t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les compagnies mini&#232;res, leurs alli&#233;s qui tentent d'accaparer les derni&#232;res ressources encore non exploit&#233;es et qui sont, &#244; surprise, sur des territoires autochtones. En Amazonie, des peuples en isolement volontaire qui fuient la &#171; civilisation &#187; depuis l'arriv&#233;e des colons il y a 500 ans et qui doivent reculer chaque jour devant les machines avaleuses d'arbres et creuseuses de trous, mais qui se font attraper par des maladies contre lesquelles ils n'ont pas d'anticorps. Dans l'arctique, parce que la banquise fond, les ours polaires ne savent plus o&#249; aller et se retrouvent dans les villages inuit au grand dam des b&#234;tes et des gens. Les caribous de l'Ungava dont le nombre diminue de fa&#231;on dramatique chaque ann&#233;e ; ils &#233;taient 800 000 dans les ann&#233;es 1990 et 26 000 seulement l'ann&#233;e derni&#232;re. Les phoques dont il ne faut pas manger les abats parce que trop contamin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Peuples et cultures en danger&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des 104 peuples autochtones qui existent en Colombie, la moiti&#233; est &#224; risque d'extinction d'ici la prochaine g&#233;n&#233;ration &#224; cause du conflit arm&#233;, de l'exploitation des ressources naturelles et du trafic de drogue. Faudra-t-il une liste des peuples en voie de disparition (comme pour les baleines) pour que l'humanit&#233; se pr&#233;occupe de la disparition d'une partie de son savoir, de sa sagesse ? Et puis, 75 % des presque 3 000 langues en voie de disparition sont des langues autochtones selon les chiffres de l'UNESCO. Des mots qui d&#233;crivent la po&#233;sie du monde, l'usage des plantes, la personnalit&#233; des animaux, les particularit&#233;s des lieux s'effacent chaque jour et avec eux notre capacit&#233; de comprendre la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Canada et au Qu&#233;bec, les enfants autochtones confi&#233;s &#224; des familles non autochtones sont plus nombreux &#224; quitter leur communaut&#233; que ne l'&#233;taient leurs grands-parents au moment des pensionnats. Les m&#232;res autochtones qui ne souhaitent pas inscrire le nom du p&#232;re de leur enfant sur le registre indien parce qu'ils sont violents ou alors parce qu'elles ne souhaitent pas, ne peuvent pas, transmettre leur plein statut l&#233;gal d'autochtone : l'ethnocide silencieux continue... Et c'est sans compter les vagues successives de suicide, les logements surpeupl&#233;s et les territoires usurp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous, nous serons pauvres : pauvres des savoirs aval&#233;s par le soi-disant d&#233;veloppement, pauvres de la sagesse disparue de ces cultures mill&#233;naires, pauvres de l'absence de leurs spiritualit&#233;s enracin&#233;es dans le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Autochtones r&#233;sistent depuis plus de 500 ans. C'est notre regard qui se d&#233;tourne trop souvent de leurs signaux, nos oreilles qui se font sourdes &#224; leurs appels, &#224; leurs cris. Pour eux, la crise est totale et elle constitue une attaque en r&#232;gle &#224; leur essence m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un long chemin vers la dignit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais depuis un an, Idle No More semble enfin commencer &#224; percer le mur du silence et de notre indiff&#233;rence. La plume rouge a succ&#233;d&#233; au carr&#233; rouge et entre eux il y a des complicit&#233;s, notamment la r&#233;sistance &#224; la logique implacable du march&#233; qui nous m&#232;ne &#224; vitesse grand V dans l'impasse environnementale, humaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Idle No More a &#233;t&#233; amorc&#233; par des jeunes femmes urbaines, dans l'ouest du Canada et au Qu&#233;bec et il s'est propag&#233; comme une tra&#238;n&#233;e de poudre. Partout au Canada, des Autochtones ont commenc&#233; &#224; danser dans les centres d'achat, entra&#238;nant avec eux une vague de sympathie toute nouvelle et humanisant soudain les temples du consum&#233;risme. Idle No More est un mouvement sans chef et sans organisation. Il se r&#233;pand par Internet, fort de ses 125 000 ami&#8226;e&#8226;s Facebook. Il est n&#233; en r&#233;action au projet de loi mammouth du gouvernement Harper (C-45) qui permet la privatisation des terres autochtones et modifie la l&#233;gislation sur les voies navigables, mais il est aussi et peut-&#234;tre surtout un mouvement culturel. Il vise &#224; rendre visible la culture des Autochtones et ses valeurs de conservation, &#224; tendre la main aux autres Canadien&#8226;ne&#8226;s et Qu&#233;b&#233;cois&#8226;es, mais il est aussi une affirmation identitaire pour les Autochtones eux-m&#234;mes. Qu'on pense &#224; ces jeunes Cris qui sont partis de la baie James avec des raquettes et des v&#234;tements traditionnels et qui ont march&#233; 1 600 km depuis Whapmagoostui jusqu'&#224; Ottawa. Ils &#233;taient 6 au d&#233;part, plus de 100 &#224; l'arriv&#233;e, et ils &#233;taient attendus par 4 000 personnes sur la colline parlementaire. On se souviendra que ce jour-l&#224;, Stephen Harper &#233;tait all&#233; accueillir &#224; l'a&#233;roport Pearson... des pandas chinois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carr&#233; rouge et plume rouge, pas seulement r&#233;action, mais aussi cr&#233;ation ! Qu'en restera-t-il ? Qu'en ferons-nous ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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