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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Environnement. Est-on en train de manquer le bateau ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Est-on-en-train-de-manquer-le-bateau</link>
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		<dc:date>2023-08-16T01:23:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Bernier</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Bernier, Dominique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis plus d'un si&#232;cle, le monde syndical a &#233;t&#233; &#224; l'avant-sc&#232;ne des avanc&#233;es sociales. Mais qu'en est-il de la question environnementale ? Pouvons-nous encore esp&#233;rer une transition harmonieuse vers une soci&#233;t&#233; &#233;nerg&#233;tiquement plus sobre tout en conservant un niveau de vie d&#233;cent et sans trop affecter les emplois et les conditions de travail ? &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s les ann&#233;es 1990, des syndicats se sont regroup&#233;s pour sonner l'alarme concernant la crise climatique &#8211; et plus largement, la crise &#233;cologique &#8211; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Syndicalisme-comment-faire-mieux-" rel="directory"&gt;Dossier - Syndicalisme : comment faire mieux ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bernier-Dominique-+" rel="tag"&gt;Bernier, Dominique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/234234-2.png?1692148905' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;427&#034; height=&#034;393&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis plus d'un si&#232;cle, le monde syndical a &#233;t&#233; &#224; l'avant-sc&#232;ne des avanc&#233;es sociales. Mais qu'en est-il de la question environnementale ? Pouvons-nous encore esp&#233;rer une transition harmonieuse vers une soci&#233;t&#233; &#233;nerg&#233;tiquement plus sobre tout en conservant un niveau de vie d&#233;cent et sans trop affecter les emplois et les conditions de travail ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s les ann&#233;es 1990, des syndicats se sont regroup&#233;s pour sonner l'alarme concernant la crise climatique &#8211; et plus largement, la crise &#233;cologique &#8211; en martelant qu'il n'y a pas d'emploi sur une plan&#232;te morte. Le concept de &lt;em&gt;transition juste&lt;/em&gt; a ainsi &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; pour faire pression sur les gouvernements afin que des actions concr&#232;tes soient mises en &#339;uvre pour enrayer les changements climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur du concept de transition juste se trouve &#233;galement une revendication cl&#233;. Pour le monde syndical, il n'&#233;tait pas question que la transition vers une soci&#233;t&#233; sobre en carbone se fasse sur le dos de travailleuses et travailleurs risquant de voir dispara&#238;tre leur gagne-pain dans les secteurs industriels lourds. D&#232;s le d&#233;but, nous avions ainsi l'amorce d'un arrimage &#233;troit entre &#233;cologie et justice sociale, arrimage qui s'est peaufin&#233; et &#233;largi au fil du temps. En plus de l'impact de la transition &#233;cologique sur les travailleurs et les travailleuses, le monde syndical s'est vite rendu compte que l'impact sur les communaut&#233;s &#8211; et en particulier sur les plus vuln&#233;rables &#8211; devait imp&#233;rativement &#234;tre consid&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la transition juste consiste en un ensemble de principes, de processus et de pratiques visant &#224; ce que les r&#233;ponses aux deux d&#233;fis de ce si&#232;cle &#8211; protection de l'environnement et protection sociale &#8211; se renforcent mutuellement au lieu de s'opposer. C'est faire de la transition &#233;cologique un outil de justice sociale et de la justice sociale un moteur de la transition &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis de nombreuses ann&#233;es, le monde syndical joue un r&#244;le cl&#233; au sein des n&#233;gociations internationales sur le climat. Il rappelle aux d&#233;cideur&#183;euses tent&#233;&#183;es de miser sur un capitalisme vert qu'une r&#233;elle transition ne doit laisser personne derri&#232;re et implique des changements syst&#233;miques au sein de notre &#233;conomie et de nos soci&#233;t&#233;s, lesquels ne peuvent &#234;tre mis en place sans un r&#233;el dialogue social.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des initiatives porteuses d'espoir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien que beaucoup de chemin reste &#224; parcourir, les initiatives syndicales visant &#224; r&#233;duire l'empreinte &#233;cologique dans une optique de transition juste ne manquent pas. Au Qu&#233;bec, la FTQ, qui rassemble une majorit&#233; de travailleurs et de travailleuses des secteurs &#224; forte empreinte carbone, a adopt&#233; sa toute premi&#232;re r&#233;solution visant une protection de l'environnement en 1962. En 2014, l'organisation a amorc&#233; un dialogue avec des ONG environnementales et des repr&#233;sentant&#183;es de communaut&#233;s autochtones pour mieux arrimer les questions d'&#233;cologie et d'emploi. En 2015, des repr&#233;sentant&#183;es de la FTQ &#233;taient pr&#233;sent&#183;es &#224; la COP21, o&#249; l'Accord de Paris a &#233;t&#233; conclu, et l'organisation a adopt&#233;, en 2016, une D&#233;claration de politique sur les changements climatiques intitul&#233;e &lt;em&gt;Changeons le Qu&#233;bec&lt;/em&gt;, pas le climat ! La F&#233;d&#233;ration a aussi publi&#233;, en 2019, un &lt;em&gt;R&#233;pertoire des pratiques syndicales en transition juste&lt;/em&gt; fournissant un grand nombre d'exemples concrets permettant de transformer les milieux de travail en fonction d'imp&#233;ratifs environnementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche de la FTQ en ce qui concerne la transition juste se d&#233;cline en trois volets : une transition juste pr&#233;ventive, r&#233;paratrice et transformatrice. Le volet pr&#233;ventif a pour objectif de pr&#233;venir les pertes d'emploi en incitant les travailleuses et les travailleurs &#224; &#234;tre davantage acteur&#183;trices que spectateur&#183;trices devant les changements &#224; venir et &#224; travailler d&#232;s maintenant &#224; la d&#233;carbonation de leur milieu de travail. Le volet r&#233;parateur vise &#224; att&#233;nuer les pertes d'emplois en mettant en place des m&#233;canismes permettant la requalification des travailleurs et des travailleuses et en revendiquant un filet social ad&#233;quat. Enfin, le volet transformateur mise sur le d&#233;veloppement de structures de concertation dans les r&#233;gions touch&#233;es afin de favoriser le dialogue social pour agir sur l'ensemble des composantes de la communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la CSQ, c'est le rapport &lt;em&gt;Notre avenir&lt;/em&gt; &#224; tous (commun&#233;ment appel&#233; rapport Brundtland), publi&#233; en 1987 par la Commission mondiale sur l'environnement et le d&#233;veloppement de l'ONU, qui a &#233;t&#233; l'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur d'une prise de conscience importante au sein de l'organisation. La centrale syndicale, qui rassemblait &#8211; et rassemble toujours &#8211; majoritairement des membres issu&#183;es du personnel de l'&#233;ducation, de la petite enfance &#224; l'universit&#233;, a alors r&#233;pondu &#224; l'appel de sa base militante pour cr&#233;er en 1993 ce qui se nommait alors le r&#233;seau des &#201;tablissements verts Brundtland (EVB-CSQ). Un EVB, comme on aimait le dire &#224; l'&#233;poque, c'est un &#233;tablissement o&#249; l'on &#233;duque et agit pour un monde viable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil du temps, le r&#233;seau EVB-CSQ a publi&#233; un grand nombre de trousses p&#233;dagogiques permettant &#224; ses membres d'int&#233;grer les notions d'&#233;ducation relative &#224; l'environnement et &#224; la citoyennet&#233; dans leur pratique p&#233;dagogique, mais aussi de mettre en place des activit&#233;s structurantes pour r&#233;duire l'empreinte &#233;cologique des &#233;tablissements et offrir des occasions d'engagement social et environnemental aux enfants d'&#226;ge pr&#233;scolaire, aux &#233;l&#232;ves et &#233;tudiant&#183;es. Quatre valeurs guident ce mouvement depuis les tout d&#233;buts : l'&#233;cologie, la solidarit&#233;, la d&#233;mocratie et le pacifisme. Pour la CSQ, la protection de l'environnement a donc toujours &#233;t&#233; indissociable de la notion de justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2020, pour mieux faire face &#224; l'urgence des enjeux contemporains et r&#233;pondre de fa&#231;on plus adapt&#233;e aux besoins changeants de ses membres, le r&#233;seau EVB a amorc&#233; un grand virage en faveur de la transition juste, lequel s'est traduit notamment par un changement de nom. Le Mouvement d'action collective en transition environnementale et sociale de la CSQ &#8211; le Mouvement ACTES &#8211; a vu le jour. Bien plus qu'un nouveau nom, le Mouvement ACTES apporte une nouvelle philosophie visant &#224; syst&#233;matiser les actions en faveur de ses quatre valeurs fondatrices, et notamment &#224; mettre en &#339;uvre une transition &#233;cologique juste des milieux de travail, en soutenant ses membres par le biais de nouveaux outils et services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les autres initiatives, il faut noter qu'un grand nombre d'organisations syndicales ont aussi pris des engagements visant &#224; atteindre la carboneutralit&#233;, voire le z&#233;ro carbone dans leurs activit&#233;s. C'est notamment le cas du SFPQ, de la CSQ et de certains syndicats affili&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un chemin parsem&#233; d'obstacles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces initiatives porteuses, un grand nombre d'emb&#251;ches se dressent devant la bonne volont&#233; des syndicats. 40 ans de n&#233;olib&#233;ralisme ont affaibli le tissu social et nourri l'individualisme, ce qui entra&#238;ne des r&#233;percussions sur l'ensemble des mouvements sociaux, et le monde syndical ne fait pas exception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement mise sur la division pour mieux imposer ses politiques r&#233;gressives. Ce qu'on a constat&#233; apr&#232;s l'adoption en 2015 de la loi 10&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : La Loi 10 a restructur&#233; le r&#233;seau de la sant&#233; en abolissant les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mise en &#339;uvre dans le domaine de la sant&#233; par le ministre Ga&#233;tan Barrette, qui a forc&#233; les organisations syndicales &#224; s'affronter sans merci. Le maraudage qui en a d&#233;coul&#233; a encore des effets sur la coh&#233;sion syndicale. Dans le cadre des derni&#232;res n&#233;gociations du secteur public et, plus r&#233;cemment, celles des CPE, le gouvernement a une fois de plus opt&#233; pour la politique de la division en montant cette fois certaines cat&#233;gories de travailleuses et de travailleurs les unes contre les autres au moyen d'offres salariales aussi diff&#233;renci&#233;es qu'in&#233;quitables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le mod&#232;le de gestion mis en place dans le secteur public et dans un grand nombre d'entreprises, de m&#234;me que l'endettement chronique des m&#233;nages li&#233; directement &#224; la r&#233;duction du pouvoir d'achat et &#224; l'accroissement des in&#233;galit&#233;s, placent les gens en mode survie et rendent tr&#232;s difficile toute tentative de mobilisation en faveur d'une transition juste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'action collective comme voie d'avenir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'ampleur de la t&#226;che pour lutter contre le r&#233;chauffement climatique est telle, les changements requis si profonds, qu'il est inconcevable de ne miser que sur les gestes individuels, ou m&#234;me sur le leadership d'une seule organisation, pour faire une r&#233;elle diff&#233;rence. Les d&#233;cennies d'inaction des gouvernements nous montrent &#233;galement qu'il y a peu &#224; attendre d'eux. Seule une action concert&#233;e de grande envergure pourra entrainer les changements syst&#233;miques qui s'imposent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde syndical qu&#233;b&#233;cois s'est dot&#233; cette ann&#233;e d'une coalition &#8211; le R&#233;seau intersyndical pour le climat (RIC) &#8211; qui se veut autant une communaut&#233; de pratique pour les acteur&#183;trices syndicaux&#183;cales qu'un organe de mobilisation des membres de la base en faveur de la transition juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le Front commun pour la transition &#233;nerg&#233;tique (FCT&#201;) rassemble 90 organisations du Qu&#233;bec r&#233;parties en cinq cat&#233;gories &#8211; syndicats, ONG environnementales, groupes citoyens, jeunes et groupes communautaires &#8211; dans le but de mettre en &#339;uvre une transition porteuse de justice sociale &#224; toutes les &#233;chelles de la soci&#233;t&#233;. Puisque les organisations membres rassemblent au total plus de 1,8 million de personnes, le potentiel de mobilisation de cette coalition est &#233;norme. C'est le pari qu'elle s'est donn&#233; avec la mise en &#339;uvre des Collectivit&#233;s Z&#233;N (z&#233;ro &#233;mission nette), une approche concert&#233;e d&#233;j&#224; active sur quatre territoires, qui vise le d&#233;ploiement de quatre nouveaux chantiers territoriaux chaque ann&#233;e. Ce sera aussi le cas des Chantiers Z&#233;N en milieu de travail, une nouvelle approche visant &#224; faciliter, soutenir et propulser une prise en charge collective de la transition juste des entreprises et des institutions par les travailleuses et les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations syndicales sont &#224; l'image de la soci&#233;t&#233; et il est in&#233;vitable que leurs membres suivent les tendances actuelles dans leur diversit&#233;, de fa&#231;on parfois contradictoire. Plusieurs n'&#233;chappent pas au repli identitaire et certains revendiquent davantage des privil&#232;ges individuels que des choix collectifs en faveur du bien commun. Les syndicats se voient parfois forc&#233;s d'avoir recours &#224; un certain client&#233;lisme pour conserver leur membership, qui leur conf&#232;re la capacit&#233; d'agir en tant que force progressiste au sein de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les organisations syndicales sont &#224; pied d'&#339;uvre depuis tr&#232;s longtemps pour faire valoir le caract&#232;re incontournable d'une transition juste et ne m&#233;nagent pas les efforts pour faciliter une prise en charge collective des solutions. Est-ce que ce sera suffisant ? Les changements seront-ils assez rapides ? L'avenir nous le dira, mais l'arriv&#233;e sur le march&#233; du travail de jeunes travailleuses et travailleurs hautement conscient&#183;es du p&#233;ril climatique nous permet de garder espoir. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;NDLR : La Loi 10 a restructur&#233; le r&#233;seau de la sant&#233; en abolissant les agences r&#233;gionales et en centralisant l'administration dans des Centres int&#233;gr&#233;s de sant&#233; et de services sociaux (CISSS) couvrant de vastes territoires&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dominique Bernier est conseill&#232;re en environnement et transition juste &#224; la Centrale des syndicats du Qu&#233;bec (CSQ) o&#249; elle s'occupe notamment du Mouvement ACTES. Elle repr&#233;sente aussi la CSQ au comit&#233; de coordination du Front commun pour la transition &#233;nerg&#233;tique, dont elle est pr&#233;sidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Marielle-Jennifer Couture&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des services publics forts pour b&#226;tir la r&#233;silience</title>
		<link>https://www.ababord.org/Des-services-publics-forts-pour-batir-la-resilience</link>
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		<dc:date>2022-02-25T15:52:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Bernier</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Bernier, Dominique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La situation peu commune que nous vivons en contexte de pand&#233;mie nous permet de voir que lorsqu'il y a une r&#233;elle volont&#233; politique, des changements radicaux et rapides sont possibles. Il importe d'user de la m&#234;me diligence pour pr&#233;venir de nouvelles crises, dont celles qui d&#233;couleront, si rien n'est fait, des changements climatiques. En raison de leur statut unique, les services publics peuvent &#8211; et doivent &#8211; faire partie de la solution. &lt;br class='autobr' /&gt; Les services publics, comme l'&#233;cole et les soins (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Resilience-ecologique-Resistance-ou-resignation-" rel="directory"&gt;Dossier : R&#233;silience &#233;cologique. R&#233;sistance ou r&#233;signation ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bernier-Dominique-+" rel="tag"&gt;Bernier, Dominique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3237.jpg?1663621307' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;617&#034; height=&#034;749&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La situation peu commune que nous vivons en contexte de pand&#233;mie nous permet de voir que lorsqu'il y a une r&#233;elle volont&#233; politique, des changements radicaux et rapides sont possibles. Il importe d'user de la m&#234;me diligence pour pr&#233;venir de nouvelles crises, dont celles qui d&#233;couleront, si rien n'est fait, des changements climatiques. En raison de leur statut unique, les services publics peuvent &#8211; et doivent &#8211; faire partie de la solution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Les services publics, comme l'&#233;cole et les soins de sant&#233; notamment, constituent sans doute le levier le plus efficace dont dispose le gouvernement pour faire face aux d&#233;fis engendr&#233;s par la crise &#233;cologique. En tant que ma&#238;tre d'&#339;uvre de ces institutions, le gouvernement peut agir directement et rapidement pour rendre son parc immobilier, sa flotte de v&#233;hicules et ses politiques d'approvisionnement conformes aux plus hauts standards &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Par leur mission m&#234;me, des services de sant&#233; robustes, gratuits et accessibles contribuent directement &#224; am&#233;liorer la r&#233;silience des populations, comme l'a d&#233;montr&#233; de fa&#231;on &#233;loquente la pand&#233;mie de COVID-19. Si certains en doutaient encore, la crise sanitaire que nous traversons a sans aucun doute soulign&#233; &#224; grands traits l'importance capitale de ces services et la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse de les financer ad&#233;quatement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il en va de m&#234;me pour l'&#233;ducation, qui b&#226;tit la r&#233;silience en s'attaquant aux causes des crises plut&#244;t qu'&#224; leurs effets et en offrant l'un des meilleurs remparts qui soient contre les in&#233;galit&#233;s. Un consensus international existe autour du concept d'&#233;ducation comme &#233;l&#233;ment cl&#233; de la transition juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tout programme d'&#233;ducation &#224; l'environnement et &#224; l'&#233;cocitoyennet&#233; doit cependant &#234;tre d&#233;velopp&#233; en &#233;troite collaboration avec les personnes qui travaillent en &#233;ducation. Une telle strat&#233;gie se doit de respecter notamment l'expertise, l'autonomie professionnelle et la r&#233;alit&#233; du personnel de l'&#233;ducation. En effet, bon nombre de travailleuses et de travailleurs de ce secteur s'investissent d&#233;j&#224; activement en la mati&#232;re, notamment au sein du mouvement des &#201;tablissements verts Brundtland de la Centrale des syndicats du Qu&#233;bec (EVB-CSQ), actif depuis 1993.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Une r&#233;partition territoriale cruciale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Les institutions publiques que sont les services &#233;ducatifs et de sant&#233; ont aussi l'avantage d'&#234;tre relativement bien r&#233;parties sur le territoire, ce qui peut contribuer favorablement &#224; augmenter la r&#233;silience des collectivit&#233;s situ&#233;es hors des grands centres. Au-del&#224; de leur mission premi&#232;re, elles agissent souvent comme lieu de r&#233;union, de rassemblement ou d'activit&#233; communautaire. En cas de catastrophe naturelle, l'&#233;cole joue tr&#232;s souvent un r&#244;le pivot en transmettant des informations cruciales &#224; la population, voire en servant d'abri de fortune aux sinistr&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La pand&#233;mie nous donne &#233;galement un avant-go&#251;t de ce &#224; quoi pourraient ressembler nos &#233;conomies si on laissait s'emballer la crise climatique sans changer de paradigme. L'investissement dans les services publics peut cr&#233;er des emplois &#224; fort impact social, mais &#224; faible intensit&#233; carbone, qui permettent de construire la r&#233;silience des collectivit&#233;s un peu partout sur le territoire. Ce sont aussi des emplois &#224; pr&#233;dominance f&#233;minine, contrairement &#224; ce qu'on voit dans l'habituel recours au b&#233;ton pour stimuler l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En contexte de transition, il importe &#233;galement d'assurer une offre de formation publique gratuite et accessible partout, notamment dans les r&#233;gions ressources, pour aider les travailleuses et travailleurs des secteurs lourds &#224; se requalifier.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Des solutions collectives et d&#233;mocratiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Bien que l'exp&#233;rience des derniers mois ait illustr&#233; de mani&#232;re dramatique les d&#233;rives possibles lorsqu'on choisit de confier un secteur n&#233;vralgique au priv&#233; &#8211; en l'occurrence les soins aux a&#238;n&#233;&#183;e&#183;s &#8211; et malgr&#233; la prise de conscience qui en a d&#233;coul&#233; au niveau gouvernemental, le risque de marchandisation des services publics est toujours bien pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les services publics constituent pourtant une voie beaucoup plus viable que la tendance actuelle des gouvernements de s'en remettre aux solutions de march&#233; aliment&#233;es par des fonds publics et priv&#233;s. Motiv&#233;es par le profit d'abord, ces derni&#232;res font trop souvent partie du probl&#232;me sans apporter de r&#233;ponse convaincante aux d&#233;fis contemporains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La crise climatique nous donne donc une raison suppl&#233;mentaire d'exiger de nouvelles r&#232;gles &#224; l'&#233;chelle internationale et de nouveaux outils de financement qui donnent le pouvoir aux gouvernements d&#233;mocratiquement &#233;lus, et non pas au secteur priv&#233;. Il est urgent d'effectuer des investissements qui ne soient pas contraints par la maximisation des profits et la rentabilit&#233; &#224; court terme, mais qui visent plut&#244;t &#224; lutter contre les changements climatiques, &#224; construire la r&#233;silience et &#224; r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La pand&#233;mie a fait ressortir les in&#233;galit&#233;s de mani&#232;re flagrante ainsi que l'importance marqu&#233;e de certains secteurs n&#233;vralgiques et des gens qui y travaillent. Cet enseignement doit &#234;tre utilis&#233; pour affronter cette autre crise qui nous menace et op&#233;rer sans tarder une transition &#233;cologique porteuse de justice sociale, faisant notamment une place de choix aux services publics. Seulement ainsi pourrons-nous construire cette soci&#233;t&#233; r&#233;siliente qui nous permettra de surmonter les d&#233;fis de ce si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dominique Bernier est conseill&#232;re en &#233;ducation pour un avenir viable, CSQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Fr&#233;d&#233;ric Sasseville-Painchaud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La transition &#233;nerg&#233;tique selon Philippe Couillard</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-transition-energetique-selon-Philippe-Couillard</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-transition-energetique-selon-Philippe-Couillard</guid>
		<dc:date>2017-08-08T19:13:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Bernier</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Bernier, Dominique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; l'automne 2015, &#224; Paris, dans le cadre de la Conf&#233;rence des Nations unies sur le changement climatique (COP21), Philippe Couillard s'est pos&#233;, avec un enthousiasme jamais vu, en champion du climat, &#224; la grande surprise de la soci&#233;t&#233; civile qu&#233;b&#233;coise. Notre premier ministre, en proie &#224; une soudaine illumination, aurait-il enfin compris l'importance de l'enjeu au point de modifier la strat&#233;gie lib&#233;rale habituelle du laisser-faire pour amorcer une v&#233;ritable transition &#233;nerg&#233;tique ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-66-oct-nov-2016-" rel="directory"&gt;No 066 - oct. / nov. 2016&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bernier-Dominique-+" rel="tag"&gt;Bernier, Dominique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2426.png?1642092197' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;492&#034; height=&#034;778&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'automne 2015, &#224; Paris, dans le cadre de la Conf&#233;rence des Nations unies sur le changement climatique (COP21), Philippe Couillard s'est pos&#233;, avec un enthousiasme jamais vu, en champion du climat, &#224; la grande surprise de la soci&#233;t&#233; civile qu&#233;b&#233;coise. Notre premier ministre, en proie &#224; une soudaine illumination, aurait-il enfin compris l'importance de l'enjeu au point de modifier la strat&#233;gie lib&#233;rale habituelle du laisser-faire pour amorcer une v&#233;ritable transition &#233;nerg&#233;tique ? D&#233;cryptage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;voil&#233;e en avril dernier, la Politique &#233;nerg&#233;tique 2030 du gouvernement lib&#233;ral se targue de faire une large place &#224; l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique, mais ne pr&#233;voit aucune r&#233;duction globale de la consommation &#233;nerg&#233;tique et pr&#233;sente une conception &#233;triqu&#233;e du concept. En effet, l'accent est mis sur un transfert des &#233;conomies d'&#233;nergie r&#233;alis&#233;es par un secteur &#233;nerg&#233;tique vers l'augmentation de la consommation d'autres secteurs, dans le but avou&#233; de stimuler la croissance et de ne surtout pas changer de mode de vie. &lt;i&gt;Business as usual&lt;/i&gt;, en somme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une politique &#233;nerg&#233;tique hautement critiquable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si une telle logique aurait pu avoir du sens &#224; la fin du si&#232;cle dernier, lorsque l'on avait encore la latitude d'op&#233;rer une transition en douceur, l'ampleur de la crise climatique actuelle r&#233;clame de toute urgence un virage &#224; 180 degr&#233;s, bas&#233; sur la d&#233;croissance de la consommation et de la production d'&#233;nergie. Il s'agit de la seule strat&#233;gie apte &#224; faire face au changement climatique sans entra&#238;ner d'autres probl&#232;mes environnementaux d'importance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'investissement dans le transport en commun est le bienvenu, le remplacement de la flotte de v&#233;hicules actuels par un nombre &#233;quivalent de voitures &#233;lectriques ou l'ajout d'une proportion croissante d'agrocarburants dans l'essence, tels que propos&#233;s par la politique, entra&#238;neraient des cons&#233;quences environnementales importantes sans n&#233;cessairement avoir l'effet voulu sur le changement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier cas, la production des composantes requises, comme les batteries, aurait pour cons&#233;quence l'augmentation dramatique de la consommation de lithium et de terres rares notamment, des &#233;l&#233;ments pr&#233;sents en tr&#232;s faibles quantit&#233;s dans le sol. Donc, la prolif&#233;ration de mines &#224; ciel ouvert de type &#171; fort tonnage, faible teneur &#187; s'ensuivrait, avec les impacts environnementaux et sociaux qui les accompagnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le second cas, la production d'agrocarburants est intimement li&#233;e &#224; l'accaparement des terres agricoles, en particulier au Sud, qui prive les populations locales de la capacit&#233; de produire des aliments pour leur subsistance. Le bilan carbone de cette industrie est aussi fortement critiqu&#233; : si l'on tient compte de l'ensemble de la cha&#238;ne de production et non seulement de la combustion, les agrocarburants produisent souvent davantage de gaz &#224; effet de serre (GES) que l'essence conventionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le gaz naturel : grand gagnant de la politique &#233;nerg&#233;tique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par un proc&#233;d&#233; intellectuel des plus tordu, le gouvernement en est arriv&#233; &#224; donner au gaz naturel une place de choix dans sa strat&#233;gie de r&#233;duction des GES et, ce qui est sans doute plus d&#233;solant encore, &#224; gagner quelques grands groupes environnementaux &#224; sa cause. En effet, alors que la politique &#233;nerg&#233;tique pr&#233;voit une r&#233;duction de la consommation de produits p&#233;troliers de l'ordre de 40 %, la consommation de gaz naturel restera &#224; peu pr&#232;s stable. &#201;tant donn&#233; que la combustion de gaz naturel produit 27 &#224; 30 % moins de GES que l'essence et le diesel respectivement, le gouvernement juge que la conversion des fournaises au mazout et d'une proportion des v&#233;hicules lourds au gaz naturel est un bon choix &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans compter sur l'effet rebond. En effet, si l'acc&#232;s au gaz naturel est facilit&#233; par une plus grande disponibilit&#233;, des subventions, l'acc&#232;s &#224; des cr&#233;dits carbone ou une baisse de prix en raison du soutien gouvernemental, la consommation de ce produit (non renouvelable et fort &#233;metteur de GES, faut-il le rappeler) est appel&#233;e &#224; augmenter consid&#233;rablement. Au point d'effacer tout gain environnemental ayant pu d&#233;couler de la conversion initiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est d'autant plus vrai que le gouvernement compte faciliter l'acc&#232;s au gaz naturel liqu&#233;fi&#233; (GNL) &#224; prix comp&#233;titif pour les projets industriels d&#233;velopp&#233;s dans le cadre du Plan Nord, notamment dans le secteur minier, hautement &#233;nergivore. Or, l'&#233;loignement g&#233;ographique de ces projets, combin&#233; &#224; leur multiplication, signifie une augmentation massive de l'&#233;nergie consomm&#233;e, qu'elle soit d&#233;di&#233;e au transport ou aux proc&#233;d&#233;s industriels en tant que tels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, le projet diamantif&#232;re Renard de Stornoway, qui est pr&#233;sentement en construction, sera aliment&#233; par camions en GNL par Gaz M&#233;tro &#224; partir de son usine de Montr&#233;al, situ&#233;e &#224; plus de 1000 km. Dans la logique du gouvernement, cela se traduit par une r&#233;duction des gaz &#224; effet de serre. Comme c'est un nouveau projet, il s'agit pourtant d'une augmentation nette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement compte aussi faciliter le transport par bateau du GNL. Avec cette orientation, c'est le projet de construction d'un terminal m&#233;thanier le long du Saint-Laurent, que l'on croyait mort et enterr&#233;, qui surgit &#224; nouveau des cartons minist&#233;riels. Doit-on s'&#233;tonner apr&#232;s cela que la politique n'ait que des louanges pour l'inversion de l'ol&#233;oduc 9b d'Enbridge et pr&#233;tende avoir l'assurance que l'ol&#233;oduc &#201;nergie Est de TransCanada aura un impact positif pour le Qu&#233;bec ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Projet de loi 106 : donner un second souffle au colonialisme ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour concr&#233;tiser la mise en &#339;uvre de sa politique &#233;nerg&#233;tique, le gouvernement a d&#233;pos&#233;, le 7 juin dernier, le projet de loi 106. Des consultations particuli&#232;res ont &#233;t&#233; tenues &#224; la mi-ao&#251;t. Est-ce pour faciliter la participation du plus grand nombre que le gouvernement s'efforce de toujours imposer l'&#233;tude de ses projets de loi les plus controvers&#233;s en plein c&#339;ur de l'&#233;t&#233; ? Poser la question, c'est y r&#233;pondre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car outre l'articulation, sous forme de dispositions l&#233;gislatives, des orientations de la politique &#233;nerg&#233;tique du gouvernement, le projet de loi 106 vient livrer sur un plateau d'argent aux entreprises p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res des privil&#232;ges colonialistes d'un autre &#226;ge. En effet, le gouvernement souhaite int&#233;grer dans la loi sur les hydrocarbures un copier-coller de la Loi sur les mines, une loi d&#233;su&#232;te dont l'essence, le free mining &#8211; la primaut&#233; du droit des compagnies d'exploiter les ressources non renouvelables sur tous les autres usages du territoire et sur la plupart des lois &#8211; n'a pas chang&#233; depuis sa mise en place au 19e si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des dispositions les plus controvers&#233;es de ce projet de loi &#8211; comme de la Loi sur les mines &#8211; est sans contredit la possibilit&#233;, pour les compagnies ne r&#233;ussissant pas &#224; obtenir l'autorisation de forer par les propri&#233;taires de terrains, d'exproprier ces derniers sans autre forme de proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; tout indique qu'il faut rapidement changer d'orientation &#233;nerg&#233;tique, et alors que de plus en plus d'analystes comprennent que pour ce faire, une profonde remise en question de l'ordre &#233;conomique actuel s'impose, le gouvernement de Philippe Couillard choisit de s'enliser de plus en plus profond&#233;ment dans l'extractivisme le plus antisocial et de miser sur de fausses solutions technologiques. Doit-on s'en &#233;tonner ? Sans doute pas. Mais t&#226;chons de nous en souvenir lorsque celui-ci tentera de verdir son image en 2018.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Mathieu Chartrand&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un mod&#232;le insoutenable</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-modele-insoutenable</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Un-modele-insoutenable</guid>
		<dc:date>2016-11-21T01:25:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Bernier</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Bernier, Dominique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avoir une bonne alimentation n'est pas si compliqu&#233;. Il s'agit entre autres d'acheter des produits frais, de qualit&#233;, con&#231;us &#224; proximit&#233; par de petits producteurs. Il faut &#233;viter les OGM et les pesticides, et cela, en favorisant les produits de l'agriculture biologique. Il est n&#233;cessaire de r&#233;sister &#224; l'agro-industrie, &#224; ses mets fades, gras, sucr&#233;s, remplis d'additifs alimentaires. Pourtant, ces choix &#233;l&#233;mentaires pourraient devenir encore plus difficiles qu'ils ne le sont d&#233;j&#224;, &#224; cause des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Repenser-l-alimentation-" rel="directory"&gt;Dossier : Repenser l'alimentation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mondialisation-AGCS-PSP-FMI-OMC-BM-+" rel="tag"&gt;Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bernier-Dominique-+" rel="tag"&gt;Bernier, Dominique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2300.png?1642092186' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;424&#034; height=&#034;278&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avoir une bonne alimentation n'est pas si compliqu&#233;. Il s'agit entre autres d'acheter des produits frais, de qualit&#233;, con&#231;us &#224; proximit&#233; par de petits producteurs. Il faut &#233;viter les OGM et les pesticides, et cela, en favorisant les produits de l'agriculture biologique. Il est n&#233;cessaire de r&#233;sister &#224; l'agro-industrie, &#224; ses mets fades, gras, sucr&#233;s, remplis d'additifs alimentaires. Pourtant, ces choix &#233;l&#233;mentaires pourraient devenir encore plus difficiles qu'ils ne le sont d&#233;j&#224;, &#224; cause des accords de libre-&#233;change.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et on en signe beaucoup, de ces accords. Le Canada vient d'en conclure un avec l'Union europ&#233;enne (l'A&#201;CG) et un autre avec 11 pays de la zone du Pacifique (le Partenariat transpacifique, ou PTP). Les deux plus grandes puissances commerciales, l'Union europ&#233;enne et les &#201;tats-Unis, n&#233;gocient quant &#224; elles un Partenariat transatlantique. Ces accords ont une port&#233;e de plus en plus grande et semblent toujours plus ambitieux. Et l'agriculture est directement touch&#233;e par ceux-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ententes imposent une vision ultralib&#233;rale de l'agriculture, qui a pourtant heurt&#233; de plein fouet l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Dans les n&#233;gociations du cycle de Doha, commenc&#233;es en 2001, au lendemain du 11-Septembre, les &#201;tats-Unis et l'Union europ&#233;enne deman&#173;daient aux pays du Sud d'&#233;liminer leurs barri&#232;res tarifaires pour les produits agricoles. Ils auraient alors pu exporter en grande quantit&#233; leurs denr&#233;es largement subventionn&#233;es, ce qui aurait d&#233;truit une agriculture paysanne incapable de survivre dans un contexte de concurrence aussi d&#233;loya&#173;le. Les pays du Sud se sont donc retir&#233;s des n&#233;gociations et depuis ce temps, plus rien ne bouge vraiment &#224; l'OMC.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; cet &#233;chec flagrant, les puissantes entreprises de l'agro-industrie n'ont pas renonc&#233; &#224; impo&#173;ser leur domination. Elles profitent d'une importante relance du libre-&#233;change depuis la crise de 2007-2008. Le pr&#233;texte de ne pas retomber dans le protectionnisme, qui avait paralys&#233; l'&#233;conomie lors de la crise des ann&#233;es 1930, devient id&#233;al pour conclure de nouveaux accords qui, cette fois encore, incluent pleinement l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est pour le moins paradoxal que ces accords, qui pr&#233;tendent lib&#233;raliser le commerce, ne remettent jamais en cause les subventions massives accor&#173;d&#233;es &#224; l'agro-industrie des pays du Nord &#8211; &#201;tats-Unis en t&#234;te &#8211; alors que les programmes mis en place par les pays du Sud afin de soutenir la paysannerie sont agressivement condamn&#233;s. En effet, la production de masse effectu&#233;e selon le mod&#232;le mis de l'avant par les g&#233;ants de l'agro-industrie ne saurait &#234;tre rentable sans un apport &#233;tatique important. Si l'on tient compte de l'ampleur des charges associ&#233;es &#224; cette exploitation, de nombreux chercheurs&#183;euses estiment que sans ces subventions, le prix de vente des denr&#233;es issues de l'agro-industrie serait largement sup&#233;rieur &#224; celui de la production &#224; petite &#233;chelle, paysanne et biologique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Autour de la gestion de l'offre&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les plus r&#233;cents de ces accords n&#233;goci&#233;s par le Canada se sont fait conna&#238;tre par leurs atteintes &#224; la gestion de l'offre, ce dont les m&#233;dias ont beaucoup parl&#233;. L'A&#201;CG accorde aux Europ&#233;ens la possibilit&#233; d'exporter plusieurs tonnes de fromage europ&#233;en suppl&#233;mentaires vers le Canada, un froma&#173;ge subventionn&#233; &#224; hauteur de 60 %, ce qui fragilisera nos producteurs&#183;trices de fromages arti&#173;sanaux, puisque eux ne poss&#232;dent pas cet avantage. Le PTP s'attaquera encore plus directement &#224; la gestion de l'offre en permettant l'entr&#233;e d'une plus grande quantit&#233; d'&#339;ufs, de volailles et de produits laitiers en provenance de l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestion de l'offre prot&#232;ge les producteurs de ces produits en d&#233;terminant de fa&#231;on collective la quantit&#233; &#224; mettre en march&#233; et les prix de vente, tout en limitant les importations. Ce syst&#232;me n'est pas id&#233;al, loin de l&#224; : le co&#251;t des quotas pour les agriculteurs&#183;trices est prohibitif, des quotas qui ne sont d'ailleurs presque plus disponibles. Mais la gestion de l'offre a tout de m&#234;me &#233;t&#233; efficace pour permettre aux producteurs&#183;trices de se concentrer sur la production plut&#244;t que sur la mise en march&#233; de leurs produits. Elle leur a aussi assur&#233;, au fil du temps, un prix de vente stable, ce qui est un atout non n&#233;gligeable sachant l'ampleur des immobilisations requises par l'&#233;levage en milieu nordique, et compte tenu du caract&#232;re essentiel de l'agriculture pour la soci&#233;t&#233;. Enfin, elle a permis d'emp&#234;cher l'invasion massive de produits &#233;trangers, ce qui aurait eu des cons&#233;quences n&#233;fastes pour l'ensemble de notre production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me n&#233;cessite une intervention &#233;tatique qui emp&#234;che la libre circulation des marchandises. Il va donc &#224; l'encontre des principes de base du libre-&#233;change. Voil&#224; pourquoi, malgr&#233; les promesses de le maintenir de nos gouvernements, on l'a tout de m&#234;me affaibli. Afin de faire avaler la pilule, on a r&#233;duit le probl&#232;me &#224; des dommages collat&#233;raux : les gains seraient si importants dans d'autres secteurs qu'ils valent bien quelques sacrifices, dont la gestion de l'offre. Les conservateurs alors au pouvoir avaient promis de compenser cette perte par d'hypoth&#233;tiques subventions dont personne n'a la moindre id&#233;e du montant jusqu'&#224; maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on observe surtout derri&#232;re cette affaire, c'est que le gouvernement du Canada a fait le choix politique d'un type d'agriculture &#224; privil&#233;gier : l'agro-industrie, qui produit en gigantesque quantit&#233; des denr&#233;es destin&#233;es &#224; l'exportation et qui demeu&#173;re reli&#233;e aux int&#233;r&#234;ts de grandes entreprises transnationales. Ce choix s'est impos&#233; &#224; cause de la pression constante de pays dont la production agricole est beaucoup plus grande que la n&#244;tre, comme les &#201;tats-Unis et la Nouvelle-Z&#233;lande. Il n'est pas sans lien avec la pr&#233;sence, aux tables de n&#233;gociations des diff&#233;rents accords de libre-&#233;change, de repr&#233;sentants des g&#233;ants de l'agro-industrie, comme Monsanto, Syngenta, Bayer et les autres. Ceux-ci ont, bien s&#251;r, un int&#233;r&#234;t &#233;conomique certain &#224; voir leurs avantages concurrentiels verrouill&#233;s par des trait&#233;s contraignants, qui hypoth&#232;quent pour des g&#233;n&#233;rations &#224; venir la capacit&#233; des &#201;tats de faire des choix diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sacrifiant les petits producteurs et productrices de fromage au Qu&#233;bec, une production de niche artisanale cr&#233;atrice d'emplois mais ne g&#233;n&#233;rant pas des revenus colossaux, notre gouvernement avantage en &#233;change les m&#233;gaporcheries et les gros producteurs de b&#339;uf de l'Ouest. Et cela m&#234;me si cet &#233;levage soul&#232;ve de nombreux probl&#232;mes : il est dommageable pour l'environnement, &#233;tant intrins&#232;quement li&#233; aux monocultures de c&#233;r&#233;a&#173;les et d'ol&#233;agineux &#8211; le plus souvent OGM &#8211; n&#233;cessaires pour l'alimentation du b&#233;tail et l'&#233;pandage des d&#233;jections animales produites. Celles-ci r&#233;duisent de fa&#231;on consid&#233;rable la biodiversit&#233;, d&#233;gra&#173;dent les sols et n&#233;cessitent l'utilisation massive de pesticides et d'engrais de synth&#232;se qui polluent les cours d'eau. De plus, l'&#233;levage intensif utilise de fa&#231;on syst&#233;matique une grande quantit&#233; d'antibiotiques et d'hormones de croissance, v&#233;ritables bombes &#224; retardement en mati&#232;re de sant&#233; publique. Ce mod&#232;le agricole cr&#233;e proportionnellement peu d'emplois. Seuls en profitent les quelques actionnaires qui contr&#244;lent ces m&#233;gafermes, mais qui n'y ont pour la plupart jamais mis les pieds. En cr&#233;ant une division parmi les producteurs&#183;trices agricoles entre les gagnants et les perdants, le gouvernement parvient aussi &#224; neutraliser la r&#233;sistance. Les consommateurs et consommatrices ne sont quant &#224; eux jamais consult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jouer avec le feu&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le type d'agriculture favoris&#233; par le libre-&#233;change a des cons&#233;quences particuli&#232;rement n&#233;fas&#173;tes alors qu'il est imp&#233;ratif de lutter contre les changements climatiques. L'agro-industrie a un app&#233;tit gigantesque de p&#233;trole, que l'on retrouve dans les engrais, et que br&#251;le l'imposante machinerie n&#233;cessaire &#224; une production aussi consid&#233;rable. Les produits doivent &#234;tre transport&#233;s sur des milliers de kilom&#232;tres, ce qui n&#233;cessite une consommation toujours plus grande d'essence, alors qu'il serait imp&#233;ratif de favoriser les circuits courts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appliquer le principe de la lib&#233;ralisation du march&#233; dans le secteur de l'agriculture peut s'av&#233;rer tr&#232;s dangereux. La production locale d'aliments est n&#233;ces&#173;saire pour la survie des populations et, sans viser l'autarcie, il devient dangereux de trop compter sur les produits &#233;trangers pour assurer le ravitaillement. Dans une optique de transition &#233;nerg&#233;tique, une analogie est parfois utilis&#233;e pour d&#233;crire la situa&#173;tion id&#233;ale : si l'alimentation &#233;tait un g&#226;teau, il faudrait produire la p&#226;te sur place et n'importer que le gla&#231;age. Actuellement, on fait l'inverse. Tant que le contexte g&#233;opolitique mondial est favorable, on peut ne pas y voir de probl&#232;me. Or, en situation de guerre, d'embargo ou de crise &#233;conomique, la souverainet&#233; alimentaire &#8211; la capacit&#233; pour un peuple de produire ses aliments de base, sa &#171; p&#226;te &#224; g&#226;teau &#187; &#8211; devient une question de vie ou de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce danger est particuli&#232;rement grand en ce qui concerne le Qu&#233;bec. Avec notre climat nordique, nos fermes ne peuvent tout simplement pas rivaliser avec celles plus au sud qui profitent de temp&#233;ratures plus cl&#233;mentes. &#201;tant incapables de soutenir la concurrence, les fermes petites ou moyennes dispara&#238;tront, ce qui d&#233;vastera nos r&#233;gions. Nos populations seront encore moins &#224; l'abri des fluctuations des prix et d&#233;pendront principalement de tr&#232;s gros producteurs. En cas de s&#233;che&#173;resse, de probl&#232;mes sanitaires tel celui de la vache folle ou de toute autre baisse de la production, nous pourrions &#234;tre victimes de disette et inca&#173;pables de relancer une production locale dont nous aurons perdu les ressources et l'expertise.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nourrir le monde&#8230; ou les poches des multinationales ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument principal qui soutient la lib&#233;ralisation de l'agriculture est le m&#234;me qui &#233;tait avanc&#233; &#224; l'&#233;poque de la r&#233;volution verte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La mal nomm&#233;e r&#233;volution &#171; verte &#187; est une politique agricole implant&#233;e dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : il faudrait augmenter la productivit&#233; agricole pour r&#233;pondre &#224; la demande exponentielle en aliments li&#233;e &#224; l'augmentation de la population mondiale. Si c'&#233;tait bien l&#224; l'objectif premier, nous aurions d&#251; voir la faim dans le monde dispara&#238;tre depuis que ce mod&#232;le a &#233;t&#233; initi&#233; il y a quelque 75 ans. Or, les faits parlent d'eux-m&#234;mes : bon an, mal an, environ 925 millions de personnes souffrent de la faim de par le monde. De ce nombre, 80 % sont des ruraux (paysans pauvres, paysans sans terre, pasteurs nomades, habitants des for&#234;ts, etc.) et 20 % sont des urbains pauvres, qui sont tr&#232;s souvent d'anciens ruraux. Si le mod&#232;le agro-industriel produit effectivement des rendements sup&#233;rieurs &#224; l'agriculture paysanne, il est cependant l'un des principaux facteurs de l'augmentation de la faim dans le monde. En effet, ce mod&#232;le concentre la propri&#233;t&#233; agricole dans les mains de quelques privil&#233;gi&#233;s et facilite l'accaparement des terres. Les sols agricoles des pays du Sud sont de plus en plus d&#233;di&#233;s aux cultures d'exportation, aux cultures destin&#233;es aux animaux d'&#233;levage et aux agrocarburants plut&#244;t qu'aux cultures vivri&#232;res des populations locales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jouer avec le feu&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type d'agriculture favoris&#233; par le libre-&#233;change a des cons&#233;quences particuli&#232;rement n&#233;fas&#173;tes alors qu'il est imp&#233;ratif de lutter contre les changements climatiques. L'agro-industrie a un app&#233;tit gigantesque de p&#233;trole, que l'on retrouve dans les engrais, et que br&#251;le l'imposante machinerie n&#233;cessaire &#224; une production aussi consid&#233;rable. Les produits doivent &#234;tre transport&#233;s sur des milliers de kilom&#232;tres, ce qui n&#233;cessite une consommation toujours plus grande d'essence, alors qu'il serait imp&#233;ratif de favoriser les circuits courts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appliquer le principe de la lib&#233;ralisation du march&#233; dans le secteur de l'agriculture peut s'av&#233;rer tr&#232;s dangereux. La production locale d'aliments est n&#233;ces&#173;saire pour la survie des populations et, sans viser l'autarcie, il devient dangereux de trop compter sur les produits &#233;trangers pour assurer le ravitaillement. Dans une optique de transition &#233;nerg&#233;tique, une analogie est parfois utilis&#233;e pour d&#233;crire la situa&#173;tion id&#233;ale : si l'alimentation &#233;tait un g&#226;teau, il faudrait produire la p&#226;te sur place et n'importer que le gla&#231;age. Actuellement, on fait l'inverse. Tant que le contexte g&#233;opolitique mondial est favorable, on peut ne pas y voir de probl&#232;me. Or, en situation de guerre, d'embargo ou de crise &#233;conomique, la souverainet&#233; alimentaire &#8211; la capacit&#233; pour un peuple de produire ses aliments de base, sa &#171; p&#226;te &#224; g&#226;teau &#187; &#8211; devient une question de vie ou de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce danger est particuli&#232;rement grand en ce qui concerne le Qu&#233;bec. Avec notre climat nordique, nos fermes ne peuvent tout simplement pas rivaliser avec celles plus au sud qui profitent de temp&#233;ratures plus cl&#233;mentes. &#201;tant incapables de soutenir la concurrence, les fermes petites ou moyennes dispara&#238;tront, ce qui d&#233;vastera nos r&#233;gions. Nos populations seront encore moins &#224; l'abri des fluctuations des prix et d&#233;pendront principalement de tr&#232;s gros producteurs. En cas de s&#233;che&#173;resse, de probl&#232;mes sanitaires tel celui de la vache folle ou de toute autre baisse de la production, nous pourrions &#234;tre victimes de disette et inca&#173;pables de relancer une production locale dont nous aurons perdu les ressources et l'expertise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mod&#232;le va aussi de pair avec une tentative agressive d'accaparement de la cha&#238;ne agroalimentaire dans son ensemble, notamment par le biais de la propri&#233;t&#233; intellectuelle sur le vivant. Renforc&#233;s par les diff&#233;rents trait&#233;s de libre-&#233;change, les brevets sur les semences viennent emp&#234;cher les producteurs agricoles d'&#233;changer leurs semences ou de conserver une partie de leur r&#233;colte en guise de semis pour l'ann&#233;e suivante. Le recours aux vari&#233;t&#233;s traditionnelles libres de droits devient aussi de plus en plus difficile, ces semences du patrimoine &#233;tant soumises &#224; une r&#233;gle&#173;mentation prohibitive dans un nombre croissant de pays. Sous pr&#233;texte de prot&#233;ger les agriculteurs&#183;trices en leur assurant des rendements homog&#232;nes, ces r&#232;gles viennent favoriser les grands semenciers et privent les agricul-teurs&#183;trices de leurs droits ancestraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant &#224; l'OMC que par le biais des accords dits de &#171; libre-&#233;change &#187;, les r&#232;gles du jeu sont con&#231;ues pour donner pr&#233;s&#233;ance aux profits des multinationales de l'agro-industrie, au d&#233;triment de la souverainet&#233; alimentaire des peuples. Se battre contre le PTP devient particuli&#232;rement important pour &#233;viter un mod&#232;le de d&#233;veloppement qui peut d&#233;clencher de v&#233;ritables catastrophes. Il nous est encore possible, par nos choix de consommation, malgr&#233; d'ind&#233;niables difficult&#233;s, d'&#233;viter d'encourager ce mod&#232;le globalis&#233; qui nous prive, petit &#224; petit, de la capacit&#233; d'assurer notre subsistance sur une base nationale, r&#233;gionale ou locale. A-t-on vraiment envie de confier quelque chose d'aussi vital que notre alimentation &#224; la main invisible du march&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La mal nomm&#233;e r&#233;volution &#171; verte &#187; est une politique agricole implant&#233;e dans de nombreux pays dans les ann&#233;es 1960 et 1970. Elle vise l'exploitation intensive de c&#233;r&#233;ales &#224; haut rendement n&#233;cessitant l'utilisation d'intrants agricoles tels les engrais et les pesticides.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : G&#233;rald McKenzie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La petite histoire des changements climatiques</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-petite-histoire-des-changements</link>
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		<dc:date>2015-01-14T02:16:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Bernier</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Recherche scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Bernier, Dominique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'impact de l'humanit&#233; sur le climat et l'importance du climat pour l'humanit&#233; prennent des proportions uniques de nos jours. Mais ces pr&#233;occupations ne sont pas nouvelles, contrairement &#224; ce qu'on pourrait croire. D&#233;j&#224; dans l'Antiquit&#233;, il &#233;tait de notori&#233;t&#233; publique que certaines perturbations anthropiques comme la d&#233;forestation avaient un effet notable sur le climat local en r&#233;duisant les pr&#233;cipitations et en favorisant l'augmentation de la temp&#233;rature. Des histoires circulaient dans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Changements-climatiques-L-" rel="directory"&gt;Dossier : Changements climatiques - L'urgence d'agir&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Recherche-scientifique-+" rel="tag"&gt;Recherche scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bernier-Dominique-+" rel="tag"&gt;Bernier, Dominique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'impact de l'humanit&#233; sur le climat et l'importance du climat pour l'humanit&#233; prennent des proportions uniques de nos jours. Mais ces pr&#233;occupations ne sont pas nouvelles, contrairement &#224; ce qu'on pourrait croire. D&#233;j&#224; dans l'Antiquit&#233;, il &#233;tait de notori&#233;t&#233; publique que certaines perturbations anthropiques comme la d&#233;forestation avaient un effet notable sur le climat local en r&#233;duisant les pr&#233;cipitations et en favorisant l'augmentation de la temp&#233;rature. Des histoires circulaient dans la sagesse populaire, racontant comment des r&#233;gions enti&#232;res, jadis luxuriantes, avaient &#233;t&#233; transform&#233;es en v&#233;ritables d&#233;serts &#224; la suite d'un d&#233;frichage intensif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de la m&#233;thode scientifique durant la Renaissance a permis de corroborer ces intuitions par l'&#233;tude du bassin m&#233;diterran&#233;en. Il fut d&#233;mon&#173;tr&#233; que l'irrigation, la d&#233;forestation et l'agriculture des temps anciens dans cette r&#233;gion avaient consid&#233;rablement modifi&#233; le r&#233;gi&#173;me hydrographique, et d'aucuns consid&#233;raient plausible que ces activit&#233;s humaines avaient alt&#233;r&#233; le climat local.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le CO2 sous la loupe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re utilisation du terme &#171; effet de serre &#187; est apparue sous la plume de Jean-Baptiste Joseph Fourier, un physicien fran&#231;ais, d&#232;s 1824. Celui-ci souhaitait illustrer, par cette analogie, comment les radiations solaires sont retenues par les mol&#233;cules de gaz pr&#233;sentes dans l'atmosph&#232;re. C'est pourquoi ces derniers sont commun&#233;ment appel&#233;s gaz &#224; effet de serre (GES). Bien que souvent associ&#233; au changement climatique, l'effet de serre est avant tout une facult&#233; normale de notre atmosph&#232;re, n&#233;cessaire au maintien d'une temp&#233;rature relativement stable et &#233;quilibr&#233;e, suffisamment &#233;lev&#233;e pour soutenir la vie telle que nous la connaissons&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus de d&#233;tails, voir &#171; La science des changements climatiques pour les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'&#233;tait bien s&#251;r pas encore question, &#224; l'&#233;poque, de r&#233;chauffement global du climat, mais l'on consid&#233;rait toujours que des perturbations anthropiques pouvaient avoir une incidence sur la m&#233;t&#233;o locale. D'aucuns croyaient que la modification du climat entra&#238;nait des cons&#233;quences positives, cependant. &#171; Le labour am&#232;ne la pluie &#187;, disait-on aux colons envoy&#233;s pour cultiver les Prairies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallut attendre la fin du 19e si&#232;cle pour obtenir un portrait global du climat mondial avec, en 1873, la fondation de l'Organisation m&#233;t&#233;orologique internationale (OMI). &#192; cette &#233;poque n&#233;anmoins, rares &#233;taient ceux qui croyaient encore en la possibilit&#233; d'une quelconque influence humaine sur le climat. Un scientifique su&#233;dois, Svante Arrhenius, a cependant calcul&#233; l'impact sur le climat d'une diminution ou d'une augmentation de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosph&#232;re, et ce, d&#232;s 1896. Selon ce scientifique, une diminution de moiti&#233; du CO2 atmosph&#233;rique entra&#238;nerait une &#232;re glaciaire, alors qu'un doublement de la concentration de ce GES causerait une augmentation de la temp&#233;rature moyenne de l'ordre de 5 &#224; 6 &#176;C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, l'un de ses compatriotes, Arvid H&#246;gbom, quantifia les sources naturelles de CO2 rejet&#233; dans l'atmosph&#232;re et d&#233;montra que la combustion industrielle du charbon entra&#238;nerait &#233;ventuellement une augmentation de la temp&#233;rature mondiale moyenne. &#201;tant donn&#233; le faible poids de l'activit&#233; industrielle &#224; cette &#233;poque, il estimait toutefois que le r&#233;chauffement anthropique ne se produirait pas avant des milliers d'ann&#233;es. Ses conclusions ont &#233;t&#233; rejet&#233;es par ses pairs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le suivi syst&#233;matique des concentrations de CO2 dans l'atmosph&#232;re commen&#231;a plus d'un demi-si&#232;cle plus tard, soit en 1957, alors que des pr&#233;occupations croissantes &#224; ce sujet apparaissaient dans la communaut&#233; scientifique. Dix ans apr&#232;s, deux climatologues pionniers de la mod&#233;lisation du climat, Syukuro Manabe et Richard Wetherald, lan&#231;aient l'alerte en pr&#233;disant le doublement de la concentration en CO2 et une augmentation globale de la temp&#233;rature de l'ordre de 2,5 &#176;C au d&#233;but du 21e si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les premi&#232;res actions concert&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'extr&#234;me importance de ces informations, ce n'est qu'en 1979 que fut organis&#233;e la premi&#232;re Conf&#233;rence mondiale sur le climat, &#224; Gen&#232;ve. &#192; cette occasion, un programme de recherche climatologique mondial fut lanc&#233;, lequel entra&#238;na, en 1988, la cr&#233;ation du fameux Groupe d'experts intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat (GIEC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e suivant la cr&#233;ation du GIEC avait lieu la seconde conf&#233;rence mondiale sur le climat, &#224; La Haye, laquelle permit de r&#233;unir 149 pays. Ceux-ci s'engag&#232;rent &#224; entreprendre les n&#233;gociations n&#233;cessaires pour mettre en place une convention sur les changements climatiques. Notons qu'&#224; cette occasion, les 12 &#201;tats de la Communaut&#233; &#233;conomique europ&#233;enne prirent la r&#233;solution de stabiliser leurs &#233;missions de gaz &#224; effet de serre au niveau de 1990 avant l'an 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tout premier rapport du GIEC, publi&#233; en 1990, fit &#233;tat de l'impact des activit&#233;s humaines sur le climat, soulignant notamment que les &#233;missions de GES d'origine humaine augmentent sensiblement l'effet de serre naturel et contribuent au r&#233;chauffement climatique. Ce rapport pr&#233;sentait quatre sc&#233;narios d'&#233;missions de gaz &#224; effet de serre, en fonction des actions prises &#8211; ou pas &#8211; par les diff&#233;rents gouvernements, entra&#238;nant un r&#233;chauffement moyen variant entre 1 et 3 &#176;C selon le cas. Les rapports subs&#233;quents du GIEC, publi&#233;s en 1995, 2001, 2007 et 2013, pr&#233;sent&#232;rent des conclusions toujours plus alarmantes d'une fois &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier Sommet de la Terre, tenu &#224; Rio de Janeiro en 1992, amor&#231;a la p&#233;riode de signature de la Convention-cadre sur les changements climatiques. Cette entente a &#233;t&#233; ratifi&#233;e &#224; ce jour par 189 pays. Trois grands principes y sont reconnus : le principe de pr&#233;caution, le principe des responsabilit&#233;s communes mais diff&#233;renci&#233;es et le principe du droit au d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995, lors de la premi&#232;re Conf&#233;rence des Parties &#224; la Convention sur le climat, le principe des quotas d'&#233;missions de GES fut adopt&#233;. Lors de la seconde conf&#233;rence, &#224; Gen&#232;ve en 1996, les parties s'engag&#232;rent &#224; fixer des objectifs de r&#233;duction des GES chiffr&#233;s et l&#233;galement contraignants. Lors du deuxi&#232;me Sommet de la Terre, tenu &#224; New York en 1997, des diff&#233;rends commenc&#232;rent cependant &#224; appara&#238;tre entre les &#201;tats-Unis et l'Europe sur la fa&#231;on de lutter contre les changements climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me ann&#233;e, la troisi&#232;me Conf&#233;rence des Nations unies sur les changements climatiques d&#233;boucha sur le Protocole de Kyoto, un ajout &#224; la Convention-cadre fait par les parties, dans la ville du m&#234;me nom. Les pays s'engag&#232;rent alors &#224; r&#233;duire, entre 2008 et 2012, leurs &#233;missions de GES de 5,2 % en moyenne sous le niveau de 1990. Les &#201;tats-Unis, &#224; la t&#234;te d'un groupe de pays industrialis&#233;s, commenc&#232;rent cependant &#224; faire pression pour que des m&#233;canismes de flexibilit&#233; soient ajout&#233;s au protocole, permettant aux pays de rencontrer leurs objectifs non pas en r&#233;duisant leurs &#233;missions, mais en finan&#231;ant des r&#233;ductions &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dissensions dans les rangs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lors des conf&#233;rences subs&#233;quentes, la m&#233;sentente entre les &#201;tats-Unis et l'Europe s'intensifia. L'opposition fut aussi farouche entre les pays industrialis&#233;s, d&#233;sireux de faire porter le fardeau de la lutte aux GES sur l'ensemble de la communaut&#233; internationale, et les pays en d&#233;veloppement, qui refusaient d'hypoth&#233;quer l'&#233;conomie de leur nation pour r&#233;parer les torts caus&#233;s par les premiers. En 2001, le pr&#233;sident George W. Bush affirma son opposition au Protocole de Kyoto et annon&#231;a que les &#201;tats-Unis renon&#231;aient dor&#233;navant &#224; limiter leurs &#233;missions de GES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Protocole de Kyoto prend tout de m&#234;me effet en 2005 apr&#232;s avoir &#233;t&#233; ratifi&#233; par 141 pays. Les &#201;tats-Unis et l'Australie, qui comptent &#224; eux seuls pour le tiers des &#233;missions de GES &#224; l'&#233;chelle mondiale, n'ont pas ratifi&#233; le protocole malgr&#233; l'ajout des m&#233;canismes de flexibilit&#233; qu'ils avaient exig&#233;s. En 2005, lors de la premi&#232;re rencontre des signataires du Protocole &#224; Montr&#233;al, 182 pays sur 192 l'avaient ratifi&#233; ou approuv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats-Unis font toujours bande &#224; part, &#224; la t&#234;te d'un groupe de pays dits des &#171; &#233;conomies majeures &#187;, pour concurrencer les n&#233;gociations qui ont lieu sous l'&#233;gide de l'ONU. Dans son communiqu&#233; publi&#233; en 2006, ce groupe mentionne que la lutte contre le r&#233;chauffement climatique ne doit pas freiner la croissance &#233;conomique, et que la plus grosse partie de la lutte contre le r&#233;chauffement climatique reviendra au secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conf&#233;rences subs&#233;quentes, soit celles de Bali (2007), Pozna&#324; (2008), Copenhague (2009) et Canc&#250;n (2010), ont toutes plus ou moins affaibli les engagements internationaux. En effet, il est effarant de constater qu'au fil de temps, les accords sont de moins en moins contraignants, de moins en moins chiffr&#233;s et op&#232;rent un glissement vers l'&#233;coblanchiment de l'&#233;conomie et l'adaptation aux changements climatiques plut&#244;t que leur pr&#233;vention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la conf&#233;rence de Durban (2011), le Canada a reni&#233; officiellement son engagement en faveur du Protocole de Kyoto, causant un toll&#233; en raison, entres autres, de la d&#233;claration de Stephen Harper selon laquelle sa ratification avait &#233;t&#233; une erreur. &#192; Doha (2012), une lueur d'espoir ressurgit cependant lorsque les pays reconduisirent le Protocole de Kyoto jusqu'en 2020 et s'engag&#232;rent &#224; mettre en place &#171; un protocole, un autre instrument juridique ou un accord ayant force juridique &#187; lors de la conf&#233;rence qui aura lieu en 2015 &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conf&#233;rence de Varsovie (2013) a n&#233;anmoins donn&#233; lieu &#224; des affrontements importants entre les pays industrialis&#233;s, d'une part, et les pays &#233;mergents de l'autre. Un accord, constituant une feuille de route pour atteindre les objectifs de la conf&#233;rence de Paris, a &#233;t&#233; conclu in extremis. Il est &#224; pr&#233;voir que la conf&#233;rence qui se tiendra &#224; Lima en d&#233;cembre prochain donnera &#233;galement du fil &#224; retordre aux n&#233;gociateurs et n&#233;gociatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements climatiques pourraient bien constituer le plus grand d&#233;fi que l'humanit&#233; aura &#224; surmonter, toutes &#233;poques confondues. La communaut&#233; scientifique l'affirme : il est minuit moins une. Nos politicien&#183;ne&#183;s sauront-ils laisser de c&#244;t&#233; l'int&#233;r&#234;t &#233;conomique &#224; courte vue de quelques-uns pour travailler enfin en faveur de la sauvegarde de l'humanit&#233; ? Seule une pression populaire jamais vue auparavant pourrait les pousser &#224; le faire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour plus de d&#233;tails, voir &#171; La science des changements climatiques pour les nuls &#187; &#233;crit par Normand Baillargeon dans ce m&#234;me dossier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Responsable du comit&#233; Agriculture et Alimentation ainsi que des dossiers li&#233;s &#224; la globalisation aux Ami.e.s de la Terre de Qu&#233;bec&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;conomie verte, un &#233;cran de fum&#233;e au service des puissants</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-economie-verte-un-ecran-de-fumee</link>
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		<dc:date>2014-09-13T19:01:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Bernier</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Bernier, Dominique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, la notion d'&#233;conomie verte tente de se frayer un chemin dans le vocabulaire m&#233;diatique et politique. Substitut de choix au tr&#232;s galvaud&#233; &#171; d&#233;veloppement durable &#187;, le terme &#171; &#233;conomie verte &#187; sugg&#232;re l'id&#233;e de mettre l'&#233;conomie au service de la protection de l'environnement ou, &#224; tout le moins, de faire en sorte que la protection de l'environnement soit rentable, donc plus attrayante pour les entreprises. Il s'agit d'une id&#233;e certes s&#233;duisante et rassurante, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Apres-crise-ou-crise-" rel="directory"&gt;Dossier : Apr&#232;s-crise ou crise permanente - O&#249; en sommes-nous ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bernier-Dominique-+" rel="tag"&gt;Bernier, Dominique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1868.png?1642092158' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;639&#034; height=&#034;378&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, la notion d'&#233;conomie verte tente de se frayer un chemin dans le vocabulaire m&#233;diatique et politique. Substitut de choix au tr&#232;s galvaud&#233; &#171; d&#233;veloppement durable &#187;, le terme &#171; &#233;conomie verte &#187; sugg&#232;re l'id&#233;e de mettre l'&#233;conomie au service de la protection de l'environnement ou, &#224; tout le moins, de faire en sorte que la protection de l'environnement soit rentable, donc plus attrayante pour les entreprises. Il s'agit d'une id&#233;e certes s&#233;duisante et rassurante, puisqu'on reste en terrain connu, mais le march&#233; peut-il vraiment r&#233;gler la crise &#233;cologique actuelle ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un bref retour en arri&#232;re nous permet d'avoir une vision plus large de ce qui a entra&#238;n&#233; l'apparition de ces concepts. En 1972, la publication du rapport &lt;i&gt;Halte &#224; la croissance ? &#8211; Rapport sur les limites de la croissance&lt;/i&gt; a fait grand bruit. Couramment appel&#233; rapport Meadows, du nom des chercheurs du MIT ayant coordonn&#233; les travaux pour le compte du Club de Rome, ce rapport soulignait l'interd&#233;pendance des questions sociales, &#233;conomiques et &#233;cologiques. Ainsi, selon les diff&#233;rents sc&#233;narios de prospective pr&#233;sent&#233;s, les interactions entre la croissance d&#233;mographique et l'exploitation croissante des ressources naturelles entra&#238;neraient des p&#233;nuries de ressources accompagn&#233;es d'un haut niveau de pollution, lesquels engendreraient la fin de la croissance, tant d&#233;mographique qu'&#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des diff&#233;rents sc&#233;narios pr&#233;sent&#233;s par les auteurs, les seuls qui n'entra&#238;nent pas un effondrement g&#233;n&#233;ralis&#233; de l'&#233;cosyst&#232;me mondial sont ceux qui mettent un frein &#224; la croissance exponentielle de la production. Il &#233;tait en outre propos&#233; de stopper la croissance de l'industrie en instaurant des taxes permettant de r&#233;orienter le flux mon&#233;taire vers les activit&#233;s les plus utiles, comme l'agriculture, les services sociaux et surtout la lutte contre la pollution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport fait aussi &#233;tat de la n&#233;cessit&#233; de r&#233;partir les richesses en fonction de la satisfaction des besoins primaires de la population. Cela repr&#233;sente, selon les auteurs, la condition sine qua non &#224; l'acceptation populaire d'une &#233;conomie sans croissance. L'objectif est donc &#171; &lt;i&gt;un affranchissement de la faim et du d&#233;nuement qui reste, aujourd'hui encore, le privil&#232;ge de si peu d'hommes sur la Terre&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conclusions de ce rapport, pourtant toujours criantes d'actualit&#233;, n'ont pas manqu&#233;, on s'en doute bien, de susciter une vive pol&#233;mique &#224; l'&#233;poque. S'ensuivit la publication, en 1987, du rapport Bruntland (intitul&#233; Notre avenir &#224; tous), command&#233; par la Commission des Nations unies pour l'environnement. Ce rapport a jet&#233; les bases du premier Sommet de la Terre, qui a eu lieu &#224; Rio en 1992 : le concept de d&#233;veloppement durable &#233;tait n&#233;. Reposant sur trois piliers (environnemental, social, &#233;conomique), celui-ci se d&#233;finit comme &#171; &lt;i&gt; un d&#233;veloppement qui r&#233;pond aux besoins du pr&#233;sent sans compromettre la capacit&#233; des g&#233;n&#233;rations futures de r&#233;pondre aux leurs&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend ici que pour qu'il y ait d&#233;veloppement durable, il doit y avoir d&#233;veloppement &#233;conomique. La pr&#233;servation d'un habitat sensible, par exemple, n'entre pas dans la d&#233;finition du d&#233;veloppement durable. L'id&#233;e de croissance est ainsi r&#233;habilit&#233;e par la bande, en sugg&#233;rant qu'il est possible d'adapter l&#233;g&#232;rement notre mode de fonctionnement actuel pour le rendre plus socialement et &#233;cologiquement responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, le d&#233;veloppement durable nous a &#233;t&#233; servi &#224; toutes les sauces, si bien que ce terme n'a plus aucune cr&#233;dibilit&#233;. La prise en compte de l'impact social des projets a tranquillement gliss&#233; vers la recherche de &#171; l'acceptabilit&#233; sociale &#187; par les gouvernements et les promoteurs de tous horizons, sorte de fabrication de consentement &#224; grands coups de strat&#233;gies de communication qui n'ont bien souvent que peu &#224; envier &#224; la propagande stalinienne...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Privatiser... pour mieux prot&#233;ger ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Terme vide de sens s'il en est un, l'&#233;conomie verte met en lumi&#232;re le fait que les chantres de la croissance se sont finalement adapt&#233;s au choc caus&#233; par la prise de conscience mondiale des probl&#233;matiques environnementales, qui a pour un temps sembl&#233; menacer leurs acquis. Aucune des solutions mises de l'avant par les promoteurs de cette &#171; nouvelle &#233;conomie &#187; ne remet en cause, on s'en doute, l'ordre &#233;tabli. Tout au plus s'agit-il de penser les communications en amont pour donner l'impression que la question environnementale est au c&#339;ur des pr&#233;occupations plut&#244;t que de r&#233;agir en aval, en r&#233;ponse &#224; la pression populaire. En d'autres termes, il s'agit la plupart du temps d'&#233;coblanchiment, puisque les efforts et l'argent investis le sont en publicit&#233; plut&#244;t qu'en actions concr&#232;tes en vue de r&#233;duire son impact environnemental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un lieu commun tr&#232;s exploit&#233; laisse sous-entendre que l'on fait plus attention &#224; ses biens propres qu'&#224; ce qui appartient au domaine public. En poussant la logique plus loin, certaines personnes vont jusqu'&#224; dire que la privatisation de l'eau, par exemple, pourrait permettre de prot&#233;ger davantage la ressource et de la rendre accessible &#224; tous et toutes. Il va de soi que ce qui sous-tend cette logique, c'est en fait une volont&#233; d'augmenter les possibilit&#233;s de profit, les cr&#233;neaux d'affaires, par la marchandisation de la nature. La privatisation des services d'eau potable, par exemple, a &#233;t&#233; tent&#233;e un peu partout dans le monde, avec pour r&#233;sultats une accessibilit&#233; r&#233;duite ou nulle pour les plus pauvres, une baisse de qualit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e, une augmentation du prix, des interruptions de service fr&#233;quentes et un entretien inad&#233;quat des infrastructures.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PIB et croissance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le produit int&#233;rieur brut (PIB) est l'indicateur traditionnellement utilis&#233; pour mesurer la richesse d'une nation. Toute transaction financi&#232;re ayant lieu sur le territoire d'un pays augmente le PIB. La croissance du PIB par habitant est cens&#233;e mesurer la croissance du niveau de vie. Cependant, les actions ou les d&#233;cisions qui n'entra&#238;nent pas de mouvements mon&#233;taires ne contribuent pas &#224; l'augmentation du PIB. En cons&#233;quence, le travail non r&#233;mun&#233;r&#233;, effectu&#233; majoritairement par les femmes, n'est pas reconnu comme participant &#224; l'am&#233;lioration du niveau de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s souvent, les d&#233;sastres &#233;cologiques contribuent &#224; la hausse du PIB : d&#233;versements de p&#233;trole en mer, d&#233;forestation, &#233;levage intensif et m&#234;me catastrophes naturelles entra&#238;nent tous une augmentation marqu&#233;e de l'activit&#233; &#233;conomique. De m&#234;me, une population malade contribue davantage au PIB qu'une population en sant&#233;, car elle ach&#232;te plus de m&#233;dicaments, consomme plus d'actes m&#233;dicaux et de services sp&#233;cialis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la croissance &#233;conomique repose sur un mod&#232;le th&#233;orique qui ne tient pas compte des limites physiques de l'&#233;cosyst&#232;me plan&#233;taire. Nombreux sont ceux qui d&#233;noncent donc le productivisme et le consum&#233;risme incarn&#233; par le PIB, qui est loin d'&#234;tre repr&#233;sentatif du r&#233;el bien-&#234;tre humain.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une solution : la transition vers une &#233;conomie &#224; &#233;chelle humaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi persiste-t-on &#224; rechercher la croissance &#224; tout prix, sachant que cette course effr&#233;n&#233;e se fait au d&#233;triment de notre qualit&#233; de vie et m&#234;me de la survie de l'esp&#232;ce ? C'est qu'il faut nourrir sans cesse le monstre que nous avons cr&#233;&#233;&#8230; En effet, l'&#233;conomie actuelle repose sur la cr&#233;ation mon&#233;taire ex nihilo, &#224; partir de rien, par les banques priv&#233;es principalement. Chaque fois qu'un &#201;tat ou un individu emprunte une somme d'argent &#224; la banque, le montant est simplement inscrit &#224; son actif, sans qu'il ne corresponde &#224; aucune somme r&#233;elle. Ce ne sont pas les d&#233;p&#244;ts des uns qui sont pr&#234;t&#233;s aux autres, comme on est port&#233; &#224; le croire. La monnaie, de nos jours, est scripturale, c'est-&#224;-dire cr&#233;&#233;e &#224; la pointe du stylo (ou plut&#244;t &#224; la touche du clavier). Seule une r&#233;serve en monnaie r&#233;elle correspondant &#224; une fraction des pr&#234;ts (environ 2 %) est exig&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, nous devons rembourser les sommes emprunt&#233;es gr&#226;ce &#224; l'argent gagn&#233; par notre force de travail (bien r&#233;elle, celle-ci &#173; !), plus les int&#233;r&#234;ts, qui eux ne sont pas cr&#233;&#233;s. En effet, les banques ne cr&#233;ent que le capital, alors que nous devons rembourser capital et int&#233;r&#234;ts. Si l'on con&#231;oit l'&#233;conomie globale d'un pays comme un seul gros syst&#232;me, on comprend ais&#233;ment qu'il faut qu'il y ait sans cesse croissance, donc augmentation de la masse mon&#233;taire, pour &#233;viter d'atteindre le stade o&#249; il devient &#233;vident qu'il n'y a pas assez d'argent en circulation pour rembourser toutes les dettes. Si cela se produisait, c'est le syst&#232;me &#233;conomique dans son ensemble qui imploserait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi que le fait d'avoir confi&#233; le droit r&#233;galien de cr&#233;er la monnaie aux banques priv&#233;es leur conf&#232;re un immense pouvoir. Elles peuvent non seulement d&#233;cider ce qui m&#233;rite d'&#234;tre financ&#233; ou non, et ce de fa&#231;on totalement antid&#233;mocratique, mais elles sont aussi en total conflit d'int&#233;r&#234;ts puisque l'endettement massif est n&#233;cessaire au maintien de ce syst&#232;me qui les privil&#233;gie au-del&#224; de tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les solutions qui existent pour sortir de ce marasme, l'une des plus prometteuses pourrait bien &#234;tre l'abolition de ce droit c&#233;d&#233; aux banques et plut&#244;t cr&#233;er la monnaie (toujours &lt;i&gt;ex nihilo&lt;/i&gt;) par le versement d'un revenu de base universel &#224; chaque personne, de la naissance &#224; la mort. Ainsi, c'est la vie humaine, et non les dettes, qui serait &#224; la base du syst&#232;me &#233;conomique. L'argent serait forc&#233;ment mieux r&#233;parti, conf&#233;rant &#224; chaque personne la libert&#233; d'&#233;changer et de produire &#224; petite &#233;chelle. C'est ce mod&#232;le, appel&#233; syst&#232;me mon&#233;taire &#224; dividende universel, que proposent, entre autres, la Th&#233;orie relative de la monnaie, &#233;labor&#233;e par un collectif d'&#233;conomistes, ainsi que l'Initiative citoyenne europ&#233;enne pour un revenu de base universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de l&#224;, tout financement massif de grands projets destructeurs pour l'environnement ou la soci&#233;t&#233; deviendrait beaucoup plus ardu. En effet, si le pouvoir de financer revient aux citoyens et aux citoyennes (pensons au sociofinancement, par exemple), les projets devront faire la preuve de leur utilit&#233; sociale ou environnementale. De m&#234;me, les petites initiatives locales, actuellement bloqu&#233;es par manque de fonds, devraient fleurir et participer, ce faisant, &#224; la n&#233;cessaire transition vers une &#233;conomie &#224; &#233;chelle humaine, au service des citoyens et de leur milieu de vie imm&#233;diat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le disait Einstein, on ne r&#233;sout pas un probl&#232;me avec le mode de pens&#233;e qui l'a cr&#233;&#233;. La crise &#233;cologique est une cons&#233;quence directe du mod&#232;le productiviste ax&#233; sur la croissance &#233;conomique. Il est absurde de s'attendre &#224; ce que les m&#233;canismes de march&#233; &#224; l'&#339;uvre dans ce mod&#232;le soient &#224; m&#234;me de nous permettre d'&#233;chapper &#224; la crise &#233;cologique. La main invisible ne prot&#232;ge pas plus la plan&#232;te qu'elle ne r&#233;partit la richesse. Au contraire, elle pille nos ressources et vide nos poches pour remplir celles des puissants !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Simon Pag&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Apr&#232;s-crise ou crise permanente - O&#249; en sommes-nous ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Apres-crise-ou-crise-permanente-Ou</link>
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		<dc:date>2014-02-04T01:26:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Bernier, Michelle Monette, Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Monette, Michelle</dc:subject>
		<dc:subject>Bernier, Dominique</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis la crise &#233;conomique de 2007-2008, nous vivons une p&#233;riode difficile qui semble se maintenir. Les plans d'aust&#233;rit&#233; appliqu&#233;s partout dans le monde ont donn&#233; de pi&#232;tres r&#233;sultats et ne font qu'accentuer le mal. Les populations, qui doivent payer pour les exc&#232;s des banquiers, voient la qualit&#233; des services publics se d&#233;t&#233;riorer et leurs gouvernements se d&#233;tacher de leurs responsabilit&#233;s. L'&#233;conomie mondiale s'enfonce dans une grande stagnation qui cr&#233;e un climat morose. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les partis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Apres-crise-ou-crise-" rel="directory"&gt;Dossier : Apr&#232;s-crise ou crise permanente - O&#249; en sommes-nous ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Monette-Michelle-+" rel="tag"&gt;Monette, Michelle&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1752.gif?1642092151' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;756&#034; height=&#034;1008&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis la crise &#233;conomique de 2007-2008, nous vivons une p&#233;riode difficile qui semble se maintenir. Les plans d'aust&#233;rit&#233; appliqu&#233;s partout dans le monde ont donn&#233; de pi&#232;tres r&#233;sultats et ne font qu'accentuer le mal. Les populations, qui doivent payer pour les exc&#232;s des banquiers, voient la qualit&#233; des services publics se d&#233;t&#233;riorer et leurs gouvernements se d&#233;tacher de leurs responsabilit&#233;s. L'&#233;conomie mondiale s'enfonce dans une grande stagnation qui cr&#233;e un climat morose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis politiques au pouvoir sont incapables de proposer des solutions audacieuses pour sortir de ces difficult&#233;s. Ils ne parviennent pas &#224; concevoir l'&#233;conomie autrement qu'&#224; travers les principes n&#233;olib&#233;raux, malgr&#233; leur inefficacit&#233;. La classe financi&#232;re, quant &#224; elle, profite &#224; plein de la situation : ses profits sont consid&#233;rables et elle accapare une portion toujours plus grande de la richesse. Comme le souligne &#201;ric Pineault dans l'entrevue qu'il nous a accord&#233;e, elle n'a plus besoin de se pr&#233;occuper de la croissance pour s'enrichir, ce qui est beaucoup moins exigeant pour elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si bien qu'il devient particuli&#232;rement difficile de comprendre o&#249; nous en sommes. Vivons-nous une p&#233;riode d'apr&#232;s-crise, qui a r&#233;solu certains probl&#232;mes, comme l'emballement fou de la finance d&#233;r&#233;glement&#233;e, et qui attend une relance ne pouvant que survenir ? O&#249; sommes-nous dans une situation de crise permanente, un enlisement perp&#233;tuel, qui profite au 1 % des plus fortun&#233;s ? Comment pouvons-nous concevoir une v&#233;ritable apr&#232;s-crise, qui relancerait l'&#233;conomie sur de nouveaux principes, plus favorables &#224; la majorit&#233; de la population et &#224; l'environnement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe aujourd'hui un important d&#233;calage entre les solutions multiples propos&#233;es par le mouvement social et l'absence totale de volont&#233; politique de les mettre en application. &#192; la stagnation de l'&#233;conomie s'ajoute une stagnation intellectuelle du pouvoir, qui tue dans l'&#339;uf toute r&#233;forme qui n'agirait pas dans l'int&#233;r&#234;t imm&#233;diat du grand capital. Ce qui donne cette impression de crise permanente. Les pauvres n'arrivent plus &#224; sortir de la pauvret&#233;, alors qu'ils sont en plus &#233;touff&#233;s par une tarification toujours plus &#233;lev&#233;e des services. La classe moyenne peine &#224; pr&#233;server son niveau de vie, et elle le fait souvent au prix d'une d&#233;politisation qui contribue &#224; accentuer son ali&#233;nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe dominante, quant &#224; elle, refuse de perdre le moindre de ses privil&#232;ges. Avec arrogance et d&#233;termination, d&#233;pensant des fortunes pour s'assurer de conserver un ordre social outrageusement en sa faveur, elle se maintient en entretenant la peur qu'entra&#238;ne tout changement. Ce qui est beaucoup plus envisageable lorsqu'un &#233;tat de crise soigneusement soutenu vient fragiliser les populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce dossier, nous nous proposons de faire un diagnostic de ces temps difficiles. Nous avons cherch&#233; &#224; la fois &#224; bien cerner les causes des difficult&#233;s &#233;conomiques que nous traversons et &#224; envisager des solutions, mais sans n&#233;gliger les obstacles qui se dressent devant elles. En esp&#233;rant une fois de plus que mieux comprendre l'air du temps nous guide vers les changements &#224; adopter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Un dossier r&#233;alis&#233; en collaboration avec ATTAC-Qu&#233;bec&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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