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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>La vaine chasse aux signes religieux</title>
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		<dc:date>2013-11-30T23:12:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roberto Miguelez</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Miguelez, Roberto</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#192; b&#226;bord ! a re&#231;u cette contribution au d&#233;bat sur le projet de charte du gouvernement qu&#233;b&#233;cois. Il nous fait plaisir de la diffuser. &lt;br class='autobr' /&gt; Le projet d'une Charte des &#171; valeurs qu&#233;b&#233;coises &#187; (rebaptis&#233; Charte des valeurs de la&#239;cit&#233;) initi&#233; par le gouvernement du Qu&#233;bec il y a quelques mois a soulev&#233; des r&#233;actions qui vont d'un rejet total jusqu'&#224; une adh&#233;sion pratiquement inconditionnelle &#8211; d'autant plus, dans ce dernier cas, que le projet veut s'inscrire dans une perspective la&#239;que de l'&#201;tat (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-51-oct-nov-2013-" rel="directory"&gt;No 051 - oct. / nov. 2013&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Miguelez-Roberto-+" rel="tag"&gt;Miguelez, Roberto&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; a re&#231;u cette contribution au d&#233;bat sur le projet de charte du gouvernement qu&#233;b&#233;cois. Il nous fait plaisir de la diffuser.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le projet d'une Charte des &#171; valeurs qu&#233;b&#233;coises &#187; (rebaptis&#233; Charte des valeurs de la&#239;cit&#233;) initi&#233; par le gouvernement du Qu&#233;bec il y a quelques mois a soulev&#233; des r&#233;actions qui vont d'un rejet total jusqu'&#224; une adh&#233;sion pratiquement inconditionnelle &#8211; d'autant plus, dans ce dernier cas, que le projet veut s'inscrire dans une perspective la&#239;que de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois que son histoire ne peut que justifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pensons que, bien malgr&#233; lui probablement, ce projet ouvre la voie &#224; une r&#233;flexion sur la question des fondements m&#234;mes d'une soci&#233;t&#233; &#171; pluraliste &#187;, sur le r&#244;le des signes dans les interactions sociales de par leur inscription dans des repr&#233;sentations culturelles, enfin sur la &#171; justesse &#187; d'une politique d'&#201;tat vis-&#224;-vis de telles s&#233;mantiques des interactions. Cet article, puisqu'il se veut un examen de ces fondements, va naturellement au-del&#224; de ce projet lui-m&#234;me, c'est pourquoi il se veut pertinent pour des lois ou des r&#233;glementations du m&#234;me acabit. Notre d&#233;marche se laisse saisir comme trajet r&#233;flexif qui va du g&#233;n&#233;ral au particulier. Elle ne pr&#233;tend nullement &#234;tre exhaustive dans le traitement des questions et demande sans doute &#224; &#234;tre mieux pr&#233;cis&#233;e, voire nuanc&#233;e dans certaines de ses affirmations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour &#233;viter le m&#234;me, la multiplication des r&#233;ponses&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le point de d&#233;part d'une r&#233;flexion sur ce th&#232;me se doit d'&#234;tre la re-connaissance &#8211; le rappel de connaissance &#8211; du ph&#233;nom&#232;ne de la diff&#233;rence. Chez tous les organismes vivants sans exception la r&#233;plication (g&#233;n&#233;tique) ne se fait pas sans &#171; anomalies &#187;, c'est-&#224;-dire sans que la r&#233;plication &#233;chappe au m&#234;me : nous ne produisons jamais deux enfants identiques. &lt;i&gt;La loi du monde n'est pas l'identit&#233;&lt;/i&gt;. Le m&#233;canisme &#233;volutif fait en sorte que ces &#171; anomalies &#187;, plus exactement mutations, favorisent ou non la survie de l'organisme en question et, par l&#224;, de l'esp&#232;ce. La diff&#233;rence n'est pas seulement loi de l'&#233;volution, mais aussi &#171; valeur &#187; (&#233;volutive), car c'est elle qui assure la survie. En effet, tout organisme est un syst&#232;me ouvert puisqu'il d&#233;pend de ses &#233;changes avec un milieu ext&#233;rieur changeant. Or si l'organisme ne changeait pas lorsque son milieu change, il ne pourrait pas survivre. &#192; l'immense vari&#233;t&#233; de milieux correspond alors une immense vari&#233;t&#233; de r&#233;ponses ad&#233;quates : le &#171; pluralisme &#187; &#8211; des r&#233;ponses, c'est-&#224;-dire de la diff&#233;rence &#8211; est l'expression finale de ce ph&#233;nom&#232;ne essentiel de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la dynamique de l'&#233;volution biologique ne doit pas &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#224; l'&#233;volution des cultures sans restrictions, il n'en demeure pas moins que les lois de l'adaptation s'y appliquent ne serait-ce que dans une certaine mesure, car les cultures sont aussi des r&#233;ponses &#224; des transformations in&#233;vitables des milieux et des circonstances. Le pluralisme de r&#233;ponses biologiques se double, chez les &#234;tres humains en particulier, d'un pluralisme de r&#233;ponses culturelles. Il s'agit donc encore non seulement d'un fait, mais d'une valeur : la diff&#233;rence se trouve &#224; la base des processus d'&#233;volution culturelle. Un peuple ne survivrait pas s'il ne s'adaptait pas aux transformations de son environnement en se transformant lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La valeur symbolique de la diff&#233;rence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Toutes les cultures sans exception se sont organis&#233;es sur la base de la diff&#233;rence. Or, il y a deux sortes de diff&#233;rences : celles que l'on peut appeler &#171; naturelles &#187; et celles que l'on peut appeler &#171; sociales &#187;. Parmi les premi&#232;res, celle de la diff&#233;rence de sexes, mais aussi de races, d'&#226;ge, d'apparence physique, etc. Parmi les secondes, et en premier lieu, celle des diff&#233;rences de classe sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'elles soient naturelles ou sociales, c'est leur interpr&#233;tation qui compte. C'est &#224; partir de leur &#171; lecture &#187; symbolique, c'est-&#224;-dire dans leur inscription dans un syst&#232;me conceptuel de repr&#233;sentations, qu'elles &#171; fonctionnent &#187;. La notion de culture d&#233;signe justement un tel syst&#232;me. Et quel est alors le ph&#233;nom&#232;ne crucial ? C'est celui d'une attribution (sociale) de valeurs diff&#233;rentes aux diff&#233;rences. Bien entendu, les cas paradigmatiques ont &#233;t&#233; et sont encore le sexisme et le racisme en tant qu'attribution de valeurs diff&#233;rentes aux diff&#233;rents sexes et races. Remarquons d'ailleurs qu'une telle attribution comporte des pouvoirs : le sexisme ou le racisme sont aussi des rapports de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, la seule option politique ad&#233;quate &#8211; par politique nous entendons ici la forme organisationnelle d'une soci&#233;t&#233; &#8211; doit &#234;tre, simultan&#233;ment, la reconnaissance de la valeur de la diff&#233;rence qui s'exprime dans le pluralisme de cultures et la r&#233;interpr&#233;tation des valeurs attribu&#233;es aux diff&#233;rences : la lutte contre le sexisme ou contre le racisme en est un exemple d'une telle r&#233;interpr&#233;tation. Il ne s'agit pas pourtant d'une t&#226;che qui se restreint au politique, mais engage aussi le juridique : l'attribution de valeurs diff&#233;rentes aux diff&#233;rences comporte aussi g&#233;n&#233;ralement une expression au niveau des normes l&#233;gales lesquelles renvoient &#224; des rapports de pouvoir. Enfin, &lt;i&gt;last but not least&lt;/i&gt;, cet aspect juridique se double de celui des attitudes, des m&#339;urs, des sentiments, dans lesquels sont v&#233;cues les diff&#233;rences. &#192; suivre ce grand philosophe allemand que fut Kant, ce serait cependant le volet juridique qui rendrait finalement possible la vie sociale humaine : si une soci&#233;t&#233; d'anges est impensable, une soci&#233;t&#233; de diables est concevable pour autant que la p&#233;nalit&#233; et des institutions destin&#233;es &#224; son exercice existent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les soci&#233;t&#233;s &#8211; y compris animales &#8211; expriment la diff&#233;rence par des signes. La possibilit&#233; m&#234;me de l'interaction repose sur la signification, car les comportements fondamentaux des individus qui composent une soci&#233;t&#233; sont en bonne partie r&#233;gl&#233;s par l'interpr&#233;tation des signes exprim&#233;s par autrui. C'est pourquoi nous tenons autant &#224; nous pr&#233;senter &#224; autrui comme nous voudrions qu'il nous &#171; interpr&#232;te &#187;. Les signes sont de deux classes : ceux qui expriment une appartenance particuli&#232;re &#8211; comme ceux qui s'attachent aux diff&#233;rences sexuelles, voire aux diff&#233;rences religieuses &#8211; et ceux qui veulent exprimer une singularit&#233; (pensons aux tatouages). Qu'est-ce qui explique que les gens &#171; s'expriment &#187; ? Il s'agit parfois de consolider l'appartenance, parfois de consolider la singularit&#233;. Cependant, comme nous l'avons d&#233;j&#224; signal&#233;, les cons&#233;quences sociales de la signification ne sont pas inh&#233;rentes aux signes, mais &#224; leur interpr&#233;tation, plus exactement aux valeurs diff&#233;rentes dont on peut investir les signes : personne ne contr&#244;le totalement les signes qu'on &#233;met. Ainsi, le racisme n'est pas inh&#233;rent &#224; la diversit&#233; de races, mais &#224; l'attribution d'une valeur n&#233;gative &#224; certaines races &#8211; et &#224; la production concomitante d'actes discriminatoires. En fait, le racisme comme le sexisme, en attribuant des valeurs diff&#233;rentes &#224; des diff&#233;rences &#8211; raciales ou sexuelles &#8211; nient la valeur de la diff&#233;rence elle-m&#234;me : &#224; l'horizon logique du racisme se trouve l'&#233;limination du diff&#233;rent, le programme d'une r&#233;plication du m&#234;me, donc le suicide du groupe qui le pratique. Le g&#233;nocide est donc, &#224; la lumi&#232;re des lois de l'&#233;volution, un suicide.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La burqa pour tous pour contrer la discrimination&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment envisager une politique visant la non-discrimination, l'&#233;galit&#233; dans la diversit&#233; ? Venons-en maintenant au projet de Charte des &#171; valeurs de la&#239;cit&#233; &#187; : ce projet envisage une telle politique par le biais des signes eux-m&#234;mes et croit pouvoir asseoir la non-discrimination dans une sorte de neutralisation significative. Comment ? En imposant l'interdiction de signes lors des interactions impliquant des rapports de pouvoir social, plus exactement des pouvoirs l&#233;gitim&#233;s par l'&#201;tat. Il s'attaque aux signes, comme si dans les signes &#233;taient inscrits les comportements. Une telle croyance est absurde : en toute logique, lors de ces interactions il faudrait alors interdire &lt;i&gt;tous&lt;/i&gt; les signes exprimant une diff&#233;rence, puisque potentiellement sinon r&#233;ellement producteurs de discriminations. Voici la preuve de l'absurde : dans une telle perspective, l'universalisation de la burqa s'av&#233;rerait la solution id&#233;ale, car elle emp&#234;che, ne serait-ce qu'en principe, d'exprimer le sexe, l'&#226;ge, la condition de classe et toute autre appartenance, y compris l'expression d'une singularit&#233;. Mais une telle croyance est aussi pernicieuse, car elle laisse croire que la diff&#233;rence est inexorablement productrice de discriminations, qu'elle se doit donc d'&#234;tre r&#233;glement&#233;e dans ses expressions publiques, voire carr&#233;ment occult&#233;e. Or, si c'est possible qu'&#233;tant homme je puisse discriminer les femmes, la solution ne peut pas &#234;tre, sauf &#224; tomber dans l'absurde, de cacher mes pantalons. Le projet de Charte rate sa cible : ce sont les comportements, et non pas les signes qui peuvent &#234;tre source de discrimination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de Charte qu&#233;b&#233;coise comporte un volet sur la la&#239;cit&#233; de l'&#201;tat qui se veut &lt;i&gt;ultima ratio&lt;/i&gt;. Mais il op&#232;re comme &#171; derni&#232;re raison &#187; de deux mani&#232;res : parce qu'il est pr&#233;sent&#233; formellement comme telle et parce qu'il fonctionne comme telle dans une explication de l'opportunit&#233; du projet. Premi&#232;re mani&#232;re : c'est au nom de la valeur de la la&#239;cit&#233; de l'&#201;tat et de l'&#233;galit&#233; de ses citoyen&#183;ne&#183;s que l'on propose la &#171; neutralisation &#187; significative au sein de certaines interactions non pas de tout signe, mais des seuls signes religieux comme si la seule menace de discrimination venait de ces signes. Certes, les ph&#233;nom&#232;nes de totalitarisme catholique v&#233;cus au Qu&#233;bec expliqueraient une telle crainte, mais ce ne sont pas les signes catholiques qui inspirent le projet de Charte, ce sont ceux d'autres religions, en particulier de l'Islam. On voit alors que la &#171; la&#239;cit&#233; &#187; op&#232;re aussi, et fondamentalement, comme derni&#232;re raison &#8211; volontaire ou involontaire &#8211; dans la production d'un sentiment de menace face &#224; d'autres croyances. Supposons qu'une telle menace soit r&#233;elle et demandons-nous si l'interdiction de signes religieux pourrait d&#233;fendre la communaut&#233; d'une telle menace. Il faudrait &#234;tre bien na&#239;f pour le croire. R&#233;p&#233;tons-le : ce ne sont pas les signes qui menacent l'&#233;galit&#233;, ce sont les comportements, ceux engendr&#233;s par une valorisation diff&#233;rente des diff&#233;rences. Or, pour ces comportements, il existe la voie de leur pr&#233;vention et de leur punition d&#233;j&#224; toute trac&#233;e : le Code p&#233;nal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;In fine&lt;/i&gt;. Si cette analyse est correcte, il s'ensuit, premi&#232;rement, que toute soci&#233;t&#233; doit promouvoir la diff&#233;rence, car elle est condition autant de la survie biologique que de l'&#233;panouissement culturel. L'anthropologue fran&#231;ais Claude L&#233;vi-Strauss avait signal&#233; il y a d&#233;j&#224; bien longtemps que la disparition d'esp&#232;ces animales et celle de cultures constituaient les deux catastrophes de la &#171; modernit&#233; &#187; (on devrait plut&#244;t dire que c'est bel et bien le capitalisme et sa logique de la marchandisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e qui se trouvent &#224; l'origine de ces catastrophes). Il s'ensuit, deuxi&#232;mement, que toute soci&#233;t&#233; se devrait encore de promouvoir l'expression libre de la diff&#233;rence, la libert&#233; significative. Les obstacles &#224; une telle expression ne peuvent qu'appauvrir la dimension symbolique des interactions et, par l&#224;, conspirer contre la richesse de la culture. Troisi&#232;mement, tout comportement discriminatoire, quelle que soit la diff&#233;rence qui le provoque, devrait &#234;tre mati&#232;re de la seule p&#233;nalit&#233; juridique. La la&#239;cit&#233; de l'&#201;tat doit s'exprimer purement et exclusivement dans ses dispositions et r&#232;glements, c'est-&#224;-dire dans son &#171; comportement &#187;, ainsi que dans ses structures mat&#233;rielles (b&#226;timents, salles, etc.). Une chose est que les d&#233;bats de l'Assembl&#233;e nationale soient pr&#233;sid&#233;s par un crucifix et une tout autre que ses employ&#233;&#183;e&#183;s, voire les d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s, le portent. La la&#239;cit&#233; de l'&#201;tat ne concerne donc pas le port de signes de la diff&#233;rence de la part de ceux qui accomplissent une mission quelconque en son nom, autrement dit elle n'est nullement assur&#233;e par la n&#233;gation tout compte fait hypocrite des appartenances et des singularit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nota bene&lt;/i&gt;. Il serait certainement utopique de penser que toute soci&#233;t&#233; est dispos&#233;e &#224; accepter n'importe quel signe de la diff&#233;rence. L'acceptabilit&#233; d&#233;pend &#233;videmment de la culture, de l'&#233;tat dans lequel elle se trouve. Or, le r&#244;le de l'&#201;tat n'est pas de l&#233;gitimer l'intol&#233;rance, encore moins d'y inciter, mais de combattre les pr&#233;jug&#233;s et les discriminations ainsi que de d&#233;fendre la libert&#233; significative.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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