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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>La v&#233;ritable guerre des vaccins</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-veritable-guerre-aux-vaccins</link>
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		<dc:date>2021-02-17T15:07:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Pharmaceutiques</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Manchette</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que le confinement n'en finit plus, plusieurs se demandent si nous sortirons un jour de cette pand&#233;mie qui ne cesse de s'&#233;tirer et dont on annonce la prolongation par de nouveaux variants, plus terribles encore que la souche originelle. Pourtant la cr&#233;ation de vaccins &#224; une vitesse record a donn&#233; un certain espoir. Mais celui a rapidement &#233;t&#233; r&#233;duit par la lenteur avec laquelle on les transmet &#224; la population. &lt;br class='autobr' /&gt; Autant ces vaccins ont &#233;t&#233; de v&#233;ritables miracles technologiques, autant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3075.jpg?1642092255' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1600&#034; height=&#034;1067&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que le confinement n'en finit plus, plusieurs se demandent si nous sortirons un jour de cette pand&#233;mie qui ne cesse de s'&#233;tirer et dont on annonce la prolongation par de nouveaux variants, plus terribles encore que la souche originelle. Pourtant la cr&#233;ation de vaccins &#224; une vitesse record a donn&#233; un certain espoir. Mais celui a rapidement &#233;t&#233; r&#233;duit par la lenteur avec laquelle on les transmet &#224; la population.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Autant ces vaccins ont &#233;t&#233; de v&#233;ritables miracles technologiques, autant &lt;a href=&#034;https://lactualite.com/politique/la-campagne-de-vaccination-un-probleme-de-pays-riches/&#034;&gt;leur distribution demeure grandement probl&#233;matique&lt;/a&gt; : lenteur inesp&#233;r&#233;e de la vaccination, incapacit&#233; de produire le vaccin &#224; une &#233;chelle suffisante, in&#233;galit&#233; de distribution entre pays pauvres et pays riches. L&#224; o&#249; la science a r&#233;pondu de fa&#231;on spectaculaire &#224; une demande exigeante, notre syst&#232;me &#233;conomique semble quant &#224; lui avoir &#233;chou&#233; une fois de plus &#224; bien prot&#233;ger les populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ces probl&#232;mes d&#233;coulent en grande partie de la vision mercantile de la sant&#233; adopt&#233;e depuis plusieurs ann&#233;es, surtout dans la conception et la mise en march&#233; des m&#233;dicaments. Les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle ont permis de prot&#233;ger les produits des plus grandes compagnies pharmaceutiques. Ils ont &#233;t&#233; au c&#339;ur des n&#233;gociations des accords de libre-&#233;change. L'objectif &#233;tait toujours de les raffermir et de les prolonger, pour hausser au maximum les profits qui en r&#233;sultent, quitte &#224; rende les m&#233;dicaments peu accessibles, m&#234;me aux personnes qui en ont le plus grandement besoin. Aucune pr&#233;occupation de prot&#233;ger la collectivit&#233; n'a marqu&#233; ces n&#233;gociations, malgr&#233; les nombreux signaux envoy&#233;s par les repr&#233;sentants de groupes humanitaires, scandalis&#233;s devant une pareille cupidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D&#232;s le d&#233;but de la pand&#233;mie, un vaccin contre la Covid-19 &#233;tait consid&#233;r&#233; comme une poule aux &#339;ufs d'or pour de nombreux sp&#233;culateurs. En avril dernier, apr&#232;s un &#233;croulement attendu des march&#233;s financiers cons&#233;quent du confinement et du ralentissement spectaculaire de l'&#233;conomie qui en a d&#233;coul&#233;, ceux-ci on repris de la vigueur de fa&#231;on surprenante. Une des raisons importantes de cette hausse inattendue : &lt;a href=&#034;https://www.cnbc.com/2020/04/18/the-stock-market-is-rising-on-hope-for-a-pharma-solution-to-coronavirus-heres-how-close-we-are.html&#034;&gt;l'espoir qu'un vaccin bient&#244;t d&#233;couvert &lt;/a&gt;puisse rapporter des fortunes aux investisseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La mise en march&#233; des vaccins a tr&#232;s bien correspondu &#224; leurs attentes. Les deux compagnies gagnantes ont &#233;t&#233; Pfizer, une des plus grandes au monde, toutes cat&#233;gories confondues, avec des revenues de 47,644 milliards de dollars pour l'ann&#233;e 2020, et Moderna, plus modeste, plus r&#233;cente, plus sp&#233;cialis&#233;e, mais dont l'immense succ&#232;s de sa trouvaille lui permettra de jouer dans la cour des grands. Pendant que ces compagnies encaissent des profits faramineux, nos gouvernements d&#233;pendent d'elles, de ce qu'elles livrent au compte-goutte, pour fournir un bien essentiel &#224; la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il aurait pourtant pu en &#234;tre bien autrement. Marc-Andr&#233; Gagnon, sp&#233;cialiste des politiques pharmaceutiques, a montr&#233; les &lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/le-matin-du-nord/segments/entrevue/341591/partage-brevet-vaccin-covid&#034;&gt;limites d'une &#171; recherche propri&#233;taire &#187;&lt;/a&gt;, ax&#233;e sur l'obtention d'un lucratif brevet, &#224; l'encontre d'une &#171; recherche collaborative &#187; qui se base sur un &#233;change g&#233;n&#233;ralis&#233; de donn&#233;es. L'existence de donn&#233;es publiques accessibles permettrait la fabrication de vaccins en quantit&#233; beaucoup plus grande, moins chers et con&#231;us en toute s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans une &lt;a href=&#034;https://www.journaldemontreal.com/2021/02/13/pharma-quebec-quest-ce-quon-attend?fbclid=IwAR3iRm_fk1IAuDEuE2EyTae0RJ-5kfWRCkkkp33XuFpXrBg39P-Kwy7OzNk&#034;&gt;lettre envoy&#233;e au &lt;em&gt;Journal de Montr&#233;al&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, le docteur Amir Khadir a rappel&#233; que la privatisation de la recherche m&#233;dicale publique au Qu&#233;bec nous a enlev&#233; une expertise inestimable, celle l'Institut Armand Frappier, produisant des vaccins de base. Cet institut a &#233;t&#233; vendu pour des bagatelles &#224; une entreprise qui a d&#233;m&#233;nag&#233; &#224; l'&#233;tranger &#224; la premi&#232;re occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Bien qu'il est difficile de consid&#233;rer la Russie comme pays exemplaire, la d&#233;couverte du fameux vaccin Sputnik, dont les qualit&#233;s ont &#233;t&#233; &lt;a href=&#034;https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)00191-4/fulltext&#034;&gt;reconnues par la prestigieuse revue &lt;em&gt;The Lancet&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, s'est faite dans un tout autre contexte que celui d'un univers domin&#233; par les compagnies priv&#233;es. Il a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; par un institut de recherche d'&#233;pid&#233;miologie et de microbiologie relevant directement du minist&#232;re de la Sant&#233; du pays. Malgr&#233; la r&#233;pugnance du monde occidental &#224; accorder des m&#233;rites &#224; ce mauvais joueur qu'est la Russie sur le plan international &#8212; &#224; juste titre par ailleurs &#8212;, ce succ&#232;s vient tout de m&#234;me nous rappeler qu'on peut avancer tr&#232;s efficacement en dehors du libre-march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les errements de la vaccination dans notre pays, de m&#234;me que les d&#233;bordements qu'a connus notre syst&#232;me de sant&#233; pendant la premi&#232;re vague de l'&#233;pid&#233;mie, montrent &#224; quel point laisser d&#233;river un bien public pr&#233;cieux &#224; l'avantage des entreprises priv&#233;es a de terribles cons&#233;quences. Voil&#224; s&#251;rement l'une des plus importantes le&#231;ons &#224; retenir d'une pand&#233;mie que nous combattons si difficilement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Lots de vaccins Comirnaty (Pfizer-BioNTech) pr&#234;ts &#224; &#234;tre inject&#233;s dans le cadre de la phase 1 de la campagne de vaccination contre la Covid-19 aux H&#244;pitaux universitaires de Strasbourg le 8 janvier 2021.&lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons - cc-by-sa-4.0&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>La marchandisation de la sant&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-marchandisation-de-la-sante,1705</link>
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		<dc:date>2013-10-17T23:40:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Abby Lippman</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Pharmaceutiques</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Lippman, Abby</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ceci est la version int&#233;grale, et en langue d'origine, de l'article &#171; La marchandisation de la sant&#233; &#187;, paru dans notre dossier En plein corps. &lt;br class='autobr' /&gt; Medicalization is what happens when life events and experiences are transformed into &#034;diseases&#034; for which medical treatment is then offered. From birth to death, menstruation to aging, mood to sexual desire, what is considered normal is increasingly narrowed and more and more found to be in need of fixing. And it means that instead of changing the (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lippman-Abby-+" rel="tag"&gt;Lippman, Abby&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1705.png?1642092149' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;741&#034; height=&#034;336&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ceci est la version int&#233;grale, et en langue d'origine, de l'article &#171; La marchandisation de la sant&#233; &#187;, paru dans notre dossier &lt;i&gt;En plein corps&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Medicalization is what happens when life events and experiences are transformed into &#034;diseases&#034; for which medical treatment is then offered. From birth to death, menstruation to aging, mood to sexual desire, what is considered normal is increasingly narrowed and more and more found to be in need of fixing. And it means that instead of changing the social conditions that create problems, people who are harmed by these conditions are told they must change &#8211; with this leading to the use of drugs and other treatments as social control.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The term may be only about 60 years old, but medicalization can be traced back much further &#8211; a particularly egregious example being the creation in the mid 19th century of a &#8220;disease&#8221; called &#8220;drapetomania&#8221; to describe the behavior of US slaves trying to escape the brutal conditions of their lives. To make this a &#8220;disease&#8221; was to accept the transformation of a normal response to a horrific situation into badness and then madness &#8211; a kind of transformation all too well-known by women not infrequently medicalized for protesting sexism, racism, colonialism and other intersecting oppressions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accelerating these long-standing practices is a newer and more expansive approach to disease creation, &#034;neo-medicalization.&#034; This process involves the corporate-driven creation and marketing of diseases to sell drugs, as well as the framing of natural experiences as causes of future diseases. In its most profitable form, it makes simply being &#8220;at risk&#8221; for some condition a disease state that may itself require treatment and the regular monitoring of individuals.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neo-medicalization is fed by neo-liberal economic policies and their consumer orientation ; by the increasing emphasis on &#8220;risk&#8221; (and its management) ; by alleged needs for constant surveillance (of people and their bodies) ; and by the accelerated recourse to medicine and drugs for the social control of individuals (e.g., the use of Ritalin for schoolchildren who may be more exuberant than others in a classroom). The neo-liberal embrace of corporatism, consumerism, and capitalism nourishes neo-medicalization and leads to the pharmaceutical and biomedical industries, government, the media, and consumers joining physicians to expand the range of problems and even &#034;pre-diseases&#034; that require &#8220;treatment.&#8221; A current example is the framing of obesity as an &#8220;epidemic&#8221; and the labeling of BMI (body mass index) as a &#8220;pre-disease&#8221; for diabetes, thereby simplifying notions of body size and the meaning of food, and fostering the subsequent marketing of some pharmaceutical agent for those thought to weigh &#8220;too much.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The growing use of imaging technologies that reveal things in the body of which one is not even aware is a further demonstration of neo-medicalization as a potential method of profiling for social control, one that parallels the ubiquitous surveillance of individuals at political and social events. In medicine, imaging technologies such as those looking for DNA patterns, electronic activity in the brain, etc. are not just tools for seeking early stages of a disease (which could, in some limited situations, be a good idea if there is some effective treatment). More often, what is seen is either of unknown or of limited meaning with regard to a person's future health &#8211; and leads only to their being profiled and subject to control and future monitoring.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Like the neo-liberalism that fertilizes it, neo-medicalization constructs health as a commodity and healthy people as a resource needed for economic growth, and is a way to individualize social problems and distract attention from their upstream sources. Both processes emphasize individual responsibility for &#8220;risk management&#8221; when what is needed is the public health application of the precautionary principle to eliminate risks at their source.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;By de-politicizing the well-known social and structural determinants of health, neo-medicalization emphasizes how individuals must work to be well &#8211; to manage their risks, to make the &#8220;right&#8221; choices. Individuals, not government policies and practices, are accountable for their ill health. But, as do all forms of privatization, neo-medicalization actually contributes to growing health inequities and the increasing prevalence of mal-aise. It also leads to the blurring of treatment and &#8220;enhancement,&#8221; turns ordinary difficulties or differences into pathologies, and encourages advertisements for pharmaceutical products to make us &#8220;better.&#8221; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;This is perhaps most easily (but not only) seen in areas of mental health where the general stresses created by school and work demands get labeled as mental health problems ; where reduced sexual activity created by inter-personal difficulties gets labeled as a dysfunction ; where idiosyncratic sleep patterns get turned into formal disorders. Moreover, just the mere &#8220;risk&#8221; of one of these experiences may become medicalized and in need of medical management.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;But &#8220;management,&#8221; even if it involves only so-called &#8220;life-style&#8221; changes (usually related to eating, drinking, smoking, and activity levels) implies having the resources needed to act on medical advice. And these are not equitably distributed. Nor is there any one &#8220;lifestyle&#8221; that is appropriate for all. Moreover, even if individual change is possible, primary prevention at the collective level might be more effective and more equitable. For example, the high rates of elevated blood pressure found in many black women might be more effectively addressed if it was understood as the result of stress created by systemic racism than if seen only as the consequence of individual eating choices. Similarly, improving resources in schools to make them exciting learning environments might do more for the education of all children than drugging some with pills to change their behavior ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Women's demands for &#8220;empowerment,&#8221; for social conditions that meet our needs, haven't changed government policies but they have motivated the biopharmaceutical industry to create &#8220;choices&#8221; of pills to take to maintain/promote our health and to keep us &#8220;calm&#8221; and unstressed, products some can purchase that will &#8220;empower&#8221; them to remain active or to be &#8220;happier.&#8221; But when we look to see how being the conscientious consumers they seek has advanced our autonomy or enhanced our lives, we actually find only a simplified menu of drug options mostly comprising &#8220;pills for prevention&#8221; and for &#8220;lifestyle&#8221; alterations (e.g., to stop periods, improve our sex lives, get us 8 hours of uninterrupted sleep, etc.) ; to enhance our skills and capacities ; or, perhaps more accurately, for the medical conditions industry has created to &#8220;sell sickness&#8221; as vigorously as they sell medicines and satisfy their shareholders. And the system stays as it was, continuing to create distress for individuals and blaming the &#8220;victims&#8221; as their numbers grow.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caution is needed, however, in considering how to resist (neo)medicalization at the individual level : too easily, its application in areas of women's health could mask issues of privilege. Thus, if we are concerned about those women's experiences that are most heavily medicalized (e.g., menstruation, menopause, childbirth, sadness at losses), we also need to consider how these are lived differently by women with diverse racial, class, ability, sexuality, and other intersecting identities. It could be that what is negative about medicalization for a woman with privileges and power might be &#034;positive&#034; for a woman who lacks these perks. For example, if only maternity &#8211; and not other &#8212; health care is available for a woman, medicalizing pregnancy so she gives birth in hospital might be her only option for getting attention paid to her other problems. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caution is needed, too, in viewing current tendencies to promote what we do (eat, practice, etc.) as (mainly) for medical reasons, thereby turning our ways of being into instruments (utilitarian &#034;medicines&#034;) and sidelining them as simple pleasures. Thus, encouraging physicians to write &#034;green prescriptions&#034; to formalize their recommendations/advice for such things as exercise, diets, physical activities instead of writing their usual prescriptions for drugs may be problematic insofar as these scripts still locate the individual as the centre of a system of (poor) health, as needing to &#034;act better&#034; to get/stay well, and ignore the many social policies and systemic structures that interfere with and harm health.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Of course, being active, eating well, and not smoking are &#034;good.&#034; And, yes, women (and men) need to be confident in their bodies. But just as &#034;responsible&#8221; or &#8220;conscientious&#8221; consumption circumvents questions about who and what determines what food &#034;choices&#034; are available &#8212; and for whom &#8212; changing one's &#034;lifestyle,&#034; even if medically prescribed and covered by universal insurance, is far from promoting the transformation of society needed to ensure and sustain health. We can try to avoid all chemical-laced and potentially carcinogenic foods and household cleaners, but why are these allowed to be sold in the first place ? Why do &lt;i&gt;we&lt;/i&gt; have to adapt when corporate giants won't adopt practices and policies that prevent harm ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yes, we do need to ensure all have the resources (financial and other) to allow them to make healthy choices for themselves. But while necessary, this is not sufficient. We need to de-medicalize views of and responses to health and health needs, recognize the major roles of social and structural practices and policies in creating ill health, and ensure that policy makers, regulators (drug, environmental), and governments do what THEY must do to allow all of us to define the meaning of a healthy life and then to allow these to be lived.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le gouffre financier</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-gouffre-financier</link>
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		<dc:date>2012-09-02T22:30:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc-Andr&#233; Gagnon</dc:creator>


		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Pharmaceutiques</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Recherche scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Gagnon, Marc-Andr&#233; </dc:subject>

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&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de l'industrie pharmaceutique qu&#233;b&#233;coise est souvent consid&#233;r&#233; comme l'histoire d'une r&#233;ussite industrielle issue d'une politique cibl&#233;e d'aide aux industries &#224; haute valeur ajout&#233;e. Toutefois, &#224; y regarder de pr&#232;s, les fonds publics investis pour soutenir ce secteur sont disproportionn&#233;s par rapport aux retomb&#233;es &#233;conomiques. &lt;br class='autobr' /&gt; L' industrie pharmaceutique a consacr&#233; pr&#232;s de 461 M$ en recherche et d&#233;veloppement (R. et D.) pharmaceutique au Qu&#233;bec en 2010, soit 43 % du total (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Recherche-scientifique-+" rel="tag"&gt;Recherche scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gagnon-Marc-Andre-+" rel="tag"&gt;Gagnon, Marc-Andr&#233; &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1416.jpg?1642092136' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;540&#034; height=&#034;309&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de l'industrie pharmaceutique qu&#233;b&#233;coise est souvent consid&#233;r&#233; comme l'histoire d'une r&#233;ussite industrielle issue d'une politique cibl&#233;e d'aide aux industries &#224; haute valeur ajout&#233;e. Toutefois, &#224; y regarder de pr&#232;s, les fonds publics investis pour soutenir ce secteur sont disproportionn&#233;s par rapport aux retomb&#233;es &#233;conomiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L' industrie pharmaceutique a consacr&#233; pr&#232;s de 461 M$ en recherche et d&#233;veloppement (R. et D.) pharmaceutique au Qu&#233;bec en 2010, soit 43 % du total canadien, &#224; parit&#233; avec l'Ontario1. En prenant en compte la diff&#233;rence d&#233;mographique, cela signifie que la R. et D. pharmaceutique par habitant est environ 50 % plus &#233;lev&#233;e au Qu&#233;bec qu'en Ontario. Beaucoup parlent d'une grande r&#233;ussite industrielle, mais le Qu&#233;bec paie cher ses incitatifs financiers au secteur pharmaceutique &#224; travers une s&#233;rie de mesures qui vont au-del&#224; d'une simple politique de brevets : cr&#233;dits d'imp&#244;t, g&#233;n&#233;reuses politiques de prix ou subventions directes aux entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Canada fait partie des pays offrant les cr&#233;dits d'imp&#244;t les plus g&#233;n&#233;reux au monde pour la R. et D., particuli&#232;rement pour les petites et moyennes entreprises, et le Qu&#233;bec offre le r&#233;gime le plus g&#233;n&#233;reux au Canada. Sans tenir compte des autres d&#233;ductions fiscales, les seuls cr&#233;dits d'imp&#244;t permettent aux firmes de r&#233;cup&#233;rer environ la moiti&#233; de leurs d&#233;penses en R. et D. au Qu&#233;bec. Bref, la moiti&#233; de la R. et D. priv&#233;e est en fait pay&#233;e par l'argent des contribuables. De plus, le Qu&#233;bec offre aussi de g&#233;n&#233;reuses subventions directes (soit entre 27 M$ et 45 M$ par ann&#233;e) &#224; ces entreprises pharmaceutiques &#224; travers sa Strat&#233;gie biopharmaceutique qu&#233;b&#233;coise, lanc&#233;e en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;G&#233;n&#233;rosit&#233; des gouvernements envers les pharmaceutiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour soutenir le secteur pharmaceutique, nous avons aussi &#233;tabli depuis 1987 des politiques qui gonflent artificiellement le prix des m&#233;dicaments brevet&#233;s au Canada et au Qu&#233;bec, afin de cr&#233;er un environnement d'affaires favorable &#224; l'industrie. Le Canada se classe syst&#233;matiquement troisi&#232;me ou quatri&#232;me pays au monde pour la chert&#233; des m&#233;dicaments brevet&#233;s. En &#233;change d'une telle g&#233;n&#233;rosit&#233;, l'industrie pharmaceutique s'&#233;tait engag&#233;e en 1987 &#224; d&#233;penser 10 % de ses ventes en R. et D. au Canada. Depuis 2001, l'industrie ne respecte plus son engagement et le ratio de R. et D. par rapport aux ventes va en diminuant constamment. Il &#233;tait de 6,9 % en 2010 et des pertes d'emplois ont &#233;t&#233; annonc&#233;es depuis, entre autres chez Pfizer et GlaxoSmithKline. Docilement, le Canada continue de respecter sa part de l'entente. Pourtant, si le Canada arr&#234;tait simplement de gonfler les prix artificiellement et cherchait plut&#244;t &#224; maximiser les &#233;conomies, comme le fait la Nouvelle-Z&#233;lande, le Qu&#233;bec pourrait alors &#233;pargner plus de 1,5 M$ par ann&#233;e, soit environ 45 % des co&#251;ts des m&#233;dicaments brevet&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut comprendre que nous parlons ici de politiques industrielles f&#233;d&#233;rales financ&#233;es par le budget de la sant&#233; des provinces. Doit-on s'&#233;tonner que les d&#233;penses en sant&#233; deviennent insoutenables &#224; long terme ? Mais le Qu&#233;bec n'est pas en reste, il offre aussi aux firmes pharmaceutiques la &#171; r&#232;gle de 15 ans &#187; qui permet d'&#233;tendre l'exclusivit&#233; des produits brevet&#233;s rembours&#233;s par le r&#233;gime public d'assurance m&#233;dicaments, une bagatelle qui co&#251;te au Qu&#233;bec au minimum 130 M$ par ann&#233;e, mais qui pourrait grimper &#224; 412 M$ d&#232;s cette ann&#233;e &#233;tant donn&#233; l'arriv&#233;e &#224; &#233;ch&#233;ance de plusieurs brevets importants. Rappelons que la croissance des co&#251;ts des m&#233;dicaments au Qu&#233;bec est d'environ 10 % par ann&#233;e depuis 2000 et qu'elle repr&#233;sente pr&#232;s du quart de la croissance des d&#233;penses en sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref, afin que l'industrie pharmaceutique qu&#233;b&#233;coise effectue une d&#233;pense nette en R. et D. d'environ 230 M$ (en tenant compte des cr&#233;dits d'imp&#244;t), le Qu&#233;bec accepte de d&#233;penser en subventions de toutes sortes environ 1 657 M$ si l'on se compare &#224; un pays comme la Nouvelle-Z&#233;lande qui utilise tous les outils disponibles pour maximiser les &#233;conomies. Cela signifie que les politiques d'innovation du Qu&#233;bec dans le secteur pharmaceutique g&#233;n&#232;rent au total un retour sur l'investissement d'environ &#8211; 86 % en termes de R. et D. !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains pourraient &#234;tre tent&#233;s de justifier ce gouffre financier en arguant que le co&#251;t actuel important sera compens&#233; dans le futur, puisque nous assurons par ces politiques la croissance d'un secteur &#224; haute valeur ajout&#233;e. Cet argument ne tient pas la route. Selon les donn&#233;es compil&#233;es par le minist&#232;re du D&#233;veloppement &#233;conomique de l'Innovation et de l'Exportation (MDEIE), le nombre d'emplois dans le secteur pharmaceutique est en nette r&#233;gression au Qu&#233;bec. Malgr&#233; toutes les politiques d'innovation, nous avons aujourd'hui 1&#8200;000 emplois de moins qu'en 2003 dans le secteur pharmaceutique brevet&#233;. En plus des r&#233;centes fermetures et mises &#224; pied parmi les grandes firmes int&#233;gr&#233;es, le Qu&#233;bec a vu dispara&#238;tre 55 % des emplois dans le secteur des biotechnologies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance de la R. et D. est aussi en forte d&#233;croissance. Au Canada, le ratio de la R. et D. par rapport aux ventes est pass&#233; de 10,1 % en 2000 &#224; 6,9 % en 2010. Les chiffres disponibles pour le Qu&#233;bec montrent que ce m&#234;me ratio est pass&#233; de 22,5 % en 1999 &#224; 16,5 % en 2006. Quelle que soit la mani&#232;re dont on &#233;value la performance de ce secteur en termes de retomb&#233;es &#233;conomiques, on constate un net d&#233;clin dans les derni&#232;res ann&#233;es. Non seulement les politiques industrielles pour encourager le secteur pharmaceutique sont extr&#234;mement co&#251;teuses, mais elles sont de plus compl&#232;tement inefficaces.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Pour une recherche pharmaceutique publique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Peut-on envisager que la recherche publique dans ce secteur prenne le relais ? Plusieurs le souhaitent puisqu'il y a actuellement urgence : les nouvelles cohortes de doctorants et doctorantes qui sortent des universit&#233;s qu&#233;b&#233;coises avec une formation &#224; la fine pointe des savoirs en pharmacologie, biochimie ou pharmacog&#233;nomique doivent dor&#233;navant s'expatrier pour trouver du travail. L'industrie pharmaceutique et biotechnologique en d&#233;clin n'arrive plus &#224; les int&#233;grer. D'autres objecteront que la recherche publique est un non-sens, car l'&#201;tat n'aurait pas les moyens de financer ce secteur et il serait de plus incapable de l'administrer de fa&#231;on dynamique et innovante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du co&#251;t de l'innovation doit &#234;tre relativis&#233;e. Selon Statistique Canada, le total de la R. et D. en sant&#233; (incluant les d&#233;penses publiques et priv&#233;es dans les secteurs biopharmaceutique et des appareils m&#233;dicaux) &#233;tait de 6 387 M$ en 2009 au Canada. Les entreprises commerciales ont contribu&#233; pour seulement 2 336 M$ (soit 37 % du total), alors que le reste &#8211; comme le d&#233;taille le tableau ci-contre &#8211; &#233;tait financ&#233; par les administrations f&#233;d&#233;rale et provinciales, l'enseignement sup&#233;rieur et les organismes priv&#233;s sans but lucratif. De plus, lorsque nous tenons compte des cr&#233;dits d'imp&#244;t, qui sont en fait la part de la R. et D. des entreprises pay&#233;e par l'&#201;tat, nous constatons que celui-ci paie d&#233;j&#224; les trois quarts de toute la R. et D. dans ce secteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Afin qu'elles d&#233;boursent 18 % de la R. et D. en sant&#233;, les entreprises re&#231;oivent donc des aides financi&#232;res publiques absolument disproportionn&#233;es. Qui plus est, ces politiques sont compl&#232;tement inefficaces. Si l'&#201;tat mettait de l'avant des infrastructures publiques de recherche dans le secteur pharmaceutique, les co&#251;ts ne seraient pas un obstacle puisque nous n'aurions qu'&#224; &#233;liminer les politiques d'innovation co&#251;teuses et inop&#233;rantes pour redistribuer cet argent de mani&#232;re plus rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#201;tat, dans toute sa lourdeur bureaucratique, peut-il &#234;tre comp&#233;titif dans un secteur dynamique, innovant, &#171; schump&#233;t&#233;rien &#187; ? En fait, lorsqu'on regarde le pi&#232;tre r&#233;sultat de l'industrie priv&#233;e en termes d'innovation th&#233;rapeutique, on est en droit de penser que le secteur public pourrait difficilement faire pire. En 2010, 76 % des nouveaux m&#233;dicaments brevet&#233;s mis sur le march&#233; au Canada ne pr&#233;sentaient aucune innovation th&#233;rapeutique importante par rapport aux m&#233;dicaments d&#233;j&#224; existants. Le mod&#232;le d'affaires de l'industrie reste bas&#233; sur la m&#233;ga-promotion de nouveaux m&#233;dicaments qui ne sont en fait que des compl&#233;ments de gamme (&lt;i&gt;me-too drugs&lt;/i&gt;). Une &#233;tude publi&#233;e dans le &lt;i&gt;Health Affairs &lt;/i&gt; de f&#233;vrier 2011 montre plut&#244;t que la recherche publique a jou&#233; un r&#244;le central dans la plupart des v&#233;ritables innovations th&#233;rapeutiques. Ce n'est pas surprenant : la recherche pharmaceutique est un processus long, complexe et co&#251;teux. Si cette recherche se structure &#224; partir d'incitatifs financiers &#224; court terme, alors la seule garantie de rentabilit&#233; est de re-breveter un m&#233;dicament d&#233;j&#224; existant en modifiant minimalement la mol&#233;cule et de mobiliser une arm&#233;e de repr&#233;sentants et repr&#233;sentantes pharmaceutiques pour modifier les habitudes de prescription des m&#233;decins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous sommes dans un syst&#232;me compl&#232;tement absurde. Les contribuables du Qu&#233;bec paient d&#233;j&#224; l'essentiel de la R. et D. du secteur pharmaceutique et le gouvernement octroie des avantages disproportionn&#233;s pour soutenir une industrie qui ne g&#233;n&#232;re des retomb&#233;es int&#233;ressantes ni sur le plan &#233;conomique, ni sur le plan th&#233;rapeutique. Pourtant, la seule solution envisag&#233;e par l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois est de pelleter davantage d'argent dans le gouffre financier actuel en octroyant toujours plus d'avantages aux firmes dans le but d'attirer l'investissement. Soyons clairs, ce mod&#232;le d&#233;pass&#233; ne fonctionne plus, il faut envisager d'autres options.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Tous les chiffres utilis&#233;s dans cet article proviennent d'organisations publiques ou industrielles, dont le Conseil d'examen des prix des m&#233;dicaments brevet&#233;s, l'Institut de la statistique du Qu&#233;bec, Statistique Canada, l'Institut canadien d'information en sant&#233;, Rx&amp;D et IMS Canada. Le d&#233;tail des calculs sera pr&#233;sent&#233; dans un article scientifique en attente de publication.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sant&#233; Canada et la s&#233;curit&#233; des m&#233;dicaments</title>
		<link>https://www.ababord.org/Sante-Canada-et-la-securite-des</link>
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		<dc:date>2012-09-02T22:29:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Chapdelaine</dc:creator>


		<dc:subject>Pharmaceutiques</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Chapdelaine, Daniel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ouvrir un flacon de pilules, souvent prescrit par votre m&#233;decin, semble un geste anodin pour la plupart des gens. On a tendance &#224; croire que les m&#233;dicaments que l'on consomme sont tr&#232;s s&#233;curitaires parce qu'ils sont r&#233;glement&#233;s par Sant&#233; Canada. Dans les faits, rien n'est moins s&#251;r. &lt;br class='autobr' /&gt; Nouveaux m&#233;dicaments : nous sommes les cobayes ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les ann&#233;es 1990, Sant&#233; Canada, responsable de l'application de la Loi sur les aliments et drogues, a modifi&#233; son approche qui est pass&#233;e de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Chapdelaine-Daniel-+" rel="tag"&gt;Chapdelaine, Daniel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1415.jpg?1642092136' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;440&#034; height=&#034;528&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ouvrir un flacon de pilules, souvent prescrit par votre m&#233;decin, semble un geste anodin pour la plupart des gens. On a tendance &#224; croire que les m&#233;dicaments que l'on consomme sont tr&#232;s s&#233;curitaires parce qu'ils sont r&#233;glement&#233;s par Sant&#233; Canada. Dans les faits, rien n'est moins s&#251;r.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nouveaux m&#233;dicaments : nous sommes les cobayes ! &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1990, Sant&#233; Canada, responsable de l'application de la Loi sur les aliments et drogues, a modifi&#233; son approche qui est pass&#233;e de &#171; l'&#233;valuation du risque &#187; &#224; la &#171; gestion du risque &#187;, c'est-&#224;-dire le suivi des effets secondaires ind&#233;sirables des m&#233;dicaments commercialis&#233;s. Partant de la pr&#233;misse que l'innocuit&#233; totale n'existe pas, les param&#232;tres d'approbation des nouveaux m&#233;dicaments ont &#233;t&#233; assouplis avec la promesse de faire un suivi serr&#233; des probl&#232;mes occasionn&#233;s par ceux-ci et d'intervenir si besoin est, par exemple en &#233;mettant des avertissements &#224; l'intention du personnel m&#233;dical, en modifiant la monographie ou, en dernier recours, en le retirant du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette philosophie est d&#233;j&#224; discutable d'un point de vue &#233;thique &#8211; parce que l'on consid&#232;re des milliers (parfois des millions) de patients et patientes comme &#233;tant des cobayes &#224; leur insu &#8211;, dans la pratique elle est carr&#233;ment dangereuse, car le suivi des effets ind&#233;sirables n'est pas efficace. Pourquoi ? Parce que cette &#171; gestion du risque &#187; implique une cha&#238;ne complexe de collecte, traitement et archivage de l'information, aussi bien au niveau du public que du personnel soignant. Il faut &#233;tablir un lien entre le m&#233;dicament et l'effet ind&#233;sirable, et le d&#233;clarer. Qui d'entre nous sait qu'il existe des formulaires &#224; remplir en cas d'effets ind&#233;sirables des m&#233;dicaments ? Il faut ensuite que cette information remonte jusqu'&#224; la compagnie pharmaceutique, qui doit l'ajouter dans la monographie du m&#233;dicament, et que le personnel m&#233;dical en prenne connaissance pour en informer le public&#8230; On ne sera pas surpris d'apprendre que seulement 1 % &#224; 10 % des effets secondaires soient d&#233;clar&#233;s ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Le V&#233;rificateur g&#233;n&#233;ral du Canada, dans son rapport de novembre 2011, signale de nombreuses lacunes dans l'&#233;valuation et le suivi des risques des m&#233;dicaments par Sant&#233; Canada. Par exemple, en 2009, l'organisme a demand&#233; au fabricant d'un m&#233;dicament contre la migraine et l'&#233;pilepsie de modifier son &#233;tiquette pour tenir compte des risques de malformations cong&#233;nitales au f&#339;tus. Deux ans plus tard, les &#233;tiquettes des produits g&#233;n&#233;riques issus de ce m&#233;dicament n'ont toujours pas &#233;t&#233; modifi&#233;es ! Ce type de n&#233;gligence peut &#234;tre lourd de cons&#233;quences, car des milliers de personnes meurent chaque ann&#233;e dans les h&#244;pitaux canadiens &#224; la suite de complications reli&#233;es &#224; la prise de m&#233;dicaments&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Terrence H. Young, Mourir sur ordonnance : Un p&#232;re enqu&#234;te sur l'industrie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conflit d'int&#233;r&#234;ts pr&#233;occupant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le fait que Sant&#233; Canada soit financ&#233;e majoritairement par les entreprises pharmaceutiques (51 % en 2004 contre 20 % en 1995) pour les demandes d'homologation place cet organisme dans une position de conflit d'int&#233;r&#234;ts qui est difficilement compatible avec sa mission de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts de la population canadienne. Les pharmaceutiques sont maintenant des clientes et se comportent comme telles, exigeant par exemple des d&#233;lais d'homologation plus rapides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des contraintes li&#233;es &#224; la structure et au financement qui nuisent &#224; la mission de protection des citoyens et citoyennes, des scientifiques de l'agence gouvernementale se sont aussi plaints de pressions de la part de la direction pour approuver des produits d'innocuit&#233; douteuse pour des animaux destin&#233;s &#224; la consommation humaine, en particulier des hormones de croissance et des antibiotiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Shiv Chopra, Corrompus jusqu'&#224; la moelle : les m&#233;moires d'un scientifique de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De l&#224; &#224; penser que de telles pressions pourraient &#234;tre exerc&#233;es dans le cadre de l'homologation de m&#233;dicaments destin&#233;s &#224; l'humain&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il est plut&#244;t troublant que Sant&#233; Canada, qui a le pouvoir de retirer l'avis de conformit&#233; d'un m&#233;dicament dangereux pour la sant&#233;, se contente invariablement de &#171; n&#233;gocier &#187; des avis d'avertissement et de retrait avec le fabricant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que l'organisme charg&#233; de la protection du public n&#233;gocie avec les pharmaceutiques, les patientes et patients ayant subi des dommages corporels &#224; la suite de la consommation d'un m&#233;dicament peuvent, &#224; condition d'avoir les moyens, le temps et la sant&#233; pour le faire, intenter des poursuites contre les fabricants. Ce qui ne les d&#233;rangera pas beaucoup d'ailleurs : les frais juridiques d'&#233;ventuelles poursuites sont d&#233;j&#224; budg&#233;t&#233;s lors de la sortie d'un nouveau m&#233;dicament. Les pharmaceutiques aussi g&#232;rent les risques &#8211; peu importe qu'ils aient un nom et une famille, tant que &#231;a entre dans la comptabilit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Terrence H. Young, &lt;i&gt;Mourir sur ordonnance : Un p&#232;re enqu&#234;te sur l'industrie pharmaceutique&lt;/i&gt;, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Shiv Chopra, Corrompus jusqu'&#224; la moelle : les m&#233;moires d'un scientifique de Sant&#233; Canada qui a choisi de sonner l'alarme, &#201;ditions Le Mieux-&#234;tre, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une pilule difficile &#224; avaler</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-pilule-difficile-a-avaler</link>
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		<dc:date>2012-01-13T01:56:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Chapdelaine</dc:creator>


		<dc:subject>Pharmaceutiques</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Recherche scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Chapdelaine, Daniel</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au Canada, 10 % du PIB est consacr&#233; aux d&#233;penses totales en sant&#233; .Institut canadien d'information sur la sant&#233;, Tendance des d&#233;penses nationales de sant&#233;, 2010., ce qui nous place au 5e rang mondial. Les m&#233;dicaments comptent pour une bonne partie de ces d&#233;penses. En effet, le co&#251;t moyen des m&#233;dicaments au Canada se hisse au 3e rang parmi les plus &#233;lev&#233;s au monde, pour des d&#233;penses totales de 28 milliards $ (7,5 G$ au Qu&#233;bec), en hausse de 10 % par ann&#233;e (1985-2008). L'impact du prix des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-39-avril-mai-2011-" rel="directory"&gt;No 039 - avril / mai 2011&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Pharmaceutiques-+" rel="tag"&gt;Pharmaceutiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Recherche-scientifique-+" rel="tag"&gt;Recherche scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Chapdelaine-Daniel-+" rel="tag"&gt;Chapdelaine, Daniel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1251.gif?1642092128' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;680&#034; height=&#034;462&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Canada, 10 % du PIB est consacr&#233; aux d&#233;penses totales en sant&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Institut canadien d'information sur la sant&#233;, Tendance des d&#233;penses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.Institut canadien d'information sur la sant&#233;, Tendance des d&#233;penses nationales de sant&#233;, 2010., ce qui nous place au 5e rang mondial. Les m&#233;dicaments comptent pour une bonne partie de ces d&#233;penses. En effet, le co&#251;t moyen des m&#233;dicaments au Canada se hisse au 3e rang parmi les plus &#233;lev&#233;s au monde, pour des d&#233;penses totales de 28 milliards $ (7,5 G$ au Qu&#233;bec), en hausse de 10 % par ann&#233;e (1985-2008). L'impact du prix des m&#233;dicaments sur le co&#251;t total des soins de sant&#233; est remarquable : de 9 % en 1985, il est pass&#233; &#224; 16 % en 2008 au Canada et m&#234;me &#224; 21 % au Qu&#233;bec !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'industrie pharmaceutique au Qu&#233;bec&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2008, le Qu&#233;bec comptait 145 entreprises pharmaceutiques, certaines parmi les plus importantes transnationales ayant des bureaux et des laboratoires dans la r&#233;gion montr&#233;alaise : Pfizer, AstraZeneca, Boehringer Ingelheim, Glaxo-Smith-Kline&#8194;Biologicals, Laboratoires Abbott, Merck, pour ne nommer que celles-l&#224;. Cette industrie, qui fait la fiert&#233; du Montr&#233;al Inc. en raison de ses 21 000 emplois, constitue &#233;galement un secteur de l'&#233;conomie tr&#232;s lucratif. Le niveau de concentration dans l'industrie pharmaceutique, ph&#233;nom&#232;ne exacerb&#233; par une s&#233;rie d'achats/fusions ces derni&#232;res ann&#233;es, n'est pas &#233;tranger au rendement sur le capital investi en moyenne de 30 % apr&#232;s imp&#244;ts (1995-2005), un taux ahurissant digne d'une industrie oligopolistique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L&#233;o-Paul Lauzon et Marc Hasbani, Analyse socio-&#233;conomique : Industrie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Faire la cour au m&#233;dicament innovateur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Selon le CEPMB, les investissements en recherche et d&#233;veloppement (R-D) pharmaceutique au Canada (1,1 G$ en 2009) sont concentr&#233;s au Qu&#233;bec (45 %, principalement des produits innovateurs, brevet&#233;s) et en Ontario (40 %, surtout des g&#233;n&#233;riques, copies de m&#233;dicaments au brevet &#233;chu). Entre le moment du brevet (qui dure 20 ans) et la commercialisation du m&#233;dicament brevet&#233;, il s'&#233;coule en moyenne 10 ans, ce qui laisserait 10 ans d'exclusivit&#233; de vente, p&#233;riode durant laquelle les concurrents ne peuvent commercialiser des g&#233;n&#233;riques, qui se vendent normalement &#224; demi prix de l'original. Depuis 1994, le Qu&#233;bec assure le remboursement par la RAMQ des produits innovateurs 15 ans &#224; compter de leur mise en march&#233;, soit environ 5 ann&#233;es suppl&#233;mentaires, mesure unique au Canada. Cela explique que seulement 15 % des m&#233;dicaments achet&#233;s au Qu&#233;bec sont des g&#233;n&#233;riques, contre 20 % au Canada.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce renoncement au bas prix, qui co&#251;te 160 M$ par ann&#233;e au Qu&#233;bec, s'ajoute aux nombreux autres avantages que le Qu&#233;bec offre aux pharmaceutiques : cr&#233;dits d'imp&#244;ts &#224; l'investissement en R-D, cong&#233;s d'imp&#244;ts de cinq ans pour les chercheurs &#233;trangers, etc. Sans compter la pr&#233;sence au Qu&#233;bec de personnel hautement qualifi&#233;, form&#233; aux frais de l'&#201;tat sans participation de l'industrie, si ce n'est quelques milliers de dollars par ann&#233;e pour des bourses d'&#233;tudes et du soutien aux programmes de conf&#233;rences de quelques universit&#233;s. Cela dit, on peut se questionner &#233;galement sur la gourmandise des compagnies de m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques : une &#233;tude du CEPMB&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CEPMB, M&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques au Canada : Structure de march&#233; &#8212; Tendances et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a compar&#233; les prix des g&#233;n&#233;riques avec 11 autres pays industrialis&#233;s et on en conclut que c'est au Canada que les prix sont les plus &#233;lev&#233;s, soit le double de la moyenne des autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Marketing&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les pharmaceutiques justifient ces marges de profit ind&#233;centes par les &#233;normes co&#251;ts reli&#233;s &#224; la recherche et du niveau de risque associ&#233; &#224; celle-ci. Cependant, une large part du budget de l'industrie ne va pas dans la recherche, comme on pourrait le penser, mais plut&#244;t dans les d&#233;penses de marketing et les frais d'administration, qui repr&#233;sentent le double ou m&#234;me le triple des inves&#173;tissements en recherche&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par exemple en 2009, le g&#233;ant Pfizer a r&#233;alis&#233; des ventes de 50 milliards $, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Non seulement ces budgets de publicit&#233; faramineux gonflent inutilement le prix des m&#233;dicaments, mais aussi le marketing agressif des pharma rime souvent avec tentatives de corruption des m&#233;decins et des pharmaciens (cadeaux allant de cartes cadeau dans des cha&#238;nes de magasin &#224; des &#171; s&#233;ances de formation &#187; sur des bateaux de croisi&#232;re en M&#233;diterran&#233;e, en passant par des ordinateurs personnels), pour &#234;tre bien certain que nos professionnels prescrivent la &#171; bonne drogue &#187;. Cela conduit trop souvent &#224; une sur-m&#233;dication ou encore &#224; la prescription du compos&#233; le plus on&#233;reux, mais pas n&#233;cessairement le plus efficace ni le plus s&#251;r. Le lobbying tr&#232;s actif des pharma tente d'influencer les r&#233;glementations : approbation de nouveaux m&#233;dicaments non s&#233;curitaires (rappelons le cas de l'anti-inflammatoire Vioxx de Merck, retir&#233; du march&#233; apr&#232;s l'apparition de centaines de cas de toxicit&#233; cardiaque)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une bonne revue des scandales r&#233;cents de l'industrie, lire Jean-Claude (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, politiques de remboursement par l'assurance publique, d'extension de la dur&#233;e des brevets, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
D&#233;localisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les nombreux avantages consentis aux transnationales multimilliardaires, on a remarqu&#233; un glissement des investissements en R-D ces derni&#232;res ann&#233;es, notamment via la sous-traitance de la production et de la recherche en Asie. R&#233;cemment, on a d&#251; d&#233;plorer la fermeture de centres de recherches th&#233;rapeutiques parmi les plus actifs au Qu&#233;bec (Merck Frosst en 2010, Bristol-Myers-Squibb en 2007, Biochem Pharma en 2003) ou encore les r&#233;centes mises &#224; pied chez Boehringer Ingelheim et Methylgene. Pour la petite histoire, la firme qu&#233;b&#233;coise Biochem Pharma est lanc&#233;e en 1986, puis h&#233;rite du 3TC, une mol&#233;cule active contre le VIH issue des labos de l'Universit&#233; McGill en 1989. Apr&#232;s l'approbation du 3TC par la FDA pour le traitement du SIDA en 1995, Biochem est achet&#233;e en 2001 par la firme britannique Shire, qui ferme les labos et met &#224; pied les 400 employ&#233;s du site en 2003. Ce n'&#233;tait ni le savoir-faire qu&#233;b&#233;cois, ni l'environnement hautement stimulant du Qu&#233;bec qui int&#233;ressait Shire, mais plut&#244;t le brevet&#8194;du 3TC, l'un des m&#233;dicaments les plus prescrits dans le monde pour contrer le SIDA. Ironiquement, le gouvernement du Qu&#233;bec pr&#233;sente BioChem Pharma comme un &lt;i&gt;success story&lt;/i&gt; pharmaceutique bien qu&#233;b&#233;cois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Minist&#232;re du D&#233;veloppement &#233;conomique, de l'Investis-sement et des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les actionnaires qui ont empoch&#233; 6 G$ sont peut-&#234;tre les seuls d'accord !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un r&#233;gime public universel d'assurance m&#233;dicaments : solidarit&#233; et pouvoir de n&#233;gociation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un pays qui se dit progressiste comme le n&#244;tre devrait se doter d'un r&#233;gime universel d'assurance m&#233;dicament. Par le fait m&#234;me, on &#233;liminerait les in&#233;galit&#233;s de traitement qui existent entre les travailleurs ayant acc&#232;s &#224; un r&#233;gime collectif soutenu par l'employeur (16 millions de personnes au Canada), ceux qui cotisent &#224; l'assurance publique de l'&#201;tat (comme au Qu&#233;bec avec la RAMQ) et enfin, ceux qui n'ont pas d'assurances du tout. Car d'une province &#224; l'autre, tout comme d'une classe de malade &#224; l'autre, le prix assum&#233; par le patient varie &#233;norm&#233;ment pour une prescription, allant de 9 &#224; 100 %. Mais au-del&#224; de la solidarit&#233;, un r&#233;gime universel (et non compl&#233;mentaire comme celui du Qu&#233;bec) &#233;tablirait un rapport de force, li&#233; au volume, vis-&#224;-vis des pharmaceutiques pour n&#233;gocier les prix des m&#233;dicaments. La prise en charge par l'&#201;tat du syst&#232;me complet d'assurance m&#233;dicament &#233;liminerait l'interm&#233;diaire qu'est l'assureur priv&#233;, diminuant ainsi les frais d'administration, mais permettrait &#233;galement une meilleure coh&#233;rence entre les principaux &#233;l&#233;ments du syst&#232;me de sant&#233;, &#224; savoir la direction de la sant&#233; publique, le syst&#232;me de soins et les agents th&#233;rapeutiques. Par exemple, des incitatifs financiers &#224; l'investissement permettraient d'orienter la R-D autour de priorit&#233;s nationales ou mondiales de sant&#233; publique, entre autres pour ordonnancer les cr&#233;dits accord&#233;s aux &#171; maladies graves &#187; comme le cancer, le diab&#232;te ou les maladies tropicales, et les &#171; maladies&#8194;de confort &#187; comme la dysfonction &#233;rectile ou les sympt&#244;mes de la m&#233;nopause...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu&#233;bec Pharma : une utopie ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la lumi&#232;re de la profitabilit&#233; abusive de l'industrie pharmaceutique, coupl&#233;e au savoir-faire qu&#233;b&#233;cois en recherche th&#233;rapeutique reconnu (mais aussi en perdition en raison des nombreuses fermetures de centres de recherche), ne serait-il pas temps d'envisager s&#233;rieusement la cr&#233;ation d'une soci&#233;t&#233; pharmaceutique d'&#201;tat ? Les projets de R-D pourraient &#234;tre orient&#233;s vers les besoins prioritaires du Qu&#233;bec et la venue d'un joueur non lucratif affecterait les prix &#224; la baisse, rel&#226;chant ainsi la pression financi&#232;re sur le syst&#232;me de sant&#233;. L'id&#233;e fait son chemin, mais n'est s&#251;rement pas une priorit&#233; pour le gouvernement en place &#224; Qu&#233;bec...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Institut canadien d'information sur la sant&#233;, Tendance des d&#233;penses nationales de sant&#233;, 2010&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L&#233;o-Paul Lauzon et Marc Hasbani, Analyse socio-&#233;conomique : Industrie pharmaceutique mondiale, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;CEPMB, M&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques au Canada : Structure de march&#233; &#8212; Tendances et r&#233;percussions, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par exemple en 2009, le g&#233;ant Pfizer a r&#233;alis&#233; des ventes de 50 milliards $, en a d&#233;pens&#233; 7,8 en R-D contre 14,9 en marketing et administration. Source : Pfizer, Rapport annuel au 31 d&#233;cembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une bonne revue des scandales r&#233;cents de l'industrie, lire Jean-Claude Saint-Onge, L'envers de la pilule. Les dessous de l'industrie pharmaceutique, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Minist&#232;re du D&#233;veloppement &#233;conomique, de l'Investis-sement et des Exportations, Strat&#233;gie biopharmaceutique qu&#233;b&#233;coise, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Pierre Crep&#244;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une campagne pour les jeunes filles ou pour les pharmaceutiques ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-campagne-pour-les-jeunes</link>
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		<dc:date>2008-08-13T10:30:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nathalie Parent</dc:creator>


		<dc:subject>Pharmaceutiques</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Parent, Nathalie </dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; des femmes et droits reproductifs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sur le march&#233; depuis 2006, le vaccin Gardasil, qui immunise contre certaines souches d'infections caus&#233;es par le virus du papillome humain (VPH) , a fait parler de lui comme nul autre vaccin. La vaste campagne de publicit&#233; lanc&#233;e par son fabricant, Merck Frosst, a certes contribu&#233; &#224; cr&#233;er un certain sentiment d'anxi&#233;t&#233; quant &#224; la pr&#233;valence du VPH et du cancer du col de l'ut&#233;rus. Alors que sur nos t&#233;l&#233;visions, de jeunes filles nous disent &#171; prendre leur sant&#233; en mains &#187; gr&#226;ce &#224; Gardasil, aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-22-dec-2007-jan-2008-" rel="directory"&gt;No 022 - d&#233;c. 2007 / jan. 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Pharmaceutiques-+" rel="tag"&gt;Pharmaceutiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Parent-Nathalie-+" rel="tag"&gt;Parent, Nathalie &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-des-femmes-et-droits-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; des femmes et droits reproductifs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton403.jpg?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;397&#034; height=&#034;207&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur le march&#233; depuis 2006, le vaccin &lt;i&gt;Gardasil&lt;/i&gt;, qui immunise contre certaines souches d'infections caus&#233;es par le virus du papillome humain (VPH)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le virus du papillome humain se transmet lors des contacts sexuels, par le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, a fait parler de lui comme nul autre vaccin. La vaste campagne de publicit&#233; lanc&#233;e par son fabricant, Merck Frosst, a certes contribu&#233; &#224; cr&#233;er un certain sentiment d'anxi&#233;t&#233; quant &#224; la pr&#233;valence du VPH et du cancer du col de l'ut&#233;rus. Alors que sur nos t&#233;l&#233;visions, de jeunes filles nous disent &#171; &lt;i&gt;prendre leur sant&#233; en mains&lt;/i&gt; &#187; gr&#226;ce &#224; &lt;i&gt;Gardasil&lt;/i&gt;, aux &#201;tats-Unis, on invite les jeunes filles &#224; devenir &#171; &lt;i&gt;One Less Statistic&lt;/i&gt; &#187;, une femme de moins &#224; &#171; &lt;i&gt;se battre&lt;/i&gt; &#187; contre le cancer du col de l'ut&#233;rus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;veloppement&#8230; pharmaceutique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'empressement de diverses provinces canadiennes &#224; mettre sur pied des programmes de vaccination d&#232;s l'automne 2007 a contribu&#233; &#224; cr&#233;er un sentiment d'urgence. Mais qu'est-ce qui a bien pu conduire le gouvernement Harper &#224; d&#233;gager, en mars 2007, un fonds de 300 millions $ &#224; cette fin, et ce, moins d'un an apr&#232;s l'approbation du vaccin par Sant&#233; Canada. Ce faisant, il ne plaisait pas &#224; sa base religieuse de droite qui craint que la vaccination encourage les jeunes &#224; la promiscuit&#233; sexuelle. &#201;tait-ce alors pour s&#233;duire l'&#233;lectorat f&#233;minin qui d&#233;nonce le pi&#232;tre bilan de ce gouvernement en mati&#232;re de d&#233;fense des droits des femmes ? Permettez-nous d'en douter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est claire : avec des projections de 1,4 milliard $ d'ici 2010 gr&#226;ce &#224; &lt;i&gt;Gardasil&lt;/i&gt; seulement, Merck Frosst doit d&#233;ployer toutes ses &#233;nergies pour &#233;tablir sa part de march&#233;. Le march&#233; des vaccins, en pleine expansion, est maintenant consid&#233;r&#233; comme un des principaux moteurs de croissance pour les gros joueurs pharmaceutiques et la concurrence est vive. GlaxoSmithKline, un autre joueur important dans le monde des vaccins, estime quant &#224; lui que l'opportunit&#233; de march&#233; que repr&#233;sente son produit &lt;i&gt;Cervarix&lt;/i&gt;, un autre vaccin contre le VPH bient&#244;t sur le march&#233;, lui apportera entre 3,5 et 7 milliards $ d'ici 2010&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;IMS Global Insights, Vaccines : An Antidote to Sluggish Pharma Sales ? (), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un vaccin controvers&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec a aussi embo&#238;t&#233; le pas en annon&#231;ant la mise sur pied d'une campagne de vaccination d&#232;s la rentr&#233;e scolaire 2008. Tout porte &#224; croire que cette campagne &#8212; estim&#233;e &#224; 70 millions $ sur trois ans &#8212; ciblera les jeunes filles de moins de 12 ans. Comme le vaccin &lt;i&gt;Gardasil&lt;/i&gt; est plus efficace s'il est administr&#233; avant toute forme d'infection par le VPH, donc avant d'avoir eu des rapports sexuels, il est recommand&#233; aux jeunes filles entre 9 et 13 ans. Pourtant les &#233;tudes menant &#224; son approbation ont &#233;t&#233; effectu&#233;es principalement aupr&#232;s de jeunes femmes entre 16 et 26 ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;LIPPMAN, Abby et alii., Virus du papillome humain, vaccins et sant&#233; des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la vaccination de masse contre le VPH a &#233;t&#233; applaudie par le milieu m&#233;dical et par les institutions de sant&#233; publique, les groupes de femmes restent plut&#244;t perplexes face &#224; cette vaccination syst&#233;matique. S'il est vrai que l'infection par le VPH touchera pr&#232;s de 75 % des femmes &#224; un moment ou &#224; un autre de leur vie, il faut savoir que pr&#232;s de 90 % des personnes infect&#233;es &#233;liminent naturellement le virus en moins de deux ans. Seules les infections qui persistent au-del&#224; de plusieurs ann&#233;es sans &#234;tre d&#233;tect&#233;es peuvent devenir canc&#233;reuses. Pour la majorit&#233; des femmes, une dizaine d'ann&#233;es en moyenne peut s'&#233;couler entre l'apparition de l&#233;sions caus&#233;es par l'infection au VPH et le d&#233;veloppement d'un cancer. Cette forme de cancer &#233;volue donc tr&#232;s lentement et cela laisse le temps d'en d&#233;tecter les signes avant-coureurs gr&#226;ce notamment au test de Pap &#8212; test qui permet de d&#233;tecter la pr&#233;sence de cellules anormales sur le col.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, selon l'Agence de sant&#233; publique du Canada, le fait de ne pas subir r&#233;guli&#232;rement de tests de Pap constitue le principal facteur de risque du cancer du col&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agence de sant&#233; publique du Canada, D&#233;pistage du cancer du col ut&#233;rin au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les femmes qui en meurent sont celles qui n'y ont pas acc&#232;s, qui ne se soumettent pas au test de d&#233;pistage ou qui ne sont pas suivies &#224; la suite de r&#233;sultats anormaux. Les femmes plus &#226;g&#233;es, autochtones, immigrantes, vivant en r&#233;gions &#233;loign&#233;es sont donc plus &#224; risque que les autres. Des 500 000 nouveaux cas de cancer d&#233;pist&#233;s en 2005 &#224; travers le monde, 90 % se retrouvent chez les femmes des pays en voie de d&#233;veloppement. Au Qu&#233;bec, les cas de mortalit&#233; li&#233;e &#224; ce cancer touchent environ 0,001 % de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vaccin &lt;i&gt;Gardasil&lt;/i&gt; n'immunise pas contre tous les types de VPH associ&#233;s au cancer du col de l'ut&#233;rus, mais seulement contre deux souches responsables d'environ 70 % des cas. Tous s'entendent pour dire que, m&#234;me vaccin&#233;es, les jeunes filles &lt;i&gt;devront toujours&lt;/i&gt; se soumettre au test de Pap de fa&#231;on r&#233;guli&#232;re et qu'elles devront aussi se prot&#233;ger contre les autres formes d'infections transmissibles sexuellement, qui sont pour la plupart en hausse au Qu&#233;bec ou &#224; des niveaux tr&#232;s &#233;lev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte de p&#233;nurie de m&#233;decins et d'infirmi&#232;res, de questionnements sur l'avenir de notre syst&#232;me de sant&#233; &#171; &lt;i&gt;faute de financement&lt;/i&gt; &#187;, d'absence de programme d'&#233;ducation sexuelle digne de ce nom dans les &#233;coles, est-il logique que le gouvernement accepte de couvrir sans n&#233;gocier &#224; la baisse un vaccin vendu au prix exorbitant de 450 $ pour les trois doses requises ? N'aurait-il pas &#233;t&#233; plus b&#233;n&#233;fique &#224; long terme d'utiliser les 70 millions $ pour mettre en place des campagnes d'information ind&#233;pendante sur le VPH et le cancer du col de l'ut&#233;rus, pour promouvoir et accro&#238;tre l'acc&#232;s au test de Pap ou pour instaurer des programmes coh&#233;rents d'&#233;ducation sexuelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le vaccin &#233;tant nouveau, des informations qui semblent pourtant essentielles avant la mise en place de campagnes manquent encore. Par exemple, la dur&#233;e de l'immunit&#233; du vaccin au-del&#224; de cinq ans n'est pas encore connue et nous ne savons pas si des doses de rappels seront n&#233;cessaires, et si c'est le cas, &#224; quel moment, ni &#224; quel prix. Et qui financera ce programme au bout de trois ans, lorsque la r&#233;serve f&#233;d&#233;rale sera &#233;puis&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi divers groupes communautaires et en sant&#233; des femmes ont r&#233;clam&#233; un moratoire sur la mise en place de la campagne au Qu&#233;bec. Bien qu'il soit peu probable que le gouvernement revienne sur sa d&#233;cision, il est &#224; souhaiter que les d&#233;bats entourant la mise en place de la campagne l'inciteront &#224; revoir l'ensemble de ses politiques en mati&#232;re de sant&#233; sexuelle et reproductive, incluant sa strat&#233;gie de lutte contre le cancer du col et contre les infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le virus du papillome humain se transmet lors des contacts sexuels, par le contact peau &#224; peau avec un organe g&#233;nital d'une personne infect&#233;e. Il existe plus d'une centaine de souches connues du VPH. Environ 40 d'entre elles infectent les femmes et les hommes au niveau anog&#233;nital. Le VPH est la principale cause des verrues g&#233;nitales externes (condylomes) et la cause sans conteste du cancer du col de l'ut&#233;rus. Le vaccin &lt;i&gt;Gardasil&lt;/i&gt; immunise contre quatre souches de VPH : les types 16 et 18 pouvant occasionner le cancer du col de l'ut&#233;rus et les types 6 et 11 pouvant occasionner des verrues g&#233;nitales. Le &lt;i&gt;Cervarix&lt;/i&gt;, bient&#244;t sur le march&#233;, immunise seulement contre les types 16 et 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;IMS Global Insights, Vaccines : An Antidote to Sluggish Pharma Sales ? (&lt;a href=&#034;http://www.imshealth.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.imshealth.com&lt;/a&gt;), site consult&#233; le 2 octobre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;LIPPMAN, Abby et alii., Virus du papillome humain, vaccins et sant&#233; des femmes : questions et avertissements, JAMC, 28 ao&#251;t 2007, 177(5).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Agence de sant&#233; publique du Canada, D&#233;pistage du cancer du col ut&#233;rin au Canada : rapport de surveillance 1998. Disponible &#224; &lt;a href=&#034;http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/ccsic-dccuac/chap_2_f.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.phac-aspc.gc.ca/publicat/ccsic-dccuac/chap_2_f.html&lt;/a&gt;, consult&#233; le 7 septembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nathalie Parent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coordonnatrice de la F&#233;d&#233;ration du Qu&#233;bec pour le planning des naissances&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La sant&#233; sera-t-elle un jour possible ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-sante-sera-t-elle-un-jour</link>
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		<dc:date>2008-07-15T19:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucie Mercier</dc:creator>


		<dc:subject>Pharmaceutiques</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Mercier, Lucie </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Alors que l'on exhorte les citoyens &#224; une saine alimentation, la majorit&#233; des travailleurs passe le tiers de leur vie adulte dans des lieux qui agressent leur sant&#233; physique et mentale. &#187; &#8211; Fernand S&#233;guin &lt;br class='autobr' /&gt; La sant&#233;, ph&#233;nom&#232;ne &#224; la fois individuel et collectif, fait appel tant au patrimoine g&#233;n&#233;tique qu'aux conditions &#233;conomiques, sociales et politiques dans lesquelles &#233;voluent les individus et les populations. Les conceptions et la r&#233;alit&#233; de la sant&#233; sont profond&#233;ment inscrites dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-Quebec-que-nous-voulons-" rel="directory"&gt;Dossier : Le Qu&#233;bec que nous voulons&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Pharmaceutiques-+" rel="tag"&gt;Pharmaceutiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mercier-Lucie-+" rel="tag"&gt;Mercier, Lucie &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton106.jpg?1642092117' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;255&#034; height=&#034;207&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Alors que l'on exhorte les citoyens &#224; une saine alimentation, la majorit&#233; des travailleurs passe le tiers de leur vie adulte dans des lieux qui agressent leur sant&#233; physique et mentale. &#187;&lt;/i&gt; &#8211; Fernand S&#233;guin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La sant&#233;, ph&#233;nom&#232;ne &#224; la fois individuel et collectif, fait appel tant au patrimoine g&#233;n&#233;tique qu'aux conditions &#233;conomiques, sociales et politiques dans lesquelles &#233;voluent les individus et les populations. Les conceptions et la r&#233;alit&#233; de la sant&#233; sont profond&#233;ment inscrites dans les soci&#233;t&#233;s. Nous pouvons prendre &#224; t&#233;moin les grands fl&#233;aux qui ont domin&#233; les si&#232;cles pass&#233;s. Rappelons-nous les &#233;pid&#233;mies (peste et l&#232;pre) du XVIIIe si&#232;cle, les infections (tuberculose) du XIXe si&#232;cle ou encore les maladies chroniques (arthrite, stress, maux de dos, cancer, sida) qui ont domin&#233; le XXe si&#232;cle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claudine Herzlich et Janine Pierret, Malades d'hier, malades d'aujourd'hui, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le XXIe si&#232;cle dans lequel nous venons tout juste d'entrer sera-t-il diff&#233;rent ? Pourrait-il &#234;tre diff&#233;rent et &#224; quelles conditions ? Ou au contraire la sant&#233; sera-t-elle toujours pour demain ou pour un jour encore lointain comme l'&#233;voquent &#224; 25 ans d'intervalle deux livres du journaliste Yanick Villedieu : &lt;i&gt;Demain la sant&#233;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Un jour la sant&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;2. Yanick Villedieu, Demain la sant&#233;, Qu&#233;bec, Le magazine Qu&#233;bec science, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du droit &#224; la sant&#233; &#8230;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le droit &#224; la sant&#233;, comme bien d'autres droits &#233;conomiques, sociaux et culturels, est inscrit dans la &lt;i&gt;D&#233;claration universelle des droits de l'Homme&lt;/i&gt; depuis 1950 et dans le &lt;i&gt;Pacte international relatif aux droits &#233;conomiques, sociaux et culturels&lt;/i&gt; (1976). En signant ces documents, le Canada et le Qu&#233;bec se sont engag&#233;s &#224; respecter, &#224; promouvoir ce droit et &#224; y consacrer les ressources financi&#232;res n&#233;cessaires. Pourtant ce droit, comme bien d'autres, appara&#238;t de plus en plus fragile et menac&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir constat&#233; des &#233;carts encore assez importants dans la sant&#233; des individus et des groupes sociaux selon l'occupation, le niveau de revenu, le lieu de r&#233;sidence ou encore le niveau de scolarit&#233;, force est de constater que &lt;i&gt;&#171; la sant&#233; pour tous en l'an 2000 &#187;&lt;/i&gt; que souhaitait l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS) il y a maintenant quelques d&#233;cennies n'est toujours pas &#224; nos portes et, dans bien des cas, est encore loin de l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les conceptions de la sant&#233; et de la maladie ont &#233;volu&#233; consid&#233;rablement depuis la publication de cet appel. Nous sommes pass&#233;s d'une vision o&#249; la sant&#233; &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme l'absence de maladie &#224; une autre qui prend davantage en compte la r&#233;alit&#233; sociale des individus &#224; travers les d&#233;terminants de la sant&#233;. Au nombre de six quand le concept a &#233;t&#233; imagin&#233; il y a maintenant une vingtaine d'ann&#233;es, leur nombre n'a cess&#233; d'augmenter. Ils forment maintenant une brochette de pr&#232;s d'une douzaine de variables, t&#233;moignant de la complexit&#233; du sujet et de la difficult&#233; de l'objectif &#224; atteindre. Qu'on pense au niveau de revenu et au statut social, aux r&#233;seaux de soutien social, &#224; l'&#233;ducation et &#224; l'alphab&#233;tisme, &#224; l'emploi et aux conditions de travail, aux environnements sociaux, aux environnements physiques, aux habitudes de sant&#233; et &#224; la capacit&#233; d'adaptation personnelle, au d&#233;veloppement de la petite enfance, au patrimoine biologique et g&#233;n&#233;tique, aux services de sant&#233;, au sexe et &#224; la culture, tous ces d&#233;terminants influencent le niveau de sant&#233; des individus et des populations. Aucune hi&#233;rarchie n'a jamais &#233;t&#233; &#233;tablie entre ces d&#233;terminants, mais il reste que certains sont modifiables alors que d'autres ne le sont pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les pouvoirs publics soient assez bien au fait de ce qui d&#233;termine la sant&#233; d'une population et bien qu'ils soient conscients qu'un syst&#232;me de sant&#233; ne repr&#233;sente qu'un &#233;l&#233;ment parmi d'autres dans l'am&#233;lioration de la sant&#233;, ils sont pourtant r&#233;ticents &#224; agir. Aux interventions sur les environnements de travail nocifs pour la sant&#233;, ils pr&#233;f&#232;rent opposer l'action individuelle de lutte au tabagisme. En pr&#233;sence de probl&#232;mes d'ob&#233;sit&#233; chronique, ils refusent de taxer l'industrie de la malbouffe, laissant entendre que les individus sont ma&#238;tres de leurs d&#233;cisions en mati&#232;re alimentaire, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;faillances dans la sant&#233; des individus et des populations contribuent pour une bonne part &#224; soutenir la croissance &#233;conomique. Aux &#201;tats-Unis, au-del&#224; de 15 % du produit int&#233;rieur brut (PIB) est maintenant consacr&#233; aux soins de sant&#233; directs &#224; la population. En d&#233;pit d'&#233;normes d&#233;penses, les in&#233;galit&#233;s devant la mort et la maladie demeurent tr&#232;s grandes. Les &#201;tats-Unis, premi&#232;re puissance mondiale, enregistrent d'ailleurs des taux de mortalit&#233; infantile de plus de 25 pour 1 000 chez certains groupes de la population. Ces taux inacceptables sont &#233;quivalents &#224; ceux des si&#232;cles derniers et des pays en d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8230; aux industries de la sant&#233;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;tat de sant&#233; trop favorable de la population ne constituera-t-il pas, par ailleurs, une certaine menace pour l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise et canadienne, voire pour l'&#233;conomie mondiale ? La sant&#233;, ou plut&#244;t la maladie, fait depuis longtemps et de plus en plus l'objet de commerce. En effet, le XXe si&#232;cle a vu na&#238;tre plusieurs industries qui vivent davantage de la maladie que de la sant&#233;. &#192; la fin des ann&#233;es 1990, le minist&#232;re de la Sant&#233; et des Services sociaux du Qu&#233;bec cr&#233;ait le Bureau du partenariat &#233;conomique et d&#233;coupait l'industrie de la sant&#233; en cinq secteurs, dont certains n'&#233;taient encore qu'&#224; l'&#233;tat embryonnaire, alors que d'autres avaient d&#233;j&#224; atteint leur pleine maturit&#233; &#233;conomique. Aujourd'hui, les pouvoirs publics parlent plus volontiers des &#171; sciences de la vie &#187; pour d&#233;signer les industries de la sant&#233;, terme aux allures nettement moins mercantiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'emp&#234;che que le gouvernement du Qu&#233;bec autant que le gouvernement du Canada ont fait de ce secteur &#233;conomique un des fers de lance de leur strat&#233;gie &#233;conomique. En ao&#251;t 2006, Investissement Qu&#233;bec d&#233;clarait d'ailleurs que &lt;i&gt;&#171; Les industries de la sant&#233; sont sans conteste une priorit&#233; pour l'avenir du Qu&#233;bec. Les divers paliers de gouvernement concertent leurs efforts pour cr&#233;er le plus grand chantier nord am&#233;ricain d'expansion d'installations hospitali&#232;res &#8211; un projet d&#233;passant les 3 milliards $ pour trois h&#244;pitaux de la r&#233;gion de Montr&#233;al&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Investissement Qu&#233;bec, Le secteur des sciences de la vie au Qu&#233;bec, [En (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En f&#233;vrier 2007, la Banque Laurentienne en rajoutait, affirmant que les &lt;i&gt;&#171; &#233;conomistes, gestionnaires de fonds, actuaires et strat&#232;ges financiers sont unanimes : la sant&#233; est en t&#234;te de liste des secteurs qui conna&#238;tront les meilleures performances boursi&#232;res au cours des 10 prochaines ann&#233;es &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Banque Laurentienne, Des pr&#233;visions de rendements &#233;lev&#233;es pour les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les biotechnologies &#233;tant en t&#234;te de liste. Pour y arriver, les gouvernements du Qu&#233;bec et du Canada ne m&#233;nagent d'ailleurs pas les efforts : capital de risque disponible et abondant, cr&#233;dits d'imp&#244;t remboursables, taux d'imposition faibles pour les soci&#233;t&#233;s, avantages fiscaux pour les individus, disponibilit&#233; de centres de recherche et d&#233;veloppement (R&amp;D) universitaires, d&#233;veloppement de centres d'excellence : tout est mis en &#339;uvre pour favoriser le maintien des co&#251;ts d'exploitation aussi bas que possible, et ce, afin d'attirer les investisseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq secteurs se partagent le champ de l'industrie de la sant&#233;, dont quatre sont enti&#232;rement priv&#233;s, bien que subventionn&#233;s &#224; m&#234;me les fonds publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;L'industrie pharmaceutique&lt;/i&gt;. Incidemment, l'industrie pharmaceutique d&#233;ploy&#233;e &#224; l'&#233;chelle internationale, prot&#233;g&#233;e par les brevets sur la propri&#233;t&#233; intellectuelle, largement financ&#233;e gr&#226;ce aux subventions gouvernementales et aux cr&#233;dits d'imp&#244;ts, d&#233;ploie des moyens financiers presque hors du commun pour maintenir sa supr&#233;matie. Toutefois, les pathologies qui l'int&#233;ressent d'abord et avant tout sont celles pour lesquelles il existe une demande solvable. Les maladies tropicales, par exemple, qui sont surtout le fait de populations pauvres, ne font l'objet d'&#224; peu pr&#232;s aucune recherche. Les taux de rentabilit&#233; de l'industrie pharmaceutique, &#233;valu&#233;s dans certains cas &#224; 40 %, demeurent in&#233;gal&#233;s, m&#234;me par la tr&#232;s lucrative industrie p&#233;troli&#232;re. Cette industrie, comme d'autres &#233;galement, profite largement de l'existence des r&#232;gles prot&#233;geant la propri&#233;t&#233; intellectuelle qu'elle a largement contribu&#233; &#224; fa&#231;onner &#224; l'&#233;chelle mondiale. Les produits pharmaceutiques constituent l'une des principales causes de l'augmentation des co&#251;ts des syst&#232;mes de sant&#233;. Les pouvoirs publics font d'ailleurs peu d'efforts pour contrer cette croissance d&#233;brid&#233;e. Cette frange de l'industrie est enti&#232;rement priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8211; L'industrie des biotechnologie&lt;/i&gt;s. L'industrie des biotechnologies est encore &#224; un stade assez embryonnaire. Il s'agit de proc&#233;d&#233;s scientifiques utilis&#233;s pour d&#233;velopper de nouveaux produits pharmaceutiques, des produits agroalimentaires et des pesticides. La majorit&#233; des activit&#233;s utilisant les biotechnologies visent le march&#233; de la sant&#233; (m&#233;dicaments, trousses diagnostiques, agents th&#233;rapeutiques, etc.). Cette industrie rendrait plusieurs progr&#232;s m&#233;dicaux possibles (fabrication d'organes artificiels, culture de peau en laboratoire, isolement et recombinaison de g&#232;nes, isolement et brevet d'un maximum de g&#232;nes). Cette industrie est priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211;&lt;i&gt; L'industrie du mat&#233;riel m&#233;dical&lt;/i&gt;. Mariage de la biologie et du g&#233;nie, l'industrie du mat&#233;riel m&#233;dical est domin&#233;e par les multinationales am&#233;ricaines qui offrent une tr&#232;s large gamme de produits (&#233;quipements sp&#233;cialis&#233;s, aides techniques, fournitures pour les blocs op&#233;ratoires). En raison de la demande li&#233;e au vieillissement de la population, cette industrie s'orienterait vers des produits mieux adapt&#233;s aux usagers, en favorisant leur autonomie. Les pharmacies, comme agent de distribution de ces produits, seraient susceptibles d'en profiter le plus avec des compagnies, telles Oxybec M&#233;dical, qui s'appr&#234;tent &#224; louer ou vendre des &#233;quipements et accessoires m&#233;dicaux pour les soins &#224; domicile. Cette industrie est &#233;galement enti&#232;rement priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211;&lt;i&gt; L'industrie des technologies de l'information et de la t&#233;l&#233;sant&#233;&lt;/i&gt;. La mission de la t&#233;l&#233;sant&#233; est de fournir des services et des soins de sant&#233; et de l'information en cette mati&#232;re sur de petites et grandes distances. Les entreprises en information et en t&#233;l&#233;communications sont donc au c&#339;ur de cette industrie en pleine expansion, largement soutenue elle aussi par les fonds publics, qu'il s'agisse d'Inforoute Sant&#233; Canada ou du gouvernement du Qu&#233;bec, via son programme de gouvernement en ligne. T&#233;l&#233;m&#233;decine, t&#233;l&#233;conf&#233;rence et consultations &#224; distance, enseignement m&#233;dical permanent &#224; distance, applications r&#233;seau, recherche en direct, gestion de bases de donn&#233;es, syst&#232;mes d'information et traitement de l'information sur les m&#233;dicaments constituent autant d'applications possibles. Cette nouvelle industrie se d&#233;veloppe dans le secteur priv&#233;, avec un puissant soutien des fonds publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &lt;i&gt;L'industrie des services de sant&#233;&lt;/i&gt;. De son c&#244;t&#233;, l'industrie des services de sant&#233; piaffe d'impatience pour se d&#233;velopper. C'est vraiment cette frange industrielle qui est vis&#233;e par la privatisation tant r&#233;clam&#233;e des milieux d'affaires : les assurances de personnes, les soins &#224; domicile priv&#233;s, l'h&#233;bergement priv&#233; des personnes &#226;g&#233;es figurent en t&#234;te de liste bien s&#251;r, mais &#233;galement les services hospitaliers, en particulier les services chirurgicaux et les services ambulatoires. Ce sont d'ailleurs ces derniers que le gouvernement du Qu&#233;bec est &#224; lib&#233;raliser avec sa r&#233;cente garantie d'acc&#232;s et la cr&#233;ation de cliniques m&#233;dicales sp&#233;cialis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nouveaux secteurs industriels &#8211; auxquels il faudrait encore ajouter la g&#233;nomique et la prot&#233;omique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;5. Nouvelle discipline qui se consacre &#224; l'&#233;tude des prot&#233;ines du g&#233;nome.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, encore &#224; l'&#233;tat embryonnaire au Canada &#8211; ont pris leur essor il y a moins d'un si&#232;cle et n'existent que gr&#226;ce aux d&#233;faillances du corps humain. L'atteinte d'un meilleur &#233;tat de sant&#233; des populations ne menacerait-il pas un certain &#233;quilibre &#233;conomique, voire le d&#233;veloppement industriel lui-m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une n&#233;cessaire am&#233;lioration du niveau de la sant&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour am&#233;liorer le niveau de sant&#233; des individus et des populations, les repr&#233;sentants de la sant&#233; publique proposaient au printemps 2006 de mieux r&#233;glementer l'industrie de la restauration rapide et d'introduire des taxes &#224; la consommation sur des produits dont la nocivit&#233; est connue et reconnue. Le ministre de la Sant&#233; et des Services sociaux s'&#233;tait alors dit impuissant &#224; agir &#224; l'encontre des puissantes multinationales de la restauration rapide. Quelques mois plus tard &#233;tait finalement annonc&#233; en grandes pompes un &lt;i&gt;&#171; plan d'action gouvernemental de promotion des saines habitudes de vie et de pr&#233;vention des probl&#232;mes reli&#233;s au poids &#187;&lt;/i&gt;, assorti d'un investissement de 20 millions de dollars par ann&#233;e pendant dix ans, en partenariat avec la Fondation Lucie et Vincent Chagnon qui allongera une somme &#233;quivalente. Les d&#233;penses en pr&#233;vention atteindraient ainsi pour la prochaine ann&#233;e financi&#232;re tout pr&#232;s de 0,5 % des d&#233;penses de sant&#233; du Qu&#233;bec. Une goutte d'eau pratiquement dans l'oc&#233;an des d&#233;penses de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;glementation de l'industrie agro-alimentaire, l'am&#233;lioration de l'hygi&#232;ne des milieux de travail, l'assainissement de l'environnement doivent &#233;galement figurer dans les plans g&#233;n&#233;raux. Encore au XXIe si&#232;cle, la sant&#233; et la s&#233;curit&#233; ne sont pas acquises en milieu de travail. Des d&#233;c&#232;s sont encore enregistr&#233;s au travail et les employeurs tentent de rogner aussi dans ce secteur, le plus r&#233;cent exemple &#233;tant celui d'Olymel qui, en plus d'exiger une coupure de 30 % de la masse salariale des employ&#233;s, demandait le retrait&lt;i&gt; &#171; d'un poste de sant&#233; et s&#233;curit&#233; au travail &#187;&lt;/i&gt; en f&#233;vrier 2007&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Claude Turcotte, &#171; Les syndiqu&#233;s acceptent &#224; 62% la quatri&#232;me offre d'Olymel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les correctifs &#224; apporter pour atteindre un monde en sant&#233; sont aussi nombreux que vari&#233;s, les d&#233;terminants de la sant&#233; en faisant foi. Les pouvoirs publics auront-ils le courage de discipliner l'industrie autant que les milieux de travail ? Ou, au contraire, continueront-ils de remettre la responsabilit&#233; de la sant&#233; sur les &#233;paules des seuls individus comme si la sant&#233; n'&#233;tait qu'un ph&#233;nom&#232;ne individuel, sans la moindre racine soci&#233;tale, mettant ainsi l'accent sur les habitudes de vie de ces derniers plut&#244;t que sur leurs conditions sociales et &#233;conomiques, prises au sens large ? De ce point de vue, la r&#233;flexion sur la sant&#233; nous appara&#238;t plus politique que strictement sanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les reculs sociaux enregistr&#233;s depuis quelques ann&#233;es (augmentation de la pauvret&#233;, diminution d'acc&#232;s aux services, diminution des revenus, fermetures d'entreprise, etc.) ne sont pas de nature &#224; faire esp&#233;rer un meilleurs acc&#232;s &#224; la sant&#233;. Nous pouvons davantage craindre des reculs qu'esp&#233;rer des avanc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La sant&#233; est une t&#226;che politique. Choisir la sant&#233; implique des choix politiques, des transformations politiques &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crivait Yanick Villedieu il y a 25 ans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yanick Villedieu, Demain la sant&#233;, op. cit., p. 252.&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les transformations sociales en cours qui accroissent la productivit&#233; du travail, qui attaquent la qualit&#233; de l'environnement (air, eau, etc.), qui produisent une quantit&#233; croissante d'aliments industriels, sont-elles de nature &#224; am&#233;liorer la sant&#233; ou, au contraire, ne contribuent-elles pas plut&#244;t &#224; sa d&#233;t&#233;rioration ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;&#171; mod&#232;le de l'atelier de r&#233;parations &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yanick Villedieu, Un jour la sant&#233;, op. cit., p. 292.&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#233;voqu&#233; par Villedieu encore r&#233;cemment ne semble pas de nature &#224; inverser les tendances. L'appel lanc&#233; au printemps 2006 par le directeur de la sant&#233; publique de l'Agence r&#233;gionale de la sant&#233; et des services sociaux de Montr&#233;al semble rester sans &#233;cho aupr&#232;s des dirigeants politiques. Ceux-ci investissent au contraire des millions, voire des milliards de dollars dans une m&#233;decine dont la finalit&#233; consiste &#224; soigner les personnes atteintes &lt;i&gt;&#171; des maladies les plus rares et les moins repr&#233;sentatives des probl&#232;mes de sant&#233; de la population &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crivait Fernand S&#233;guin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fernand S&#233;guin, Postface : La sant&#233; et le pouvoir, dans Yanick Villedieu, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nous pourrions ajouter que sous la pression des riches et des poss&#233;dants, ils sont &#224; d&#233;velopper un syst&#232;me de sant&#233; parall&#232;le qui permettra un acc&#232;s plus rapide &#224; un syst&#232;me de sant&#233; qu'ils contribuent &#224; marchandiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce le meilleur choix &#224; faire quand on sait que plusieurs dizaines de milliers de personnes n'ont pas de m&#233;decin de famille et, de ce fait, ont un acc&#232;s plus que limit&#233; &#224; des soins de sant&#233; de base ? Et que dire de la marchandisation toujours croissante de la sant&#233; qui nous est impos&#233;e sous couvert de l'am&#233;lioration de l'accessibilit&#233; aux services ? Encore en ce d&#233;but de XXIe si&#232;cle, il nous faut bien constater que beaucoup de chemin reste &#224; parcourir pour atteindre cet id&#233;al de la &#171; sant&#233; pour tous &#187;. L'action &#224; partir des d&#233;terminants de la sant&#233; nous indique pourtant le chemin &#224; suivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claudine Herzlich et Janine Pierret, Malades d'hier, malades d'aujourd'hui, Paris, Payot, 1984.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;2. Yanick Villedieu, Demain la sant&#233;, Qu&#233;bec, Le magazine Qu&#233;bec science, 1976 ; Yanick Villedieu, Un jour la sant&#233;, Montr&#233;al, Bor&#233;al, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Investissement Qu&#233;bec,&lt;i&gt; Le secteur des sciences de la vie au Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, [En ligne] : http://www.investquebec&lt;br class='autobr' /&gt;
.com/fr/index.aspx ?rubrique=25 (page consult&#233;e le 14 f&#233;vrier 2007). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Banque Laurentienne, &lt;i&gt;Des pr&#233;visions de rendements &#233;lev&#233;es pour les industries de la sant&#233;&lt;/i&gt;, [En ligne] : &lt;a href=&#034;http://www.orientationfinance.com/accueil/detail.asp?IdC=17&amp;IdD=88&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.orientationfinance.com/accueil/detail.asp?IdC=17&amp;IdD=88&lt;/a&gt; (page consult&#233;e le 14 f&#233;vrier 2007).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;5. Nouvelle discipline qui se consacre &#224; l'&#233;tude des prot&#233;ines du g&#233;nome.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Claude Turcotte, &lt;i&gt;&#171; Les syndiqu&#233;s acceptent &#224; 62% la quatri&#232;me offre d'Olymel &#187;&lt;/i&gt;, Le Devoir, 14 f&#233;vrier 2007, p. B-1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yanick Villedieu, &lt;i&gt;Demain la sant&#233;&lt;/i&gt;, op. cit., p. 252.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yanick Villedieu,&lt;i&gt; Un jour la sant&#233;&lt;/i&gt;, op. cit., p. 292.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fernand S&#233;guin, Postface : La sant&#233; et le pouvoir, dans Yanick Villedieu, &lt;i&gt;Demain la sant&#233;&lt;/i&gt;, op. cit., p. 266.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucie Mercier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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