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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Le populisme de gauche. &#192; tort ou &#224; raison ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-populisme-de-gauche-A-tort-ou-a-raison</link>
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		<dc:date>2021-03-11T20:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Marie Le Saux, Ricardo Pe&#241;afiel, Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Pe&#241;afiel, Ricardo</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Le Saux, Anne-Marie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le populisme n'a pas souvent bonne presse. Il est vu comme une fa&#231;on complaisante de faire de la politique, jouant sur les plus bas instincts de la population, sur les &#233;motions premi&#232;res et irr&#233;fl&#233;chies, simplifiant les enjeux autant que possible, s'ouvrant aux grossi&#232;res manipulations de l'&#233;lectorat. Mais cette vision ne fait pas l'unanimit&#233;. Certain&#183;e&#183;s penseur&#183;e&#183;s et personnalit&#233;s politiques consid&#232;rent que le populisme s'attaque en fait a&#768; l'&#233;litisme, &#224; une classe dominante qui se sert (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-populisme-de-gauche-A-tort-ou-a-raison-" rel="directory"&gt;Dossier : Le populisme de gauche. &#192; tort ou &#224; raison ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Penafiel-Ricardo-+" rel="tag"&gt;Pe&#241;afiel, Ricardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Le-Saux-Anne-Marie-+" rel="tag"&gt;Le Saux, Anne-Marie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2794.png?1642092234' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;522&#034; height=&#034;703&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le populisme n'a pas souvent bonne presse. Il est vu comme une fa&#231;on complaisante de faire de la politique, jouant sur les plus bas instincts de la population, sur les &#233;motions premi&#232;res et irr&#233;fl&#233;chies, simplifiant les enjeux autant que possible, s'ouvrant aux grossi&#232;res manipulations de l'&#233;lectorat. Mais cette vision ne fait pas l'unanimit&#233;. Certain&#183;e&#183;s penseur&#183;e&#183;s et personnalit&#233;s politiques consid&#232;rent que le populisme s'attaque en fait a&#768; l'&#233;litisme, &#224; une classe dominante qui se sert de la politique pour consolider ses privil&#232;ges.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Au Qu&#233;bec et dans les pays occidentaux, ce courant est surtout associ&#233; &#224; l'extr&#234;me droite. Des radios priv&#233;es de Que&#769;bec &#224; Donald Trump aux &#201;tats-Unis, en passant par Jair Bolsonaro au Br&#233;sil, le Front national en France et la Ligue en Italie, le recours &#224; un discours manich&#233;en et tr&#232;s &#233;motif, aliment&#233; par la haine et le ressentiment, a sembl&#233; donner des r&#233;sultats concrets lors d'&#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si bien que la gauche se pose la question : et s'il fallait emprunter un ton plus frondeur, mais avec une nette pr&#233;occupation pour la justice sociale ? Et si l'approche g&#233;n&#233;rale de la gauche, ces derni&#232;res anne&#769;es, &#233;tait trop inaccessible, coup&#233;e du &#171; vrai monde &#187; ? Et si le populisme de gauche &#233;tait tout simplement la meilleure r&#233;plique au populisme de droite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous n'avons certes pas l'intention de donner une r&#233;ponse d&#233;finitive &#224; ces questions complexes dans ce dossier. Mais il nous semblait essentiel de bien nourrir la r&#233;flexion. Paradoxalement, le populisme a beaucoup int&#233;ress&#233; des intellectuel&#183;le&#183;s qui essaient de le comprendre et de s'en approprier, quitte &#224; ce que ce discours s'&#233;loigne de celles et ceux qu'il concerne. Il est aussi v&#233;cu au quotidien par les personnes qui font de la politique et qui en voient les avantages et les inconv&#233;nients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Chose certaine, il peut sembler tout aussi difficile &#224; rejeter en bloc qu'&#224; adopter sans r&#233;serve. Nous esp&#233;rons que les textes de ce dossier puissent vous permettre de jeter un regard diff&#233;rent sur un ph&#233;nom&#232;ne parfois difficile &#224; circonscrire en raison de la multiplicit&#233; des formes dans laquelle il se pr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dossier coordonn&#233; par Anne-Marie Le Saux, Ricardo Pe&#241;afiel et Claude Vaillancourt &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Illustrations par Se&#769;bastien Marchal&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Avec des contributions de Benoit Coutu, Jean-Pierre Couture, Marc-Andr&#233; Cyr, Catherine Dorion, Ludvic Moquin-Beaudry, Roxana Paniagua Humeres, Dominique Payette, Federico Tarragoni, &#201;lisabeth Vallet et Fr&#233;d&#233;rique Verreault&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour la vitalit&#233; de l'espace public</title>
		<link>https://www.ababord.org/Pour-la-vitalite-de-l-espace-public</link>
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		<dc:date>2020-11-22T20:09:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Marie Le Saux</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Le Saux, Anne-Marie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La vitalit&#233; des soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques repose sur leur capacit&#233; &#224; accueillir les tensions et les contradictions inh&#233;rentes &#224; la vie humaine et sociale. Ce n'est qu'&#224; travers des espaces publics dynamiques que l'expression du conflit peut se faire entendre, permettant ainsi la mise en place de m&#233;canismes de r&#233;gulation sociale librement accept&#233;s par l'ensemble des citoyen&#183;ne&#183;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans la reconnaissance de l'in&#233;luctabilit&#233; du conflit et du d&#233;saccord, le dialogue, dans ce qu'il a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Mini-dossier-La-rectitude-politique-en-debat-" rel="directory"&gt;Mini-dossier : La rectitude politique en d&#233;bat&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Le-Saux-Anne-Marie-+" rel="tag"&gt;Le Saux, Anne-Marie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3012.jpg?1642092251' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1354&#034; height=&#034;903&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La vitalit&#233; des soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques repose sur leur capacit&#233; &#224; accueillir les tensions et les contradictions inh&#233;rentes &#224; la vie humaine et sociale. Ce n'est qu'&#224; travers des espaces publics dynamiques que l'expression du conflit peut se faire entendre, permettant ainsi la mise en place de m&#233;canismes de r&#233;gulation sociale librement accept&#233;s par l'ensemble des citoyen&#183;ne&#183;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sans la reconnaissance de l'in&#233;luctabilit&#233; du conflit et du d&#233;saccord, le dialogue, dans ce qu'il a d'irr&#233;m&#233;diablement exigeant et complexe, devient ardu, voire impossible. De plus en plus r&#233;duit &#224; la dynamique interne des m&#233;dias sociaux qui invite &#224; la r&#233;action instantan&#233;e, &#224; l'expression de l'opinion tranch&#233;e, &#224; la pol&#233;mique dont le seul but est en d&#233;finitive de faire taire nos adversaires, l'espace public se voit de plus en plus fragilis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 juillet dernier, plus de 150 personnalit&#233;s publiques, dont les autrices Margaret Atwood, Gloria Steinem et J. K. Rowling, l'&#233;crivain Salman Rushdie ainsi que l'intellectuel Noam Chomsky signaient une &#171; Lettre sur la justice et un d&#233;bat ouvert &#187;. Selon les signataires de cette lettre, dans un contexte &#233;tasunien travers&#233; &lt;em&gt;urbi et orbi &lt;/em&gt;par les d&#233;rives de la pr&#233;sidence ultradroiti&#232;re de Trump et la radicalisation des courants progressistes qui carburent &#224; la culture du bannissement (&lt;em&gt;cancel culture&lt;/em&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour les autrices et auteurs de la lettre, la culture du bannissement serait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'&#233;change libre des informations et des opinions divergentes devient de plus en plus difficile. Tout en saluant les manifestations et les actions politiques qui favorisent la justice raciale et sociale et demandent davantage d'&#233;galit&#233; et d'inclusion, les signataires regrettent que &#171; &lt;em&gt;cette n&#233;cessaire prise en compte &lt;/em&gt;[ait] &lt;em&gt;aussi renforc&#233; tout un ensemble de postures morales et d'engagements politiques qui risquent d'affaiblir les r&#232;gles du d&#233;bat public et l'acceptation des diff&#233;rences au profit d'un conformisme id&#233;ologique&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extraits de la lettre traduite et reproduite en int&#233;gralit&#233; par Le Monde : &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ouvrages publi&#233;s au Qu&#233;bec ces derni&#232;res ann&#233;es t&#233;moignent de similaires inqui&#233;tudes quant au dynamisme fragilis&#233; de l'espace public, notamment l'ouvrage collectif &lt;em&gt;Libert&#233; surveill&#233;e. Quelques essais sur la parole &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur du cadre acad&#233;mique&lt;/em&gt; sous la direction de Normand Baillargeon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Montr&#233;al, Lem&#233;ac, 2019, 272 p.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et celui de Pierre Mouterde &lt;em&gt;Les impasses de la rectitude politique&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Montr&#233;al, Varia, 2019, 168 p.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En d&#233;pit de ma r&#233;sistance &#224; utiliser la notion de rectitude politique en raison de ses manifestations historiques diffuses, diverses et contradictoires, l'ouvrage de Mouterde me semble &#233;voquer &#224; juste titre &#224; la fois l'enfermement dans le prisme des particularismes des luttes, l'indignation comme r&#233;ponse premi&#232;re &#224; des questions souvent complexes, ainsi que la difficult&#233; &#224; construire un projet politique commun capable d'embrasser l'universel et le particulier.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;duction de la pens&#233;e complexe&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Deux ph&#233;nom&#232;nes ne se situant pas au m&#234;me niveau me semblent notamment participer &#224; l'&#233;tiolement de l'espace public. D'une part, le renforcement de la dynamique interne des r&#233;seaux sociaux carburant &#224; l'instantan&#233;it&#233; laisse appara&#238;tre une r&#233;duction de la pens&#233;e complexe. Cette derni&#232;re laisse ainsi la place &#224; une diffusion de formules langagi&#232;res qui s'apparentent aux slogans. Une repr&#233;sentation caricaturale du conflit devient alors in&#233;luctable. D'autre part, les conduites individuelles et collectives de plus en plus addictives alimentant l'&#233;conomie du d&#233;sir affaiblissent aussi l'espace public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison de leur dynamique interne, les r&#233;seaux sociaux deviennent de puissants vecteurs de slogans et d'opinions lanc&#233;es &#224; coups de &lt;em&gt;hashtags&lt;/em&gt;. Bien que le slogan ne soit pas vide de sens, il ne peut se substituer &#224; un concept qui cherche &#224; d&#233;crire avec une certaine distance une r&#233;alit&#233; sociale, culturelle, politique, existentielle, etc. Les d&#233;bats qui se sont d&#233;roul&#233;s sur les r&#233;seaux sociaux relativement &#224; &#171; l'affaire SLAV &#187; font &#224; notre sens office d'exemple type d'une r&#233;duction des enjeux complexes contribuant &#224; une indistinction entre une pens&#233;e dogmatique et une mani&#232;re plus r&#233;flexive de d&#233;crire le conflit.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que cette pi&#232;ce ait fait surgir des questions d'une grande actualit&#233; politique sur la pertinence de la repr&#233;sentativit&#233; des descendant&#183;e&#183;s afro-am&#233;ricain&#183;e&#183;s dans les productions culturelles et les demandes de reconnaissances des violences historiques pass&#233;es et actuelles, le d&#233;bat au sein des m&#233;dias sociaux s'est polaris&#233; autour de propos r&#233;ducteurs relatifs aux intentions conscientes ou inconscientes de Robert Lepage et de son entourage artistique imm&#233;diat. Tandis que nous &#233;tions &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;affair&#233;&#183;e&#183;s &#224; nous questionner sur la culpabilit&#233; de Robert Lepage (est-il raciste, fait-il de l'appropriation culturelle, est-il un repr&#233;sentant du pouvoir blanc, etc.), rares ont &#233;t&#233;, du moins sur les r&#233;seaux sociaux, les stimulantes r&#233;flexions portant sur la proposition artistique en tant que telle (&#171; &lt;em&gt;pas besoin d'avoir vu la pi&#232;ce pour la critiquer &lt;/em&gt; &#187; pouvions-nous lire parfois).&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'art et le politique puissent se rencontrer, ils constituent aussi deux domaines distincts de la vie sociale, deux fa&#231;ons singuli&#232;res d'appr&#233;hender le monde avec leurs codes, leurs forces, leurs limites. Ces deux mani&#232;res de conna&#238;tre et de repr&#233;senter le monde n'ont peut-&#234;tre pas &#224; &#234;tre en accord et peuvent coexister dans l'espace public dynamis&#233; par la pluralit&#233; des voix. Ainsi, en tant que repr&#233;sentation tirant &#224; la fois de l'exp&#233;rience et de l'imaginaire, l'art, et dans ce cas pr&#233;cis le th&#233;&#226;tre, n'a pas de compte &#224; rendre ni &#224; la v&#233;rit&#233; ni &#224; la morale. Bien que l'av&#232;nement de la modernit&#233; historique ait apport&#233; d'importantes r&#233;flexions sur l'h&#233;t&#233;ronomie de l'art, il me semble pertinent de se souvenir que le th&#233;&#226;tre &#224; l'origine est la cr&#233;ation d'un espace consacr&#233; &#224; la transgression sous les auspices de Dionysos.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;conomie du d&#233;sir et capitalisme addictif&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le second ph&#233;nom&#232;ne qui participe &#224; l'effritement de l'espace public pourrait se comprendre &#224; travers le &#171; capitalisme addictif &#187; &#233;voqu&#233; par le sociologue Patrick Pharo&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le capitalisme addictif, Paris, PUF, 2018, 344 p.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour saisir la dynamique de la d&#233;pendance aux m&#233;dias sociaux et &#224; la consommation, Pharo prend comme mod&#232;le explicatif la d&#233;pendance aux drogues. &#192; mesure que la d&#233;pendance s'installe, le besoin se substitue au plaisir, la drogue devenant ainsi une entrave dont les consommatrices et les consommateurs voudraient se lib&#233;rer. Lieux de visibilit&#233; sociale, chambres d'&#233;chos de ce qui nous agite collectivement, les m&#233;dias sociaux contribuent &#224; exacerber le d&#233;sir et, au fil du temps, le besoin de s'inscrire rapidement dans les d&#233;bats sociaux du moment. Que ce soit par l'entremise d'une opinion tranch&#233;e, d'une pens&#233;e manich&#233;enne, d'une indignation morale, d'un coup de gueule, appara&#238;t ce besoin irr&#233;pressible d'exister dans l'espace publico-m&#233;diatique.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscient&#183;e&#183;s d'entretenir un rapport addictif aux m&#233;dias sociaux, nous nous retrouvons submerg&#233;&#183;e&#183;s &#171; dans une m&#233;canique du d&#233;sir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Fran&#231;ois Dortier, &#171; L'&#233;conomie du d&#233;sir, peut-on lui r&#233;sister ? &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. En tant que lieux propices &#224; un rapport addictif, les m&#233;dias sociaux exacerbent &#224; la fois nos d&#233;ceptions et notre besoin de gratifications sur le march&#233; de la concurrence des individualit&#233;s. La difficult&#233; de nous affranchir ne serait-ce qu'un tantinet de ce type de rapport est &#233;vidente, en t&#233;moigne notamment la d&#233;sintoxication num&#233;rique (&lt;em&gt;digital detox&lt;/em&gt;) qui ne dure parfois que le temps de publier un t&#233;moignage sur le sujet. Par leur m&#233;canique m&#234;me (comme le disait Marshall McLuhan : &#171; &lt;em&gt;le m&#233;dium est le message&lt;/em&gt; &#187;), les diff&#233;rents m&#233;dias sociaux qui s'inscrivent dans le prisme de l'instantan&#233;it&#233; sont infl&#233;chis par des algorithmes qui exacerbent les polarisations de discours, nous invitant &#224; des r&#233;ponses r&#233;actives plut&#244;t que r&#233;flexives. C'est en ce sens que l'espace public se d&#233;t&#233;riore au profit d'un capitalisme qui tire profit de notre besoin addictif de commenter l'actualit&#233; politique, les enjeux de soci&#233;t&#233; ou les faits divers.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour un go&#251;t du dialogue&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La mise en place de conditions propices &#224; l'expression d'individus r&#233;flexifs et libres rel&#232;ve d'une responsabilit&#233; collective et d'un go&#251;t pour la rencontre et le dialogue, ce qui implique une ouverture &#224; ce qui d'habitude nous offusque et nous d&#233;concerte. Il ne s'agit pas bien entendu d'accepter les syst&#232;mes de domination dans leurs expressions les plus diverses, mais plut&#244;t de mettre en place les conditions permettant &#224; la fois une pens&#233;e complexe et la libre expression des individus. En prenant soin de nos espaces publics, en leur permettant de recevoir la pluralit&#233; qui constitue notre condition humaine, nous pourrons ainsi troquer la dictature de l'opinion, la rectitude politique, l'indignation morale, les dogmatismes de tous acabits et notre addiction aux m&#233;dias sociaux pour la vitalit&#233; politique et d&#233;mocratique de nos soci&#233;t&#233;s. Comme le d&#233;fend la philosophe politique Hannah Arendt, la libert&#233; n'est pas l'objectif de la politique, elle en est sa condition essentielle.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour les autrices et auteurs de la lettre, la culture du bannissement serait une dictature de l'opinion ainsi que l'expression d'une censure culturelle consistant &#224; faire taire les points de vue qui nous indignent. Bien que les signataires d&#233;noncent les diff&#233;rentes formes que prennent cette dictature de l'opinion par la droite et la gauche, leurs critiques s'adressent surtout &#224; une certaine gauche. Pour une interpr&#233;tation diff&#233;rente de la culture du bannissement, lire l'entrevue &#171; La cancel culture, dernier recours d'une population sans autre voix que l'Internet &#187; donn&#233;e pas Laure Murat, historienne, essayiste et professeure de litt&#233;rature &#224; l'Universit&#233; Californie. Entre&lt;em&gt;vue publi&#233;e dans Le Monde&lt;/em&gt; le 1er ao&#251;t 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Extraits de la lettre traduite et reproduite en int&#233;gralit&#233; par &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; : &#171; Notre r&#233;sistance &#224; Trump ne doit pas conduire au dogmatisme ou &#224; la coercition &#187;. En ligne : &lt;a href='http://www.lemonde.fr/idees/' class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lemonde.fr/idees/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Montr&#233;al, Lem&#233;ac, 2019, 272 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Montr&#233;al, Varia, 2019, 168 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Le capitalisme addictif&lt;/em&gt;, Paris, PUF, 2018, 344 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Fran&#231;ois Dortier, &#171; L'&#233;conomie du d&#233;sir, peut-on lui r&#233;sister ? &#187;, &lt;em&gt;Sciences Humaines&lt;/em&gt;, juin 2018, no 304, p. 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Steve Giasson. Performance invisible n&#176; 151.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette performance invisible r&#233;alis&#233;e par l'artiste conceptuel Steve Giasson nous invite &#224; d&#233;placer notre r&#233;flexion sur les dispositifs et m&#233;canismes de surveillance qui tracent les pourtours de nos actions quotidiennes. Pouvons-nous surveiller rien alors que la soci&#233;t&#233; nous surveille ? Cette performance pourrait &#234;tre vue comme une invitation &#224; r&#233;fl&#233;chir sur ce qui contr&#244;le, limite et emp&#234;che la parole libre au sein des soci&#233;t&#233;s contemporaines fragilisant ainsi l'espace public. &lt;br class='autobr' /&gt;
Steve Giasson est un artiste conceptuel &#224; la pratique engag&#233;e s'appuyant sur des &#339;uvres d'autres artistes, des fragments historiques ou quotidiens afin de mettre &#224; mal les notions romantiques d'authenticit&#233; et d'originalit&#233; et de d&#233;mystifier le processus cr&#233;ateur et la figure de l'artiste. Ses &#339;uvres, allant du banal au subversif en passant par une critique politique, sont marqu&#233;es par l'utilisation d'une grande vari&#233;t&#233; de formes et de m&#233;dias (&#233;criture conceptuelle, art performance, micro-intervention sculpturale, vid&#233;o, photographie&#8230;). Son travail a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; dans treize pays d'Am&#233;rique du Nord, d'Europe et d'Asie, dans le cadre de neuf expositions personnelles et de nombreuses expositions collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne-Marie Le Saux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand l'art se m&#234;le de politique</title>
		<link>https://www.ababord.org/Quand-l-art-se-mele-de-politique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Quand-l-art-se-mele-de-politique</guid>
		<dc:date>2020-06-19T17:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yannick Delbecque, Anne-Marie Le Saux, Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Le Saux, Anne-Marie</dc:subject>
		<dc:subject>Delbecque, Yannick</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le collectif de la revue &#192; B&#226;bord ! vous invite &#224; un lancement festif de son num&#233;ro 78, contenant un dossier th&#233;matique intitul&#233; : Quand l'art se m&#234;le de politique. Sous la forme d'un cabaret politico-musical, le lancement se tiendra au Quai des brumes (4481 Rue Saint-Denis, Montr&#233;al), le 4 mars &#224; partir de 17h30. Tous les d&#233;tails ici. &lt;br class='autobr' /&gt;
Entr&#233;e libre. Bienvenue &#224; toutes et &#224; tous ! &lt;br class='autobr' /&gt; Il est bien souvent difficile de restreindre la parole des artistes, qui n'ont jamais craint d'appuyer les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Quand-l-art-se-mele-de-politique-" rel="directory"&gt;Dossier : Quand l'art se m&#234;le de politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Le-Saux-Anne-Marie-+" rel="tag"&gt;Le Saux, Anne-Marie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Delbecque-Yannick-+" rel="tag"&gt;Delbecque, Yannick&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2682.jpg?1642092222' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;2400&#034; height=&#034;4527&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le collectif de la revue &lt;i&gt;&#192; B&#226;bord !&lt;/i&gt; vous invite &#224; un &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Lancement-du-numero-78-Cabaret-politico-musical&#034;&gt;lancement&lt;/a&gt; festif de son num&#233;ro 78, contenant un dossier th&#233;matique intitul&#233; : Quand l'art se m&#234;le de politique. Sous la forme d'un cabaret politico-musical, le lancement se tiendra au Quai des brumes (4481 Rue Saint-Denis, Montr&#233;al), le 4 mars &#224; partir de 17h30. Tous les d&#233;tails &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Lancement-du-numero-78-Cabaret-politico-musical&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entr&#233;e libre. Bienvenue &#224; toutes et &#224; tous !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est bien souvent difficile de restreindre la parole des artistes, qui n'ont jamais craint d'appuyer les r&#233;voltes populaires, d'exprimer aussi bien les aspirations que les frustrations collectives, de critiquer les puissants. Quand une dictature se met en place, c'est aux artistes qu'on s'attaque le plus souvent en premier, si leurs propos ne s'accordent pas avec celui du pouvoir politique. Dans notre d&#233;mocratie soumise &#224; la dictature des march&#233;s, de nombreux artistes refusent de se mettre au service du syst&#232;me et de fournir les &#339;uvres inoffensives et anesth&#233;siantes qu'on leur demande, parfois &#224; leurs propres risques. Si bien que les artistes n'arrivent pas &#224; &#234;tre neutres : ou ils sont complices, ou ils sont d&#233;nonciateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En concevant ce dossier, nous avons constat&#233; &#224; quel point l'art engag&#233; est bien vivant, diversifi&#233; et toujours aussi pertinent aujourd'hui. Que ce soit au cin&#233;ma, au th&#233;&#226;tre, en musique, en litt&#233;rature ou en arts visuels, de tr&#232;s nombreux artistes refusent de se plier &#224; l'ordre n&#233;olib&#233;ral, expriment leurs convictions f&#233;ministes, environnementalistes, antiracistes, anti-syst&#233;miques, avec imagination et cr&#233;ativit&#233;, en &#233;vitant de tomber dans le pi&#232;ge du moralisme ou de la culpabilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, l'art engag&#233; semble si dynamique et si pr&#233;sent aujourd'hui, et dans un pass&#233; r&#233;cent, qu'il ne nous a &#233;t&#233; possible, dans ce dossier, que d'en couvrir une petite partie. Il faut donc concevoir les articles r&#233;unis ici comme un instantan&#233;, un portrait sur le vif, pris d'un angle particulier qui aurait tr&#232;s bien pu &#234;tre un autre, tout en &#233;tant repr&#233;sentatifs des luttes contemporaines dans leurs particularit&#233;s et leur diversit&#233;. Si les probl&#232;mes aujourd'hui semblent exacerb&#233;s par les effets qu'ils ont sur l'avenir de la plan&#232;te &#8211; pensons aux probl&#232;mes environnementaux, migratoires et d'in&#233;galit&#233;s sociales &#8211; il demeure rassurant que de nombreux artistes se mettent au diapason des grands combats, en se servant de leur pouvoir de s&#233;duire et de fasciner pour renforcer notre volont&#233; de r&#233;sister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dossier coordonn&#233; par Yannick Delbecque, Anne&#8209;Marie Le Saux et Claude Vaillancourt&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec des contributions d'&#201;tienne Beaulieu, Anithe de Carvalho, Dominic Champagne, &#200;ve Lamoureux, Virginia P&#233;s&#233;map&#233;o Bordeleau, Brigitte Poupart et Queen Ka.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;La majorit&#233; des photos qui illustre ce dossier provient de Quand l'art passe &#224; l'action (ATSA), compagnie co-fond&#233;e par les artistes Pierre Allard et Annie Roy en 1997, afin de rendre hommage &#224; Pierre Allard, qui nous a quitt&#233;s le 25 novembre 2018 et dont l'engagement artistique et citoyen a &#233;t&#233; plus qu'exemplaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous remercions chaleureusement Annie Roy de nous avoir permis d'utiliser ces images qui montrent &#224; quel point les cr&#233;ations de l'ATSA ont su combiner, avec une rare habilet&#233;, l'art et les combats pour la justice sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes particuli&#232;rement heureux et heureuses d'accueillir l'ATSA dans nos pages et lui souhaitons de belles ann&#233;es de cr&#233;ation et de militance &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : ATSA&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De l'autonomie de l'art</title>
		<link>https://www.ababord.org/De-l-autonomie-de-l-art</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/De-l-autonomie-de-l-art</guid>
		<dc:date>2020-06-19T17:25:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Marie Le Saux</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Le Saux, Anne-Marie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La rencontre entre l'art et le politique n'a cess&#233; de se reconfigurer au fil des traditions et des d&#233;marches esth&#233;tico-politiques de toutes sortes, allant des exp&#233;riences subversives des dada&#239;stes aux &#339;uvres surr&#233;alistes en passant par les critiques du Refus global &#224; l'art public de l'ATSA. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; travers le prisme de l'actualit&#233; sociopolitique du moment, certaines questions reviennent avec plus d'insistance : quel est donc le r&#244;le de l'artiste dans la cit&#233;, comment penser la libert&#233; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Quand-l-art-se-mele-de-politique-" rel="directory"&gt;Dossier : Quand l'art se m&#234;le de politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Le-Saux-Anne-Marie-+" rel="tag"&gt;Le Saux, Anne-Marie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2926.png?1642092244' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;467&#034; height=&#034;887&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La rencontre entre l'art et le politique n'a cess&#233; de se reconfigurer au fil des traditions et des d&#233;marches esth&#233;tico-politiques de toutes sortes, allant des exp&#233;riences subversives des dada&#239;stes aux &#339;uvres surr&#233;alistes en passant par les critiques du Refus global &#224; l'art public de l'ATSA.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; travers le prisme de l'actualit&#233; sociopolitique du moment, certaines questions reviennent avec plus d'insistance : quel est donc le r&#244;le de l'artiste dans la cit&#233;, comment penser la libert&#233; de l'artiste (et aussi celle du spectateur&#183;trice), en quoi faut-il (ou ne faut-il pas) pr&#233;server l'autonomie de l'art ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;ologie de l'art autonome s'explique dans l'opposition qui se creuse tout au long du 19e si&#232;cle entre une culture savante et une culture de masse ; opposition due &#224; la formation d'un march&#233; et &#224; la disparition du m&#233;diateur entre l'artiste et le public que repr&#233;sentait autrefois le m&#233;c&#232;ne. L'art autonome se constitue ainsi en r&#233;action &#224; un art de masse, et vice versa, dans un mouvement de rejet mutuel. L'art savant, autonome, c'est-&#224;-dire l'art qui est &#224; lui-m&#234;me sa propre fin suscitant un plaisir d&#233;sint&#233;ress&#233;, trouve son expression la plus achev&#233;e dans la th&#233;orie kantienne des beaux-arts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fense d'un art autonome trouvera &#233;galement &#233;cho &#224; travers le slogan &#171; l'art pour l'art &#187; th&#233;oris&#233; entre autres par le po&#232;te et critique d'art fran&#231;ais Th&#233;ophile Gautier. Pour les tenants et &#233;mules de l'art pour l'art, la valeur intrins&#232;que de l'art est d&#233;pourvue de toute fonction didactique, morale ou utile. Derri&#232;re cette conception de l'autonomie de l'art se profilent notamment la figure de l'artiste de g&#233;nie et le r&#233;cepteur id&#233;al. Tout comme l'artiste de g&#233;nie, le r&#233;cepteur id&#233;al s'adonne &#224; un regard &#171; pur &#187; sur l'&#339;uvre sans a priori d'ordre conceptuel, moral ou utilitaire. Travers&#233; par l'objet, le r&#233;cepteur en vient &#224; transcender sa subjectivit&#233; pendant l'exp&#233;rience esth&#233;tique. &#192; l'&#232;re de son autonomie, l'&#339;uvre se veut ainsi une totalit&#233; organique et coh&#233;rente, un monde &#224; part, sacr&#233;. Depuis les avant-gardes jusqu'&#224; la postmodernit&#233; en art, l'id&#233;ologie de l'art autonome sera toutefois fortement contest&#233;e. Apr&#232;s cette d&#233;sacralisation de l'art et, du m&#234;me souffle, la mort de l'auteur&#183;trice, la r&#233;ception devient le lieu privil&#233;gi&#233; de la signification. La th&#233;orie du d&#233;sint&#233;ressement est abandonn&#233;e et l'exp&#233;rience esth&#233;tique est red&#233;finie comme une exp&#233;rience d&#233;termin&#233;e par le contexte sociohistorique du r&#233;cepteur-trice, donc relatif et difficilement partag&#233; de fa&#231;on universelle. Comme le mentionne l'historienne de l'art Patricia Esquivel, &#171; &lt;em&gt;dans la th&#233;orie postmoderne, l'art perd sa pr&#233;rogative de pr&#233;senter un contenu ontologique auquel on a renonc&#233; &#224; avoir acc&#232;s, mais il retrouve en contrepartie sa fonction communicative et sociale&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Patricia Esquivel, L'autonomie de l'art en question. L'art en tant qu'Art, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. L'art ne serait donc plus ce monde &#224; part capable de transcender les contextes sociopolitiques environnants et les sensibilit&#233;s des r&#233;cepteurs&#183;trices.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le monde de l'art ou &#171; un ailleurs pour penser le monde &#187;&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il soit impossible de faire fi de la &#171; fonction communicative et sociale de l'art &#187; et que l'id&#233;ologie de l'autonomie de l'art n'est pas sans comporter un &#233;litisme certain (il y a celles et ceux ennobli&#183;e&#183;s par leur sens de la distinction qui poss&#232;dent les codes pour comprendre &#171; ce monde &#224; part &#187; et les autres qui ne les poss&#232;dent pas), la pr&#233;servation d'une autonomie de l'art a sa pertinence. En reconnaissant les codes et les normes propres au champ de l'art, nous pr&#233;servons &#224; la fois la sp&#233;cificit&#233; de la connaissance produite par l'art et la r&#233;ception jamais universelle de l'&#339;uvre. En ce sens, l'art constitue &#171; un ailleurs pour penser le monde &#187;, un lieu o&#249; nous ne faisons rien comme ailleurs. L'art comme territoire, comme espace dans lequel il devient possible de repr&#233;senter des pans du r&#233;el sans jamais qu'il ne s'agisse d'une transposition parfaite ou didactique de celui-ci, en d&#233;passant le simple calque.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sp&#233;cificit&#233; de la connaissance produite par l'art ne signifie pas pour autant qu'il faille oublier que &#171; ce monde &#224; part &#187; est aussi en contact avec d'autres mondes, d'autres r&#233;alit&#233;s et d'autres modalit&#233;s de repr&#233;sentations. Bien que le monde de l'art ne puisse rester compl&#232;tement imperm&#233;able aux sensibilit&#233;s qui le re&#231;oivent en raison notamment des risques d'enfermement dans un &#233;litisme reproduisant les rapports de domination, il ne nous appara&#238;t pas plus souhaitable de compl&#232;tement subordonner l'art &#224; son utilit&#233; politique ou &#224; une morale. La subordination de l'art au politique, &#224; une cause, &#224; &#171; sa fonction communicative et sociale &#187; ram&#232;ne l'art au statut d'instrument. Il ne s'agit pas ici de dire que l'art militant n'a pas sa pertinence, bien au contraire, mais de reconna&#238;tre aussi la valeur d'un art engag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que pour plusieurs historien&#183;ne&#183;s et sociologues de l'art, l'art militant est par nature contestataire, il interroge et remet en question les fondements d'un ordre politique jug&#233; injuste. Bien que le dialogue avec le politique reste ouvert lorsqu'il s'agit d'art militant ou d'art engag&#233;, ces deux formes d'art se distinguent, en ce sens que &#171; &lt;em&gt;l'art militant est une lutte pr&#233;sente constamment &#224; l'esprit : il est indissolublement li&#233; &#224; une posture militante qui fait de l'art le champ d'un combat politique de chaque instant. L'art engag&#233; quant &#224; lui peut &#234;tre un art intermittent : l'attachement &#233;motionnel &#224; la cause est moins fort que dans l'art militant, et ne requiert pas de continuit&#233; artistique&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laure Gillot, Art militant, art engag&#233;, art de propagande. M&#234;me combat ?, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;em&gt; &lt;/em&gt; &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Retour sur les pol&#233;miques engendr&#233;es par &lt;em&gt;SLAV&lt;/em&gt;&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La controverse entourant la production SLAV a incontestablement secou&#233; les sc&#232;nes intellectuelles, artistiques et militantes de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise. Certaines interpr&#233;tations soulevaient avec justesse la difficult&#233; de mettre en sc&#232;ne les souffrances collectives des communaut&#233;s noires descendantes d'esclaves. Toutefois, une r&#233;ception &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt; militante de l'&#339;uvre qui se situait davantage du c&#244;t&#233; de l'art engag&#233; rendait difficiles des questionnements relativement &#224; la valeur artistique de l'&#339;uvre. Un d&#233;ferlement tonitruant de lectures trop souvent polaris&#233;es et polarisantes s'est d&#233;ploy&#233; &#224; travers des interpr&#233;tations strictement militantes d'un c&#244;t&#233; ou d&#233;fendant &#224; tout prix l'autonomie de l'&#339;uvre de l'autre.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop de lectures nous emp&#234;chant de penser que, bien que le politique et l'art puissent se rencontrer (et que de leur rencontre peut &#233;merger de grandes &#339;uvres), ils constituent aussi deux domaines distincts de la vie sociale, deux fa&#231;ons singuli&#232;res de conna&#238;tre et d'appr&#233;hender le monde avec leurs codes, leurs forces et leurs limites. Ces deux mani&#232;res de conna&#238;tre et de repr&#233;senter le monde n'ont peut-&#234;tre pas &#224; &#234;tre en accord et peuvent coexister dans l'espace public dynamis&#233; par la pluralit&#233; des voix le traversant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit de certains d&#233;rapages discursifs de celles et ceux qui se sont r&#233;fugi&#233;s dans l'invective plut&#244;t que le dialogue, notamment &#224; travers les r&#233;seaux sociaux qui contribuent parfois &#224; nous rendre plus r&#233;actifs, coinc&#233;s dans les filets de l'imm&#233;diatet&#233;, &#171; l'affaire &lt;em&gt;SLAV&lt;/em&gt; &#187; a tout de m&#234;me contribu&#233; &#224; faire (re)surgir des questions d'une grande actualit&#233; politique, sur le r&#244;le de l'artiste, la libert&#233; artistique, en passant par l'h&#233;t&#233;ronomie de l'art. &#192; cela s'est ajout&#233;e une r&#233;flexion sur les conditions nous permettant de parler (ou pas) d'appropriation culturelle et de censure en ce qui concerne le domaine de l'art. Le d&#233;bat autour de cette production th&#233;&#226;trale a bien r&#233;v&#233;l&#233; les particularit&#233;s de l'art et du politique en tant que modes d'expressions et de connaissance distincts.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces modes d'expressions et de connaissance distincts peuvent se rencontrer, s'entrechoquer, se contredire nous rappelant notamment, comme le mentionne l'&#233;crivain Umberto Eco, qu'une &#339;uvre d'art est irr&#233;m&#233;diablement &#171; &lt;em&gt;une forme achev&#233;e et close dans sa perfection d'organisme exactement calibr&#233;&lt;/em&gt; &#187; et &#171; &lt;em&gt;ouverte au moins en ce qu'elle peut &#234;tre interpr&#233;t&#233;e de diff&#233;rentes fa&#231;ons, sans que son irr&#233;ductible singularit&#233; soit alt&#233;r&#233;e&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Umberto Eco, L'&#339;uvre ouverte, Paris, Seuil, 1965.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. En pr&#233;servant la singularit&#233; et la sp&#233;cificit&#233; de ces deux formes d'expression et de connaissance de notre humanit&#233; (le monde de l'art et du politique), nous sauvegardons un monde commun riche de la multiplicit&#233; de ses formes et de ses voix.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Patricia Esquivel, &lt;em&gt;L'autonomie de l'art en question. L'art en tant qu'Art&lt;/em&gt;, Paris, L'Harmattan, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Laure Gillot, &lt;em&gt;Art militant, art engag&#233;, art de propagande. M&#234;me combat ?&lt;/em&gt;, publi&#233; en ligne en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Umberto Eco, L'&#339;uvre ouverte, Paris, Seuil, 1965.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Vestiaire, &#339;uvre de l'ATSA, 2014 (Jean-Fran&#231;ois Lamoureux).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Regarde-nous</title>
		<link>https://www.ababord.org/Regarde-nous</link>
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		<dc:date>2020-05-31T21:31:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Marie Le Saux, Queen Ka</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Le Saux, Anne-Marie</dc:subject>
		<dc:subject>Queen Ka</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Artiste de po&#233;sie orale, Queen Ka est aussi connue sous son vrai nom Elkahna Talbi. Elle &#339;uvre dans le milieu artistique depuis plus de dix ans. Infatigable cr&#233;atrice, elle slame avec aplomb et s'engage dans plusieurs projets de co-cr&#233;ation. Elle participe pr&#233;sentement au spectacle La Renarde, sur les traces de Pauline Julien qui sera en tourn&#233;e au Qu&#233;bec au printemps 2019. Le texte que nous publions a &#233;t&#233; lu par Queen Ka dans le cadre du spectacle Fol ouvrage ; Torcher des paillettes. Ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Quand-l-art-se-mele-de-politique-" rel="directory"&gt;Dossier : Quand l'art se m&#234;le de politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Le-Saux-Anne-Marie-+" rel="tag"&gt;Le Saux, Anne-Marie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Queen-Ka-+" rel="tag"&gt;Queen Ka&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2915.png?1642092243' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;661&#034; height=&#034;833&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Artiste de po&#233;sie orale, Queen Ka est aussi connue sous son vrai nom Elkahna Talbi. Elle &#339;uvre dans le milieu artistique depuis plus de dix ans. Infatigable cr&#233;atrice, elle slame avec aplomb et s'engage dans plusieurs projets de co-cr&#233;ation. Elle participe pr&#233;sentement au spectacle &lt;i&gt;La Renarde&lt;/i&gt;, sur les traces de Pauline Julien qui sera en tourn&#233;e au Qu&#233;bec au printemps 2019. Le texte que nous publions a &#233;t&#233; lu par Queen Ka dans le cadre du spectacle &lt;i&gt;Fol ouvrage ; Torcher des paillettes&lt;/i&gt;. Ce texte lucide et sensible se veut une r&#233;flexion intimiste et politique sur un pouvoir qui tente d'humilier, de dominer, mais qui ne parvient pourtant pas &#224; enfermer les femmes dans un mutisme &#233;crasant. Ces femmes qui se dressent devant le pouvoir en lui disant nous sommes l&#224;, &#171; &lt;i&gt;regarde-nous&lt;/i&gt; &#187;.&#201;crit en novembre 2017, &lt;i&gt;Regarde-nous&lt;/i&gt; se pr&#233;sente comme un &#233;cho &#224; la parole de ces femmes qui, &#224; travers le mouvement #MoiAussi, se lib&#233;raient peu &#224; peu des diff&#233;rents syst&#232;mes d'oppression. Juste et &#233;mouvant, il convoque le pouvoir pour lancer un dialogue et c'est en ce sens que r&#233;side sa puissance et sa beaut&#233; (Anne-Marie Le Saux).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; mais je veux dire vraiment, regarde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ne dis rien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ne suppose de rien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; tu ne nous connais pas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ne choisis pas la suite de l'histoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; les lieux o&#249; nous devrions poser nos t&#234;tes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; je sais, que tu le sais &#224; quel point nous sommes redoutables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ta peur nous encha&#238;ne depuis si longtemps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; que j'en suis moi-m&#234;me venue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#224; ne pas plus savoir qui je suis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#224; croire que mon corps est fragile et fr&#234;le&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ma volont&#233; volage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; mon r&#244;le se r&#233;sumant &#224;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; t'offrir mes atouts&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; que tu cueilles &#224; la fleur de l'&#226;ge&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; me laissant prisonni&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#233;trang&#232;re &#224; moi-m&#234;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; mais notre pouvoir est immense&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; il te d&#233;passe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; tu l'as compris plus t&#244;t que nous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; voil&#224; peut-&#234;tre ta seule victoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; car&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ce ventre a abrit&#233; tous les mythes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; je leur ai donn&#233; &#224; boire quand la nature &#233;tait le plus grand ennemi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; mes bras ont couvert des corps contre le froid et l'envie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; j'ai port&#233; &#224; m'en courber le dos l'enfance de l'humanit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; et m&#234;me si l'histoire tu l'&#233;cris&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; amn&#233;sique de moi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; je persiste &#224; te dire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; que j'en suis l'origine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; alors regarde-moi et vois ce corps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; j'en suis l'unique propri&#233;taire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; peut-&#234;tre qu'entre mes jambes c'est encore la nuit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; vivant dans l'ombre rassurante que m'offre mes cuisses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; peut-&#234;tre que la clart&#233; du plaisir y s&#233;journe sans papier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; sous des bouches qui varient comme varie le temps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; peut-&#234;tre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; que ce sont les doigts d'une autre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; qui cherche le chemin vers l'amour&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ou les miens agiles &#224; presser sur la d&#233;tente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; peu importe ce qui se passe ici-bas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#231;a ne concerne que moi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; que nous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; devant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; le chemin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; n'est pas s&#251;r&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le poids oppressant de ta main sur ma t&#234;te&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; j'entends le venin couler dans mon oreille&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ma confiance infect&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; le doute en plein c&#339;ur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; que mes mots pour me d&#233;fendre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; le tr&#244;ne est confortable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ton cul s'y moule si bien depuis longtemps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; l'habitude est le plus grand vice de l'humanit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; tu trembles &#224; l'id&#233;e de c&#233;der ta place&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; mais contrairement &#224; ce que tu pourrais croire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; je ne veux pas m'y assoir sur cette chaise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; je veux rester debout&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; devant toi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; planter mes yeux dans les tiens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; te dire : regarde-moi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; l&#224; ici&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; face &#224; face&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Regarde-nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Un ensemble possible, &#339;uvre de l'ATSA, 2017. (installation d&#233;riv&#233;e de l'intervention Et tout devient possible, 2015).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Les sublimes</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Marie Le Saux</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
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		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Le Saux, Anne-Marie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un puissant recueil qui rend po&#233;tiquement hommage &#171; aux femmes qui ont os&#233; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les sublimes. Hommage aux femmes qui ont os&#233;. Ad&#232;le Blais, Nathalie Plaat. adeleblais.com, 2018, 80 P. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce recueil &#224; deux voix est celui de l'artiste Ad&#232;le Blais et de l'autrice Nathalie Plaat portant leurs regards sur vingt-huit femmes &#224; la fois puissantes et bris&#233;es, fragiles et frondeuses, qui se sont toutes engag&#233;es &#224; leurs mani&#232;res dans l'espace public. Ce recueil &#224; la sensibilit&#233; &#224; la fois po&#233;tique et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2913.png?1642092242' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;489&#034; height=&#034;500&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un puissant recueil qui rend po&#233;tiquement hommage &#171; aux femmes qui ont os&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les sublimes. Hommage aux femmes qui ont os&#233;&lt;/i&gt;. Ad&#232;le Blais, Nathalie Plaat. adeleblais.com, 2018, 80 P.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Ce recueil &#224; deux voix est celui de l'artiste Ad&#232;le Blais et de l'autrice Nathalie Plaat portant leurs regards sur vingt-huit femmes &#224; la fois puissantes et bris&#233;es, fragiles et frondeuses, qui se sont toutes engag&#233;es &#224; leurs mani&#232;res dans l'espace public. Ce recueil &#224; la sensibilit&#233; &#224; la fois po&#233;tique et politique regorge de beaut&#233;s, de force et de tendresse. &#192; travers ces portraits d&#233;filent les parcours de rebelles de tous acabits allant d'&#233;crivaines, de r&#233;sistantes, de f&#233;ministes et d'actrices qui parce qu'elles &#233;taient des femmes &#224; des moments o&#249; le seul fait d'appartenir &#224; cette &#171; condition &#187; &#233;tait suffisant pour subir la fronde de syst&#232;mes r&#233;duisant ces derni&#232;res &#224; des r&#244;les pr&#233;cis et contraignants. Le portrait de Camille Claudel emport&#233;e par sa folie, celle-l&#224; m&#234;me lui permettant de cr&#233;er avec tant de talent et de fougue, &#233;voque puissamment que &#171; &lt;em&gt;tout ce qui pulse effraie &lt;/em&gt; &#187; et que tout ce qui d&#233;borde cherche &#224; &#234;tre contenu&#8230; Ce livre est une invitation esth&#233;tique et politique poignante permettant une fois de plus de penser aux luttes qui restent &#224; embrasser les poings serr&#233;s, mais le c&#339;ur ouvert pour toutes les femmes avides de libert&#233;, de cr&#233;ativit&#233;, de folie, de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L355xH448/b4a20459ee2c888ba31d6cdf153111bb-aa0e3.png?1729026644' width='355' height='448' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;em&gt;M&#234;me celles qui ont fait de grands accomplissements et qui se rapprochent des planchers du pouvoir se voyaient constamment remises &#224; un niveau inf&#233;rieur, comme si leur condition f&#233;minine les freinait : un &#171; cerveau d'homme &#187;, une &#171; femme avec des couilles &#187;, alors qu'elles &#233;taient tout simplement des &#234;tres humains dot&#233;s d'une grande intelligence. Nous avons ressenti dans nos tripes toute la r&#233;volte face &#224; ces impossibilit&#233;s qu'elles rencontraient.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Nathalie et Ad&#232;le&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Simone de Beauvoir par Ad&#232;le Blais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Ad&#232;le Blais, artiste peintre collagiste (Francois Lafrance).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des Affam&#233;s &#224; La Chute de l'empire am&#233;ricain</title>
		<link>https://www.ababord.org/Des-Affames-a-La-Chute-de-l-empire-americain</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Des-Affames-a-La-Chute-de-l-empire-americain</guid>
		<dc:date>2020-01-17T21:41:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Marie Le Saux</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Analyse du discours</dc:subject>
		<dc:subject>Consommation, marchandisation et pub</dc:subject>
		<dc:subject>Le Saux, Anne-Marie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Anim&#233;e par un insatiable app&#233;tit pour le cin&#233;ma, j'avais d'abord imagin&#233; un bref billet sur le film Les Affam&#233;s de Robin Aubert. En d&#233;pit de mon int&#233;r&#234;t quant &#224; la singularit&#233; de ce cin&#233;aste, il ne me semblait pas &#233;vident de commenter ce film dont je salue toutefois la particularit&#233; : naviguer avec brio &#224; travers les codes de l'horreur et du fantastique dans le contexte de la cin&#233;matographie qu&#233;b&#233;coise demeure une avenue pour le moins rarissime. &lt;br class='autobr' /&gt;
En tant que cin&#233;phile, je crois r&#233;solument (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-76-oct-nov-2018-" rel="directory"&gt;No 076 - oct. / nov. 2018&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2828.jpg?1642092236' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1192&#034; height=&#034;849&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Anim&#233;e par un insatiable app&#233;tit pour le cin&#233;ma, j'avais d'abord imagin&#233; un bref billet sur le film &lt;i&gt;Les Affam&#233;s&lt;/i&gt; de Robin Aubert. En d&#233;pit de mon int&#233;r&#234;t quant &#224; la singularit&#233; de ce cin&#233;aste, il ne me semblait pas &#233;vident de commenter ce film dont je salue toutefois la particularit&#233; : naviguer avec brio &#224; travers les codes de l'horreur et du fantastique dans le contexte de la cin&#233;matographie qu&#233;b&#233;coise demeure une avenue pour le moins rarissime.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En tant que cin&#233;phile, je crois r&#233;solument en la pertinence de visionner tout autant le cin&#233;ma de r&#233;pertoire que celui qui s'adresse &#224; un plus large public. C'est pour cette raison que l'&#233;criture d'un bref commentaire sur la toute derni&#232;re production cin&#233;matographique de Denys Arcand me semblait aussi une avenue stimulante. Bien que tout semble &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt; s&#233;parer ces deux films quant &#224; leurs esth&#233;tiques cin&#233;matographiques, aux lieux des intrigues et aux th&#232;mes abord&#233;s, ils proposent &#224; leurs mani&#232;res respectives un regard critique sur notre rapport &#224; la soci&#233;t&#233; de consommation.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La soci&#233;t&#233; vue &#224; la mani&#232;re d'Aubert et d'Arcand&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mettant en sc&#232;ne des &#234;tres d&#233;shumanis&#233;s qui &#233;rigent de hautes structures compos&#233;es de meubles et d'objets h&#233;t&#233;roclites &#224; travers de vastes champs, &lt;em&gt;Les Affam&#233;s&lt;/em&gt; semble proposer une certaine critique de la soci&#233;t&#233; de consommation. Une soci&#233;t&#233; de consommation qui, comme l'&#233;voquait le philosophe Jean Baudrillard, se compose d'objets qui nous consomment. Au sein de cette derni&#232;re, l'objectivation des relations sociales, du corps et des individus a pris le pas sur le sujet et remplace le &#171; monde r&#233;el &#187; par des signes et des images, donnant ainsi l'illusion que le faux, l'image, le simulacre sont plus vrais que le r&#233;el lui-m&#234;me.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette critique de la soci&#233;t&#233; de consommation, qui se d&#233;ploie au sein des &lt;em&gt;Affam&#233;s&lt;/em&gt;, semble r&#233;sonner &#224; travers la fascination qu'exerce cet amoncellement d'objets du quotidien sur ces &#234;tres d&#233;sormais zombifi&#233;s. Ces derniers s'immobilisent &#224; plusieurs reprises devant cette force tot&#233;mique sacralisant ce qui a &#233;t&#233; une soci&#233;t&#233; de consommation, qui a fini par d&#233;truire la soci&#233;t&#233;. Par ses structures et ses institutions, la soci&#233;t&#233; parvenait jadis &#224; cr&#233;er un tissu social suffisamment significatif agissant comme rempart &#224; un individualisme exacerb&#233;, individualisme symbolis&#233; par ces zombies.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que les hautes structures se dressant au sein des &lt;em&gt;Affam&#233;s&lt;/em&gt;, structures brillamment r&#233;alis&#233;es par la directrice artistique Andr&#233;-Line Beauparlant, rappellent par leur esth&#233;tique et leur symbolique &lt;em&gt;Parc industriel&lt;/em&gt;, une installation &#233;ph&#233;m&#232;re in situ &#224; l'angle des rues Sherbrooke et Clark, pr&#233;sent&#233;e il y a quelques ann&#233;es par le collectif artistique ATSA. Cette installation, qui prenait la forme d'un faux site touristique arch&#233;ologique du futur, &#233;tait compos&#233;e de rebus et d'objets de consommation h&#233;t&#233;roclites. Elle se voulait une invitation &#224; d&#233;couvrir notre civilisation d&#233;chue, permettant ainsi une foisonnante r&#233;flexion sur notre rapport aux objets, &#224; l'environnement, &#224; la soci&#233;t&#233;, au sacr&#233;, &#224; l'autre. &#192; l'instar de l'arche colossale compos&#233;e de rebus qui se retrouvait &#224; l'entr&#233;e du site &lt;em&gt;Parc industriel&lt;/em&gt;, les imposantes structures principalement compos&#233;es de chaises dans&lt;em&gt; Les Affam&#233;s&lt;/em&gt; expriment la menace anthropologique que constitue le cycle de production infini sur lequel repose les soci&#233;t&#233;s comme la n&#244;tre.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, &lt;em&gt;La Chute de l'empire am&#233;ricain &lt;/em&gt;pr&#233;sente une critique du consum&#233;risme et du capitalisme financiaris&#233;, se d&#233;clinant cette fois &#224; travers une explication didactique des &#233;vasions fiscales et par le tourment de ce jeune doctorant en philosophie qui, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; t&#233;moin d'un vol &#224; main arm&#233;e rat&#233;, ne peut s'emp&#234;cher de s'emparer des deux sacs remplis de billets de banque qui s'offrent &#224; lui. Quelques questions le taraudent alors : comment trouver le moyen de conserver plus de 10 millions de dollars en liquide sans alerter quiconque et pourquoi ne pas utiliser ce montant d'argent pour faire le bien ?&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse qu'offre Arcand &#224; travers les actions de ses trois principaux personnages &#8211; le livreur-philosophe, l'escorte se pr&#233;sentant &#224; ses clients sous le nom d'Aspasie (du nom de la courtisane cultiv&#233;e qui a eu une certaine influence sur la politique dans l'Ath&#232;nes antique) et l'ex-d&#233;tenu-justicier &#8211; demeure d&#233;cevante. Les bonnes actions de ces personnages s'adonnant &#224; la charit&#233; ne reposent que sur des bases individuelles emp&#234;chant d'envisager une action collective et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie emprunt&#233;e par Aubert semble plus subtile, mais quelque peu nihiliste. Devant l'effondrement de la soci&#233;t&#233; comme pouvoir collectif nous liant inexorablement les uns aux autres par la force r&#233;gulatrice de ses diverses institutions, il ne reste que des individus ne pouvant compter que sur eux-m&#234;mes rencontrant sur les routes sillonn&#233;es par quelques rares vivants non zombifi&#233;s bien peu d'&#233;lans de solidarit&#233;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le langage face aux d&#233;rives&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il m'apparaissait pertinent de terminer ce billet en proposant quelques brefs commentaires sur le rapport au langage &#224; travers ces deux films. L'&#339;uvre contemplative d'Aubert trouve sa beaut&#233; et sa singularit&#233; par un travail sonore discret et pourtant bien pr&#233;sent, quelques magnifiques plans d'Ham-Nord et le peu de mots &#233;chang&#233;s par ses personnages. Ne pourrions-nous pas voir &#224; travers les silences qui habitent ce film un &#233;cho &#224; la difficult&#233; de dire, de mettre en mots ce &#224; quoi les humains font face lorsqu'il n'y a plus de cadre (de soci&#233;t&#233;) pouvant les accueillir et donner du sens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;conomie de mots qui dessinent les pourtours cin&#233;matographiques des &lt;em&gt;Affam&#233;s&lt;/em&gt; s'oppose, au sein de &lt;em&gt;La Chute de l'empire am&#233;ricain&lt;/em&gt;, un d&#233;ferlement de citations de quelques grands philosophes. Les dialogues des personnages, &#233;corchant tant&#244;t les politicien&#183;ne&#183;s de tous les horizons, tant&#244;t les militant&#183;e&#183;s de gauche et les magnats de la finance, ne soutiennent que tr&#232;s rarement les pens&#233;es des grands philosophes cit&#233;s. Des citations sont lanc&#233;es, mais rarement approfondies &#224; travers les conversations ; elles servent plut&#244;t de r&#233;pliques &#224; une blague ou s'offrent comme amorces ou chutes &#224; certaines sc&#232;nes. La sc&#232;ne d'ouverture du film o&#249; le doctorant en philosophie se d&#233;sole en discutant avec sa copine de la soci&#233;t&#233; de consommation, du pouvoir de l'argent, du manque d'intelligence et d'&#233;rudition de celles et ceux qui colonisent le petit &#233;cran et le monde de la finance demeure l'une des seules sc&#232;nes o&#249; les citations de certains philosophes ne font pas uniquement office d'ornementations.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; certaines critiques pertinentes port&#233;es par les personnages quant &#224; la valeur donn&#233;e &#224; l'argent, aux d&#233;rives d'un capitalisme financiaris&#233; et de la rectitude politique, cette proposition cin&#233;matographique manque ind&#233;niablement de finesse. &#192; l'image de la soci&#233;t&#233; de consommation, les dialogues restent en surface, r&#233;duisant ainsi la critique. De surcro&#238;t, le d&#233;fil&#233; tapageur de vedettes qu&#233;b&#233;coises, les plans plut&#244;t convenus de la ville de Montr&#233;al et les citations intellectuelles rarement approfondies laissent peu de place &#224; ce qui m'interpelle davantage comme cin&#233;phile : une &#339;uvre qui d&#233;passe la critique didactique. Le dernier plan d'Arcand trouve toutefois une certaine r&#233;sonnance politique : &#224; travers les quelques visages d'itin&#233;rants autochtones qui y d&#233;filent, une illustration peut-&#234;tre de trop d'ann&#233;es d'humiliations, d'appropriations, de dominations par divers pouvoirs institutionnels invisibilisant les nations autochtones et les r&#233;duisant au silence.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le renouvellement de l'action politique enseignante</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-renouvellement-de-l-action</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-renouvellement-de-l-action</guid>
		<dc:date>2013-01-24T21:56:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe de Grosbois, Anne-Marie Le Saux</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>de Grosbois, Philippe </dc:subject>
		<dc:subject>Le Saux, Anne-Marie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il r&#233;gnait en ce mardi 6 mars 2012 au Coll&#232;ge Ahuntsic une atmosph&#232;re des plus f&#233;briles ; plus d'une centaine de professeurEs de c&#233;geps et d'universit&#233;s se r&#233;unissaient pour la premi&#232;re fois afin de mettre en commun leur voix et leur r&#233;sistance &#224; la hausse des droits de scolarit&#233;. Un espace luxuriant d'action et de r&#233;flexion allait cristalliser les &#233;nergies militantes d'une multitude de professeurEs qui souhaitaient s'investir dans la lutte initi&#233;e par les &#233;tudiants et &#233;tudiantes des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-printemps-erable-Ses-" rel="directory"&gt;Dossier : Le printemps &#233;rable - Ses racines et sa s&#232;ve&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-de-Grosbois-Philippe-+" rel="tag"&gt;de Grosbois, Philippe &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Le-Saux-Anne-Marie-+" rel="tag"&gt;Le Saux, Anne-Marie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1517.gif?1642092140' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;220&#034; height=&#034;297&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il r&#233;gnait en ce mardi 6 mars 2012 au Coll&#232;ge Ahuntsic une atmosph&#232;re des plus f&#233;briles ; plus d'une centaine de professeurEs de c&#233;geps et d'universit&#233;s se r&#233;unissaient pour la premi&#232;re fois afin de mettre en commun leur voix et leur r&#233;sistance &#224; la hausse des droits de scolarit&#233;. Un espace luxuriant d'action et de r&#233;flexion allait cristalliser les &#233;nergies militantes d'une multitude de professeurEs qui souhaitaient s'investir dans la lutte initi&#233;e par les &#233;tudiants et &#233;tudiantes des coll&#232;ges et universit&#233;s du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; la fin du mois de f&#233;vrier 2012, plusieurs enseignantes et enseignants souhaitent que leur syndicat, leur f&#233;d&#233;ration, leur centrale prennent part &#224; cette lutte, en pensant notamment &#224; la derni&#232;re grande gr&#232;ve &#233;tudiante, en 2005. &#192; ce moment-l&#224;, les centrales syndicales n'avaient pas mobilis&#233; leurs membres de mani&#232;re substantielle, m&#234;me si les &#233;tudiantEs avaient construit un rapport de force sans pr&#233;c&#233;dent face au projet n&#233;olib&#233;ral du gouvernement Charest. Voyant que ce sc&#233;nario risque de se r&#233;p&#233;ter, un r&#233;seau se constitue ayant comme objectif de ne pas uniquement appuyer les &#233;tudiantEs, mais aussi de prendre part &#224; la lutte que ceux-ci ont initi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un r&#233;seau souple&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;R&#233;seautage donc, et non organisation formelle : pas de porte-parole (sauf lorsque le besoin se fait sentir dans le cadre d'une action) et une base d'unit&#233; claire et rassembleuse. Une page Facebook d&#233;j&#224; en fonction depuis quelques mois, un site web (profscontrelahausse.org), une liste courriel et beaucoup de cr&#233;ativit&#233;. Sauf exception, peu de d&#233;bats &#224; savoir si l'on appuie telle ou telle action ; il s'agit plut&#244;t d'ouvrir un espace de parole et d'action permettant aux professeurs militants de se retrouver. Chacun ne repr&#233;sente que lui-m&#234;me, mais prend conscience de la n&#233;cessit&#233; d'agir collectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naissent au sein de ce terreau fertile de nombreux groupes de travail qui se forment et se d&#233;forment selon les d&#233;sirs, int&#233;r&#234;ts et affinit&#233;s de chacun et chacune, r&#233;pondant ainsi aux imp&#233;ratifs du moment et &#224; l'urgence des combats &#224; mener. C'est par leurs actions politiques, critiques et percutantes, leurs plumes ac&#233;r&#233;es, analytiques et fougueuses, leurs vid&#233;os mettant en sc&#232;ne des professeurEs qui prennent la parole, par des manifestations spontan&#233;es, ainsi que par quelques actes de d&#233;sob&#233;issance civile non violente que les PCLH revendiquent leur place dans cette lutte.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La contribution de PCLH&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous pensons que le regroupement des PCLH a contribu&#233; significativement au printemps qu&#233;b&#233;cois, en ce qu'il a &#233;t&#233; un premier signal montrant que &lt;i&gt;&#171; la gr&#232;ve est &#233;tudiante &#187;&lt;/i&gt;, mais que &lt;i&gt;&#171; la lutte est populaire &#187;&lt;/i&gt;, pour reprendre le slogan de la CLASSE. PCLH a &#233;t&#233; le premier groupe &#224; se constituer en p&#233;riode de gr&#232;ve &#233;tudiante. Ont vu le jour par la suite les Parents contre la hausse, les Artistes contre la hausse, les M&#232;res en col&#232;re et solidaires, les Infirmi&#232;res, les &#201;crivains, les Juristes, les A&#238;n&#233;s contre la hausse, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PCLH a permis aux &#233;tudiants de se sentir accompagn&#233;s, tant symboliquement (par des lettres et d&#233;clarations participant &#224; l'&#233;laboration d'un contre-discours) que sur le terrain, lorsque les &#233;tudiantEs auront &#224; faire face &#224; plus d'un vent mauvais : m&#233;pris du gouvernement, d&#233;ploiement du pouvoir d'&#201;tat dans toute sa puissance, strat&#233;gies de contr&#244;le et de manipulation des symboles, en particulier la diabolisation du carr&#233; rouge et de ceux qui l'arborent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'h&#233;ritage de l'altermondialisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer qu'un regroupement form&#233; si rapidement, dans une certaine urgence m&#234;me, a permis une telle explosion d'actions et de prises de paroles enseignantes contre les mesures &#171; aust&#233;ritaires &#187; du gouvernement Charest ? &#192; notre avis, les raisons de la force de mobilisation de PCLH sont semblables &#224; celles qui ont donn&#233; au mouvement &#233;tudiant, et particuli&#232;rement &#224; la CLASSE, tout son poids politique : pratiques horizontales, d&#233;centralisation, ouverture &#224; une diversit&#233; d'approches, usage intensif des m&#233;dias sociaux, cr&#233;ation de liens par-del&#224; les fronti&#232;res organisationnelles, militantisme combatif. Ces parall&#232;les ne sont pas le fruit d'une co&#239;ncidence : l'ASS&#201;, comme PCLH, est la cr&#233;ation de militantes et militants issus de l'altermondialisme du tournant des ann&#233;es 2000 (particuli&#232;rement le Sommet des Am&#233;riques) et de la gr&#232;ve &#233;tudiante de 2005. Le militantisme des ann&#233;es 2000 et 2010 est beaucoup plus influenc&#233; par la gauche d'inspiration anarchiste qu'auparavant, et les m&#233;dias sociaux n'ont fait que renforcer cette tendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, si plusieurs assembl&#233;es syndicales enseignantes en sont venues &#224; appuyer de mani&#232;re plus substantielle leurs &#233;tudiantes et &#233;tudiants en lutte, le militantisme de PCLH est en rupture avec l'action syndicale plus classique, dont le fonctionnement est surtout articul&#233; &#224; travers la centralisation des responsabilit&#233;s entre les mains de l'ex&#233;cutif, la communication du haut vers le bas et l'unit&#233; autour d'une seule ligne strat&#233;gique. En ce sens, PCLH se veut &#233;galement un vibrant appel de la base enseignante en vue de renouveler les pratiques syndicales tant locales que nationales. &#192; plus long terme, et au-del&#224; des tensions que nous pouvons remarquer entre la forme plus institu&#233;e de l'action syndicale enseignante et celle spontan&#233;e, libertaire et parfois un peu improvis&#233;e de PCLH, l'exp&#233;rience a permis &#224; des militantEs de se reconna&#238;tre en vue de mobilisations futures. Les professeurEs-activistes de PCLH sont progressivement devenus des acteurs &#224; part enti&#232;re du conflit et risquent fort de se manifester &#224; nouveau, &#224; l'int&#233;rieur comme &#224; l'ext&#233;rieur de leurs syndicats.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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