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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>C-38, ou le non-jeu parlementaire</title>
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		<dc:date>2013-01-24T23:25:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Rocher</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Rocher, Fran&#231;ois</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le projet de loi C-38, d&#233;pos&#233; le 29 mars et adopt&#233; le 18 juin 2012, a fait l'objet de critiques tant pour son &#233;tendu, son contenu que la mani&#232;re dont il fut adopt&#233;. Ses 424 pages, 753 articles et plus de 60 modifications l&#233;gislatives ont fait en sorte qu'il fut qualifi&#233; d'&#233;l&#233;phantesque, de mammouth, de monstre l&#233;gislatif. &lt;br class='autobr' /&gt; Son contenu fut vou&#233; aux g&#233;monies en raison de la multitude et de l'ampleur des changements propos&#233;s : r&#233;forme de l'assurance-emploi ; modifications au r&#233;gime de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-46-oct-nov-2012-" rel="directory"&gt;No 046 - oct. / nov. 2012&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-canadienne-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rocher-Francois-+" rel="tag"&gt;Rocher, Fran&#231;ois&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1536.gif?1642092140' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;430&#034; height=&#034;300&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le projet de loi C-38, d&#233;pos&#233; le 29 mars et adopt&#233; le 18 juin 2012, a fait l'objet de critiques tant pour son &#233;tendu, son contenu que la mani&#232;re dont il fut adopt&#233;. Ses 424 pages, 753 articles et plus de 60 modifications l&#233;gislatives ont fait en sorte qu'il fut qualifi&#233; d'&#233;l&#233;phantesque, de mammouth, de monstre l&#233;gislatif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Son contenu fut vou&#233; aux g&#233;monies en raison de la multitude et de l'ampleur des changements propos&#233;s : r&#233;forme de l'assurance-emploi ; modifications au r&#233;gime de s&#233;curit&#233; de la vieillesse ; transformation en profondeur des r&#232;glements et des processus de protection de l'environnement ; abrogation de la Loi de mise en &#339;uvre du Protocole de Kyoto ; abolition du poste d'inspecteur g&#233;n&#233;ral du Service canadien de renseignement et de s&#233;curit&#233; ; modification de la Loi sur l'&#233;quit&#233; en mati&#232;re d'emploi ; transformation de la politique canadienne d'immigration ; abolition et modification de la composition et des m&#233;canismes de nomination de plusieurs organismes r&#233;glementaires, etc. Enfin, il fut conspu&#233; par tous les partis politiques si&#233;geant dans l'opposition parce que son adoption fut forc&#233;e, l'&#233;tude de ses composantes escamot&#233;e et les 871 amendements propos&#233;s rejet&#233;s. Les conservateurs furent accus&#233;s d'avoir abus&#233; de leur pouvoir, refus&#233; d'&#233;couter l'opposition et d&#233;tourn&#233; les institutions parlementaires de leur sens et de leur fonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ligne de d&#233;fense des troupes de Stephen Harper &#233;tait assez simple : nous avons &#233;t&#233; &#233;lus par la population, nous d&#233;tenons un mandat et nous disposons maintenant de la majorit&#233; pour faire adopter nos lois. Les travaux du Parlement ne doivent pas faire l'objet d'obstruction de la part des partis d'opposition. En somme, les Canadiens s'attendent &#224; ce que nous gouvernions, alors nous gouvernons ! Donc, il n'est pas question de prolonger ind&#251;ment les d&#233;bats ou m&#234;me de scinder C-38 en fonction de son principe de base ou de son objet fondamental, d'introduire des projets de loi pour chacun des sujets qui n'avaient rien ou peu &#224; voir avec les dispositions du budget.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les remparts contre l'autoritarisme &#233;branl&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan de la pratique et des principes qui guident les institutions parlementaires canadiennes, un tel raisonnement est probl&#233;matique. Il en vient &#224; r&#233;duire comme une peau de chagrin le r&#244;le que doivent jouer les partis d'opposition. Ce r&#244;le n'est pas codifi&#233;, mais s'inscrit dans une tradition qui plonge ses racines dans le &lt;i&gt;fair play&lt;/i&gt; britannique, cette propension &#224; jouer franc jeu, &#224; avoir une conduite honorable, &#224; respecter l'adversaire. M&#234;me si le parti au pouvoir sait qu'il peut imposer ses orientations, il accorde n&#233;anmoins aux autres partis la possibilit&#233; de faire entendre la pluralit&#233; des opinions et des options. C'est ce qui permet au r&#233;gime de ne pas sombrer dans l'autoritarisme. Il n'existe formellement, en dehors des tribunaux qui peuvent intervenir pour faire respecter la Constitution, aucun contrepoids au pouvoir du premier ministre. La retenue vient du besoin, sinon de la n&#233;cessit&#233;, de faire accepter les d&#233;cisions par le plus grand nombre et ainsi assurer les conditions d'une possible r&#233;&#233;lection. Dans ce contexte, le parti gouvernemental dispose de la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique pour faire adopter (avec ou sans amendements) ses projets de loi, mais le caract&#232;re d&#233;mocratique du syst&#232;me parlementaire repose aussi sur la capacit&#233; des partis d'opposition de surveiller l'action gouvernementale, de faire entendre des points de vue diff&#233;rents, dissidents, minoritaires et, ultimement, de pouvoir se pr&#233;senter comme des alternatives cr&#233;dibles au parti au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce &lt;i&gt;fair play&lt;/i&gt; qui indispose le gouvernement actuel. Pour les conservateurs de M. Harper, le Parlement est un lieu de palabres (d&#233;finis comme des bavardages interminables et oiseux). Pourtant, dans la tradition parlementaire canadienne, il s'agit d'un lieu de d&#233;bats (d&#233;finis comme un ensemble de discussions anim&#233;es portant sur des orientations et des id&#233;es parfois oppos&#233;es). En ce sens, l'approche conservatrice remet en question non pas la l&#233;galit&#233; du vote entourant C-38, mais plut&#244;t sa l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique. Les partis d'opposition n'ont pu jouer ad&#233;quatement leur r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie politique est un lieu o&#249; se d&#233;ploie une certaine th&#233;&#226;tralit&#233;. On conna&#238;t les r&#232;gles du jeu, chacun respecte son r&#244;le et sa r&#233;plique. Le processus ayant men&#233; &#224; l'adoption de C-38 peut &#234;tre compris comme une r&#233;&#233;criture unilat&#233;rale de la pi&#232;ce et m&#234;me des r&#232;gles de la mise en sc&#232;ne. &#201;videmment, tout comme dans une pi&#232;ce, l'auteur est ma&#238;tre du d&#233;nouement final. Mais il se doit de respecter les formes. C'est ce que Stephen Harper ne fait plus. Cela d&#233;concerte les acteurs et les observateurs qui sont maintenant oblig&#233;s de porter attention aux techniques de mise en sc&#232;ne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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