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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>T&#233;moignage sur le fonctionnement r&#233;el de la CLASSE</title>
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		<dc:date>2013-01-24T22:10:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; Delvaux, David Sanschagrin</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Delvaux, Ren&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Sanschagrin, David</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le m&#233;pris des milieux institutionnels et la fascination des milieux alternatifs pour la d&#233;mocratie d&#233;l&#233;gative pratiqu&#233;e &#224; la Coalition large de l'Association pour une solidarit&#233; syndicale &#233;tudiante (CLASSE) s'appuient souvent sur son opposition &#224; la d&#233;mocratie repr&#233;sentative qu&#233;b&#233;coise. La repr&#233;sentation conf&#232;re, pour les uns, la l&#233;gitimit&#233; et l'efficacit&#233; n&#233;cessaires &#224; une bonne gouvernance, et ali&#232;ne, pour les autres, les notions d'&#233;galit&#233;, de participation, de transparence et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-printemps-erable-Ses-" rel="directory"&gt;Dossier : Le printemps &#233;rable - Ses racines et sa s&#232;ve&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-etudiant-+" rel="tag"&gt;Mouvement &#233;tudiant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Delvaux-Rene-+" rel="tag"&gt;Delvaux, Ren&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sanschagrin-David-+" rel="tag"&gt;Sanschagrin, David&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1530.gif?1642092140' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;201&#034; height=&#034;451&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le m&#233;pris des milieux institutionnels et la fascination des milieux alternatifs pour la d&#233;mocratie d&#233;l&#233;gative pratiqu&#233;e &#224; la Coalition large de l'Association pour une solidarit&#233; syndicale &#233;tudiante (CLASSE) s'appuient souvent sur son opposition &#224; la d&#233;mocratie repr&#233;sentative qu&#233;b&#233;coise. La repr&#233;sentation conf&#232;re, pour les uns, la l&#233;gitimit&#233; et l'efficacit&#233; n&#233;cessaires &#224; une bonne gouvernance, et ali&#232;ne, pour les autres, les notions d'&#233;galit&#233;, de participation, de transparence et de d&#233;lib&#233;ration. Si publiquement la CLASSE s'enorgueillit de ses fondements d&#233;mocratiques, c'est parce qu'elle a &#233;t&#233; capable de mobiliser des dizaines de milliers d'&#233;tudiantes gr&#226;ce &#224; une exp&#233;rience politique participative, d&#233;lib&#233;rative, radicale et originale tant dans les moyens d'action que dans les principes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quels que soient les vices et vertus des deux mod&#232;les, rarement sort-on de cette opposition pour entrer dans les d&#233;bats &#224; l'interne sur les pratiques de d&#233;mocratie directe de la CLASSE. Pourtant, au-del&#224; de la critique et de l'apologie b&#233;ate, nombre d'&#233;tudiantes et d'&#233;tudiants au sein de la CLASSE ont &#233;t&#233; confront&#233;s au cours du printemps 2012 aux enjeux, incoh&#233;rences et paradoxes d'un mode d'organisation parfois en d&#233;calage avec leur id&#233;al d&#233;mocratique et incapable de satisfaire compl&#232;tement leurs attentes &#8211; un t&#233;moignage que nous nous proposons de livrer ici.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;mocratie d&#233;centralis&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Construite &#224; m&#234;me les principes directeurs de l'ASS&#201;, la coalition de gr&#232;ve de la CLASSE a pour but de coordonner nationalement l'action des associations &#233;tudiantes coll&#233;giales et universitaires selon les pratiques de la d&#233;mocratie directe et du syndicalisme de combat. Son fonctionnement d&#233;mocratique semble simple : dans leurs assembl&#233;es locales, les &#233;tudiantes adoptent des mandats qui doivent ensuite &#234;tre pr&#233;sent&#233;s, publicis&#233;s et d&#233;fendus par leurs d&#233;l&#233;gu&#233;es aux congr&#232;s de la CLASSE. Lorsqu'un mandat est commun &#224; une majorit&#233; d'associations &#233;tudiantes, les repr&#233;sentantes et repr&#233;sentants &#233;lus de la CLASSE sont tenus de veiller &#224; leur application en disposant de peu d'autonomie pour ce faire. Ce mode op&#233;ratoire sert &#224; pr&#233;server la d&#233;centralisation du mouvement, garantit l'&#233;galit&#233; de tous et toutes &#224; pouvoir se repr&#233;senter eux-m&#234;mes et elles-m&#234;mes, et reconna&#238;t &#224; chacune une comp&#233;tence politique &#233;quivalente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet esprit d&#233;centralisateur instille une certaine m&#233;fiance envers toute organisation hi&#233;rarchis&#233;e. Se justifiant par l'urgence, le fait nouveau ou la strat&#233;gie, des d&#233;l&#233;gu&#233;es et des repr&#233;sentantes et repr&#233;sentants nationaux prennent parfois des libert&#233;s dans l'interpr&#233;tation de leurs mandats. En r&#233;action &#224; ces comportements, des assembl&#233;es rappellent &#224; l'ordre leurs d&#233;l&#233;gu&#233;es, et des d&#233;l&#233;gations d&#233;posent des motions de bl&#226;me en congr&#232;s. L'insatisfaction des &#233;tudiantes se manifeste par l'invocation d'une certaine puret&#233; dans l'application des principes de la CLASSE. Ce d&#233;bat, opposant pragmatisme et efficacit&#233; au respect strict des principes, est typique des nouveaux mouvements sociaux ; c'est le rapport repr&#233;sentation/d&#233;l&#233;gation qui est ici en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sidu de repr&#233;sentation, la d&#233;l&#233;gation rompt avec l'id&#233;al de la d&#233;mocratie directe. Elle permet certes la coordination nationale entre les diff&#233;rentes assembl&#233;es et la r&#233;alisation de t&#226;ches sp&#233;cialis&#233;es, mais elle pervertit parfois la volont&#233; des &#233;tudiantes, tandis que l'autonomie des &#233;lues dans le mouvement &#233;tudiant forme ironiquement l'un des principes inh&#233;rents de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative. Tel est le cas, par exemple, de l'autonomie relative du comit&#233; m&#233;dias, appel&#233; &#224; agir aupr&#232;s des acteurs traditionnels de la soci&#233;t&#233;, et de la visibilit&#233; grandissante du co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois, glorifi&#233; ou honni en tant que &#171; leader &#233;tudiant &#187;. De l'avis de plusieurs, dans les deux cas, ils se sont arrog&#233; des libert&#233;s par rapport aux mandats adopt&#233;s en Congr&#232;s ou s'en sont parfois remis &#224; l'influence d'acteurs externes au mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;l&#233;gu&#233;es et repr&#233;sentantes sont confront&#233;s &#224; la difficile conciliation du respect de leurs mandats avec leurs positions personnelles, mais aussi &#224; l'accumulation d'une expertise et d'un capital symbolique mettant &#224; mal les aspirations &#233;galitaires de la CLASSE. La diff&#233;renciation entre les &#233;tudiantes ne rel&#232;ve pas que des postes occup&#233;s, mais aussi de facteurs sociopolitiques tels que l'exp&#233;rience militante, la ma&#238;trise des proc&#233;dures, les ressources (temps et moyens) ou le capital culturel int&#233;rioris&#233; (comme le niveau de langage). Cette dynamique m&#232;ne &#224; une certaine &#171; professionnalisation &#187; du militantisme qui semble in&#233;vitable. La monopolisation totale ou partielle du temps de discussion par certaines et leur acc&#232;s privil&#233;gi&#233; aux postes &#233;lectifs trahissent la reproduction des in&#233;galit&#233;s soci&#233;tales au sein des instances. Par exemple, on peut faire une corr&#233;lation entre la surrepr&#233;sentation des hommes et des universitaires dans les fonctions et dans le temps de parole, et la minimisation des enjeux f&#233;ministes et coll&#233;giaux. Ainsi, l'influence exerc&#233;e par certains individus sur l'amalgame des volont&#233;s collectives, en circonscrivant l'horizon des d&#233;bats, en limitant le champ des possibles et en contr&#244;lant l'efficacit&#233; de la mise en &#339;uvre des r&#233;solutions adopt&#233;es, mine les fondements n&#233;cessaires &#224; l'exercice de la d&#233;mocratie directe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;mocratie du plus grand nombre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;mocratie directe veut garantir l'&#233;galit&#233; r&#233;elle de tous et toutes et cherche &#224; valoriser leur participation active aux d&#233;lib&#233;rations. La rh&#233;torique gouvernementale a mis&#233; sur la faible participation dans les assembl&#233;es et sur le caract&#232;re suppos&#233;ment &#171; intimidant &#187; du vote &#224; main lev&#233;e pour d&#233;l&#233;gitimer les pratiques de la CLASSE. Ces accusations ont eu peu d'impacts dans les milieux &#233;tudiants. Au contraire, les quorums n&#233;cessaires &#224; la tenue des assembl&#233;es et &#224; la prise de d&#233;cisions majeures (affiliations ou gr&#232;ve) font encore l'objet d'avis de motion visant &#224; les diminuer, tandis que les demandes de r&#233;f&#233;rendum ou de votes secrets sont souvent rejet&#233;es par de tr&#232;s larges majorit&#233;s de voix. Pour les nombreux &#233;tudiants et &#233;tudiantes qui se pr&#233;sentent dans leurs auditoriums pour d&#233;battre et d&#233;cider, la l&#233;gitimit&#233; repose sur autre chose que le seul nombre, soit la d&#233;lib&#233;ration active au sein des assembl&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet aune, le r&#233;f&#233;rendum n'est pas une option viable, m&#234;me s'il &#233;largit la participation &#233;tudiante au processus d&#233;cisionnel, puisqu'il emp&#234;che le processus d&#233;lib&#233;ratif cens&#233; pr&#233;c&#233;der et guider le choix. La l&#233;gitimit&#233; ne provient donc pas de l'expression des pr&#233;f&#233;rences individuelles, mais de la d&#233;lib&#233;ration m&#234;me. &#192; cet &#233;gard, les proc&#233;dures en assembl&#233;e pr&#233;voient l'alternance hommes/femmes lors des tours de parole et la priorisation des premi&#232;res prises de parole. Donc, par l'&#233;change d'informations et l'argumentation libre, les membres peuvent prendre des d&#233;cisions plus &#233;clair&#233;es. Les perdants du vote, ayant pu participer au d&#233;bat et att&#233;nuer les propositions par des amendements, devraient &#234;tre satisfaits du processus et convenir de sa l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, pour les opposantes &#224; la gr&#232;ve, l'assembl&#233;e ne semble n'avoir de l&#233;gitimit&#233; que si elle avalise leur pr&#233;f&#233;rence. Leur pr&#233;sence en assembl&#233;e ne rel&#232;ve donc pas pour beaucoup d'un d&#233;sir de participation active &#224; leur communaut&#233; politique, mais s'explique par l'assurance que les d&#233;cisions prises seront mises en application, notamment la lev&#233;e ou la reprise des cours. &#192; premi&#232;re vue, la d&#233;mocratie directe, telle que pratiqu&#233;e au sein du mouvement &#233;tudiant, semble &#233;chouer &#224; rallier effectivement un grand nombre de ses membres par son incapacit&#233; &#224; remplir ses promesses d'inclusion. Il appara&#238;t que l'objectif est autre : non pas mettre en &#339;uvre une v&#233;ritable &#171; d&#233;mocratie d&#233;lib&#233;rative &#187; ax&#233;e sur le consensus, mais mener &#224; terme un projet de contestation dans un &#171; espace public oppositionnel &#187;, pour reprendre le terme d'Oskar Negt&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Negt O., L'Espace public oppositionnel, Paris, &#201;ditions Payot, 2007.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me peine aussi &#224; int&#233;grer les minorit&#233;s, notamment les &#233;tudiantes et &#233;tudiants &#233;trangers, les minorit&#233;s visibles et les femmes qui d&#233;plorent l'exclusion r&#233;elle de leurs enjeux dans le processus d&#233;lib&#233;ratif, ou qui sont carr&#233;ment invisibles dans les d&#233;bats et les structures organisationnelles du mouvement. Les adversaires politiques cherchant &#224; d&#233;cr&#233;dibiliser la CLASSE ont soulign&#233; l'absence de minorit&#233;s ethniques au sein de ses instances. &#201;galement remarqu&#233;s et d&#233;cri&#233;s &#224; l'int&#233;rieur du mouvement, ces faits s'expliquent difficilement compte tenu des positions f&#233;ministes, anticolonialistes et anti-oppressives de l'association. Les voix de ces groupes &#171; silenc&#233;s &#187; et &#171; invisibilis&#233;s &#187; sont, dans les faits, souvent int&#233;gr&#233;es sur un mode de prise en charge, condamn&#233;es encore une fois &#224; se taire ou &#224; &#171; &lt;i&gt;&#234;tre parl&#233;es &lt;/i&gt; &#187; comme le soulignait Pierre Bourdieu. Lorsque ces groupes prennent l'initiative de d&#233;fendre leurs enjeux propres, l'int&#233;gration de leurs propositions rel&#232;ve davantage du consentement que de la r&#233;elle volont&#233; de les mettre en &#339;uvre. Les revendications de la CLASSE qui portent sur les &#233;tudiantes et &#233;tudiants &#233;trangers sont ainsi accessoires, rapidement exclues des joutes de n&#233;gociation o&#249; priment les revendications concernant l'ensemble des &#233;tudiantes. Les groupes f&#233;ministes, nettement plus organis&#233;s au sein de la CLASSE, notent la persistance d'attitudes paternalistes, sexistes ou oppressives dans les milieux militants et manifestent leur insatisfaction &#224; voir leurs pr&#233;occupations retard&#233;es, ou tout simplement &#233;vacu&#233;es, faute de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion sur la d&#233;mocratie directe au sein du mouvement &#233;tudiant qu&#233;b&#233;cois gagne &#224; &#234;tre men&#233;e autrement que dans son opposition manich&#233;enne avec le r&#233;gime lib&#233;ral. Les rat&#233;s de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, en crise de l&#233;gitimit&#233;, renforcent certes le besoin d'espaces participatifs et d&#233;lib&#233;ratifs. Les espaces qu'offrent la CLASSE ne sont cependant pas exempts de zones d'ombre et semblent confirmer l'impossibilit&#233; d'une pratique pure de l'id&#233;al d&#233;mocratique : on ne parvient &#224; rem&#233;dier efficacement ni aux in&#233;galit&#233;s r&#233;elles du social, ni aux incoh&#233;rences structurelles des proc&#233;dures d&#233;lib&#233;ratives et d&#233;cisionnelles. De plus, on n'arrive pas &#224; y transcender le caract&#232;re conflictuel des rapports politiques pour r&#233;aliser une inclusion plus grande des int&#233;r&#234;ts minoritaires. La d&#233;mocratie &#233;tudiante tend ainsi &#224; se rapprocher d'un mod&#232;le que Chantal Mouffe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mouffe C., &#171; Deliberative Democracy or Agonistic Pluralism &#187;, Political (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qualifie de radical et pluriel, qu'elle d&#233;finit comme &#171; d&#233;mocratie agonistique &#187;. Ce mod&#232;le prend acte des antagonismes inconciliables &#224; l'int&#233;rieur des communaut&#233;s politiques, mais propose une reconnaissance mutuelle de la l&#233;gitimit&#233; des positions adverses. Un exercice qui n'est possible que sur la base d'un partage d'id&#233;aux d&#233;mocratiques de libert&#233; et d'&#233;galit&#233;, mais aussi de luttes pour l'&#233;mancipation. Enfin, l'ASS&#201;, la CLASSE et les associations &#233;tudiantes locales qui en sont membres affichent encore des insuffisances et des incoh&#233;rences propres &#224; toute organisation de cette envergure. Cet espace de mobilisation d&#233;mocratique, certes imparfait, demeure toutefois mall&#233;able et perfectible. Il est apte &#224; admettre que les proc&#233;dures ne pourront totalement neutraliser la reproduction des in&#233;galit&#233;s soci&#233;tales au sein des instances, et enclin &#224; accepter la conflictualit&#233; circonscrite par des principes d&#233;mocratiques communs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Negt O., &lt;i&gt;L'Espace public oppositionnel&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions Payot, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mouffe C., &#171; Deliberative Democracy or Agonistic Pluralism &#187;, &lt;i&gt;Political Science Series&lt;/i&gt;, vol. 72, 2000, Institute for Advanced Studies.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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