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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Les t&#234;tes br&#251;l&#233;es</title>
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		<dc:creator>Beno&#238;t Gaulin</dc:creator>


		<dc:subject>Gaulin, Beno&#238;t</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Catherine Dorion, Les t&#234;tes br&#251;l&#233;es. Carnets d'espoir punk, Montr&#233;al. Lux &#233;diteur, 2023. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous sommes un parti d&#233;centralis&#233; dans notre fa&#231;on de fonctionner ; nous n'avons pas une fa&#231;on unique de parler, de prendre la parole. Personne ne nous dit : voici comment nous allons livrer le message. (&#8230;) si je dois m'exprimer, par exemple, sur la crise des m&#233;dias, personne ne me dira comment proc&#233;der. &#187; Ce sont ici les paroles de Catherine Dorion publi&#233;es dans le num&#233;ro 82 d'&#192; b&#226;bord ! en janvier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Tribune-Libre-" rel="directory"&gt;Tribune Libre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/les-tetes-brulees.jpg?1716576998' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;730&#034; height=&#034;1221&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Catherine Dorion, &lt;i&gt;Les t&#234;tes br&#251;l&#233;es. Carnets d'espoir punk&lt;/i&gt;, Montr&#233;al. Lux &#233;diteur, 2023.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;em&gt;Nous sommes un parti d&#233;centralis&#233; dans notre fa&#231;on de fonctionner ; nous n'avons pas une fa&#231;on unique de parler, de prendre la parole. Personne ne nous dit : voici comment nous allons livrer le message. &lt;/em&gt;(&#8230;) &lt;em&gt;si je dois m'exprimer, par exemple, sur la crise des m&#233;dias, personne ne me dira comment proc&#233;der. &lt;/em&gt; &#187; Ce sont ici les paroles de Catherine Dorion publi&#233;es dans le &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Entretien-avec-Catherine-Dorion-Comment-dire-les-choses-autrement-en-politique&#034;&gt;num&#233;ro 82 d'&lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; en janvier 2020, c'est-&#224;-dire les mots d'une nouvelle d&#233;put&#233;e de Qu&#233;bec Solidaire (QS) pour qui tout semblait possible, y compris mener une strat&#233;gie populiste de gauche. Quatre ans plus tard, le moins que l'on puisse affirmer, une fois termin&#233;e la lecture des &lt;em&gt;T&#234;tes br&#251;l&#233;es&lt;/em&gt;, c'est que, d'une part, le fonctionnement de QS semble avoir chang&#233; au fil des derni&#232;res ann&#233;es et que, depuis, Dorion a d&#233;chant&#233; non seulement sur la vie parlementaire, mais &#224; l'&#233;gard de QS lui-m&#234;me, notamment dans sa mani&#232;re d'envisager ses relations avec les mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, outre le livre de Lise Payette &#233;crit il y a quelques d&#233;cennies (&lt;em&gt;Le pouvoir ? Connais pas !&lt;/em&gt;), rarissimes sont les t&#233;moignages de la qualit&#233; de ces &#171; carnets d'espoir punk &#187; relatant les coulisses du pouvoir (avec un petit &#171; p &#187;). Carnets qui font r&#233;fl&#233;chir et que je vous invite &#224; lire sans aucune h&#233;sitation, et ce, pour deux grandes raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Primo, l'autrice d&#233;crit tr&#232;s bien le malaise ressenti par nombre de sympathisant&#183;es de QS qui, &#224; force de vouloir se montrer respectable, devient aussi beige que n'importe quel autre parti. On dira que c'est ici moins l'affaire de personnalit&#233;s que de contraintes structurelles-organisationnelles auxquelles doit s'astreindre un parti politique dont les r&#233;cents succ&#232;s &#233;lectoraux ont aiguis&#233; l'app&#233;tit du pouvoir. Pourtant, ces carnets nous rappellent que cela n'est pas une fatalit&#233;, mais rel&#232;ve bel et bien d'un choix politique, fort discutable au demeurant. Aussi, l'ex-d&#233;put&#233;e de Taschereau ne manque pas d'identifier de nombreuses occasions rat&#233;es de la gauche (que ce soit en Gr&#232;ce ou au Qu&#233;bec) et sugg&#232;re de r&#233;fl&#233;chir &#224; la pertinence d'un populisme de gauche qui tenterait de d&#233;jouer les attentes de la sph&#232;re politico-m&#233;diatique obs&#233;d&#233;e par le ronron des actualit&#233;s &#233;vanescentes ou par le conformisme (vestimentaires, entre autres) des femmes en politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxio, Dorion a l'intelligence de lier le singulier au collectif d'une admirable fa&#231;on. Dans une mise en abyme quasi parfaite, elle d&#233;montre le caract&#232;re anxiog&#232;ne, &#233;puisant et d&#233;pressif de notre culture en alliant raison et &#233;motion, et ce, dans une langue accessible qui rejette les codes classistes de la politique institutionnelle. On y trouve donc une belle critique du capitalisme dans ses effets atomisants et pathologiques. De l&#224; d&#233;coule sa conception (romantique diront certain&#183;es) de la politique comme m&#233;diation cr&#233;atrice de liens sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'entretien cit&#233; ci-dessus, Dorion avan&#231;ait que son parti ne devait pas devenir un parti de politicien&#183;nes et parlait d&#233;j&#224; de son &#171; passage &#187; en politique comme une opportunit&#233; de &#171; briser quelques murs &#187;. Force est de constater que ces derniers &#233;taient plus solides qu'elle le croyait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Raison, d&#233;raison et religion : plaidoyer pour une la&#239;cit&#233; ouverte</title>
		<link>https://www.ababord.org/Raison-deraison-et-religion-plaidoyer-pour-une-laicite-ouverte</link>
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		<dc:date>2023-02-23T18:35:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Gaulin</dc:creator>


		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>La&#239;cit&#233;, religions et politique</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Gaulin, Beno&#238;t</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Michel Seymour, Raison, d&#233;raison et religion : plaidoyer pour une la&#239;cit&#233; ouverte, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2021, 290 pages. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quel bonheur de lecture m'a procur&#233; le dernier essai de Michel Seymour intitul&#233; Raison, d&#233;raison et religion : plaidoyer pour une la&#239;cit&#233; ouverte. L'auteur d'une &#339;uvre importante en philosophie politique et en philosophie du langage nous livre ici un essai conceptuellement riche, audacieux et p&#233;dagogique. Trois th&#232;mes ou questionnements retiennent l'attention de Seymour. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gaulin-Benoit-+" rel="tag"&gt;Gaulin, Beno&#238;t&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/09809.png?1677177256' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;133&#034; height=&#034;211&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Michel Seymour, &lt;i&gt;Raison, d&#233;raison et religion : plaidoyer pour une la&#239;cit&#233; ouverte&lt;/i&gt;, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2021, 290 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quel bonheur de lecture m'a procur&#233; le dernier essai de Michel Seymour intitul&#233; &lt;em&gt;Raison, d&#233;raison et religion : plaidoyer pour une la&#239;cit&#233; ouverte.&lt;/em&gt; L'auteur d'une &#339;uvre importante en philosophie politique et en philosophie du langage nous livre ici un essai conceptuellement riche, audacieux et p&#233;dagogique. Trois th&#232;mes ou questionnements retiennent l'attention de Seymour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier questionnement concerne la place &#224; accorder &#224; la religion dans une soci&#233;t&#233; qui se veut r&#233;solument moderne. Une telle soci&#233;t&#233; doit se montrer hospitali&#232;re non seulement &#224; l'&#233;gard de l'ath&#233;isme, mais aussi &#224; l'&#233;gard de la croyance religieuse, affirme Seymour, qui est aussi l'auteur de &lt;em&gt;De la tol&#233;rance &#224; la reconnaissance : une th&#233;orie lib&#233;rale des droits collectifs&lt;/em&gt;. Elle doit &#234;tre hospitali&#232;re non seulement envers les incroyant&#183;e&#183;s et les croyant&#183;e&#183;s qui doutent (les seules postures au diapason de &#171; l'&#226;ge de l'authenticit&#233; &#187; selon Charles Taylor), mais &#233;galement envers tout le spectre des postures possibles eu &#233;gard au religieux. Apr&#232;s une longue discussion de l'&#339;uvre monumentale de Taylor, &lt;em&gt;L'&#226;ge s&#233;culier&lt;/em&gt;, Seymour conclut avec cette proposition normative prenant la forme d'un souhait : il est possible de concevoir un espace politique o&#249; croyant&#183;e&#183;s et ath&#233;es pur&#183;e&#183;s et dur&#183;e&#183;s peuvent cohabiter, se tol&#233;rer, se comprendre et s'accepter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second questionnement concerne l'am&#233;nagement, dans une soci&#233;t&#233; particuli&#232;re comme le Qu&#233;bec, d'un espace politique qui soit vraiment la&#239;c. Force est de constater que la mani&#232;re caquiste d'y r&#233;pondre (la loi 21) rallie une majorit&#233; de Franco-Qu&#233;b&#233;cois&#183;e&#183;s. C'est une chose de s'opposer &#224; cette tyrannie de la majorit&#233; ou de trouver nettement absurde la crainte de voir s'&#233;riger la religion comme un pouvoir parall&#232;le aux institutions politiques ; c'en est une autre de montrer la voie de sortie &#224; cette impasse. Encore une fois, une discussion fort int&#233;ressante de l'&#339;uvre d'un grand penseur, John Rawls, pr&#233;c&#232;de la proposition normative voulant qu'il faut s'ouvrir &#224; diff&#233;rentes mani&#232;res de vivre la religion : en priv&#233;, mais aussi sur un mode communautaire. Dans ce dernier cas, le pluralisme raisonnable et irr&#233;ductible des diff&#233;rentes conceptions morales, religieuses et philosophiques oblige l'&#201;tat (vraiment neutre) &#224; autoriser, par exemple, le port du voile pour les enseignantes musulmanes qui le d&#233;sirent, parce que ce signe fait partie de l'identit&#233; communautaire de celles qui le portent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le troisi&#232;me questionnement concerne la question de la la&#239;cit&#233; &#224; l'&#233;chelle internationale. C'est dans une perspective rawlsienne que Seymour aborde le probl&#232;me de la reconnaissance r&#233;ciproque entre soci&#233;t&#233;s diff&#233;renci&#233;es &#224; l'&#233;chelle internationale : &#171; &lt;em&gt;une v&#233;ritable la&#239;cit&#233; ouverte doit &lt;/em&gt;[&#8230;] &lt;em&gt;s'ouvrir &#224; diff&#233;rentes fa&#231;ons de la pratiquer &#224; l'&#233;chelle internationale ; &lt;/em&gt;[&#8230;] &lt;em&gt;s'ouvrir aux droits collectifs aux droits des peuples ; ce qui est une difficult&#233; majeure pour les peuples de l'Occident&lt;/em&gt; &#187;, explique-t-il dans une pr&#233;sentation de son livre. Pr&#232;s de la moiti&#233; de l'ouvrage est consacr&#233;e &#224; d'int&#233;ressants contre-arguments &#224; la th&#232;se bien connue du &#171; choc des civilisations &#187;, d'abord lanc&#233;e par Samuel Huntington et qui n'est pas &#233;trang&#232;re &#224; l'islamophobie contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'on partage ou non la position politique de l'auteur sur la question du port des signes religieux dans l'espace public, l'ouvrage offre amplement de quoi nourrir la r&#233;flexion sur les fondements philosophiques des politiques publiques concernant la la&#239;cit&#233; et la diversit&#233; religieuse, &#224; l'&#233;chelle nationale et internationale. En prime, les lecteur&#183;trice&#183;s agac&#233;&#183;e&#183;s par l'approche taylorienne de la&#239;cit&#233; (centr&#233;e exclusivement sur les droits individuels et marqu&#233;e par un antinationalisme primaire) y trouveront une justification alternative &#224; la politique de la la&#239;cit&#233; ouverte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>M&#233;moires vives</title>
		<link>https://www.ababord.org/Memoires-vives</link>
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		<dc:date>2021-06-01T18:57:08Z</dc:date>
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		<dc:creator>Beno&#238;t Gaulin</dc:creator>


		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Gaulin, Beno&#238;t</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Edward Snowden, M&#233;moires vives, Paris, Seuil, 2019, 384 pages. &lt;br class='autobr' /&gt; Edward Snowden est ce lanceur d'alerte d'origine am&#233;ricaine maintenant c&#233;l&#232;bre pour avoir r&#233;v&#233;l&#233; les pratiques d'espionnage num&#233;rique de la NSA (National Security Agency). Issu d'une modeste famille de la classe moyenne de la banlieue de Washington, accroc tr&#232;s jeune (&#224; 12 ans) des premiers ordinateurs personnels et du Web (&#171; devenu mon aire de jeux, ma cabane dans les arbres, ma forteresse, ma salle de classe d&#233;barrass&#233;e des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-84-ete-2020-" rel="directory"&gt;No 084 - &#233;t&#233; 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Controle-repression-et-securite-+" rel="tag"&gt;Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gaulin-Benoit-+" rel="tag"&gt;Gaulin, Beno&#238;t&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3141.png?1642092259' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;273&#034; height=&#034;430&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Edward Snowden, &lt;i&gt;M&#233;moires vives&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 2019, 384 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Edward Snowden est ce lanceur d'alerte d'origine am&#233;ricaine maintenant c&#233;l&#232;bre pour avoir r&#233;v&#233;l&#233; les pratiques d'espionnage num&#233;rique de la NSA (&lt;em&gt;National Security Agency&lt;/em&gt;). Issu d'une modeste famille de la classe moyenne de la banlieue de Washington, accroc tr&#232;s jeune (&#224; 12 ans) des premiers ordinateurs personnels et du Web (&#171; &lt;em&gt;devenu mon aire de jeux, ma cabane dans les arbres, ma forteresse, ma salle de classe d&#233;barrass&#233;e des murs &lt;/em&gt; &#187;), Snowden se montre, d&#232;s les premiers chapitres de ses m&#233;moires, nostalgique du Web 1.0 synonyme, selon lui, d'exp&#233;rimentation et de cr&#233;ativit&#233; individuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Retra&#231;ant l'histoire du net des trente derni&#232;res ann&#233;es, Snowden &#233;crit qu'&#224; l'anarchie heureuse des ann&#233;es 1990 (un Net &#171; &lt;em&gt;fait par et pour les gens&lt;/em&gt; &#187;) a succ&#233;d&#233;, &#224; l'approche de l'an 2000, un Internet liberticide faisant de chacun de nous (&#171; &lt;em&gt;notre attention, nos activit&#233;s, nos m&#233;tiers, nos d&#233;sirs&lt;/em&gt; &#187;) un consommateur-source-de-plus-value et un citoyen sous surveillance continue. Et le 11 septembre 2001 sera l'&#233;v&#233;nement-pivot rendant politiquement possible la surveillance de masse, &#171; &lt;em&gt;par d&#233;finition, beaucoup plus pr&#233;judiciable aux innocents qu'aux coupables&lt;/em&gt; &#187;. Dor&#233;navant, notre &#171; &lt;em&gt;vie est devenue un livre ouvert&#8230;&lt;/em&gt; [et] &lt;em&gt;la conscience seule ne sera jamais suffisante&lt;/em&gt; &#187;. Nous avons des espions dans nos poches et des programmes sophistiqu&#233;s appel&#233;s PRISM, TURMOIL, TURBINE, XKEYSCORE sont venus confirmer les intuitions de Gilles Deleuze sur nos soci&#233;t&#233;s fonctionnant &#171; &lt;em&gt;par contr&#244;le continu et communication instantan&#233;e&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lire ces m&#233;moires vives est une exp&#233;rience assur&#233;ment atypique, en cette fin de d&#233;cennie qui a vu s'acc&#233;l&#233;rer &#8211; peut-&#234;tre comme jamais auparavant dans l'histoire de l'humanit&#233; &#8211; le changement social, le rythme de vie ainsi que l'innovation technique (comme l'&#233;crit Harmut Rosa). Particuli&#232;rement pour celui qui a lu r&#233;cemment que Facebook &#171; roulait &#187; en 2018 &#224; 6 millions de pr&#233;dictions de comportements par seconde, que le march&#233; des assistants vocaux install&#233;s dans les lieux priv&#233;s et publics se d&#233;veloppe &#224; vitesse grand V et que des services de cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance d'immeubles (d'Amazon pour ne pas la nommer) sont &#233;quip&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; d'outils de reconnaissance faciale (services reli&#233;s &#224; la police de certains quartiers aux &#201;tats-Unis). Comme si ce livre devenait, d&#232;s sa publication, une sorte de pi&#232;ce de mus&#233;e rendue obsol&#232;te par les avanc&#233;es de cette technopolice capable de damer le pion &#224; tous les l&#233;gislateurs de la plan&#232;te (dans l'&#233;ventualit&#233; o&#249; la volont&#233; politique ne serait pas une chim&#232;re comme l'ont prouv&#233;, depuis 2013, les r&#233;formettes cosm&#233;tiques de la NSA !). De l&#224;, ce bizarre de malaise apr&#232;s avoir referm&#233; la quatri&#232;me de couverture sur laquelle est inscrit en gros caract&#232;res : &#171; RIEN NE SERA EFFAC&#201; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En fait, c'est la troisi&#232;me et derni&#232;re partie du livre qui est la plus int&#233;ressante : celle o&#249; l'on voit prendre peu &#224; peu forme celui qui, en 2009, d&#233;cide de &#171; &lt;em&gt;s'infiltrer au c&#339;ur du r&#233;seau le plus s&#233;curis&#233; du monde pour trouver la v&#233;rit&#233;, en faire une copie, et le rendre public&lt;/em&gt; [et qui] &lt;em&gt;devait r&#233;aliser tout ceci sans&lt;/em&gt; [se] &lt;em&gt;faire prendre &#8211; c'est-&#224;-dire sans &#234;tre&lt;/em&gt; [soi-m&#234;me] &lt;em&gt;lu, &#233;crit, ex&#233;cut&#233;. &lt;/em&gt; &#187; Et l&#224;, on ne peut qu'&#234;tre admiratif de ce courage qu'il lui a fallu et qu'il lui faut toujours pour, depuis son exil en Russie, continuer la lutte pour la sauvegarde des libert&#233;s civiles. Oui, quel courage ! Respect.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;lections f&#233;d&#233;rales : une offre politique plus que d&#233;cevante</title>
		<link>https://www.ababord.org/Elections-federales-une-offre-politique-plus-que-decevante</link>
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		<dc:date>2019-10-07T13:29:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Boudreau, Beno&#238;t Gaulin</dc:creator>


		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Manchette</dc:subject>
		<dc:subject>Boudreau, Philippe </dc:subject>
		<dc:subject>Gaulin, Beno&#238;t</dc:subject>

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&lt;p&gt;D'abord, une tranche de vie toute contemporaine : un ami Facebook bien connu pour son all&#233;geance souverainiste publie un statut dans lequel il annonce (&#171; coup de th&#233;&#226;tre &#187; &#233;crit-il) qu'il s'appr&#234;te &#224; voter - pour une premi&#232;re fois de sa vie - pour le Parti lib&#233;ral du Canada (PLC). Cette d&#233;cision &#233;tonnante qui a suscit&#233; acquiescements mais aussi quelques commentaires acerbes, n'est pas sans nous intriguer et soul&#232;ve de nombreuses questions pour toute observatrice ou tout observateur du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2778.jpg?1642092232' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1200&#034; height=&#034;800&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord, une tranche de vie toute contemporaine : un ami Facebook bien connu pour son all&#233;geance souverainiste publie un statut dans lequel il annonce (&#171; &lt;i&gt;coup de th&#233;&#226;tre&lt;/i&gt; &#187; &#233;crit-il) qu'il s'appr&#234;te &#224; voter - pour une premi&#232;re fois de sa vie - pour le Parti lib&#233;ral du Canada (PLC). Cette d&#233;cision &#233;tonnante qui a suscit&#233; acquiescements mais aussi quelques commentaires acerbes, n'est pas sans nous intriguer et soul&#232;ve de nombreuses questions pour toute observatrice ou tout observateur du champ politique qu&#233;b&#233;cois qui, &#224; n'en pas douter, est en pleine transformation depuis quelques ann&#233;es. Petit bilan, donc, de quelques-unes de ces &#233;volutions &#224; la veille du rendez-vous &#233;lectoral f&#233;d&#233;ral du 21 octobre prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sociologue Pierre Bourdieu a d&#233;fini le champ politique comme le &#171; &lt;i&gt;lieu o&#249; s'engendrent, dans la concurrence entre les agents qui s'y trouvent engag&#233;s, des produits politiques, probl&#232;mes, programmes, analyses et commentaires, concepts, &#233;v&#233;nements, entre lesquels les citoyens ordinaires [sont] r&#233;duits au statut de consommateurs&#8230; &lt;/i&gt; &#187; Or, force est de constater que produits et programmes politiques, tout compte fait, se ressemblent passablement. Par exemple, sur l'axe fondamental gauche-droite, le positionnement des partis porte essentiellement sur une qualification du lib&#233;ralisme. Exception faite du clivage sur la question de la la&#239;cit&#233; au Qu&#233;bec, le &#171; consommateur-&#233;lecteur &#187; se retrouve devant des partis sans v&#233;ritable projet distinctif, ceux-ci promettant la &#171; bonne gouvernance &#187; et la gestion &#224; court terme du monde-tel-qu'il-est. La campagne se d&#233;roule, plus que jamais, &#224; coup de slogans vides et de mini-scandales format&#233;s par des sp&#233;cialistes de la communication. Tout cela nous &#233;loigne &#233;videmment d'une v&#233;ritable conversation d&#233;mocratique portant sur les nombreux enjeux collectifs contemporains qui nous interpellent pourtant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bref tour d'horizon nous confirme cela facilement. &#192; deux semaines du scrutin, on constate &#224; quel point la campagne conservatrice est peu convaincante. Son chef souvent pouss&#233; dans les c&#226;bles, le Parti conservateur n'arrive pas &#224; constituer une alternative cr&#233;dible. De surcro&#238;t, la plupart de ses propositions n'int&#233;ressent pas le Qu&#233;bec. Le monarque Trudeau pourrait bien prolonger de quatre ans la dur&#233;e de sa dynastie tant son principal adversaire est path&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et rendue de moins op&#233;ratoire apr&#232;s deux &#233;checs r&#233;f&#233;rendaires, la question nationale devient quelque peu marginale pour beaucoup de Qu&#233;b&#233;cois&#183;es et c'est la question de la la&#239;cit&#233; qui semble l'avoir remplac&#233;e &#224; la faveur de la crise des accommodements raisonnables et plus, r&#233;cemment, des d&#233;bats autour de la Charte des valeurs du Parti qu&#233;b&#233;cois et du projet de loi 21 vot&#233;e par le gouvernement qu&#233;b&#233;cois. De notre point de vue, puisqu'il n'entend surtout pas nous faire sortir de la fournaise identitaire, le Bloc qu&#233;b&#233;cois peut difficilement constituer une option. En agitant le hochet de la la&#239;cit&#233; caquiste, le Bloc fait davantage que se montrer opportuniste : il nous &#233;loigne du nationalisme d'&#233;mancipation et met hors-jeu la question nationale. En effet, il est difficile de remettre &#224; l'ordre du jour la souverainet&#233; quand les principaux partis l'ayant port&#233;e ont min&#233; sa substance et sap&#233; les conditions de la d&#233;lib&#233;ration sur notre destin collectif. Avec ce nationalisme de survivance, le discours bloquiste donne (malgr&#233; lui) un vernis progressiste au PLC. Comment reprocher &#224; des souverainistes de mettre de c&#244;t&#233; le projet de pays et d'user de realpolitik le 21 octobre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, entendu le contexte marqu&#233; par la popularit&#233; de la &#171; loi 21 &#187; au Qu&#233;bec, on peut facilement faire (&#224; regret) l'hypoth&#232;se que le turban de Jagmeet Singh plombe le Nouveau Parti d&#233;mocratique, et postuler, en cons&#233;quence, que le Bloc qu&#233;b&#233;cois devient en quelque sorte la valeur refuge pour les caquistes et les p&#233;quistes &#171; identitaires &#187;. Ainsi, Trudeau fils cueille le vote (outre celui de sa client&#232;le traditionnelle des anglophones et des minorit&#233;s culturelles) de plusieurs orphelins id&#233;ologiques, particuli&#232;rement celui des francophones pragmatiques qui ne se reconnaissent ni dans le discours conservateur et contradictoire du Bloc (ex. : &#171; vert &#187; mais &#171; pas contre &#187; le 3e lien &#224; Qu&#233;bec) ni dans le brouillard id&#233;ologique du Parti vert qui ne sait s'il est de gauche ou de droite, pour ou contre l'avortement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre explication de la victoire probable du PLC le 21 octobre prochain tient au syst&#232;me lui-m&#234;me. En renon&#231;ant &#224; r&#233;former le mode de scrutin, le gouvernement lib&#233;ral s'est facilit&#233; la t&#226;che afin de conserver le pouvoir et perp&#233;tuer le bipartisme. Avec lui, le Canada conserve les pires d&#233;fauts du parlementarisme britannique et retarde la modernisation de ses institutions politiques. Tout doit &#234;tre maintenu : le S&#233;nat antid&#233;mocratique, la concentration du pouvoir dans les mains du premier ministre et de sa garde rapproch&#233;e, l'obligation de soumettre &#224; la Couronne toute d&#233;cision importante de l'ex&#233;cutif ou du Parlement. Non seulement le Parti lib&#233;ral a-t-il trahi une partie de sa base &#233;lectorale en maintenant le scrutin majoritaire uninominal, mais il montre dans quelle mesure peut &#234;tre t&#233;nu, sous sa gouverne, le potentiel de changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engonc&#233; dans ses vieilles traditions h&#233;rit&#233;es de l'Empire, notre r&#233;gime politique, con&#231;u avant tout pour pr&#233;server les int&#233;r&#234;ts de l'&#233;lite, continuera vraisemblablement de profiter au PLC. Justin Trudeau et son entourage pourront poursuivre leur &#339;uvre de &lt;i&gt;nation building&lt;/i&gt; canadien. Au c&#339;ur de cette entreprise d'&#233;dification de l'appartenance, une conception radicalement lib&#233;rale de l'identit&#233; politique, faisant du citoyen atomis&#233; l'unit&#233; de base de la &#171; nation &#187; canadienne. Le PLC trudeauiste, avec sa d&#233;fense d'un individualisme a-cuturel, a-social et a-politique, gommant toute notion de droits collectifs, n'a que faire des aspirations nationales des peuples autochtones ou du peuple qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la diff&#233;rence du p&#232;re toutefois, le fils ne mise pas sur la joute constitutionnelle ou les grands jalons juridiques. On l'a vu depuis 2016, sa vision de l'unit&#233; canadienne est plus terre &#224; terre, ax&#233;e sur la satisfaction de puissants int&#233;r&#234;ts : hausse des exportations de p&#233;trole albertain gr&#226;ce au projet Trans Mountain, affinit&#233;s avec le milieu des affaires de Bay Street, grossi&#232;re tentative d'&#233;pargner un proc&#232;s &#224; la firme SNC-Lavalin, stimulation de l'activit&#233; &#233;conomique dans toutes les r&#233;gions du pays &#224; grands renforts de d&#233;ficits...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, revenons bri&#232;vement au coup de th&#233;&#226;tre de notre ami Facebook et &#224; son appui ouvert &#224; Steven Guilbeault. On peut raisonnablement penser que cet ami fait partie de ces francophones pragmatiques qui votent souvent d'ailleurs moins pour le parti que pour &#171; l'homme &#187; comme on dit famili&#232;rement. A fortiori quand celui-ci b&#233;n&#233;ficie d'un capital symbolique lui-m&#234;me amass&#233; &#224; partir de maintes interventions m&#233;diatiques portant sur une question &#171; chaude &#187; de l'actualit&#233; sociale et politique : ici, la question environnementale. D&#233;monstration parfaite de l'autonomie toute relative du champ politique, travers&#233; qu'il est par des logiques exog&#232;nes et des agents situ&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur de ses fronti&#232;res plus que poreuses : journalistes, expert&#183;e&#183;s, lobbyistes, chroniqueurs&#183;euses, etc. qui, entretenant des relations d'interd&#233;pendance plus ou moins l&#226;ches avec le champ politique, influent indubitablement sur la vie politique qu&#233;b&#233;coise et canadienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui plus est, dans un contexte comme le n&#244;tre, fortement marqu&#233; par le th&#232;me du r&#233;chauffement climatique qui s'est invit&#233; massivement dans la campagne (et dans les rues du centre-ville de Montr&#233;al le 27 septembre dernier), l'aura entourant notre Nicolas Hulot national est m&#234;me en mesure de faire oublier &#224; des &#233;lecteurs souverainistes la longue tradition anti-Qu&#233;bec du PLC et, plus pr&#233;cis&#233;ment, les nombreuses exactions de Trudeau p&#232;re pendant son long r&#232;gne : la loi des mesure de guerre, le rapatriement unilat&#233;ral de la constitution, les efforts pour faire &#233;chouer l'Accord du lac Meech, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le moins que l'on puisse dire est que cette fois-ci, le d&#233;sarroi est grand chez les souverainistes progressistes. On vient de le constater, la pauvret&#233; de l'offre politique n'est pas sans lien avec ce d&#233;sarroi. De plus, &#224; l'&#233;chelle canadienne, la gauche est en panne. Les mouvements sociaux au Canada sont fragment&#233;s et sur la d&#233;fensive. Le d&#233;ploiement de leur action sur le terrain politique appara&#238;t hors de port&#233;e tant leur faiblesse est patente. Et apr&#232;s des ann&#233;es de recentrage blairiste, le NPD est aujourd'hui isol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, une partie de la gauche et du mouvement f&#233;ministe s'est laiss&#233; s&#233;duire par les arguments &#224; saveur identitaire. R&#233;sultat, les forces dites progressistes sont divis&#233;es plus que jamais. Sans compter l'indigence de la pens&#233;e souverainiste dominante caract&#233;ris&#233;e par son nouveau f&#233;tiche identitaire venant s'ajouter &#224; celui de l'&#233;conomie d'abord&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qui s'est pass&#233; au provincial il y a un an, le syst&#232;me partisan canadien restera inchang&#233; le 21 octobre. Aucun r&#233;alignement &#233;lectoral n'&#233;tant en vue, le duopole exerc&#233; par les partis existant depuis 152 ans se poursuivra de plus belle. En d&#233;finitive, la question de l'urne ne sera ni l'urgence climatique, ni le droit &#224; l'autod&#233;termination des peuples fondateurs. Au Qu&#233;bec et chez les Premi&#232;res Nations, l'appartenance &#224; cet immense &#201;tat n&#233;ocolonial, dont l'&#233;conomie carbure aux in&#233;galit&#233;s sociales et aux sables bitumineux, continuera longtemps d'&#234;tre subie, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre choisie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Gilles Beauchamp (CC BY-NC-ND 2.0)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pierre Bourdieu, Un structuralisme h&#233;ro&#239;que \ L'insoumission en h&#233;ritage</title>
		<link>https://www.ababord.org/Pierre-Bourdieu-Un-structuralisme-Heroique-L-insoumission-en-heritage</link>
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		<dc:date>2017-09-04T23:54:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Gaulin</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Gaulin, Beno&#238;t</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jean-Louis Fabiani, Pierre Bourdieu. Un structuralisme h&#233;ro&#239;que, Paris, Seuil, 2016, 302 pages. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;douard Louis (dir.), Pierre Bourdieu. L'insoumission en h&#233;ritage, Paris, PUF, 2016, 154 pages. &lt;br class='autobr' /&gt; La somme de livres et d'articles parus sur l'&#339;uvre du sociologue Pierre Bourdieu (surtout depuis sa mort en 2002) est fort impressionnante. On peut sans nul doute les classer en trois cat&#233;gories : ceux r&#233;dig&#233;s par des &#171; fans finis &#187; ; ceux &#233;crits par des pourfendeurs&#183;euses (dont quelques-uns sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-67-dec-2016-janv-2017-" rel="directory"&gt;No 067 - d&#233;c. 2016 / janv. 2017&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gaulin-Benoit-+" rel="tag"&gt;Gaulin, Beno&#238;t&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2436.png?1642092197' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;277&#034; height=&#034;192&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jean-Louis Fabiani, &lt;i&gt;Pierre Bourdieu. Un structuralisme h&#233;ro&#239;que&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 2016, 302 pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;douard Louis (dir.), &lt;i&gt;Pierre Bourdieu. L'insoumission en h&#233;ritage&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 2016, 154 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La somme de livres et d'articles parus sur l'&#339;uvre du sociologue Pierre Bourdieu (surtout depuis sa mort en 2002) est fort impressionnante. On peut sans nul doute les classer en trois cat&#233;gories : ceux r&#233;dig&#233;s par des &#171; fans finis &#187; ; ceux &#233;crits par des pourfendeurs&#183;euses (dont quelques-uns sont des d&#233;froqu&#233;s de la secte bourdieusienne) ; enfin, ceux qui ont l'ambition &#8211; mais ce n'est pas toujours r&#233;ussi &#8211; de proc&#233;der &#224; un inventaire critique le plus rigoureux possible de sa sociologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la premi&#232;re cat&#233;gorie qu'appartient assur&#233;ment &lt;i&gt;L'insoumission en h&#233;ritage&lt;/i&gt;. Dans ce collectif de huit auteur&#183;e&#183;s rassembl&#233;s ici sous la direction du romancier &#201;douard Louis, chacun des textes tente d'actualiser l'h&#233;ritage du &#171; &lt;i&gt;sociologue fran&#231;ais le plus important depuis Durkheim&lt;/i&gt; &#187; (ce n'est pas moi qui le dis !). &#171; &lt;i&gt;Quel apport son &#339;uvre fournit-elle &#224; l'&#233;laboration contemporaine de nouvelles th&#233;ories et de nouvelles politiques ?&lt;/i&gt; &#187;, peut-on lire en quatri&#232;me de couverture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, il faut bien constater que plusieurs manquent, peu ou prou, la cible. Par exemple, malgr&#233; une entr&#233;e en mati&#232;re fort int&#233;ressante dans laquelle Fr&#233;d&#233;ric Lordon souligne le paradoxe suivant : Bourdieu est un th&#233;oricien de la domination qui &#171; &lt;i&gt;aura finalement &#233;crit peu de choses sur la forme pourtant la plus massive de la domination dans les soci&#233;t&#233;s contemporaines : la domination capitaliste, la domination dans le rapport salarial&lt;/i&gt; &#187;, on a du mal &#224; saisir comment le structuralisme des passions d'inspiration spinoziste que Lordon avance permet vraiment de renouveler le questionnement sur les th&#232;mes importants de l'ali&#233;nation et du consentement des domin&#233;&#183;e&#183;s &#224; la domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, l'historienne Arlette Farge s'attarde sur la r&#233;ception assez houleuse de La domination masculine (1998) : &#171; &lt;i&gt;La controverse fut violente et le reste jusqu'&#224; nos jours, et le livre fut moins d&#233;battu sur le fond par les f&#233;ministes qu'il ne l'aurait sans doute fallu.&lt;/i&gt; &#187; En toute fin de son texte, la sp&#233;cialiste des sciences sociales se transforme en fan du &#171; Gourou &#187; (ce Bourdieu d&#233;nonc&#233; par certaines f&#233;ministes de l'&#233;poque) lorsqu'elle revient sur les quelques pages r&#233;dig&#233;es sur l'amour (&#171; &lt;i&gt;Post-scriptum sur la domination et l'amour &lt;/i&gt; &#187;) dans lesquelles Bourdieu, &#233;tonnamment, n'exclut pas &#171; &lt;i&gt;la possibilit&#233; m&#234;me de la mise en suspens de la force et des rapports de force qui semble constitutifs de l'exp&#233;rience de l'amour et de l'amiti&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Farge se permet d'ajouter qu'elle a &#171; litt&#233;ralement fondu &#187; &#224; leur lecture et, l&#224;, c'est nous qui restons un peu surpris. On cherche en vain un v&#233;ritable recul critique devant ce qui ressemble &#224; une d&#233;mission intellectuelle de Bourdieu lui-m&#234;me ; on reste interloqu&#233; de l'&#233;cart saisissant entre cet &#171; &lt;i&gt; hymne &#224; l'amour&lt;/i&gt; &#187; (ce sont les mots de Farge) et ce qui devrait &#234;tre la t&#226;che du sociologue ; entre ce mod&#232;le de l'&#171; amour pur &#187; fond&#233; sur le don de soi et le d&#233;sint&#233;ressement et celui construit, par exemple, par la sociologue Eva Illouz dans &lt;i&gt;Pourquoi l'amour&lt;/i&gt; fait mal et qui constitue une superbe analyse document&#233;e des march&#233;s de l'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sociologue Didier &#201;ribon et l'&#233;crivaine Annie Ernaux sauvent la mise. Le premier, dans la lign&#233;e de ses pr&#233;c&#233;dents travaux (il faut lire &lt;i&gt;Retour &#224; Reims&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; comme verdict&lt;/i&gt;) &#233;taye ses r&#233;flexions sur la pens&#233;e critique et, &#171; &lt;i&gt;de mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, sur l'activit&#233; critique dans la pratique sociale et politique&lt;/i&gt; &#187; ; tandis que la seconde, auteure g&#233;niale d'une &#339;uvre singuli&#232;re (de &lt;i&gt;Les armoires vides&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;M&#233;moire de fille&lt;/i&gt;) dans la litt&#233;rature fran&#231;aise contemporaine, revient sur sa lecture de La distinction, &#171; &lt;i&gt;&#339;uvre totale et r&#233;volutionnaire &lt;/i&gt; &#187;. Pour l'auteure de La place, la lecture de ce grand livre (un des ouvrages de sociologie de langue fran&#231;aise les plus lus et les plus cit&#233;s) qu'elle r&#233;sume &#224; merveille fut une &#171; &lt;i&gt;reconnaissance &lt;/i&gt; &#187;, entre autres, des formes invisibles de la domination dont les moins pourvus en capital culturel h&#233;rit&#233; font d'abord les frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second livre, quant &#224; lui, fait certainement partie de la troisi&#232;me cat&#233;gorie d'ouvrages selon la typologie &#233;voqu&#233;e plus t&#244;t. Pierre Bourdieu : un structuralisme h&#233;ro&#239;que a l'ambition singuli&#232;re de &#171; &lt;i&gt;r&#233;int&#233;grer Bourdieu dans le cadre analytique qu'il a lui-m&#234;me construit, non pas pour le transposer de fa&#231;on m&#233;canique, mais pour en mesurer &#233;ventuellement les limites &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet ouvrage s'adressant aux seuls initi&#233;s de l'&#339;uvre, Fabiani s'attarde successivement aux multiples tensions existant &#224; l'int&#233;rieur de son appareil conceptuel (champs, habitus, capital), &#224; son inventivit&#233; m&#233;thodologique (l'utilisation intensive de l'analyse g&#233;om&#233;trique des donn&#233;es, par exemple) qui n'est pas sans poser de nombreux probl&#232;mes d'ordre &#233;pist&#233;mologique, au rapport que sa sociologie entretient avec l'histoire, aux trois r&#233;gimes d'&#233;criture se succ&#233;dant ou se superposant dans l'&#339;uvre (ceux de l'apprenti Bourdieu ; du positiviste cherchant &#224; cr&#233;er &#8211; via l'usage ostentatoire du grec et du latin, le style d'&#233;criture empreint d'asp&#233;rit&#233;, par exemple &#8211; son propre univers th&#233;orique ; enfin, celui du militant r&#233;formiste). Le bilan se cl&#244;t sur le Bourdieu des derni&#232;res ann&#233;es qui &#171; &lt;i&gt; sort de la froideur de la science pour entrer dans la chaleur de la litt&#233;rature&lt;/i&gt; &#187; et des &#233;motions (&lt;i&gt;La Mis&#232;re du monde&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La domination masculine&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; n'en pas douter, voici un ouvrage qui deviendra un incontournable des &#233;tudes &#171; &lt;i&gt;bourdivines &lt;/i&gt; &#187;. Il reste quand m&#234;me que j'ai &#233;prouv&#233; un certain malaise en lisant cette somme savante, d&#233;taill&#233;e, fine et m&#234;me lumineuse par moments. C'est que Fabiani &#233;crit de l'int&#233;rieur du paradigme structuralo-utilitariste, pour ainsi dire (la &#171; science &#187; du M&#233;tier de sociologue semble &#234;tre rest&#233;e pour lui une fin en soi). Et c'est probablement ce qui l'emp&#234;che de prendre en compte la critique plus que pertinente (d&#233;j&#224; formul&#233;e il y a d&#233;j&#224; une trentaine d'ann&#233;es de cela !) par un Alain Caill&#233;, par exemple (et comme de fait, jamais son nom n'appara&#238;t parmi l'appareil critique fort imposant), pour qui la sociologie de l'int&#233;r&#234;t des Bourdieu, Boudon et Crozier (quid de l'individualisme m&#233;thodologique auquel on peut sans nul doute lier l'appareil th&#233;orique bourdieusien) n'est gu&#232;re int&#233;ressante !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Un Qu&#233;bec invisible. Enqu&#234;te ethnographique dans un village de la grande r&#233;gion de Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-Quebec-invisible-Enquete-ethnographique-dans-un-village-de-la-grande-region-de-Quebec</link>
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		<dc:date>2016-11-21T01:09:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Gaulin</dc:creator>


		<dc:subject>Recherche scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Sociologie et anthropologie</dc:subject>
		<dc:subject>Gaulin, Beno&#238;t</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un Qu&#233;bec invisible. Enqu&#234;te ethnographique dans un village de la grande r&#233;gion de Qu&#233;bec, Fr&#233;d&#233;ric Parent, Qu&#233;bec, PUL, 2015, 281 p. &lt;br class='autobr' /&gt; Alors que le rapport Payette sur les radios poubelles retenait l'attention du Qu&#233;bec m&#233;diatique &#224; l'automne 2015, un essai intrigant intitul&#233; Un Qu&#233;bec invisible, enqu&#234;te ethnographique dans un village de la grande r&#233;gion de Qu&#233;bec atterrissait discr&#232;tement dans nos librairies et a fait gloser beaucoup moins l'animateur&#183;trice de radio comme l'abonn&#233;&#183;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-64-avril-mai-2016-" rel="directory"&gt;No 064 - avril / mai 2016&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sociologie-et-anthropologie-+" rel="tag"&gt;Sociologie et anthropologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gaulin-Benoit-+" rel="tag"&gt;Gaulin, Beno&#238;t&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2292.png?1642092185' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;350&#034; height=&#034;523&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un Qu&#233;bec invisible. Enqu&#234;te ethnographique dans un village de la grande r&#233;gion de Qu&#233;bec, Fr&#233;d&#233;ric Parent, Qu&#233;bec, PUL, 2015, 281 p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que le rapport Payette sur les radios poubelles retenait l'attention du Qu&#233;bec m&#233;diatique &#224; l'automne 2015, un essai intrigant intitul&#233; &lt;i&gt;Un Qu&#233;bec invisible, enqu&#234;te ethnographique dans un village de la grande r&#233;gion de Qu&#233;bec&lt;/i&gt; atterrissait discr&#232;tement dans nos librairies et a fait gloser beaucoup moins l'animateur&#183;trice de radio comme l'abonn&#233;&#183;e Facebook. Pourtant, &#224; l'heure o&#249; &#171; &lt;i&gt;la recherche calque trop souvent le mod&#232;le politico-m&#233;diatique dominant qui oscille entre l'usage des sondages et des &#233;tudes statistiques, d'une part, et l'&#233;ditorialisme, ou la philosophie sociale d'autre part&lt;/i&gt; &#187; et creuse ainsi &#171; &lt;i&gt;l'&#233;cart entre la r&#233;alit&#233; v&#233;cue et celle que nous renvoient les m&#233;dias de toutes sortes &lt;/i&gt; &#187;, on voit facilement l'int&#233;r&#234;t que l'on peut tirer de la lecture de l'ouvrage du sociologue Fr&#233;deric Parent : mieux comprendre (et autrement qu'&#224; coups d'affirmations gratuites et de jugements p&#233;remptoires sur l'efficacit&#233; des radios poubelles) ce Qu&#233;bec &#171; profond &#187; et &#171; de souche &#187; que certaines &#233;lites urbaines et scolaris&#233;es ignorent ou, pis encore, m&#233;prisent carr&#233;ment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parent renoue ici avec une tradition d&#233;laiss&#233;e, pour ne pas dire entach&#233;e de suspicion : l'approche monographique, c'est-&#224;-dire celle-l&#224; m&#234;me qui a marqu&#233; le d&#233;veloppement de la sociologie au Canada fran&#231;ais. Ainsi, un peu &#224; la mani&#232;re des L&#233;on G&#233;rin (&lt;i&gt;L'Habitant de Saint-Justin&lt;/i&gt;, 1898), d'Horace Miner (&lt;i&gt;Saint-Denis : un village qu&#233;b&#233;cois&lt;/i&gt;, 1939) ou d'Everett Hughes (&lt;i&gt;Drummondville ou la Rencontre de deux mondes&lt;/i&gt;, 1948), Parent a v&#233;cu quelques mois &#224; Lancaster, un village de 1 500 habitants situ&#233; sur la rive sud de Qu&#233;bec (dans Bellechasse, la Beauce ou les Bois-Francs, peu importe) et s'est attard&#233; &#224; la description et &#224; l'analyse minutieuse de cet espace social dans sa double dimension mat&#233;rielle et id&#233;elle. Un Qu&#233;bec invisible est la version remani&#233;e et &#233;court&#233;e de sa th&#232;se de doctorat intitul&#233;e Dieu, le capitalisme et le d&#233;veloppement local. Son auteur cherche &#224; rendre compte du mod&#232;le dominant d'organisation des relations sociales (socio-logiques) dans les espaces religieux, &#233;conomiques et politiques du village saisi comme un microcosme d'un Qu&#233;bec francophone contemporain. Celui-l&#224; m&#234;me qui a vot&#233; faiblement Oui au r&#233;f&#233;rendum de 1995 et qui envoie aux parlements f&#233;d&#233;ral et qu&#233;b&#233;cois des d&#233;put&#233;s conservateurs ou caquistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel est donc ce mod&#232;le de structuration des rapports sociaux qui ne serait pas &#233;tranger au fait, par exemple, que les habitant&#183;e&#183;s de Lancaster &#8211; moins riches et scolaris&#233;s que le Qu&#233;b&#233;cois moyen &#8211; ont des opinions politiques (antisyndicales, par exemple) et des comportements &#233;lectoraux contraires &#224; leurs int&#233;r&#234;ts objectifs en s'opposant &#224; l'intervention &#233;tatique ? La r&#233;ponse de Parent n'est pas sans surprendre. Une quarantaine d'ann&#233;es apr&#232;s la R&#233;volution tranquille, Un Qu&#233;bec invisible vient en quelque sorte valider la th&#232;se principale des monographes suivant laquelle la famille &#233;tait au principe de la structuration de la soci&#233;t&#233; canadienne-fran&#231;aise. La r&#233;alit&#233; empirique &#8211; ce Qu&#233;bec invisibilis&#233; des classes populaires, de la population rurale et des femmes &#8211; mise au jour par Parent montre en effet les vestiges de cette soci&#233;t&#233; &#171; folk &#187; dans laquelle &#171; &lt;i&gt;l'attention obsessive port&#233;e &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et &#224; la transmission du patrimoine familial [&#8230;] renvoie au fait que la famille souche n'a de &#171; valeur &#187; que dans l'espace local. C'est son enracinement dans un territoire villageois &#224; travers les r&#233;seaux de parent&#233; et d'alliances qui fonde son prestige, et cette population estime dor&#233;navant que son pouvoir local est mieux prot&#233;g&#233; par l'absence de r&#233;gulation &#233;tatique des activit&#233;s &#233;conomiques et politiques&lt;/i&gt; &#187;. Car en dehors de cet espace, conclut-il dans une postface qui vaut &#224; elle seule l'achat du livre : &#171; &lt;i&gt;La population souche se trouve dans une position domin&#233;e. N'est-ce pas l&#224; un cas exemplaire de notre situation historique de domin&#233; et de dominant ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la famille souche constituerait moins un archa&#239;sme de l'histoire qu'une r&#233;ponse &#224; une crise de reproduction sociale, celle qui afflige une soci&#233;t&#233; dont &#171; &lt;i&gt;la grammaire symbolique de base s'est form&#233;e dans le rapport de domination coloniale&lt;/i&gt; &#187; (Gilles Gagn&#233;) et qui a trouv&#233; dans la chaleureuse unit&#233; de la &#171; famille-parent&#233;- communaut&#233; &#187; (dans les relations de proximit&#233;, d'interconnaissance et d'alliance qu'on y trouve) une mani&#232;re de conserver ses acquis dans un monde en transition. &#171; &lt;i&gt;Autrement dit, termine Parent, la mont&#233;e du conservatisme va de pair avec l'augmentation des rapports de domination ou le renforcement de l'interd&#233;pendance des relations. Plus la domination appara&#238;t, plus le resserrement sur ce que nous poss&#233;dons ou croyions poss&#233;der se renforce.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Jeux interdits. Essai sur le D&#233;calogue de Kieslowski</title>
		<link>https://www.ababord.org/Jeux-interdits-Essai-sur-le</link>
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		<dc:date>2015-10-01T02:01:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Gaulin</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Gaulin, Beno&#238;t</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jeux interdits. Essai sur le D&#233;calogue de Kieslowski, Yves Vaillancourt, Qu&#233;bec, Presses de l'Universit&#233; Laval, 2014. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans le monde francophone, peu de penseurs se sont attard&#233;s &#224; l'analyse du D&#233;calogue, un chef-d'&#339;uvre du cin&#233;ma r&#233;alis&#233; par le cin&#233;aste Krzystof Kieslowski (1941-1996). Aussi, on ne peut que se r&#233;jouir qu'un philosophe qu&#233;b&#233;cois, Yves Vaillancourt, comble brillamment un tel vide avec cet ouvrage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais d'abord, pour ceux et celles qui n'ont pas eu la chance de fr&#233;quenter (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-58-fevrier-mars-2015-" rel="directory"&gt;No 058 - f&#233;vrier / mars 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cinema-+" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gaulin-Benoit-+" rel="tag"&gt;Gaulin, Beno&#238;t&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2057.png?1642092170' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;267&#034; height=&#034;430&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jeux interdits. Essai sur le D&#233;calogue de Kieslowski&lt;/i&gt;, Yves Vaillancourt, Qu&#233;bec, Presses de l'Universit&#233; Laval, 2014.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le monde francophone, peu de penseurs se sont attard&#233;s &#224; l'analyse du &lt;i&gt;D&#233;calogue&lt;/i&gt;, un chef-d'&#339;uvre du cin&#233;ma r&#233;alis&#233; par le cin&#233;aste Krzystof Kieslowski (1941-1996). Aussi, on ne peut que se r&#233;jouir qu'un philosophe qu&#233;b&#233;cois, Yves Vaillancourt, comble brillamment un tel vide avec cet ouvrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'abord, pour ceux et celles qui n'ont pas eu la chance de fr&#233;quenter ce grand r&#233;alisateur polonais, le &lt;i&gt;D&#233;calogue&lt;/i&gt; constitue une s&#233;rie de dix films librement inspir&#233;s par les dix commandements transmis, selon la tradition biblique, de Dieu &#224; Mo&#239;se sur le mont Sina&#239;. Produits par la t&#233;l&#233;vision polonaise en 1988, on raconte que la Pologne enti&#232;re s'arr&#234;tait lors de leur t&#233;l&#233;diffusion et que chacun des dilemmes moraux mis en sc&#232;ne &#233;tait au centre des discussions priv&#233;es et publiques pendant plusieurs semaines. Ni juge ni moralisateur et usant intelligemment de plusieurs dispositifs cin&#233;matographiques l&#233;gu&#233;s par ses illustres pr&#233;d&#233;cesseurs (pensons &#224; Hitchcock et &#224; Bergman dans le no 6), Kieslowski adopte une perspective anti-hollywoodienne extr&#234;mement f&#233;conde comme nous le prouve excellemment Vaillancourt dans son essai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant appui sur la th&#233;orie de l'anthropologue Ren&#233; Girard &#233;clairant le mim&#233;tisme humain, l'auteur de &lt;i&gt;Jeux interdits&lt;/i&gt; poursuit deux objectifs. Premi&#232;rement, il vise &#224; rendre compte, &#224; l'aide de maints exemples pertinents, de la structure mim&#233;tique du D&#233;calogue : &#171; &lt;i&gt;Mim&#233;tisme comme&lt;/i&gt; modus operandi &lt;i&gt;de la transgression, certes, mais aussi de l'apprentissage des interdits &#224; respecter afin que pr&#233;valent les valeurs de l'amour et de la vie. [&#8230;] Dans un monde s&#233;culier comme le n&#244;tre, o&#249; les formes l&#233;gitimes d'autorit&#233; ont &#233;t&#233; affaiblies, l'on a substitu&#233; aux rapports verticaux de transcendance ceux, horizontaux, du mim&#233;tisme. &#192; la place de Dieu ou de ses repr&#233;sentants livrant les messages moraux, nous n'avons que les messages moraux, nous n'avons que les effets miroirs des hommes dans leurs rapports mutuels &#224; l'interdit. Si nous pouvons apprendre, c'est les uns des autres.&lt;/i&gt; &#187; Son argumentaire est fort convaincant : &#171; &lt;i&gt; le mal&lt;/i&gt;, &#233;crit-il, &lt;i&gt;se r&#233;alise le plus souvent par la dynamique du d&#233;sir mim&#233;tique&lt;/i&gt; &#187; et les motivations profondes des personnages comme l'amour, la compr&#233;hension et la qu&#234;te de chaleur humaine sont impuissantes &#224; emp&#234;cher la transgression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un deuxi&#232;me temps, Vaillancourt cherche &#224; approfondir l'&#233;tude du symbolisme religieux de l'&#339;uvre ; symbolisme compris comme h&#233;ritage culturel (des parall&#232;les sont certainement &#224; faire entre la Pologne catholique de Kieslowski et le Qu&#233;bec de Bernard &#201;mond) par lequel il explore le probl&#232;me du bien et du mal dans des soci&#233;t&#233;s s&#233;cularis&#233;es comme la n&#244;tre. Contrairement &#224; plusieurs films d'&#201;mond, la parabole religieuse est trac&#233;e finement. Vaillancourt a tr&#232;s bien vu comment les allusions &#224; des &#233;pisodes de l'Ancien Testament ou des personnages bibliques &#171; &lt;i&gt;ouvrent &#224; ce myst&#232;re qu'on appelle commun&#233;ment le sacr&#233;&lt;/i&gt; &#187;. &#201;crit dans une belle langue, je ne saurais trop vous recommander la lecture de &lt;i&gt;Jeux interdits&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;tier critique</title>
		<link>https://www.ababord.org/Metier-critique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Metier-critique</guid>
		<dc:date>2015-10-01T00:29:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Gaulin</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Gaulin, Beno&#238;t</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;M&#233;tier critique, Catherine Voyer-L&#233;ger, Montr&#233;al, Septentrion, 2014, 216 p. &lt;br class='autobr' /&gt; Esp&#232;ce d'ovni ayant atterri l'automne dernier sur les pr&#233;sentoirs des librairies, cet essai qui porte sur la critique culturelle au Qu&#233;bec vaut le d&#233;tour ne serait-ce que parce qu'il est toujours rafra&#238;chissant de lire que des &#233;diteurs, des artistes, des &#171; journalistes-vulgarisateurs &#187; n'ont pas encore tout &#224; fait baiss&#233; les bras devant l'indigence, voire la m&#233;diocrit&#233; culturelle dans laquelle s'enfoncent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-59-Avril-mai-2015-" rel="directory"&gt;No 059 - avril / mai 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gaulin-Benoit-+" rel="tag"&gt;Gaulin, Beno&#238;t&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2058.jpg?1642092170' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;382&#034; height=&#034;609&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;M&#233;tier critique&lt;/i&gt;, Catherine Voyer-L&#233;ger, Montr&#233;al, Septentrion, 2014, 216 p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Esp&#232;ce d'ovni ayant atterri l'automne dernier sur les pr&#233;sentoirs des librairies, cet essai qui porte sur la critique culturelle au Qu&#233;bec vaut le d&#233;tour ne serait-ce que parce qu'il est toujours rafra&#238;chissant de lire que des &#233;diteurs, des artistes, des &#171; journalistes-vulgarisateurs &#187; n'ont pas encore tout &#224; fait baiss&#233; les bras devant l'indigence, voire la m&#233;diocrit&#233; culturelle dans laquelle s'enfoncent inexorablement nos m&#233;dias g&#233;n&#233;ralistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre le pamphlet et l'essai savant, Catherine Voyer-L&#233;ger s'&#233;chine dans un premier temps &#224; d&#233;construire quelques poncifs et &#224; rendre compte de certains dangers guettant la m&#233;diatisation de la culture &#224; l'&#232;re de la tyrannie de l'audimat : oui, il faut craindre, entre autres, le syndrome &#171; club de lecture &#187; (l'amateurisation de la critique culturelle&#8230; genre &lt;i&gt;Bazzo.tv&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Plus on est de fous, plus on lit&lt;/i&gt;), la proximit&#233; symbolique et culturelle des critiques avec le milieu artistique de m&#234;me que le r&#232;gne de l'anecdote, du &#171; &lt;i&gt;human interest&lt;/i&gt; &#187;, de la plogue &#224; peine d&#233;guis&#233;e, des gadgets critiques que sont les &#233;toiles et les palmar&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la seconde moiti&#233; de son essai, l'auteure quitte les rivages fr&#233;quent&#233;s d'une sociologie plut&#244;t bourdieusienne pour s'attarder &#224; l'&#233;laboration d'une &#233;thique de la critique culturelle. C'est la partie la plus int&#233;ressante de l'ouvrage malgr&#233; le fait qu'elle nous laisse sur notre faim. En effet, c'est une chose de d&#233;plorer la disparition progressive d'un v&#233;ritable espace critique de qualit&#233; dans nos m&#233;dias grand public et une autre, beaucoup moins ais&#233;e, de penser &#224; des voies de sortie &#224; cette impasse en s'inspirant d'une &#233;thique de la culture centr&#233;e sur la r&#233;ception critique des &#339;uvres et le d&#233;bat public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteure identifie bien les limites du &#171; web culturel &#187; ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, de la critique en ligne : la formation de publics de niche agglutin&#233;s autour de blogues litt&#233;raires, cin&#233;matographiques ou musicaux semble, par exemple, peu compatible avec l'id&#233;al de faire acc&#233;der le plus grand nombre au &#171; sublime &#187;, &#171; &#224; l'&#233;veil de la pens&#233;e et &#224; la discussion &#187;, comme l'&#233;crivait Georges Leroux en 2003. Aussi, contre l'id&#233;e d'une retraite dans la communaut&#233; des connaisseurs craignant l'effet d&#233;naturant des m&#233;dias grand public, Catherine Voyer-L&#233;ger, dans son dernier chapitre, en appelle &#224; une responsabilit&#233; partag&#233;e des patron&#183;ne&#183;s de la presse, des journalistes, du milieu artistique et du public. Et c'est l&#224; que l'auteure p&#232;che par une sorte de na&#239;vet&#233; bon enfant avec un chapelet de v&#339;ux pieux, alors m&#234;me que tout son diagnostic appelait pourtant &#224; davantage de lucidit&#233; socio&#173;politique. Les acteurs collectifs (par exemple, la F&#233;d&#233;ration professionnelle des journalistes du Qu&#233;bec) et institutionnels ne sont pas interpell&#233;s. Pis encore, le r&#244;le des gouvernements et, plus g&#233;n&#233;&#173;ralement, du politique n'est jamais &#233;voqu&#233;. Pourtant, ni l'hyperconcentration des m&#233;dias pas plus que le r&#232;gne du &#171; tout divertissement &#187; faussement justifi&#233; par le go&#251;t du plus grand nombre ne constituent des fatalit&#233;s. Combien de fois faudra-t-il r&#233;p&#233;ter qu'en mati&#232;re d'art, seule l'offre est en mesure de g&#233;n&#233;rer une demande, une atten&#173;te, une curiosit&#233; de la part d'un public plus int&#233;ress&#233; et apte &#224; recevoir ce qu'on lui propose que semble le penser les dirigeant&#183;e&#183;s de nos m&#233;dias g&#233;n&#233;ralistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La nature liberticide de la libert&#233; lib&#233;rale</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-nature-liberticide-de-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-nature-liberticide-de-la</guid>
		<dc:date>2013-01-24T22:54:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Gaulin</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Sociologie et anthropologie</dc:subject>
		<dc:subject>Gaulin, Beno&#238;t</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s la disparition subite du sociologue qu&#233;b&#233;cois Michel Freitag a paru chez Liber L'ab&#238;me de la libert&#233;. Une critique du lib&#233;ralisme. Cet &#171; ouvrage-testament &#187; constitue une r&#233;flexion ins&#233;parablement anthropologique, philosophique et sociologique sur la libert&#233; et cl&#244;t une &#339;uvre dont l'inventaire critique reste &#224; faire. Freitag poursuit essentiellement un double objectif ici : il cherche, d'une part, &#224; critiquer la repr&#233;sentation de la libert&#233; dominante dans notre soci&#233;t&#233; et, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-46-oct-nov-2012-" rel="directory"&gt;No 046 - oct. / nov. 2012&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sociologie-et-anthropologie-+" rel="tag"&gt;Sociologie et anthropologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gaulin-Benoit-+" rel="tag"&gt;Gaulin, Beno&#238;t&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1514.gif?1642092140' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;365&#034; height=&#034;549&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux ans apr&#232;s la disparition subite du sociologue qu&#233;b&#233;cois Michel Freitag a paru chez Liber &lt;i&gt;L'ab&#238;me de la libert&#233;. Une critique du lib&#233;ralisme&lt;/i&gt;. Cet &#171; ouvrage-testament &#187; constitue une r&#233;flexion ins&#233;parablement anthropologique, philosophique et sociologique sur la libert&#233; et cl&#244;t une &#339;uvre dont l'inventaire critique reste &#224; faire. Freitag poursuit essentiellement un double objectif ici : il cherche, d'une part, &#224; critiquer la repr&#233;sentation de la libert&#233; dominante dans notre soci&#233;t&#233; et, d'autre part, &#224; expliquer en quoi celle-ci est proprement liberticide.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le symbolique comme condition d'exercice de la libert&#233; politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Afin de rendre compte des ambitions de l'auteur, faisons d'abord un bref d&#233;tour par sa th&#233;orie g&#233;n&#233;rale du symbolique. Pour Freitag, le rapport humain au monde est m&#233;diatis&#233; par le symbolique. Compos&#233; du langage et de la culture, l'ordre symbolique permet la repr&#233;sentation d'un monde commun, constitue la condition de la reconnaissance intersubjective et assume directement &#8211; dans les premi&#232;res soci&#233;t&#233;s humaines &#8211; la fonction d'int&#233;gration des pratiques sociales. C'est justement lorsque la r&#233;alit&#233; du pouvoir politique appara&#238;t dans les soci&#233;t&#233;s traditionnelles (royaut&#233;s, cit&#233;s &#201;tats et empires) et que la Loi assortie d'une sanction conditionnelle prend en charge la reproduction de la soci&#233;t&#233; que l'ordre symbolique peut &#234;tre utilis&#233; par les individus en vue d'instituer r&#233;flexivement des buts et des id&#233;aux &#224; atteindre collectivement. Ainsi, avec le pouvoir appara&#238;t la libert&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour Freitag, c'est dans la soci&#233;t&#233; de la Gr&#232;ce antique que l'on trouve la conception de la libert&#233; politique la plus riche. Associ&#233;e &#224; la question de la socialit&#233; d&#233;finie par les concepts d'&lt;i&gt;aidos&lt;/i&gt; (solidarit&#233;) et de &lt;i&gt;dik&#233;&lt;/i&gt; (justice), la libert&#233; consiste alors &#224; participer &#224; la vie collective publique en mettant d'abord sa volont&#233; au service du bien commun ou, pour reprendre les termes de l'auteur, &#224; remplir &#171; &lt;i&gt;l'obligation que tous les sujets ont &#224; l&#8216;&#233;gard du tout social auquel ils appartiennent, auquel ils doivent l'essentiel de ce qui remplit leur vie&lt;/i&gt; &#187; (p. 83-84). Comme nous allons le voir, on est ici &#224; mille lieues de la conception de la libert&#233; qui s'est progressivement impos&#233;e dans la modernit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La libert&#233; des Modernes, le lib&#233;ralisme et le capitalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Rattach&#233;s initialement &#224; l'&#233;mancipation de l'individu &#224; l'&#233;gard de la tradition, le concept moderne de libert&#233; et la conception du sujet qui le soutient ont &#233;t&#233; formul&#233;s normativement de diverses fa&#231;ons (de Guillaume d'Occam &#224; John Stuart Mill, en passant par Descartes, Kant, Locke, etc.). Examinant attentivement ces diverses appr&#233;hensions, Freitag soutient que la plupart des contributions intellectuelles qui ont &#233;t&#233; d&#233;cisives &#8211; du moins en Occident &#8211; quant &#224; la construction de l'id&#233;e de libert&#233; individuelle ont fait l'impasse sur la socialit&#233; normative qui caract&#233;rise ontologiquement le monde humain. Cela est particuli&#232;rement &#233;vident pour la majeure partie de la philosophie lib&#233;rale anglaise, assise sur une anthropologie utilitariste et une conception individualiste de la soci&#233;t&#233; (compos&#233;e d'un agr&#233;gat d'individus rationnels affranchis de tout rapport d'appartenance et de d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de celle-ci). Pour l'auteur de &lt;i&gt;Dialectique et soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, c'est dans l'aporie de cette conception moderne d'une telle socialit&#233; &#171; asociale &#187; que l'on peut d&#233;celer l'&#233;chec m&#234;me du projet moderne et la faille par laquelle s'est engouffr&#233;, par l'interm&#233;diaire de l'institution de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, le capitalisme comme nouvelle dynamique soci&#233;tale de contr&#244;le de la pratique sociale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une libert&#233; contre le politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Selon Freitag, c'est en s'attaquant &#224; la conception r&#233;publicaine de la libert&#233;, entendue comme &#171; &lt;i&gt;libert&#233; dans le politique, par le politique, en vue du politique&lt;/i&gt; &#187; (p. 86), que la libert&#233; lib&#233;rale est liberticide (au sens ontologique). Pour l'auteur, bien que le d&#233;veloppement de la modernit&#233; ait &#233;t&#233; marqu&#233; par la tension entre ces deux conceptions/p&#244;les id&#233;ologiques, la libert&#233; mise de l'avant par le lib&#233;ralisme et, plus encore, par le n&#233;olib&#233;ralisme contemporain en est une qui &#171; &lt;i&gt;s'affirme contre le politique &lt;/i&gt; &#187;, contre la capacit&#233; d'action collective et de production d'un monde commun r&#233;fl&#233;chi et raisonnable. Cette libert&#233;, mue par la logique &#233;conomique et technocratique dominante d'aujourd'hui, est d'abord celle dont se pr&#233;valent les grandes organisations corporatives. Ces derni&#232;res, dot&#233;es du statut juridique de &#171; personne morale &#187;, sont en mesure d'assujettir l'ensemble des soci&#233;t&#233;s et des cultures qui les caract&#233;risent. Qui plus est, nous dit Freitag, en tant qu'avatar d'un syst&#232;me &#8211; le capitalisme &#8211; qui d&#233;truit la nature et la vie, la libert&#233; lib&#233;rale an&#233;antit les conditions m&#234;mes de reproduction de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;L'ab&#238;me de la libert&#233; &lt;/i&gt; constitue donc l'ultime r&#233;flexion d'un humaniste inquiet de la liquidation en cours du politique et de la perte de la r&#233;flexivit&#233; du sujet et de la soci&#233;t&#233;. Partisan d'une sociologie &lt;i&gt;avec&lt;/i&gt; la soci&#233;t&#233; et &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; le monde, Freitag plaide pour la transformation de nos institutions en faveur d'une libert&#233; r&#233;publicaine perdue (&#171; &lt;i&gt;La conception r&#233;publicaine et humaniste&lt;/i&gt;, &#233;crit-il, &lt;i&gt;est &#224; r&#233;inventer, mais alors en changeant d'&#233;chelle&lt;/i&gt;. &#187; p. 448) et nous renvoie &#224; l'urgence de poser des limites au d&#233;ploiement du capitalisme au nom de notre commune responsabilit&#233; &#224; l'&#233;gard du monde sans lequel rien ne serait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;FREITAG, Michel, &lt;i&gt;L'ab&#238;me de la libert&#233;. Une critique du lib&#233;ralisme&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Liber, 2011, 505 p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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