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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>La coupe est pleine</title>
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		<dc:date>2012-12-06T04:23:04Z</dc:date>
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		<dc:creator>Matthieu Labrie, Pierre-Mathieu Le Bel</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Le Bel, Pierre-Mathieu</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le film de Fernando Meirelles (The Constant Gardener ; Blindness) pr&#233;sentant la candidature de la ville de Rio aupr&#232;s du Comit&#233; international Olympique (CIO) avait quelque chose de magique. En 2 minutes et demie, Rio y est pr&#233;sent&#233; comme une ville o&#249; la pratique des sports, de l'escalade &#224; la natation en passant par le volleyball et le v&#233;lo, cohabite avec l'urbanit&#233; la plus vibrante dans une compl&#232;te convivialit&#233;. Lorsque Rio a obtenu les Jeux olympiques de 2016, le 2 octobre 2009, c'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-sport-en-ville-une-" rel="directory"&gt;Dossier : Le sport en ville - une appropriation citoyenne&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Le-Bel-Pierre-Mathieu-+" rel="tag"&gt;Le Bel, Pierre-Mathieu&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1497.gif?1642092139' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;320&#034; height=&#034;240&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le film de Fernando Meirelles (&lt;i&gt;The Constant Gardener ; Blindness&lt;/i&gt;) pr&#233;sentant la candidature de la ville de Rio aupr&#232;s du Comit&#233; international Olympique (CIO) avait quelque chose de magique. En 2 minutes et demie, Rio y est pr&#233;sent&#233; comme une ville o&#249; la pratique des sports, de l'escalade &#224; la natation en passant par le volleyball et le v&#233;lo, cohabite avec l'urbanit&#233; la plus vibrante dans une compl&#232;te convivialit&#233;. Lorsque Rio a obtenu les Jeux olympiques de 2016, le 2 octobre 2009, c'est comme si une partie de la magie avait acquis une existence r&#233;elle. Tout comme en octobre 2007, au moment o&#249; le Br&#233;sil obtenait la Coupe du Monde FIFA 2014, cela a soulev&#233; l'enthousiasme dans toutes les couches de la population. Pouvait-on &#234;tre contre la Coupe du Monde dans un pays si fortement associ&#233; au soccer ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est plus tard que bien des acteurs de la soci&#233;t&#233; civile ont d&#233;chant&#233;. D'abord, sur l'importance des concessions faites au CIO et &#224; la FIFA et aux co&#251;ts associ&#233;s aux infrastructures et multiples projets li&#233;s aux deux &#233;v&#233;nements. Les jeux panam&#233;ricains de 2007 avaient d&#233;j&#224; laiss&#233; des installations v&#233;tustes avant m&#234;me d'&#234;tre r&#233;affect&#233;es &#224; d'autres usages, et, au fil du temps, il est apparu que la r&#233;novation du mythique stade Maracana (de m&#234;me que la construction de 11 autres stades, dont certains dans des villes qui n'ont pas de march&#233; pour soutenir leur occupation &#224; long terme comme &#224; Cuiaba et &#224; Manaus), la construction de trois autoroutes, la r&#233;habilitation du port et les politiques urbaines hygi&#233;nistes semblent &#234;tre un prix &#233;lev&#233; &#224; payer. Prix qui ne cesse d'ailleurs d'augmenter : on &#233;voque le chiffre de 100 milliards de R&#233;al (54$ canadiens environ), 170% d'augmentation depuis l'estimation de 2009&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ville &#224; vendre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le CIO et la FIFA investissent une ville, ils le font pour des raisons pr&#233;cises : l'ouverture d'un march&#233; sud-am&#233;ricain, plus particuli&#232;rement br&#233;silien, &#233;mergent, certainement, mais aussi l'appropriation de ce qui constitue historiquement le bien commun de la ville. &#192; Rio, il ne s'agit donc pas uniquement de se doter d'un lieu destin&#233; &#224; la tenue d'un &#233;v&#233;nement ; on recherche un espace dont on pourra mettre en march&#233; les avantages autrefois publics et l'image mondialement connue. Un peu de Samba et de bikinis, pour clich&#233;s qu'ils soient, ne nuiront pas &#224; faire mousser la vente, et l'espace public urbain de la m&#233;tropole culturelle br&#233;silienne rec&#232;le d'autres avantages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour preuve, l'article 11 de la &lt;i&gt;Lei geral da Copa&lt;/i&gt; (Loi g&#233;n&#233;rale de la coupe du monde) adopt&#233;e en mars, interdit la vente de biens et de nourritures dans un rayon de deux kilom&#232;tres autour des sites &#233;v&#233;nementiels. Cette mesure prive de revenus des milliers de vendeurs ambulants qui auraient pu profiter de l'achalandage touristique durant les comp&#233;titions et transforme l'espace urbain en gigantesque r&#233;serve de client&#232;le captive pour les commanditaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, l'article 37 pr&#233;voit &#233;galement la formation de tribunaux &#171; sp&#233;ciaux &#187; pour le traitement des jugements et des requ&#234;tes en lien avec les &#233;v&#233;nements : &#233;v&#233;nement sp&#233;cial signifie &#233;galement syst&#232;me de justice d'exception. Le m&#234;me type de contrat lie le gouvernement br&#233;silien avec le CIO. L'Acte olympique (loi 12.035), adopt&#233; par le gouvernement f&#233;d&#233;ral en 2009. l&#233;gif&#232;re sur les lois d'immigration et octroie des pouvoirs unilat&#233;raux et &#171; extraordinaires &#187; au gouvernement br&#233;silien avant et pendant les comp&#233;titions. Il peut, entre autres, intervenir dans le cadre de n'importe quel contrat public, si cela est fait dans le but d'optimiser les performances des J-O. Cette clause est utilis&#233;e pour privatiser des biens immobiliers publics en les transf&#233;rant au Comit&#233; olympique br&#233;silien (COB). De plus, l'Acte Olympique prohibe l'utilisation de symboles ou de slogans &lt;i&gt;se rapprochant&lt;/i&gt; de ceux propos&#233;s par le CIO, &#224; des fins artistiques ou commerciales, encore une fois limitant les profits que pourraient retirer les petits commer&#231;ants informels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces exceptions servent &#224; l&#233;gitimer des aberrations comme l'expulsion des citoyens de &lt;i&gt;Villa Autodromo&lt;/i&gt; &#224; deux pas du Village olympique, qui d&#233;tenaient pourtant des titres l&#233;gaux. En 1994, l'&#201;tat de Rio a en effet accord&#233; aux 4000 r&#233;sidents un bail de 99 ans et a d&#233;sign&#233; le secteur &#171; Zone sp&#233;ciale d'int&#233;r&#234;t social &#187;. On peut &#233;voquer encore des &#233;difices abandonn&#233;s du port, de propri&#233;t&#233; f&#233;d&#233;rale, qui devraient selon la constitution &#234;tre vou&#233;s au secteur public advenant leur reconversion. Or on en fit presque cadeau au priv&#233; qui, du coup, expulse des familles enti&#232;res qui avaient colonis&#233; les interstices abandonn&#233;s depuis des d&#233;cennies. On mettra &#233;galement en march&#233; les Favelas, espaces urbains laiss&#233;s libres si longtemps. Un oubli passager du capital, somme toute.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Favela des uns, la communaut&#233; des autres&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Favela est appel&#233;e &#171; &lt;i&gt;comunidade&lt;/i&gt; &#187; par ses habitants. La communaut&#233;. C'est le fruit de la d&#233;brouillardise d'une couche de la population qui a &#233;t&#233; rejet&#233;e &#224; la marge de la vie politique br&#233;silienne depuis plus de 50 ans. Autrefois, c'&#233;tait un lieu possible d'habitation pour des paysans renvoy&#233;s des campagnes. Aujourd'hui eux-m&#234;mes et leurs enfants occupent toujours ces espaces &#224; la marge. La comunidade illustre d'abord et avant tout l'&#233;chec d'une politique urbaine mal adapt&#233;e &#224; la situation socio-&#233;conomique. Ce n'est pas le produit de la conqu&#234;te territoriale d'un mafieux sans scrupule ni un espace de violence gratuite ni le triste milieu de vie de victimes impuissantes, mais bien la solution improvis&#233;e, construite de toutes pi&#232;ces, par des groupes sans acc&#232;s au pouvoir politique, face &#224; un d&#233;veloppement urbain qui les a obstin&#233;ment ignor&#233;s et qui continue de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On oublie trop souvent de mentionner que les communaut&#233;s de Rio de Janeiro sont tr&#232;s souvent compos&#233;es de maisons de briques, que plusieurs rues sont pav&#233;es, que des formes de transports collectifs informels et formels y sont mises en place, qu'une &#233;conomie s'y est d&#233;velopp&#233;e, que des &#233;coles et des services de sant&#233; s'y sont &#233;tablis. Tout cela presque toujours suite au travail de leur population et en &lt;i&gt;d&#233;pit&lt;/i&gt; de l'&#201;tat et de ses institutions.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bandes criminalis&#233;es et policiers&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on parle des bandes criminalis&#233;es qu'on y trouve, on ne mentionne pas qu'il a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; que plusieurs habitants des communaut&#233;s pr&#233;f&#232;rent leur pr&#233;sence &#224; celle de la police. C'est ce qu'ont r&#233;v&#233;l&#233; les consultations publiques men&#233;es dans les communaut&#233;s dans les ann&#233;es 1990 par Luiz Eduardo Suares, alors secr&#233;taire &#224; la s&#233;curit&#233; publique de Rio de Janeiro. Les bandes passent pour avoir des r&#232;gles claires. On ne sait jamais, par contre, quel nouveau pr&#233;texte les policiers trouveront pour extorquer, rudoyer, agresser jeunes et moins jeunes. La situation n'a pas chang&#233; aujourd'hui. Le syst&#232;me judiciaire br&#233;silien, rong&#233; par la corruption, n'arrive pas &#224; assurer une s&#233;curit&#233; publique qui soit &#233;gale pour tous. Des milices form&#233;es de membre des forces de l'ordre animent dans les communaut&#233;s un racket de la protection qui ne terrorise pas uniquement leurs habitants d'ailleurs. Lorsque la juge Patricia Acioli a &#233;t&#233; tu&#233;e en juillet 2011 &#224; Niteroi, en banlieue de Rio, les balles utilis&#233;es &#233;taient celles d'un bataillon de la police militaire et c'est un haut grad&#233; de cette police qui fait face &#224; un proc&#232;s relatif &#224; cette affaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;S&#233;curit&#233; publique et expulsions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le &lt;i&gt;Choque de ordem&lt;/i&gt;, l'op&#233;ration majeure de &#171; s&#233;curit&#233; publique &#187; men&#233;e par les force de l'ordre dans les Favelas depuis pr&#232;s de 2 ans, est per&#231;u par plusieurs comme une strat&#233;gie de ce syst&#232;me corrompu pour s'approprier les avantages que procurent les communaut&#233;s&#8230; et il y en a ! Les montagnes o&#249; sont situ&#233;es les communaut&#233;s occup&#233;es par la police sont celles qui sont situ&#233;es entre les quartiers les plus riches de la ville (et du monde, &#224; bien des &#233;gards). Ce sont aussi celles qui ont les plus belles vues sur la mer et sont les plus proches des sites des J-O et de ceux de la coupe du monde de soccer. Ces deux &#233;v&#233;nements servent de justifications &#224; une s&#233;rie d'expulsions (150 000 au Br&#233;sil apprenait-on les 27 et 28 ao&#251;t 2011 au sommet des Comit&#233;s populaires de la coupe du monde et des olympiques &#224; Bras&#237;lia). Lorsqu'on intensifie la pr&#233;sence militaire dans les communaut&#233;s, l'existence des narcotrafiquants sert de l&#233;gitimation &#224; une op&#233;ration beaucoup plus vaste de mise en march&#233; de cette partie de l'espace urbain &#224; l'approche de ces deux m&#233;ga-&#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, Raquel Rolnik, rapporteuse sp&#233;ciale de l'ONU sur le logement, a d&#233;pos&#233; en mai 2011 un rapport o&#249; elle r&#233;v&#233;lait la gravit&#233; de l'atteinte aux droits des habitants de ces communaut&#233;s &#224; qui aucune information n'est donn&#233;e quant aux intentions de la ville. Lorsque la justice d&#233;cide d'expulser une famille de sa demeure, l'ordre est effectif imm&#233;diatement et aucune information n'est donn&#233;e quant &#224; savoir o&#249; et dans quelles conditions les expuls&#233;s se retrouveront. Face &#224; cela, il y a quelque temps d&#233;j&#224; que les Cariocas les plus pauvres se demandent ce qu'ils ont &#224; gagner des J-O. et de la Coupe du Monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011, deux ans apr&#232;s que le court m&#233;trage de Meirelles ait &#233;t&#233; utilis&#233; par le comit&#233; olympique br&#233;silien, deux chercheurs pourtant extr&#234;mement critiques des jeux et de leurs effets sur la soci&#233;t&#233; carioca et sa ville m'expliquaient &#224; quel point ils avaient &#233;t&#233; eux-m&#234;mes &#233;mus par le film. Lorsque se tiendra la Coupe du Monde, lorsque la flamme olympique traversera la ville, les images retransmises en direct &#224; travers le monde laisseront-elles voir cet urbanisme bouscul&#233;, travers&#233; par les tensions et les in&#233;galit&#233;s ou, comme dans le film de Meirelles, fera-t-on uniquement briller les plus beaux atours de Rio ? Ces atours qui &#233;taient publics et qui seront alors &#224; vendre ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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