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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Lobbyisme. Le pouvoir obscur</title>
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		<dc:date>2024-09-28T18:16:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Wilfried Cordeau, Yannick Delbecque, Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Cordeau, Wilfried</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Delbecque, Yannick</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour vous procurer une copie papier de ce num&#233;ro, rendez-vous sur le site des Libraires ou consultez la liste de nos points de vente. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les lobbyistes forment aujourd'hui un grand pouvoir de l'ombre tr&#232;s bien &#233;tabli. L'objet et les fruits de leurs actions tentaculaires &#233;chappent pour l'essentiel au regard public, mais la vigilance citoyenne et journalistique, notamment, parviennent &#224; en d&#233;voiler parfois la port&#233;e de leurs actions. Pensons, par exemple, &#224; la firme-conseil McKinsey qui obtient (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/capture_d_e_cran_2023-03-11_a_14.50_31.png?1678564258' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;565&#034; height=&#034;716&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour vous procurer une copie papier de ce num&#233;ro, rendez-vous sur le &lt;a href=&#034;https://www.leslibraires.ca/livres/a-babord-no-95-lobbyisme-le-9782925225089.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site des Libraires&lt;/a&gt; ou consultez la liste de nos &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Points-de-vente&#034;&gt;points de vente&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les lobbyistes forment aujourd'hui un grand pouvoir de l'ombre tr&#232;s bien &#233;tabli. L'objet et les fruits de leurs actions tentaculaires &#233;chappent pour l'essentiel au regard public, mais la vigilance citoyenne et journalistique, notamment, parviennent &#224; en d&#233;voiler parfois la port&#233;e de leurs actions. Pensons, par exemple, &#224; la firme-conseil McKinsey qui obtient un nombre extraordinaire de contrats gouvernementaux malgr&#233; les nombreux scandales dans lesquels elle a &#233;t&#233; impliqu&#233;e. Ou &#224; Uber, qui a r&#233;ussi &#224; imposer aux gouvernements une r&#233;glementation id&#233;ale pour son d&#233;veloppement, aux d&#233;pens de ses concurrents. Ou aux entreprises p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res qui ne m&#233;nagent aucun effort pour retarder la transition &#233;cologique, malgr&#233; la p&#233;riode d'urgence climatique dans laquelle nous nous trouvons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entrer dans l'univers du lobbyisme est une surprenante aventure. S'y cachent notamment des moyens financiers consid&#233;rables destin&#233;s &#224; influencer les gouvernements. Pour atteindre leurs fins, les lobbies s'en prennent aussi &#224; leurs adversaires des mouvements sociaux, soit en tentant de les faire passer eux aussi pour des lobbyistes, soit en se camouflant derri&#232;re de fausses organisations citoyennes, par le similitantisme (ou &lt;em&gt;astroturfing&lt;/em&gt;), cr&#233;ant ainsi une malsaine confusion. Autant de tactiques destin&#233;es &#224; brouiller le d&#233;bat public, en masquant le d&#233;s&#233;quilibre des rapports de force et des objectifs poursuivis par les groupes en pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon certains, le lobbyisme puise une certaine l&#233;gitimit&#233; dans un besoin des entreprises de fournir des informations utiles &#224; la prise de d&#233;cision des gouvernants. Le probl&#232;me, c'est qu'il traduit essentiellement une capacit&#233; de repr&#233;sentation, sur le plan humain et financier, manifestement disproportionn&#233;e face &#224; celle dont disposent les groupes citoyens. Tout cela pour faire valoir des int&#233;r&#234;ts et une conception de la soci&#233;t&#233; aux antipodes les uns des autres. Que valent les plaintes de contribuables exigeant de meilleurs services et filets sociaux face &#224; l'artillerie relationniste d'entreprises en qu&#234;te de contrats au chevet des d&#233;cideurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne manque pas de soulever des questions fondamentales sur la concr&#233;tude du d&#233;bat public, l'exercice du pouvoir d&#233;mocratique, la transparence, la redevabilit&#233; et, en fin de compte, la souverainet&#233; populaire sur les choix de soci&#233;t&#233; op&#233;r&#233;s en notre nom. Le pouvoir d'influence de certains int&#233;r&#234;ts priv&#233;s leur donne de tels privil&#232;ges, permettant notamment de contourner les m&#233;canismes d&#233;mocratiques, qu'il n'est pas difficile d'en conclure que les gouvernements accordent plus d'importance &#224; la voie des capitalistes qu'&#224; celle de la population dont ils sont cens&#233;s repr&#233;senter les int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lobbyisme est un sujet si vaste et complexe que nous n'avons pu en effleurer que quelques pans. Plusieurs lobbies aux objectifs fort discutables n'ont pas pu &#234;tre abord&#233;s : celui des compagnies pharmaceutiques, faisant pression pour maintenir un co&#251;t tr&#232;s &#233;lev&#233; aux m&#233;dicaments ; celui des armes favorisant la multiplication des armes &#224; feu ; celui des banques, des entreprises de produits chimiques, des compagnies mini&#232;res&#8230; Sans oublier d'autres aspects laiss&#233;s de c&#244;t&#233;, comme les firmes de relations publiques au service des lobbyistes ou le r&#244;le bien imparfait des registres des lobbyistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre but a surtout &#233;t&#233; d'amorcer une r&#233;flexion sur la d&#233;mocratie, stimul&#233;e par la diversit&#233; des points de vue exprim&#233;s dans ce dossier. Comment la d&#233;mocratie peut-elle se maintenir si des entreprises richissimes disposent de moyens aussi puissants pour orienter, voire dicter les politiques &#224; leur avantage, en se soustrayant impun&#233;ment &#224; la vigilance et au d&#233;bat publics ? Comment discuter de bien commun si celui-ci est vu comme un obstacle devant les profits des entreprises ? Il nous semblait essentiel de d&#233;montrer que le progr&#232;s social doit s'envisager, entre autres, en limitant fortement le pouvoir et l'opacit&#233; dont profitent les lobbyistes pour tirer les ficelles de notre avenir collectif. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un dossier coordonn&#233; par Wilfried Cordeau , Yannick Delbecque et Claude Vaillancourt &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Illustr&#233; par Ramon Vitesse&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;color:#c0392b;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Avec des contributions de Marie-&#200;ve B&#233;langer-Southey, Collectif scientifique sur les enjeux &#233;nerg&#233;tiques au Qu&#233;bec, Yannick Delbecque, Flory Doucas, Thierry Pauchant, Merc&#233;dez Roberge, Louis Robert, Sophie Thi&#233;baut, Claude Vaillancourt et St&#233;phanie Yates.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour vous procurer une copie papier de ce num&#233;ro, rendez-vous sur le &lt;a href=&#034;https://www.leslibraires.ca/livres/a-babord-no-95-lobbyisme-le-9782925225089.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site des Libraires&lt;/a&gt; ou consultez la liste de nos &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Points-de-vente&#034;&gt;points de vente&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment remettre &#224; plus tard l'urgence climatique </title>
		<link>https://www.ababord.org/Comment-remettre-a-plus-tard-l-urgence-climatique</link>
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		<dc:date>2024-09-21T16:28:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les entreprises p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res demeurent parmi les plus grandes responsables de la lenteur inacceptable avec laquelle se mettent en place des mesures pour combattre le r&#233;chauffement climatique. Elles investissent &#224; cette fin de tr&#232;s grandes ressources en lobbying. Ainsi est-il essentiel de comprendre leur strat&#233;gie. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'assiduit&#233; des entreprises gazi&#232;res et p&#233;troli&#232;res aupr&#232;s des gouvernements n'est plus &#224; d&#233;montrer. Leur pr&#233;sence aux COP sur le climat a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;e &#224; plusieurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cies-minieres-et-petrolieres-+" rel="tag"&gt;Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/12312-12.png?1726936059' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;447&#034; height=&#034;650&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les entreprises p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res demeurent parmi les plus grandes responsables de la lenteur inacceptable avec laquelle se mettent en place des mesures pour combattre le r&#233;chauffement climatique. Elles investissent &#224; cette fin de tr&#232;s grandes ressources en lobbying. Ainsi est-il essentiel de comprendre leur strat&#233;gie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'assiduit&#233; des entreprises gazi&#232;res et p&#233;troli&#232;res aupr&#232;s des gouvernements n'est plus &#224; d&#233;montrer. Leur pr&#233;sence aux COP sur le climat a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233;e &#224; plusieurs reprises : on comptait environ 500 de leurs lobbyistes &#224; la COP26 &#224; Glasgow en 2021, la plus importante d&#233;l&#233;gation toutes cat&#233;gories confondues, et 636 &#224; la COP27 &#224; Charm el-Cheikh, une hausse de 25 %. Avec une prochaine COP aux &#201;mirats arabes unis pr&#233;sid&#233;e par le PDG d'une compagnie p&#233;troli&#232;re, rien ne va pour le mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;tude du Centre canadien des politiques alternatives (CCPA) a calcul&#233; la fr&#233;quence des rencontres entre les lobbyistes des compagnies p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res avec le gouvernement canadien en compulsant le registre des lobbyistes. R&#233;sultats : du 4 janvier 2011 au 30 janvier 2018, on recense pas moins de 11 452 contacts, une moyenne de six par jour ouvrable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nicolas Graham, William K. Carroll et David Chen, Big Oil's Political Reach. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si le registre des lobbyistes ne nous permet pas d'avoir acc&#232;s au contenu de ces rencontres, une observation de la situation actuelle permet d'en voir les cons&#233;quences : subventions gigantesques &#224; ces compagnies, soutien ferme au d&#233;veloppement d'ol&#233;oducs, absence de politiques efficaces pour r&#233;duire les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre (GES). Tout indique que les provinces subissent une charge &#233;quivalente de la part des lobbyistes, ce qui montre &#224; quel point nos gouvernements sont l'objet d'une pression constante pour r&#233;pondre favorablement &#224; des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques colossaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Intervenir &#224; tous les niveaux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces liens directs avec les &#233;lu&#183;es et les fonctionnaires ne sont pas suffisants pour assurer un bel avenir aux compagnies p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res. Influencer l'opinion publique est au c&#339;ur de leur strat&#233;gie, n&#233;cessitant de leur part une bonne capacit&#233; d'adaptation. Le r&#233;chauffement climatique &#8211; dont elles reconnaissaient maintenant l'existence &#8211;, et la r&#233;duction de la consommation d'&#233;nergie fossile qui devrait en d&#233;couler sont consid&#233;r&#233;s &#224; juste titre comme des menaces directes &#224; leurs profits. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur premi&#232;re r&#233;action a &#233;t&#233; de financer massivement le climatoscepticisme. ExxonMobil et les fr&#232;res Koch, plus particuli&#232;rement, ont donn&#233; g&#233;n&#233;reusement &#224; des &lt;em&gt;think tanks&lt;/em&gt; (des laboratoires d'id&#233;es), des scientifiques et des m&#233;dias pour diffuser &#224; grande &#233;chelle un doute sans fondement scientifique quant &#224; la r&#233;alit&#233; du r&#233;chauffement climatique et la responsabilit&#233; de l'&#234;tre humain devant ce ph&#233;nom&#232;ne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'ai &#233;crit &#224; ce sujet : &#171; Le climatoscepticisme sous l'aile de la droite (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important pour ces firmes de s'en prendre aussi &#224; la cr&#233;dibilit&#233; des mouvements environnementaux, consid&#233;r&#233;s comme de dangereux adversaires. Le fait de les pr&#233;senter eux aussi comme &#171; lobbyistes &#187; est une arme efficace : selon les lobbyistes des entreprises, chaque parti d&#233;fend ses id&#233;es et ses int&#233;r&#234;ts, de valeur &#233;quivalente, le public pouvant juger apr&#232;s avoir entendu la plaidoirie de l'un et de l'autre. Avec les moyens qui sont les leurs, les lobbyistes peuvent entreprendre des campagnes de d&#233;nigrement de leurs adversaires. En 2014, une fuite d'un document d'une centaine de pages a permis de mieux comprendre tout ce que la firme TransCanada devait accomplir pour faire accepter un projet d'ol&#233;oduc largement d&#233;sapprouv&#233; par une bonne partie de la population. Il s'agissait ni plus ni moins de d&#233;terminer le profil de leurs opposants afin de cerner leurs faiblesses, de colliger des informations financi&#232;res et judiciaires pouvant leur nuire, de contrer leur influence en sollicitant l'appui de personnalit&#233;s appr&#233;ci&#233;es favorables &#224; leur projet, de payer des scientifiques pour en fournir une d&#233;fense cr&#233;dible. &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Nouvelle image, nouvelles strat&#233;gies&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais devant les rapports du GIEC qui s'accumulent, avec des preuves toujours plus fortes et plus &#233;labor&#233;es du r&#233;chauffement climatique, nier cette troublante r&#233;alit&#233; n'est tout simplement plus envisageable. Et s'en prendre &#224; des adversaires appr&#233;ci&#233;s devient plus p&#233;rilleux. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lobbyistes de ces entreprises ont donc accompli un virage important. Il ne s'agit plus &#224; leurs yeux de se montrer des adversaires de la transition &#233;nerg&#233;tique, mais d'en devenir partie prenante. Depuis quelques ann&#233;es, nous pouvons bel et bien compter sur les grandes entreprises extractivistes pour combattre les changements climatiques, nous r&#233;p&#232;te-t-on. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur plan consiste, entre autres, &#224; d&#233;fendre le gaz naturel comme &#233;nergie de transition. J'ai eu l'occasion, &#224; la COP21 &#224; Paris, d'entendre l'actuel ministre de l'Environnement au Canada Steven Guilbeault et l'ancien premier ministre Philippe Couillard faire l'&#233;loge de cette source d'&#233;nergie lors d'une soir&#233;e organis&#233;e par le gouvernement du Qu&#233;bec, celui de l'Ontario&#8230; et GazMetro (devenu &#201;nergir aujourd'hui). Si le gaz naturel produit en effet moins de GES que le p&#233;trole et le charbon, il en &#233;met pourtant d'importantes quantit&#233;s qui contribuent nettement au r&#233;chauffement climatique. On cherche ainsi &#224; nous vendre un nouveau mirage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res nous promettent aussi un avenir assur&#233; par des d&#233;couvertes scientifiques : les miracles technologiques leur permettraient de continuer &#224; extraire le p&#233;trole sans trop de dangers pour la plan&#232;te. Mais l'efficacit&#233; de la s&#233;questration de dioxyde de carbone, leur principal atout, demeure hautement hypoth&#233;tique : l'id&#233;e de concentrer le carbone, de le transporter, puis de l'enfouir quelque part sous terre demande des prouesses techniques que nous sommes loin d'&#234;tre en mesure de r&#233;aliser un jour. De plus, cette technologie pourrait causer des fuites tr&#232;s dommageables. De l&#224; &#224; ce que tout cela se mette en place &#8211; si cela arrive &#8211;, d'&#233;normes quantit&#233;s de GES auront &#233;t&#233; lanc&#233;es dans l'atmosph&#232;re. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les p&#233;troli&#232;res et les gazi&#232;res cherchent &#224; se donner une bonne image en se lan&#231;ant dans des projets &#171; z&#233;ro &#233;mission nette &#187; bien en &#233;vidence sur leurs sites Web : toutes pr&#233;tendent arriver &#224; la carboneutralit&#233; en 2050. Elles le feront en compensant leurs &#233;missions par des projets tr&#232;s vari&#233;s, souvent ax&#233;s sur les &#233;nergies renouvelables&#8230; et sur le stockage du carbone. L'&#233;coblanchiment demeure en fait au centre des strat&#233;gies de relation publique des gazi&#232;res et p&#233;troli&#232;res pendant que derri&#232;re des portes ferm&#233;es, leurs lobbyistes rencontrent des &#233;lu&#183;es et des fonctionnaires pour s'assurer que de nouvelles politiques environnementales ne viendront pas gruger leurs profits.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le poids de l'argent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; constater la lenteur et l'inefficacit&#233; avec laquelle la transition &#233;nerg&#233;tique se met en place, avec les terribles cons&#233;quences qui s'ensuivent d&#233;j&#224;, il semble clair que la strat&#233;gie des compagnies extractivistes porte fruit. Ces entreprises puisent dans des fonds consid&#233;rables pour faire valoir leurs id&#233;es, jouent avec une proximit&#233; d&#233;velopp&#233;e depuis longtemps avec des &#233;lu&#183;es et des fonctionnaires et se renforcent en soutenant des organisations con&#231;ues pour propager leurs id&#233;es. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une n&#233;buleuse de &lt;em&gt;think tanks&lt;/em&gt; s'active ainsi dans l'ombre, au service de l'id&#233;ologie libertarienne, couvrant ainsi de larges champs, avec comme d&#233;nominateur commun un soutien sans r&#233;serve au libre march&#233;, ce qui implique un appui &#224; l'exploitation sans contraintes des ressources naturelles. Les fr&#232;res Koch aux &#201;tats-Unis ont &#233;t&#233; les champions de ce financement, et si celui-ci semble moins &#233;vident depuis le d&#233;c&#232;s de David H. Koch en 2019, plusieurs des &lt;em&gt;think tanks&lt;/em&gt; qui ont profit&#233; de cette manne continuent &#224; prosp&#233;rer. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas par exemple du r&#233;seau Atlas, l'un des plus actifs, et qui a la particularit&#233; de chapeauter et d'offrir ses services et son expertise &#224; pr&#232;s de 500 think tanks dans diff&#233;rents pays, dont le CATO Institute, le Manhattan Institute, et au Canada, le tr&#232;s prop&#233;trole Canada Strong and Free (fond&#233; par Preston Manning), la F&#233;d&#233;ration canadienne des contribuables (une organisation de similitantisme combattant les taxes et les imp&#244;ts), et le MacDonald Laurier Institute, qui fait pression sur le gouvernement canadien afin &#171; &lt;em&gt;qu'il limite la capacit&#233; des communaut&#233;s autochtones &#224; s'opposer au d&#233;veloppement &#233;nerg&#233;tique sur leurs propres terres&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon un article publi&#233; par Floodlight, The Narwhal et The Guardian, &#171; How a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait croire qu'il s'agit l&#224; d'apporter des &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires au d&#233;bat d&#233;mocratique. Mais la quantit&#233; disproportionn&#233;e d'argent dont profitent ces organisations, leur fonctionnement occulte et leurs liens privil&#233;gi&#233;s avec les gens au pouvoir nous &#233;loignent clairement de cet objectif. D'autant plus que les enjeux reli&#233;s au r&#233;chauffement climatique, concernant ni plus ni moins que la survie sur notre plan&#232;te, ne sont pas particuli&#232;rement propices &#224; laisser libre cours &#224; la d&#233;sinformation et &#224; orienter les d&#233;cisions politiques en fonction des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques &#224; court terme d'une minorit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nicolas Graham, William K. Carroll et David Chen, &lt;em&gt;Big Oil's Political Reach. Mapping Fossil Fuel Lobbying From Harper To Trudeau&lt;/em&gt;, Canadian Center for Policy Alternatives, novembre 2019&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'ai &#233;crit &#224; ce sujet : &#171; Le climatoscepticisme sous l'aile de la droite radicale &#187;, &lt;em&gt;Nouveaux cahiers du socialisme&lt;/em&gt;, num&#233;ro 23, hiver 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon un article publi&#233; par &lt;em&gt;Floodlight&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;The Narwhal &lt;/em&gt;et &lt;em&gt;The Guardian&lt;/em&gt;, &#171; How a conservative US network undermined Indigenous energy rights in Canada &#187; le 18 juillet 2022.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Ramon Vitesse&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Think tanks... usine &#224; id&#233;ologie ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Think-tanks-usine-a-ideologie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Think-tanks-usine-a-ideologie</guid>
		<dc:date>2012-02-28T02:53:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#200;ve-Lyne Couturier</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Couturier, &#200;ve-Lyne </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les classes dominantes ne maintiennent pas leur position simplement par inertie. Il suffit d'ouvrir le journal, la t&#233;l&#233;vision ou la radio, pour constater l'omnipr&#233;sence des arguments justifiant l'ordre social tel qu'il est maintenant. &#192; force de les entendre r&#233;p&#233;t&#233;s par les m&#233;dias, les commentateurs et les responsables institutionnels tant publics que priv&#233;s, on finit par les int&#233;grer. Pourtant, ce ne sont pas les &#233;lites elles-m&#234;mes qui diffusent le message. Il est plut&#244;t v&#233;hicul&#233; par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Couturier-Eve-Lyne-+" rel="tag"&gt;Couturier, &#200;ve-Lyne &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les classes dominantes ne maintiennent pas leur position simplement par inertie. Il suffit d'ouvrir le journal, la t&#233;l&#233;vision ou la radio, pour constater l'omnipr&#233;sence des arguments justifiant l'ordre social tel qu'il est maintenant. &#192; force de les entendre r&#233;p&#233;t&#233;s par les m&#233;dias, les commentateurs et les responsables institutionnels tant publics que priv&#233;s, on finit par les int&#233;grer. Pourtant, ce ne sont pas les &#233;lites elles-m&#234;mes qui diffusent le message. Il est plut&#244;t v&#233;hicul&#233; par diff&#233;rents think tanks, v&#233;ritables incubateurs d'id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la droite lib&#233;rale, &#224; la d&#233;fense du capitalisme et de l'entreprise priv&#233;e, soit toujours le courant qui domine dans les m&#233;dias, de plus en plus de commentateurs vont encore plus loin. On cherche ainsi &#224; restructurer l'ensemble des relations humaines et sociales dans une optique lib&#233;rale. Diff&#233;rente de la droite morale, souvent associ&#233;e au conservatisme religieux, il s'agit plut&#244;t d'une droite libertarienne pour laquelle tout s'&#233;value &#224; l'aune du march&#233;, pour qui la valeur supr&#234;me est la libert&#233; individuelle des agents &#233;conomiques. On peut voir dans ce courant tant le Tea Party &#233;tats-unien, le Parti conservateur f&#233;d&#233;ral que le R&#233;seau Libert&#233; Qu&#233;bec. Dans les trois cas, on nous propose une soci&#233;t&#233; sublim&#233;e au profit de l'individu isol&#233;, responsable de sa condition et de ses choix.&#8194;La rationalit&#233; du march&#233; peut ensuite &#234;tre utilis&#233;e avec profit dans toutes les sph&#232;res d'analyse. Exemplifiant ceci, l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al (IEDM) a publi&#233; en f&#233;vrier 2008 une note sur le &#171; march&#233; des relations amoureuses &#187; qui se concluait ainsi : &#171; La rationalit&#233; &#233;conomique est fondamentalement humaine. Elle ne peut &#234;tre dissoci&#233;e de l'&#234;tre humain parce qu'elle est au c&#339;ur de celui-ci&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mathieu Laberge, Existe-t-il un march&#233; des relations amoureuses ?, Notes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mathieu Laberge, Existe-t-il un march&#233; des relations amoureuses ?, Notes &#233;conomiques, IEDM, f&#233;vrier 2008, p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Think tanks... ind&#233;pendants ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Think-tanks-independants</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Think-tanks-independants</guid>
		<dc:date>2012-02-28T02:50:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#200;ve-Lyne Couturier</dc:creator>


		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Couturier, &#200;ve-Lyne </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les liens entre les think tanks de droite et l'entreprise priv&#233;e ne sont plus &#224; faire. En 2007, &#192; b&#226;bord ! a publi&#233; un article de Beno&#238;t Perron o&#249; on &#233;num&#233;rait les postes cl&#233;s d&#233;tenus par certains administrateurs de think thanks influents. Les institutions financi&#232;res y sont particuli&#232;rement bien repr&#233;sent&#233;es, tout comme les grands empires m&#233;diatiques. En &#233;tudiant la composition des diff&#233;rents conseils d'administration, bureaux des gouverneurs et listes des chercheures associ&#233;es de ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les liens entre les think tanks de droite et l'entreprise priv&#233;e ne sont plus &#224; faire. En 2007, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; a publi&#233; un article de Beno&#238;t Perron o&#249; on &#233;num&#233;rait les postes cl&#233;s d&#233;tenus par certains administrateurs de think thanks influents. Les institutions financi&#232;res y sont particuli&#232;rement bien repr&#233;sent&#233;es, tout comme les grands empires m&#233;diatiques. En &#233;tudiant la composition des diff&#233;rents conseils d'administration, bureaux des gouverneurs et listes des chercheures associ&#233;es de ces groupes de r&#233;flexion, on comprend ais&#233;ment la pr&#233;sence de leurs id&#233;es &#224; la radio, &#224; la t&#233;l&#233;vision et dans les journaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous attarderons ici aux liens entre ces groupes et l'&#201;tat. Bien qu'ils ne soient pas financ&#233;s par des subventions gouvernementales, plusieurs des membres actifs des think tanks poss&#232;dent un lien tr&#232;s fort avec les structures &#233;tatiques. Par exemple, le Fraser Institute compte dans ses Senior Fellows Preston Manning, le fondateur du Reform Party, Ralph Klein, l'ancien premier ministre de l'Alberta ainsi que Michael Harris, le premier ministre ontarien connu pour ses r&#233;formes sociales brutales. &#192; l'IEDM, le bureau des gouverneurs comprend Bernard Lord, ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick et Donald Johnson qui a &#233;t&#233; ministre &#224; plusieurs reprises dans le gouvernement lib&#233;ral f&#233;d&#233;ral entre 1978 et 1984. Leur coordonnatrice aux communications a &#233;t&#233; recherchiste pour l'ADQ ainsi que responsable des communications de ce parti pour la r&#233;gion de Montr&#233;al lors des deux derni&#232;res &#233;lections g&#233;n&#233;rales. Il est int&#233;ressant de noter &#233;galement que Michel Kelly-Gagnon, ancien pr&#233;sident du conseil du patronat et maintenant PDG de l'IEDM, a &#233;t&#233; nomm&#233; par le gouvernement conservateur sur le conseil d'administration de la Fondation canadienne pour l'innovation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu&#233;b&#233;cois et Canadiens les plus riches</title>
		<link>https://www.ababord.org/Quebecois-et-Canadiens-les-plus</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Quebecois-et-Canadiens-les-plus</guid>
		<dc:date>2012-02-28T02:49:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume H&#233;bert</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>H&#233;bert, Guillaume</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois les plus riches &lt;br class='autobr' /&gt; Selon le classement de Canadian Business, 16 Qu&#233;b&#233;cois (ou familles qu&#233;b&#233;coises) figurent parmi les 100 plus grandes fortunes du Canada. R&#233;unie, leur richesse est &#233;valu&#233;e &#224; plus de 27 milliards de dollars. La plus grande fortune, celle du Franco-Ontarien d'origine Paul Desmarais, est estim&#233;e &#224; 4,3 G$, soit le pactole qu'accumulerait un travailleur au revenu moyen en&#8230; 128&#8194;000 ann&#233;es de labeur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les 10 premi&#232;res fortunes, trois autres seulement sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hebert-Guillaume-+" rel="tag"&gt;H&#233;bert, Guillaume&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois les plus riches&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Selon le classement de &lt;i&gt;Canadian Business&lt;/i&gt;, 16 Qu&#233;b&#233;cois (ou familles qu&#233;b&#233;coises) figurent parmi les 100 plus grandes fortunes du Canada. R&#233;unie, leur richesse est &#233;valu&#233;e &#224; plus de 27 milliards de dollars. La plus grande fortune, celle du Franco-Ontarien d'origine Paul Desmarais, est estim&#233;e &#224; 4,3 G$, soit le pactole qu'accumulerait un travailleur au revenu moyen en&#8230; 128&#8194;000 ann&#233;es de labeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les 10 premi&#232;res fortunes, trois autres seulement sont d'origine &#171; canadienne-fran&#231;aise &#187; : celle de la famille Bombardier (4e, 2,1 G$), celle de Guy Lalibert&#233; (7e, 1,5 G$) et celle de Jean Coutu (9e, 1,1 G$). Venue des &#201;tats-Unis, la famille Kruger (10e, 1,1 G$), qui a b&#226;ti sa fortune dans le secteur des p&#226;tes et papier, est pr&#233;sente au Qu&#233;bec depuis le d&#233;but du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre des Qu&#233;b&#233;cois les plus riches sont n&#233;s en Europe. L'un d'eux, Lino Saputo (2e, 3,5 G$) a immigr&#233; d'Italie dans les ann&#233;es 1950 alors que les trois autres ont fui l'Allemagne nazie : David Azrieli (3e, 2,9 G$), Stephen Jarilowsky (5e, 1,9 G$) et Marcel Adams (6e, 1,8 G$)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plus grandes fortunes sont li&#233;es aux secteurs de la finance et de l'immobilier.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les Canadiens les plus riches&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Centre canadien des politiques alternatives (CCPA) d&#233;voilait r&#233;cemment une &#233;tude montrant l'&#233;volution des revenus du 1 % des contribuables les plus riches au Canada. Dans cette tranche de la population (246&#8194;000 personnes), le salaire moyen est de 404&#8194;000 $. Cette petite minorit&#233; a accapar&#233; le tiers de la croissance &#233;conomique entre les ann&#233;es 1997 et 2007. La situation du 0,01 % le plus riche est plus frappante encore. Le revenu le plus bas dans ce groupe est de 1,85 M$ et la moyenne se situe &#224; 3,83 M$. Ils ont multipli&#233; leur revenu par cinq depuis les ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus r&#233;v&#233;lateur demeure n&#233;anmoins l'&#233;volution qu'a suivie la part des revenus que re&#231;oit ce 1 % le plus riche au Canada depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Entre les ann&#233;es 1940 et 1970, les politiques de redistribution avaient fait passer leur part de 14 % &#224; 7,7 % des revenus totaux. La tendance s'est ensuite invers&#233;e et, en 2007, la part de revenus accapar&#233;e par le 1 % les plus riches atteint pratiquement, &#224; nouveau, la proportion des ann&#233;es 1940 (13,8 %).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chiens de garde de l'&#233;conomie</title>
		<link>https://www.ababord.org/Chiens-de-garde-de-l-economie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Chiens-de-garde-de-l-economie</guid>
		<dc:date>2012-02-28T02:45:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Martin</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Martin, &#201;ric</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Pouvons-nous encore revendiquer le titre de chiens de garde de la d&#233;mocratie alors que seule une modeste partie des ressources financi&#232;res et humaines des m&#233;dias sert la vie d&#233;mocratique ? &#187; Le th&#232;me de la pl&#233;ni&#232;re inaugurale du dernier congr&#232;s de la F&#233;d&#233;ration professionnelle des journalistes du Qu&#233;bec a de quoi inqui&#233;ter, &#224; tel point qu'on se demande si l'on peut encore parler du journalisme comme d'un quatri&#232;me pouvoir. Examinons comment le secteur des m&#233;dias se restructure sous la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-classes-dominantes-au-" rel="directory"&gt;Dossier : Les classes dominantes au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pouvons-nous encore revendiquer le titre de chiens de garde de la d&#233;mocratie alors que seule une modeste partie des ressources financi&#232;res et humaines des m&#233;dias sert la vie d&#233;mocratique ?&lt;/i&gt; &#187; Le th&#232;me de la pl&#233;ni&#232;re inaugurale du dernier congr&#232;s de la F&#233;d&#233;ration professionnelle des journalistes du Qu&#233;bec a de quoi inqui&#233;ter, &#224; tel point qu'on se demande si l'on peut encore parler du journalisme comme d'un quatri&#232;me pouvoir. Examinons comment le secteur des m&#233;dias se restructure sous la houlette des grandes corporations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre-pouvoir ou entreprise comme les autres ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La fonction historique du journalisme est celle d'un contre-pouvoir opposant le d&#233;bat public d&#233;mocratique &#224; l'arbitraire et au secret du pouvoir monarchique. Le journalisme est ainsi li&#233; &#224; l'institution d'un espace politique critique dans la soci&#233;t&#233;, bas&#233; sur un id&#233;al de souverainet&#233; populaire. Parler et d&#233;battre, cela voulait dire avoir une prise sur le monde, et pouvoir choisir collectivement les orientations qui allaient d&#233;terminer l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet id&#233;al journalistique, li&#233; &#224; l'id&#233;e de la participation d&#233;mocratique, sera bien vite renvers&#233; par une autre forme sociale, la forme capitaliste. Dor&#233;navant, ce qui reliera les individus les uns aux autres sera uniquement leur participation &#224; la production-consommation &#233;conomique. Dans cette forme sociale, le langage, la culture, le symbolique ne sont plus les instruments du d&#233;bat public, mais deviennent des supports pour accumuler de la valeur. Ici, on ne parle pas, on ne d&#233;bat pas : on est spectateur, moyennant tarif. L'orientation du monde, elle, est dict&#233;e par les imp&#233;ratifs de la croissance capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, la fonction politique de contre-pouvoir du journal et des journalistes est remplac&#233;e par leur fonction &#233;conomique. Le journal devient une entreprise comme les autres, et l'information, une marchandise et un investissement &#224; rentabiliser. Les journalistes deviennent des &#171; producteurs de contenu &#187; de plus en plus num&#233;ris&#233;, que l'on recycle sur toute les &#171; multiplateformes &#187; qui appartiennent aux grands conglom&#233;rats pour que chaque &#171; contenu &#187; g&#233;n&#232;re un maximum de profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui explique la place croissante que prend le divertissement facile au d&#233;triment de la nouvelle : le spectacle vend bien. L'information, de mani&#232;re plus perverse, sert aussi de relais id&#233;ologique aux grandes corporations. Elle permet de r&#233;percuter l'imaginaire dominant du capitalisme &#224; travers l'ensemble des couches sociales : la r&#233;alit&#233; se r&#233;sume &#224; l'&#233;conomie, la croissance doit &#234;tre maintenue, il faut ouvrir de nouveaux espaces d'investissement et de production de valeur financi&#232;re, etc. L'important, ici, est la centralit&#233; de l'&#233;conomie comme r&#233;f&#233;rent universel : tout doit y &#234;tre adapt&#233; et sa domination sur le reste des rapports sociaux doit s'exercer sans aucune limitation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Gesca et Quebecor : deux cas exemplaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quelques exemples pour illustrer cela. L'empire PowerCorp-Desmarais, qui publie &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le Soleil,&lt;/i&gt; a aussi des investissements en Chine (acier, &#233;lectricit&#233;, mines, &#233;nergie, immobilier, aviation, tunnels, communications, distribution de v&#233;hicules et de produits de consommation), en Europe (p&#233;trole, constructions, mines, alcool, eau, d&#233;chets, gestion de cliniques priv&#233;es) et dans l'assurance-vie au Canada. Pour PowerCorp, la communication est un investissement &#224; rentabiliser parmi d'autres, en plus d'&#234;tre un outil devant mousser la rentabilit&#233; de l'ensemble des activit&#233;s du conglom&#233;rat. En 2009, l'&#233;dition du dimanche est abolie &#224; &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt; en m&#234;me temps qu'intervient un recul des conditions de travail. La m&#234;me chose se produit pr&#233;sentement au Soleil, o&#249; l'on tente d'augmenter la semaine de travail. D'autre part, l'information est un moyen de diffuser dans la soci&#233;t&#233; une &#171; pens&#233;e &#233;conomique &#187; favorable au capital de risque et &#224; l'investissement. Il n'y a pas de myst&#232;re : ces gens-l&#224; voient la soci&#233;t&#233; comme un champ de placements, et ils veulent propager la bonne nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empire Quebecor, pour sa part, est un cas d'&#233;cole qui illustre bien les diff&#233;rents modes de concentration des m&#233;dias. Quebecor poss&#232;de non seulement beaucoup de m&#233;dias appartenant &#224; un m&#234;me march&#233;, mais assure aussi toutes les &#233;tapes de la production de contenu, de l'artiste qui performe aux rayons de disques chez Archambault, en passant par la distribution et la promotion crois&#233;e dans ses diff&#233;rents m&#233;dias. Pour r&#233;duire ses co&#251;ts, Quebecor a d&#233;cid&#233; de casser le syndicat du &lt;i&gt;Journal de Montr&#233;al&lt;/i&gt;, en &lt;i&gt;lock-out&lt;/i&gt; depuis deux ans. On produit l'information ailleurs et, &#224; travers l'agence QMI, on la recycle sur les diff&#233;rents supports du groupe. Le journal est produit sans journalistes, mais on y trouve plusieurs chroniqueurs n&#233;olib&#233;raux ou libertariens. Le groupe lancera bient&#244;t la chaine n&#233;oconservatrice SUN TV, la &#171; Fox News du Nord &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, les journalistes n'ont plus comme r&#244;le que celui de producteurs de contenu vendable et de &#171; chiens de garde de l'&#233;conomie &#187;. Le reste est, comme l'&#233;crivait r&#233;cemment PKP au &lt;i&gt;Devoir,&lt;/i&gt; bon pour les amateurs de roman. Si seulement on pouvait faire produire un journal web par des robots qui repiquent l'information provenant d'autres sites et qu'on pourrait vendre &#224; gros tarif ! Quant &#224; la d&#233;mocratie et au d&#233;bat, cela cause surtout du d&#233;sordre et de l'immobilisme tout en troublant la bonne marche de l'investissement et de la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le m&#233;pris&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut mesurer ce qu'une telle vision du monde comporte de m&#233;pris, non seulement pour le r&#244;le politique de contre-pouvoir du journalisme et de l'institution-journal, mais aussi pour la population en g&#233;n&#233;ral et les institutions publiques. Tout cela n'est que variable &#224; exploiter dans une strat&#233;gie d'accumulation et d'investissement. Chacun n'est que pion sur l'&#233;chiquier, dont on ne sollicite pas l'intelligence, mais le portefeuille et l'admiration b&#233;ate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concentration et la marchandisation de la presse ont fait l'objet de nombreuses enqu&#234;tes et commissions depuis des d&#233;cennies sans qu'aucune mesure concr&#232;te ne soit adopt&#233;e. Le dernier en lice, le Rapport Payette, avait des airs de d&#233;mission. St&#233;phane Baillargeon, dans &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;St&#233;phane Baillargeon, &#171; D'une &#233;thique &#224; l'autre &#187;, Le Devoir, 31 janvier 2011.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, signalait que le rapport ne fait rien pour r&#233;gler un probl&#232;me qu'il constate pourtant : le d&#233;clin dans la diversit&#233; des voix, &#171; l'hyperpropri&#233;t&#233; &#187; et un &#171; mod&#232;le d'affaires &#187; qui &#171; g&#232;re &#187; la &#171; production &#187; de l'information comme une quelconque &#171; marchandise &#187;. &#192; la place, on mise sur la promotion de la d&#233;ontologie &#224; travers un processus d'&#233;mulation-r&#233;compense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi sert-il encore d'&#233;crire dans une soci&#233;t&#233; qui se raconte comme un livre de banque ? Pour les grands conglom&#233;rats, l'information n'est que l'&#233;cho sonore de la croissance &#233;conomique. Voil&#224; ce qu'il faut briser, pour que l'information retrouve sa qualit&#233; de denr&#233;e d&#233;mocratique et d'&#233;toffe de libert&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;St&#233;phane Baillargeon, &#171; D'une &#233;thique &#224; l'autre &#187;, &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, 31 janvier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le pouvoir des technocraties</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-pouvoir-des-technocraties</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-pouvoir-des-technocraties</guid>
		<dc:date>2012-02-28T02:39:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Simon Tremblay-P&#233;pin</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Tremblay-P&#233;pin, Simon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Historiquement, on a surtout compris les classes dominantes gr&#226;ce aux rapports de propri&#233;t&#233;. Selon les sch&#232;mes classiques, ceux qui poss&#232;dent les outils ayant la capacit&#233; de produire des marchandises (les capitalistes) ont la main haute sur ceux qui n'ont pour propri&#233;t&#233; que leur force de travail, qu'ils doivent offrir en &#233;change d'un salaire leur assurant subsistance (les travailleurs et travailleuses). Dans cette configuration &#224; deux p&#244;les, les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques des uns sont oppos&#233;s &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Historiquement, on a surtout compris les classes dominantes gr&#226;ce aux rapports de propri&#233;t&#233;. Selon les sch&#232;mes classiques, ceux qui poss&#232;dent les outils ayant la capacit&#233; de produire des marchandises (les capitalistes) ont la main haute sur ceux qui n'ont pour propri&#233;t&#233; que leur force de travail, qu'ils doivent offrir en &#233;change d'un salaire leur assurant subsistance (les travailleurs et travailleuses). Dans cette configuration &#224; deux p&#244;les, les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques des uns sont oppos&#233;s &#224; ceux des autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La diversification des formes du Capital&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Or, plus le vingti&#232;me si&#232;cle avance, plus les modes de propri&#233;t&#233; se transforment. L'&#233;largis-sement de la propri&#233;t&#233; par actionnariat cro&#238;t largement avant la moiti&#233; du si&#232;cle. Bien s&#251;r, il demeure des petites entreprises poss&#233;d&#233;es par des propri&#233;taires priv&#233;s, il reste &#233;galement des grandes familles &#224; la t&#234;te d'empires corporatifs, mais une vaste partie des grandes entreprises deviennent des soci&#233;t&#233;s par action. La gestion courante de l'entreprise, son contr&#244;le effectif, tend alors &#224; se dissocier progressivement de la propri&#233;t&#233; de cette derni&#232;re. De plus, comme les organisations se complexifient, des savoirs techniques de plus en plus nombreux sont n&#233;cessaires pour en coordonner les op&#233;rations. Ce ne sont plus les actionnaires, les propri&#233;taires l&#233;gaux des moyens de production, qui vont aller dire quoi faire &#224; telle employ&#233;e ou qui vont d&#233;cider du fonctionnement interne de telle division. Un type nouveau de salari&#233;-es joue ce r&#244;le : les dirigeantes d'entreprises, qui s'accaparent de la majeure partie du pouvoir d&#233;cisionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, le d&#233;veloppement de politiques keyn&#233;siennes qui promulguent une intervention de l'&#201;tat au sein de l'&#233;conomie cr&#233;e une caste de hauts fonctionnaires ayant une importance pr&#233;pond&#233;rante dans l'&#233;conomie. Ils sont responsables des finances de l'&#201;tat, de l'attribution des contrats publics, des choix d'investissements, d'agences de d&#233;veloppement et d'imposantes caisses de retraites publiques. Ces salari&#233;es de l'&#201;tat jouent un r&#244;le fondamental dans l'&#233;conomie, mais &#233;galement dans la reconfiguration politique des rapports de pouvoirs internes dans l'appareil &#233;tatique o&#249; ils prennent un pouvoir de plus en plus important face aux syndiqu&#233;es et aux personnels politiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;mergence de nouveaux acteurs : les coordonnateurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certains soutiennent que ce rapport particulier &#224; la production engendre une nouvelle classe, situ&#233;e entre la classe ouvri&#232;re et les capitalistes &#224; proprement parler, qu'ils nomment les coordonnateurs. Qu'ils soient au priv&#233; ou au public, les coordonnateurs jouent un r&#244;le central dans l'allocation des ressources, pour d&#233;cider comment et &#224; quel but on doit utiliser les biens mat&#233;riels, le capital, le savoir, la force de travail, etc. Michael Albert et Robin Hahnel proposent le crit&#232;re suivant pour reconna&#238;tre ceux qu'ils qualifient de coordonnateurs : des personnes qui ne sont pas propri&#233;taires des moyens de production, mais qui dirigent le travail d'autres salari&#233;es. Par exemple, le syst&#232;me &#233;conomique stalinien s'explique par la domination de cette classe sur l'ensemble de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les objectifs de cette classe ? En s'inspirant de John Kenneth Galbraith, on pourrait r&#233;pondre : une autonomie de d&#233;cision croissante par rapport aux propri&#233;taires des moyens de production, le maintien et la croissance stable de l'organisation pour laquelle ils travaillent et une augmentation de la part de la plus-value qui leur est redirig&#233;e. Ils n'ont pas int&#233;r&#234;t &#224; r&#233;aliser des profits &#224; court terme et &#224; les maximiser &#224; tout prix. Ils visent plut&#244;t une croissance continue dans laquelle leur organisation a plus de pouvoir &#233;conomique et politique tandis qu'eux-m&#234;mes, gr&#226;ce &#224; son expansion, obtiennent des postes o&#249; ils ont plus d'autonomie et de r&#233;sonance dans l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le fondement id&#233;ologique : le rationalisme manag&#233;rial&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme les autres classes, les coordonnateurs ont leurs intellectuels et leur id&#233;ologie. Ils se rattachent &#224; la pens&#233;e rationaliste et se posent comme ceux qui font usage de raison dans l'utilisation des ressources, contrairement aux capitalistes et aux salari&#233;es qui sombrent dans leurs passions &#233;go&#239;stes. Cette id&#233;ologie trouve sa forme populaire dans la th&#233;orie manag&#233;riale, diffus&#233;e largement &#224; travers toute une litt&#233;rature qui offre aux coordonnateurs &#224; la fois des fa&#231;ons de vivre et des justifications de leur existence. C&#244;t&#233; politique, leurs intellectuels ont pu former des organisations ou des partis et promouvoir la croissance de leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence de cette classe permet d'expliquer des luttes qui sont difficiles &#224; comprendre en son absence. Par exemple la r&#233;volution actionnariale ayant eu lieu dans les ann&#233;es 1980-1990, o&#249; les actionnaires tentent d'imposer des plans de restructuration qui court-circuitent les hauts dirigeants en place peut tr&#232;s bien &#234;tre comprise comme une lutte entre coordonnateurs et capitalistes. Cette r&#233;volution a men&#233; &#224; un ensemble de compromis entre capitalistes et coordonnateurs visant &#224; coller davantage ces derniers sur les int&#233;r&#234;ts des actionnaires. La mont&#233;e de l'utilisation des stock-options pour une partie de leur r&#233;mun&#233;ration illustre bien cette tendance. &#192; l'inverse, la r&#233;volte de 1956 des travailleurs et travailleuses de Budapest pourrait bien &#234;tre comprise comme une tentative de r&#233;duire le pouvoir des coordonnateurs qui les dirigeaient alors. Face aux coordonnateurs, la classe ouvri&#232;re souhaite obtenir la capacit&#233; de g&#233;rer elle-m&#234;me ses milieux de travail et l'information n&#233;cessaire pour bien comprendre les enjeux de la production.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un tiers acteur ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec cette classe et ses relations conflictuelles avec les autres classes constituent des &#233;l&#233;ments prometteurs pour mieux comprendre certains ph&#233;nom&#232;nes. Par exemple, la cr&#233;ation d'un ensemble d'entreprises qu&#233;b&#233;coises vou&#233;es &#224; &#234;tre des champions nationaux dans les ann&#233;es 1970 pourrait &#234;tre analys&#233;e sous l'angle d'une alliance entre coordonnateurs et capitalistes. On pourrait ensuite voir la transformation de cette strat&#233;gie et la comprendre &#224; l'aune des directions prises par chacune de ces classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, la transformation n&#233;olib&#233;rale des services publics peut &#234;tre analys&#233;e &#224; partir de cette nouvelle classe. Si une certaine entente avait eu lieu entre les coordonnateurs et les travailleurs et travailleuses quant &#224; la mission et &#224; la gratuit&#233; de ces services depuis la R&#233;vo&#173;lution tranquille, celle-ci semble s'&#234;tre d&#233;sagr&#233;g&#233;e &#224; partir des ann&#233;es 1980. Les coordonnateurs adh&#232;rent au final &#224; la &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt; n&#233;olib&#233;rale, car s'il faut d&#233;graisser c'est d'abord par le bas, en confiant certains secteurs &#224; la sous-traitance ou en instaurant des services de v&#233;rification de la performance pour ceux qui restent. Or, autant pour offrir des contrats publics au secteur priv&#233; que pour &#233;valuer la performance, il faut des cadres qui prennent un pouvoir croissant. Pensons aux r&#233;centes r&#233;formes pour am&#233;liorer la &#171; gouvernance &#187; tant en sant&#233; qu'en &#233;ducation, celles-ci ont syst&#233;matiquement pour cons&#233;quence d'accro&#238;tre le pouvoir des cadres sup&#233;rieurs au sein de leur organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut d&#233;battre longuement sur le fait que cet ensemble de personnes peut &#234;tre d&#233;fini comme une classe ou sur les fa&#231;ons d'en tracer les limites. Cependant, si on rejette l'outil d'analyse que repr&#233;sente cette troisi&#232;me classe, il faut &#234;tre capable de r&#233;pondre aux questions&#8194;suivantes : comment expliquer les actions de ces acteurs situ&#233;s entre le travail et le capital ? S'ils font partie d'une des deux classes classiques, alors laquelle ? De plus, comment explique-t-on qu'ils aient syst&#233;matiquement certains int&#233;r&#234;ts contraires &#224; ceux de ces deux classes ? En refusant d'y r&#233;pondre clairement, c'est tout un pan de notre syst&#232;me &#233;conomique et politique que nous laissons volontairement incompr&#233;hensible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;tau des privatisations </title>
		<link>https://www.ababord.org/L-etau-des-privatisations</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-etau-des-privatisations</guid>
		<dc:date>2009-12-31T21:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Halimi</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Halimi, Serge </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelle technique a-t-elle permis d'imposer la mise en concurrence, voire la privatisation, d'entreprises publiques, de faire accepter la fermeture d&#233;finitive de nombre de bureaux de poste et de gares, de remettre en cause la gratuit&#233; de la sant&#233; et de l'&#233;ducation, de transformer la fonction publique en un archipel d'agents concurrents et menac&#233;s ? Le tout presque sans &#171; d&#233;bat &#187;. Pour cela, il a suffi de construire un corridor de &#171; r&#233;formes &#187; &#224; l'int&#233;rieur duquel une porte se verrouille sit&#244;t (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-11-oct-nov-2005-" rel="directory"&gt;No 011 - oct. / nov. 2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Halimi-Serge-+" rel="tag"&gt;Halimi, Serge &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelle technique a-t-elle permis d'imposer la mise en concurrence, voire la privatisation, d'entreprises publiques, de faire accepter la fermeture d&#233;finitive de nombre de bureaux de poste et de gares, de remettre en cause la gratuit&#233; de la sant&#233; et de l'&#233;ducation, de transformer la fonction publique en un archipel d'agents concurrents et menac&#233;s ? Le tout presque sans &#171; d&#233;bat &#187;. Pour cela, il a suffi de construire un corridor de &#171; r&#233;formes &#187; &#224; l'int&#233;rieur duquel une porte se verrouille sit&#244;t qu'on en franchit le seuil, pour conduire &#224; une autre qui s'ouvre &#224; mesure qu'on s'en rapproche. Puis, comme le dit la chanson, assez vite &#171; &lt;i&gt;on n'a plus assez d'essence pour faire la route dans l'autre sens. Alors il faut qu'on avance&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La fatalit&#233; du &#171; il n'y a pas d'alternative &#187; accomplit son office ; la volont&#233; se trouve d'autant plus d&#233;sarm&#233;e qu'on lui a retir&#233; ses armes et qu'on pratique sans rel&#226;che la tactique de la terre br&#251;l&#233;e. La destination ne se d&#233;couvrira qu'au bout de la route. Au final, il s'agit bien d'un projet r&#233;volutionnaire, d'un grand bond en arri&#232;re, mais dont le mouvement d'ensemble est produit par un encha&#238;nement d'&#233;tapes interm&#233;diaires. On ouvre les fronti&#232;res parce que &#171; le monde a chang&#233; &#187;, qu'on n'est ni protectionniste ni nationaliste ; on privatise parce que le monopole public contredirait la concurrence qui d&#233;boule avec l'ouverture des fronti&#232;res ; on sacrifie l'emploi et le service public parce qu'une fois qu'on a privatis&#233;, il faut bien s'armer pour lutter contre la concurrence. &#171; Libre-&#233;change &#187;, &#171; taille critique &#187;, &#171; alliances &#187;, &#171; rentabilit&#233; &#187;, &#171; cr&#233;ation de valeur &#187; constituent autant de pi&#232;ces d'un &lt;i&gt;Meccano&lt;/i&gt; dont les architectes ont imagin&#233; d'avance quel ch&#226;teau fort celui-ci construirait.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;M. Seilli&#232;re ignore l' &#171; infirmerie &#187;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La feuille de route lib&#233;rale ne jure que par &#171; le pragmatisme &#187; et &#171; la voix du bon sens &#187;. Pour compenser les d&#233;ficits budg&#233;taires, il faut privatiser. Pour vendre les entreprises publiques &#224; bon prix, il faut attirer les investisseurs &#233;trangers. Pour attirer les investisseurs &#233;trangers, il faut r&#233;duire les salaires et les &#171; charges &#187;. Ensuite, la couverture sociale des travailleurs devient trop g&#233;n&#233;reuse dans le nouveau monde concurrentiel ainsi cr&#233;&#233;. L'explosion du ch&#244;mage et de la pr&#233;carit&#233;, mais &#233;galement la d&#233;syndicalisation, qui pour partie en d&#233;coule, permettent de faire taire les protestations (&#171; corporatistes &#187;) de ceux qui disposent d'un emploi et d'une bonne protection sociale. D&#232;s lors qu'en se taisant ils d&#233;montrent leur &#171; sens des responsabilit&#233;s &#187;, on ne saurait accepter tr&#232;s longtemps que les ch&#244;meurs les narguent en &#233;tant presque autant pay&#233;s qu'eux, &#224; ne rien faire. On durcit donc les contr&#244;les les concernant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au Royaume-Uni, les &#171; clients &#187; demandeurs d'emploi doivent rendre compte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sans oublier, au passage, de r&#233;duire leurs allocations, trop porteuses d'une culture de l' &#171; assistance &#187; et de la d&#233;pendance. En 1998, le tr&#232;s affectueux Ernest-Antoine Seilli&#232;re, &#224; l'&#233;poque pr&#233;sident du Mouvement des entreprises de France (Medef), l'avait expliqu&#233; : &#171; &lt;i&gt;On ne peut pas mener les combats d'aujourd'hui avec un regard concentr&#233; sur l'infirmerie&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ernest-Antoine Seilli&#232;re, France 2, 22 janvier 1998.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lib&#233;raux, on l'a vu, ne se d&#233;sint&#233;ressent pas pour autant de la sant&#233; collective. En ce domaine, comme en mati&#232;re d'&#233;ducation, la &#171; progression logique &#187; d'un syst&#232;me public et gratuit vers une industrie largement priv&#233;e et financ&#233;e par des assurances ou par des pr&#234;ts bancaires commence par invoquer le syst&#232;me centralis&#233; qui ne marche pas, qui est bureaucratique, en faillite, in&#233;galitaire. Il convient de d&#233;centraliser l'&#233;difice &#8211; &#171; proximit&#233; &#187; oblige &#8211;, d'abandonner aux r&#233;gions la &#171; responsabilit&#233; &#187; de leurs budgets, de cr&#233;er un march&#233; de l'&#233;ducation ou de la sant&#233; afin de fixer des prix qui permettront de contr&#244;ler et d'orienter la gestion. Cela fait, il conviendra vite tant&#244;t de fermer des h&#244;pitaux (ou des &#233;coles, ou des bureaux de poste) dont on a d&#233;couvert qu'ils n'&#233;taient pas rentables, tant&#244;t de nouer des &#171; partenariats &#187; avec des entreprises locales, tant&#244;t de revenir sur la gratuit&#233; des soins et des &#233;tudes, tant&#244;t de d&#233;l&#233;guer au priv&#233; une part croissante des t&#226;ches d'&#233;ducation ou de sant&#233;, dor&#233;navant &#233;clat&#233;es en particules de plus en plus petites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y parviendra d'autant plus facilement qu'on aura pr&#233;alablement expliqu&#233; qu'il est pr&#233;f&#233;rable de ne conserver que le c&#339;ur du m&#233;tier, qu'il n'est pas n&#233;cessaire que ce soit des fonctionnaires qui assurent le gardiennage, le nettoyage, la restauration, qui fassent les photocopies, construisent et d&#233;pouillent des questionnaires, s'encombrent d'un parc automobile et g&#232;rent les frais de personnel, forment des pilotes d'h&#233;licopt&#232;re. &#192; l'issue de ces &#233;valuations incessantes et de ces d&#233;l&#233;gations successives &#8211; des embarras de tr&#233;sorerie aussi &#8211;, on se d&#233;barrasse d'activit&#233;s autrefois organis&#233;es par l'&#201;tat. &#171; &lt;i&gt;Toutes les missions qui peuvent &#234;tre exerc&#233;es par le secteur priv&#233; devront &#234;tre privatis&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, avait annonc&#233; en 2004 le premier ministre fran&#231;ais, dont le secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; la r&#233;forme de l'&#201;tat pr&#233;cisait : &#171; &lt;i&gt;Notre strat&#233;gie est de recentrer l'&#201;tat sur ses missions essentielles et de c&#233;der au priv&#233; toutes les autres, notamment logistiques&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Fonctionnaires : ce qui les attend &#187;, L'Expansion, avril 2004.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En Irak, l'arm&#233;e am&#233;ricaine a m&#234;me sous-trait&#233; des t&#226;ches li&#233;es &#224; la conduite de la guerre et &#224; la collecte (un peu vigoureuse) de &#171; renseignements &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il &#233;tait ministre des Finances, M. Francis Mer fit appel &#224; des cabinets de conseil priv&#233;s pour r&#233;fl&#233;chir&#8230; au meilleur moyen de supprimer 30 000 emplois de fonctionnaires ! Ceux qui &#233;chappent &#224; la hache se sentent en sursis : d&#232;s que possible, on remettra en cause leur statut, leur s&#233;curit&#233; d'emploi, auxquels on substituera un contrat &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e de droit public, puis priv&#233;. M. Christian Blanc, d&#233;put&#233; UDF, s'est d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; favorable &#224; la suppression en France du statut de la fonction publique h&#233;rit&#233; de la Lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; La consigne pass&#233;e &#224; tous les ministres est stricte&lt;/i&gt;, &#233;crivait le magazine &lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt; &#224; propos de la France : &lt;i&gt;ne remplacer qu'un d&#233;part en retraite sur deux. Un objectif ambitieux qui, s'il est suivi, permettrait th&#233;oriquement en huit ans de r&#233;duire de 300 000 le nombre de fonctionnaires et d'&#233;conomiser en 2012, selon le s&#233;nateur UMP Philippe Marini, 12 milliards d'euros&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ici, l'id&#233;e que le fonctionnaire repr&#233;sente pour le contribuable autre chose qu'une charge mais, par exemple, une infirmi&#232;re qui le soigne, un pompier qui le secourt, un enseignant qui instruit sa prog&#233;niture, un inspecteur du travail qui le prot&#232;ge de l'arbitraire patronal, n'est pas sugg&#233;r&#233;e. Un co&#251;t, c'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Suisse, &#171; &lt;i&gt;pour &#234;tre plus comp&#233;titif et changer de culture&lt;/i&gt; &#187;, l'Office f&#233;d&#233;ral du personnel s'est, selon ses propres termes, &#171; &lt;i&gt; appropri&#233; les outils du priv&#233;&lt;/i&gt; &#187; : la garantie de l'emploi des fonctionnaires a ainsi &#233;t&#233; abolie en novembre 2000. Une coalition de gauche a g&#233;n&#233;ralis&#233; une pratique identique en Italie : autonomie de gestion des responsables administratifs, individualisation des t&#226;ches, r&#233;tribution &#224; la performance. D&#233;sormais, &#171; &lt;i&gt;seuls 15 % des emplois publics demeurent dans le giron de l'&#201;tat (magistrats, avocats et procureurs d'&#201;tat, militaires, policiers, diplomates, professeurs d'universit&#233;), pendant que tous les autres passent, en moins de deux ans, sous contrat priv&#233;, m&#234;me s'ils restent pay&#233;s par l'&#201;tat &lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C&#233;cile Cornudet, &#171; R&#233;forme de l'Etat : les &#8220;recettes&#8221; &#233;trang&#232;res &#187;, Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En Nouvelle-Z&#233;lande, le nombre des fonctionnaires est pass&#233; de 71 000 en 1988 &#224; 32 900 en 1996. Ils travaillent davantage avec moins de ressources ; leur charge a &#233;t&#233; accrue et leur s&#233;curit&#233; d'emploi supprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois m&#233;tamorphos&#233; et red&#233;ploy&#233; vers des missions d'ordre et de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure, l'&#201;tat devient moins susceptible d'endiguer un jour l'expansion de la loi marchande. Pour les lib&#233;raux, la privatisation, en bloc ou par tranches, pr&#233;sente &#233;galement l'avantage d'amoindrir le pouvoir de r&#233;sistance des syndicats, ce qui permettra de d&#233;gager la voie pour les &#171; r&#233;formes &#187; suivantes. La revendication sociale s'est en effet souvent adoss&#233;e &#224; des entreprises publiques, plus syndicalis&#233;es que les autres, dont les grandes gr&#232;ves ont rythm&#233; l'histoire de la France (Charbonnages en 1963, R&#233;gie Renault en 1968, SNCF et RATP en 1995). Quand, en 2004, l'Assembl&#233;e nationale a accept&#233; que la majorit&#233; du capital de France T&#233;l&#233;com passe sous contr&#244;le priv&#233;, le d&#233;put&#233; UDF Jean Dionis du S&#233;jour, membre de la Commission sup&#233;rieure du service public des postes et t&#233;l&#233;communications, pr&#233;cisa en passant : &#171; &lt;i&gt;Le texte pr&#233;voit la normalisation des instances repr&#233;sentatives du personnel. En clair, les syndicats, qui participaient au conseil d'administration de France T&#233;l&#233;com, n'en feront plus partie&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Figaro, 20 octobre 2003.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Causes et cons&#233;quences sont souvent li&#233;es dans l'encha&#238;nement du projet lib&#233;ral : la faiblesse des organisations ouvri&#232;res favorise l'imposition de la flexibilit&#233; de l'emploi, laquelle &#224; son tour nuit au recrutement syndical. &#171; &lt;i&gt;Si nous voulons entretenir le moindre espoir d'un retour &#224; une &#233;conomie de libert&#233;, la question de la restriction du pouvoir syndical est une des plus importantes&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;venait Friedrich Hayek d&#232;s le printemps 1947&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Le Grand Bond en arri&#232;re, Fayard, Paris, 2004.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. M&#234;me le d&#233;couragement et la d&#233;faite, &#231;a se construit. Les n&#233;olib&#233;raux sont de grands architectes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t, conform&#233;ment &#224; leurs desseins, une soci&#233;t&#233; priv&#233;e se charge du m&#233;nage, une autre de l'informatique, une troisi&#232;me de la communication d'entreprise. En multipliant les employeurs et les r&#233;gimes d'embauche, on a attaqu&#233; la solidarit&#233; entre les agents et les m&#233;tiers. On avance encore en g&#233;n&#233;ralisant le syst&#232;me des primes au m&#233;rite, c'est-&#224;-dire en individualisant les r&#233;mun&#233;rations. Ce qui devient priv&#233; le restera, ce qui reste public a vocation &#224; &#234;tre privatis&#233; la fois suivante, lors d'une nouvelle campagne politico-m&#233;diatique d'affolement li&#233;e au &#171; trou de la S&#233;curit&#233; sociale &#187; ou &#224; la &#171; faillite &#187; du syst&#232;me &#233;ducatif. Mais nul ne propose de renationaliser une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision priv&#233;e pour endiguer le d&#233;ferlement de m&#233;diocrit&#233; dont ses programmes donnent l'exemple...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Progressivement, la logique lucrative envahit le public, dont la mission principale &#233;tait de satisfaire des besoins collectifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire l'enqu&#234;te de Gilles Balbastre, &#171; &#192; La Poste aussi, les agents doivent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#201;valuation, restructuration, d&#233;l&#233;gation de mission : les compagnies sous-traitantes auxquelles on fait appel sont souvent d'autant plus concurrentielles que leurs personnels ne b&#233;n&#233;ficient pas du statut &#171; privil&#233;gi&#233; &#187; des fonctionnaires et ne s'encombrent pas de syndicats. Au bout de la route, une fois que les entreprises et les services publics ont perdu leur sp&#233;cificit&#233; (t&#226;che, personnel) et qu'on leur enjoint avant tout de faire des b&#233;n&#233;fices, la voie de leur liquidation est grande ouverte. Et &#224; supposer qu'un jour le nom de la soci&#233;t&#233;, trop hexagonal &#8211; Air France, EDF, France T&#233;l&#233;com (accents compris) &#8211;, indispose les investisseurs &#233;trangers, rien n'emp&#234;chera d'en changer, un peu comme on efface derri&#232;re soi les traces d'une jeunesse dissolue.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Moulins &#224; propagande&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait hier. La poste, l'&#233;lectricit&#233;, l'&#233;ducation, la sant&#233; n'&#233;taient pas des unit&#233;s de production cherchant &#224; r&#233;aliser plus de profits que leurs concurrents. Elles n'avaient pas de concurrents. Administrations d'&#201;tat ou services publics, leur mission consistait &#224; acheminer le courrier, l'&#233;lectricit&#233;, &#224; garantir l'&#233;ducation, la sant&#233; des populations. Sans &#233;carter les plus isol&#233;es, les moins rentables. On ne calculait pas trop ces choses-l&#224;. Le march&#233; occupait un p&#233;rim&#232;tre assign&#233; &#224; l'int&#233;rieur d'une &#233;conomie mixte. On savait qu'il n'&#233;tait pas bon &#224; tout faire. Ni &#224; se soucier d'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation et &#224; la sant&#233;. Ni &#224; organiser l'am&#233;nagement du territoire. Ni &#224; investir dans des activit&#233;s vitales dont les espoirs de rentabilit&#233; d&#233;passent l'horizon temporel des march&#233;s financiers. Ni &#224; appr&#233;cier le co&#251;t pour la collectivit&#233; de d&#233;cisions individuelles uniquement profitables du point de vue des entreprises qui les prennent. Ainsi, quand on int&#232;gre dans le prix de l'acheminement en camion le risque d'accident de la route et la certitude de la pollution, le transport routier cesse de co&#251;ter moins cher que le fret ferroviaire, et le d&#233;ficit de ce dernier secteur appara&#238;t moins redoutable. S'il y a &#171; concurrence &#187; entre rail et route, la soci&#233;t&#233; a en effet int&#233;r&#234;t &#224; subventionner le fret et &#224; imputer aux poids lourds, machines &#224; produire du gaz &#224; effet de serre, la responsabilit&#233; d'une partie des effets de la canicule, victimes comprises&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Serge Latouche, &#171; Moins loin, moins vite &#187;, La D&#233;croissance, n&#176; 21, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; soci&#233;t&#233; &#187;. Ce mot d&#233;plaisait &#224; Mme Margaret Thatcher. Les lib&#233;raux pr&#233;f&#232;rent ne conna&#238;tre que des individus. Leur vision de la propri&#233;t&#233; publique en d&#233;coule. &#171; &lt;i&gt; Quand tout le monde poss&#232;de quelque chose, personne ne le poss&#232;de, et personne n'a int&#233;r&#234;t &#224; le maintenir en &#233;tat ou &#224; l'am&#233;liorer, expliquait Milton Friedman en 1990. C'est pourquoi les immeubles sovi&#233;tiques &#8211; et les HLM aux &#201;tats-Unis &#8211; ont l'air d&#233;labr&#233;s un an ou deux apr&#232;s leur construction&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Milton et Rose Friedman, Free to Choose, Harcourt, Orlando (Floride), 1990, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une telle logique aurait toutefois sembl&#233; moins imparable &#224; M. Friedman s'il avait voyag&#233; en train au Royaume-Uni depuis que cette activit&#233; y a &#233;t&#233; confi&#233;e au priv&#233;. Mais le lib&#233;ralisme e&#251;t alors peut-&#234;tre perdu dans un accident ferroviaire l'un de ses avocats les plus coriaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le syst&#232;me public ne reculera que pris en tenaille entre des d&#233;ficits devenus insupportables et des ressources en voie de r&#233;traction&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Expansion, 2 novembre 1984.&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#201;nonc&#233;s par Alain Minc il y a vingt ans, l'aveu et la recette tenaient un peu du plagiat. Aux &#201;tats-Unis, Ronald Reagan avait en effet d&#233;j&#224; r&#233;duit les imp&#244;ts directs pour cr&#233;er d'&#233;normes d&#233;ficits, lesquels lui servirent ensuite de pr&#233;texte au d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat social. Simultan&#233;ment, il s'employa (&#171; &lt;i&gt;nouveau f&#233;d&#233;ralisme&lt;/i&gt; &#187;) &#224; d&#233;l&#233;guer aux autorit&#233;s locales des services et des administrations publiques, mais sans leur offrir les moyens de les mettre en &#339;uvre. &#192; elles de tenir la s&#233;bile ou le couteau. MM. Bush et Villepin n'ont rien invent&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement sup&#233;rieur gratuit est &#224; son tour engag&#233; de force dans le corridor des r&#233;formes par l'insuffisance des d&#233;penses publiques. Annuellement et par &#233;tudiant, elles sont pass&#233;es au Royaume-Uni d'environ 8 000 livres (12 000 euros) en 1990 &#224; environ 5 000 livres (7 500 euros) dix ans plus tard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Drowning spires &#187;, The Economist, 29 novembre 2003.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. M. Blair pr&#233;f&#232;re n&#233;anmoins faire payer les usagers. Les droits d'inscription universitaires ont ainsi tripl&#233; en 2004-2005 ; ils peuvent dor&#233;navant atteindre 3 000 livres par an (4 500 euros). &#171; &lt;i&gt;Partout dans le monde, se r&#233;jouit l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomique&lt;/i&gt; (OCDE),&lt;i&gt; l'enseignement sup&#233;rieur est soumis &#224; des pressions en faveur du changement.&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;Dans cet environnement plus complexe, il n'est plus d&#233;sormais opportun que les pouvoirs publics g&#232;rent directement ce secteur, les m&#233;canismes du march&#233; &#233;tant souvent plus efficaces que les administrateurs pour r&#233;guler l'offre et la demande de divers types de formation assur&#233;s &#224; une vari&#233;t&#233; de clients &lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;OCDE, Analyse des politiques d'&#233;ducation, 2003, p. 66.&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sent&#233; comme une &#233;vidence par les moulins &#224; propagande de la presse &#8211; qui ne tardent jamais &#224; publier les palmar&#232;s des h&#244;pitaux, lyc&#233;es, universit&#233;s, compagnies de t&#233;l&#233;phone &#8211;, le choix de la lib&#233;ralisation a rarement &#233;t&#233; ent&#233;rin&#233; par un vote populaire. Presque chacune des grandes privatisations britanniques a suscit&#233; l'hostilit&#233; pr&#233;alable d'une majorit&#233; du peuple. Interrog&#233;s sur la vente des for&#234;ts domaniales de leur pays, 79 % des N&#233;o-Z&#233;landais s'y d&#233;claraient oppos&#233;s ; 4 % seulement l'approuvaient. Le programme ultralib&#233;ral dont M. Alain Madelin fut l'avocat lors de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle fran&#231;aise de 2002 ne recueillit que 3,91 % des suffrages exprim&#233;s. Pourtant, la plupart des industries et des services publics au Royaume-Uni ont bien &#233;t&#233; privatis&#233;s, tout comme les for&#234;ts domaniales n&#233;o-z&#233;landaises. Quand le second mandat de M. Jacques Chirac s'ach&#232;vera, dans dix-huit mois, c'est le programme de M. Madelin qui aura &#233;t&#233; le mieux ex&#233;cut&#233;, pas les promesses pr&#233;sidentielles relatives au combat contre l'&#171; ins&#233;curit&#233; &#187; ou &#224; la r&#233;sorption de la &#171; fracture sociale &#187;. Et d'ailleurs, quelques semaines apr&#232;s le refus par une majorit&#233; des Fran&#231;ais d'une Constitution lib&#233;rale pour l'Union europ&#233;enne, quel homme politique M. de Villepin a-t-il pr&#233;sent&#233; &#224; la t&#234;te de l'OCDE ? M. Madelin, bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La privatisation du monde correspond &#224; une logique censitaire. Elle confie en effet tous les pouvoirs &#233;conomiques et sociaux &#8211; la cl&#233; de toutes les entreprises et de tous les services, de toutes les possibilit&#233;s de recruter et de d&#233;terminer le niveau des salaires, de sauver ou de condamner des collectivit&#233;s &#8211; &#224; ceux qui d&#233;j&#224; disposent des privil&#232;ges de la naissance et de la fortune. La d&#233;mocratie, le suffrage universel, le syndicalisme, qui permettaient d'&#233;quilibrer cette puissance du capital en lui refusant le droit de contr&#244;ler seul des domaines essentiels de l'activit&#233; humaine (&#233;cole, sant&#233;, fiscalit&#233;, emploi, culture, transports), a toujours &#233;t&#233; per&#231;ue comme un obstacle, voire une &#171; pers&#233;cution &#187; par les directions d'entreprises priv&#233;es et par les actionnaires. Ils n'ont d&#233;sormais pas grand chose &#224; redouter des hommes politiques qui se succ&#232;dent pour les combler de nouveaux avantages. Cela ne leur suffit pas. Pour s'assurer que leur Eden ne s'interrompra pas de sit&#244;t, ils pr&#233;f&#232;rent que la puissance publique perde d&#233;finitivement les moyens de les contraindre, si par miracle il lui en prenait demain la fantaisie. La privatisation de l'&#233;conomie, la lib&#233;ralisation de la finance, le libre-&#233;change, l'affaiblissement du syndicalisme, la domination de l'information et de la culture par des multinationales leur permettent de dormir tranquilles. Mais d'autres qu'eux ont pr&#233;c&#233;demment nourri l'illusion d'une histoire apais&#233;e et le vertige d'un syst&#232;me de domination install&#233; pour l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Au Royaume-Uni, les &#171; clients &#187; demandeurs d'emploi doivent rendre compte chaque semaine &#224; leur &#171; conseiller &#187; de leurs d&#233;marches pour retrouver du travail. &#171; &lt;i&gt;Si un ch&#244;meur britannique n'accepte pas le poste qu'on lui propose dans son domaine de comp&#233;tence, nous suspendons imm&#233;diatement ses indemnit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise la directrice d'un &lt;i&gt;job center&lt;/i&gt;. M&#234;me chose au Danemark.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ernest-Antoine Seilli&#232;re, France 2, 22 janvier 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Fonctionnaires : ce qui les attend &#187;, &lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;, avril 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C&#233;cile Cornudet, &#171; R&#233;forme de l'Etat : les &#8220;recettes&#8221; &#233;trang&#232;res &#187;,&lt;i&gt; Les &#201;chos&lt;/i&gt;, 24 sept 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 20 octobre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Cf. Le Grand Bond en arri&#232;re&lt;/i&gt;, Fayard, Paris, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire l'enqu&#234;te de Gilles Balbastre, &#171; &#192; La Poste aussi, les agents doivent penser en termes de march&#233; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, octobre 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Serge Latouche, &#171; Moins loin, moins vite &#187;,&lt;i&gt; La D&#233;croissance&lt;/i&gt;, n&#176; 21, Lyon, mai 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Milton et Rose Friedman,&lt;i&gt; Free to Choose&lt;/i&gt;, Harcourt, Orlando (Floride), 1990, p. 24. C'est au nom du m&#234;me raisonnement que certains lib&#233;raux recommandent la privatisation des troupeaux d'&#233;l&#233;phants africains afin de les prot&#233;ger des braconniers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;, 2 novembre 1984.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Drowning spires &#187;, &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt;, 29 novembre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;OCDE, &lt;i&gt;Analyse des politiques d'&#233;ducation&lt;/i&gt;, 2003, p. 66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Serge Halimi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Journaliste au &lt;i&gt;Monde diplomatique&lt;/i&gt; et auteur du &lt;i&gt;Grand bond en arri&#232;re, Comment l'ordre n&#233;olib&#233;ral s'est impos&#233; au monde&lt;/i&gt;, Fayard, 2004 (r&#233;&#233;dit&#233; et mis &#224; jour en octobre 2005), dont cet article s'inspire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le droit de d&#233;fendre nos droits</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-droit-de-defendre-nos-droits</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-droit-de-defendre-nos-droits</guid>
		<dc:date>2008-08-24T21:08:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Monique Moisan</dc:creator>


		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Moisan, Monique </dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis un peu plus d'un an, les groupes de d&#233;fense collective des droits font l'objet d'une campagne de d&#233;nigrement et de remise en question du financement que leur verse l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois pour accomplir leur mission. S'il semble acceptable que des groupes communautaires soient subventionn&#233;s pour accomplir &#224; un co&#251;t moindre la mission de l'&#201;tat aupr&#232;s des plus d&#233;muniEs, il n'en va pas de m&#234;me pour les groupes dont la mission principale est de d&#233;fendre nos droits. &lt;br class='autobr' /&gt; Au printemps 2006, Claude (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-20-ete-2007-" rel="directory"&gt;No 020 - &#233;t&#233; 2007&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Moisan-Monique-+" rel="tag"&gt;Moisan, Monique &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis un peu plus d'un an, les groupes de d&#233;fense collective des droits font l'objet d'une campagne de d&#233;nigrement et de remise en question du financement que leur verse l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois pour accomplir leur mission. S'il semble acceptable que des groupes communautaires soient subventionn&#233;s pour accomplir &#224; un co&#251;t moindre la mission de l'&#201;tat aupr&#232;s des plus d&#233;muniEs, il n'en va pas de m&#234;me pour les groupes dont la mission principale est de d&#233;fendre nos droits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au printemps 2006, Claude Picher ouvrait le tir contre les groupes populaires et communautaires dont une part de leur financement provient de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a aucun doute que les b&#233;n&#233;ficiaires de subvention, dans leur vaste majorit&#233;, jouent un r&#244;le essentiel. Mais devant la multiplication des bonnes (et des moins bonnes) causes, devant la pl&#233;thore d'organismes qui se marchent mutuellement sur les pieds&lt;/i&gt; (&#8230;), l&lt;i&gt;e temps ne serait-il pas venu de d&#233;poussi&#233;rer tout cela ? De s'assurer que l'argent serve vraiment &#224; soulager la mis&#232;re, et non &#224; organiser des manifestations ?&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les bonnes &#339;uvres&#8230; et les moins bonnes &#187;, La Presse, 1er avril 2006.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Ce &#171; &lt;i&gt;d&#233;poussi&#233;rage&lt;/i&gt; &#187; auquel Picher conviait alors le gouvernement du Qu&#233;bec ne visait pas tant &#171; tout cela &#187;, mais plus pr&#233;cis&#233;ment les groupes de d&#233;fense collective des droits, ceux-l&#224; m&#234;mes qui organisent des manifestations et qui sont pass&#233;s ma&#238;tres &#171; &lt;i&gt;dans l'art d'attirer les m&#233;dias&lt;/i&gt; &#187;. Il va sans dire que pour les autres groupes, qui ont l'heur de ne pas encombrer nos rues avec leurs revendications, les maigres fonds accord&#233;s par l'&#201;tat n'ont pas &#224; &#234;tre remis en question : &#171; &lt;i&gt; Il est &#233;vident qu'il en co&#251;terait beaucoup plus cher au gouvernement s'il devait lui-m&#234;me assumer des responsabilit&#233;s pr&#233;sentement support&#233;es par des milliers de b&#233;n&#233;voles. En revanche, certaines subventions laissent songeur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la charge la plus vindicative est venue de Michel Kelly-Gagnon, au lendemain de sa nomination en tant que pr&#233;sident du Conseil du patronat du Qu&#233;bec en avril 2006 : &#171; &lt;i&gt;Il n'est pas &#233;tonnant, dans ces conditions, que les pouvoirs publics soient pratiquement incapables de prendre des d&#233;cisions &#233;conomiques sens&#233;es quand elles ont le malheur de heurter les pr&#233;jug&#233;s des professionnels de la contestation. Force est de constater que leur influence politique est excessive et qu'ils ont un effet paralysant sur le d&#233;veloppement &#233;conomique de la province. Ils nuisent carr&#233;ment &#224; la prosp&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;rale. On ne peut plus tol&#233;rer cette situation, au risque de voir l'&#233;conomie du Qu&#233;bec tomber dans le marasme.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Conseil du patronat du Qu&#233;bec : Les groupes communautaires nuisent &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Quelques jours plus tard, M. Kelly-Gagnon pr&#233;cisait sa pens&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Certains groupes de pression exercent une influence d&#233;mesur&#233;e sur le gouvernement. Par souci de justice et d'&#233;quit&#233;, l'&#201;tat devrait avoir le courage politique de couper leurs subventions.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Du communautaire &#224; la politique&#8230; &#187;, La Presse, 27 mai 2006.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se rappellera qu'&#224; cette &#233;poque, le projet de d&#233;m&#233;nagement du casino dans le quartier Pointe-Saint-Charles &#224; Montr&#233;al venait d'&#234;tre abandonn&#233;, notamment &#224; la suite de la mobilisation des groupes communautaires membres de la Table de concertation Action-Gardien de Pointe-Saint-Charles. S'ils furent nombreux &#224; d&#233;crier les groupes pour avoir fait d&#233;raper le processus d'implantation du casino dans ce quartier, les accusant d'immobilisme et emp&#234;chant le Qu&#233;bec de prosp&#233;rer, bien peu firent &#233;tat de l'ensemble des raisons ayant fait avorter le projet, outre la mobilisation populaire. Dans un rare moment de lucidit&#233;, Lysiane Gagnon &#233;crivait : &#171; &lt;i&gt;Le projet est tomb&#233; parce qu'il ne pr&#233;sentait aucune garantie de rentabilit&#233;. M&#234;me le Cirque du Soleil, nominalement partenaire de Loto-Qu&#233;bec, ne voulait pas y investir un sou, encore moins y b&#226;tir des installations permanentes&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;Qui sont les plus gros parasites de l'&#201;tat ici ? Les groupes communautaires, qui reposent sur le b&#233;n&#233;volat, ou les compagnies comme Astral, Spectra et Juste pour rire, qui sont massivement subventionn&#233;es par les gouvernements ?&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Qui sont les parasites ? &#187;, La Presse, 3 juin 2006.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Poser la question, c'est y r&#233;pondre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette premi&#232;re salve contre le financement des groupes de d&#233;fense collective des droits fut suivie d'une seconde, en janvier 2007, dans les pages du Journal de Qu&#233;bec, sous la plume de Michel H&#233;bert d'abord&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Qu&#233;bec a vers&#233; 635 M$ &#224; 5 072 organismes communautaires : Et le budget (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, puis de Jean-Jacques Samson, sous un titre tr&#232;s &#233;vocateur : &#171; L'association des plum&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'association des plum&#233;s &#187;, Journal de Qu&#233;bec, 6 janvier 2007.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Certains organismes dispensent des services directs et concrets &#224; des client&#232;les vuln&#233;rables. La pertinence de ceux-ci n'est nullement mise en doute. Des milliers d'autres font toutefois de la politique &#224; plein temps avec notre argent, et contre nous. On retrouve dans le catalogue des subventionn&#233;s nombre de groupes de pression et leurs filiales locales, pay&#233;s avec nos imp&#244;ts pour organiser des manifestations, tenir des conf&#233;rences de presse, faire de l'activisme, utiliser leur poids pour orienter des d&#233;cisions politiques, budg&#233;taires et fiscales en faveur de leurs client&#232;les&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;Le d&#233;nominateur commun est toujours l'utilisation de subventions provenant des imp&#244;ts et taxes pour exiger de plumer encore plus ceux qui ont pay&#233; ces imp&#244;ts et taxes.&lt;/i&gt; &#187; Un peu plus loin il ajoute : &#171; &lt;i&gt;Une &#233;valuation plus serr&#233;e du travail accompli et de l'utilisation des fonds publics pour la &#8220;d&#233;fense des droits&#8221; s'impose aussi. La reddition des comptes est minimales dans ce secteur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un peu de m&#233;nage dans tout cela (comme dirait l'autre&#8230;)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces quelques extraits sont assez repr&#233;sentatifs de l'ensemble des pr&#233;jug&#233;s v&#233;hicul&#233;s dans tous les articles parus &#224; ce sujet. Pr&#233;jug&#233;s certes, mais aussi manipulation de l'opinion publique &#224; l'encontre des groupes de d&#233;fense collective des droits afin de faire pression sur le gouvernement pour qu'il cesse de les financer. Comme quoi il n'y a pas que les &#171; &lt;i&gt;groupes de pression&lt;/i&gt; &#187; qui cherchent &#224; influencer le gouvernement. Revoyons certains de leurs arguments :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pl&#233;thore d'organismes qui se marchent mutuellement sur les pieds. Oui, l'&#201;tat finance un peu plus de 5 000 groupes communautaires, dont la majorit&#233; &#339;uvrent en sant&#233; et services sociaux, offrant des services directs &#224; la population, et ce, bien souvent dans le cadre d'ententes sp&#233;cifiques de services. Une bonne part de leur financement n'est donc pas du soutien &#224; la mission globale, mais bien plut&#244;t pour faire le travail de l'&#201;tat &#224; sa place et &#224; moindre co&#251;t. Leur nombre est proportionnel aux besoins de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur influence politique est excessive. Bien s&#251;r, les groupes de d&#233;fense collective des droits cherchent &#224; influencer les processus de d&#233;cision du gouvernement, car c'est bien souvent la seule fa&#231;on de faire respecter nos droits collectifs. Oui ils manifestent, oui ils font signer des p&#233;titions, oui ils rencontrent les &#233;luEs pour leur exposer leur point de vue. Nombre de ces groupes existent depuis 10 ou 20 ans et ils ont d&#233;velopp&#233; une expertise dans leur domaine d'activit&#233;s. Lorsqu'ils prennent position, ce n'est pas sur la base de pr&#233;jug&#233;s mais bien &#224; la suite d'une &#233;valuation s&#233;rieuse des impacts d'une &#233;ventuelle d&#233;cision gouvernementale sur la vie et les droits de la population. Leurs motivations sont bien diff&#233;rentes de tous ces &#171; autres &#187; groupes de pression qui font du &#171; lobbying &#187; dans les couloirs des grands h&#244;tels ou m&#234;me du Parlement pour servir des int&#233;r&#234;ts corporatifs bien loin des pr&#233;occupations de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des milliers font de la politique &#224; plein temps et contre nous. Quelle jolie perle ! On d&#233;nombre tout au plus 350 groupes de d&#233;fense collective des droits financ&#233;s par le Secr&#233;tariat &#224; l'action communautaire autonome et aux initiatives sociales du Qu&#233;bec. On est bien loin des milliers de groupes d&#233;nonc&#233;s par Jean-Jacques Samson. Ces organismes &#339;uvrent dans plusieurs domaines : logement, personnes handicap&#233;es, assist&#233;es sociales ou ch&#244;meuses, environnement, consommation. De toute &#233;vidence, M. Samson n'est ni handicap&#233;, ni assist&#233; social, ni ch&#244;meur, est fort probablement propri&#233;taire, se fout de l'environnement et n'a pas de probl&#232;me de consommation !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reddition des comptes est minimale dans ce secteur. Faux. Le processus de reddition des comptes exige notamment le d&#233;p&#244;t de leurs &#233;tats financiers et de leur rapport annuel d'activit&#233;s. Chaque dollar allou&#233; par le gouvernement au soutien de leur mission est d&#233;pens&#233; conform&#233;ment au protocole d'entente que le groupe signe avec son bailleur de fonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupes de d&#233;fense collective des droits jouent un r&#244;le essentiel dans notre soci&#233;t&#233;, non seulement dans la d&#233;fense de nos droits collectifs, mais &#233;galement &#224; travers leurs autres activit&#233;s, dont l'&#233;ducation populaire autonome occupe une grande place. Ces groupes sont aussi des espaces citoyens &#339;uvrant aupr&#232;s de la population dans un but de transformation sociale. Ils ont &#233;t&#233; mis sur pied par des citoyenNEs et leur mission est d&#233;termin&#233;e par leurs membres. Leur l&#233;gitimit&#233; provient de la volont&#233; citoyenne d'agir dans un souci de justice sociale et de redistribution &#233;quitable de la richesse, et ce, &#224; travers des processus d&#233;mocratiques. On ne peut pas dire la m&#234;me chose de tous les &#171; autres &#187; groupes de pression qui fr&#233;quentent les alc&#244;ves du pouvoir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Les bonnes &#339;uvres&#8230; et les moins bonnes &#187;,&lt;i&gt; La Presse&lt;/i&gt;, 1er avril 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Conseil du patronat du Qu&#233;bec : Les groupes communautaires nuisent &#224; la prosp&#233;rit&#233;, selon le pr&#233;sident &#187;, &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, 18 mai 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Du communautaire &#224; la politique&#8230; &#187;, &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, 27 mai 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Qui sont les parasites ? &#187;, &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, 3 juin 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Qu&#233;bec a vers&#233; 635 M$ &#224; 5 072 organismes communautaires : Et le budget gonfle sans cesse &#187; et &#171; Taschereau a re&#231;u plus que la Gasp&#233;sie &#187;, &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, 4 janvier 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'association des plum&#233;s &#187;, &lt;i&gt;Journal de Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, 6 janvier 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monique Moisan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Repaire de la droite</title>
		<link>https://www.ababord.org/Repaire-de-la-droite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Repaire-de-la-droite</guid>
		<dc:date>2008-08-21T04:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Normand Baillargeon</dc:creator>


		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, Normand </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le cerveau des domin&#233;s est une composante majeure de l'arsenal des dominants. Ils l'ont d'ailleurs depuis longtemps compris et d&#233;ploient &#233;norm&#233;ment d'argent, d'&#233;nergie et de ressources &#224; le fa&#231;onner. Il s'agit de faire en sorte que les domin&#233;s soient persuad&#233;s de vivre dans une soci&#233;t&#233; juste et de n'avoir qu'&#224; s'en prendre &#224; eux-m&#234;mes pour leur situation, de faire en sorte que les pauvres votent pour les riches, les exclus pour ceux qui les excluent, les malades contre des soins de sant&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-institut-economique-de-" rel="directory"&gt;Dossier : L'institut &#233;conomique de Montr&#233;al, repaire de la droite&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Patrons-et-think-tanks-+" rel="tag"&gt;Patrons et think tanks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Baillargeon-Normand-+" rel="tag"&gt;Baillargeon, Normand &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton211.jpg?1642092172' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;340&#034; height=&#034;328&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le cerveau des domin&#233;s est une composante majeure de l'arsenal des dominants. Ils l'ont d'ailleurs depuis longtemps compris et d&#233;ploient &#233;norm&#233;ment d'argent, d'&#233;nergie et de ressources &#224; le fa&#231;onner. Il s'agit de faire en sorte que les domin&#233;s soient persuad&#233;s de vivre dans une soci&#233;t&#233; juste et de n'avoir qu'&#224; s'en prendre &#224; eux-m&#234;mes pour leur situation, de faire en sorte que les pauvres votent pour les riches, les exclus pour ceux qui les excluent, les malades contre des soins de sant&#233; universels, les &#233;tudiants contre le droit &#224; l'&#233;ducation, et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises ont tr&#232;s vite compris l'importance, pour ce faire, le fait de poss&#233;der les m&#233;dias &#8212; et elles les poss&#232;dent effectivement. Dans le m&#234;me esprit ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es, il y a pr&#232;s d'un si&#232;cle, des organisations sp&#233;cialis&#233;es appel&#233;es firmes de relations publiques qui s'efforcent de &#171; cristalliser l'opinion publique &#187;, selon l'expression de leur principal cr&#233;ateur, qui ajoutait avec candeur : &#171; &lt;i&gt;La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des comportements des masses joue un r&#244;le important dans une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique. Ceux qui manipulent ce m&#233;canisme secret de la soci&#233;t&#233; forment un gouvernement invisible qui exerce v&#233;ritablement le pouvoir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les composantes de ce pouvoir, on retrouve encore ces fameux think tanks ou bo&#238;tes &#224; id&#233;es, qui cherchent &#224; influencer l'opinion, les partis politiques et les d&#233;cideurs. Le dossier que vous propose ce num&#233;ro d'&lt;i&gt;&#192; B&#226;bord !&lt;/i&gt; est justement consacr&#233; &#224; l'un de ces &lt;i&gt;think tanks&lt;/i&gt;, le r&#233;cemment cr&#233;&#233; mais d&#233;j&#224; tr&#232;s influent Institut &#201;conomique de Montr&#233;al (IEDM).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fortement m&#233;diatis&#233;, ce laboratoire de la pens&#233;e n&#233;olib&#233;rale et libertarienne r&#233;p&#232;te inlassablement le mantra de la privatisation et du suppos&#233; libre march&#233; auquel il pr&#233;tend donner un vernis scientifique. Ce vernis est bien mince, comme le montrent plusieurs des textes que nous avons r&#233;unis et, pour l'essentiel, les th&#233;ories &#233;conomiques ne servent &#224; l'IEDM qu'&#224; occulter les dimensions sociales, politiques et &#233;thiques des sujets trait&#233;s. L'&#233;conomie devient alors une matraque ass&#233;nant les m&#234;mes sempiternels messages dans des notes de recherche, des rapports, des m&#233;mos, des chroniques, des communiqu&#233;s, des conf&#233;rences, et j'en passe : privatisons Hydro Qu&#233;bec ; privatisons l'&#233;ducation ; vive l'&lt;i&gt;agrobusiness&lt;/i&gt; ; abolissons le salaire minimum ; et ainsi de suite. Cela devient vite lassant et nous nous trouvons peut-&#234;tre ici devant le premier exemple de toute l'histoire d'une science dont les conclusions et les r&#233;sultats de chacune des recherches sont connus avant m&#234;me que la recherche ne soit entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Notre dossier comprend trois parties&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La &lt;strong&gt;premi&#232;re partie&lt;/strong&gt; pr&#233;cise le contexte historique, politique et institutionnel dans le cadre duquel il convient de replacer un institut comme l'IEDM pour bien saisir sa nature et sa fonction. Cette partie s'ouvre sur un rappel historique, par Beno&#238;t Perron, de ce que sont ces &lt;i&gt;thinks tanks&lt;/i&gt; et autres groupes d'influence plus ou moins occultes ; Perron retrace ensuite les liens qu'entretient l'IEDM avec certains d'entre eux. Christian Brouillard rappelle pour sa part les liens que l'IEDM entretient avec des partis politiques du Qu&#233;bec. Suit un texte de Marie Pelchat qui nous donne le rare privil&#232;ge de contempler le roi dans sa plus enti&#232;re nudit&#233; : et ce n'est pas tr&#232;s beau &#224; voir. Car le fait est que le donneur de le&#231;ons &#233;conomiques et politiques poss&#232;de&#8230; un num&#233;ro d'organisme de charit&#233;. Je vous laisse le bonheur de d&#233;couvrir tout ce que cela signifie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;strong&gt;deuxi&#232;me partie&lt;/strong&gt; du dossier propose trois &#233;tudes de cas, consacr&#233;es aux positions d&#233;fendues par l'IEDM dans diff&#233;rents dossiers. Rachel Sarrasin expose et critique ses analyses en mati&#232;re de sant&#233;. Sylvain Sauv&#233; se penche sur ses positions relatives au salaire minimum. Raymond Favreau, enfin, rappelle ce que les chantres du march&#233; pr&#233;conisent en agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce qui pr&#233;c&#232;de le montre : sous couvert de science &#233;conomique, l'IEDM propage en fait une id&#233;ologie. Or une id&#233;ologie est un masque, et un masque, &#231;a s'arrache. C'est &#224; cette t&#226;che qu'est d&#233;volue &lt;strong&gt;la derni&#232;re partie du dossier&lt;/strong&gt;. Ga&#233;tan Breton propose d'abord un lexique du jargon de l'IEDM, puis une analyse de sa rh&#233;torique. Claude Vaillancourt se penche lui aussi sur le langage et le style argumentatif de l'IEDM. Claude Rioux nous raconte quant &#224; lui son exp&#233;rience d'envoy&#233; sp&#233;cial d'&lt;i&gt;&#192; B&#226;bord !&lt;/i&gt; &#224; un d&#238;ner-causerie de l'Institut. Martin Petit ferme le dossier en nous rappelant la forte pr&#233;sence m&#233;diatique de l'IEDM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas et n'aurons jamais les moyens, les contacts et les r&#233;seaux qu'ont des groupes comme l'IEDM. Leur travail doit &#234;tre combattu avec des faits et avec des arguments, qui sont les seules armes dont nous disposons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous esp&#233;rons que ce dossier contribue &#224; cette importante t&#226;che.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Normand Baillargeon&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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