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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>&#171; Faire &#187; la gr&#232;ve : formes artistiques de r&#233;sistances</title>
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		<dc:date>2013-01-24T22:08:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Claude G. Olivier</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>
		<dc:subject>G. Olivier, Marie-Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous comptons d&#233;j&#224; plus de cent manifestations nocturnes dans les rues de Montr&#233;al qu'on croirait silencieuses en raison de l'absence de couverture m&#233;diatique. C'est que sous la menace de l'application de &#171; l'oie sp&#233;ciale 78 &#187;, il peut en co&#251;ter cher &#224; celles et ceux qui usent encore leurs casseroles. Pourtant, malgr&#233; la peur r&#233;pressive et la lourdeur d'une pr&#233;sum&#233;e d&#233;mobilisation, des centaines d'&#233;tudiantEs, de citoyenNEs, mais aussi d'artistes et d'activistes continuent de r&#233;sister par des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Le-printemps-erable-Ses-" rel="directory"&gt;Dossier : Le printemps &#233;rable - Ses racines et sa s&#232;ve&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-etudiant-+" rel="tag"&gt;Mouvement &#233;tudiant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-G-Olivier-Marie-Claude-+" rel="tag"&gt;G. Olivier, Marie-Claude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1531.gif?1642092140' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;298&#034; height=&#034;198&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous comptons d&#233;j&#224; plus de cent manifestations nocturnes dans les rues de Montr&#233;al qu'on croirait silencieuses en raison de l'absence de couverture m&#233;diatique. C'est que sous la menace de l'application de &#171; l'oie sp&#233;ciale 78 &#187;, il peut en co&#251;ter cher &#224; celles et ceux qui usent encore leurs casseroles. Pourtant, malgr&#233; la peur r&#233;pressive et la lourdeur d'une pr&#233;sum&#233;e d&#233;mobilisation, des centaines d'&#233;tudiantEs, de citoyenNEs, mais aussi d'artistes et d'activistes continuent de r&#233;sister par des moyens artistico-politiques &#233;tonnants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'un point de vue sociologique, &#171; l'art &#187; &#8211; objet ou action, geste artistique conscient ou cr&#233;ativit&#233; d&#233;brid&#233;e &#8211; peut &#234;tre compris et th&#233;oris&#233; comme un outil de transformation, voire d'&#233;mancipation sociale. En observant la diversit&#233; des formes de protestations qui &#233;manent du contexte de la gr&#232;ve &#233;tudiante, on remarque que les manifestations artistiques suscit&#233;es par ces oppositions sont tout aussi vari&#233;es. Il serait donc extr&#234;mement r&#233;ducteur de parler d'un &#171; art de (la) gr&#232;ve &#187; ou de la mobilisation artistique : attribuer aux &#339;uvres la qualit&#233; d'&#234;tre repr&#233;sentatives de l'ensemble d'un groupe, tel que le &#171; bloc &#233;tudiant &#187; ou encore l'ensemble de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise, consisterait non seulement &#224; id&#233;aliser ces &#339;uvres, mais &#224; dissoudre leur pouvoir singulier. En g&#233;n&#233;rant un lot d'actions et de cr&#233;ations artistiques h&#233;t&#233;roclites, les collectifs tels que ARTUNG !, le P !NK BLOC de Montr&#233;al et Maille &#224; part produisent de nouveaux motifs dans la toile r&#233;calcitrante de l'univers artistico-politique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une image vaut mille maux : quand l'art tisse des liens de solidarit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons qu'&#224; observer la vari&#233;t&#233; de pancartes produites au fil des semaines&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Imagerie d'un printemps &#233;rable,&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour comprendre sur quels fronts les &#233;tudiantEs, travailleuses et travailleurs, et citoyenNEs livrent bataille : on y d&#233;nonce le discours mensonger, paternaliste et m&#233;prisant de Jean Charest et de ses acolytes ; on s'oppose &#224; la marchandisation de l'universit&#233; et &#224; l'&#233;litisme ; on se dresse contre le Plan &#171; Mort &#187;, contre la loi 78 (loi 12), contre la brutalit&#233; polici&#232;re et contre le discours sur la violence construit par les m&#233;dias de masse. C'est par un coup d'&#233;clat que le collectif ARTUNG ! a &#233;galement d&#233;nonc&#233; ces aberrations politiques, en rempla&#231;ant 300 publicit&#233;s par des &#339;uvres d'art r&#233;alis&#233;es lors d'ateliers de cr&#233;ations ponctuels. Comme par magie, le matin du 21 mars, les activistes se sont r&#233;appropri&#233; l'espace public en exposant litt&#233;ralement, dans les supports publicitaires appartenant &#224; Pattison, CBS Outdoor et Astral Media, diverses d&#233;clinaisons du carr&#233; rouge (voir cecinestpasunepub.net). Certaines affiches critiquaient m&#234;me le mouvement &#233;tudiant de l'int&#233;rieur. Par exemple, une des images &#233;voquait un &#171; pompon &#187;, comme ceux utilis&#233;s par les membres du P !NK BLOC Montr&#233;al, un collectif queer et f&#233;ministe qui valorise l'&#233;clatement de la cat&#233;gorie des &#171; &#233;tudiantEs en gr&#232;ve &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est parce qu'ils et elles refusent &#171; les binarit&#233;s rigides dans toutes leurs formes : femme/homme, casseu.ses.rs/pacifistes, &#233;tudiantEs/contribuables, jeunes/baby boomers &#187; que les militantes et militants du P !NK BLOC Montr&#233;al ont organis&#233;, le 15 juin dernier, l'&#233;v&#233;nement &#171; Genre de gr&#232;ve : manifestation travestie contre la r&#233;pression/pour un acc&#232;s gratuit &#187;. Comme le veut la tactique du pink bloc&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un pink bloc est d'abord une tactique. &#192; ce sujet, voir le texte &#171; C&#233; quoi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cette manifestation flamboyante visait &#224; perturber tout en paillettes une lutte &#233;tudiante monolithique dans laquelle les f&#233;ministes et LGBTQ sont trop peu visibles et ne se sentent pas repr&#233;sent&#233;s. En flirtant avec le milieu artistique par des man&#339;uvres rappelant les performances de travestissement des artistes Cindy Sherman ou Kent Monkman, les militantEs du P !NK BLOC se ramifient &#224; d'autres pratiques furtives, comme le tricot graffiti, jamais bien loin des pratiques d'art engag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que le tricot graffiti est devenu &#171; lainage courant &#187; en milieu urbain, ces manifestations tricot&#233;es sont autant d'apparats politiques que d'espaces de cr&#233;ation propices aux discussions. Le temps d'une pelote de laine (rouge, bien s&#251;r), nous pourrions d&#233;j&#224; nous poser cette question d'int&#233;r&#234;t public, &#224; savoir &#171; quand y a-t-il art ? &#187; Le collectif Maille &#224; part nous a surpris le 27 mars dernier en habillant de laine turquoise les trois statues de la Place Marguerite Bourgeois, sur lesquelles contrastait un carr&#233; rouge (voir mailleapart.blogspot.ca). Tiss&#233;es &#224; m&#234;me la porosit&#233; &#171; de l'art &#187;, justement, les cr&#233;ations et actions tel qu'observ&#233;es &#224; travers des groupes comme ARTUNG !, le P !NK BLOC ou Maille &#224; part, sont autant de contributions qui renforcent le lien social. D&#232;s lors, l'action directe devient une sorte de moment privil&#233;gi&#233; o&#249; des artistes, des activistes et des citoyenNEs sont li&#233;s par une d&#233;marche artistique, performative et surtout politique dans l'espace public. Si l'inspiration vous a conquis, n'h&#233;sitez pas &#224; joindre le collectif tous les mercredis soirs au Parc Lafontaine, ou &#224; fr&#233;quenter votre assembl&#233;e de quartier (plus de d&#233;tails sur qpirgconcordia.org).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Imagerie d'un printemps &#233;rable, &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/AffichesggiPosters&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.facebook.com/AffichesggiPosters&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un pink bloc est d'abord une tactique. &#192; ce sujet, voir le texte &#171; C&#233; quoi un pink bloc ? &#187; publi&#233; par les Panth&#232;res Roses de Montr&#233;al : &lt;a href=&#034;http://www.lespantheresroses.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lespantheresroses.org/&lt;/a&gt;. Voir aussi pinkblocmontreal.wordpress.com&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Fermi&#232;res Obs&#233;d&#233;es</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-Fermieres-Obsedees</link>
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		<dc:date>2012-09-04T02:59:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Claude G. Olivier</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>G. Olivier, Marie-Claude</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est soir de vernissage &#224; la galerie de l'UQAM. Sous la responsabilit&#233; de la commissaire Th&#233;r&#232;se St-Gelais, l'exposition &#171; archi-f&#233;ministe &#187; intitul&#233;e Loin des yeux pr&#232;s du corps nous introduit dans l'univers d'artistes incontournables telles que Ghada Amer, Louise Bourgeois, Betty Goodwin, Kiki Smith et Ang&#232;le Verret. &#192; travers le brouhaha, je n'ai d'yeux que pour Les Fermi&#232;res Obs&#233;d&#233;es (F.O.) venues visiter celles qui les inspirent, flamboyantes dans leur costume de spectatrices. C'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-44-avril-mai-2012-" rel="directory"&gt;No 044 - avril / mai 2012&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-G-Olivier-Marie-Claude-+" rel="tag"&gt;G. Olivier, Marie-Claude&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1443.gif?1642092137' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;500&#034; height=&#034;335&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est soir de vernissage &#224; la galerie de l'UQAM. Sous la responsabilit&#233; de la commissaire Th&#233;r&#232;se St-Gelais, l'exposition &#171; archi-f&#233;ministe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bien que l'exposition Loin des yeux pr&#232;s du corps ne soit pas une exposition (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; intitul&#233;e &lt;i&gt;Loin des yeux pr&#232;s du corps&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'exposition de femmes artistes Loin des yeux pr&#232;s du corps fut pr&#233;sent&#233;e &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; nous introduit dans l'univers d'artistes incontournables telles que Ghada Amer, Louise Bourgeois, Betty Goodwin, Kiki Smith et Ang&#232;le Verret. &#192; travers le brouhaha, je n'ai d'yeux que pour Les Fermi&#232;res Obs&#233;d&#233;es (F.O.) venues visiter celles qui les inspirent, flamboyantes dans leur costume de spectatrices. C'est que durant la derni&#232;re d&#233;cennie, les F.O. ont si bien incarn&#233; les enjeux de la troisi&#232;me vague f&#233;ministe au Qu&#233;bec, par leurs perfor&#173;mances politiquement et esth&#233;tiquement &#171; baveuses &#187;, qu'on ne peut tout simplement pas se lasser d'elles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;toiles de la performance artistique au Qu&#233;bec, Eug&#233;nie Cliche et Annie Baillar-geon alias&lt;i&gt; Les Fermi&#232;res Obs&#233;d&#233;es&lt;/i&gt;, n'ont plus besoin de pr&#233;sentation. Fond&#233; en 2001, le collectif d'artistes f&#233;ministes a cumul&#233; des dizaines d'apparitions plus d&#233;jant&#233;es les unes que les autres. Comme en t&#233;moigne la monographie Les Fermi&#232;res Obs&#233;d&#233;es, parue aux &#201;ditions d'art Le Sabord en 2011, les F.O. ont longtemps orchestr&#233; &#224; quatre des mises en sc&#232;ne bond&#233;es dans lesquelles elles se d&#233;multiplient. Pour r&#233;aliser de telles performances, les F.O. prennent &#224; leur service troupes de danse et com&#233;diennes, professionnelles ou non, faisant office de mannequins uniformes. &#192; travers des mascarades motiv&#233;es par l'intemp&#233;rance, le costume singulier dans lequel elles se sont fait conna&#238;tre (perruque, tailleur, maquillage et talons hauts) s'est souill&#233; &#224; en devenir compl&#232;tement trash.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cheminement est un t&#233;moignage de leur position critique face &#224; la &lt;i&gt;culture de masse nord-am&#233;ricaine&lt;/i&gt; et face &#224; &lt;i&gt;une soci&#233;t&#233; du spectacle&lt;/i&gt; qui r&#233;it&#232;re les st&#233;r&#233;otypes et les cat&#233;gories sociales normatives&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, peu importe si les chor&#233;graphies d&#233;sordonn&#233;es des F.O. adoptent un caract&#232;re militaire, sportif, ou si elles op&#232;rent &#224; la mani&#232;re d'une procession carnavalesque, l'exc&#232;s et la d&#233;mesure demeurent des conditions &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt;, qui d&#233;rangent notre insouciance collective.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des cercles de fermi&#232;res &#224; l'obsession engag&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Fermi&#232;res Obs&#233;d&#233;es ont grav&#233; leur nom dans le dessein des arts visuels par une r&#233;appropriation subversive de l'appellation des Cercles de Fermi&#232;res du Qu&#233;bec (CFQ). &#192; premi&#232;re vue outrageuse, cette r&#233;f&#233;rence au collectif de femmes &#171; crafty since 1915 &#187; fut plut&#244;t inspir&#233;e par un grand r&#234;ve humaniste, que par une orgie blasph&#233;matoire envers leurs arri&#232;re-grands-m&#232;res. Embo&#238;tant le pas aux CFQ, qui dans la premi&#232;re moiti&#233; du vingti&#232;me si&#232;cle furent les premi&#232;res organisations &#224; briser l'isolement des femmes des communaut&#233;s rurales, les F.O. participent &#224; leur tour d'une mouvance collective artisticosociale et politique, en cette premi&#232;re moiti&#233; du troisi&#232;me mill&#233;naire. Ainsi s'appliquent-elles &#224; transmettre le &#171; d&#233;sapprentissage &#187; des savoirs traditionnels f&#233;minins et la prise en charge de leur r&#233;volution par les moyens de l'art (&#171; ne me lib&#233;rez pas, je m'en charge ! &#187;) dans un esprit tout aussi r&#233;volutionnaire, mais plus salissant que le tricot graffiti&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le tricot graffiti ou yarn bombing est une pratique d'art furtif qui vise la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans&lt;i&gt; Le rod&#233;o, le goinfre et le magistrat&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le rod&#233;o, le goinfre et le magistrat fut pr&#233;sent&#233; au march&#233; public de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (2006, March&#233; public de St-Hyacinthe), les F.O. s'&#233;claboussent &#224; outrance, cuisinent des plats &#224; base de p&#226;te p&#233;trie avec les pieds et de boisson Coca-Cola recrach&#233;e et se plaisent &#224; rev&#234;tir les attributs des bourreaux et des tortionnaires. La r&#233;cente performance, intitul&#233;e &lt;i&gt;Le pacte&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pr&#233;sent&#233; &#224; la galerie S&#233;quence (&#224; Qu&#233;bec) en juin 2011, Le pacte a donn&#233; le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, t&#233;moigne de cette constante : les jeux de r&#244;les sont des jeux de pouvoir ostentatoires tra&#231;ant dans l'espace les lignes invisibles des rapports sociaux qui les produisent. C'est sur cette trame ironique que les Fermi&#232;res Obs&#233;d&#233;es se r&#233;approprient et explorent le dialogue entre l'art et la politique, lieux de pr&#233;dilection de l'&#233;ternel masculin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue critique, il appara&#238;t que les CFQ n'ont pas jou&#233; un r&#244;le &lt;i&gt;d&#233;terminant&lt;/i&gt; dans l'histoire du f&#233;minisme au Qu&#233;bec. En plus de s'opposer au suffrage des femmes et &#224; l'obtention de leur statut l&#233;gal (1930), elles ont publi&#233; de nombreux articles contre l'avortement et contre la pilule contraceptive au cours des ann&#233;es 1960. Il va sans dire que les CFQ n'ont pas surf&#233; les grandes manifestations f&#233;ministes de la d&#233;cennie 1970, o&#249; l'univers priv&#233; des femmes est devenu un espace de r&#233;sistance. C'est d'ailleurs &#224; cette &#233;poque que les femmes artistes ont investi la &#171; grande histoire de l'art &#187; par une r&#233;appropriation de leur corps comme de l'affect, et par une red&#233;finition des moyens de l'art sous le prisme collectiviste (le Groupe mauve, Francine Lariv&#233;e, Lise Nantel et Marie D&#233;cary figurent parmi les artistes f&#233;ministes de cette p&#233;riode).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Fermi&#232;res Obs&#233;d&#233;es ne sont pas &#233;trang&#232;res &#224; ces propositions et poursuivent l'exploration d'une relation causale entre l'intime et le tissu social, entre l'artiste et le public de tout acabit. Mais ce qui rend leur travail d'autant plus vivifiant, c'est que leur engagement artistique soul&#232;ve des r&#233;flexions th&#233;oriques relativement aux d&#233;bats f&#233;ministes du troisi&#232;me mill&#233;naire, nous permettant d'&#233;chapper &#224; une d&#233;finition monolithique d'une certaine pratique f&#233;ministe. Par exemple, dans &lt;i&gt;Carnaval &lt;/i&gt; (2008), les F.O. ont d&#233;fil&#233; sur l'avenue du Mont-Royal en d&#233;capotable blanche avec, &#224; leur suite, une grosse masse brune (sorte de caca-chocolat) tir&#233;e par des enfants racis&#233;s. &#192; leur suite, une fanfare militaire enrobait les pleurs des Fermi&#232;res, qui avaient visiblement go&#251;t&#233; au &#171; chocolat d&#233;fendu &#187;, puis essuy&#233; leurs mains sur les drapeaux blancs du cort&#232;ge. La procession &#233;veillait une critique du militarisme, du colonialisme, de la violence du syst&#232;me capitaliste face &#224; l'exploitation des ressources et des individus, de la pr&#233;sence du racisme en tous lieux, voire au sein du f&#233;minisme. L'engagement politique et social des F.O. r&#233;side dans la r&#233;appropriation des lieux consacr&#233;s de l'art, surtout de la rue et de ses protagonistes. &#192; cet effet, les F.O. ont, avec brio, instrumentalis&#233; les policiers en leur faisant jouer leur propre r&#244;le, soit en assurant la s&#233;curit&#233; des citoyennes lors de ce d&#233;fil&#233; illicite.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Performer la troisi&#232;me vague f&#233;ministe
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un tel remaniement de l'espace public par l'art s'inscrit dans le champ des possibles du &lt;i&gt;Do it Yourself (DIY)&lt;/i&gt;, une culture artisticosociale r&#233;volutionnaire fond&#233;e sur la capacit&#233; de toutes d'agir contre les r&#233;flexes des syst&#232;mes dominants. En ces termes, les performances des F.O. souscrivent &#224; la multiplication des tactiques, aspect fondamental pour un f&#233;minisme vivant. Aussi faut-il se f&#233;liciter de cette pr&#233;tendue absence d'un &#171; grand mouvement rassembleur &#187;, principale critique faite &#224; l'endroit de la troisi&#232;me vague f&#233;ministe, alors que les tentatives de d&#233;finir les courants f&#233;ministes r&#233;it&#232;rent trop souvent une vision statique et homog&#233;n&#233;isante, prisonni&#232;re du principe de cat&#233;gorisation. Une &#171; d&#233;finition &#187; de la troisi&#232;me vague f&#233;ministe ne peut s'&#233;laborer que de mani&#232;re poreuse, autour des diff&#233;rents d&#233;bats, tels que le capitalisme, l'h&#233;t&#233;rosexisme et les enjeux queers, simultan&#233;ment constitutifs des r&#233;alit&#233;s v&#233;cues par les individus. Le pouvoir d'agentivit&#233; des groupes minoritaires (femmes, personnes racis&#233;es, LGBTQ, etc.), la cr&#233;ation d'espaces s&#233;curitaires, de blogues, de zines, de chansons et de performances artistiques constituent autant de sites favorables aux luttes sociales que de chantiers o&#249; sont d&#233;membr&#233;s les savoirs h&#233;g&#233;moniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Motiv&#233;es par la dislocation de ces savoirs arbitraires et des d&#233;sirs mat&#233;riels capitalistes, les Fermi&#232;res Obs&#233;d&#233;es sont le fantasme de l'heure. Dans &lt;i&gt;Les honorables&lt;/i&gt; (2006, Festival de th&#233;&#226;tre de rue de Shawinigan), une sorte de dramaturgie ironique qui incarne les c&#233;r&#233;monies militaires de recueillements, le toc du cin&#233;ma hollywoodien et le clinquant de la course automobile, les F.O. se livrent &#224; une multitude d'actions et de gestes transgressifs (&#233;clater des feux d'artifice sur l'hymne fun&#233;raire militaire, boire de l'essence, livrer un combat &#224; des v&#233;hicules automobiles dans la boue, chor&#233;graphier l'avatar de la jeunesse et son exploitation m&#233;diatique), permettant la mise en exergue d'une critique du militarisme, de la marchandisation des st&#233;r&#233;otypes sexistes, du capitalisme, et d'une violence qualifi&#233;e d'hyst&#233;rique. Au centre de cet amalgame perform&#233;, la tension cr&#233;&#233;e par la pr&#233;sence simultan&#233;e du drame et du caract&#232;re ludique secoue nos conventions int&#233;gr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur cet aspect festif qu'il faut conclure, puisque le f&#233;minisme a tout &#224; y gagner. &#192; une &#233;poque o&#249; la (sur)vie se brode autour de contradictions conscientes, toute forme de col&#232;re enthousiaste est un gage de changement. En attendant la prochaine explosion de confettis, il ne faut surtout pas manquer Val&#233;rie Blass, Ghada Amer et Wangechi Mutu, pr&#233;sent&#233;es au Mus&#233;e d'art contemporain de Montr&#233;al jusqu'au 22 avril.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bien que l'exposition Loin des yeux pr&#232;s du corps ne soit pas une exposition explicitement f&#233;ministe, l'expression &#171; archi-f&#233;ministe &#187; est un clin d'&#339;il au deuxi&#232;me volet de l'exposition &#171; archi-f&#233;ministes ! : performer l'archive &#187;, r&#233;unissant les &#339;uvres de Sophie B&#233;lair Cl&#233;ment, Rapha&#235;lle de Groot, Vera Frenkel, Clara Gutsche et Emmanuelle L&#233;onard. Pr&#233;sent&#233;e par les commissaires Marie-&#200;ve Charron, Marie-Jos&#233;e Lafortune et Th&#233;r&#232;se St-Gelais, l'exposition fut pr&#233;sent&#233;e &#224; la galerie Optica, du 21 janvier au 25 f&#233;vrier 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'exposition de femmes artistes &lt;i&gt;Loin des yeux pr&#232;s du corps&lt;/i&gt; fut pr&#233;sent&#233;e &#224; la galerie de l'UQAM du 13 janvier au 18 f&#233;vrier 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.fermieresobsedees.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.fermieresobsedees.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le tricot graffiti ou &lt;i&gt;yarn bombing&lt;/i&gt; est une pratique d'art furtif qui vise la r&#233;appropriation et l'embellissement de l'espace public. Ces interventions consistent &#224; envelopper le mobilier urbain de lainages multicolores.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le rod&#233;o, le goinfre et le magistrat fut pr&#233;sent&#233; au march&#233; public de St-Hyacinthe en 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pr&#233;sent&#233; &#224; la galerie S&#233;quence (&#224; Qu&#233;bec) en juin 2011, Le pacte a donn&#233; le coup d'envoi &#224; la monographie Les Fermi&#232;res Obs&#233;d&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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