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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Parcours de d&#233;shumanisation</title>
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		<dc:date>2012-09-02T22:35:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Trombiccolo</dc:creator>


		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Sociologie et anthropologie</dc:subject>
		<dc:subject>Trombiccolo</dc:subject>

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&lt;p&gt;Alice et Don Heap forment une &#233;quipe depuis 61 ans. Ensemble, ils ont lutt&#233; pour les droits des travailleurs et travailleuses, des personnes migrantes, pour plus de logements sociaux et abordables, ainsi que pour un syst&#232;me de sant&#233; public fort et universel. Ils ont men&#233;, c&#244;te &#224; c&#244;te, les campagnes &#233;lectorales de Don, &#233;lu comme d&#233;put&#233; f&#233;d&#233;ral du NPD dans Spadina (Toronto, 1981 &#224; 1993), son quartier. Ils ont imagin&#233; vieillir ensemble, dans leur communaut&#233;, parmi leurs proches, dans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Sante-Etat-d-urgence-" rel="directory"&gt;Dossier : Sant&#233; - &#201;tat d'urgence&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sociologie-et-anthropologie-+" rel="tag"&gt;Sociologie et anthropologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Trombiccolo-+" rel="tag"&gt;Trombiccolo&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1420.jpg?1642092136' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;274&#034; height=&#034;344&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alice et Don Heap forment une &#233;quipe depuis 61 ans. Ensemble, ils ont lutt&#233; pour les droits des travailleurs et travailleuses, des personnes migrantes, pour plus de logements sociaux et abordables, ainsi que pour un syst&#232;me de sant&#233; public fort et universel. Ils ont men&#233;, c&#244;te &#224; c&#244;te, les campagnes &#233;lectorales de Don, &#233;lu comme d&#233;put&#233; f&#233;d&#233;ral du NPD dans Spadina (Toronto, 1981 &#224; 1993), son quartier. Ils ont imagin&#233; vieillir ensemble, dans leur communaut&#233;, parmi leurs proches, dans la dignit&#233;. La r&#233;alit&#233; est bien &#233;loign&#233;e de ce projet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2006, alors que l'&#233;tat de sant&#233; d'Alice et Don se d&#233;t&#233;riore, le couple d&#233;cide de mettre leurs noms sur la liste d'attente du CHSLD de leur quartier, Kensington Gardens. Leurs activit&#233;s sociopolitiques &#233;tant centrales &#224; leur bien-&#234;tre, Alice et Don ont fait le choix de rester au sein de leur communaut&#233; et de continuer &#224; &#234;tre des militants actifs, malgr&#233; leurs 80 ans et une mobilit&#233; r&#233;duite. Ils ont aussi fait une demande pour une chambre conjointe. Apr&#232;s plus de 55 ans de vie commune, cette &#233;quipe tenait &#224; finir le parcours ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2009, l'Alzheimer de Don et le diab&#232;te d'Alice prennent le dessus. Toujours sur la liste d'attente pour Kensington Gardens, mais incapables de continuer &#224; vivre seuls faute d'acc&#232;s aux soins &#224; domicile n&#233;cessaires, ils font le choix difficile d'aller vivre en r&#233;sidence priv&#233;e pour a&#238;n&#233;es, en attendant une chambre dans l'&#233;tablissement de leur choix. Ils d&#233;boursent les 4 700 $ par mois que co&#251;tent les chambres conjointes, avec services (repas, m&#233;nage, buanderie et pr&#233;sence m&#233;dicale sur place).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D'&#234;tres humains &#224; &#171; d&#233;penses excessives &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de 2010, la r&#233;sidence change d'administration et modifie ses orientations. Compressions, r&#233;duction des services limitant le m&#233;nage &#224; vingt minutes par semaine, retrait des collations amen&#233;es aux chambres, une seule personne aidante pour pr&#233;parer et amener les r&#233;sidantes (r&#233;partis sur quatre &#233;tages) &#224; la caf&#233;t&#233;ria &#224; l'heure du souper, etc. La modification de la routine est n&#233;faste au diab&#232;te d'Alice et Don, press&#233; par un personnel qui veut bien faire mais qui n'en a pas le temps, fait plusieurs crises de col&#232;re (pour les personnes souffrant d'Alzheimer, l'explication de la routine et le temps pris pour la respecter sont cruciaux). En cons&#233;quence, le couple se voit refuser l'acc&#232;s &#224; la salle &#224; manger. Des frais aff&#233;rents commencent &#224; appara&#238;tre. En un an, la facture mensuelle passe &#224; 9 500 $, une somme bien au dessus des ressources du couple. Les pressions pour qu'Alice et Don quittent la r&#233;sidence augmentent ; les nouveaux propri&#233;taires ne veulent en effet plus offrir de chambre aux personnes en perte d'autonomie majeure, consid&#233;r&#233;es comme une &#171; d&#233;pense excessive &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 2011, la r&#233;sidence oblige Don &#224; &#234;tre sous surveillance 24 heures sur 24, sous menace d'appeler la police en cas de &#171; crise &#187; li&#233;e &#224; son Alzheimer et de les expulser tous les deux. La famille, ne pouvant pas payer pour un tiers, prend des tours de garde. Pendant 25 jours, les enfants et petits-enfants de Don et Alice dorment sur le plancher de leur appartement, devant la porte. Mais ils ne s'arr&#234;tent pas l&#224;. Chez les Heap, la fibre militante se transmet entre g&#233;n&#233;rations et ils et elles font tout un raffut pour m&#233;diatiser le cas. Apr&#232;s la prise de parole de nombreuses personnes d&#233;non&#231;ant le traitement r&#233;serv&#233; &#224; des personnes qui ont &#233;t&#233; si impliqu&#233;es dans leur communaut&#233; et avant la fin des 10 jours de couverture que leur consacre le &lt;i&gt;Toronto Star,&lt;/i&gt; miraculeusement, en octobre 2011, cinq ans apr&#232;s avoir fait une demande, Don d&#233;m&#233;nage &#224; Kensington Gardens. Alice l'y suit une semaine plus tard, mais dans une chambre &#224; part. Il n'y a tout simplement pas de place pour des couples en CHSLD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de l'histoire humaine, des questions se posent. On est ici devant le cas d'une famille nombreuse, soud&#233;e, militante et avec des ressources. Qu'en est-il de toutes les personnes qui n'ont pas cette chance, quel traitement leur est r&#233;serv&#233; ? Le vieillissement doit-il &#233;quivaloir &#224; &#233;loignement et mort sociale ? Quel droit se donne la soci&#233;t&#233; de d&#233;cider des arrangements de vie d'un couple ? S'il n'y a pas assez de place en CHSLD pour accueillir la population vieillissante, pourquoi ne pas faciliter le maintien &#224; domicile, une solution souvent plus respectueuse, plus efficace et plus digne ? R&#233;guli&#232;rement, des histoires telles que celle-ci surgissent dans l'espace m&#233;diatique. Combien en faudra-t-il pour qu'enfin une r&#233;flexion s'amorce, suivie d'actions concr&#232;tes, afin que nos a&#238;n&#233;es puissent encore vivre, aimer, partager et militer au sein de leur communaut&#233;, dans le respect et la dignit&#233; qu'ils et elles m&#233;ritent ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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