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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Aire prot&#233;g&#233;e d'initiative autochtone au Pipmuakan</title>
		<link>https://www.ababord.org/Aire-protegee-d-initiative-autochtone-au-Pipmuakan</link>
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		<dc:date>2023-12-28T19:24:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-H&#233;l&#232;ne Rousseau</dc:creator>


		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Droits des animaux</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Rousseau, Marie-H&#233;l&#232;ne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Atiku, le caribou forestier, est une esp&#232;ce sacr&#233;e pour les Innu&#183;es. Il connait un d&#233;clin tragique sur le territoire dit du Qu&#233;bec depuis plusieurs d&#233;cennies. La communaut&#233; de Pessamit propose un plan de protection de l'esp&#232;ce afin de sauver les populations menac&#233;es d'extinctions et pr&#233;server l'innu-aitun, leur culture. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2020, le Conseil des Innus de Pessamit d&#233;pose le projet d'aire prot&#233;g&#233;e Pipmuakan aupr&#232;s du minist&#232;re de l'Environnement et de la Lutte contre les changements (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Cote-Nord-Nitassinan-Territoires-enchevetres-" rel="directory"&gt;Dossier : C&#244;te-Nord - Nitassinan / Territoires enchev&#234;tr&#233;s&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Droits-des-animaux-+" rel="tag"&gt;Droits des animaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rousseau-Marie-Helene-+" rel="tag"&gt;Rousseau, Marie-H&#233;l&#232;ne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/123123-12.png?1703791372' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;237&#034; height=&#034;223&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Atiku, le caribou forestier, est une esp&#232;ce sacr&#233;e pour les Innu&#183;es. Il connait un d&#233;clin tragique sur le territoire dit du Qu&#233;bec depuis plusieurs d&#233;cennies. La communaut&#233; de Pessamit propose un plan de protection de l'esp&#232;ce afin de sauver les populations menac&#233;es d'extinctions et pr&#233;server l'innu-aitun, leur culture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2020, le Conseil des Innus de Pessamit d&#233;pose le projet d'aire prot&#233;g&#233;e Pipmuakan aupr&#232;s du minist&#232;re de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) pour contribuer &#224; l'atteinte de la cible de 17 % d'aires prot&#233;g&#233;es terrestres. Notre proposition de 2761 km2, soit 0,18 % de la superficie terrestre du Qu&#233;bec, est localis&#233;e pr&#232;s du r&#233;servoir du m&#234;me nom, &#224; environ 150 km au nord-est de la ville de Saguenay, sur notre terre ancestrale, le Nitassinan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce au statut de r&#233;serve de biodiversit&#233;, ou encore &#224; celui d'aire prot&#233;g&#233;e d'initiative autochtone (pour en savoir plus &#224; ce sujet, voir le texte suivant), le projet du Pipmuakan vise &#224; prot&#233;ger les derniers massifs de for&#234;ts intacts dans le secteur afin d'y pr&#233;server notre patrimoine culturel ainsi que l'habitat du caribou forestier, qui sont tous deux menac&#233;s. Le projet inclut aussi la rivi&#232;re Betsiamites (Pessamiu Shipu), une rivi&#232;re patrimoniale qui a jou&#233; un r&#244;le crucial dans l'histoire de notre communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'au m&#234;me moment, le Minist&#232;re des For&#234;ts, de la Faune et des Parcs (MFFP) d&#233;clare dans son rapport d'inventaire que le caribou du Pipmuakan &#171; &lt;em&gt;est dans un &#233;tat extr&#234;mement pr&#233;caire&lt;/em&gt; &#187;, notre projet d'aire prot&#233;g&#233;e n'est pas retenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2021, le MELCC modifie sa Loi sur la conservation du patrimoine naturel pour y introduire le nouveau statut d'aire prot&#233;g&#233;e d'initiative autochtone. Dix-huit mois plus tard, aucune nouvelle du gouvernement, mis &#224; part un accus&#233; de r&#233;ception qui nous indique que l'analyse des projets d'aires prot&#233;g&#233;es se poursuivra dans le cadre des nouveaux objectifs &#224; atteindre d'ici 2030.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Pipmuakan, c'est aujourd'hui qu'il faut agir. Les taux de perturbation dans l'habitat essentiel du caribou forestier ne cessent de s'accro&#238;tre, r&#233;duisant de jour en jour nos probabilit&#233;s de maintenir l'esp&#232;ce, ainsi que le lien fondamental qui nous unit &#224; Atik&lt;sup&gt;u&lt;/sup&gt; (caribou, en innu-aimun).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Culture en p&#233;ril&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Devant la d&#233;gradation de notre terre ancestrale, le d&#233;clin de sa biodiversit&#233; et de notre culture qui y est intimement associ&#233;e, puis devant le non-respect du gouvernement envers nos droits ancestraux et ses obligations constitutionnelles de consultation et d'accommodement, nous devons agir. Agir pour nous r&#233;approprier notre terre et notre culture afin d'&#233;viter notre propre disparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet d'aire prot&#233;g&#233;e Pipmuakan a donc &#233;t&#233; cr&#233;&#233; par et pour les Pessamiulnuat (Innu&#183;es de Pessamit), pour assurer notre survie culturelle et la vitalit&#233; de notre communaut&#233;. Rappelons que nos membres ont &#233;t&#233; durement &#233;prouv&#233;&#183;es au cours du dernier si&#232;cle et qu'ils et elles le sont encore avec les impacts cumulatifs du d&#233;veloppement continu dans notre territoire, men&#233; sans &#233;gard &#224; nos pr&#233;occupations. Un d&#233;veloppement dont notre communaut&#233; ne tire aucun b&#233;n&#233;fice.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;tablissement et r&#233;conciliation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Pipmuakan est un refuge pour Atik&lt;sup&gt;u&lt;/sup&gt;. Il est aussi un lieu n&#233;vralgique pour la transmission et le partage de notre culture, un lieu de ressourcement et de gu&#233;rison pour nos membres, un lieu de d&#233;veloppement de notre savoir et de notre expertise. Il permet aussi un lien d'&#233;ducation, de recherche et d'alliance entre les savoirs innus et scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs ann&#233;es, nous y d&#233;ployons des efforts consid&#233;rables pour y maintenir et y pr&#233;server notre culture. Nous y avons d&#233;velopp&#233; notre propre programme de suivi pour le caribou. Nous travaillons en collaboration avec les &#233;quipes de suivi du MFFP ainsi qu'avec de nombreux chercheur&#183;es afin d'accro&#238;tre nos connaissances sur l'esp&#232;ce, la biodiversit&#233; qui y est associ&#233;e et les mesures d'interventions optimales pour les prot&#233;ger. &#192; travers toutes ces d&#233;marches, nous d&#233;veloppons nos capacit&#233;s afin d'assurer la gestion et la gouvernance de cette future aire prot&#233;g&#233;e. De plus, nous travaillons &#224; mettre en valeur ce territoire afin d'assurer des retomb&#233;es pour notre communaut&#233;, des retomb&#233;es qui seront b&#233;n&#233;fiques pour l'ensemble de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet d'aire prot&#233;g&#233;e Pipmuakan constitue une solution cl&#233;s en main pour contribuer au r&#233;tablissement du caribou au Qu&#233;bec, ainsi qu'&#224; la r&#233;conciliation entre nos peuples. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Marie-H&#233;l&#232;ne Rousseau est ing&#233;nieure foresti&#232;re, M. Sc. et conseill&#232;re en gestion int&#233;gr&#233;e des ressources foresti&#232;res au Secteur Territoire et Ressources, Conseil des Innus de Pessamit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Emilie Pedneault&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Singes</title>
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		<dc:date>2023-12-08T22:02:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Tardi</dc:creator>


		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Droits des animaux</dc:subject>
		<dc:subject>Tardi, Valentin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aurel, Singes, Futuropolis, 2021, 200 pages. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dessins de presse, caricatures politiques et reportages sont les constantes du travail d'Aurel, qui a notamment publi&#233; ses dessins dans Le Monde diplomatique, Le Monde ou Politis. &#192; la blague, on pourrait dire qu'il publiait d&#233;j&#224; un premier livre sur ses origines avec La menuiserie (Futuropolis, 2016) : il y &#233;tait question de la menuiserie de son p&#232;re qui, s'il en avait accept&#233; le legs, aurait atteint la cinqui&#232;me g&#233;n&#233;ration&#8230; Avec Singes, Aurel (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-92-ete-2022-" rel="directory"&gt;No 092 - &#233;t&#233; 2022&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Droits-des-animaux-+" rel="tag"&gt;Droits des animaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Tardi-Valentin-+" rel="tag"&gt;Tardi, Valentin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/12323.png?1702072879' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;139&#034; height=&#034;189&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aurel, &lt;i&gt;Singes&lt;/i&gt;, Futuropolis, 2021, 200 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dessins de presse, caricatures politiques et reportages sont les constantes du travail d'Aurel, qui a notamment publi&#233; ses dessins dans &lt;em&gt;Le Monde diplomatique&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Politis&lt;/em&gt;. &#192; la blague, on pourrait dire qu'il publiait d&#233;j&#224; un premier livre sur ses origines avec &lt;em&gt;La menuiserie&lt;/em&gt; (Futuropolis, 2016) : il y &#233;tait question de la menuiserie de son p&#232;re qui, s'il en avait accept&#233; le legs, aurait atteint la cinqui&#232;me g&#233;n&#233;ration&#8230; Avec &lt;em&gt;Singes&lt;/em&gt;, Aurel questionne plut&#244;t les arcanes de nos suppos&#233;s communs anc&#234;tres. En sous-titre, la question au c&#339;ur de ce livre passionnant : &#171; Quel genre d'animaux sommes-nous ? &#187;. L'auteur, d&#233;finitivement BD-reporter, multiplie les rencontres avec des primatologues, une philosophe, des artistes et des m&#233;decins. Le bouquin vise &#224; d&#233;multiplier, selon Baptiste Morizot, philosophe et pr&#233;facier de l'ouvrage, &#171; les mille formes de l'animalit&#233; et les mille relations &#224; elles au niveau culturel et politique &#187;. Aurel documente son sujet, tricote et relance les personnes qu'il interviewe afin de nous amener &#224; consid&#233;rer certaines nuances et perspectives de recherches sur les vies animales, qui &#233;clairent &#171; l'&#233;nigme d'&#234;tre humain &#187;. Parfois disparate &#8211; avec l'&#233;cho qu'il fait de vid&#233;os surprenantes, de rencontres stimulantes ainsi que d'une bibliographie pertinente &#8211; Aurel parvient assur&#233;ment &#224; &#233;branler nos a priori sur les primates en s'affranchissant du regard infantilisant sur eux. Et un tel regard renouvel&#233; n'est pas anodin : apr&#232;s, tout, comprendre de haut ces animaux en utilisant le regard humain comme absolu, c'est aussi ce qui nous a men&#233;s &#224; asservir ou &#224; refuser le caract&#232;re humain &#224; d'autres humains !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Carnage</title>
		<link>https://www.ababord.org/Carnage</link>
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		<dc:date>2023-01-25T16:30:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Tardi</dc:creator>


		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Droits des animaux</dc:subject>
		<dc:subject>Tardi, Valentin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jean-Marc Gancille, Carnage, Rue de l'&#233;chiquier, 2020, 208 pages. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sous-titr&#233; &#171; Pour en finir avec l'anthropocentrisme &#187;, ce bouquin aborde sous une m&#234;me couverture la diversit&#233; des pratiques ou comportements de l'&#234;tre humain vis-&#224;-vis ses &#171; autres &#187; fr&#232;res et s&#339;urs, les animaux &#8211; incluant les insectes, les poissons, les mammif&#232;res, les unicellulaires, les oiseaux, etc. &#201;levage intensif (d'animaux domestiques quasi mutants ou d'animaux sauvages), divertissement, zoos, sacrifices, tout y (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-88-ete-2021-" rel="directory"&gt;No 088 - &#233;t&#233; 2021&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Droits-des-animaux-+" rel="tag"&gt;Droits des animaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Tardi-Valentin-+" rel="tag"&gt;Tardi, Valentin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/134123.png?1674664176' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;149&#034; height=&#034;222&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jean-Marc Gancille, &lt;i&gt;Carnage&lt;/i&gt;, Rue de l'&#233;chiquier, 2020, 208 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sous-titr&#233; &#171; Pour en finir avec l'anthropocentrisme &#187;, ce bouquin aborde sous une m&#234;me couverture la diversit&#233; des pratiques ou comportements de l'&#234;tre humain vis-&#224;-vis ses &#171; autres &#187; fr&#232;res et s&#339;urs, les animaux &#8211; incluant les insectes, les poissons, les mammif&#232;res, les unicellulaires, les oiseaux, etc. &#201;levage intensif (d'animaux domestiques quasi mutants ou d'animaux sauvages), divertissement, zoos, sacrifices, tout y passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'embl&#233;e, l'auteur pose qu'&#224; travers les mill&#233;naires, le carnage des animaux d&#233;passe de fa&#231;on vertigineuse et effarante l'h&#233;catombe des guerres, famines, tueries, &#233;pid&#233;mie et autres catastrophes humaines. Les fameuses extinctions dont on nous parle souvent sont, en fait, une &#171; extermination d&#233;lib&#233;r&#233;e &#187;. Pensons aux bisons d'Am&#233;rique ou &#224; la surp&#234;che d&#233;vastatrice qui pousse, et ce n'est pas la moindre des choses, les mers et les oc&#233;ans vers leur fin. Loin de th&#232;ses fumeuses, les diff&#233;rents &#233;l&#233;ments du livre sont document&#233;s et, ne portent gu&#232;re &#224; tergiverser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question principale pos&#233;e par Gancille est : &#171; &lt;em&gt;Et si &#233;radiquer la violence envers les animaux &#233;tait finalement notre derni&#232;re chance de survie ? &lt;/em&gt; &#187;. L'auteur &#233;value qu'il n'existe aucune justification solide &#8211; il les passe en revue &#8211; pour continuer &#224; courir &#224; notre perte comme les seules &#171; b&#234;tes &#187; dignes de ce nom sur Terre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La philosophie &#224; l'abattoir : r&#233;flexions sur le bacon, l'empathie et l'&#233;thique animale</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-philosophie-a-l-abattoir-reflexions-sur-le-bacon-l-empathie-et-l-ethique-animale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-philosophie-a-l-abattoir-reflexions-sur-le-bacon-l-empathie-et-l-ethique-animale</guid>
		<dc:date>2020-07-09T19:25:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Xavier P.-Laberge</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Droits des animaux</dc:subject>
		<dc:subject>P.-Laberge, Xavier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Christiane Bailey et Jean-Fran&#231;ois Labont&#233;, La philosophie &#224; l'abattoir : r&#233;flexions sur le bacon, l'empathie et l'&#233;thique animale, Atelier 10, Collection Documents, 2018, 97 pages. &lt;br class='autobr' /&gt; L'&#233;thique animale est devenue un sujet &#224; la mode, principalement dans les milieux de gauche. Ce court essai de 94 pages r&#233;sume l'&#233;volution du d&#233;bat et les tenants et aboutissements actuels de cet enjeu. Les auteur&#183;e&#183;s r&#233;pondent de belle fa&#231;on aux critiques, notamment celles de Paul Ari&#232;s ou Christian Rioux, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-79-avril-mai-2019-" rel="directory"&gt;No 079 - avril / mai 2019&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Droits-des-animaux-+" rel="tag"&gt;Droits des animaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laberge-Xavier-P-+" rel="tag"&gt;P.-Laberge, Xavier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2945.png?1642092246' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;268&#034; height=&#034;358&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Christiane Bailey et Jean-Fran&#231;ois Labont&#233;, &lt;i&gt;La philosophie &#224; l'abattoir : r&#233;flexions sur le bacon, l'empathie et l'&#233;thique animale&lt;/i&gt;, Atelier 10, Collection Documents, 2018, 97 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; L'&#233;thique animale est devenue un sujet &#224; la mode, principalement dans les milieux de gauche. Ce court essai de 94 pages r&#233;sume l'&#233;volution du d&#233;bat et les tenants et aboutissements actuels de cet enjeu. Les auteur&#183;e&#183;s r&#233;pondent de belle fa&#231;on aux critiques, notamment celles de Paul Ari&#232;s ou Christian Rioux, qui pr&#233;tendent que les v&#233;gan&#183;ne&#183;s sont des anti-humanistes. Le livre couvre aussi tous les diff&#233;rents courants de l'&#233;thique animale : v&#233;ganisme, v&#233;g&#233;tarisme, v&#233;g&#233;talisme, utilitarisme, animalisme, abolitionnisme, welfarisme, &#233;thique du &lt;em&gt;care&lt;/em&gt; et zoopolis (citoyennet&#233; animale). Ce livre ne peut &#234;tre vu comme un ouvrage de r&#233;f&#233;rence sur le sujet, mais plut&#244;t comme une courte introduction et un ajout int&#233;ressant dans le d&#233;bat qui sera, selon certains, un des plus importants du 21e si&#232;cle. Il contient plusieurs statistiques int&#233;ressantes d&#233;montrant le concept de dissonance cognitive. Par exemple, pr&#232;s de 20 % de la population canadienne pensent qu'il est mal de manger des animaux alors que 7 % de cette population est v&#233;g&#233;tarienne et 2,3 % v&#233;gane. En somme, il s'agit d'un bon livre, tellement court, qu'il n'y a pas de raison de ne pas le lire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Droits des animaux : une question de soci&#233;t&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Droits-des-animaux-une-question-de-societe</link>
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		<dc:date>2019-04-15T09:24:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;rick Fortier</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Droits des animaux</dc:subject>
		<dc:subject>Fortier, Fr&#233;d&#233;rick</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bien qu'il s'agisse d'un enjeu encore trop peu compris, la question des droits des animaux brille par son absence au Qu&#233;bec, alors qu'elle est pourtant incontournable. Elle doit aujourd'hui &#234;tre consid&#233;r&#233;e par la gauche comme une question politique. &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis quelques ann&#233;es, le v&#233;ganisme comme mode de vie sans exploitation animale conna&#238;t une certaine popularit&#233; au Qu&#233;bec et ailleurs dans le monde, ce qui permet de parler de plus en plus ouvertement du sort des &#171; animaux non humains &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-74-avril-mai-2018-" rel="directory"&gt;No 074 - avril / mai 2018&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Droits-des-animaux-+" rel="tag"&gt;Droits des animaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fortier-Frederick-+" rel="tag"&gt;Fortier, Fr&#233;d&#233;rick&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2727.jpg?1642092226' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1251&#034; height=&#034;573&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bien qu'il s'agisse d'un enjeu encore trop peu compris, la question des droits des animaux brille par son absence au Qu&#233;bec, alors qu'elle est pourtant incontournable. Elle doit aujourd'hui &#234;tre consid&#233;r&#233;e par la gauche comme une question politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, le v&#233;ganisme comme mode de vie sans exploitation animale conna&#238;t une certaine popularit&#233; au Qu&#233;bec et ailleurs dans le monde, ce qui permet de parler de plus en plus ouvertement du sort des &#171; animaux non humains &#187;. Toutefois, cela ne signifie pas n&#233;cessairement qu'il entra&#238;ne le rejet explicite du sp&#233;cisme comme syst&#232;me d'oppression ni la d&#233;fense des droits des animaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#233;galement Axelle Playoust, &#171; Antisp&#233;cisme. La gauche a-t-elle laiss&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le sp&#233;cisme est la discrimination des animaux selon l'esp&#232;ce, justifiant le sort que nous r&#233;servons &#224; certains animaux et pas &#224; d'autres. Tout comme le racisme a longtemps autoris&#233; l'esclavage et la violence l&#233;gale envers d'autres groupes ethniques (et encore aujourd'hui dans certaines soci&#233;t&#233;s), le sp&#233;cisme autorise les humains &#224; exploiter les animaux non humains, &#224; les vendre comme de simples marchandises, &#224; les exploiter et &#224; les tuer, que ce soit pour l'alimentation (&#233;levage, chasse, p&#234;che), pour les v&#234;tements (cuir, laine, fourrure), pour la recherche scientifique et l'exp&#233;rimentation, pour de nombreux divertissements comme les zoos, les cirques, l'&#233;quitation ou les rod&#233;os, pour le travail comme les cal&#232;ches et le tourisme, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin du 20e si&#232;cle, des philosophes ont commenc&#233; &#224; remettre en question les fondements du sp&#233;cisme. La parution du livre&lt;i&gt; Animal Liberation&lt;/i&gt; de Peter Singer en 1975 est un moment incontournable pour situer une premi&#232;re prise de position forte sur le plan &#233;thique de la question animale. Ce n'est toutefois que dans les ann&#233;es 1980 qu'appara&#238;t une prise de position plus politique (et pas seulement &#233;thique) sur les animaux, avec la th&#233;orie des droits. En 1983, le philosophe am&#233;ricain Tom Regan d&#233;fend l'id&#233;e que les animaux ne doivent pas &#234;tre trait&#233;s comme des objets, mais comme des sujets de droit. Selon lui, les animaux sont les &#171; sujets-d'une-vie &#187;, car ils ont une vie biographique, ils font l'exp&#233;rience subjective du monde, ils ont des pr&#233;f&#233;rences, des besoins, des d&#233;sirs et des int&#233;r&#234;ts qui leur sont propres. Pour Regan, les animaux poss&#232;dent une valeur inh&#233;rente, c'est-&#224;-dire que ces derniers existent pour eux-m&#234;mes et non de fa&#231;on instrumentale pour les finalit&#233;s humaines. Ils devraient donc &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des sujets et se voir octroyer des droits fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1990, le professeur de droit Gary Francione a soutenu que les animaux sont des &#234;tres &#171; sentients &#187;, pouvant ressentir subjectivement, ce qui suffit &#224; cesser de les exploiter pour ne pas leur causer de tort. Selon lui, aucun animal poss&#233;dant la &#171; sentience &#187; ne devrait &#234;tre exploit&#233; pour notre b&#233;n&#233;fice ni &#234;tre notre propri&#233;t&#233;. La sentience est l'un des crit&#232;res, si ce n'est le crit&#232;re par excellence, nous permettant d'identifier quels animaux pourraient avoir des droits, bien que la ligne soit parfois difficile &#224; tracer. Dans le cas des vert&#233;br&#233;s (les poissons, les amphibiens, les reptiles, les oiseaux et les mammif&#232;res), leur sentience est reconnue par la D&#233;claration de Cambridge de 2012. &#192; la suite des travaux de Regan et Francione, la th&#233;orie des droits a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;e davantage. Aujourd'hui, ces droits se r&#233;sument minimalement au droit &#224; la vie, au droit &#224; l'int&#233;grit&#233; physique, au droit &#224; la libert&#233;, au droit de ne pas &#234;tre une propri&#233;t&#233; et au droit &#224; la pr&#233;servation des habitats naturels des animaux sauvages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie des droits est de plus en plus aboutie, bien que de nouveaux d&#233;bats puissent survenir dans le futur. Avec de tels d&#233;veloppements th&#233;oriques, on aurait pu croire &#224; des changements sociaux substantiels au fil du temps. Or, il n'en est rien. Bien que les philosophes aient brillamment &#233;clair&#233; nos devoirs envers les animaux, la politisation de leurs th&#233;ories se fait attendre. L'influence puissante du consum&#233;risme et de l'individualisme dans notre soci&#233;t&#233; capitaliste peut expliquer en partie cette situation. Bien s&#251;r, le sp&#233;cisme existe depuis des mill&#233;naires et ne sera pas transcend&#233; facilement. Cette question demeure n&#233;anmoins comprise trop souvent comme un mode de vie personnel (le v&#233;ganisme), r&#233;duisant ainsi une lutte politique contre la discrimination et la violence syst&#233;miques &#224; de simples pr&#233;f&#233;rences individuelles. Il est n&#233;cessaire de comprendre que l'&#171; anti- sp&#233;cisme &#187; et la lib&#233;ration animale impliquent une &#233;thique de non-violence, mais cette &#233;thique est universelle, pas seulement personnelle. La question animale devrait donc &#234;tre con&#231;ue comme une question politique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi la gauche doit d&#233;fendre les droits des animaux ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La recherche sociologique des quinze derni&#232;res ann&#233;es a &#233;galement montr&#233; comment le sp&#233;cisme &#233;tait li&#233; &#224; plusieurs syst&#232;mes oppressifs (racisme, colonialisme, esclavage, capacitisme, etc.). Historiquement, plusieurs groupes furent r&#233;duits au statut d'animal. Que ce soit les esclaves africains vus comme moins rationnels ou les Premi&#232;res Nations d'Am&#233;rique vues comme des &#171; sauvages &#187;, des peuples entiers furent constamment compar&#233;s aux animaux et asservis comme eux. &#192; l'&#233;poque moderne, cette Europe imbue d'elle-m&#234;me consid&#233;ra plusieurs groupes de personnes comme des &#171; b&#234;tes &#187;, m&#233;ritant leur sort car &#171; inf&#233;rieurs &#187; &#224; la &#171; race &#187; blanche. On nia &#224; plusieurs peuples colonis&#233;s un quelconque degr&#233; de civilisation ou de rationalit&#233;. Ces peuples &#233;taient vus comme &#233;tant sans histoire, &#171; comme les animaux &#187;, donc inf&#233;rieurs. Une d&#233;shumanisation s'op&#232;re par l'animalisation, permettant de r&#233;duire l'Autre &#224; un &#234;tre irrationnel. Bref, le sp&#233;cisme a &#233;t&#233; le mod&#232;le d'oppression par excellence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait &#233;galement que la lib&#233;ration animale est &#233;troitement li&#233;e &#224; l'environnementalisme puisque l'exploitation animale contribue significativement &#224; la d&#233;vastation &#233;cologique, &#224; la consommation &#233;nergivore de ressources, &#224; la pollution et aux changements climatiques. L'&#233;levage est bien connu pour causer la d&#233;forestation n&#233;cessaire aux p&#226;turages, la pollution de l'eau, de l'air et de la terre par l'accumulation de lisier. L'&#233;levage exige aussi beaucoup de nourriture, d'eau et de ressources pour &#171; transformer &#187; les animaux (transport, abattoirs, cong&#233;lation, etc.). La p&#234;che est &#233;galement tr&#232;s dommageable et tue un nombre gigantesque d'individus. La chasse et la capture d'animaux sauvages contribuent &#233;galement &#224; l'extinction des esp&#232;ces et &#224; l'appauvrissement de la biodiversit&#233;. Par ailleurs, la destruction des habitats naturels par l'industrie mini&#232;re, p&#233;troli&#232;re, gazi&#232;re et d'autres est l'une des principales causes de la disparition des esp&#232;ces animales et v&#233;g&#233;tales. Ainsi, la question animale et la question environnementale sont intimement li&#233;es et restent indissociables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rant tout cela, la lib&#233;ration animale est une question tr&#232;s profonde, radicale et clairement politique. La gauche et les &#171; progressistes &#187; ont toujours d&#233;fendu des valeurs de paix, de justice, d'&#233;galit&#233;, de droits, de non-discrimination, de non- violence, d'&#233;cologie et de d&#233;fense des plus vuln&#233;rables. Autant de valeurs communes avec le mouvement pour les droits des animaux. Un dialogue s'impose donc. Il m'appara&#238;t important d'insister sur la prise en compte de cette question, autant par les intellectuel&#183;le&#183;s que par la gauche politique, afin de faire avancer cette cause au Qu&#233;bec. Diff&#233;rentes strat&#233;gies peuvent &#234;tre employ&#233;es pour politiser cet enjeu. Celles-ci peuvent aller de l'&#233;ducation &#224; l'activisme, de pressions sur les partis politiques aux boycottages, des manifestations &#224; la d&#233;sob&#233;issance civile. Ce texte vise &#224; susciter un d&#233;bat sur la question, particuli&#232;rement au sein des &#171; progressistes &#187; militant pour la justice, mais la r&#233;servant trop souvent aux membres de notre esp&#232;ce. Il peut aussi, je l'esp&#232;re, contribuer (modestement) &#224; politiser les droits des animaux au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_537 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/jpg/2323.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH109/2323-3b601.jpg?1729024683' width='500' height='109' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#233;galement Axelle Playoust, &#171; Antisp&#233;cisme. La gauche a-t-elle laiss&#233; de c&#244;t&#233; une lutte ? &#187;,&lt;i&gt; &#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, no 69, avril-mai 2017. NDLR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est titulaire d'une ma&#238;trise en philosophie &#224; l'Universit&#233; de Sherbrooke. Photo : Rassemblement pour la fin du specisme (meatabolition.org).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Manifeste animaliste. Politiser la cause animale</title>
		<link>https://www.ababord.org/Manifeste-animaliste-Politiser-la-cause-animale</link>
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		<dc:date>2018-08-26T20:26:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milie Deschamps</dc:creator>


		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Droits des animaux</dc:subject>
		<dc:subject>Deschamps, &#201;milie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Corine Pelluchon, Manifeste animaliste. Politiser la cause animale, Paris, Alma &#201;diteur, 2017, 111 pages. &lt;br class='autobr' /&gt; Constat de d&#233;part : depuis la publication d'Animal liberation en 1960, le discours rationnel n'a pas r&#233;ussi &#224; transformer en profondeur la condition animale. Corine Pelluchon propose donc de transposer la cause sur le terrain politique. Elle envisage ainsi la cr&#233;ation d'un parti animaliste et l'inclusion des int&#233;r&#234;ts des animaux dans la constitution. Elle d&#233;fend m&#234;me l'ajout d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-70-ete-2017-" rel="directory"&gt;No 070 - &#233;t&#233; 2017&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Droits-des-animaux-+" rel="tag"&gt;Droits des animaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Deschamps-Emilie-+" rel="tag"&gt;Deschamps, &#201;milie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2563.png?1642092211' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;134&#034; height=&#034;209&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Corine Pelluchon, &lt;i&gt;Manifeste animaliste. Politiser la cause animale&lt;/i&gt;, Paris, Alma &#201;diteur, 2017, 111 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Constat de d&#233;part : depuis la publication d'&lt;i&gt;Animal liberation&lt;/i&gt; en 1960, le discours rationnel n'a pas r&#233;ussi &#224; transformer en profondeur la condition animale. Corine Pelluchon propose donc de transposer la cause sur le terrain politique. Elle envisage ainsi la cr&#233;ation d'un parti animaliste et l'inclusion des int&#233;r&#234;ts des animaux dans la constitution. Elle d&#233;fend m&#234;me l'ajout d'un si&#232;ge pour une personne repr&#233;sentant les animaux aux assembl&#233;es l&#233;gislatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les propositions sont bien &#233;tay&#233;es, la discussion s'embourbe parfois dans les d&#233;tails : le mode de r&#233;mun&#233;ration des repr&#233;sentant&#183;e&#183;s politiques et la longueur de leurs mandats par exemple. Un optimisme teint&#233; de na&#239;vet&#233; &#233;mane aussi de certaines suggestions. Ainsi, l'id&#233;e qu'un soutien financier permettra une transition en douceur de l'&#233;levage intensif vers l'agriculture n&#233;glige le r&#244;le identitaire important des croyances, traditions et valeurs soutenant l'industrie de l'&#233;levage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visant avant tout un changement rapide des pratiques, le texte se conclut sur des propositions se voulant consensuelles telle l'interdiction de la fourrure, du foie gras ou de la corrida. Ce sont l&#224;, selon Pelluchon, les batailles les plus faciles &#224; gagner pour les d&#233;fenseurs des animaux ; celles sur lesquelles miser pour progresser significativement et &#224; court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre discussion sur les actes militants, introduction &#224; l'&#233;thique animale, &#233;bauche de programme politique et appel &#224; l'union des &#171; animalistes de tous les pays &#187;, le &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt; s'adresse un peu &#224; chacun&#183;e, mais &#224; personne en particulier : qui trop embrasse mal &#233;treint, dit le proverbe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bri&#232;vet&#233; et la clart&#233; de l'ouvrage, qui contient m&#234;me un glossaire, en font toutefois un point de d&#233;part de choix pour les d&#233;bats futurs. Et en accordant plus d'attention aux fins qu'aux principes, l'auteure transgresse les distinctions id&#233;ologiques entre les diff&#233;rents groupes de d&#233;fenseurs des animaux, distinctions qui peuvent devenir des freins au r&#233;el progr&#232;s. Le s&#233;jour de l'&#233;thique animale dans le lumineux monde des id&#233;es a peut-&#234;tre assez dur&#233;. Et c'est une philosophe qui vient aujourd'hui nous dire de redescendre dans la caverne pour mettre en place la vraie lib&#233;rationanimale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Antisp&#233;cisme : la gauche a-t-elle laiss&#233; de c&#244;t&#233; une lutte ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Antispecisme-la-gauche-a-t-elle-laisse-de-cote-une-lutte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Antispecisme-la-gauche-a-t-elle-laisse-de-cote-une-lutte</guid>
		<dc:date>2018-08-10T19:37:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Axelle Playoust</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Droits des animaux</dc:subject>
		<dc:subject>Playoust, Axelle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si le Code civil qu&#233;b&#233;cois reconna&#238;t depuis peu les animaux non humains comme &#233;tant des individus dou&#233;s de sensibilit&#233;, force est de constater que dans les faits, aucune mesure cr&#233;dible n'a &#233;t&#233; apport&#233;e en faveur d'un changement significatif de nos pratiques. &lt;br class='autobr' /&gt; Et pour cause ! Prendre au s&#233;rieux les int&#233;r&#234;ts de ces individus supposerait la fermeture imm&#233;diate de tous les &#233;levages et abattoirs, soutiennent les antisp&#233;cistes. Portrait d'un mouvement politique dont la lecture mat&#233;rialiste de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-69-avril-mai-2017-" rel="directory"&gt;No 069 - avril / mai 2017&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2555.png?1642092211' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;205&#034; height=&#034;214&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si le Code civil qu&#233;b&#233;cois reconna&#238;t depuis peu les animaux non humains comme &#233;tant des individus dou&#233;s de sensibilit&#233;, force est de constater que dans les faits, aucune mesure cr&#233;dible n'a &#233;t&#233; apport&#233;e en faveur d'un changement significatif de nos pratiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et pour cause ! Prendre au s&#233;rieux les int&#233;r&#234;ts de ces individus supposerait la fermeture imm&#233;diate de tous les &#233;levages et abattoirs, soutiennent les antisp&#233;cistes. Portrait d'un mouvement politique dont la lecture mat&#233;rialiste de nos rapports aux autres animaux ouvre des perspectives de luttes consid&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le sp&#233;cisme fait syst&#232;me&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question animale serait un enjeu &lt;i&gt;secondaire&lt;/i&gt; : rien (ou si peu) ne vient troubler ce lieu commun. Faire &#233;merger les animaux comme sujets de justice n'est pas une t&#226;che facile, tant l'&#233;vidence de leur statut subalterne fait autorit&#233; pour chacun&#183;e d'entre nous. Le mouvement animaliste doit ainsi faire face &#224; cette m&#234;me rengaine qu'ont connu &#8211; et connaissent toujours &#8211; les f&#233;ministes de la part de la gauche : &#224; objet secondaire, lutte secondaire. Femmes et animaux ? Plus tard, quand les &lt;i&gt;vrais&lt;/i&gt; probl&#232;mes seront r&#233;gl&#233;s. Ainsi, bien qu'il soit per&#231;u comme raisonnable de d&#233;noncer les &#233;levages intensifs et les maltraitances ouvertement sadiques, il reste que beaucoup d'entre nous ignorent ou d&#233;nigrent ouvertement les revendications li&#233;es &#224; l'abolition de la viande, &#224; la fermeture des abattoirs et &#224; l'&#233;galit&#233; animale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les ann&#233;es 1970 pourtant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;mergence de l'antisp&#233;cisme en tant que mouvement politique est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dans la foul&#233;e des autres mouvements de lib&#233;ration, les antisp&#233;cistes font voir que les animaux non humains sont l'objet d'une oppression &lt;i&gt;sp&#233;cifique&lt;/i&gt;, non r&#233;ductible aux effets d'une industrialisation capitaliste en qu&#234;te de rentabilit&#233;. Les militant&#183;e&#183;s d'alors &#8211; dont beaucoup sont encore aujourd'hui sur le terrain &#8211; &#233;crivent et font circuler de nombreux textes faisant de l'esp&#232;ce une cat&#233;gorie politique tout aussi construite et arbitraire que celles du sexe ou de la race&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur l'essentialisme sous-jacent &#224; la construction scientifique des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La division entre r&#232;gne humain et r&#232;gne animal, soi- disant &#233;vidente et naturelle, est d&#233;nonc&#233;e comme produit id&#233;ologique visant &#224; masquer le caract&#232;re politique des conflits et in&#233;galit&#233;s entre esp&#232;ces. Les animaux non humains sont &lt;i&gt;construits&lt;/i&gt;, tr&#232;s concr&#232;tement, mais &#233;galement dans les repr&#233;sentations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une analyse des repr&#233;sentations sp&#233;cistes, voir la page Facebook &#171; Je (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme des &#234;tres &lt;i&gt;essentiellement&lt;/i&gt; diff&#233;rents et d&#233;pourvus de valeur intrins&#232;que ; tr&#232;s loin de nous en nature et tout en bas de l'&#233;chelle sociale. De quoi mobiliser la gauche, donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ce que nous avons sous les yeux, nous ne le voyons pas&lt;/i&gt; &#187;, faisait remarquer la f&#233;ministe Colette Guillaumin. Peut-&#234;tre cela cr&#232;ve-t-il trop les yeux pour &#234;tre vu : les animaux incarnent la version la plus aboutie du processus politique d'alt&#233;risation. Ils sont radicalement &#171; Autres &#187;, correspondent &#224; l'&#233;talon ultime de ce qu'on consid&#232;re comme m&#233;prisable et exploitable. Ils font l'objet d'une appropriation totale : non seulement de leur temps, de leur corps, des produits de leur corps, de leurs petits, mais &#233;galement de leur vie m&#234;me, et ils se voient d&#233;nier toute subjectivit&#233;. Nul autre groupe ne fait l'objet d'un tel degr&#233; d'exploitation. Lorsqu'une situation s'en approche n&#233;anmoins, on consid&#232;re avec indignation que le groupe concern&#233; est trait&#233; &#171; comme du b&#233;tail &#187;, ce qui en dit long sur ce que subissent les animaux qui sont eux, en effet, litt&#233;ralement trait&#233;s comme du b&#233;tail, c'est-&#224;-dire comme des moins que rien, des marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_440 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/1231231-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH110/1231231-2-c13ad.png?1729020698' width='500' height='110' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le fait que les animaux non humains ne soient pas &lt;i&gt;quelques-uns&lt;/i&gt; &#224; &#234;tre &lt;i&gt;parfois&lt;/i&gt; victimes de violences, par malchance ou par n&#233;gligence, vient &#233;galement appuyer l'id&#233;e qu'il est question d'un fait institutionnel d&#233;lib&#233;r&#233;ment maintenu par les sph&#232;res politiques, juridiques et &#233;conomiques. Ils sont en r&#233;alit&#233; des &lt;i&gt;milliers de milliards&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chaque ann&#233;e, plus de 65 milliards d'animaux terrestres sont concern&#233;s par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#224; faire chaque ann&#233;e les frais d'un syst&#232;me bien huil&#233; qui les enferme, les mutile, les tue, les vend. Le simple fait que ce soient des &#234;tres qui, comme nous, accordent de l'importance &#224; ce qui leur arrive devrait pourtant suffire &#224; les inclure au sein de nos pr&#233;occupations morales et politiques. L'antisp&#233;cisme conteste ainsi le regard naturalisant et instrumental port&#233; sur les autres animaux. Il apporte une dimension historique &#224; des pratiques per&#231;ues jusqu'ici comme normales, l&#233;gitimes, voire immuables : la consommation de viande est sans doute l'exemple le plus saillant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'angle mort de la gauche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e des animaux dans le champ politique constitue en soi un changement de paradigme consid&#233;rable, d'autant plus qu'il prive la gauche d'une de ses strat&#233;gies de lutte favorites : la distanciation vis-&#224;-vis de l'animalit&#233;, doubl&#233;e d'un appel au respect de la &lt;i&gt;dignit&#233; humaine&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le slogan indign&#233; &#171; Nous ne sommes pas des animaux ! &#187; est particuli&#232;rement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toute personne marginalis&#233;e est concern&#233;e par l'animalisation en tant qu'il s'agit d'une assignation sociale, d'un stigmate r&#233;sultant de rapports de pouvoir et non d'une caract&#233;ristique inh&#233;rente &#224; l'individu. De la m&#234;me fa&#231;on que dans un syst&#232;me patriarcal, le fait d'&#234;tre renvoy&#233;&#183;e socialement &#224; la f&#233;minit&#233; est d&#233;valorisant, voire insultant, le fait d'&#234;tre animalis&#233;&#183;e est per&#231;u comme la menace ultime de d&#233;classement social et est r&#233;guli&#232;rement mobilis&#233; &#224; l'encontre des minorit&#233;s humaines. Femmes ou personnes racis&#233;es seraient ainsi plus proches de la nature, du corps, des instincts. Humain&#183;e&#183;s certes, mais un peu moins que les hommes blancs. Plus proches des animaux somme toute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte o&#249; l'animalit&#233; fait office de stigmate d&#233;valorisant, affirmer sa diff&#233;rence radicale vis-&#224;-vis des animaux permet donc de consolider son appartenance au groupe dominant, l'humanit&#233;, et d'assurer son acc&#232;s aux privil&#232;ges qui lui sont associ&#233;s. Ce que les antisp&#233;cistes d&#233;c&#232;lent pourtant, c'est que la valorisation de l'esp&#232;ce humaine au d&#233;triment des autres animaux revient &#224; contribuer au m&#234;me r&#233;pertoire id&#233;ologique, aux m&#234;mes sch&#233;mas de violence et d'arbitraire qui fondent les syst&#232;mes de domination intra-humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition humanit&#233;/animalit&#233; (tout comme culture/nature ou raison/instinct) est &lt;i&gt;utilis&#233;e politiquement&lt;/i&gt; pour opprimer non seulement les animaux, mais &#233;galement toute personne maintenue au bas de l'&#233;chelle sociale. Le syst&#232;me des insultes est en ce sens tr&#232;s instructif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Incontournable &#224; ce sujet, le texte &#171; Sale b&#234;te, sale n&#232;gre, sale gonzesse &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : il fait voir la fa&#231;on dont le sp&#233;cisme conforte et exacerbe les autres syst&#232;mes in&#233;galitaires. Lorsqu'on traite les femmes de chiennes ou de truies, lorsque les immigr&#233;&#183;e&#183;s sont compar&#233;s &#224; des parasites (ou plus r&#233;cemment &#224; des poissons&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une r&#233;f&#233;rence &#224; l'analogie raciste de Christian Rioux, en janvier dernier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), la rh&#233;torique sp&#233;ciste est au service des autres rapports de pouvoir. Ne pas reconna&#238;tre ces liens qui font des luttes humaines et animales une cause commune revient &#224; laisser une base solide &#224; l'id&#233;ologie de la domination, qui nous affecte toutes et tous et contre laquelle nous luttons au quotidien au sein de nos communaut&#233;s respectives.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_439 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/12121.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH80/12121-4080d.png?1729020698' width='500' height='80' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers une solidarit&#233; animale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le niveau de naturalisation atteint par le syst&#232;me sp&#233;ciste est tellement &#233;lev&#233; qu'on ne per&#231;oit pas le degr&#233; de violence arbitraire qui permet aux abattoirs d'exister et de tourner &#224; plein r&#233;gime, &#224; quelques kilom&#232;tres de chez nous. Pourtant, il semblerait que tant qu'il restera ce genre de lieu pour incarner et actualiser la dichotomie de la domination, les autres syst&#232;mes trouveront des ressources (&#224; la fois mat&#233;rielles et id&#233;elles) pour perdurer et rester op&#233;rants socialement. Tant que l'ordre sp&#233;ciste ne sera pas inqui&#233;t&#233;, la menace que des individus puissent &#234;tre trait&#233;s &#171; comme des animaux &#187; restera bien r&#233;elle. La d&#233;valorisation totale de ce qu'on associe &#224; l'animalit&#233;, plut&#244;t que de nous inciter &#224; nous d&#233;solidariser des autres animaux, devrait ainsi nous interroger sur la position mat&#233;rielle dans laquelle sont plac&#233;s ceux qui n'ont pas le luxe de na&#238;tre du bon c&#244;t&#233; de la fronti&#232;re d'esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse aux camarades qui &#233;vacuent de leurs luttes la question de l'oppression des autres animaux, nous r&#233;torquons donc qu'une &#233;galit&#233; qui laisse de c&#244;t&#233; des milliards d'individus est une &#233;galit&#233; bien partielle. Que faudra-t-il de plus pour que la gauche &#233;tende son champ de lutte au-del&#224; de la fronti&#232;re d'esp&#232;ce ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;mergence de l'antisp&#233;cisme en tant que mouvement politique est habituellement situ&#233;e &#224; la parution d'&lt;i&gt;Animal Liberation&lt;/i&gt; de Peter Singer (1975). La revue fran&#231;aise &lt;i&gt;Cahiers antisp&#233;cistes &lt;/i&gt; produit des analyses majeures sur la question depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur l'essentialisme sous-jacent &#224; la construction scientifique des cat&#233;gories d'esp&#232;ces, voir l'article &#171; Les esp&#232;ces non plus n'existent pas &#187; sur le site de la revue &lt;i&gt;Cahiers antisp&#233;cistes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une analyse des repr&#233;sentations sp&#233;cistes, voir la page Facebook &#171; Je suis une pub sp&#233;ciste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Chaque ann&#233;e, plus de 65 milliards d'animaux terrestres sont concern&#233;s par la mort programm&#233;e en abattoir. Les victimes aquatiques quant &#224; elles se d&#233;nombrent en milliers de milliards d'individus. Voir &#224; ce sujet &#171; &lt;a href=&#034;https://www.coteboudreau.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Statistiques astronomiques&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le slogan indign&#233; &#171; Nous ne sommes pas des animaux ! &#187; est particuli&#232;rement significatif &#224; cet &#233;gard. La campagne contre les violences sexuelles &#171; Ni viande ni objet &#187; rel&#232;ve de la m&#234;me rh&#233;torique sp&#233;ciste. Voir &#224; ce sujet &#171; Sexisme, racisme et sp&#233;cisme : intersections des oppressions &#187; par Christiane Bailey. Disponible &lt;a href=&#034;http://christianebailey.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Incontournable &#224; ce sujet, le texte &#171; Sale b&#234;te, sale n&#232;gre, sale gonzesse &#187; par Yves Bonnardel. Disponible &lt;a href=&#034;https://www.cahiers-antispecistes.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une r&#233;f&#233;rence &#224; l'analogie raciste de Christian Rioux, en janvier dernier dans &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;. En r&#233;action, 50 personnes cosignaient une lettre ouverte intitul&#233;e &#171; Nous ne sommes pas des poissons &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le d&#233;fi v&#233;gane 21 jours</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-defi-vegane-21-jours</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-defi-vegane-21-jours</guid>
		<dc:date>2018-07-13T19:21:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Tardi</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Droits des animaux</dc:subject>
		<dc:subject>Tardi, Valentin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#201;lise Desaulniers, Le d&#233;fi v&#233;gane 21 jours, Montr&#233;al, Tr&#233;carr&#233;, 2016, 182 pages. &lt;br class='autobr' /&gt; De plus en plus, le r&#233;gime alimentaire v&#233;gane &#233;merge en concordance avec d'autres pratiques r&#233;sistantes citoyennes. Si ce type d'alimentation existe pourtant depuis presque toujours, et particuli&#232;rement dans des pays plus frugaux, il importe de disposer d'une documentation de base solide pour effectuer le passage ou en apprendre davantage sur elle. Surtout que la r&#233;sistance aux changements reli&#233;s &#224; la bouffe (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-69-avril-mai-2017-" rel="directory"&gt;No 069 - avril / mai 2017&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Droits-des-animaux-+" rel="tag"&gt;Droits des animaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Tardi-Valentin-+" rel="tag"&gt;Tardi, Valentin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2535.png?1642092208' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;143&#034; height=&#034;225&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;lise Desaulniers, &lt;i&gt;Le d&#233;fi v&#233;gane 21 jours&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Tr&#233;carr&#233;, 2016, 182 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De plus en plus, le r&#233;gime alimentaire v&#233;gane &#233;merge en concordance avec d'autres pratiques r&#233;sistantes citoyennes. Si ce type d'alimentation existe pourtant depuis presque toujours, et particuli&#232;rement dans des pays plus frugaux, il importe de disposer d'une documentation de base solide pour effectuer le passage ou en apprendre davantage sur elle. Surtout que la r&#233;sistance aux changements reli&#233;s &#224; la bouffe est li&#233;e &#224; des habitudes tenaces, &#224; l'industrie agroalimentaire nord-am&#233;ricaine qui r&#232;gne sur la plan&#232;te (et la massacre) autant qu'&#224; leurs lobbies qui nous feraient avaler n'importe quoi &#224; titre de v&#233;rit&#233; alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre, qui s'adresse r&#233;solument aux n&#233;ophytes, a le grand m&#233;rite de commencer par le commencement en appelant un produit animal par son nom. En outre, il pr&#233;sente les nombreuses alternatives que contiennent le garde-manger et le frigo v&#233;ganes de m&#234;me qu'il sugg&#232;re le simple et pratique &#171; d&#233;fi v&#233;gane &#187; pour op&#233;rer une transition alimentaire en proposant &#233;galement des recettes abordables et r&#233;alistes &#224; faire au quotidien. Les forces de ce livre sont certes de rester pragmatique et accessible, d'aller droit au but en collant &#224; la r&#233;alit&#233; du Qu&#233;bec, d'offrir des r&#233;ponses &#224; l'argumentaire n&#233;gatif susceptible d'&#234;tre entendu dans l'entourage d'une personne devenant v&#233;gane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lise Desaulniers, qui a &#233;galement &#233;crit &lt;i&gt;Je mange avec ma t&#234;te&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Vache &#224; lait&lt;/i&gt;, a visiblement chemin&#233; dans ses r&#233;flexions et on sent qu'elle a su ici synth&#233;tiser le travail p&#233;dagogique de certains cercles, dont celui du Festival V&#233;gane de Montr&#233;al et de gens pr&#233;occup&#233;s d'&#233;thique animale. &#192; cet &#233;gard, la proposition documentaire sur l'&#233;levage, l'abattage, l'exp&#233;rimentation, etc., rel&#232;ve d'une saine curiosit&#233; face &#224; tout ce que la soci&#233;t&#233; de consommation commerciale nous apporte avec beaucoup de naturel, un emballage glamour et l'aveuglement publicitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, ce document d'introduction des plus efficaces pour passer &#224; l'action en ayant un impact sur sa sant&#233;, celle de l'environnement et qui modifie notre rapport aux animaux aurait m&#233;rit&#233; une facture un peu plus color&#233;e&#8230; Le strict noir et blanc et l'absence d'illustrations &#233;voque un certain asc&#233;tisme qui n'est aucunement le propos de l'auteure. La bri&#232;vet&#233; de cet &#233;crit autant qu'une mise en page a&#233;r&#233;e facilitent tout de m&#234;me de s'introduire &#224; un univers vital et d'apprendre une base que l'&#233;cole &#233;vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; &#233;couter en compl&#233;ment de ce livre,la &lt;a href='https://www.ababord.org/klovyka.bandcamp.com'&gt;chanson v&#233;gane&lt;/a&gt; d'un jeune de 15 ans qui s'affirme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'anthropomorphisme et ses d&#233;rives</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-anthropomorphisme-et-ses-derives</link>
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		<dc:date>2012-12-06T03:47:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles Danten</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Droits des animaux</dc:subject>
		<dc:subject>Danten, Charles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un jour, &#224; la t&#233;l&#233;vision, j'ai vu une &#233;quipe de pompier en train de sauver un chien labrador qui d&#233;rivait sur un morceau de glace au milieu d'un emb&#226;cle, en plein milieu des rapides. Le pompier qui voulait le prendre pour le mettre dans le bateau, et qui ne se m&#233;fiait aucunement, a eu la surprise de sa vie lorsque le chien l'a mordu en plein visage. Ce pauvre pompier avait fait une supposition dangereuse : que ce chien pensait comme un &#234;tre humain et qu'il comprenait qu'on essayait de le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-45-ete-2012-" rel="directory"&gt;No 045 - &#233;t&#233; 2012&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Droits-des-animaux-+" rel="tag"&gt;Droits des animaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Danten-Charles-+" rel="tag"&gt;Danten, Charles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1483.gif?1642092139' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;298&#034; height=&#034;219&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un jour, &#224; la t&#233;l&#233;vision, j'ai vu une &#233;quipe de pompier en train de sauver un chien labrador qui d&#233;rivait sur un morceau de glace au milieu d'un emb&#226;cle, en plein milieu des rapides. Le pompier qui voulait le prendre pour le mettre dans le bateau, et qui ne se m&#233;fiait aucunement, a eu la surprise de sa vie lorsque le chien l'a mordu en plein visage. Ce pauvre pompier avait fait une supposition dangereuse : que ce chien pensait comme un &#234;tre humain et qu'il comprenait qu'on essayait de le sauver. Cette myopie techniquement appel&#233;e &#171; anthropomorphisme &#187;, le fait de penser que les animaux sont comme nous dans leurs sentiments et leurs besoins, a moult cons&#233;quences non seulement sur nous les humains, mais sur les autres esp&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'industrie de la culture&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'industrie du cin&#233;ma, et de la culture en g&#233;n&#233;ral, est particuli&#232;rement d&#233;termin&#233;e &#224; entretenir notre ignorance au sujet des animaux. Dans les films &#224; la mode comme &lt;i&gt;Marley et moi&lt;/i&gt; de David Frankel, L&lt;i&gt;'ours&lt;/i&gt; de Jean-Jacques Annaud ou &lt;i&gt;La marche de l'empereur&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le renard et l'enfant &lt;/i&gt; de Luc Jacquet &#8211; des films chaleureusement endoss&#233;s par l'organisation non gouvernementale World Wildlife Fund (WWF) &#8211; les animaux ne sont jamais pr&#233;sent&#233;s comme ils sont, mais comme des faire-valoir ou des projections narcissiques des &#234;tres humains, la derni&#232;re chose &#224; faire si on veut changer les mentalit&#233;s. Ce qui donne &#224; penser que les ONG comme WWF ne font pas partie de la solution, mais du probl&#232;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le seul film documentaire sur les animaux digne de ce nom est Le peuple singe de G&#233;rard Vienne. Comme il fallait s'y attendre, ce film fut un &#233;chec commercial retentissant, &#171; &lt;i&gt;l'animal ne r&#233;ussissant &#224; l'&#233;cran, d&#233;plore l'ethnologue Eric Conan, qu'&#224; condition de n'avoir plus d'animal que l'apparence, d'&#234;tre d&#233;natur&#233;. &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ric Conan (1989). &#171; La zoophilie, maladie infantile de l'&#233;cologisme. &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;cits po&#233;tiques contribuent aussi &#224; alourdir, consid&#233;rablement, le fardeau des b&#234;tes en entretenant des id&#233;es et des valeurs qui n'ont aucune prise sur la r&#233;alit&#233;. Ces auteurs &#224; succ&#232;s servent souvent comme point de r&#233;f&#233;rence pour rationaliser les pires inepties.&lt;br class='autobr' /&gt;
Yan Martel, l'auteur du roman &#224; la mode &lt;i&gt;Histoire de Pi,&lt;/i&gt; livre lu par des millions de lecteurs &#224; travers le monde, d&#233;crit les zoos comme des refuges o&#249; les animaux trouvent g&#238;te et paix. Une vision anthropomorphique de ces institutions qui occulte totalement la triste r&#233;alit&#233; du monde carc&#233;ral autant &#224; petite &#233;chelle, dans des espaces restreints comme les zoos et les &#233;levages, qu'&#224; plus grande &#233;chelle, dans un milieu urbain o&#249; les habitations font fonction de cage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vrai dire, les animaux sont aussi malheureux en captivit&#233; que la vaste majorit&#233; des prisonniers dans les prisons, les camps de concentration ou les goulags. S'ils ne peuvent le dire dans notre langue, le nombre ph&#233;nom&#233;nal d'animaux souffrant de maladies physiques (infestations parasitaires, maladies nutritives, etc.) et psychologiques (phobie, st&#233;r&#233;otypie et anxi&#233;t&#233; chronique) est &#233;loquent. Si quelques sp&#233;cimens particuli&#232;rement robustes et bien adapt&#233;s &#224; ce genre d'environnement r&#233;ussissent &#224; tirer leur &#233;pingle du jeu, c'est l'exception qui confirme la r&#232;gle. L'&#233;conomie de l'ensemble est largement d&#233;ficitaire&#8230; pour tous ceux concern&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ric Baratay et &#201;lizabeth Hardouin-Fuguier (1998). Zoos, histoires des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint-Exup&#233;ry, avec Le Petit Prince, ne donne pas sa place non plus, mettant ces mots dans la bouche du renard : &#171; &lt;i&gt;Ma vie est monotone. [&#8230;] Je m'ennuie donc un peu. Mais, si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleill&#233;e. Si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serais pour toi unique au monde... S'il te pla&#238;t&#8230; apprivoise-moi ! [&#8230;] Si tu veux un ami, apprivoise-moi. [&#8230;] Je d&#233;couvrirai le prix du bonheur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, un animal n'a aucunement besoin d'&#234;tre apprivois&#233; pour d&#233;couvrir le prix du bonheur. Au contraire, il n'est pas du tout dans son int&#233;r&#234;t de cr&#233;er des liens avec lui, de le rendre d&#233;pendant, de le sortir du milieu o&#249; il vit en diapason avec sa nature. La vie en captivit&#233; ne peut en aucun cas remplacer la vie intense que les animaux sauvages vivent au sein de leur niche &#233;cologique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pensez par ailleurs que les chasseurs et les &#233;leveurs de poules sont plus cruels que ceux qui apprivoisent les animaux pour en faire leurs &#171; amis &#187; est une erreur de jugement lourde de cons&#233;quences. Sous des apparences innocentes, les animaux de compagnie sont en effet exploit&#233;s avec autant de cruaut&#233; que les autres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Charles Danten. &#171; Le mythe de l'animal-roi &#187;. Le Qu&#233;bec sceptique no 75. En (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement faux de dire que l'on ne conna&#238;t que les choses que l'on apprivoise. C'est plut&#244;t le contraire. Pour vraiment conna&#238;tre un animal, il faut l'observer dans son milieu naturel, sans interf&#233;rer. En notre pr&#233;sence, sous notre influence, il y a fort &#224; parier qu'il n'agira pas naturellement. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'auteur, Saint-Exup&#233;ry, a raison au moins sur un point : l'essentiel est invisible &#224; l'&#339;il.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le droit des animaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me le concept de droit pour les animaux est erron&#233;, d'abord parce qu'il d&#233;finit les besoins des animaux toujours selon des crit&#232;res humains, ensuite parce que la n&#233;cessit&#233; m&#234;me de donner des droits aux animaux est un faux besoin cr&#233;&#233; de toutes pi&#232;ces par les avocats, les juristes et les protecteurs des animaux. Me Anne-Marie Sohm-Bourgeois, ma&#238;tre de conf&#233;rence &#224; la Facult&#233; de droit de Clermont-Ferrand, en France, est claire &#224; ce propos : &#171; &lt;i&gt;Ce changement [donner des droits aux animaux] apporterait-il une v&#233;ritable am&#233;lioration de la condition animale ? Le but recherch&#233; peut-il justifier les probl&#232;mes pos&#233;s par la modification de nos traditionnels concepts juridiques ? On doit h&#233;las ! r&#233;pondre par la n&#233;gative. L'animal, devenu titulaire de droits, ne pourra jamais les exercer et, comme aujourd'hui, c'est son ma&#238;tre, ou un organisme habilit&#233; qui le fera pour lui. Or, en l'&#233;tat actuel des textes, il en est d&#233;j&#224; ainsi &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anne-Marie Sohm-Bourgeois (1990). &#171; La personnification de l'animal : une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'antisp&#233;cisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis o&#249; la zool&#226;trie est une religion, au nom de l'&#233;mancipation animale et la fin du sp&#233;cisme &#8211; l'&#233;quivalent animal du racisme, une autre d&#233;rive de l'anthropomorphisme &#8211; les amoureux des b&#234;tes se livrent, selon le mot du journaliste Michael Schaffer, &#224; de v&#233;ritables &#171; guerres de chiens &#187;. Ils r&#233;clament le droit de laisser leurs chiens errer dans les parcs et les r&#233;serves naturelles, mettant ainsi en danger plusieurs esp&#232;ces animales et botaniques en voie de disparition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, &#224; Fort Funstun, par exemple, une r&#233;serve naturelle pr&#232;s de San Francisco, la ville dont le nom fait r&#233;f&#233;rence &#224; Fran&#231;ois d'Assise, le saint patron des animaux, l'endroit o&#249; l'on retrouve le plus grand nombre d'animaux de compagnie au monde, Schaffer a pu apercevoir en une seule journ&#233;e plus de 400 chiens laiss&#233;s en libert&#233; pendant que leurs ma&#238;tres se livraient &#224; une v&#233;ritable kermesse pour c&#233;l&#233;brer l'entr&#233;e tant esp&#233;r&#233;e de leurs amis &#224; quatre pattes dans le panth&#233;on de l'humanit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michael Schaffer (2009). One Nation Under Dog. Henry Holt ; p. 41.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sc&#233;nario se r&#233;p&#232;te &#224; diff&#233;rent degr&#233; plus ou moins partout dans le monde o&#249; s&#233;vit ce genre de d&#233;rive id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le sentimentalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, &#224; moins de s'adresser aux probl&#232;mes de fond comme l'anthropomorphisme, chose que ne font jamais les protecteurs des animaux, voire les abolitionnistes, le &lt;i&gt;statu quo &lt;/i&gt; est assur&#233;. Comme le pense notamment l'ethnologue italien Sergio Dalla Bernardina, le mouvement animalier est dans ce sens une com&#233;die de l'innocence r&#233;pondant &#224; des ambitions purement &#233;gocentriques. Cette strat&#233;gie sert entre autres &#224; r&#233;soudre les tensions morales suscit&#233;es par notre style de vie en faisant croire qu'un changement est &#233;minent. En &#233;change, les militants qui sont mis en spectacle y gagnent en estime de soi, et la collectivit&#233; aussi, car ce sont ses &#233;missaires, dans l'esprit de ce texte de Friedrich Nietzsche extrait de &lt;i&gt;L'Ant&#233;christ : &#171; Lorsqu'on est charg&#233; de t&#226;ches sacr&#233;es comme d'amender, de sauver, de racheter les hommes, lorsqu'on abrite la divinit&#233; dans sa poitrine, lorsqu'on est le porte-parole d'imp&#233;ratifs de l'au-del&#224;, du seul fait de cette mission, on se trouve d'embl&#233;e hors des &#233;valuations purement intellectuelles soi-m&#234;me d&#233;j&#224; presque sanctifi&#233; par cette mission, soi-m&#234;me d&#233;j&#224; l'arch&#233;type d'un ordre sup&#233;rieur ! &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Citation de Nietzsche tir&#233;e du livre de Sergio Dalla Bernardina L'&#233;loquence (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
En d'autres mots, la d&#233;fense des animaux est une forme de sentimentalisme o&#249; l'enjeu est moins le changement que l'espoir ou l'id&#233;e du changement avec la sensation &#233;ph&#233;m&#232;re de bien-&#234;tre qu'il procure &#224; petit prix. Les cyniques du XVIIe si&#232;cle comme La Rochefoucauld &#233;taient fort conscients de cette machination culturelle qu'ils d&#233;finissaient comme &#171; &lt;i&gt; l&lt;/i&gt;&lt;i&gt;e tribut que le vice paie &#224; la vertu&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;ric Conan (1989). &#171; La zoophilie, maladie infantile de l'&#233;cologisme. &#187; Esprit, no 155, p. 124-126. En ligne : &lt;a href=&#034;http://www.esprit.presse.fr/archive/review/article.php?code=12670&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.esprit.presse.fr/archive/review/article.php?code=12670&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;ric Baratay et &#201;lizabeth Hardouin-Fuguier (1998). Zoos, histoires des jardins zoologiques en occident (XVIe &#8211;XXe si&#232;cle). La D&#233;couverte ; Jean-Claude Nou&#235;t (1998). &#171; Zoos. &#187; Si les Lions pouvaient parler. Essais sur la condition animale ; sous la direction de Boris Cyrulnik. Quarto Gallimard, p. 543 ; H. Heidiger (1968). The Psychology and Behavior of Animals in Zoos, Dover Publications.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Charles Danten. &#171; Le mythe de l'animal-roi &#187;. Le Qu&#233;bec sceptique no 75. En ligne : &lt;a href=&#034;http://static.blog4ever.com/2011/07/511128/artfichier_511128_499360_201202102833266.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://static.blog4ever.com/2011/07/511128/artfichier_511128_499360_201202102833266.pdf&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Anne-Marie Sohm-Bourgeois (1990). &#171; La personnification de l'animal : une tentation &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
repousser. &#187; Recueil Dalloz Sirey, 7e Cahier. En ligne : &lt;a href=&#034;http://pronaturafrance.free.fr/personnif.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://pronaturafrance.free.fr/personnif.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michael Schaffer (2009). One Nation Under Dog. Henry Holt ; p. 41.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Citation de Nietzsche tir&#233;e du livre de Sergio Dalla Bernardina L'&#233;loquence des b&#234;tes (2006), &#201;ditions M&#233;taili&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;thique animale 101</title>
		<link>https://www.ababord.org/Ethique-animale-101</link>
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		<dc:date>2012-09-01T17:22:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martin Gibert</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Gibert, Martin</dc:subject>
		<dc:subject>Droits des animaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quel rapport devrions-nous entretenir avec les animaux ? Qu'est-ce que le sp&#233;cisme ? Est-il acceptable de consommer des produits d'origine animale ? Faut-il agrandir les cages ou, plus radicalement, abolir toute forme d'exploitation des animaux, comme on a aboli l'escla&#173;vage humain ? Avons-nous des devoirs envers les animaux ? Ont-ils des droits ? &lt;br class='autobr' /&gt; Toutes ces questions rel&#232;vent de l'&#233;thique animale. Cette discipline, relativement r&#233;cente, r&#233;fl&#233;chit &#224; &#171; la responsabilit&#233; morale des hommes &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Ethique-animale-Les-" rel="directory"&gt;Dossier : &#201;thique animale - Les animaux ont-ils des droits ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Gilbert-Martin-+" rel="tag"&gt;Gibert, Martin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Droits-des-animaux-+" rel="tag"&gt;Droits des animaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1383.gif?1642092134' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;300&#034; height=&#034;188&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quel rapport devrions-nous entretenir avec les animaux ? Qu'est-ce que le sp&#233;cisme ? Est-il acceptable de consommer des produits d'origine animale ? Faut-il agrandir les cages ou, plus radicalement, abolir toute forme d'exploitation des animaux, comme on a aboli l'escla&#173;vage humain ? Avons-nous des devoirs envers les animaux ? Ont-ils des droits ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toutes ces questions rel&#232;vent de l'&#233;thique animale. Cette discipline, relativement r&#233;cente, r&#233;fl&#233;chit &#224; &#171; &lt;i&gt;la responsabilit&#233; morale des hommes &#224; l'&#233;gard des animaux pris individuellement&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Baptiste Jeang&#232;ne-Vilmer, L'&#233;thique animale, Paris, PUF, coll. Que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. La pr&#233;cision est importante : en effet, l'&#233;thique animale ne s'int&#233;resse pas directement &#224; la pr&#233;servation des esp&#232;ces ou de la biodiversit&#233;. Ces questions rel&#232;vent de &lt;i&gt;l'&#233;thique environnementale&lt;/i&gt; &#8211; qui a aussi son mot &#224; dire sur nos pratiques alimentaires puisque l'industrie de la viande, par exemple, produirait autant de gaz &#224; effet de serre que l'ensemble des transports. L'&lt;i&gt;&#233;thique alimentaire&lt;/i&gt;, enfin, est un troisi&#232;me domaine d'&#233;thique appliqu&#233;e qui recoupe en partie les deux pr&#233;c&#233;dents, mais examine par ailleurs l'impact de la nourriture sur la vie des humains (comme les cons&#233;quences des pesticides sur les travailleurs agricoles).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;thiciens de la vertu, d&#233;ontologues et cons&#233;quentialistes
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les philosophes qui travaillent sur ces th&#232;mes ne sont &#233;videmment pas toujours d'accord entre eux (c'est bien le minimum pour des philosophes !). Comprendre les d&#233;bats en &#233;thique animale suppose de revenir &#224; la question de base : qu'est-ce qu'une action moralement acceptable ? Dans la philosophie anglo-saxonne, on distingue habituellement trois grandes familles de r&#233;ponses : l'&lt;i&gt;&#233;thique des vertus&lt;/i&gt; qui nous vient d'Aristote, le &lt;i&gt;d&#233;ontologisme&lt;/i&gt; qu'on peut associer &#224; Kant et le &lt;i&gt;cons&#233;quentialisme &lt;/i&gt; dont l'utilitarisme de Bentham est la version la plus connue. L'&#233;thique des vertus se concentre sur l'agent (c'est-&#224;-dire celui qui agit) et soutient qu'une action est acceptable si cet agent est vertueux ou s'il agit comme le ferait une personne vertueuse. Le d&#233;ontologisme se concentre sur l'action et affirme qu'elle est acceptable si elle respecte certaines normes morales. Le cons&#233;quentialisme, enfin, envisage les cons&#233;quences de l'action et pense qu'elles doivent promouvoir certaines valeurs morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux d&#233;bats, parfois tr&#232;s sophistiqu&#233;s, opposent les tenants de ces trois th&#233;ories. Ainsi, beaucoup de dilemmes moraux viennent de situations o&#249; l'on se demande si on doit respecter une norme (d&#233;ontologique) quelles qu'en soient les cons&#233;quences. Par ailleurs, au sein m&#234;me de chaque th&#233;orie, tous ne s'entendent pas sur le contenu exact des vertus, des normes ou des valeurs morales. Voil&#224;, en r&#233;sum&#233;, la trame de base d'un cours d'&#233;thique 101 aujourd'hui. Mais comment l'&#233;thique animale s'empare-t-elle de ces th&#233;ories ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'&#233;thicien des vertus&lt;/i&gt; se demandera comment une bonne personne devrait traiter les animaux. Celui qui torture un chat pour le plaisir est habituellement consid&#233;r&#233; comme une brute sans coeur, le contraire d'un mod&#232;le &#224; imiter. On a parfois soutenu que la cruaut&#233; envers les animaux &#233;tait condamnable parce qu'elle m&#232;nerait &#224; la cruaut&#233; envers les humains. Mais on peut aller plus loin que cet argument somme toute indirect &#8211; puisque la cruaut&#233; n'est ici un vice que parce qu'elle nuit aux humains. En effet, l'&#233;thique des vertus peut aussi soutenir, plus directement, que les vertus de justice ou de compassion, bien comprises, ne devraient pas se limiter aux humains. Toutefois, m&#234;me si une philosophe comme Martha Nussbaum sugg&#232;re des pistes int&#233;ressantes avec son approche des capabilit&#233;s, force est de constater que l'&#233;thique des vertus est encore marginale en &#233;thique animale. L'essentiel des d&#233;bats oppose les d&#233;ontologues aux cons&#233;quentialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;d&#233;ontologue&lt;/i&gt;, quant &#224; lui, consid&#232;re que certains actes sont absolument immoraux : par exemple, traiter autrui comme un pur moyen. Si l'esclavage est fonci&#232;rement immoral, disait Kant, c'est parce qu'il ne reconna&#238;t pas la valeur intrins&#232;que des esclaves, leur dignit&#233;, leur droit d'&#234;tre libre (les droits de l'homme sont d'ailleurs largement redevables &#224; l'esprit des Lumi&#232;res dont Kant est une figure embl&#233;matique). En &#233;thique animale, l'approche d&#233;ontologique d'un Tom Regan (on lira un texte de lui plus loin dans ce dossier), par exemple, s'inspire largement de cette intuition kantienne et consiste &#224; demander : mais pourquoi pas les animaux ? N'est-il pas aussi immoral de traiter des &#234;tres sensibles&lt;i&gt; comme de purs moyens &lt;/i&gt; sous pr&#233;texte qu'ils n'appartiennent pas &#224; l'esp&#232;ce humaine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, si le d&#233;ontologisme consiste &#224; respecter des normes, en &#233;thique animale, cela revient le plus souvent &#224; &lt;i&gt;d&#233;fendre les droits des animaux&lt;/i&gt;. On ne parle &#233;videmment pas du droit &#224; une &#233;ducation gratuite ou &#224; voter au f&#233;d&#233;ral ! Mais plut&#244;t du droit de ne pas &#234;tre tortur&#233;, enferm&#233;, utilis&#233; comme une simple ressource. Et puisque nous avons l'habitude (notamment juridique) de r&#233;partir les &#234;tres en deux cat&#233;gories de base, les &lt;i&gt;personnes&lt;/i&gt; et les &lt;i&gt;choses&lt;/i&gt;, plusieurs d&#233;ontologues revendiquent le statut de personnes pour les animaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela revient aussi &#224; d&#233;noncer le &lt;i&gt;sp&#233;cisme &lt;/i&gt; : ce terme, construit par analogie avec le racisme ou le sexisme, qualifie une discrimination (moralement arbitraire) qui serait fond&#233;e sur l'esp&#232;ce. Et notre sp&#233;cisme, note un d&#233;ontologue comme Gary Francione, s'accompagne bien souvent d'une sorte de schizophr&#233;nie morale puisque nous nous pr&#233;occupons des chiens et des chats tout en mangeant des cochons et des poulets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi par antisp&#233;cisme que les &lt;i&gt;cons&#233;quentialistes&lt;/i&gt; soutiennent que nos actions devraient non seulement chercher &#224; promouvoir le bien-&#234;tre des humains, mais aussi celui des animaux. Historiquement, Jeremy Bentham fut, au XIXe si&#232;cle, l'un des premiers philosophes &#224; plaider la cause animale. En 1975, c'est un autre utilitariste, Peter Singer, qui r&#233;activa la flamme avec son fameux livre, &lt;i&gt;La lib&#233;ration animale &lt;/i&gt; (on trouvera aussi un texte de lui plus loin dans ce dossier). Contrairement aux d&#233;ontologues qui sont dans une logique du tout ou rien (soit on respecte les droits des animaux, soit pas), les cons&#233;quen&#173;tialistes consid&#232;rent qu'on peut plus ou moins maximiser le bien-&#234;tre animal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit que sacrifier des animaux dans la recherche m&#233;dicale, par exemple, peut &#234;tre d&#233;fendable s'il en r&#233;sulte un grand bien-&#234;tre global (l'&#233;radication d'une maladie mortelle, par exemple). De plus, dans cette perspective, il est &#171; moins pire &#187; de consommer de la viande une fois par semaine qu'&#224; chaque jour. Enfin, si l'on identifie le bien-&#234;tre &#224; la satisfaction des pr&#233;f&#233;rences subjectives (ce qui est contestable : l'int&#233;r&#234;t objectif &#224; continuer de vivre para&#238;t aussi pertinent), il devient th&#233;oriquement acceptable de manger de la viande &#171; heureuse &#187;, c'est-&#224;-dire d'un animal n'ayant pas souffert durant sa vie ou son abattage.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De la th&#233;orie &#224; la pratique &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233;, h&#233;las, surtout depuis l'av&#232;nement de l'&#233;levage industriel au milieu du XXe si&#232;cle, est loin de s'accorder aux vertus, normes et valeurs morales promues par l'&#233;thique animale. Le consensus est quasiment unanime : m&#234;me un conservateur comme le philosophe Roger Scruton, carnivore revendiqu&#233; et militant pour la chasse &#224; courre, d&#233;nonce les usines &#224; viandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la plupart des auteurs vont plus loin et pr&#244;nent le &lt;i&gt;v&#233;ganisme&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire une consommation sans produits d'origine animale (viande, lait, &#339;uf, cuir, fourrure, etc.). En effet, le seul &lt;i&gt;v&#233;g&#233;tarisme&lt;/i&gt;, s'il constitue assur&#233;ment un progr&#232;s louable, demeure difficile &#224; d&#233;fendre th&#233;oriquement : les droits ou le bien-&#234;tre de la vache laiti&#232;re et de la poule pondeuse ne paraissent pas moins importants que ceux du b ?uf et du poulet de chair. D&#232;s lors, diff&#233;rentes approches &#8211; pas n&#233;cessairement exclusives &#8211; sont envisageables pour changer nos pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;welfaristes&lt;/i&gt; &#8211; qui sont habituellement cons&#233;quentialistes &#8211; entendent r&#233;former &lt;i&gt;la mani&#232;re&lt;/i&gt; dont nous exploitons les animaux afin d'am&#233;lio&#173;rer leur bien-&#234;tre (&lt;i&gt;welfare&lt;/i&gt;). Si l'objectif demeure la fin de toutes souffrances inutiles, r&#233;glementer l'industrie ou soutenir la campagne des lundis sans viande, par exemple, semblent n&#233;anmoins des progr&#232;s substantiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;abolitionnistes&lt;/i&gt; &#8211; qui sont habituellement d&#233;ontologues &#8211; soutiennent une position plus radicale. Ils militent pour abolir &lt;i&gt;le fait&lt;/i&gt; de l'exploitation animale et consid&#232;rent que la racine du probl&#232;me vient de ce que les animaux sont des marchandises (comme, autrefois, les esclaves). En effet, notre syst&#232;me repose enti&#232;rement sur l'appropriation des animaux qu'on peut acheter et vendre. Morts ou vifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier d&#233;bat vaut la peine d'&#234;tre mentionn&#233; : c'est celui des limites du &#171; cercle de la moralit&#233; &#187;. Concr&#232;tement, est-il moralement acceptable d'utiliser ou de consommer certains animaux ? Entre les grands singes, nos plus proches cousins du point de vue de l'&#233;volution, et les insectes ou les bact&#233;ries, o&#249; situer &lt;i&gt;la ligne de partage&lt;/i&gt; ? Si l'on s'accorde pour voir la capacit&#233; &#224; ressentir la douleur comme un crit&#232;re pertinent, tous les vert&#233;br&#233;s (mammif&#232;res, oiseaux, poissons) devraient &#234;tre inclus dans le cercle de moralit&#233;. Les choses sont moins claires pour les crustac&#233;s (crevettes, homards) et les poulpes. En revanche, les mollusques et les insectes semblent incapables de souffrir. C'est pourquoi certains v&#233;gans consommeront du miel, de la soie, des moules ou des hu&#238;tres. D'autres, invoquant le b&#233;n&#233;fice du doute, s'abstiendront.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Baptiste Jeang&#232;ne-Vilmer, L'&#233;thique animale, Paris, PUF, coll. Que sais-je ?, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#192; lire : Jonathan Safran Foer, &lt;i&gt;Faut-il manger des animaux &lt;/i&gt; ?, Paris, &#201;d. de l'Olivier, 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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