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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>En m&#233;moire de R&#233;mi Savard</title>
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		<dc:date>2021-07-29T14:43:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G&#233;rald McKenzie</dc:creator>


		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Sociologie et anthropologie</dc:subject>
		<dc:subject>McKenzie, G&#233;rald</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Juste avant de prendre le large, R&#233;mi avait &#233;t&#233; frapp&#233; par l'oubli. Pourtant, la plus grande partie de sa vie d'anthropologue avait &#233;t&#233; vou&#233;e &#224; la m&#233;moire. Dans la cave de sa maison pr&#232;s de la rue Beaubien, comme un moine, il compilait les histoires anciennes et les l&#233;gendes recueillies aupr&#232;s des Innus de la C&#244;te-Nord et traduites pour la plupart par la po&#232;te innue Jos&#233;phine Bacon. &lt;br class='autobr' /&gt; D&#233;j&#224;, avec son p&#232;re qui arpentait le territoire du Nitassinan avec des guides innus, il c&#244;toyait ceux et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-84-ete-2020-" rel="directory"&gt;No 084 - &#233;t&#233; 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sociologie-et-anthropologie-+" rel="tag"&gt;Sociologie et anthropologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-McKenzie-Gerald-+" rel="tag"&gt;McKenzie, G&#233;rald&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3170.jpg?1642092262' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1251&#034; height=&#034;805&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Juste avant de prendre le large, R&#233;mi avait &#233;t&#233; frapp&#233; par l'oubli. Pourtant, la plus grande partie de sa vie d'anthropologue avait &#233;t&#233; vou&#233;e &#224; la m&#233;moire. Dans la cave de sa maison pr&#232;s de la rue Beaubien, comme un moine, il compilait les histoires anciennes et les l&#233;gendes recueillies aupr&#232;s des Innus de la C&#244;te-Nord et traduites pour la plupart par la po&#232;te innue Jos&#233;phine Bacon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; D&#233;j&#224;, avec son p&#232;re qui arpentait le territoire du Nitassinan avec des guides innus, il c&#244;toyait ceux et celles qui lui apprirent s&#233;rieusement &#224; rire, ce qui pr&#233;figurait son &#339;uvre : &lt;em&gt;Le Rire pr&#233;colombien dans le Qu&#233;bec d'aujourd'hui&lt;/em&gt;. &#192; force de retourner aux histoires que lui avaient racont&#233;es les conteurs et conteuses innus, de les avoir compar&#233;es avec celles d'autres peuples d'Am&#233;rique du Nord, R&#233;mi a bien vu leurs similitudes et la force de leur symbolisme, comparable aux r&#233;cits des grandes &#171; civilisations &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Claude L&#233;vi-Strauss, un de ses professeurs, lui avait conseill&#233; de concentrer son travail sur les mythes et l&#233;gendes de ce coin d'Am&#233;rique. Dans les facult&#233;s d'anthropologie, &#231;a n'avait pas n&#233;cessairement la cote. Il &#233;tait le pr&#233;curseur des Laurent Girouard qui, en arch&#233;ologie, fondait la Soci&#233;t&#233; d'arch&#233;ologie pr&#233;historique du Qu&#233;bec et des Sylvie Vincent qui s'engageait &#224; fond dans le d&#233;veloppement du Centre de documentation sur les peuples autochtones de nos r&#233;gions, qu'il dirigeait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; R&#233;mi Savard, avec ses &#233;tudiant&#183;e&#183;s, avait renvers&#233; la tendance courante de &#171; faire son terrain &#187; dans des cultures exotiques et lointaines, par ailleurs fort int&#233;ressantes et &#233;clairantes sur l'humanit&#233;. &#171; &lt;em&gt;Contrairement &#224; la grande majorit&#233; des autres professeurs, il estimait que c'&#233;tait donc &#224; cette rencontre qu'il fallait envoyer les &#233;tudiants. D&#233;j&#224; pointaient deux de ses grandes pr&#233;occupations : faire conna&#238;tre les cultures et les r&#233;alit&#233;s des premiers habitants du Qu&#233;bec et du Nord-Est de l'Am&#233;rique&lt;/em&gt; [et] &lt;em&gt;participer &#224; la construction d'un pont entre les nations a&#238;n&#233;es et la nation cadette&lt;/em&gt; &#187;, rappelle Sylvie Vincent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Un anthropologue engag&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Lors de la premi&#232;re gr&#232;ve &#233;tudiante au Qu&#233;bec (1961), il s'&#233;tait engag&#233; dans le mouvement &#233;tudiant &#224; Laval o&#249; Duplessis refusa pendant plus de trois mois de recevoir le manifeste des repr&#233;sentant&#183;e&#183;s &#233;tudiant&#183;e&#183;s qui cognaient &#224; sa porte tous les jours. La gr&#232;ve permet toutefois au mouvement &#233;tudiant d'&#233;tablir les bases sur lesquelles reposeront toutes les luttes &#224; venir. La d&#233;mocratie &#233;tudiante et des assembl&#233;es, ainsi qu'une structure interuniversitaire de n&#233;gociation se mettent en place. Plus tard, l'anthropologue sera actif dans la campagne &#233;lectorale de Michel Chartrand pour le Parti socialiste du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Depuis des d&#233;cennies, des leaders autochtones font entendre leur voix. Comme intellectuel engag&#233;, R&#233;mi se mettra au service de leurs luttes dans sa propre soci&#233;t&#233;. &#171; &lt;em&gt;Il a v&#233;cu l'&#232;re de l'indiff&#233;rence, de l'ignorance, de l'injustice, du racisme &#224; l'&#233;gard des Autochtones de ce pays&lt;/em&gt; [&#8230;] &lt;em&gt;Il a d&#233;nonc&#233;, il a pris la plume et la parole, il s'est engag&#233; pour changer l'ordre du monde&lt;/em&gt; &#187;, souligne Serge Bouchard. Il intervient au c&#244;t&#233; des militant&#183;e&#183;s lors de la &#171; guerre du saumon &#187; pour d&#233;cluber les rivi&#232;res et participe avec les Innus de la C&#244;te-Nord &#224; leur lutte pour le droit de p&#234;cher le saumon. Il inspire le Comit&#233; d'appui aux nations autochtones de la Ligue des droits et libert&#233;s et se rend d'urgence avec des militant&#183;e&#183;s &#224; Listuguj o&#249; 500 policiers de la SQ ont envahi la r&#233;serve et souill&#233; le territoire ancestral. On le retrouve &#224; conseiller les observateurs internationaux de la F&#233;d&#233;ration internationale des droits humains qui viennent rencontrer les Innus du Labrador qui protestent contre les vols militaires &#224; basse altitude. Il t&#233;moignera des semaines enti&#232;res devant la Commission d'enqu&#234;te sur la mort de deux Innus &#224; la rivi&#232;re Moisie. Il compara&#238;tra dans plusieurs enqu&#234;tes confrontant des historiens n&#233;gationnistes pour qui les Innus sont des peuples nomades et n'avaient pas de droits sur ce territoire qu'ils auraient occup&#233; au hasard de leur p&#233;r&#233;grination ; alors que, depuis des g&#233;n&#233;rations, les familles innues se d&#233;placent sur des trac&#233;s vieux comme le monde. Les traces sont sur le territoire et dans la tradition orale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Plus r&#233;cemment, en d&#233;ambulant dans le Vieux-Montr&#233;al lors du Festival des Premi&#232;res Nations, les Algonquins de Trois-Rivi&#232;res, dont on nie l'existence, l'abordent pour se faire aider. S'en suivent des recherches et des interventions qui r&#233;v&#233;leront les pratiques discriminatoires des autorit&#233;s religieuses lors des mariages et des bapt&#234;mes pour effacer les origines algonquines. &#171; &lt;em&gt;On a toujours v&#233;cu selon les traditions ancestrales, alors pour nous, c'est important d'&#234;tre reconnu comme tel&lt;/em&gt; &#187;, dit Claude Hubert. Depuis une dizaine d'ann&#233;es, cet homme a retrac&#233; la vie de 17 000 anc&#234;tres des membres de la communaut&#233; de la Petite Mission de Yamachiche, &#224; l'ouest de Trois-Rivi&#232;res. Son objectif : faire reconna&#238;tre leur identit&#233; am&#233;rindienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lors de la crise d'Oka, R&#233;mi Savard s'est engag&#233; dans le comit&#233; que Fran&#231;ois Saillant avait mobilis&#233; en appui aux Premi&#232;res Nations. Un animateur de CJMS avait alert&#233; ses auditeurs et auditrices que des Mohawks allaient sortir pour aller en ville (&#224; l'h&#244;pital). On avait tir&#233; des roches sur le cort&#232;ge &#224; la sortie du pont Mercier. Il y eut des bless&#233;s. Une honte ! On peut entendre R&#233;mi en appeler &#224; la solidarit&#233; des Qu&#233;b&#233;cois&#183;es dans un petit film r&#233;alis&#233; lors de ces manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Souverainiste convaincu, R&#233;mi Savard a par ailleurs toujours d&#233;fendu l'id&#233;e que l'ind&#233;pendance est un vain projet sans la reconnaissance de ce droit aux Premi&#232;res Nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sylvie Vincent soulignait dans son hommage lors des r&#233;centes fun&#233;railles o&#249; &#233;taient pr&#233;sentes plus de 250 personnes que &#171; &lt;em&gt;la Soci&#233;t&#233; et la revue &lt;/em&gt;Recherches am&#233;rindiennes au Qu&#233;bec &lt;em&gt;(50e anniversaire), francophone et ind&#233;pendante des universit&#233;s, ont compt&#233; sur ton soutien publiant plusieurs de tes articles. Tu lui confiais la publication de ton dernier livre, &lt;/em&gt;Carcajou &#224; l'aurore du Monde &#187;. Comme disait l'artiste innue Katia Rock, &#171; &lt;em&gt; rien n'avait de secret parce que tu as su respectueusement et simplement &#233;couter les histoires des anciens sans voler ni prendre, juste &#233;couter avec ton c&#339;ur. Toi tu es et a &#233;t&#233; cette porte vers l'autre, de l'autre c&#244;t&#233;, le parleur, l'explicateur, le transmetteur, le raconteur et le d&#233;fendeur parfois m&#234;me.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur pr&#233;sente ses condol&#233;ances &#224; Marie L&#233;ger, la compagne de R&#233;mi Savard, &#224; ses deux filles, Christine et &#201;lisabeth, et ses deux fils, Fran&#231;ois et Gabriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Famille Saint-Onge des Innus de Mani-utenam ou Uashat et R&#233;mi Savard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour aller plus loin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs &#339;uvres de R&#233;mi Savard sont disponibles sur le site des Classiques des sciences sociales (&lt;a href=&#034;https://classiques.uqac.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://classiques.uqac.ca&lt;/a&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
La for&#234;t vive. R&#233;cits fondateurs du peuple innu (Bor&#233;al, 2004)&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Algonquin Tessouat et la fondation de Montr&#233;al. Diplomatie franco-indienne en Nouvelle-France (L'Hexagone, 1996)&lt;br class='autobr' /&gt;
La voix des autres (L'Hexagone, 1985)&lt;br class='autobr' /&gt;
Canada. Derri&#232;re l'&#233;pop&#233;e, les Autochtones (avec Jean-Ren&#233; Proulx) (L'Hexagone, 1982)&lt;br class='autobr' /&gt;
Destins d'Am&#233;rique. Les Autochtones et nous (L'Hexagone, 1979)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rire pr&#233;colombien dans le Qu&#233;bec d'aujourd'hui (L'Hexagone, 1977)&lt;br class='autobr' /&gt;
Carcajou et le sens du monde. R&#233;cits montagnais-naskapi (1971)&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Algonquins de Trois-Rivi&#232;res (avec Claude Hubert) (2006)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; voir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;mi Savard, anthropologue du Qu&#233;bec&lt;/i&gt;. Entrevue de R&#233;mi Savard r&#233;alis&#233;e par Laurent Girouard&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://vimeo.com/197063539&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://vimeo.com/197063539&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;coles inuites. Apprendre sa langue dans sa langue</title>
		<link>https://www.ababord.org/Ecoles-inuites-Apprendre-sa-langue-dans-sa-langue</link>
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		<dc:date>2020-01-25T18:35:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G&#233;rald McKenzie</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>McKenzie, G&#233;rald</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avant que le Qu&#233;bec obtienne l'administration du Grand Nord, le f&#233;d&#233;ral y offrait une scolarisation exclusivement en anglais. Une fois cette comp&#233;tence obtenue, la province a &#233;tabli un r&#233;seau d'&#233;coles dans toutes les communaut&#233;s en offrant des classes en inuktitut jusqu'&#224; la troisi&#232;me ann&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; D&#232;s le d&#233;part, les parents inuits demand&#232;rent que le curriculum d'&#233;tudes assure la transmission de leur culture et de leur langue ainsi que les comp&#233;tences pour survivre dans le monde contemporain. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Ouvrir-l-ecole-" rel="directory"&gt;Dossier : Ouvrir l'&#233;cole&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-McKenzie-Gerald-+" rel="tag"&gt;McKenzie, G&#233;rald&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2833.jpg?1642092236' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1250&#034; height=&#034;784&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avant que le Qu&#233;bec obtienne l'administration du Grand Nord, le f&#233;d&#233;ral y offrait une scolarisation exclusivement en anglais. Une fois cette comp&#233;tence obtenue, la province a &#233;tabli un r&#233;seau d'&#233;coles dans toutes les communaut&#233;s en offrant des classes en inuktitut jusqu'&#224; la troisi&#232;me ann&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; D&#232;s le d&#233;part, les parents inuits demand&#232;rent que le curriculum d'&#233;tudes assure la transmission de leur culture et de leur langue ainsi que les comp&#233;tences pour survivre dans le monde contemporain. Citons le pr&#233;sident d'un comit&#233; de parents inuits en 1970 : &#171; &lt;em&gt;On veut que l'&#233;cole transmette notre langue et nos modes de vie, mais on veut avoir la possibilit&#233; d'aller au coll&#232;ge et &#224; l'universit&#233;. Nos communaut&#233;s r&#234;vent que leurs jeunes acqui&#232;rent les savoirs exig&#233;s pour qu'on g&#232;re nous-m&#234;mes nos coops, nos h&#244;pitaux, nos &#233;coles, nos institutions.&lt;/em&gt; &#187; Cons&#233;quemment, les parents ont exig&#233; que leurs &#233;coles continuent d'avoir une double orientation (inuite et universelle). Outre l'apprentissage de la langue, la survie dans la toundra, la chasse et la p&#234;che sont au programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; Ivujivik et &#224; Puvirnituq, on organisa alors la formation des ma&#238;tres inuits en collaboration avec l'Universit&#233; McGill et l'Universit&#233; du Qu&#233;bec en Abitibi-T&#233;miscamingue. Le personnel enseignant inuit fut syndiqu&#233; et b&#233;n&#233;ficia des m&#234;mes avantages que les professeurs &lt;em&gt;qadlunats&lt;/em&gt; (non inuits).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les classes du primaire sont en Inuktitut jusqu'en troisi&#232;me ann&#233;e. Par la suite, les &#233;l&#232;ves ont le choix d'&#233;tudier en langue seconde anglaise ou fran&#231;aise. Plusieurs communaut&#233;s ont d&#233;j&#224; des &#233;coles primaires. Elles offrent des classes de la maternelle &#224; la troisi&#232;me ann&#233;e et sont s&#233;par&#233;es des classes qui enseignent en anglais et en fran&#231;ais. Des cours d'Inuktitut sont donn&#233;s &#224; tous les niveaux scolaires et le curriculum en histoire et sciences sociales est fond&#233; sur l'histoire et la vie des Inuites et des Inuits au Nunavik.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La Commission scolaire Kativik Ilisarniliriniq &#233;labore un projet de curriculum d'orientation inuite. Toutefois, les difficult&#233;s inh&#233;rentes aux structures scolaires sont d&#233;terminantes pour l'organisation de ces &#233;coles. Pensons au nombre d'enfants, &#224; la grandeur des &#233;coles (15 ou 20 classes avec 20 enfants chacune), aux horaires des professeur&#183;e&#183;s, aux exigences de la certification (minist&#232;re et commission scolaire) et &#224; la situation socio-&#233;conomique des communaut&#233;s. Les &#233;coles sont devenues tr&#232;s importantes en raison des emplois que d&#233;tiennent de plus en plus de parents dans les services publics et les commerces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les changements dans le r&#233;gime scolaire ont &#233;t&#233; incessants depuis les ann&#233;es 1960. Les communaut&#233;s ont maintenant le pouvoir sur l'administration et l'orientation du syst&#232;me scolaire. Toutefois, elles font toujours face &#224; des obstacles que sont les effets des traumatismes communautaires : entr&#233;e radicale dans la modernit&#233;, effets des pensionnats, situation &#233;conomique, habitations surpeupl&#233;es et tous les probl&#232;mes sociaux qui accompagnent ces r&#233;alit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais voil&#224; qu'une nouvelle g&#233;n&#233;ration de jeunes, inscrits dans des programmes du coll&#233;gial, se nourrit de la sagesse et de la d&#233;termination des leaders qui ont affront&#233;, &#224; leur mani&#232;re, les pratiques coloniales sans &#233;ducation scolaire, mais avec l'acuit&#233; et la sagesse inh&#233;rente &#224; leur culture de survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/IMG/png/ckeditor-img-6fc3e5380a892cea93ac488ca22ab92e.png' style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px' /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : G&#233;rald McKenzie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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<item xml:lang="fr">
		<title>Bouger des montagnes. Les Laurentides engag&#233;es !</title>
		<link>https://www.ababord.org/Bouger-des-montagnes-Les-Laurentides-engagees</link>
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		<dc:date>2019-11-25T15:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Doris Farget, L&#233;a Fontaine, G&#233;rald McKenzie</dc:creator>


		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>Fontaine, L&#233;a</dc:subject>
		<dc:subject>McKenzie, G&#233;rald</dc:subject>
		<dc:subject>Farget, Doris</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Deux lancements sont pr&#233;vus dans la r&#233;gion des Laurentides pour c&#233;l&#233;brer la sortie du num&#233;ro 75. L'un aura lieu &#224; Val-David, le 21 juin ; le second lancement est pr&#233;vu &#224; Nominingue, le 22 juin. Tous les d&#233;tails ici ! &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis le milieu du 19e si&#232;cle, la r&#233;gion des Laurentides a &#233;t&#233; con&#231;ue comme une &#171; r&#233;gion ressource &#187;, &#171; &#224; vocation r&#233;cr&#233;ative &#187;. Ses montagnes et ses for&#234;ts ont &#233;t&#233; fa&#231;onn&#233;es par l'industrie du plein air et par la coupe de bois. Cette &#171; vocation &#187; a des r&#233;percussions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Bouger-des-montagnes-Les-Laurentides-engagees-" rel="directory"&gt;Dossier : Bouger des montagnes. Les Laurentides engag&#233;es !&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-McKenzie-Gerald-+" rel="tag"&gt;McKenzie, G&#233;rald&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Farget-Doris-+" rel="tag"&gt;Farget, Doris&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2525.jpg?1642092207' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1275&#034; height=&#034;1650&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux lancements sont pr&#233;vus dans la r&#233;gion des Laurentides pour c&#233;l&#233;brer la sortie du num&#233;ro 75. L'un aura lieu &#224; Val-David, le 21 juin ; le second lancement est pr&#233;vu &#224; Nominingue, le 22 juin. Tous les d&#233;tails &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Deux-lancements-dans-les-Laurentides&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis le milieu du 19e si&#232;cle, la r&#233;gion des Laurentides a &#233;t&#233; con&#231;ue comme une &#171; r&#233;gion ressource &#187;, &#171; &#224; vocation r&#233;cr&#233;ative &#187;. Ses montagnes et ses for&#234;ts ont &#233;t&#233; fa&#231;onn&#233;es par l'industrie du plein air et par la coupe de bois. Cette &#171; vocation &#187; a des r&#233;percussions concr&#232;tes &#224; plusieurs &#233;gards : l'&#233;conomie, le &#171; social &#187;, l'environnement et la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;faire certaines repr&#233;sentations associ&#233;es &#224; la r&#233;gion des Laurentides demeure cependant n&#233;cessaire, pour mettre en lumi&#232;re son Histoire mill&#233;naire, quelques aspects du processus de colonisation qui lui sont propres, ses r&#233;percussions ainsi que l'engagement des groupes de citoyennes et de citoyens contre des in&#233;galit&#233;s socio&#233;conomiques, nourries par le sous-financement des services publics et le d&#233;sengagement de l'&#201;tat &#8211; deux ph&#233;nom&#232;nes qui ont des effets concrets et quotidiens. Ce sont donc les ambitions de ce dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci contient un portrait de la r&#233;gion, rappelle son Histoire ancestrale, y pr&#233;sente le r&#233;gime juridique sous lequel la colonisation de la r&#233;gion a eu lieu, ses r&#233;percussions sur l'acc&#232;s aux terres agricoles et les in&#233;galit&#233;s entre agriculteurs et grands propri&#233;taires terriens. Certains acteurs y mettent de l'avant des combats pour la pr&#233;servation du territoire, pour celle de l'environnement, mais aussi en faveur du maintien de certains services publics. D'autres mettent en valeur l'investissement des Laurentidienne.s en dehors de la r&#233;gion et les relations de ceux-ci avec d'autres r&#233;gions du monde. Enfin, la question de la d&#233;sint&#233;gration des services publics y est abord&#233;e, de m&#234;me que celle de la protection des femmes et de leur autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; leur mani&#232;re, toutes et tous d&#233;construisent le mythe d'une &#171; r&#233;gion d&#233;cor &#187;, r&#233;duite &#224; une &#171; vocation r&#233;cr&#233;ative &#187;, mais vide au plan des id&#233;es et des rapports de force. Ce dossier n'a cependant pas pour ambition d'en dresser un portrait exhaustif et plusieurs enjeux contemporains n'y sont pas abord&#233;s. Il vise plut&#244;t &#224; amorcer le dialogue entre &lt;i&gt;&#192; B&#226;bord !&lt;/i&gt; et la r&#233;gion, au travers de certaines exp&#233;riences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d'espace de parole a &#233;t&#233; consacr&#233; aux auteur.e.s Laurentidien.ne.s dans le cadre de deux chroniques hors dossier, chut ! La chronique M&#233;moire des luttes a &#233;t&#233; confi&#233;e &#224; Georges Lafontaine, qui explique l'effacement de sa nation au sein de la r&#233;gion. Quant &#224; la chronique Figure marquante, elle est d&#233;di&#233;e &#224; un hommage &#224; Lyne Beauchamp, dont la mission est maintenant assur&#233; par Michel Bolduc, appuy&#233; de Luc Fleurent, texte r&#233;dig&#233; par Gabriel Dagenais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dossier coordonn&#233; par Doris Farget, L&#233;a Fontaine et G&#233;rald McKenzie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec des contributions de V&#233;ronique Bouchard, Sophie Castonguay, Sylvie Constantin, Gabriel Dagenais (L'association D&#233;fense de L'Arc-en-ciel), Marcel Gosselin, Manon Guillemette (Droits et recours Laurentides), Georges Lafontaine (Conseil Tribal Anishnabe), Fran&#231;ois Lapierre (Association de Protection de l'Environnement des Hautes-Laurentides), Benoit Larocque et Farah Wikarski (Regroupement des organismes communautaires des Laurentides), Vicky Langlais (R&#233;seau des Femmes des Laurentides), Michel Poirier (SLAM Laurentides) et Claude Samson (Coalition pour la pr&#233;servation du Mont-Kaaikop).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bibliophares et ciment en Gasp&#233;sie</title>
		<link>https://www.ababord.org/Bibliophares-et-ciment-en-Gaspesie</link>
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		<dc:date>2019-02-18T17:06:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G&#233;rald McKenzie</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; des femmes et droits reproductifs</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>McKenzie, G&#233;rald</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sur le comptoir, pr&#232;s des navets et d'un rouleau de baloney, The Gasp&#233; SPEQ. Le journal anglophone r&#233;gional publie un article sur Ciment McInnis de Gascon Port-Daniel. Lu vite, du coin de l'&#339;il, le texte du journaliste Gilles Gagn&#233; en sortant de l'&#233;picerie. &lt;br class='autobr' /&gt; La Caisse de d&#233;p&#244;t se questionne sur ses investissements. La pr&#233;f&#232;te de la MRC, Nadia Minassian, demande elle-m&#234;me qu'on d&#233;ploie des moyens pour r&#233;duire l'empreinte environnementale de ce plant de ciment. On parle de 1,8 million de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-McKenzie-Gerald-+" rel="tag"&gt;McKenzie, G&#233;rald&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur le comptoir, pr&#232;s des navets et d'un rouleau de baloney, &lt;i&gt;The Gasp&#233; SPEQ&lt;/i&gt;. Le journal anglophone r&#233;gional publie un article sur Ciment McInnis de Gascon Port-Daniel. Lu vite, du coin de l'&#339;il, le texte du journaliste Gilles Gagn&#233; en sortant de l'&#233;picerie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Caisse de d&#233;p&#244;t se questionne sur ses investissements. La pr&#233;f&#232;te de la MRC, Nadia Minassian, demande elle-m&#234;me qu'on d&#233;ploie des moyens pour r&#233;duire l'empreinte environnementale de ce &lt;i&gt;plant&lt;/i&gt; de ciment. On parle de 1,8 million de tonnes de gaz &#224; effet de serre, ce qui en fait le plus fort pollueur au Qu&#233;bec. Faut ben &#234;tre les plus forts quelque part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des montagnes d'argent public investies entre autres pour couvrir des co&#251;ts impr&#233;vus (&#224; hauteur de 400 millions). La Caisse de d&#233;p&#244;t est majoritaire pour l'instant. Beaudier, consortium appartenant &#224; la famille Beaudoin de Bombardier, est partenaire &#224; 45%. Le priv&#233; va-t-il ramasser le tout une fois le march&#233; redevenu favorable au ciment (ce qui semblerait &#234;tre le cas pr&#233;sentement) ? La Caisse de d&#233;p&#244;t va-t-elle vendre et r&#233;cup&#233;rer ses billes ? On parle de 153 emplois, y compris ceux chez les sous-traitants.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_521 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/234234-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH591/234234-2-f006d.png?1729024017' width='500' height='591' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En sortant du magasin, on tombe sur un petit phare. Dans les villages, &#224; la porte des magasins g&#233;n&#233;raux, on trouve des bibliophares. Sur les quelques &#233;tag&#232;res, des livres que des citoyen&#183;ne&#183;s offrent en partage. Des &lt;i&gt;bestsellers&lt;/i&gt; surtout, des romans ou des revues populaires parfois. En Gasp&#233;sie, ce sont les MRC qui les ont install&#233;s et des b&#233;n&#233;voles les entretiennent. Jimmy ouvre les petites portes et enl&#232;ve la neige qui s'est introduite entre les livres. J'entrevois &lt;i&gt;L'amant sans domicile fixe &lt;/i&gt; de Fruttero et Lucentini. Et un livre &#233;corn&#233;, aux pages mouill&#233;es, d'il y a bien longtemps, &lt;i&gt;L'avortement&lt;/i&gt; du Dr Serge Mongeau et de Ren&#233;e Cloutier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_522 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L417xH650/13123-645e7.png?1729024017' width='417' height='650' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; en 1968, &lt;i&gt;L'avortement&lt;/i&gt; fait scandale au moment o&#249; le Qu&#233;bec sort de l'h&#233;g&#233;monie catholique. &#199;a fait donc 50 ans que ce livre est paru. L'ouvrage de Mongeau et Cloutier, enfoui sous la neige dans un bibliophare, sur la pointe de la p&#233;ninsule gasp&#233;sienne, en temps de poudrerie, reste un document extraordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y trouve cette perle illustrant les pratiques m&#233;dicales (sous haute surveillance religieuse) impos&#233;es aux femmes, en Gasp&#233;sie entre autres, jusque dans les ann&#233;es 1970 : les notes de cours de l'illustre P&#232;re Marcel Marcotte aux futurs m&#233;decins sur leurs obligations morales : &#171; &lt;i&gt;Le m&#233;decin ne doit jamais&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;conseiller les pratiques anticonceptionnelles et [il doit] instruire ses patientes sur les dangers de l'onanisme. Le m&#233;decin est tenu&lt;/i&gt; &#8220;subgravi&#8221; &lt;i&gt;d'user de son influence pour d&#233;tourner de l'onanisme les &#233;poux qui inclinent &#224; le pratiquer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se r&#233;signe difficilement au seul acc&#232;s &#233;lectronique aux livres. Les bibliophares, c'est bien, mais&#8230; dans quel &#233;tat sont les biblioth&#232;ques dans les r&#233;gions &#233;loign&#233;es ? L'&#233;ducation &#233;mancipatrice, sans un acc&#232;s aux livres dans les biblioth&#232;ques publiques, risque d'&#234;tre mitig&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme quoi aller chercher une pinte de lait au village peut r&#233;server des surprises. En nous faisant passer des &#201;ditions du jour de 1968 aux immenses silos de Ciment McInnis dans la Baie des Chaleurs au mois de janvier 2018.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;manations fugitives</title>
		<link>https://www.ababord.org/Emanations-fugitives</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Emanations-fugitives</guid>
		<dc:date>2018-11-12T16:23:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G&#233;rald McKenzie</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>
		<dc:subject>McKenzie, G&#233;rald</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En Gasp&#233;sie, la lutte contre l'exploitation p&#233;troli&#232;re s'organise. L'occupation du site Galt de la compagnie Junex par des militant&#183;e&#183;s masqu&#233;&#183;e&#183;s et soutenu&#183;e&#183;s par le camp de soutien &#233;tabli sur la route de Murdochville le montre. Ces actions remontent &#224; l'annonce du gouvernement du Qu&#233;bec d'annuler toute exploration p&#233;troli&#232;re sur l'&#206;le Anticosti. &lt;br class='autobr' /&gt; En effet, depuis que le premier ministre Charest a favoris&#233; la cr&#233;ation de P&#233;trolia et lui a accord&#233; un permis d'exploration, on a assist&#233; &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-71-oct-nov-2017-" rel="directory"&gt;No 071 - oct. / nov. 2017&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cies-minieres-et-petrolieres-+" rel="tag"&gt;Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-McKenzie-Gerald-+" rel="tag"&gt;McKenzie, G&#233;rald&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2627.png?1642092215' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;727&#034; height=&#034;470&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En Gasp&#233;sie, la lutte contre l'exploitation p&#233;troli&#232;re s'organise. L'occupation du site Galt de la compagnie Junex par des militant&#183;e&#183;s masqu&#233;&#183;e&#183;s et soutenu&#183;e&#183;s par le camp de soutien &#233;tabli sur la route de Murdochville le montre. Ces actions remontent &#224; l'annonce du gouvernement du Qu&#233;bec d'annuler toute exploration p&#233;troli&#232;re sur l'&#206;le Anticosti.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En effet, depuis que le premier ministre Charest a favoris&#233; la cr&#233;ation de P&#233;trolia et lui a accord&#233; un permis d'exploration, on a assist&#233; &#224; des revirements spectaculaires : cr&#233;ation d'un &#171; front &#187; anti exploration entre Jean-Charles Pietacho, Chef des Innus d'Ekuanitshit pr&#232;s de Mingan, de Luc No&#235;l, pr&#233;fet de la MRC de la Minganie et de John Pineault, maire d'Anticosti, pour amener l'UNESCO &#224; d&#233;clarer l'&#206;le patrimoine mondial. Les Innus ont &#233;galement d&#233;pos&#233; une demande d'injonction &#233;tant donn&#233; qu'ils et elles n'avaient pas &#233;t&#233; consult&#233;&#183;e&#183;s dans le processus, malgr&#233; leur droits ancestraux de chasse et de p&#234;che sur Anticosti depuis des si&#232;cles. &#192; cela s'ajoute la d&#233;cision controvers&#233;e du gouvernement de retirer les permis d'exploitation aux p&#233;troli&#232;res et de promettre de g&#233;n&#233;reuses compensations financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Compensations et aust&#233;rit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, pourquoi tant de largesses et de promptitude de la part du ministre Leit&#227;o alors que le juge n'a pas encore pris de d&#233;cision sur la demande d'injonction ? Jusqu'&#224; la derni&#232;re minute, les p&#233;troli&#232;res d&#233;battaient en cour pour faire annuler cette demande d'injonction m&#234;me si, d&#233;j&#224;, on savait que la d&#233;cision de Qu&#233;bec allait dans le sens de retirer les permis. De plus, tout indiquait que des difficult&#233;s suppl&#233;mentaires pour obtenir les permis du f&#233;d&#233;ral se pointaient en raison du rejet des eaux contamin&#233;es dans les rivi&#232;res et la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De s&#233;rieuses questions se posent sur les montants qui ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; vers&#233;s aux p&#233;troli&#232;res, et en particulier &#224; P&#233;trolia qui exige la plus grosse part. Le ministre Leit&#227;o a vite r&#233;pondu aux demandes de compensations financi&#232;res en disant &#224; la population de ne pas s'inqui&#233;ter, car le gouvernement avait de l'argent de c&#244;t&#233; pour &#231;a. Ces largesses font contraste avec les coupures en sant&#233; et dans les services publics qui serviront au final &#224; remplir les poches de ces compagnies qui se sont lanc&#233;es dans cette aventure. Mentionnons que P&#233;trolia a &#233;t&#233; cot&#233;e en bourse gr&#226;ce au potentiel p&#233;trolif&#232;re d'Anticosti et vendue tr&#232;s rapidement au plus haut de sa valeur. C'est &#224; se demander si la v&#233;rificatrice g&#233;n&#233;rale ne devrait pas mettre son nez dans tout le processus &#224; partir de ses d&#233;buts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Gasp&#233;sie, les groupes environnementalistes soup&#231;onnent que les argents vers&#233;s serviront &#224; explorer et exploiter d'autres sites. Ce que la Cie Junex s'appr&#234;tait &#224; faire &#224; Galt, &#224; 20 km de Gasp&#233;. On craint que la m&#233;thode de production soit la fracturation, m&#234;me si les promoteurs pr&#233;tendent que l'extraction du p&#233;trole sous forme de gaz serait moins dommageable pour l'environnement. Le porte-parole d'Environnement vert plus, Pascal Bergeron, souligne plut&#244;t que les &#233;manations fugitives de la fracturation sont tr&#232;s n&#233;fastes et contribuent en tr&#232;s grande partie &#224; l'augmentation du gaz carbonique. Autrement dit, cette solution n'est pas plus viable si on pense contribuer &#224; la r&#233;duction du r&#233;chauffement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste au moment o&#249; la p&#234;che aux homards finissait en Gasp&#233;sie pour s'ouvrir &#224; l'&#206;le Anticosti, que la morue fra&#238;che est presque devenue une rare b&#233;n&#233;diction gr&#226;ce aux prises accidentelles et que des dizaines de baleines noires meurent dans le golfe du Saint-Laurent se heurtant, semble-t-il, aux c&#226;bles des cages au crabe d&#233;pos&#233;es au fond de la mer et aux cargos qui filent vers Montr&#233;al et les Grands Lacs, on apprend que Qu&#233;bec versera 20,5 millions &#224; P&#233;trolia. Au moins, Anticosti, gr&#226;ce aux Innus, &#224; la Minganie, aux gens de l'&#206;le et aux pressions des militant&#183;e&#183;s environnementaux, restera le joyau qu'elle a toujours &#233;t&#233;. Qu'en sera-t-il de la Gasp&#233;sie ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_476 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/12121-3.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH245/12121-3-2fbf2.png?1729030054' width='500' height='245' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : G&#233;rald McKenzie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Vir&#233;e au centre du monde. Entretien avec Emmanuelle Walter</title>
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		<dc:date>2018-08-26T20:58:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G&#233;rald McKenzie, Emmanuelle Walter</dc:creator>


		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>McKenzie, G&#233;rald</dc:subject>
		<dc:subject>Walter, Emmanuelle</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#192; l'&#233;t&#233; 2015, la journaliste Emmanuelle Walter a eu le bonheur de faire la route de la Baie-James avec le d&#233;put&#233; n&#233;o-d&#233;mocrate Romeo Saganash. De son exp&#233;rience, elle en a tir&#233; un livre, Le centre du monde &#8211; une vir&#233;e en Eeyou Istchee Baie-James avec Romeo Saganash, qui nous instruit sur la r&#233;alit&#233; des Cris du Qu&#233;bec. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; b&#226;bord ! : Emmanuelle, je tiens d'abord &#224; te dire que ton livre se lit comme un roman policier. Tu nous am&#232;nes dans un territoire mythique &#224; hauteur d'homme&#8230; ou de femme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-70-ete-2017-" rel="directory"&gt;No 070 - &#233;t&#233; 2017&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-McKenzie-Gerald-+" rel="tag"&gt;McKenzie, G&#233;rald&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Walter-Emmanuelle-+" rel="tag"&gt;Walter, Emmanuelle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'&#233;t&#233; 2015, la journaliste Emmanuelle Walter a eu le bonheur de faire la route de la Baie-James avec le d&#233;put&#233; n&#233;o-d&#233;mocrate Romeo Saganash. De son exp&#233;rience, elle en a tir&#233; un livre, &lt;i&gt;Le centre du monde &#8211; une vir&#233;e en Eeyou Istchee Baie-James avec Romeo Saganash&lt;/i&gt;, qui nous instruit sur la r&#233;alit&#233; des Cris du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; : Emmanuelle, je tiens d'abord &#224; te dire que ton livre se lit comme un roman policier. Tu nous am&#232;nes dans un territoire mythique &#224; hauteur d'homme&#8230; ou de femme ! Non seulement on voit et on sent les paysages, tout en &#233;tant &#171; barouett&#233; &#187; dans le pick-up avec tes compagnons de route, mais c'est tout le contexte politique qui nous est r&#233;v&#233;l&#233; au gr&#233; des rencontres avec les Cris, avec les Qu&#233;b&#233;cois qui se sont install&#233;s dans la r&#233;gion, mais aussi au travers des arrangements auxquels ils et elles sont arriv&#233;s. Surtout, tu nous fais conna&#238;tre les cons&#233;quences des grands projets hydro&#233;lectriques et miniers dans la vie des Cris qui y vivent depuis des temps imm&#233;moriaux. Qu'est-ce qui t'a pouss&#233; &#224; &#233;crire ce livre ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emmanuelle Walter :&lt;/strong&gt; Ce livre n'est pas pour les Cris, &#233;videmment. Il est destin&#233; aux personnes qui ne connaissent pas la Baie-James, et elles sont nombreuses ! (rires) C'est comme une entr&#233;e dans un territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon premier int&#233;r&#234;t date d'un article de Pierre Foglia pendant la campagne &#233;lectorale f&#233;d&#233;rale de 2011 o&#249; il d&#233;crivait un homme politique qui n'en est pas un et je me suis dit : &#171; &lt;i&gt;Ce type a la moiti&#233; du Qu&#233;bec comme circonscription, c'est compl&#232;tement fou !&lt;/i&gt; &#187; J'ai rencontr&#233; Romeo pendant la promotion de &lt;i&gt;S&#339;urs vol&#233;es&lt;/i&gt;, mon livre pr&#233;c&#233;dent qui porte sur les femmes autochtones assassin&#233;es ou disparues. C'est lors de cette rencontre que je lui ai demand&#233; de m'accompagner pour faire la vir&#233;e d'Eeyou Istchee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Parlons de la vie des Cris dans les communaut&#233;s. On a une image, celle d'une crise sociale dramatique. Est-ce que la situation s'am&#233;liore ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. W.&lt;/strong&gt; : Les Cris de la Baie-James ont de l'argent, ils ont une autonomie politique gr&#226;ce &#224; leur gouvernement r&#233;gional, qui est unique au Qu&#233;bec. &#192; l'&#233;cole, jusqu'&#224; 8ans, ils n'apprennent que le cri. N&#233;anmoins, Romeo dit que les probl&#232;mes psychosociaux sont toujours pr&#233;sents. Les stigmates de la colonisation, des pensionnats, sont vifs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_442 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L219xH320/565656-51fa9.png?1729022825' width='219' height='320' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; &#171; psychosociaux &#187;, il faudrait ajouter &#171; psychoculturel &#187; : &#171; &lt;i&gt;Qu'est-ce que je fais de ma vie ?&lt;/i&gt; &#187;, se demandent beaucoup d'entre eux et beaucoup d'entre elles. Il y a tout de m&#234;me un petit tiers des Cris qui sont &#171; subventionn&#233;s &#187; pour maintenir le mode de vie traditionnel. Par ailleurs, on est aujourd'hui dans un moment charni&#232;re : les jeunes Cris r&#233;investissent les institutions politiques autochtones telles que les conseils de bande ou le gouvernement cri. On voit aussi les effets d'un militantisme plus radical qui cherche &#224; &#233;veiller les consciences. Une g&#233;n&#233;ration se l&#232;ve. Les r&#233;formes les plus importantes viendront &#233;videmment des Cris eux-m&#234;mes et de ces jeunes g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Nos gouvernements et l'opinion publique en g&#233;n&#233;ral se r&#233;jouissent de la Paix des Braves, cette entente que le gouvernement qu&#233;b&#233;cois a conclue en 2002 avec les Cris du Qu&#233;bec autour de la gestion du territoire. Mais qu'en est-il en r&#233;alit&#233; ? S'agissait-il d'une bonne entente ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. W.&lt;/strong&gt; : La Paix des Braves est d'abord un rattrapage impos&#233; par les &#233;checs de la Convention de la Baie-James de 1975 en raison des promesses non tenues. La volont&#233; d'Hydro-Qu&#233;bec de construire la centrale de la Sarcelle sur la rivi&#232;re Eastmain a conduit &#224; la Paix des Braves. Cet accord a permis aux Cris de toucher d'importantes compensations, mais surtout, on a tenu compte &#224; partir de ce moment de leur opinion pour la construction des nouveaux barrages. C'est donc gr&#226;ce &#224; la lutte acharn&#233;e des Cris qu'on a eu la Paix des Braves. Ce fut une n&#233;gociation &#226;pre for&#231;ant le gouvernement du Qu&#233;bec &#224; respecter la Convention de la Baie-James.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la majorit&#233; des Cris se sont engag&#233;s dans le processus, d'autres &#8211; comme Roger Orr ou Pakesso Mukash, le fils de Matthiew Mukash &#8211; sont fortement oppos&#233;s &#224; la Paix des Braves. Selon eux, si les Cris n'avaient pas sign&#233;, &#231;a les aurait contraints &#224; d&#233;velopper leur esprit d'initiative et leur autonomie &#233;conomique. Mais comme le dit Melissa Saganash, charg&#233;e des relations Cris-Qu&#233;bec (le poste qu'occupait son oncle Romeo avant elle) : &#171; &lt;i&gt;On est en train de cr&#233;er notre propre &#233;conomie avec l'argent qui nous est donn&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Elle voit les choses de mani&#232;re plus organique. Ce que j'esp&#232;re, c'est un retour &#224; l'autosuffisance alimentaire et un d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables sur le territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argent de la Paix des Braves les a amen&#233;s &#224; se demander : &#171; &lt;i&gt;Qui sommes-nous ? Comment rester nous-m&#234;mes ?&lt;/i&gt; &#187; Je trouve que le personnage qui incarne ce paradoxe-l&#224;, c'est Walter Jolly, &#224; Nemaska. Il dit en gros : &#171; &lt;i&gt;Oui, pour des raisons pragmatiques, pour nous sauver de la mis&#232;re, j'accepte cette nouvelle centrale hydro&#233;lectrique, m&#234;me si une partie de mon territoire va dispara&#238;tre, et je contribue &#224; son am&#233;nagement parce qu'on est dans une alliance Cris-Blancs, on va ensemble vers la prosp&#233;rit&#233;. Mais en m&#234;me temps, je suis atteint dans ma culture, dans mon enracinement, dans mon rapport au territoire ancestral et je veux qu'il y ait un monument qui comm&#233;more mes morts dont les s&#233;pultures ont &#233;t&#233; englouties par les barrages&#8230;&lt;/i&gt; &#187; C'est saisissant. Il m'a aussi racont&#233; ses ann&#233;es au pensionnat, comment il a finalement r&#233;ussi &#224; ne pas y retourner. Pour moi, Walter r&#233;sume tout ce d&#233;chirement. M&#234;me Romeo, tout n&#233;gociateur qu'il fut de la Paix des Braves, &#233;tait aussi hyper d&#233;chir&#233; sur cette question, notamment avec le d&#233;rivement de la rivi&#232;re Rupert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Que dire d'Hydro-Qu&#233;bec, qui a assur&#233; l'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique du Qu&#233;bec avec des projets qui empi&#232;tent sur le territoire des Cris ? Est-ce qu'il y a un ressentiment &#224; l'&#233;gard de la soci&#233;t&#233; d'&#201;tat ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. W.&lt;/strong&gt; : Ah, oui ! Mais c'est tr&#232;s g&#233;n&#233;rationnel. Le ressentiment provient surtout de la g&#233;n&#233;ration de Romeo et des plus vieux. Les plus jeunes n'&#233;prouvent pas tous et toutes ce ressentiment-l&#224;. C'est l&#224; puis voil&#224;, on fait avec. Il y en a qui y travaillent, mais pas des masses, pas beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_443 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH248/67676-9c923.png?1729030054' width='500' height='248' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Et aujourd'hui, apr&#232;s Hydro-Qu&#233;bec, les mini&#232;res arrivent ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. W.&lt;/strong&gt; : Ce que j'observe, et j'avoue que &#231;a me fait un peu sourire, voire rire jaune, c'est que les mini&#232;res sont tr&#232;s soucieuses de leur acceptabilit&#233; sociale. L'exemple type, c'est la mine Goldcorp &#224; Wemindji, qui a donn&#233; beaucoup de sous, qui embauche autant qu'elle peut. Donc Wemindji est une petite ville prosp&#232;re, on y retrouve de belles maisons et tout. Je dis que &#231;a me fait rire jaune parce que je pense &#224; ce que les mini&#232;res canadiennes comme Goldcorp font dans d'autres pays&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Oui, entre autres avec le projet Pascua-Lama au Chili sur les terres des Diaguitas. Goldcorp est l&#224; avec Barrick Gold, ils veulent aller chercher de l'or sous les glaciers et les Autochtones chiliens s'y opposent. Alors d'apr&#232;s toi, on peut s'attendre &#224; des probl&#232;mes avec les mini&#232;res et les grandes entreprises ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. W.&lt;/strong&gt; : On peut effectivement s'inqui&#233;ter de l'influence qu'auront les mini&#232;res sur la vie publique et politique crie. Les Cris veulent leur part dans l'exploitation des ressources naturelles. Prenons, par exemple, Nemaska : le chef de Nemaska, Thomas Jolly veut d&#233;velopper des &#233;oliennes dans sa communaut&#233;. Des &#233;oliennes pour eux, g&#233;r&#233;es par eux. Qu'il y ait moins de mines, moins de destruction du territoire, je trouve &#231;a g&#233;nial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Peut-on comparer les relations des Cris et les mini&#232;res avec ce qui se passe en Am&#233;rique latine, o&#249; les compagnies canadiennes agissent impun&#233;ment sur le plan environnemental et o&#249; les conflits avec les Autochtones sont sources de mobilisations souvent violentes ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. W.&lt;/strong&gt; : Il y a un moment dans le livre qui est assez dr&#244;le. L'adjoint de Thomas Jolly &#224; Nemaska, Greg Jolly, &#233;tait agent de liaison pour l'entreprise mini&#232;re Nemaska Lithium. Greg Jolly est dans une dynamique tr&#232;s pragmatique du genre : &#171; &lt;i&gt;Il faut que Nemaska tire profit de la situation.&lt;/i&gt; &#187; Et c'est bien, mais il m'a aussi confi&#233; : &#171; &lt;i&gt;Je reviens de Montr&#233;al, o&#249; j'ai rencontr&#233; des militants guat&#233;malt&#232;ques qui se battent contre les mini&#232;res canadiennes.&lt;/i&gt; &#187; C'est comme pour Walter tout &#224; l'heure, on est toujours dans une esp&#232;ce de dualit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Pour nous, la route de la Baie-James est mythique, immense&#8230; Mais finalement, on se rend compte &#224; la lecture du livre qu'elle est aussi magan&#233;e que ma rue Boyer, &#224; Montr&#233;al ! (rires) Quelles cons&#233;quences une telle voie a eues sur la vie des Cris ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. W.&lt;/strong&gt; : Les premiers kilom&#232;tres sont les pires. Quand tu quittes Matagami, c'est atroce, mais apr&#232;s &#231;a va mieux. La route a contribu&#233; &#224; l'unit&#233; crie, paradoxalement. Ils se sont unis tout en perdant simultan&#233;ment leur essence. C'est vertigineux, c'est toujours la m&#234;me contradiction. La Convention de la Baie-James, la Paix des Braves, la route, c'est la m&#234;me chose : &#231;a d&#233;senclave, &#231;a permet aux jeunes d'aller faire leurs &#233;tudes, mais dans le m&#234;me temps, c'est par la route que la culture crie s'&#233;vapore, se volatilise et que l'autre rentre. La route a d'abord &#233;t&#233; construite pour les barrages du nord, elle ne va pas du tout dans les villages. Ils sont tous &#224; 100 km de la route, il faut le savoir. Tu prends la route, mais quand tu veux aller dans un village c&#244;tier, tu te tapes 100 km de terre, de gravelle. Tu ne peux pas aller d'une communaut&#233; &#224; une autre sans passer par la route de la Baie-James !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : Il y a donc une g&#233;n&#233;ration qui est en train de trouver son chemin dans un autre mode de vie ? De se refaire ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;E. W.&lt;/strong&gt; : Ce que je comprends, c'est que les jeunes Cris, et peut-&#234;tre m&#234;me tous les jeunes autochtones en g&#233;n&#233;ral, ce qu'ils et elles se disent c'est : &#171; &lt;i&gt;Je ne veux pas vivre comme mes arri&#232;re-grands-parents. Je veux profiter des avantages de la vie moderne, mais tout en retrouvant mes racines culturelles&#8230;&lt;/i&gt; &#187; On est dans la naissance de &#231;a, je dirais.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_444 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/787878.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH827/787878-e1bfd.png?1729030055' width='500' height='827' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photos : Emmanuelle Walter et Rom&#233;o Saganash.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Nouveaux regards sur l'histoire autochtone</title>
		<link>https://www.ababord.org/Nouveaux-regards-sur-l-histoire-autochtone</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Nouveaux-regards-sur-l-histoire-autochtone</guid>
		<dc:date>2018-07-13T19:01:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G&#233;rald McKenzie</dc:creator>


		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>McKenzie, G&#233;rald</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Nouveaux regards sur l'histoire autochtone &#187;, Recherches am&#233;rindiennes du Qu&#233;bec, Vol. 46, no 1, 2016, 112 pages. &lt;br class='autobr' /&gt; La revue Recherches am&#233;rindiennes au Qu&#233;bec (RAQ) a &#233;t&#233; fond&#233;e en 1970 dans le contexte, entre autres, de la &#171; renaissance &#187; des luttes autochtones et du projet hydro&#233;lectrique de la Baie-James. &lt;br class='autobr' /&gt;
Autour de RAQ, une grappe de chercheurs&#183;euses, de militant&#183;e&#183;s des droits autochtones et de leaders des Premi&#232;res Nations se rencontraient, partageaient leurs recherches, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-69-avril-mai-2017-" rel="directory"&gt;No 069 - avril / mai 2017&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-McKenzie-Gerald-+" rel="tag"&gt;McKenzie, G&#233;rald&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2530.png?1642092208' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;138&#034; height=&#034;220&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Nouveaux regards sur l'histoire autochtone &#187;, &lt;i&gt;Recherches am&#233;rindiennes du Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, Vol. 46, no 1, 2016, 112 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La revue &lt;i&gt;Recherches am&#233;rindiennes au Qu&#233;bec&lt;/i&gt; (RAQ) a &#233;t&#233; fond&#233;e en 1970 dans le contexte, entre autres, de la &#171; renaissance &#187; des luttes autochtones et du projet hydro&#233;lectrique de la Baie-James.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour de RAQ, une grappe de chercheurs&#183;euses, de militant&#183;e&#183;s des droits autochtones et de leaders des Premi&#232;res Nations se rencontraient, partageaient leurs recherches, organisaient des colloques, des tourn&#233;es, suivant de pr&#232;s les conflits : n&#233;gociations menant &#224; la Convention de la Baie-James et du Nord qu&#233;b&#233;cois, &#171; guerre du saumon &#187; &#224; Sept-&#206;les et Listigush, crise d'Oka (RAQ sortira d'ailleurs, dans les mois suivants, un num&#233;ro sp&#233;cial sur les Mohawks). Au programme : renversement des points de vue en histoire, critique des savoirs dominants, prise en compte des droits territoriaux et ancestraux, des &#233;crits des autochtones et de la tradition orale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudes am&#233;rindiennes et inuites changeront nos perceptions des Autochtones et des Inuits de m&#234;me que nos rapports avec les Premi&#232;res Nations, notamment avec &lt;i&gt;L'image de l'Am&#233;rindien dans les manuels scolaires &lt;/i&gt; (1979) de Sylvie Vincent (directrice de RAQ) et Bernard Arcand, &lt;i&gt;Le pays renvers&#233;&lt;/i&gt; (1991) de Denys Del&#226;ge et &lt;i&gt;Les enfants d'Aataentsic&lt;/i&gt; (1991) sur les Hurons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier num&#233;ro de RAQ, &#171; Nouveaux regards sur l'histoire autochtone &#187; se veut entre autres une mise en perspective de l'image v&#233;hicul&#233;e par les &#171; &lt;i&gt;identitaires conservateurs&lt;/i&gt; &#187;. L'identit&#233; telle que d&#233;finie par ce courant est une construction trompeuse. Les deux histoires convergent et divergent, et leurs interpr&#233;tations sont bien document&#233;es. Brian Gettler &#233;voque les recherches sur le rapport entre la mont&#233;e de l'ordre lib&#233;ral et les &#171; &lt;i&gt;id&#233;es et pratiques d'origine britannique&lt;/i&gt; &#187; et leurs cons&#233;quences sur le d&#233;veloppement des soci&#233;t&#233;s canadiennes-fran&#231;aises et autochtones. La Conqu&#234;te modifia de plus les rapports de genre de mani&#232;re notable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la question du territoire : &#171; &lt;i&gt;Comment peut-on pr&#233;tendre &#224; une histoire politique du Qu&#233;bec sans analyser le processus menant &#224; l'association apparemment naturelle et &#233;vidente des Qu&#233;b&#233;cois avec le territoire national et &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;la suppression d'une telle association chez les Autochtones.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charland et Inksetter examinent quant &#224; eux les &#171; &lt;i&gt;pratiques linguistiques autochtones qui s'av&#232;rent une source historique tr&#232;s riche&lt;/i&gt; &#187;. Le texte d'Amanda Ricci fait &#233;tat des d&#233;bats et des positions strat&#233;giques au sein de l'Association des Femmes autochtones du Qu&#233;bec et leurs liens avec la F&#233;d&#233;ration des femmes du Qu&#233;bec. Finalement, en examinant l'implantation du Conseil de bande de Mashteuiatsh, Beaulieu et B&#233;reau montrent que les Innus &#171; &lt;i&gt;adoptent&lt;/i&gt; &#187; cette institution &#171; &lt;i&gt;comme un nouvel outil pour faire valoir leurs droits aupr&#232;s de l'&#201;tat canadien&lt;/i&gt; &#187;, relativisant les critiques presque consensuelles de cette institution coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Recherches am&#233;rindiennes au Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, qui para&#238;t trois fois par ann&#233;e, a publi&#233; au-del&#224; de cinquante titres dans ses diverses collections, dont Carcajou &#224; l'aurore du monde : fragments &#233;crits d'une encyclop&#233;die orale innue de R&#233;mi Savard, Les Algonquins de Trois-Rivi&#232;res et L'Am&#233;rindien dans la lorgnette des juges, parmi tant d'autres. Dans la collection audiovisuelle, nous recommandons deux documents &#224; voir : &lt;a href='https://www.ababord.org/vimeo.com/197063539'&gt;R&#233;mi Savard anthropologue&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.ababord.org/vimeo.com/106551746'&gt;Les 7 vies de Laurent Girouard&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Paroles de femmes en action</title>
		<link>https://www.ababord.org/Paroles-de-femmes-en-action</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Paroles-de-femmes-en-action</guid>
		<dc:date>2017-11-17T01:28:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Teddy Atim, Albertine Mambo Zawadi, Rosaline Mcarthy, G&#233;rald McKenzie, Amelia Morah Cooper, Godeli&#232;ve Mukasarasi</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique sub-saharienne</dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>McKenzie, G&#233;rald</dc:subject>
		<dc:subject>Mukasarasi, Godeli&#232;ve</dc:subject>
		<dc:subject>Mambo Zawadi, Albertine</dc:subject>
		<dc:subject>Mcarthy, Rosaline</dc:subject>
		<dc:subject>Morah Cooper, Amelia</dc:subject>
		<dc:subject>Atim, Teddy</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Elles sont venues du Rwanda, de la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo, de la Sierra Leone, du Liberia et de l'Ouganda. Avec leurs partenaires de l'Universit&#233; York, &#224; Toronto, ces activistes ont rencontr&#233; le public canadien en novembre dernier, notamment dans les majestueux locaux d'Amnistie internationale, &#224; Ottawa. &lt;br class='autobr' /&gt; Godeli&#232;ve Mukasarasi, Albertine Mambo Zawadi, Rosaline Mcarthy, Amelia Morah Cooper et Teddy Atim accompagnent et soutiennent les femmes et les enfants victimes de la guerre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-68-fevrier-mars-2017-" rel="directory"&gt;No 068 - f&#233;vrier / mars 2017&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Afrique-sub-saharienne-+" rel="tag"&gt;Afrique sub-saharienne&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mukasarasi-Godelieve-+" rel="tag"&gt;Mukasarasi, Godeli&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mambo-Zawadi-Albertine-+" rel="tag"&gt;Mambo Zawadi, Albertine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mcarthy-Rosaline-+" rel="tag"&gt;Mcarthy, Rosaline&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Atim-Teddy-+" rel="tag"&gt;Atim, Teddy&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2482.png?1642092203' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;833&#034; height=&#034;437&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Elles sont venues du Rwanda, de la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo, de la Sierra Leone, du Liberia et de l'Ouganda. Avec leurs partenaires de l'Universit&#233; York, &#224; Toronto, ces activistes ont rencontr&#233; le public canadien en novembre dernier, notamment dans les majestueux locaux d'Amnistie internationale, &#224; Ottawa.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Godeli&#232;ve Mukasarasi, Albertine Mambo Zawadi, Rosaline Mcarthy, Amelia Morah Cooper et Teddy Atim accompagnent et soutiennent les femmes et les enfants victimes de la guerre dans leur pays respectif. Les organisations de femmes o&#249; elles sont impliqu&#233;es, en collaboration avec le Harriet Tubman Institute de l'Universit&#233; York, analysent le lien entre la violence en temps de guerre et les normes de genre, les cons&#233;quences de ces conflits sur les enfants et les histoires d'esclavage des femmes actuelles et pass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un de leurs axes de r&#233;flexion est de savoir comment rendre effectifs les tribunaux et les mesures de r&#233;parations engageant les gouvernements nationaux et la communaut&#233; internationale. Un exemple de r&#233;sultatau plan juridique : la Cour p&#233;nale internationale (CPI) a prononc&#233; des mises en accusation en Ouganda notamment contre diverses pratiques du m&#234;me ordre sous le chef de &#171; r&#233;duction en esclavage sexuel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces recherches conjointes entre l'Universit&#233; York et les groupes de d&#233;fense des droits des femmes de ces pays africains engag&#233;s au niveau local se penchent aussi sur la mani&#232;re dont les masculinit&#233;s et les f&#233;minit&#233;s se construisent et se reproduisent au sein des groupes arm&#233;s et sur l'influence que cela a sur les comportements des un&#183;e&#183;s et des autres. Elles s'int&#233;ressent &#224; comment se constituent et se vivent les masculinit&#233;s lors de ces conflits. Il ne s'agit pas ici &#171; &lt;i&gt;de minimiser le fait que la grande majorit&#233; des victimes du mariage forc&#233; sont des femmes et des filles, mais bien de faire une &#233;valuation critique des complexit&#233;s du mariage forc&#233;, de l'esclavage sexuel et du concubinage en suivant une approche tenant compte des sexo-sp&#233;cificit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, leur r&#233;cent passage &#224; Toronto et Ottawa a permis de discuter de plusieurs recommandations faites aux grands pays donateurs comme le Canada. Au sommet de la liste : le besoin d'un soutien financier accord&#233; directement aux organisations locales. Les agences de l'ONU re&#231;oivent l'essentiel des fonds allou&#233;s, mais tous et toutes s'entendent pour dire que le travail &#224; la base, sur le terrain, est plus efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Teddy, Godeli&#232;ve, Albertine, Amelia et Rosaline en avaient long &#224; dire lorsque &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord ! &lt;/i&gt; les a rencontr&#233;es dans une petite chambre d'h&#244;tel d'Ottawa &#224; la fin du mois de novembre 2016. En voici l'essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Godeli&#232;ve Mukasarasi&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_371 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L247xH236/2562356-a56b7.png?1729016266' width='247' height='236' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je m'appelle Godeli&#232;ve Mukasarasi, je viens du Rwanda. &#192; la fin du g&#233;nocide rwandais, en juillet 1994, j'ai commenc&#233; &#224; sensibiliser et &#224; encourager les jeunes &#224; se solidariser. Il y avait urgence d'agir pour aider les survivantes rest&#233;es seules et les personnes traumatis&#233;es. L'organisation SEVOTA a vu le jour en d&#233;cembre de la m&#234;me ann&#233;e. J'ai cr&#233;&#233; cette association dans le but de ressouder les relations humaines d&#233;truites par le g&#233;nocide et la guerre civile et r&#233;cup&#233;rer la dignit&#233; bafou&#233;e. Dans le million de personnes tu&#233;es lors du g&#233;nocide, beaucoup &#233;taient des hommes ; &#224; tel point que 70% de la population restante &#233;tait f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes ont &#233;t&#233; viol&#233;es, affam&#233;es, laiss&#233;es sans v&#234;tement et errant dans les chemins apr&#232;s qu'on a tu&#233; leurs enfants. Elles &#233;taient parfois cach&#233;es un moment, puis chass&#233;es du jour au lendemain : &#171; &lt;i&gt;Va-t'en ! On ne veut plus de toi, on ne veut pas qu'on te trouve ici.&lt;/i&gt; &#187; &#199;'a &#233;t&#233; un grand voyage physique et un grand voyage mental. Ces veuves-l&#224; sont traumatis&#233;es, certaines pour la vie peut-&#234;tre. Une femme qui a perdu tous ses enfants ne peut jamais &#234;tre en paix avec son c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc fond&#233; des groupes de femmes qui avaient des probl&#232;messimilaires, d&#233;couvrant alors la r&#233;alit&#233; des autres : &#171; &lt;i&gt;Je pensais que c'&#233;tait moi la plus mal en point, mais l'autre l'est encore plus que moi&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Au fil des rencontres, elles ont commenc&#233; &#224; chanter, &#224; rire, &#224; cr&#233;er des liens d'amiti&#233; qui ont dur&#233; m&#234;me jusqu'&#224; aujourd'hui. Certaines de ces femmes ont t&#233;moign&#233; au Tribunal international pour le Rwanda. Le viol a ainsi &#233;t&#233; reconnu au niveau international comme crime contre l'humanit&#233; gr&#226;ce aux femmes encadr&#233;es par SEVOTA. Maintenant, j'organise des &#171; forums d&#233;foulants &#187; pour les femmes dont les enfants sont issus du viol, afin d'&#233;chapper &#224; ce lourd fardeau. Ces enfants-l&#224; sont &#224; la fois leur propre sang, mais aussi le sang des g&#233;nocidaires. En cons&#233;quence, des femmes maltraitaient leur enfant, ceux-ci se r&#233;voltaient. Il &#233;tait urgent d'organiser des parcours th&#233;rapeutiques pour les aider &#224; vivre une vie &#171; normale &#187;, avoir des projets de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'activisme, on sait que c'est le b&#233;n&#233;volat qui le caract&#233;rise. Au d&#233;but de tout ce processus, il y a donc cet engagement &#224; accompagner les femmes qui sont victimes de diverses formes de violence, &#224; lutter contre les discriminations. C'est ce travail qui est appuy&#233; par des donateurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Albertine Mambo Zawadi&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_372 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L119xH113/13413-5-a1199.png?1729016266' width='119' height='113' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;ponds au nom d'Albertine Mambo Zawadi, je suis la coordonnatrice de SOFEPADI&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Solidarit&#233; f&#233;minine pour la paix et le d&#233;veloppement int&#233;gral, qui &#339;uvre &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo. Gr&#226;ce &#224; ma formation universitaire, j'ai pu faire de l'accompagnement judiciaire pour la d&#233;fense des droits des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence des groupes arm&#233;s tant &#233;trangers que locaux entra&#238;ne de graves violations : viols, mariages forc&#233;s, enl&#232;vements de femmes et esclavage sexuel, et des cas d'exploitation dans des mines. Le contexte g&#233;n&#233;ral de pauvret&#233; et d'anciennes coutumes r&#233;trogrades alimentent, sur le plan social, les in&#233;galit&#233;s entre les hommes et les femmes. Elles ne sont pas repr&#233;sent&#233;es dans les instances d&#233;cisionnelles, leurs voix ne sont pas &#233;cout&#233;es et leurs besoins ne sont pas pris en compte. Notre organisme lutte donc pour que les femmes aient une voix sur le plan politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parlais des coutumes qui sont parmi les causes des violences faites aux femmes. Pour travailler sur ces coutumes, nous cr&#233;ons des clubs de discussion sur les questions li&#233;es au genre, entre les jeunes gar&#231;ons et les jeunes filles, entre les hommes et les femmes, pour qu'ils et elles &#233;changent autour de certaines th&#233;matiques des genres et d'&#233;galit&#233; homme-femme afin de relever ces d&#233;fis en rapport avec les us et coutumes qui d&#233;favorisent la femme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rosaline Mcarthy&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_373 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L247xH236/2341234-92da0.png?1729016266' width='247' height='236' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je m'appelle Rosaline Mcarthy, de Freetown, la capitale de la Sierra Leone. J'&#339;uvre au sein du Forum des femmes de la Sierra Leone, notre organisation parapluie. Dans mon pays, les femmes constituent la majorit&#233; de la population pauvre et illettr&#233;e. Nous vivons dans une soci&#233;t&#233; patriarcale o&#249; toutes les d&#233;cisions, tant au sein de la famille que dans la soci&#233;t&#233;, sont prises sans que les femmes aient leur mot &#224; dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre termin&#233;e en 2002, notre organisation s'est engag&#233;e dans une campagne pour que les jeunes filles finissent leurs &#233;tudes, id&#233;alement jusqu'&#224; l'universit&#233; pour qu'elles contribuent au d&#233;veloppement national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous cr&#233;ons ainsi des espaces pour que les filles puissent &#233;tudier et vivre en s&#233;curit&#233;. On leur enseigne qu'elles ont des choix &#224; faire, qu'elles doivent apprendre &#224; conna&#238;tre leur corps et &#224; savoir comment dire &#171; non ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentement, nous faisons pression pour apporter des changements &#224; la constitution : droits &#224; la terre pour les femmes et au moins 30% de femmes dans les parlements des villes afin que leurs voix soient entendues lors des prises de d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Amelia Morah Cooper&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_374 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L247xH239/1341-5-a6d88.png?1729016266' width='247' height='239' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mon nom est Amelia Morah Cooper, du Liberia. Je repr&#233;sente un groupe d'aide aux femmes et filles d&#233;savantag&#233;es cr&#233;&#233; en avril 2005 apr&#232;s la guerre, qui a pris fin en 2002. Nous nous engageons &#224; payer leurs &#233;tudes, nous leur apprenons l'agriculture, la couture, la cuisine pour qu'elles soient en mesure de faire de l'argent pour subvenir aux besoins de la famille. La violence sexuelle est &#233;lev&#233;e au Liberia. Nous sensibilisons donc aussi les femmes et les hommes sur ces questions, nous informons les femmes sur les ressources disponibles et nous les soutenons si elles veulent aller en cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Taylor [pr&#233;sident du Liberia de 1997 &#224; 2003] a men&#233; une guerre de pouvoir &#224; diff&#233;rentes factions de l'int&#233;rieur du pays, pour obtenir le contr&#244;le notamment sur les mines, le caoutchouc et l'or, dont notre pays est tr&#232;s riche. La paix est de retour au pays depuis 10 ans. Maintenant, c'est calme et on sent que nous allons vers des &#233;lections. Notre pr&#233;sidente, Ellen Johnson Sirleaf, sera bient&#244;t remplac&#233;e puisqu'elle a effectu&#233; deux mandats. Son gouvernement s'est efforc&#233; de mettre en place des politiques pour reb&#226;tir un syst&#232;me compl&#232;tement d&#233;truit par la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, nous faisons partie d'un r&#233;seau r&#233;gional de femmes pour la paix, le Mano River Women Peace Network, comprenant le Liberia, la Sierra Leone, la Guin&#233;e et, depuis tout r&#233;cemment, la C&#244;te d'Ivoire. Par exemple, les femmes impliqu&#233;es dans les &#233;changes commerciaux transfrontaliers, domaine important pour les femmes dans cette r&#233;gion, ont besoin d'&#234;tre bien inform&#233;es de tous les protocoles aux fronti&#232;res. Sur le plan politique, nous offrons une aide &#224; l'enregistrement &#233;lectoral. Les femmes de notre r&#233;gion sont aussi pr&#233;occup&#233;es par les questions environnementales, &#233;tant donn&#233; l'importance de l'agriculture par exemple. Je conclurais en disant que la situation progresse dans notre pays depuis la fin de la guerre. L'engagement des femmes y a jou&#233; un grand r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Teddy Atim&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_375 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L247xH239/876576-b4421.png?1729016266' width='247' height='239' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je m'appelle Teddy Atim, je viens du nord de l'Ouganda, o&#249; le gouvernement a fait la guerre &#224; l'Arm&#233;e de r&#233;sistance du Seigneur &#224; partir de 1986. Une guerre connue pour les enl&#232;vements d'enfants, les d&#233;placements forc&#233;s, les mutilations et tous les types de crimes contre la population de cette r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, je me suis engag&#233;e dans l'action communautaire parce que des gens de ma famille furent victimes de cette guerre. Mais par la suite, c'est devenu une partie de moi-m&#234;me. En tant qu'universitaire, j'ai aid&#233; &#224; mener des &#233;tudes d&#233;taill&#233;es sur les femmes survivantes ayant connu des violences sexuelles trouvant leurs sources dans le conflit arm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la guerre est termin&#233;e, les populations continuent d'en souffrir. Sans services de th&#233;rapie physique, d'op&#233;rations et de proth&#232;ses orthop&#233;diques, de r&#233;parations gyn&#233;cologiques, comment peut-on se refaire une vie et participer aux efforts de reconstruction du pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous documentons les cas de personnes gravement affect&#233;es par le conflit pour les pr&#233;senter aux autorit&#233;s locales, nationales et internationales. Les poursuites judiciaires contre les responsables et les r&#233;parations judiciaires sont essentielles, mais le besoin fondamental est d'abord la justice sociale et &#233;conomique. Une fois que les besoins socio&#233;conomiques seront remplis, alors les gens verront l'importance de l'aspect judiciaire. Nous devons ainsi &#233;quilibrer nos axes d'intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; civile continue de faire son travail, mais avec beaucoup de prudence. Nous sommes surveill&#233;es, suivies et notre autorisation (licence) en tant qu'organisme peut &#234;tre r&#233;voqu&#233;e ou non renouvel&#233;e. La politique est li&#233;e aux pouvoirs d'argent, aux connexions que l'on poss&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, en raison du conflit, les gens ont perdu leurs moyens de vie et de survie, la structure communautaire qui soutenait les plus vuln&#233;rables s'est d&#233;sint&#233;gr&#233;e. Il n'existe pas de syst&#232;me de protection sociale, except&#233; celui des groupes de la soci&#233;t&#233; civile. Il arrive que des organisations alignent leurs actions en fonction du financement disponible. Or, nous devons au contraire &#234;tre motiv&#233;es par les besoins de la population, avec l'objectif d'op&#233;rer les changements n&#233;cessaires au plus haut niveau politique. Par ailleurs, il faut &#233;viter que l'argent se perde en route : si nous allons chercher de l'argent &#224; Ottawa, &#231;a va d'abord &#224; une grande organisation bas&#233;e au Canada. Puis c'est transf&#233;r&#233; &#224; Kampala, la capitale de l'Ouganda. Les diff&#233;rentes couches administratives accaparent une grande partie de l'argent. Pour une subvention de 10000$, au bout du compte, on ne verra que 2000$ pour r&#233;pondre aux besoins de la population.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une collaboration d'&#233;gale &#224; &#233;gale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Teddy, Rosaline, Albertine, Amelia et Godeli&#232;ve ont insist&#233; pour faire l'&#233;loge de leur partenariat avec le Harriet Tubman Institute2 de l'Universit&#233; York. Ces femmes sont devenues des militantes et des chercheuses au fil de ce partenariat. Il a &#233;t&#233; f&#233;cond dans de nombreux domaines tels que les m&#233;thodes d'intervention aupr&#232;s des victimes et la collecte de donn&#233;es qui pourront servir lors des d&#233;marches judiciaires et pour le soutien aux victimes, entre autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Annie Bunting, directrice du Projet sur l'esclavage conjugal en temps de guerre (&lt;i&gt;Conjugal Slavery in War Project&lt;/i&gt;), d&#233;crit bien ce type de collaboration d'avant-garde dans la solidarit&#233; internationale : &#171; &lt;i&gt;L'une des dimensions les plus importantes de ce projet est de faire entendre les voix des survivantes et des communaut&#233;s affect&#233;es par les conflits au sein des d&#233;bats politiques aux niveaux national et international, ainsi qu'influencerles discussions universitaires entourant l'esclavage &#224; des fins de mariage forc&#233; en temps de guerre. En outre, notre objectif est de d&#233;velopper une compr&#233;hension plus profonde des pratiques d'enl&#232;vement de femmes et d'hommes pour l'esclavage conjugal en situation de conflits et de renforcer nos capacit&#233;s et nos connaissances en tant que chercheurs&#183;euses et prestataires de services. Je crois que l'aspect le plus innovateur de ce projet est la collaboration des historien&#183;ne&#183;s de l'esclavage et autres sp&#233;cialistes avec les chercheurs&#183;euses militant&#183;e&#183;s des communaut&#233;s qui, eux, recueillent et analysent les donn&#233;es. C'est un travail de d&#233;lib&#233;ration et de recherche lent fond&#233; sur la solidarit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mme Bunting explique en outre qu'un principe fondamental anime les partenaires : &#171; &lt;i&gt;l'importance d'&#234;tre des t&#233;moins engag&#233;s et solidaires par rapport aux atrocit&#233;s plut&#244;t que des observateurs d&#233;sengag&#233;s et culpabilisants face aux atrocit&#233;s-en-tant-que-spectacle comme il arrive souvent quand on agit en spectateur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour leurs prochains projets de recherche, le Harriet Tubman Institute&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Harriet Tubman (1820-1913), ancienne esclave afro-am&#233;ricaine, fut une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et les groupes de femmes souhaiteraient avoir une meilleure connaissance des besoins des enfants n&#233;s du viol en temps de conflit. Devenus de jeunes adultes, quelle est leur situation ? Par ailleurs, les d&#233;marches judiciaires sont importantes, mais les besoins d'autonomie &#233;conomique des femmes doivent &#233;galement &#234;tre pris en compte dans le travail de terrain. Enfin, qu'en est-il des victimes masculines de l'esclavage conjugal et du mariage forc&#233; et du r&#244;le de la paternit&#233; en temps de guerre ou de paix ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Solidarit&#233; f&#233;minine pour la paix et le d&#233;veloppement int&#233;gral, qui &#339;uvre &#224; la promotion et la d&#233;fense des droits des femmes en RDC. Pour en savoir plus, lire notre entretien avec la pr&#233;sidente de SOFEPADI : &#171; Julienne Lusenge, pour la dignit&#233; des Congolaises &#187;, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, no 66, octobre-novembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Harriet Tubman (1820-1913), ancienne esclave afro-am&#233;ricaine, fut une militante acharn&#233;e ayant lutt&#233; pour l'abolition de l'esclavage, pour le droit de vote des femmes et contre le racisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photos : Luisa Cruz &amp; G&#233;rald McKenzie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Julienne Lusenge, pour la dignit&#233; des Congolaises</title>
		<link>https://www.ababord.org/Julienne-Lusenge-pour-la-dignite-des-Congolaises</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Julienne-Lusenge-pour-la-dignite-des-Congolaises</guid>
		<dc:date>2017-07-14T15:53:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julienne Lusenge, G&#233;rald McKenzie</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique sub-saharienne</dc:subject>
		<dc:subject>Conflits, droits humains et impunit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>McKenzie, G&#233;rald</dc:subject>
		<dc:subject>Lusenge, Julienne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Julienne Lusenge est originaire du Nord-Kivu, dans l'est de la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo (RDC). Elle est pr&#233;sidente de Solidarit&#233; f&#233;minine pour la paix et le d&#233;veloppement int&#233;gral (SOFEPADI), une organisation congolaise offrant des services holistiques aux femmes victimes de violences sexuelles. Elle est aussi cofondatrice du Fonds pour les femmes congolaises qui soutient les petites organisations travaillant dans les communaut&#233;s pour changer la situation des femmes, changer les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-66-oct-nov-2016-" rel="directory"&gt;No 066 - oct. / nov. 2016&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Afrique-sub-saharienne-+" rel="tag"&gt;Afrique sub-saharienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Conflits-droits-humains-et-+" rel="tag"&gt;Conflits, droits humains et impunit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-McKenzie-Gerald-+" rel="tag"&gt;McKenzie, G&#233;rald&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lusenge-Julienne-+" rel="tag"&gt;Lusenge, Julienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2408.png?1642092195' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;781&#034; height=&#034;521&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Julienne Lusenge est originaire du Nord-Kivu, dans l'est de la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo (RDC). Elle est pr&#233;sidente de Solidarit&#233; f&#233;minine pour la paix et le d&#233;veloppement int&#233;gral (SOFEPADI), une organisation congolaise offrant des services holistiques aux femmes victimes de violences sexuelles. Elle est aussi cofondatrice du Fonds pour les femmes congolaises qui soutient les petites organisations travaillant dans les communaut&#233;s pour changer la situation des femmes, changer les mentalit&#233;s et travailler pour le retour de la paix. Entretien avec une femme &#171; &lt;i&gt;n&#233;e activiste&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par G&#233;rald McKenzie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; : On vous conna&#238;t comme militante des droits des femmes au Nord-Kivu, en RDC. Vous avec re&#231;u de prestigieuses reconnaissances internationales ainsi que des mentions &#233;m&#233;rites nationales pour votre engagement et votre action en faveur des femmes. La radio communautaire a &#233;t&#233; le point de d&#233;part de votre long parcours de militante. Pouvez-vous nous raconter ?&lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Julienne Lusenge :&lt;/strong&gt; Je m'occupais des &#233;missions sur les femmes et la famille dans lesquelles nous diffusions des informations sur tout ce qui concerne le d&#233;veloppement : la sant&#233;, l'hygi&#232;ne, l'&#233;ducation, les droits et la justice, le planning familial, le partage des responsabilit&#233;s quant &#224; l'&#233;ducation des enfants entre l'homme et la femme, l'alphab&#233;tisation, la nutrition&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela nous a mis, mes coll&#232;gues et moi, en contact direct avec la population. Nos reportages permettaient de diffuser les connaissances et les techniques apprises dans un village, pour la construction d'une source d'eau potable par exemple, &#224; tous les autres villages. Nous faisions aussi le relais, dans les deux sens, entre les villages et les autorit&#233;s (m&#233;decins, juges, magistrats), apportant des informations aux uns et aux autres. C'est un travail qui m'a ouverte au monde.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! : &lt;/i&gt; Votre travail de journaliste, pendant vingt-cinq ans, vous a conduit &#224; &#233;largir le spectre de votre engagement dans un contexte de crise au Congo &#224; la suite de la formation de plusieurs groupes rebelles dans votre r&#233;gion.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;J.L. : &lt;/strong&gt; Plusieurs compagnies &#233;trang&#232;res sont impliqu&#233;es dans l'exploitation des ressources naturelles et profitent de la situation en zone de guerre. Nous croyons qu'en dessous de la table, il y a collusion entre les milices, les puissances r&#233;gionales et les grands int&#233;r&#234;ts financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi l'ONU et l'Union africaine, avec leurs 20 000 Casques bleus, sont-elles incapables de ma&#238;triser les groupes arm&#233;s ? Un Casque bleu nous disait : &#171; &lt;i&gt;No Nkunda, no job ! &lt;/i&gt; &#187; Comme &#231;a ! S'il n'y a pas de rebelles, il n'y a pas de travail ! Pour les Casques bleus, &lt;i&gt;no Nkunda, no job&lt;/i&gt; (Laurent Nkunda est un chef rebelle qui a fond&#233; le Congr&#232;s national pour la d&#233;fense du peuple [CNDP]).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre dans notre pays a commenc&#233; en 1996 et nous avons cr&#233;&#233; SOFEPADI en 2000 pour mieux structurer notre lutte et le Fonds pour les femmes congolaises en 2007.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! : &lt;/i&gt; Quel est le r&#244;le des militantes dans ce contexte de guerre et de pillage des ressources mini&#232;res du Nord-Kivu, entre autres ? &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;J.L. :&lt;/strong&gt; Les femmes dans les communaut&#233;s prennent des risques, vraiment. Nous sommes toujours debout. Malgr&#233; notre sant&#233; ou notre situation, nous nous battons et nous r&#233;pondons aux invitations qui nous sont lanc&#233;es pour prendre la parole dans les conf&#233;rences internationales. On y va et on parle. S'il faut mener des actions concr&#232;tes, les femmes vont rencontrer les groupes arm&#233;s pour leur dire : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes fatigu&#233;es, est-ce que vous pouvez arr&#234;ter ces comportements ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons participer au processus de paix. Malheureusement, les femmes sont toujours mises de c&#244;t&#233;. Dans ces r&#233;unions, les gens parlent de &#171; coop&#233;ration &#187;, &#171; politiques &#187;, &#171; politiquement &#187;, gnan gnan gnan ; mais nous, on nomme les choses par leur nom ! Les femmes sont directes et on ne les &#233;coute pas parfois. Nous ne cherchons pas le pouvoir, nous cherchons plut&#244;t &#224; &#234;tre dans le pouvoir pour agir pour le bien-&#234;tre de tout le monde. Entant que femmes, en tant que m&#232;res, nous souhaitons &#234;tre impliqu&#233;es dans les prises de d&#233;cisions pour traiter de questions qui concernent la communaut&#233;.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! : &lt;/i&gt; Les femmes sont particuli&#232;rement vis&#233;es dans ces conflits. Pouvez-vous nous dire en quoi le viol des femmes est une arme de guerre ?&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;J.L. : &lt;/strong&gt; Pour d&#233;truire la communaut&#233;, il faut d&#233;truire la femme et pour attaquer la femme, le plus fort c'est la violer. Parce que chez nous, dans notre culture, quand ce corps-l&#224; est touch&#233; publiquement, au vu et au su de tout le monde, m&#234;me de ses enfants, m&#234;me de son mari, m&#234;me de ses beaux-parents, c'est toute la communaut&#233; qui est malade. Tout le monde est traumatis&#233; et quand les gens sont traumatis&#233;s, ils font quoi ? Soit ils se soumettent au pouvoir qui arrive, soit ils fuient. C'est comme &#231;a qu'on a utilis&#233; le viol comme strat&#233;gie de guerre : pour an&#233;antir, pour humilier nos communaut&#233;s. Le viol est bien une arme de guerre. Le statut de Rome [r&#233;gissant la Cour p&#233;nale internationale, ndlr] reconna&#238;t le viol comme un crime contre l'humanit&#233;, comme crime de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_303 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/2521.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH515/2521-3dd58.png?1729018704' width='500' height='515' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! : &lt;/i&gt; Concr&#232;tement, dans ces cas de d&#233;tresse individuelle et collective, quelles actions mettez-vous en &#339;uvre au niveau local ? &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;J.L. :&lt;/strong&gt; Nous accompagnons les femmes qui ont &#233;t&#233; viol&#233;es et nous les informons sur leurs droits, sur les lois. Au cours de cet accompagnement, elles changent et deviennent souvent elles-m&#234;mes des activistes. Apr&#232;s la prise en charge m&#233;dicale et psychologique et l'accompagnement judiciaire, elles sont impliqu&#233;es dans le processus et peuvent ainsi aider les autres survivantes et lutter pour le changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;cid&#233; de participer aux tentatives de changements structuraux qui pourraient conduire &#224; la s&#233;curit&#233; et au d&#233;veloppement dans toute la RDC avec les prochaines &#233;lections provinciales. Mais que d'emb&#251;ches ! La constitution sera-t-elle respect&#233;e ? Par le pass&#233;, nous avons form&#233; au moins 180 candidates dans 11 provinces, et nous en formerons encore le m&#234;me nombre cette ann&#233;e. La formation est donn&#233;e peu importe le parti qu'elles repr&#233;sentent. Ainsi des femmes de diff&#233;rents partis politiques se rapprochent, communiquent. La formation aborde plusieurs aspects : comment elles doivent pr&#233;parer leur plan de campagne et leur message, comment faire pour conna&#238;tre les probl&#232;mes de leur circonscription, pour ainsi &#234;tre bien outill&#233;es lorsqu'elles prennent la parole devant le public ou des journalistes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_304 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/png/12341.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH552/12341-d2958.png?1729018704' width='500' height='552' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! : &lt;/i&gt; En Occident, l'action humanitaire est une des voix privil&#233;gi&#233;es d'action en Afrique. Vous y avez r&#233;fl&#233;chi. Dans quelles conditions devrait-elle se faire, selon vous ? &lt;/strong&gt; &lt;/font&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;J.L. : &lt;/strong&gt; L'action humanitaire, parlons-en. Nous voulons bien l'action humanitaire pour les personnes en danger. Mais il faut que &#231;a s'arr&#234;te &#224; un moment. Cela ne doit pas devenir pour certains un job permanent avec un gros salaire, vacances pay&#233;es, une maison, des domestiques et de grosses voitures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on nous aide en mettant fin &#224; la guerre, par exemple. Nous sommes capables d'aller au champ, de travailler et de produire ! Dans ma r&#233;gion, en deux ou trois mois, tu as les petits pois frais, tu as les carottes, tu as les tomates, tu as les haricots. Tu auras tout ce qu'il te faut pour te nourrir. Nous n'avons pas besoin de rester &#233;ternellement en d&#233;pendance. Dans le Nord-Kivu, &#224; Kanya Bayonga, la population avait refus&#233; de venir prendre l'aide humanitaire et a plut&#244;t exig&#233; le retour de la paix et une protection pour qu'elle puisse retourner dans les champs pour y r&#233;colter les pommes de terre et les haricots qui pourrissaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays donateurs doivent suivre l'argent qu'ils donnent, v&#233;rifier &#224; quoi il sert ! Tout l'argent qu'on a vers&#233; pour la RDC a-t-il chang&#233; la vie des Congolais ? A-t-il cr&#233;&#233; un espace o&#249; les gens peuvent vivre et continuer &#224; se prendre en charge ? Les gouvernements des pays occidentaux ont la responsabilit&#233; d'assurer un contr&#244;le de l'utilisation des sommes vers&#233;s pour v&#233;rifier que les gens qui en ont besoin re&#231;oivent bien l'aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au fond, la plus importante action humanitaire serait l'instauration d'une vraie paix dans la r&#233;gion. Et avec toutes ces ann&#233;es de guerre qui ont d&#233;sarticul&#233; notre soci&#233;t&#233;, la t&#226;che est immense et les responsabilit&#233;s sont nationales et internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, sur le terrain, au jour le jour, par l'&#233;ducation et l'information, nous construisons sur le long terme et nous avons confiance que nous y arriverons. Parce que nous savons aussi que dans d'autres pays, cela a pris du temps pour que les femmes, qu'elles soient Canadiennes ou Europ&#233;ennes, puissent aujourd'hui jouir de leurs pleins droits. Nous savons que si nous continuons avec le m&#234;me &#233;lan, nous y arriverons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : &#169; Jonathan Torgovnik/AJWS&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Histoire gasp&#233;sienne</title>
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		<dc:date>2017-02-23T01:59:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G&#233;rald McKenzie</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#192; l'occasion du 475e anniversaire de l'arriv&#233;e de Jacques Cartier &#224; Gasp&#233;, un Collectif de citoyen&#183;ne&#183;s a initi&#233; un projet pour rendre hommage aux femmes des trois communaut&#233;s : autochtone, francophone et anglophone. Ainsi, une sculpture de 5 m&#232;tres r&#233;alis&#233;e par la sculpteure Ren&#233;e Mao Clavet est maintenant install&#233;e au Mus&#233;e de la Gasp&#233;sie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#232;s de 700 femmes vivantes ou disparues dont la plupart ont construit la Gasp&#233;sie ont &#233;t&#233; choisis par les familles, des personnes et des organismes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-McKenzie-Gerald-+" rel="tag"&gt;McKenzie, G&#233;rald&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2341.png?1642092189' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;490&#034; height=&#034;306&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'occasion du 475e anniversaire de l'arriv&#233;e de Jacques Cartier &#224; Gasp&#233;, un Collectif de citoyen&#183;ne&#183;s a initi&#233; un projet pour rendre hommage aux femmes des trois communaut&#233;s : autochtone, francophone et anglophone. Ainsi, une sculpture de 5 m&#232;tres r&#233;alis&#233;e par la sculpteure Ren&#233;e Mao Clavet est maintenant install&#233;e au Mus&#233;e de la Gasp&#233;sie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de 700 femmes vivantes ou disparues dont la plupart ont construit la Gasp&#233;sie ont &#233;t&#233; choisis par les familles, des personnes et des organismes communautaire assurant le financement autonome de cette &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement des Gasp&#233;siennes, mais des femmes d'ailleurs et de tous horizons sont inscrites dans le grand recueil au pied du monument. &#192; titre d'exemple et pour illustrer la grande diversit&#233; de celles-ci citons : Laura Couture-Bernier (m&#232;re de 21 enfants), Soeur Roseline Fournier, Ursuline enseignante, Amelia Jones-Sheehan une anglophone de Cap d'Espoir, Madeleine Parent, syndicaliste, Lea Roback, f&#233;ministe et, entre autres, &#201;lisa Jeannotte, Mi'gmaq de Gespeg.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : La sculpture Femmes du Bout de la terre, au Mus&#233;e de la Gasp&#233;sie - G&#233;rald McKenzie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Site Facebook : Femmes du Bout de la terre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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