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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>L'exigence &#233;thique</title>
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		<dc:date>2012-08-26T19:15:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yvon Rivard</dc:creator>


		<dc:subject>Litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>Rivard, Yvon</dc:subject>

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&lt;p&gt;Hermann Broch est consid&#233;r&#233; comme un &#233;crivain et un intellectuel majeur du XXe si&#232;cle. C'est ce que pensent aussi Jacques Pelletier et Yvon Rivard, qui ont fr&#233;quent&#233; son &#339;uvre chacun &#224; leur mani&#232;re : le premier en &#233;crivant des &#233;tudes d'une rare perspicacit&#233; sur cet auteur r&#233;put&#233; difficile, par passion intellectuelle et p&#233;dagogique, mais aussi comme militant infatigable ; le second, professeur aussi, essayiste et romancier, en recevant Hermann Broch comme un &#233;branlement qui allait modifier en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Litterature-+" rel="tag"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rivard-Yvon-+" rel="tag"&gt;Rivard, Yvon&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1350.gif?1642092133' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;300&#034; height=&#034;465&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Hermann Broch est consid&#233;r&#233; comme un &#233;crivain et un intellectuel majeur du XXe si&#232;cle. C'est ce que pensent aussi Jacques Pelletier et Yvon Rivard, qui ont fr&#233;quent&#233; son &#339;uvre chacun &#224; leur mani&#232;re : le premier en &#233;crivant des &#233;tudes d'une rare perspicacit&#233; sur cet auteur r&#233;put&#233; difficile, par passion intellectuelle et p&#233;dagogique, mais aussi comme militant infatigable ; le second, professeur aussi, essayiste et romancier, en recevant Hermann Broch comme un &#233;branlement qui allait modifier en profondeur sa vision et sa pratique de l'&#233;criture, du langage et de son rapport au monde, bref de son r&#244;le d'&#233;crivain et d'intel&#173;lectuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous leur avons demand&#233; de nous livrer leur r&#233;flexion sur cet &#233;crivain atypique n&#233; &#224; Vienne en 1886 et d&#233;c&#233;d&#233; &#224; Yale en 1954, qui se d&#233;tourna des affaires familiales florissantes pour se consacrer enti&#232;rement &#224; la litt&#233;rature, qui milita contre le nazisme, produisit une &#339;uvre d'essayiste et de romancier d'une telle force qu'on a pu le comparer aux plus grands, notamment &#224; James Joyce (Georges Steiner). En fait, nous leur avons demand&#233; comment ils voyaient la litt&#233;rature ou la pratique de l'&#233;criture aujourd'hui. Est-il possible aujourd'hui que la litt&#233;rature soit autre chose que divertissement, voire de belles machines fictionnelles, po&#233;tiques th&#233;oriques, agr&#233;ment&#233;es de rectitude morale ou politique ? Comment concilier litt&#233;rature et action &#8211; ou souci du monde ? Comment Broch les a-t-il inspir&#233;s ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;La mort de Virgile&lt;/i&gt; : l'&#233;branlement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je ne me souviens plus comment j'ai d&#233;couvert Broch, mais cette d&#233;couverte &#233;tait une parfaite illustration de la v&#233;rit&#233; &#233;nonc&#233;e par V. Woolf, &#224; savoir que &#171; &lt;i&gt; nos d&#233;couvertes se brisent mille fois avant de s'accomplir.&lt;/i&gt; &#187; En effet, j'ai d&#251; essayer deux ou trois fois de lire La mort de Virgile, sur une p&#233;riode de quelques ann&#233;es, avant d'&#234;tre aspir&#233; par ce livre inclassable que j'ai lu en deux jours, retir&#233; &#224; la campagne, au milieu des champs recouverts de neige. Ce qui m'en avait tenu &#233;loign&#233;, ce n'&#233;tait pas tant sa lenteur ou sa forme qui d&#233;fiait et bouleversait tous les genres (roman &#8211; po&#232;me &#8211; essai), mais bien sa v&#233;rit&#233;. J'avais fui ce livre comme Virgile qui &#171; &lt;i&gt;n'avait fait que vivre au bord de sa vie [&#8230;], invit&#233; de sa propre vie&lt;/i&gt; &#187;. J'entendais l&#224; ce que j'avais toujours attendu et redout&#233; d'un livre, la voix de quelqu'un qui, sans d&#233;tour et comme sans aucun souci litt&#233;raire (y a-t-il d'autre mani&#232;re de faire de la cr&#233;ation une exp&#233;rience de connaissance, de l'art une d&#233;couverte ?), adresse au lecteur la question suivante : &#171; Veux-tu que je te dise la v&#233;rit&#233; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que j'ai &#233;t&#233; interpell&#233; par &lt;i&gt;La mort de Virgile&lt;/i&gt;, comme je l'avais &#233;t&#233; par &lt;i&gt;Les cahiers de Malte Laurids Brigge&lt;/i&gt; et le serait, quelques ann&#233;es plus tard, par &lt;i&gt;Les vagues&lt;/i&gt;. Si le lecteur accepte d'entendre une telle &#171; confession &#187;, il sait tr&#232;s bien qu'il sera lui-m&#234;me pr&#233;cipit&#233; dans sa v&#233;rit&#233;, qu'il ne s'en sortira pas indemne. Il ne pourra plus se contenter &#171; de vivre au bord de sa vie &#187;, il lui faudra y descendre, comme dans un fleuve, et commencer &#224; tout voir, aspir&#233; par la fin plus ou moins lointaine, purifi&#233; par &#171; la simplicit&#233; de la mort &#187;. &lt;i&gt;La mort de Virgile&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; un choc, c'est s&#251;r, mais, comme le dit Woolf, le chemin est long, sans fin, entre la d&#233;couverte et son accomplissement, entre la r&#233;v&#233;lation d'une v&#233;rit&#233; et sa traduction concr&#232;te dans un livre, une vie. Je n'ai rien lu d'autre de Broch, sauf des ann&#233;es plus tard &lt;i&gt;Cr&#233;ation litt&#233;raire et connaissance&lt;/i&gt;, incapable de vouloir entendre autre chose que cette voix qui embrassait tout, dans laquelle &#171; &lt;i&gt;la fin s'ajustait au commencement, enfant&#233;e &#224; nouveau, enfantant &#224; nouveau.&lt;/i&gt; &#187; Les grands livres s'enfantent et nous enfantent continuellement, et s'il faut les oublier pour pouvoir entendre &#224; notre tour notre v&#233;rit&#233;, on y revient toujours pour ne pas sombrer &#224; nouveau dans le mensonge, l'inconscience et l'irresponsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
La descente dans l'infini du r&#233;el&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; de Broch, celle qui m'est rentr&#233;e dedans, c'est qu'&#233;crire est ce qui nous retient au bord du r&#233;el, de la vie aussi longtemps que la litt&#233;rature entend s'y substituer ou s'y d&#233;rober. J'appartiens &#224; cette g&#233;n&#233;ration, pass&#233;e directement du bois aux livres, des champs &#224; la biblioth&#232;que, qui s'est gris&#233;e de mots, comme les b&#251;cherons se so&#251;laient au sortir des chantiers, qui a lu Rimbaud, par exemple, sans prendre au s&#233;rieux son silence, son refus de la litt&#233;rature. &lt;i&gt;La mort de Virgile&lt;/i&gt; ne m'invitait pas &#224; retourner &#224; la terre, comme l'ont fait les hippies des ann&#233;es 1970, ni &#224; cultiver la nostalgie des &#171; &lt;i&gt;fils d&#233;chus de race surhumaine &lt;/i&gt; &#187;, mais &#224; faire de la litt&#233;rature m&#234;me une exp&#233;rience du r&#233;el, car &#171; &lt;i&gt; rien d'irr&#233;el n'a le droit de survivre.&lt;/i&gt; &#187; Cette phrase &#224; elle seule met fin aux petits exploits formels, &#224; la construction d'un monde artistique autonome, &#224; l'imaginaire qui n'ouvre pas sur le r&#233;el. La connaissance du r&#233;el &#224; laquelle la litt&#233;rature doit se consacrer passe n&#233;cessairement, selon Broch, par l'amour, et l'amour n'est rien s'il n'est pas &#171; &lt;i&gt;devoir, devoir terrestre, devoir de secourir, devoir d'&#233;veiller &lt;/i&gt; &#187;. C'est cette id&#233;e simple qui a sans doute d&#233;tourn&#233; de Broch &#224; la fois les lecteurs qui se tiennent bien au chaud dans la maison de l'art et ceux qui doutent que la litt&#233;rature puisse &#234;tre une forme d'action, qui se demandent avec raison, comme Martin Jalbert, si &#171; &lt;i&gt; la compassion est une &#233;motion susceptible de fonder une relation politique &#224; l'autre&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;Contre-Jour&lt;/i&gt;, no. 15, p. 108). Est-ce que la pens&#233;e peut &#234;tre une forme d'action ? Pour r&#233;pondre &#224; cette question capitale de l'efficacit&#233; de la litt&#233;rature, qui est une forme de pens&#233;e, il faut d'abord se demander de quoi l'humanit&#233; a besoin, d'o&#249; viennent tous les maux qui l'affligent. Pour Broch, c'est du foss&#233;, de l'ab&#238;me qui s'est creus&#233; entre nous et le monde, entre le moi et le non-moi, que na&#238;t la violence qui prend toutes les formes de domination qu'on conna&#238;t (psychologique, &#233;conomique, politique, sociale). Le travail de l'&#233;crivain, de l'intellectuel, son devoir terrestre de porter assistance &#224; autrui, c'est de combler cet ab&#238;me, de r&#233;concilier l'homme et le monde. Comment se fera ce que Jacques Pelletier appelle &#171; &lt;i&gt;une entreprise de reconstruction d'un univers plein, apais&#233;, et unifi&#233; &lt;/i&gt; &#187; (Situation de l'intellectuel critique, La le&#231;on de Broch, p. 159) ? Une chose est s&#251;re, je ne crois pas que cette &#171; &lt;i&gt;&#233;pop&#233;e de la paix &lt;/i&gt; &#187; dont r&#234;ve Handke risque de mettre fin &#224; l'art, &#224; &#171; &lt;i&gt;la n&#233;cessit&#233; et la discorde &lt;/i&gt; &#187; dont H&#233;raclite dit qu'elles sont sources de cr&#233;ation, puisqu'un tel travail est sans fin, et que &#171; &lt;i&gt;nos d&#233;couvertes se brisent mille fois avant de s'accomplir&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mouvement de la pens&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re r&#233;ponse qui vient &#224; Broch et &#224; Virgile, dict&#233;e par l'urgence de la situation de l'esclavage ou du nazisme, c'est l'action directe, imm&#233;diate sur le r&#233;el, l'engagement politique et social contre les forces d'oppression. On sait que Broch, en 1938, a pens&#233; abandonner la r&#233;daction de &lt;i&gt;La mort de Virgile (&#171; Tout travail artistique ou intellectuel de n'importe quel genre est superflu.&lt;/i&gt; &#187;) S'il a continu&#233; n&#233;anmoins d'&#233;crire, c'est qu'il croit que la pens&#233;e est une forme d'action et que le r&#233;el ne s'arr&#234;te pas au visible, au fini, mais inclut l'infini, l'invisible. L'action de la pens&#233;e, c'est que la pens&#233;e, au lieu de se laisser d&#233;tourner de son propre &#233;lan de connaissance par la peur de la mort, ose s'aventurer au-del&#224; de la mort (il faut lire l'incroyable derni&#232;re partie de &lt;i&gt;La mort de Virgile&lt;/i&gt;) pour y trouver une lumi&#232;re qui, reliant le commencement et la fin, surmonte l'ab&#238;me creus&#233; par l'angoisse de mourir. L'&#233;thique pour Broch, c'est la fid&#233;lit&#233; au mouvement de la pens&#233;e, de la vie, qui s'enracine dans le fini, mais ne peut s'accomplir, s'&#233;panouir que dans l'infini, que par un r&#234;ve qui ouvre sur le r&#233;el &#233;largi, sur &#171; &lt;i&gt;la seconde immensit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Pas d'art sans m&#233;taphysique &lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit Broch, pas de vie pacifi&#233;e sans l'hypoth&#232;se et l'exp&#233;&#173;rience d'une r&#233;conciliation du moi et du non-moi. L'exigence &#233;thique ne propose ni morale ni programme, car &#171; &lt;i&gt;le but de cette exigence est situ&#233; dans l'absolu et l'infini&lt;/i&gt; &#187;, et &#171; &lt;i&gt;l'absolu, nous rappelle Broch, se contente d'indiquer la direction d'un chemin infini et il est lui-m&#234;me inaccessible en tant qu'absolu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Broch n'oppose pas le fini et l'infini, l'&#233;criture et l'action, le politique et le m&#233;taphysique, il les relie au contraire constamment dans une tension cr&#233;atrice, sans jamais c&#233;der &#224; la tentation de se fixer &#224; un seul p&#244;le. C'est ce que Jacques Pelletier a bien vu et qui lui a permis de lire toute l'&#339;uvre de Broch et d'en montrer la coh&#233;rence profonde. L'exigence &#233;thique, dit Broch, peut s'accomplir aussi bien &#171; &lt;i&gt;dans le syst&#232;me de valeurs du cordonnier, du militaire, de l'artiste ou du savant &lt;/i&gt; &#187; pourvu que ce syst&#232;me soit ouvert, c'est-&#224;-dire que la valeur de toute action se mesure &#224; sa capacit&#233; de maintenir l'&#234;tre en mouvement entre les contraires, &#171; &lt;i&gt; &#224; &#233;clairer les t&#233;n&#232;bres et les dominer en leur donnant forme &lt;/i&gt; &#187;.&#8194;Le mal, pour Broch, c'est la fixit&#233;, l'enfermement dans une forme (de pens&#233;e ou d'action) qui n'ob&#233;it plus au mouvement qui l'a engendr&#233;e, qui oublie que le but de toute forme d'action est un acte d'amour, un acte de r&#233;demption qui sauve l'homme de l'angoisse de mourir, d'&#234;tre s&#233;par&#233; de lui-m&#234;me et des autres. De quoi avons-nous besoin ? R&#233;ponse de Hesse : &#171; &lt;i&gt;M&#234;me l'homme terre &#224; terre conserve le besoin s&#233;culaire de savoir que son existence a un sens ; d&#232;s qu'il ne parvient plus &#224; le trouver, ses m&#339;urs se d&#233;r&#232;glent et sa vie priv&#233;e est domin&#233;e par un &#233;go&#239;sme exacerb&#233;, par une peur accrue de la mort.&lt;/i&gt; &#187; On peut donner &#224; l'existence tel ou tel sens, mais aucun ne tiendra la route tr&#232;s longtemps s'il ne r&#233;ussit pas &#224; nous lib&#233;rer de la peur de mourir. On peut vouloir aider les hommes de plusieurs fa&#231;ons, mais toutes s'av&#233;reront t&#244;t ou tard des raccourcis donnant sur des impasses (nouvelle forme de domination, bonne conscience, etc.) sans &#171; &lt;i&gt;la vision commune de l'infini [qui] est la base de toute compr&#233;hension mutuelle et sans elle, m&#234;me la communication la plus simple est impossible&lt;/i&gt; &#187;. Le communisme, aussi g&#233;n&#233;reux fut-il, n'a pas r&#233;ussi &#224; distribuer la richesse, &#224; combler le foss&#233; entre riches et pauvres, parce qu'il n'a pas vu ou a oubli&#233;, par une sorte d'impatience propre &#224; l'action, que le fondement de toute solidarit&#233; humaine, c'est le partage de la mort et du d&#233;sir de la surmonter, en la rattachant &#224; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on sortir de Broch ? La seule fa&#231;on de le faire, c'est d'&#234;tre fid&#232;le &#224; Broch. On sait, en effet, que Broch, &#224; la fin de sa vie, semblait d&#233;laisser la litt&#233;rature pour les math&#233;matiques, car il croyait alors que &#171; &lt;i&gt;le devoir de cr&#233;ation&lt;/i&gt; &#187;, l'obligation de r&#233;p&#233;ter la cr&#233;ation du monde s'accomplirait mieux &#171; &lt;i&gt; dans une science unique du futur&lt;/i&gt; &#187;. La le&#231;on de Broch, c'est de ne s'attacher qu'au mouvement et non &#224; tel ou tel chemin. Je ne me vois pas plonger dans les sciences, mais j'esp&#232;re avoir le courage d'ob&#233;ir &#171; &lt;i&gt;&#224; la loi du c&#339;ur&lt;/i&gt; &#187;, que cette loi m'oblige &#224; continuer d'&#233;crire ou &#224; faire autre chose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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