<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_mot=664&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Le capital canadien en perspective</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-capital-canadien-en-perspective</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-capital-canadien-en-perspective</guid>
		<dc:date>2012-02-28T03:00:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaulne</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Beaulne, Pierre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La bourgeoisie canadienne se constitue peu &#224; peu au rythme de l'essor industriel et de sa propre &#233;mancipation de l'Empire britannique. L'accumulation primitive chez cette classe &#233;mergente se r&#233;alise surtout &#224; travers le commerce, les produits de base (c&#233;r&#233;ales, bois) et les activit&#233;s de fabrication traditionnelles. Mais l'impulsion d&#233;terminante vient avec la construction des canaux et surtout des chemins de fer, au XIXe si&#232;cle. Ces initiatives permettent de structurer un espace (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-classes-dominantes-au-" rel="directory"&gt;Dossier : Les classes dominantes au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beaulne-Pierre-+" rel="tag"&gt;Beaulne, Pierre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La bourgeoisie canadienne se constitue peu &#224; peu au rythme de l'essor industriel et de sa propre &#233;mancipation de l'Empire britannique. L'accumulation primitive chez cette classe &#233;mergente se r&#233;alise surtout &#224; travers le commerce, les produits de base (c&#233;r&#233;ales, bois) et les activit&#233;s de fabrication traditionnelles. Mais l'impulsion d&#233;terminante vient avec la construction des canaux et surtout des chemins de fer, au XIXe si&#232;cle. Ces initiatives permettent de structurer un espace transcontinental et de cr&#233;er un march&#233; int&#233;rieur favorisant le d&#233;veloppement du capital canadien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;mergence d'un nouvel acteur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout en demeurant solide dans certains secteurs, la position relative du capital canadien tend &#224; s'effriter pendant une bonne partie du XXe si&#232;cle. Tr&#232;s t&#244;t, le capital am&#233;ricain se pr&#233;cipite sur les ressources naturelles, tandis que les filiales d'entreprises manufacturi&#232;res s'installent sur le march&#233; canadien afin de contourner les barri&#232;res tarifaires. &#192; la fin des ann&#233;es 1960, les non-r&#233;sidants contr&#244;lent 61 % de la production manufacturi&#232;re et plus des trois quarts de la production &#233;nerg&#233;tique et mini&#232;re. Au total, le degr&#233; de contr&#244;le &#233;tranger au Canada atteint 36 % de tout le capital non financier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lucie Lalibert&#233;, La mondialisation et le bilan des investissements (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs initiatives structurantes sont alors prises qui vont dans le sens &#224; la fois d'une plus grande int&#233;gration continentale, mais aussi de l'&#233;largissement de l'espace de man&#339;uvre du capital canadien : construction de la voie maritime du Saint-Laurent (1958), facilitant l'acc&#232;s au c&#339;ur du continent ; &#233;tablissement de la ligne Borden (1963), afin d'alimenter l'industrie p&#233;trochimique ontarienne avec le p&#233;trole de l'ouest ; Pacte de l'automobile (1965), qui organise un partage de la production avec les &#201;tats-Unis. Des politiques plus muscl&#233;es sont mises en &#339;uvre sous le gouvernement Trudeau : cr&#233;ation de l'Agence de tamisage des investissements &#233;trangers (1974), Programme &#233;nerg&#233;tique national et cr&#233;ation de Petro-Canada (1980). Graduellement, la part du contr&#244;le &#233;tranger reflue &#224; 23 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les secteurs de pointe, largement militaris&#233;s, le capital canadien ne parvient pas &#224; concurrencer les grandes puissances, comme l'illustre l'&#233;chec de l'Avro Arrow (1959). Parall&#232;lement, la construction navale amorce un d&#233;clin irr&#233;versible. On se replie alors sur la sous-traitance, les &lt;i&gt;joint ventures&lt;/i&gt; ou des strat&#233;gies de niche. &#192; la longue, cette approche s'av&#233;rera fructueuse&#8194;et permettra de d&#233;velopper des cr&#233;neaux d'excellence : satellites, syst&#232;mes de communication, simulateurs de vol, avionnerie, BlackBerry, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le virage &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le virage n&#233;olib&#233;ral des ann&#233;es 1980 fournit les conditions d'un nouvel &#233;lan, notamment gr&#226;ce aux accords de libre-&#233;change canado-am&#233;ricain (1989) et nord-am&#233;ricain (al&#233;na, 1994) qui ouvrent davantage l'acc&#232;s au march&#233; am&#233;ricain. Plusieurs accords de libre-&#233;change bilat&#233;raux suivront. En moins d'une d&#233;cennie, la valeur du commerce avec les &#201;tats-Unis triplera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, c'est en bonne partie dans la finance que le capital canadien s'&#233;panouit. Le virage n&#233;olib&#233;ral apportera un nouveau souffle, entre autres en permettant la fusion des op&#233;rations bancaires, d'assurance et de courtage. Les banques profiteront de l'endettement croissant des gouvernements gr&#226;ce &#224; leur r&#244;le d'interm&#233;diaire pour les placements de capitaux &#233;trangers. Le refus du gouvernement canadien de permettre les fusions des grandes banques canadiennes, &#224; la fin des ann&#233;es 1990, poussera celles-ci &#224; &#233;tendre davantage leurs activit&#233;s &#224; l'&#233;tranger. Le processus de globalisation en cours favorise aussi l'expansion internationale des banques, particuli&#232;rement dans les paradis fiscaux qui servent de relais pour des investissements en franchise d'imp&#244;ts dans des pays tiers. La financiarisation croissante de l'&#233;conomie &#224; compter des ann&#233;es 1980 consacre le statut h&#233;g&#233;monique de cette fraction du capital canadien, centr&#233;e surtout &#224; Toronto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sorties indemnes de la crise financi&#232;re de 2008 et bien nanties, les banques canadiennes multiplient les acquisitions, surtout aux &#201;tats-Unis o&#249; elles profitent de la vuln&#233;rabilit&#233; de leurs rivales. M&#234;me Desjardins s'y met, en faisant l'acquisition de Western Financial Group, un assureur de l'Ouest canadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, avec l'irruption des pays &#233;mergents, les ressources &#233;nerg&#233;tiques et les mati&#232;res premi&#232;res sont redevenues fort convoit&#233;es. Les capitaux affluent et des batailles f&#233;roces se livrent pour le contr&#244;le des entreprises. Pour le seul mois de janvier 2011, les fusions et acquisitions au Canada s'&#233;l&#232;vent &#224; 16,4 milliards de dollars. Certaines entreprises canadiennes s'en trouvent fortement valoris&#233;es, comme Barrick Gold, num&#233;ro un mondial dans l'extraction de l'or, ou les p&#233;troli&#232;res de l'Alberta. Mais le capital canadien perd aussi du terrain au profit d'investisseurs &#233;trangers qui renforcent leur emprise sur des entreprises comme Inco, Falconbridge ou Alcan. Il parvient n&#233;anmoins &#224; d&#233;fendre certains bastions, comme l'illustre le blocage par le gouvernement canadien de la tentative de prise de contr&#244;le de Potash Corp.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Le capital qu&#233;b&#233;cois&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plus modeste, la bourgeoisie qu&#233;b&#233;coise se d&#233;veloppe en fonction du march&#233; local et sans apport de capitaux &#233;trangers, coinc&#233;e entre le capital anglo-am&#233;ricain et l'&#201;glise catholique r&#233;fractaire au &#171; mat&#233;rialisme &#187;. Une certaine accumulation provient aussi des communaut&#233;s issues de l'immigration, notamment les Juifs, par exemple Steinberg, ou les Italiens dans la construction. C'est seulement avec l'&#233;mergence de l'&#201;tat moderne du Qu&#233;bec, lors de la R&#233;volution tranquille des ann&#233;es 1960, que se structure un capital plus sp&#233;cifiquement qu&#233;b&#233;cois, appel&#233; famili&#232;rement Qu&#233;bec Inc. Celui-ci met en rapport, &#224; travers des interrelations personnelles ou institutionnelles, toute une vari&#233;t&#233; d'entreprises industrielles ou financi&#232;res, de coop&#233;ratives, de soci&#233;t&#233;s d'&#201;tat et m&#234;me de soci&#233;t&#233;s financi&#232;res parasyndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le temps, plusieurs des entreprises fond&#233;es au Qu&#233;bec ont grossi et le march&#233; local est devenu trop exigu. Certaines d'entre elles, comme SNC-Lavallin, Bombardier, Qu&#233;b&#233;cor ou le Cirque du Soleil, sont pr&#233;sentes partout dans le monde. Aujourd'hui, c'est notamment dans les r&#233;seaux de distribution que les capitaux qu&#233;b&#233;cois prennent de l'expansion &#224; l'ext&#233;rieur, par exemple les quincailleries Rona, les pharmacies Jean-Coutu, les d&#233;panneurs Couche-Tard.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
&#173;Et maintenant ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises inscrivent d&#233;sormais leurs op&#233;rations dans l'environnement &#233;conomique globalis&#233;. Pensons par exemple &#224; Gildan, le plus gros fabricant de T-shirt au monde, avec ses &lt;i&gt;maquilladoras&lt;/i&gt; r&#233;pandues partout en Am&#233;rique centrale et dans les Cara&#239;bes. Ces entreprises ne d&#233;pendent plus autant qu'auparavant du soutien de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois. Elles attendent plut&#244;t des gouvernements, f&#233;d&#233;ral ou qu&#233;b&#233;cois, qu'ils instaurent et assurent de bonnes conditions d'affaires dans les march&#233;s o&#249; elles ont pris pied. En cons&#233;quence, la trame d'int&#233;r&#234;ts convergents tiss&#233;e entre certains capitaux qu&#233;b&#233;cois et l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois se rel&#226;che et s'effiloche peu &#224; peu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'environnement n&#233;olib&#233;ral et globalis&#233; actuel, le capital canadien, tout comme le capital qu&#233;b&#233;cois, semblent avoir trouv&#233; des modes d'insertion, d'association et d'int&#233;gration avec le capital &#233;tranger qui leur laissent assez d'espace pour poursuivre leur expansion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lucie Lalibert&#233;, &lt;i&gt;La mondialisation et le bilan des investissements internationaux du Canada&lt;/i&gt;, Statistique Canada, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
