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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Les barons du cochon</title>
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		<dc:date>2012-02-28T02:25:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Luc C&#233;cyre</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
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		<dc:subject>C&#233;cyre, Jean-Luc</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le paysage agroalimentaire qu&#233;b&#233;cois est l'objet d'une concentration inqui&#233;tante et croissante de la propri&#233;t&#233; des fermes et des entreprises de transformation, notamment la production porcine dont les principaux acteurs concentrent une part importante de la production et d'imposants moyens de mise en march&#233;. Le secteur porcin ayant fait l'objet d'une croissance acc&#233;l&#233;r&#233;e et controvers&#233;e au cours des 15 derni&#232;res ann&#233;es, il est essentiel de se questionner sur son avenir dans le cadre de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-classes-dominantes-au-" rel="directory"&gt;Dossier : Les classes dominantes au Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cecyre-Jean-Luc-+" rel="tag"&gt;C&#233;cyre, Jean-Luc&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le paysage agroalimentaire qu&#233;b&#233;cois est l'objet d'une concentration inqui&#233;tante et croissante de la propri&#233;t&#233; des fermes et des entreprises de transformation, notamment la production porcine dont les principaux acteurs concentrent une part importante de la production et d'imposants moyens de mise en march&#233;. Le secteur porcin ayant fait l'objet d'une croissance acc&#233;l&#233;r&#233;e et controvers&#233;e au cours des 15 derni&#232;res ann&#233;es, il est essentiel de se questionner sur son avenir dans le cadre de la r&#233;cente r&#233;forme de l'Assurance Stabilisation des Revenus Agricoles (ASRA). Cette r&#233;forme, &#224; d&#233;faut de nuire aux int&#233;grateurs, risque plut&#244;t de renforcer leur emprise sur nos campagnes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les int&#233;grateurs sont de gros producteurs qui font garder des animaux qui leur appartiennent chez de plus petits producteurs. Ces derniers sont r&#233;mun&#233;r&#233;s en fonction du gain de poids des animaux qui leur ont &#233;t&#233; confi&#233;s. L'int&#233;grateur, en plus de fournir les animaux, livre les rations, les m&#233;dicaments et assure un encadrement technique. Le producteur int&#233;gr&#233;, de son c&#244;t&#233;, fournit les b&#226;timents et sa force de travail. Les producteurs int&#233;gr&#233;s forment un nouveau prol&#233;tariat rural, ces fermiers deviennent des salari&#233;s sur leurs propres terres (souvent trop petites pour leur permettre d'y subsister autrement). Pour plusieurs d'entre eux, c'est un moindre mal &#224; devoir travailler en ville, pour certains c'est la seule fa&#231;on de pouvoir conserver leur terre et pour d'autres, c'est un moyen de d&#233;marrer en agriculture. Il est d'ailleurs plus facile d'emprunter pour acheter une ferme quand on a un contrat avec un int&#233;grateur. L'int&#233;gration est la forme aggrav&#233;e d'une tendance lourde en agriculture o&#249; la majorit&#233; des profits se r&#233;alisent en amont et en aval de la ferme. L'encadr&#233; ci-bas pr&#233;sente deux cas majeurs d'int&#233;gration dans le secteur porcin.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'int&#233;gration porcine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bien &#233;tablie dans les ann&#233;es 1970, l'industrie porcine conna&#238;t son heure de gloire en 1998 sous l'impulsion de Laurent Pellerin, de l'UPA, et de Lucien Bouchard, qui est alors premier ministre et qui r&#234;ve de voir le Qu&#233;bec doubler ses exportations agricoles. Alors que que la production augmente, passant d'environ 5 millions &#224; 8 millions de porcs par an, les prix &#224; l'exportation s'effondrent et tombent en dessous des co&#251;ts de production. Alors que toute l'industrie porcine d&#233;pend de l'ASRA pour survivre, les int&#233;grateurs ne se g&#234;nent pas pour encaisser leur part qui est d'autant importante qu'il n'y a plus de plafond aux sommes vers&#233;es. Ainsi l'ASRA, qui &#233;tait au d&#233;part destin&#233;e &#224; assurer la survie des fermes familiales, a permis d'assurer la croissance et la diversification de quelques grandes entreprises. &#201;vitant de mettre tous leurs &#339;ufs dans le m&#234;me panier, les int&#233;grateurs se sont aussi diversifi&#233;s dans des productions prot&#233;g&#233;es par des quotas, comme le lait et les &#339;ufs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1993 &#224; 2009, les p&#233;riodes successives de croissance, de chutes de prix et de maladie font passer le nombre de fermes porcines de 2 600 &#224; 1 400. Pour combler le d&#233;ficit de l'ASRA, qui s'&#233;l&#232;ve &#224; un milliard, le gouvernement vient de mettre en place une s&#233;rie de mesures qui touchent surtout les petits producteurs, la principale consiste &#224; exclure du calcul des co&#251;ts de production les 25 % de producteurs les moins performants. Comme les sommes vers&#233;es ne permettront pas &#224; ces derniers de couvrir leurs frais, ils risquent d'&#234;tre contraints de vendre leur ferme ou d'opter pour &#234;tre int&#233;gr&#233;s. Pour certains, la planche de salut prend la forme d'une fuite en avant : cro&#238;tre, s'endetter, devenir int&#233;grateur pour ne pas &#234;tre soi-m&#234;me int&#233;gr&#233;. Cette mesure d'exclusion des 25 % va aussi contribuer &#224; augmenter le nombre de fermes qui d&#233;pendent d'un revenu ext&#233;rieur pour survivre. Un cadre de la multinationale agroalimentaire ADM (Arthur Daniel Midland), interrog&#233; par un journaliste qui lui demandait si leur but ultime &#233;tait de mettre la main sur l'ensemble des terres, r&#233;pondit candidement qu'un tel projet ne peut &#234;tre avantageux &#171; &lt;i&gt;car les fermiers s'exploitent d'avantage que nous ne pourrions le faire&lt;/i&gt; &#187;. Pour les int&#233;grateurs bien &#233;tablis, les producteurs int&#233;gr&#233;s sont une source intarissable de flexibilit&#233; et de profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'int&#233;gration ne fait pas partie du mod&#232;le d'agriculture que nous voulons, elle est malgr&#233; tout ins&#233;parable de la soci&#233;t&#233; industrielle avanc&#233;e o&#249; nous vivons. L'int&#233;gration n'est que le sympt&#244;me d'un mal bien plus grand qui ronge nos campagnes depuis des d&#233;cennies, d'un mal que nous ne pouvons gu&#233;rir avec des v&#339;ux pieux, d'un grand mal qui appelle de grands rem&#232;des.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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