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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Vers une r&#233;&#233;dition de 2010 ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Vers-une-reedition-de-2010</link>
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		<dc:date>2014-07-13T16:46:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Boudreau, Ren&#233; Charest</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Boudreau, Philippe </dc:subject>
		<dc:subject>Charest, Ren&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aussit&#244;t &#233;lu, le gouvernement Couillard annonce clairement sa position : contr&#244;le de la masse salariale du secteur public et m&#233;decine de cheval dans les minist&#232;res, en particulier dans le r&#233;seau de la sant&#233; et de l'&#233;ducation. R&#233;ponse des centrales syndicales ? Il faut &#171; donner la chance au coureur &#187;, indique Jacques L&#233;tourneau, pr&#233;sident de la CSN ; pas de branle-bas de combat non plus du c&#244;t&#233; de la FTQ ou de la CSQ. Cela ne laisse pas pr&#233;sager des lendemains qui chantent pour la prochaine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-55-ete-2014-" rel="directory"&gt;No 055 - &#233;t&#233; 2014&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Boudreau-Philippe-+" rel="tag"&gt;Boudreau, Philippe &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Charest-Rene-+" rel="tag"&gt;Charest, Ren&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1849.jpg?1642092156' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;473&#034; height=&#034;615&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aussit&#244;t &#233;lu, le gouvernement Couillard annonce clairement sa position : contr&#244;le de la masse salariale du secteur public et m&#233;decine de cheval dans les minist&#232;res, en particulier dans le r&#233;seau de la sant&#233; et de l'&#233;ducation. R&#233;ponse des centrales syndicales ? Il faut &#171; &lt;i&gt;donner la chance au coureur&lt;/i&gt; &#187;, indique Jacques L&#233;tourneau, pr&#233;sident de la CSN&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Martine Letarte, &#171; Une chance &#224; Couillard, mobilisation contre Harper &#187;, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; pas de branle-bas de combat non plus du c&#244;t&#233; de la FTQ ou de la CSQ. Cela ne laisse pas pr&#233;sager des lendemains qui chantent pour la prochaine n&#233;gociation. La pente sera dure &#224; remonter pour les salari&#233;&#183;e&#183;s qui souhaitent am&#233;liorer leurs conditions de travail et desserrer l'&#233;tau de l'endettement qui les &#233;touffe un peu plus chaque ann&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 23 juin 2010, les leaders des centrales syndicales bombaient le torse en annon&#231;ant la conclusion de l'entente de principe avec le gouvernement Charest sur les mati&#232;res de table centrale. Ces quatre derni&#232;res ann&#233;es, les bilans critiques de cette entente furent publi&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur des rangs syndicaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir en outre : Jean-Marc Piotte &amp; Yvan Perrier, &#171; Front commun : des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou dans certains journaux syndicaux locaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pensons notamment &#224; : Pierre Fontaine, &#171; Pourquoi il faut rejeter l'entente (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les centrales pr&#233;f&#233;rant pour leur part que les publications nationales continuent de diffuser la seule analyse concevable &#224; leurs yeux : celle voulant que cette entente ait &#233;t&#233; la meilleure possible dans les circonstances. Aucune autocritique s&#233;rieuse n'ayant &#233;t&#233; faite, tout indique aujourd'hui qu'en 2015 les &#233;lites syndicales voudront reproduire ce qu'elles consid&#232;rent encore &#234;tre le soi-disant succ&#232;s de 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi un &#171; succ&#232;s &#187; ? Parce que, plusieurs le diront, les organisations syndicales avaient retrouv&#233; le droit de n&#233;gocier avec le gouvernement qu&#233;b&#233;cois. En 2010, on faisait r&#233;f&#233;rence au d&#233;cret obligeant les travailleurs et les travailleuses du secteur public &#224; accepter une &#233;chelle salariale honteuse en 2005. Mais parler de retrouver le droit de n&#233;gocier n'est que poudre aux yeux puisque l'entente de 2010 n'a jamais am&#233;lior&#233; les conditions &#233;conomiques des travailleurs-euses du secteur public ; elle se distinguait &#224; peine des offres patronales initiales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La raison d'&#201;tat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les intentions gouvernementales d&#233;voil&#233;es dans la foul&#233;e du budget Leitao de juin dernier sont on ne peut plus claires quant &#224; l'ampleur des compressions qui seront impos&#233;es aux services publics et &#224; la masse salariale. En d&#233;cr&#233;tant le gel de l'embauche, le gouvernement emp&#234;che que 15 000 postes laiss&#233;s par les d&#233;parts &#224; la retraite soient pourvus. Le pr&#233;sident du Conseil du tr&#233;sor, Martin Coiteux, a de plus annonc&#233; qu'un projet de loi sera d&#233;pos&#233; cet automne l'autorisant &#224; prendre le plein contr&#244;le de l'embauche dans les r&#233;seaux de la sant&#233; et de l'&#233;ducation. Avec cet outil puissant, Qu&#233;bec se donne les grands moyens pour juguler la croissance de la masse salariale, aux d&#233;pens des services publics (par attrition ou par non-renouvellement de contrats, notamment)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tommy Chouinard, &#034;Gel des effectifs : n&#233;gociations cors&#233;es en vue&#034;, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les annonces de suppression de postes se multiplient depuis le d&#233;p&#244;t du budget Leitaio, tant dans les commissions scolaires, dans les CSSS et dans d'autres services, r&#233;duisant l'aide aux &#233;l&#232;ves, le soutien aux personnes vuln&#233;rables et l'acc&#232;s aux soins pour les malades. Ces annonces ne sont que les signes avant-coureurs d'un r&#233;gime-minceur tous azimuts par r&#233;duction du nombre d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ces politiques d'aust&#233;rit&#233;, le gouvernement Couillard montre aux march&#233;s qu'il se conforme aux dogmes n&#233;olib&#233;raux en vigueur. Non seulement met-il le cap sur le d&#233;ficit z&#233;ro, mais aussi assortit-il cet objectif de la poursuite de l'implantation d'une fiscalit&#233; r&#233;gressive : r&#233;duction relative de la part fiscale des entreprises, valorisation de la tarification, r&#233;pugnance &#224; pr&#233;lever des dividendes sur les ressources ou &#224; augmenter les imp&#244;ts des plus riches... Tout est fait pour affaiblir les capacit&#233;s budg&#233;taires de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La raison de l'appareil syndical&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En diffusant aux membres le cahier des demandes de table centrale, en juin, les organisations syndicales ont fait savoir qu'encore une fois l'accent serait mis fortement sur les salaires plut&#244;t que sur le nombre d'emplois du secteur public ou sur les mesures fiscales requises pour sauvegarder ces emplois. Le document publi&#233; par le Front commun&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Front commun (CSN, SISP, FTQ), Assurer la p&#233;rennit&#233; de nos services publics, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est explicite &#224; cet &#233;gard : la n&#233;gociation collective ne portera ni sur un plancher d'emplois &#224; l'&#233;chelle du secteur public, ni sur la cr&#233;ation d'emplois. Telle que formul&#233;e, la demande du Front commun sert &#224; prot&#233;ger les salaires des individus qui auront encore un emploi une fois les mesures d'aust&#233;rit&#233; mises en &#339;uvre ; la demande syndicale ne vise pas &#224; bloquer ces mesures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait chercher ici &#224; comprendre la raison de l'appareil syndical. L'hypoth&#232;se a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pos&#233;e selon laquelle les mouvements sociaux (incluant le mouvement ouvrier) ont deux options lorsqu'ils sont soumis &#224; une offensive n&#233;olib&#233;rale : soit les mouvements luttent d'une mani&#232;re ouverte et radicale au risque m&#234;me de voir leurs organisations affect&#233;es par ces luttes, soit les mouvements s'enlisent dans une logique de reproduction, c'est-&#224;-dire que le fait pour l'organisation de demeurer en place suite aux attaques n&#233;olib&#233;rales est con&#231;u comme une victoire en soi. Dans ce dernier cas, la lutte n'aura pas &#233;t&#233; men&#233;e mais les appareils sont demeur&#233;s intacts, pr&#233;servant toutes les ressources dont ils disposaient jusque-l&#224;. Depuis plusieurs ann&#233;es, le mouvement syndical a choisi l'option de la reproduction de son appareil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture pr&#233;dominante en est ainsi venue &#224; bannir peu &#224; peu du vocabulaire syndical les mots suivants : gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, combat, &#233;preuve de force, affrontement, bras de fer, antagonisme, confrontation... Les directions syndicales et leur entourage privil&#233;gient une repr&#233;sentation douce du syndicalisme du secteur public, insistant sur le fait que les salari&#233;Es se distinguent par leur gentillesse et que de la n&#233;go proc&#232;de essentiellement d'un besoin de reconnaissance de leur part. La nouvelle r&#232;gle d'or du syndicalisme semble devenir celle-ci : plus les syndicats sont respectueux envers l'employeur et aux yeux de l'opinion publique, meilleur sera le r&#232;glement &#224; la table de n&#233;gociation. Or, l'exp&#233;rience des derni&#232;res n&#233;gos montre exactement le contraire : la pusillanimit&#233; syndicale conduit &#224; un appauvrissement des salari&#233;&#183;e&#183;s. Les membres voient bien qu'avec le &#171; bon ententisme &#187; des directions syndicales, leurs conditions de travail se d&#233;gradent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une analyse tronqu&#233;e de la situation du secteur priv&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le document pr&#233;sentant les demandes du Front commun d&#233;ploie de grands efforts &#224; sugg&#233;rer que le danger actuel dans le secteur public est l'exode des ressources humaines vers le secteur priv&#233;. L'argumentation syndicale &#233;tablit que l'enjeu de la pr&#233;sente n&#233;go est de permettre aux salari&#233;&#183;e&#183;s du secteur public de faire un rattrapage les amenant (peut-on pr&#233;sumer) &#224; rejoindre les conditions de leurs confr&#232;res et cons&#339;urs du priv&#233;. En voici un extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous entrons donc dans une p&#233;riode o&#249; les employeurs seront en forte comp&#233;tition pour attirer la main-d'&#339;uvre dans leur secteur respectif, qu'il soit priv&#233; ou public&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt;. Si le secteur public qu&#233;b&#233;cois n'est pas en mesure d'offrir des conditions de travail int&#233;ressantes, qui voudra encore travailler dans le secteur public provincial ? Sans travailleuses et travailleurs, c'est la p&#233;rennit&#233; de nos services publics qui est directement menac&#233;e.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Comme organisations syndicales, nous partageons avec le gouvernement cette responsabilit&#233; de nous assurer que les conditions de travail dans le secteur public demeurent attrayantes. Et en ce sens, un s&#233;rieux coup de barre doit &#234;tre donn&#233; d&#232;s maintenant. Voil&#224; pourquoi nous croyons qu'au cours des prochaines n&#233;gociations, les&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;objectifs suivants doivent &#234;tre poursuivis afin d'am&#233;liorer les capacit&#233;s d'attraction et de r&#233;tention de la main-d'&#339;uvre du secteur public...&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Front commun (CSN, SISP, FTQ), Assurer la p&#233;rennit&#233; de nos services publics, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de chercher &#224; faire croire &#224; une p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre dans le secteur public, pourquoi ne pas donner l'heure juste aux membres &#224; propos de l'affrontement impitoyable qui se joue actuellement dans le secteur priv&#233; entre le capital et le travail ? Pourquoi ne pas dire aux membres la brutalit&#233; des attaques patronales contre le droit &#224; la syndicalisation et contre le droit de n&#233;gocier ? Pourquoi taire l'&#233;norme pression &#224; la baisse des conditions de travail s'exer&#231;ant aujourd'hui dans le secteur priv&#233; ? Pourquoi ne pas clarifier ceci avec les syndiqu&#233;&#183;e&#183;s : le n&#233;olib&#233;ralisme m&#232;ne une lutte sans merci contre les salari&#233;&#183;e&#183;s dans la construction, dans les t&#233;l&#233;communications, dans le commerce de d&#233;tail, dans l'industrie... &lt;strong&gt;ET&lt;/strong&gt; cette pression s'exerce ensuite sur l'&#201;tat pour qu'il fasse de m&#234;me avec sa propre masse salariale, afin de soulager le capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience des conflits de travail du secteur priv&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es devrait inciter les apparatchiks syndicaux &#224; communiquer une lecture lucide de la conjoncture du march&#233; du travail, o&#249; ne r&#232;gne ni plus ni moins que la guerre. Ils devraient avoir le courage de dire franchement aux membres que la seule r&#233;ponse possible aux mesures d'aust&#233;rit&#233;, c'est de lutter contre celles-ci. Pour de vrai.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Syndicalisme de combat et renouveau syndical&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De plus en plus, &#233;mergent de la base des analyses et des modes d'organisation contestant les orientations des directions syndicales et proposant un renouvellement des fa&#231;ons de faire. D&#233;j&#224; en 2012, l'exp&#233;rience des &lt;i&gt;Profs contre la hausse&lt;/i&gt; avait indiqu&#233; les stimulantes avenues ouvertes par une reprise en main par la base des vis&#233;es et de l'action syndicales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philippe de Grosbois et Anne-Marie Le Saux, Profs contre la hausse : le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De nouvelles alliances syndicales-populaires sont aussi envisageables et doivent &#234;tre tent&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis mars 2014, le r&#233;seau &lt;i&gt;Offensive syndicale&lt;/i&gt; s'est mis sur pied dans cet esprit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir L&#233;a Fontaine, Offensive syndicale - Un r&#233;seau militant et combattif, &#192; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De plus en plus de membres questionnent la strat&#233;gie syndicale et voient bien qu'elle ne cherche pas &#224; affronter directement les politiques d'aust&#233;rit&#233; ; l'obsession salariale du Front commun ne donne pas aux membres les outils pour contester frontalement la fiscalit&#233; r&#233;gressive, l'&#233;limination d'emplois et la r&#233;duction de l'offre de services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2012, le succ&#232;s de la gr&#232;ve des carr&#233;s rouges reposait justement sur la capacit&#233; du mouvement de proposer &#224; ses membres (et &#224; la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise) deux &#233;l&#233;ments judicieux. D'abord, un contre-discours mettant en &#233;vidence la vacuit&#233; des pr&#233;tentions gouvernementales &#224; savoir que l'&#201;tat n'avait plus les moyens de financer les universit&#233;s et que les &#233;tudiant&#183;e&#183;s devaient faire leur juste part. La demande du Front commun ne parvient aucunement &#224; articuler un tel contre-discours, se contentant de plaider pour l'importance de la r&#233;tention du personnel par des hausses de salaires. Ensuite, les carr&#233;s rouges visaient la croissance du pouvoir des membres &#224; la base, par des pratiques associatives horizontales, la d&#233;mocratie directe, ainsi qu'une grande perm&#233;abilit&#233; &#224; la cr&#233;ativit&#233; et &#224; la spontan&#233;it&#233;, gr&#226;ce aux r&#233;seaux sociaux et aux initiatives citoyennes. Malheureusement, les centrales restent fortement attach&#233;es &#224; leur conception verticale et dirigiste du syndicalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la part des appareils syndicaux, il n'y a actuellement aucune pr&#233;paration des membres &#224; l'&#233;ventualit&#233; d'affronter une loi sp&#233;ciale ; au contraire, l'ambition syndicale est d'&#233;viter celle-ci quel qu'en soit le prix. &#192; la limite, les directions syndicales pourraient vouloir signer des ententes qui tout &#224; la fois respectent les cibles budg&#233;taires du gouvernement (d&#233;ficit z&#233;ro), cautionnent la r&#233;duction de la taille de l'&#201;tat et pr&#233;voient des hausses de salaires pour les employ&#233;&#183;e&#183;s restant&#183;e&#183;s. Voil&#224; o&#249; peut mener la conception corporatiste des n&#233;gos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible d'&#233;viter une telle issue en exposant clairement les enjeux aux membres et &#224; la population. En outre, les d&#233;bats doivent se faire en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale afin de soupeser d'autres options concernant les demandes de table centrale, comme le maintien du niveau des services publics, par une taxe sur le capital notamment, et par l'augmentation du nombre d'emplois dans ces services. Une telle strat&#233;gie alternative ouvre la porte &#224; des moyens d'action men&#233;s conjointement avec des organismes ayant &#224; c&#339;ur une v&#233;ritable d&#233;fense des services &#224; la population. Par exemple, pourquoi le mouvement syndical n'inviterait-il pas ces organismes et les r&#233;seaux citoyens &#224; tenir avec lui des &#201;tats g&#233;n&#233;raux sur l'avenir du secteur public, dans le cadre d'une lutte globale contre les mesures d'aust&#233;rit&#233; ? Cessons de mener en vase clos la n&#233;go du secteur public ; donnons-lui de l'oxyg&#232;ne, pour qu'elle reprenne enfin son souffle !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Martine Letarte, &#171; Une chance &#224; Couillard, mobilisation contre Harper &#187;, &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, 26 avril 2014, p. G-2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir en outre : Jean-Marc Piotte &amp; Yvan Perrier, &#171; Front commun : des n&#233;gociations historiques ? &#187;, &lt;i&gt;L'&#233;tat du Qu&#233;bec 2011&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Bor&#233;al, 2011, p. 242-247 ; Fran&#231;ois Cyr et Andr&#233; Vincent, &#171; Le syndicalisme qu&#233;b&#233;cois : un mouvement social en panne s&#232;che ? &#187;, &lt;i&gt;Nouveaux Cahiers du socialisme&lt;/i&gt;, no 5, printemps 2011, p. 233-237 ; Benoit Renaud, Bernard Rioux, Mark-David Mandel, Mich&#232;le St-Denis, Marjolaine Goudreau, Benoit Lacoursi&#232;re, Marie-Eve Montfette et al., &#171; Pourquoi il faut rejeter l'entente avec le Front commun &#187;, &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, 10 ao&#251;t 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pensons notamment &#224; : Pierre Fontaine, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.sechum.org/2010/09/pourquoi-il-faut-rejeter-l%E2%80%99entente-de-principe/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pourquoi il faut rejeter l'entente de principe&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;SECHUM&lt;/i&gt;, 1er septembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tommy Chouinard, &#034;Gel des effectifs : n&#233;gociations cors&#233;es en vue&#034;, &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, 5 juin 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Front commun (CSN, SISP, FTQ), &lt;a href=&#034;http://seeclg.files.wordpress.com/2013/09/consultationfrontcommun.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Assurer la p&#233;rennit&#233; de nos services publics&lt;/a&gt;, printemps 2014, 17 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Front commun (CSN, SISP, FTQ), &lt;a href=&#034;http://seeclg.files.wordpress.com/2013/09/consultationfrontcommun.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Assurer la p&#233;rennit&#233; de nos services publics&lt;/a&gt;, p. 5-6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Philippe de Grosbois et Anne-Marie Le Saux, &lt;a href='https://www.ababord.org/Le-renouvellement-de-l-action' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Profs contre la hausse : le renouvellement de l'action politique enseignante&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;&#192; B&#226;bord !&lt;/i&gt;, #46, octobre-novembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir L&#233;a Fontaine, &lt;a href='https://www.ababord.org/Offensive-syndicale' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Offensive syndicale - Un r&#233;seau militant et combattif&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;, no 55, &#233;t&#233; 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Les auteurs sont salari&#233;s du secteur public et membres de la CSN.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Renouer avec le syndicalisme de combat</title>
		<link>https://www.ababord.org/Renouer-avec-le-syndicalisme-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Renouer-avec-le-syndicalisme-de</guid>
		<dc:date>2013-10-31T01:42:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Boudreau, Ren&#233; Charest</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>
		<dc:subject>Boudreau, Philippe </dc:subject>
		<dc:subject>Charest, Ren&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s le Printemps &#233;rable, qui a r&#233;v&#233;l&#233; la possibilit&#233; de faire des gains importants en s'appuyant d'abord et avant tout sur le rapport de force, la mobilisation et la solidarit&#233;, nous pouvons demander aux directions syndicales si elles ont l'intention d'embo&#238;ter le pas dans cette perspective de lutte concr&#232;te et stimulante. D&#233;j&#224; nous avons entendu certains leaders syndicaux se r&#233;f&#233;rer &#224; la mobilisation &#233;tudiante pour interpeller leurs propres membres. Mais s'agit-il l&#224; d'une simple (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-49-avril-mai-2013-" rel="directory"&gt;No 049 - avril / mai 2013&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-etudiant-+" rel="tag"&gt;Mouvement &#233;tudiant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Boudreau-Philippe-+" rel="tag"&gt;Boudreau, Philippe &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Charest-Rene-+" rel="tag"&gt;Charest, Ren&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1733.gif?1642092150' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;676&#034; height=&#034;507&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s le Printemps &#233;rable, qui a r&#233;v&#233;l&#233; la possibilit&#233; de faire des gains importants en s'appuyant d'abord et avant tout sur le rapport de force, la mobilisation et la solidarit&#233;, nous pouvons demander aux directions syndicales si elles ont l'intention d'embo&#238;ter le pas dans cette perspective de lutte concr&#232;te et stimulante. D&#233;j&#224; nous avons entendu certains leaders syndicaux se r&#233;f&#233;rer &#224; la mobilisation &#233;tudiante pour interpeller leurs propres membres. Mais s'agit-il l&#224; d'une simple rh&#233;torique ? La n&#233;gociation de 2015 mesurera la capacit&#233; du mouvement syndical de se renouveler, voire de d&#233;velopper des pratiques diff&#233;rentes afin de faire des gains notables et imm&#233;diats.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il nous appara&#238;t primordial d'amorcer d&#232;s cette ann&#233;e la r&#233;flexion autour de cette prochaine ronde de n&#233;gos. Apr&#232;s l'abandon de la n&#233;gociation en 2002 au profit de l'&#233;quit&#233; salariale, le d&#233;cret amer de 2005 et la capitulation syndicale de 2010, il serait appropri&#233; selon nous de commencer &#224; d&#233;battre d'enjeux politiques et strat&#233;giques. Loin de nous l'id&#233;e de nous soustraire aux d&#233;lib&#233;rations syndicales, mais pourquoi ne pas lancer parall&#232;lement certaines pistes et questions aux acteurs et actrices du mouvement ainsi qu'&#224; l'ensemble de la gauche qu&#233;b&#233;coise, &#224; l'approche de la n&#233;gociation de 2015 ? Nous avons identifi&#233; cinq enjeux autour desquels des changements doivent s'op&#233;rer, pensons-nous, afin de voir une mobilisation syndicale et populaire qui pourrait mieux servir les droits des travailleurs et travailleuses du secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Le vrai pouvoir loge &#224; la base et non au niveau de l'appareil&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est une des grandes le&#231;ons du Printemps qu&#233;b&#233;cois : la puissance d'un mouvement social contr&#244;l&#233; par sa base plut&#244;t que par les leaders et leur entourage. Cette v&#233;rit&#233;, il faut en quelque sorte la r&#233;apprendre dans le syndicalisme du secteur public. Celui-ci en est venu, au fil des d&#233;cennies, &#224; s'en remettre largement &#224; l'appareil, pour une quantit&#233; effarante de t&#226;ches, de d&#233;fis et de choix auxquels doivent faire face les syndiqu&#233;es et leurs organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'on ne veuille pas toujours l'admettre ouvertement, cet appareil syndical hypertrophi&#233; contr&#244;le la n&#233;gociation en lieu et place des membres. S'il est l&#233;gitime pour un syndicat de s'adjoindre des personnes ayant une expertise pr&#233;cieuse, il n'en demeure pas moins qu'aujourd'hui, ce sont ces sp&#233;cialistes qui d&#233;finissent le cadre strat&#233;gique de la n&#233;gociation et disposent par le fait m&#234;me du mode de d&#233;cision sur les tactiques utilis&#233;es. L'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale n'a besoin de se r&#233;unir qu'au d&#233;but (validation des demandes identifi&#233;es par l'appareil) et &#224; la fin du processus (ratification de l'entente de principe). La mobilisation des membres sera requise seulement &#224; certains moments-cl&#233;s d&#233;cid&#233;s par l'appareil, qui d&#233;valorise progressivement le recours &#224; la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un tel mod&#232;le organisationnel a pu, en de rares occasions, permettre de sauver les meubles, il n'en reste pas moins qu'&#224; long terme, ses effets sont d&#233;l&#233;t&#232;res. D'une part, les n&#233;gos du secteur public donnent des r&#233;sultats de moins en moins probants. D'autre part, le pouvoir des membres s'atrophie et c'est tout le mouvement qui s'affaiblit. Plus que jamais, il est temps de redonner aux assembl&#233;es locales &#8211; et aux comit&#233;s issus de celles-ci &#8211; le pouvoir de d&#233;finir, &#224; l'abri de toute influence de l'appareil syndical, le sens profond des luttes &#224; initier et la mani&#232;re de les mener.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Des alliances larges sont n&#233;cessaires &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque ronde de n&#233;gociation, l'isolement dans lequel se retrouvent les syndicats du secteur public est saisissant. Bien s&#251;r, plusieurs facteurs peuvent l'expliquer : le r&#244;le des m&#233;dias, le climat soci&#233;tal g&#233;n&#233;ral, la puissance du patronat et de ses alli&#233;s, le triomphe de la droite &#224; l'&#232;re du n&#233;olib&#233;ralisme, etc. Tout cela est vrai. Mais la f&#226;cheuse position dans laquelle se retrouve chaque fois le syndicalisme du secteur public rel&#232;ve peut-&#234;tre aussi de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de se pr&#233;senter aux tables de n&#233;gociations, n'y a-t-il pas lieu de construire des alliances approfondies avec d'autres mouvements sociaux ? N'y a-t-il pas lieu de tenter de cr&#233;er un vaste mouvement social autour d'une vision partag&#233;e de ce que doit &#234;tre l'intervention de l'&#201;tat dans une optique de justice sociale ? N'y a-t-il pas lieu de s'inspirer du mouvement &#233;tudiant, qui est parvenu &#224; associer diff&#233;rentes cat&#233;gories sociales &#224; son combat, en montrant que celui-ci relevait non pas du corporatisme, mais d'une proposition de ce que pourrait &#234;tre une soci&#233;t&#233; juste et d&#233;mocratique ? Ainsi, le mouvement des carr&#233;s rouges a su placer au c&#339;ur de sa lutte une vision du bien commun et c'est ce que n'arrivent plus &#224; faire les organisations syndicales lorsque vient le temps de n&#233;gocier avec l'&#201;tat-patron.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. Les revendications doivent concerner la soci&#233;t&#233; dans son ensemble&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un peu &#224; l'image du Printemps qu&#233;b&#233;cois, les n&#233;gos devraient marquer un temps d'arr&#234;t &#224; l'&#233;chelle nationale afin de r&#233;fl&#233;chir au type de soci&#233;t&#233; dans lequel nous voulons vivre et, plus sp&#233;cifiquement, &#224; des principes cruciaux telles l'universalit&#233;, l'accessibilit&#233;, la gratuit&#233; et la gestion collective des services &#224; la population. En somme, les n&#233;gos devraient &#234;tre un moment privil&#233;gi&#233; pour articuler et diffuser une vision du r&#244;le g&#233;n&#233;ral de l'&#201;tat, des valeurs communes et de l'avenir de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il prenait aux centrales l'envie de jeter les bases d'un syndicalisme de mouvement social dans le cadre des n&#233;gociations de 2015, voici quelles pourraient en &#234;tre les revendications principales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8218; abolition de la taxe sant&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8218; gel des tarifs d'hydro&#233;lectricit&#233; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8218; gel des tarifs des services de garde (7 $ / jour) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8218; gel des droits de scolarit&#233; dans une perspective de gratuit&#233; scolaire ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8218; r&#233;duction substantielle du nombre d'&#233;l&#232;ves par classe au primaire ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8218; en sant&#233;/services sociaux, int&#233;gration des salari&#233;es de l'&#233;conomie sociale au secteur public qu&#233;b&#233;cois ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8218; augmentation substantielle du pouvoir d'achat de tous les salari&#233;es du secteur public qu&#233;b&#233;cois ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8218; adoption par l'&#201;tat des mesures de justice fiscale n&#233;cessaires &#224; la r&#233;alisation des sept premiers points (hausse des imp&#244;ts des entreprises, suppression d'abris fiscaux, redevances sur les ressources, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut de mettre de l'avant des perspectives similaires, le risque est grand que ces n&#233;gociations soient r&#233;duites &#224; un exercice routinier et strictement corporatiste. Ainsi ramen&#233;es &#224; une vulgaire corv&#233;e affairiste, elles n'inspireraient plus grand monde &#224; la base et fatalement, sans conviction, les membres s'en remettraient aux apparatchiks syndicaux, peut-&#234;tre m&#234;me en se disant qu'apr&#232;s tout, ils sont pay&#233;s pour &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4. Sans rapport de force, il n'y a pas de gains possibles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;politisation des n&#233;gociations du secteur public, observable depuis 25 ans, a son pendant dans la mobilisation. La portion plus corporatiste de l'appa&#173;reil r&#233;ussit &#224; imposer le r&#233;flexe voulant que ce soit aux tables que tout se joue. Celle-ci met de l'avant que les n&#233;gociations sont du &#171; donnant donnant &#187; : on c&#232;de certains acquis actuellement inscrits dans la convention (ou relevant du&lt;i&gt; statu quo&lt;/i&gt;) en &#233;change d'am&#233;liorations conc&#233;d&#233;es par la partie patronale. Le moment venu, devant les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, on pr&#233;sente ces concessions comme des gains arrach&#233;s de peine et de mis&#232;re &#224; l'employeur. Fort d'une telle gymnastique, on en arrive presque &#224; faire croire, chemin faisant, que lesdites n&#233;gociations ont &#233;t&#233; victorieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'appareil syndical, on affirme souvent que les membres n'ont pas envie de se battre ou qu'ils ne veulent plus faire la gr&#232;ve. Lorsque c'est avec un tel discours que s'inaugure la ronde de n&#233;gociations, comment croire que les membres puissent avoir le go&#251;t de mettre autre chose de l'avant ? Comment la base pourrait-elle renoncer &#224; ce qu'on lui offre sur un plateau d'argent : le confort d'une n&#233;gociation peinarde et discr&#232;te, sans la moindre perc&#233;e certes, mais aussi sans efforts ni turbulences ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;5. Travailler en front commun, de la base jusqu'au sommet&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'aspect peut-&#234;tre le plus d&#233;plorable de la d&#233;politisation syndicale est l'esprit d'&#233;mulation qui existe entre les centrales. Il ne faut pas h&#233;siter &#224; parler d'un sectarisme syndical qui ne repose pas tant sur des valeurs diff&#233;rentes que sur l'adh&#233;sion tribale &#224; une organisation. Lorsque vient le temps d'entreprendre les n&#233;gociations du secteur public, ce ph&#233;nom&#232;ne de comp&#233;tition appara&#238;t avec plus de vigueur. On peut se demander si le front commun de 2010 en &#233;tait vraiment un ou s'il existait seulement en fa&#231;ade. Pourtant, une des le&#231;ons les plus remarquables de la gr&#232;ve &#233;tudiante de 2012 aura &#233;t&#233; justement la capacit&#233; de g&#233;n&#233;rer une v&#233;ritable unit&#233; entre les organisations &#233;tudiantes, ce qui a &#233;t&#233; garant de leur victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre effectif, un front commun ne peut pas r&#233;unir uniquement des chefs syndicaux nationaux. Il doit impliquer chacun des syndicats locaux susceptibles de participer &#224; la lutte. L'Association pour une solidarit&#233; syndicale &#233;tudiante (ASS&#201;) a initi&#233; en ce sens un &lt;i&gt;pattern&lt;/i&gt; inspirant, &#171; l'entente minimale &#187;. Ce pacte liait 88 associations locales et comit&#233;s de mobilisation de partout au Qu&#233;bec ; il visait &#224; s'assurer que les organisations &#233;tudiantes nationales &#233;vitent les d&#233;chirements constat&#233;s lors de la gr&#232;ve de 2005. Cette entente a &#233;t&#233; ratifi&#233;e dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales locales et a jou&#233; un r&#244;le essentiel dans la solidit&#233; et l'effectivit&#233; du front commun &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les carr&#233;s rouges nous ont montr&#233; que lorsqu'on se crache dans les mains et qu'on monte au front, t&#244;t ou tard, on finit par en r&#233;colter les dividendes. Le combat peut &#234;tre rude, l'adversaire peut &#234;tre impitoyable ou m&#234;me vicieux, mais la lutte finit par payer. C'est ce qu'il faut r&#233;apprendre dans le secteur public : avoir confiance en soi, savoir prendre des risques et oser entamer un bras de fer, comme l'ont fait les &#233;tudiants et les &#233;tudiantes. En d&#233;finitive, pour qu'une victoire soit envisageable, il faut d'abord y croire soi-m&#234;me. Les leaders syndicaux seront-ils contamin&#233;s par le mouvement des carr&#233;s rouges ? Il appartient &#224; toute la gauche, incluant la base syndicale, de les y aider.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gr&#232;ve sociale : accentuer la lutte politique contre les Lib&#233;raux</title>
		<link>https://www.ababord.org/Greve-sociale-accentuer-la-lutte</link>
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		<dc:date>2012-01-13T00:44:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ren&#233; Charest</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Charest, Ren&#233;</dc:subject>

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&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale a constitu&#233; historiquement un enjeu opposant les partisans du seul recours &#224; la gr&#232;ve insurrectionnelle &#224; ceux qui voulaient conjuguer celle-ci avec une action politique r&#233;volutionnaire plus large. Georges Sorel, d&#233;fenseur de la premi&#232;re orientation, affirmait que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#233;tait suffisante pour renverser le pouvoir. Rosa Luxembourg, au contraire, pr&#233;tendait que ce moyen devait s'int&#233;grer dans une strat&#233;gie politique d'ensemble pour mener &#224; la r&#233;volution. Cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Charest-Rene-+" rel="tag"&gt;Charest, Ren&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale a constitu&#233; historiquement un enjeu opposant les partisans du seul recours &#224; la gr&#232;ve insurrectionnelle &#224; ceux qui voulaient conjuguer celle-ci avec une action politique r&#233;volutionnaire plus large. Georges Sorel, d&#233;fenseur de la premi&#232;re orientation, affirmait que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#233;tait suffisante pour renverser le pouvoir. Rosa Luxembourg, au contraire, pr&#233;tendait que ce moyen devait s'int&#233;grer dans une strat&#233;gie politique d'ensemble pour mener &#224; la r&#233;volution. Cette divergence fondamentale dans la gauche radicale a ensuite travers&#233; le XIXe si&#232;cle et une bonne partie du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Entre la Premi&#232;re Guerre mondiale et la crise des ann&#233;es 1930, l'Industrial Workers of the World (IWW), centrale syndicale combative, appuyait les conflits ouvriers un peu partout aux &#201;tats-Unis. C'&#233;tait en quelque sorte l'&#226;ge d'or de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale comme outil de r&#233;sistance et de lutte ouverte contre le capitalisme. Les militantes de l'IWW anticipaient les luttes en &#233;mergence, surgissaient au moment des conflits avec le mat&#233;riel d'agitation et de propagande n&#233;cessaire, tout en cherchant &#224; les radicaliser. On passait ainsi d'un conflit &#224; l'autre dans un parcours de conscientisation r&#233;volutionnaire, sans toutefois construire une organisation syndicale structur&#233;e. Cette pratique de radicalisation des luttes, souvent conjugu&#233;e &#224; la mobilisation des immigrantes, a tenu le coup pendant quelques ann&#233;es. Mais, dans les ann&#233;es 1920, le pire arriva : la r&#233;pression polici&#232;re et politique affaiblit consid&#233;rablement l'IWW et la r&#233;duisit &#224; peu de choses. Cette d&#233;faite a oblig&#233; plusieurs militants &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la n&#233;cessit&#233; de conjuguer l'action syndicale &#224; l'action politique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; La gr&#232;ve dans l'espace qu&#233;b&#233;cois&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;moire du mouvement ouvrier qu&#233;b&#233;cois comprend de nombreuses gr&#232;ves d'une amplitude telle qu'elles ont influenc&#233; le cours de l'histoire de cette soci&#233;t&#233; apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale. Pensons &#224; Asbestos, Louiseville, Valleyfield... Ces gr&#232;ves ont &#233;t&#233; dramatiques pour les travailleurs et les travailleuses du Qu&#233;bec qui ont d&#251; endurer des sacrifices &#233;normes. Mais elles ont permis &#224; la classe ouvri&#232;re de s'affirmer en tant que sujet politique dans l'espace public qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, la Coalition contre la hausse des tarifs et la privatisation des services publics a &#233;voqu&#233;, avec raison, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des travailleurs et des travailleuses du secteur public au Qu&#233;bec en 1972. Cette gr&#232;ve s'inscrivait dans le cadre d'une n&#233;gociation collective, mais le contenu des revendications, dont le salaire hebdomadaire de 100 $ minimum, avait une connotation sociale forte qui d&#233;passait le cadre restreint de la n&#233;gociation. De plus, l'emprisonnement des trois dirigeants des centrales syndicales a fait que la gr&#232;ve des syndiqu&#233;s de l'&#201;tat s'est &#233;tendue partiellement au secteur priv&#233;, avec l'occupation de certaines villes, dont Sept-&#206;les. Cette gr&#232;ve s'est dont transform&#233;e, d'une certaine fa&#231;on, en gr&#232;ve sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette radicalisation de la lutte syndicale a &#233;t&#233; balis&#233;e par la politique du deuxi&#232;me front propos&#233;e par Pierre Vadeboncoeur et Marcel Pepin en 1968 : le syndicat ne doit pas d&#233;fendre le travailleur ou la travailleuse uniquement dans le cadre juridique d&#233;termin&#233; par les lois du travail (le premier front) ; le syndicat doit tenir compte de tout le milieu de vie de celles et ceux qu'il veut repr&#233;senter : le logement, le transport en commun, l'&#233;cole, etc. (le deuxi&#232;me front).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, les Conseils centraux, dont celui de Montr&#233;al dirig&#233; par Michel Chartrand, ont mis en application les propositions du deuxi&#232;me front, en appuyant la mise en place de comit&#233;s sur le logement, sur le ch&#244;mage&#8230; qui m&#232;neront &#224; la constitution de Comit&#233;s d'action politique (CAP) r&#233;unissant, sur une base r&#233;gionale, des militants des trois centrales syndicales. Dans ce contexte, plusieurs militants consid&#233;raient dans l'ordre des choses la transformation possible des luttes syndicales en luttes sociales, ce qui se r&#233;alisa effectivement en 1972.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre la r&#233;action patronale des ann&#233;es r&#233;centes : relancer la gr&#232;ve sociale ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les capitalistes devaient trouver une mani&#232;re de d&#233;tourner le mouvement ouvrier de ses aspirations l&#233;gitimes. Dans le secteur public, le d&#233;cret de 1983, la cr&#233;ation des Services essentiels, l'adoption de lois sp&#233;ciales, les Sommets, etc., ont consid&#233;rablement affaibli le mouvement syndical. Dans le secteur priv&#233;, la d&#233;localisation, la sous-traitance, la multiplication du travail atypique, les clauses &#171; orphelin &#187;, la participation des travailleurs &#224; la gestion, etc., ont min&#233; l'ardeur des syndiqu&#233;Es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, depuis une dizaine d'ann&#233;es, avec l'extension du n&#233;olib&#233;ralisme qui r&#233;duit les victoires obtenues durant les Trente glorieuses, rena&#238;t l'espoir de luttes sociales radicales. Ainsi, dans les prochains mois, il devrait y avoir un d&#233;bat sur la pertinence de la gr&#232;ve sociale favorisant un &#233;largissement de la lutte contre le n&#233;olib&#233;ralisme &#224; la sauce qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mot d'ordre de gr&#232;ve sociale pourrait para&#238;tre fantaisiste dans un contexte o&#249; le mouvement syndical ne semble pas, pour l'instant, vouloir emprunter cette perspective. Cependant, la Coalition contre la hausse des tarifs pense que dans la conjoncture actuelle, la gr&#232;ve sociale pourrait &#234;tre un levier important d'une mobilisation contre le budget Bachand de 2010 et celui qui s'en vient en 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'oublions pas qu'au d&#233;but du mandat du gouvernement lib&#233;ral, l'id&#233;e de la gr&#232;ve sociale avait &#233;t&#233; lanc&#233;e par les directions syndicales pour riposter au projet de r&#233;ing&#233;ni&#233;rie de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois. Dans certains secteurs du mouvement syndical, les mandats de gr&#232;ve sociale avaient re&#231;u une forte adh&#233;sion. Cependant la gr&#232;ve sociale ne s'inscrit pas dans un contexte de n&#233;gociation formel et place les organisations syndicales dans l'ill&#233;galit&#233;. Pouvons nous refaire aujourd'hui ce d&#233;bat strat&#233;gique alors que nous faisons toujours face au m&#234;me ennemi ? Les prochains mois nous le diront.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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