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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Utopie = No future</title>
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		<dc:date>2012-01-13T01:28:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sam Bourcier</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Diversit&#233; sexuelle et de genre</dc:subject>
		<dc:subject>Bourcier, Sam</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Queer et utopie : deux mots qui n'ont gu&#232;re fricot&#233; ensemble. R&#233;volution et queer encore moins. Et pourquoi en serait-il autrement ? Il y a beaucoup de bonnes raisons de ne pas le d&#233;plorer. Si par utopie, on veut dire non un espace ou une simple volont&#233; de transformer le monde, mais une projection temporelle sur un axe lin&#233;aire,&#8194;c'est-&#224;-dire un futur utopique et donc ant&#233;rieurement model&#233; pour un grand nombre, la r&#233;action anti-modernisme est sans doute salutaire. &lt;br class='autobr' /&gt; Vu ce qu'on donn&#233; les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-utopie-a-t-elle-un-" rel="directory"&gt;Dossier : L'utopie a-t-elle un avenir ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Diversite-sexuelle-+" rel="tag"&gt;Diversit&#233; sexuelle et de genre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bourcier-Marie-Helene-+" rel="tag"&gt;Bourcier, Sam&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1237.gif?1642092127' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;427&#034; height=&#034;640&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Queer et utopie : deux mots qui n'ont gu&#232;re fricot&#233; ensemble. R&#233;volution et queer encore moins. Et pourquoi en serait-il autrement ? Il y a beaucoup de bonnes raisons de ne pas le d&#233;plorer. Si par utopie, on veut dire non un espace ou une simple volont&#233; de transformer le monde, mais une projection temporelle sur un axe lin&#233;aire,&#8194;c'est-&#224;-dire un futur utopique et donc ant&#233;rieurement model&#233; pour un grand nombre, la r&#233;action anti-modernisme est sans doute salutaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vu ce qu'on donn&#233; les grands r&#233;cits du XIXe et du XXe si&#232;cles qui annon&#231;aient les grands soirs, &lt;i&gt;y basta la revolution&lt;/i&gt; ! D'autant qu'en mati&#232;re de r&#233;volution sexuelle, on a bien vu le pi&#232;ge &#224; cons au sens &#233;tymologique du terme que ce fut. Les minorit&#233;s sexuelles et de genre n'ont-elles pas &#233;t&#233; les grandes oubli&#233;es des entreprises r&#233;volutionnaires ? Et quand un vieux marxisme continue d'inspirer son pendant f&#233;ministe mat&#233;rialiste, c'est pour nous enjoindre &#224; un abolitionnisme d&#233;capant : le monde sera meilleur quand il n'y aura plus de genres. source majeure de domination et d'ali&#233;nation, lorsque la diff&#233;rence sexuelle aura disparu. Le manque d'attrait des utopies politico-sexuelles de ce type r&#233;side sans doute, pour reprendre une formulation de Jameson, dans le fait qu'elles proposent immanquablement une &#171; r&#233;duction du monde &#187;. Supprimons les causes de l'ali&#233;nation en giclant les d&#233;terminations historiques et sociales, sources de trouble, asexuellisons la plan&#232;te comme dans la science-fiction f&#233;ministe d'Ursula Le Guin : l'utopie mat&#233;rialiste (et cela vaudrait pour Monique Wittig) carbure &#224; la n&#233;gation, propose toute une s&#233;rie d'ablations et d'exclusions, &#233;jecte le capitalisme en lui substituant une triste &#233;conomie morale de la p&#233;nurie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La th&#233;orie queer &#233;tats-unienne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Curieusement et par d'autres chemins, la th&#233;orie queer &#233;tats-unienne de la premi&#232;re vague se laisse s&#233;duire par les sir&#232;nes d'une autre forme de n&#233;gativit&#233;, plus pernicieuse celle-l&#224;, en ce qu'elle se loge dans l'int&#233;riorit&#233; m&#234;me, p&#233;n&#232;tre la subjectivit&#233; qu'elle psychise &#224; outrance, la d&#233;connectant des r&#233;alit&#233;s politiques et subculturelles. Il n'est que de voir la tronche des futurit&#233;es queer (ou simplement tr&#232;s gay ?) r&#233;centes, &#233;labor&#233;es par des critiques en faveur d'un &#171; &lt;i&gt;no future&#8194;&lt;/i&gt; &#187;, inspir&#233; de la n&#233;gativit&#233; psychanalytique et de la pulsion de mort (Edelman et Dean qui embrayent sur Bersani). Ah ! le plombage psychanalytique : rien de tel que la psychanalyse pour vous brider ou vous r&#233;trograder, pour vous faire croire &#224; la puret&#233; du priv&#233; ou de &#171; l'intime &#187; comme on dit. Vous sortir du &#171; priv&#233; qui est politique &#187;. Pour ne pas parler des r&#233;centes politiques de la vuln&#233;rabilit&#233;, m&#226;tin&#233;es d'une m&#233;lancolie antique et sc&#233;l&#233;rate, pr&#244;n&#233;es par la reine r&#233;calcitrante de la th&#233;orie queer, j'ai nomm&#233; Judith Butler, avec son &lt;i&gt;D&#233;faire le Genre&lt;/i&gt; qui gagnerait &#224; &#234;tre rebaptis&#233; D&#233;faire Gender Trouble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si la premi&#232;re Butler, de &lt;i&gt;Gender Trouble&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Trouble dans le Genre&lt;/i&gt;) &#224; &lt;i&gt;Excitable Speech&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Le Pouvoir des Mots&lt;/i&gt;) en gros, suivait le sc&#233;nario de la prolif&#233;ration des genres et donc des minorit&#233;s sexuelles et de genre dans &lt;i&gt;Gender Trouble, D&#233;faire le genre&lt;/i&gt; impose curieusement une lamentation sur le poids indescriptible des normes de genres qui nous tueraient. D'autant plus &#233;tonnant que, foucaldisme oblige, la norme dans &lt;i&gt;Gender Trouble&lt;/i&gt; constituait auparavant un champ d'intervention, certes ambivalent, mais autrement plus flexible et ouvert aux d&#233;tournements que la loi. D&#233;cid&#233;ment la th&#233;orie queer n'est pas dou&#233;e pour l'imagination utopique et il n'est pas s&#251;r que les choses s'arrangent pour autant quand elle saute dans les devenirs, les multiplicit&#233;s deleuziennes, les flux qui croisent les lignes de fuite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors la queerutopia : un non-sens ? Peut-&#234;tre pas si l'on consid&#232;re que la radicalit&#233; utopique, qui constitue le v&#233;ritable frein de l'entreprise, avec son imaginaire souvent totalitaire et t&#233;l&#233;ologique, fonctionne mieux quand elle est spatialis&#233;e, participe non du territoire mais des fronti&#232;res repouss&#233;es. C'est dans les subcultures sexuelles g&#233;n&#233;ralement urbaines et non dans la th&#233;orie queer de la premi&#232;re vague, dans les microsph&#232;res et &#224; un niveau micropolitique que fonctionne &#224; plein &#8211; et pour l'instant &#8211; la sexoethnogen&#232;se, facteur de transformation sociale dont parlait Gayle Rubin, v&#233;ritable soldat inconnu de la th&#233;orie queer en action. Les utopies queer, si elles existent, sont celles qui misent paradoxalement plus sur des espaces, des lieux que sur le futur, qui instaurent une tradition utopique m&#234;me si cela peut para&#238;tre contradictoire dans les termes. San Francisco est de ce point de vue la ville des utopies sexuelles et de genre r&#233;alis&#233;es et sit&#244;t bouscul&#233;es. Modestes mais efficaces, elles permettent de temp&#233;rer les mouvements th&#233;oriques abstraits puisqu'elles proc&#232;dent des exp&#233;riences des minorit&#233;s concern&#233;es, sans recourir &#224; la hache de la r&#233;duction, de l'abolition ou de l'ablation au profit de la prolif&#233;ration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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