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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>La sant&#233; des femmes et l'&#233;galit&#233; professionelle</title>
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		<dc:date>2011-10-11T02:24:21Z</dc:date>
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		<dc:creator>Karen Messing</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Messing, Karen</dc:subject>

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&lt;p&gt;La division sexuelle du travail est un aspect de l'organisation du travail qui peut avoir des effets sur la sant&#233; des hommes et des femmes. Les &#233;tudes de l'Invisible qui fait mal, partenariat entre trois centrales syndicales et un centre de recherche universitaire, ont permis de mettre en exergue les enjeux d'&#233;galit&#233; professionnelle entrant parfois en conflit avec le d&#233;sir d'am&#233;liorer la sant&#233; des femmes au travail : les dangers associ&#233;s au d&#233;ploiement d'une force physique importante et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Au-travail-Organisation-du-" rel="directory"&gt;Dossier : Au travail ! - Organisation du travail et assujettissement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Messing-Karen-+" rel="tag"&gt;Messing, Karen&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1203.gif?1642092125' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1000&#034; height=&#034;697&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La division sexuelle du travail est un aspect de l'organisation du travail qui peut avoir des effets sur la sant&#233; des hommes et des femmes. Les &#233;tudes de l'Invisible qui fait mal, partenariat entre trois centrales syndicales et un centre de recherche universitaire, ont permis de mettre en exergue les enjeux d'&#233;galit&#233; professionnelle entrant parfois en conflit avec le d&#233;sir d'am&#233;liorer la sant&#233; des femmes au travail : les dangers associ&#233;s au d&#233;ploiement d'une force physique importante et &#233;vidente ; les contraintes associ&#233;es &#224; la conciliation travail famille ; certaines difficult&#233;s dans le fonctionnement de collectifs de travail. Les femmes n'auraient pas &#224; choisir entre sant&#233; et &#233;galit&#233;, si les postes de travail et l'organisation du travail &#233;taient adapt&#233;s &#224; la sp&#233;cificit&#233; de la biologie et des r&#244;les sociaux des femmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les t&#226;ches impliquant une force physique importante et &#233;vidente&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On peut r&#233;sumer la division sexuelle du travail manuel en disant que les hommes exercent souvent une force physique importante, mais ponctuelle et &#224; un rythme intermittent, alors que les femmes sont appel&#233;es &#224; d&#233;ployer une force moindre, mais plus souvent r&#233;p&#233;t&#233;e avec moins de pauses. Ainsi, par exemple, les hommes dans l'entretien sanitaire des h&#244;pitaux ont &#233;t&#233; longtemps affect&#233;s au &#171; travail lourd &#187; (ex. &#171; moppe &#187;, polisseuse) et les femmes au &#171; travail l&#233;ger &#187; (ex. &#233;poussetage, lavage des toilettes). Nos recherches ont montr&#233; que chaque ensemble de t&#226;ches est associ&#233; &#224; son lot de troubles musculo-squelettiques, mais que le lien entre ceux des femmes et leur travail est plus difficile &#224; faire reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait penser que cette division sert &#224; assurer la sant&#233; de chaque sexe. Plusieurs recherches en biom&#233;canique et en physiologie d&#233;montrent, en effet, une diff&#233;rence hommes-femmes dans la capacit&#233; de manipuler des charges, les femmes &#233;tant en moyenne capables de soulever une charge moins &#233;lev&#233;e. Il y a cependant un certain nombre de difficult&#233;s avec ce raisonnement. D'abord, les capacit&#233;s physiques des hommes et des femmes se chevauchent. S'il y a une diff&#233;rence entre les moyennes, on voit aussi que certaines femmes sont plus fortes que la plupart des hommes. Donc, une division strictement sexuelle des t&#226;ches n'est pas justifiable, et elle est m&#234;me ill&#233;gale au Canada. Aussi, le degr&#233; de diff&#233;rence de performance entre les sexes d&#233;pend des d&#233;tails de la t&#226;che : la diff&#233;rence de lev&#233;e des charges, par exemple, s'amoindrit &#224; mesure que le rythme de lev&#233;e augmente. Une femme, qui travaille &#224; un poste exigeant sur le plan physique et con&#231;u pour l'homme de taille moyenne, est n&#233;cessairement d&#233;savantag&#233;e. Mettre l'accent sur les capacit&#233;s des femmes cacherait l'importance de l'adaptation des postes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour ces raisons que de nombreux programmes en Am&#233;rique du Nord visent &#224; int&#233;resser les jeunes femmes &#224; des carri&#232;res dans des m&#233;tiers non traditionnels. Selon un certain discours officiel, les femmes peuvent faire tous les m&#233;tiers et l'&#232;re de l'exclusion des femmes est r&#233;volue. Les m&#233;tiers prim&#233;s peuvent exiger de la force physique, tel qu'en t&#233;moigne par exemple le prix offert en collaboration avec la Commis&#173;sion de la sant&#233; et de la s&#233;curit&#233; du travail du Qu&#233;bec (CSSTQ), &#224; une future pompi&#232;re2. Cependant, le taux d'attrition des femmes dans ces emplois peut &#234;tre tr&#232;s &#233;lev&#233;, et le taux d'accidents de travail chez les femmes y est souvent plus &#233;lev&#233;. Ces programmes ne comportent pas de volet qui vise l'adaptation du travail pour les nouvelles recrues, volet dont l'absence surprend dans l'annonce du prix soutenu par la CSSTQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des raisons &#233;conomiques autant qu'ergonomiques ou politiques, les postes d'entretien sanitaire &#171; l&#233;ger &#187; et &#171; lourd &#187; ont &#233;t&#233; fusionn&#233;s dans plusieurs h&#244;pitaux. Mais la cons&#233;quence n'a pas pris la forme, attendue, d'une plus grande &#233;galit&#233; des sexes, mais d'une baisse assez dramatique du nombre de femmes. En effet, dans diverses &#233;tudes, nous avons constat&#233; que ces politiques, en apparence f&#233;ministes, ont des cons&#233;quences n&#233;gatives pour les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Les contraintes associ&#233;es &#224; la conciliation travail famille&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Qu&#233;b&#233;cois et les Qu&#233;b&#233;coises classent la possibilit&#233; de travailler sans nuire &#224; leur vie familiale en t&#234;te de liste des pr&#233;occupations que doivent avoir les syndicats, devant la qualit&#233; de vie au travail et la sant&#233; et la s&#233;curit&#233; du travail. Pour les travailleuses, la conciliation travail famille pose un d&#233;fi particulier pour l'&#233;quilibre entre la sant&#233; au travail et l'&#233;galit&#233; professionnelle. Leurs responsabilit&#233;s familiales se d&#233;finissant plus souvent en termes de pr&#233;sence physique au foyer, cette conciliation a de fortes chances d'&#234;tre plus visible chez les femmes que chez leurs coll&#232;gues masculins. En cons&#233;quence, plusieurs strat&#233;gies de conciliation des femmes peuvent avoir comme effet de compromettre leur acc&#232;s ou leur avancement au travail. Le premier compromis fait par bon nombre de femmes prend la forme du travail &#224; temps partiel. Si ce type de travail peut permettre aux travailleuses de vivre plus harmonieusement la conciliation, la participation aux b&#233;n&#233;fices &#233;conomiques, aux programmes de formation et &#224; la vie au travail en g&#233;n&#233;ral peut &#234;tre compromise. Qui plus est, la qualit&#233; des emplois offerts &#224; temps partiel est souvent inf&#233;rieure : l'observation de l'activit&#233; des caissi&#232;res de banque a permis de constater que les t&#226;ches des caissi&#232;res &#224; temps partiel se concentrent aux heures de pointe et consistaient en des op&#233;rations moins vari&#233;es et plus exigeantes physiquement, par rapport &#224; celles assign&#233;es aux caissi&#232;res r&#233;guli&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une autre cause des difficult&#233;s de conciliation, du point de vue des femmes, provient du fait que les travailleuses qu&#233;b&#233;coises ont moins d'autonomie au travail que leurs confr&#232;res masculins. En particulier, elles ont moins acc&#232;s &#224; un ensemble de mesures qui rendent possible la conciliation, telles que les possibilit&#233;s de communication avec la maison depuis le lieu de travail, l'acc&#232;s &#224; des ressources de garde &#224; des cong&#233;s aux moments opportuns. Les femmes ont en moyenne une anciennet&#233; inf&#233;rieure &#224; celle des hommes, ce qui restreint leur acc&#232;s &#224; des horaires compatibles avec la conciliation. Leurs tentatives de conciliation deviennent plus visibles et ainsi plus susceptibles de sanctions que celles de personnes qui jouissent de plus d'autonomie et de conditions facilitantes. Par exemple, il &#233;tait d&#233;fendu &#224; certaines travailleuses observ&#233;es d'utiliser le t&#233;l&#233;phone pendant le temps de travail ; cet outil de conciliation &#233;tait pourtant indispensable pour ce personnel aux horaires irr&#233;guliers et impr&#233;visibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion d'entretiens relevant du projet CINBIOSE-FTQ sur la conciliation travail famille, le mot &#171; organis&#233;e &#187; vient souvent &#224; la bouche des gestionnaires et m&#234;me de certaines travailleuses. Cette expression qualifie une personne dont la vie familiale ne transpara&#238;t pas dans le milieu de travail. Ainsi, revendiquer des ajustements dans le milieu de travail pour tenir compte de la vie familiale risque de r&#233;v&#233;ler &#171; un manque d'organisation &#187; chez celles qui les demandent, et nuire &#224; leur reconnaissance professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;galit&#233; professionnelle et collectifs de travail&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ticence des femmes &#224; faire sentir les effets de leurs particularit&#233;s &#224; leurs collectifs de travail, et la r&#233;ticence de ceux-ci &#224; accepter ces sp&#233;cificit&#233;s sont assez fortes. Ces r&#233;ticences sont de deux ordres. Le premier concerne les probl&#232;mes, qualifi&#233;s de &#171; culturels &#187;, qui arrivent quand un nouveau groupe rejoint des &#233;quipes existantes : les femmes en emploi non traditionnel apportent de nouvelles mani&#232;res de faire, pouvant &#234;tre per&#231;ues comme de l'incomp&#233;tence ou de la faiblesse. Ce type de probl&#232;me n'est pas sp&#233;cifique aux femmes, puisqu'il peut se manifester dans un conflit de g&#233;n&#233;rations ou encore dans un conflit racial. Le second type de r&#233;ticence voit le jour lorsque les caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques des femmes heurtent les collectifs de travail. Tel est le cas pour les deux probl&#232;mes d&#233;j&#224; mentionn&#233;s, soit les diff&#233;rences biologiques et la conciliation travail famille. Quand les postes d'aides-soignants des hommes et des femmes ont &#233;t&#233; fusionn&#233;s au Qu&#233;bec, l'une des pr&#233;occupations majeures &#233;tait de voir si les femmes allaient assumer &#171; leur part &#187; des op&#233;rations exigeantes sur le plan physique ; les femmes en ont alors souffert parce que leur contribution aux &#233;quipes n'&#233;tait pas reconnue. Les probl&#232;mes de conciliation travail famille peuvent aussi exiger des ajustements de la part des collectifs de travail.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les travailleuses aimeraient que leur sant&#233; soit prot&#233;g&#233;e, mais actuellement, comme pour les travailleurs, cette sant&#233; est subordonn&#233;e &#224; la n&#233;cessit&#233; de gagner un revenu et de &#171; performer &#187; au travail. Pour les femmes, vu leur insertion plus fragile dans le monde du travail, le choix entre sant&#233;, vie familiale et reconnaissance professionnelle se vit de mani&#232;re plus explicite et surtout plus quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En principe, la pr&#233;vention privil&#233;gi&#233;e par la &lt;i&gt;Loi sur la sant&#233; et la s&#233;curit&#233; du travail&lt;/i&gt; vise l'&#233;limination des dangers &#224; la source (art. 2). Aux termes de ce principe, il convient d'adapter les &#233;quipements, les am&#233;nagements et m&#234;me les horaires de telle sorte que les petites personnes, les m&#232;res de famille et les femmes enceintes puissent les utiliser en s&#233;curit&#233;. Il est possible d'engager des effectifs en surplus afin que les contraintes d'horaires li&#233;es aux maladies d'enfants et autres al&#233;as de la conciliation travail famille p&#232;sent moins lourd sur les &#233;quipes de travail. Si nous acceptions de placer les enjeux d'&#233;galit&#233; au coeur des discussions en mati&#232;re de sant&#233; et de s&#233;curit&#233; du travail, nous pourrions faire ressortir les enjeux critiques. Mais pour cela, il faudrait que les milieux acceptent les femmes comme participantes &#224; part enti&#232;re du monde du travail et de son organisation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est adapt&#233; d'un article publi&#233; dans la revue savante fran&#231;aise Travailler (no 22, 2009, p. 35-51). Il fait partie des productions du partenariat CINBIOSE-CSN-CSQ-FTQ, soutenu par le Service aux collectivit&#233;s de l'UQAM, //&lt;a href=&#034;http://www.invisiblequifaitmal.uqam.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.invisiblequifaitmal.uqam.ca&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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