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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Travail et identit&#233;s sous pression</title>
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		<dc:date>2011-10-11T02:17:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sid Ahmed Soussi</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Soussi, Sid Ahmed</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le travail a fait l'objet, ces 20 derni&#232;res ann&#233;es, de profondes transformations, tant dans son organisation que dans les identit&#233;s professionnelles et collectives qui lui sont attach&#233;es. Ce constat a ceci de sp&#233;cifique qu'il ne fait pas seulement &#233;tat d'une nouvelle phase de transformation comparable &#224; celles qui ont jalonn&#233; l'histoire du travail. Il va bien au-del&#224;, tant les identit&#233;s contemporaines du travail ont &#233;t&#233; d&#233;structur&#233;es. Et pour cause. &lt;br class='autobr' /&gt; Le travail et ses identit&#233;s dans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Au-travail-Organisation-du-" rel="directory"&gt;Dossier : Au travail ! - Organisation du travail et assujettissement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Soussi-Sid-Ahmed-+" rel="tag"&gt;Soussi, Sid Ahmed&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1199.gif?1642092125' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;396&#034; height=&#034;715&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le travail a fait l'objet, ces 20 derni&#232;res ann&#233;es, de profondes transformations, tant dans son organisation que dans les identit&#233;s professionnelles et collectives qui lui sont attach&#233;es. Ce constat a ceci de sp&#233;cifique qu'il ne fait pas seulement &#233;tat d'une nouvelle phase de transformation comparable &#224; celles qui ont jalonn&#233; l'histoire du travail. Il va bien au-del&#224;, tant les identit&#233;s contemporaines du travail ont &#233;t&#233; d&#233;structur&#233;es. Et pour cause.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le travail et ses identit&#233;s dans la modernit&#233; industrielle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e d'une R&#233;volution industrielle triomphante, mais malade du paup&#233;risme g&#233;n&#233;r&#233; par le capitalisme d&#233;brid&#233; du XIXe si&#232;cle, une phase fondatrice de la modernit&#233; industrielle fut celle du taylorisme et de la &#171; machinisation &#187;. Avec la phase suivante, &#224; la faveur de la r&#233;organisation du travail port&#233;e par l'automatisation, le fordisme s'imposera tout naturellement, en raison non pas seulement de sa &#171; rationalisation du travail &#187;, mais surtout du compromis social historique qu'il suscitera &#8211; notamment &#224; la faveur du New Deal aux &#201;tats-Unis et au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ailleurs &#8211; et dont le r&#233;sultat premier passe par ces trente glorieuses qui ont tant fait pour la l&#233;gitimation sociohistorique du capitalisme. Comme modes d'organisation du travail, le taylorisme et le fordisme auront eu un impact insoup&#231;onn&#233; : la formation de nouvelles identit&#233;s collectives, ouvri&#232;res d'abord avec le taylorisme, mais aussi d'autres identit&#233;s professionnelles, techniciennes et autres, dont le fordisme institutionnalis&#233; favorise l'&#233;closion. Ce dernier consacre ainsi le rapport institutionnel Travail / &#201;tat / Capital &#224; travers lequel le mouvement syndical port&#233; par ces identit&#233;s s'impose comme acteur politique et principal artisan de la formation de l'&#201;tat social. Avec le d&#233;veloppement de cet &#201;tat providence arc-bout&#233; sur le compromis fordiste, ces identit&#233;s issues du travail transforment durablement les soci&#233;t&#233;s industrielles. Ce contrat social si mal nomm&#233; sera &#224; l'origine des principaux modes d'encadrements juridiques des relations du travail actuellement &#224; l'&#339;uvre dans nos soci&#233;t&#233;s&#8230; postindustrielles. La remise en question et la d&#233;composition progressive, qui affectent ce compromis fordiste d&#232;s la fin des ann&#233;es 1970, marquent une v&#233;ritable phase de mutations du travail et de ses identit&#233;s. Qu'en est-il aujourd'hui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde du travail au Qu&#233;bec subit certes tardivement les impacts de la crise du fordisme, mais n'y &#233;chappe pas. Le secteur industriel est frapp&#233; de plein fouet par les politiques de restructuration des entreprises. Le cas des organisations industrielles de haute technologie (OIHT) est illustratif des &#171; nouvelles &#187; strat&#233;gies de gestion des entreprises &#224; l'origine des mutations r&#233;centes du travail et des identit&#233;s sociales et collectives qui le caract&#233;risaient. Celui des t&#233;l&#233;communications en est particuli&#232;rement embl&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une &#233;tude de cas illustrative des mutations contemporaines du travail&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une recherche qualitative longitudinale, men&#233;e sur une dizaine d'ann&#233;es, traite le cas d'une entreprise transnationale de t&#233;l&#233;communication, d'origine ontarienne, au Qu&#233;bec. R&#233;alis&#233;e dans plusieurs usines appartenant &#224; cette entreprise &#8211; dans la banlieue ouest de Montr&#233;al, en Ontario et aux &#201;tats-Unis &#8211;, elle a produit les r&#233;sultats suivants. Le personnel de base de cette entreprise, fabriquant des r&#233;seaux de transmission &#233;lectroniques, est compos&#233; d'op&#233;ratrices, personnel f&#233;minin &#224; 80 %, et de techniciens, personnel masculin &#224; 96 %. Au milieu des ann&#233;es 1990, l'entreprise entreprend dans le cadre de changements technologiques pr&#233;sent&#233;s comme indispensables &#224; sa survie &#8211; transition de la conduction par c&#226;ble de cuivre vers la fibre optique &#8211; des transformations &#224; plusieurs niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;R&#233;organisation du travail : du produit vers la t&#226;che&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De nouveaux modes d'organisation du travail sont mis en &#339;uvre &#224; la faveur d'une refonte totale de l'organisation que le discours de gestion pr&#233;sente comme une &#171; r&#233;ing&#233;nierie des processus &#187;. Auparavant chaque produit &#233;tait fabriqu&#233; dans une section de production (d&#233;partement) sp&#233;cifique o&#249; &#233;taient pr&#233;sents op&#233;ratrices et techniciens, dans le cadre d'une organisation du travail par produit. Les techniciens travaillaient sur des stations de test o&#249; leur t&#226;che consistait &#224; d&#233;boguer les produits. Cette ma&#238;trise technique hautement qualifiante &#233;tait &#224; la base de leur identit&#233; professionnelle : un bon technicien est un technicien qui d&#233;bogue vite et bien ! L'informatisation des tests a abouti &#224; des stations automatiques o&#249; l'op&#233;rateur place le module &#224; tester dans la station et attend la r&#233;ponse binaire du logiciel de la station : go pour un test positif ou no go pour un test n&#233;gatif qui oblige le technicien &#224; d&#233;truire le module, sans avoir &#224; le r&#233;parer. R&#233;sultat : une d&#233;qualification syst&#233;matis&#233;e de toute une population de techniciens, qui s'autod&#233;signent dans leur propre jargon de &#171; tech de &lt;i&gt;go / no go&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace physique de l'&#233;tablissement en est transform&#233;. Les d&#233;partement autrefois distincts, parce que r&#233;pondant &#224; des am&#233;nagements spatiaux et conviviaux diff&#233;rents, ont laiss&#233; place &#224; un immense espace ouvert, quadrill&#233; par de longues lignes droites s&#233;parant les zones de production en fonction des t&#226;ches automatis&#233;es (montage, assemblage, test, etc.) et o&#249; tout le monde voit &#8211; surveille &#8211; tout le monde. Cet open space valoris&#233; dans les discours de l'entreprise cache mal la n&#233;otaylorisation syst&#233;mique, qui a affect&#233; &#224; la fois les t&#226;ches, les produits, l'espace et&#8230; les individus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
L'externalisation
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite de cette &#233;volution, chaque section de production de l'usine, abritant une t&#226;che sp&#233;cifique du nouveau processus de fabrication, fait l'objet, une ann&#233;e plus tard, d'une externalisation : elle est c&#233;d&#233;e en sous-traitance exclusive &#224; une entreprise cr&#233;&#233;e sp&#233;cialement &#224; cet effet par... d'ex-&lt;i&gt;managers&lt;/i&gt; de ces m&#234;mes sections, anciennement au service de la m&#234;me entreprise-m&#232;re. L'ensemble des sections de production &#233;tant externalis&#233;es, c'est l'&#233;tablissement m&#234;me &#8211; l'immeuble &#8211;, abritant l'usine et ses diff&#233;rentes sections, qui est vendu par l'entreprise-m&#232;re et&#8230; sous-lou&#233; imm&#233;diatement apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Rapport salarial individualis&#233; et d&#233;saccr&#233;ditation syndicale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les techniciens et op&#233;rateurs continuent de travailler dans le m&#234;me &#233;tablissement, mais pour des employeurs diff&#233;rents. Avec ces changements, ce sont les conditions d'existence m&#234;mes des accr&#233;ditations syndicales qui s'en trouvent modifi&#233;es. D'o&#249; la d&#233;syndicalisation rapide des diff&#233;rents personnels. L'individua&#173;lisation de la relation d'emploi aboutit rapidement &#224; une d&#233;gradation des salaires en raison des pouvoirs de n&#233;gociation nettement diminu&#233;s des membres de ces personnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la d&#233;qualification produite par le nouveau mode d'organisation du travail s'ajoute ainsi la d&#233;gradation du rapport salarial. Leur conjugaison ? Une pr&#233;carisation structurelle de l'emploi chez les diff&#233;rents collectifs de l'entreprise. Pour l'observateur externe, rien en apparence n'a chang&#233;, mais dans la r&#233;alit&#233; du travail tout a chang&#233;, autant son organisation que les identit&#233;s professionnelles et collectives qui furent les gages de la r&#233;ussite corporative de cette entreprise industrielle. L'entreprise elle-m&#234;me n'est plus la m&#234;me organisation, tant sa structure s'est transform&#233;e et appara&#238;t d&#233;sormais comme une oganisation-r&#233;seau reliant une entreprise-m&#232;re &#224; un r&#233;seau complexe d'entreprises sous-traitantes exclusives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re &#233;tape de cette &#233;volution : le rachat, d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 2000, de l'ensemble de ces activit&#233;s &#8211; jusque-l&#224; externalis&#233;es localement, puisque conserv&#233;es dans le m&#234;me &#233;tablissement &#8211; par une entreprise&#8230; chinoise qui, apr&#232;s leur acquisition les d&#233;localisera&#8230; en Chine ; les seuls actifs demeurant au Qu&#233;bec, et au Canada, &#233;tant ceux de l'entreprise-m&#232;re qui a, ce faisant, r&#233;orient&#233; ses priorit&#233;s vers les productions immat&#233;rielles (logiciels et autres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il noter que les strat&#233;gies de gestion mises en &#339;uvre dans le contexte de ces changements sont particuli&#232;rement embl&#233;matiques de celles ayant affect&#233; la plupart des OIHT au Qu&#233;bec, tant cette entreprise fut consid&#233;r&#233;e comme un exemple de r&#233;ussite technologique et commerciale au Canada, du moins jusqu'&#224; la d&#233;liquescence dans laquelle l'engagera ce processus de transformation qui, finalement, &#233;chappera totalement &#224; son contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons que cette mutation de l'entreprise n'aurait pu avoir lieu sans un autre changement majeur, celui de la financiarisation de ses capitaux. Si ce processus d'externalisation a pu se concr&#233;tiser, c'est pr&#233;cis&#233;ment parce que, durant la m&#234;me p&#233;riode, l'entreprise a d&#233;cid&#233; de se d&#233;barrasser de ses actifs industriels. Le relais en mati&#232;re de capitalisation est d&#232;s lors repris par le march&#233; financier qui a vu dans ces d&#233;cisions strat&#233;giques des gages de performance&#8230; financi&#232;re ; un regard qu'il perdra quelques ann&#233;es plus tard et qui co&#251;tera son existence &#224; cette m&#234;me entreprise, ses actifs n'&#233;tant plus l&#224; pour garantir sa recapitalisation par ce m&#234;me march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs autres recherches sur le travail ont montr&#233; que cette &#233;tude de cas est loin d'&#234;tre isol&#233;e. Il est ainsi possible de faire &#233;tat d'une tendance lourde affectant le travail et dont le r&#233;sum&#233; peut s'articuler autour de constats comme l'individualisation du rapport salarial et son corollaire, la d&#233;sagr&#233;gation des rapports collectifs du travail, constats auxquels s'ajoute celui de la d&#233;structuration des identit&#233;s professionnelles et collectives jusque-l&#224; port&#233;es par les milieux du travail des soci&#233;t&#233;s industrielles. En cela, ce cas est particuli&#232;rement illustratif de la r&#233;organisation du travail et de sa pr&#233;carisation syst&#233;mique produites par ce &lt;i&gt;nouveau&lt;/i&gt; capitalisme qui, au-del&#224; de ses avatars d&#233;clar&#233;s &#8211; cognitif, du savoir et autre capitalisme postmoderne &#8211; n'est finalement rien d'autre qu'un capitalisme d&#233;brid&#233;, qui a r&#233;ussi &#224; se soustraire aux formes traditionnelles de la r&#233;gulation et qui, en derni&#232;re instance, est en passe de s'&#233;manciper du politique. &#192; moins que&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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