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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Chili 40 ans plus tard </title>
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		<dc:creator>Jos&#233; Del Pozo</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Del Pozo, Jos&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Chili qui comm&#233;more cette ann&#233;e le 40e anniversaire du coup d'&#201;tat a chang&#233; par rapport &#224; des anniversaires ant&#233;rieurs. Pinochet et d'autres responsables du coup sont d&#233;c&#233;d&#233;s. Des &#233;lections ont lieu r&#233;guli&#232;rement depuis 1989 et des partis politiques de toutes les tendances y participent. La situation &#233;conomique du pays a fait des progr&#232;s. Quarante ans apr&#232;s 1973, peut-on dire que la transition vers la d&#233;mocratie a &#233;t&#233; r&#233;ussie ? &lt;br class='autobr' /&gt; Cet anniversaire nous permet de rappeler ce qu'a &#233;t&#233; le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-51-oct-nov-2013-" rel="directory"&gt;No 051 - oct. / nov. 2013&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Del-Pozo-Jose-+" rel="tag"&gt;Del Pozo, Jos&#233;&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1781.jpg?1642092152' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;327&#034; height=&#034;191&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Chili qui comm&#233;more cette ann&#233;e le 40e anniversaire du coup d'&#201;tat a chang&#233; par rapport &#224; des anniversaires ant&#233;rieurs. Pinochet et d'autres responsables du coup sont d&#233;c&#233;d&#233;s. Des &#233;lections ont lieu r&#233;guli&#232;rement depuis 1989 et des partis politiques de toutes les tendances y participent. La situation &#233;conomique du pays a fait des progr&#232;s. Quarante ans apr&#232;s 1973, peut-on dire que la transition vers la d&#233;mocratie a &#233;t&#233; r&#233;ussie ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet anniversaire nous permet de rappeler ce qu'a &#233;t&#233; le Chili au moment de la comm&#233;moration des quatre d&#233;cennies qui se sont &#233;coul&#233;es depuis le coup d'&#201;tat et la mort de Salvador Allende.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1983, l'an qui marquait la premi&#232;re d&#233;cennie du pouvoir dictatorial, le pays &#233;tait frapp&#233; par une grave crise &#233;conomique et l'opposition r&#233;ussit &#224; organiser les premi&#232;res grandes protestations. Ces actions port&#232;rent quelques fruits, comme le retour d'une partie des exil&#233;&#183;e&#183;s et une certaine libert&#233; pour la presse oppos&#233;e au r&#233;gime. Malgr&#233; la r&#233;pression, les opposants commenc&#232;rent &#224; s'habituer &#224; sortir dans la rue et &#224; exprimer leur m&#233;contentement. Ce processus ouvrit la voie &#224; la victoire de l'opposition lors du pl&#233;biscite du 5 octobre 1988, qui for&#231;a Pinochet &#224; organiser des &#233;lections libres en 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix ans plus tard, en 1993, le pays &#233;tait gouvern&#233; par des autorit&#233;s civiles librement &#233;lues. Le pr&#233;sident Patricio Aylwin avait rendu public le rapport Rettig, qui d&#233;nombrait pour la premi&#232;re fois les morts sous la dictature (un peu plus de 3 000), quoique sans identifier les coupables. Mais le Chili demeurait une d&#233;mocratie sous la tutelle de Pinochet qui, en tant que g&#233;n&#233;ral en chef de l'arm&#233;e, imposait ses conditions, dont le maintien de la Constitution de 1980 avec un syst&#232;me &#233;lectoral non repr&#233;sentatif et l'existence de s&#233;nateurs non &#233;lus (favorables &#224; son r&#233;gime). Aucun repr&#233;sentant des militaires ni de leurs complices civils ne reconnaissait les m&#233;faits de la dictature et personne n'avait d&#251; faire face &#224; la justice pour les crimes commis. Les m&#233;dias faisaient une couverture prudente sur les faits controvers&#233;s du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2003, la situation avait chang&#233;. Pinochet avait perdu une bonne partie de son pouvoir suite &#224; son arrestation &#224; Londres. De retour au Chili, s'il est vrai que son proc&#232;s n'aboutit pas, il fut d&#233;pouill&#233; de son immunit&#233; parlementaire que lui garantissait son statut de s&#233;nateur non &#233;lu &#224; vie. Plusieurs militaires avaient commenc&#233; &#224; &#234;tre jug&#233;s et condamn&#233;s, entre autres Manuel Contreras, le chef des services r&#233;pressifs. Le pr&#233;sident Ricardo Lagos avait mis sur pied une table de dialogue avec les militaires, qui accept&#232;rent de livrer quelques informations sur le sort des d&#233;tenus-disparus. Pour la premi&#232;re fois, les cha&#238;nes de t&#233;l&#233;vision ont montr&#233; des documentaires avec une abondante information sur les &#233;v&#233;nements politiques du pass&#233; r&#233;cent. En 2004, les partis politiques de droite accept&#232;rent de r&#233;former, en partie, la Constitution ; ce fut la fin des s&#233;nateurs &#171; d&#233;sign&#233;s &#187;. Enfin, dans cette m&#234;me ann&#233;e, le rapport Valech d&#233;voila ce que les militaires avaient toujours ni&#233; : que la torture avait &#233;t&#233; pratiqu&#233;e de fa&#231;on syst&#233;matique par les forces arm&#233;es pendant la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des avanc&#233;es &#224; approfondir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, quarante ans apr&#232;s le coup, le pays semble en voie d'aller plus loin. Dans un geste inesp&#233;r&#233;, un repr&#233;sentant tr&#232;s connu de la droite pinochetiste, le s&#233;nateur Hern&#225;n Larra&#237;n, a demand&#233; pardon pour les exc&#232;s commis par la dictature, et l'association des juges a fait de m&#234;me pour le peu de volont&#233; du pouvoir judiciaire d'au moins &#233;couter les demandes de protection des victimes de la dictature durant cette p&#233;riode. Des n&#233;gociations s&#233;rieuses ont &#233;t&#233; amorc&#233;es en vue d'en finir avec le syst&#232;me &#233;lectoral actuel et de le rendre plus proportionnel. Une entente pour donner, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, le droit de vote aux ressortissantes et ressortissants chiliens semble aussi possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces faits indiquent-ils une volont&#233; de r&#233;conciliation et permettent-ils d'aboutir &#224; une v&#233;ritable d&#233;mocratisation ? Peut-on dire que cette convergence entre les principales forces politiques s'explique par le passage du temps ou parce que celles-ci sont d'accord pour maintenir le mod&#232;le &#233;conomique h&#233;rit&#233; de la dictature ? &#192; peu pr&#232;s tous les candidats engag&#233;s dans la course &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de cette ann&#233;e ont soulign&#233; la n&#233;cessit&#233; d'apporter des r&#233;formes au syst&#232;me &#233;conomique, afin d'atteindre plus d'&#233;quit&#233; sociale. Le feront-ils ? Les peuples autochtones, les grands oubli&#233;s, seront-ils consid&#233;r&#233;s ? Le Chili a accompli des progr&#232;s, mais il y a encore du chemin &#224; faire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Am&#233;rique latine dans son bicentenaire </title>
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		<dc:creator>Jos&#233; Del Pozo</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Del Pozo, Jos&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1810 constitue un moment important dans l'histoire latino-am&#233;ricaine. Pour un grand nombre de pays de la r&#233;gion, il symbolise en effet le bicentenaire de la naissance des &#201;tats nationaux &#233;tablis sur ce continent. Il est vrai que l'ind&#233;pendance proprement dite n'a pas &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e durant cette ann&#233;e-l&#224; ; 1810 a marqu&#233; plut&#244;t le commencement d'un processus qui devait mener, quelques ann&#233;es plus tard, &#224; la souverainet&#233; des colonies espagnoles, &#224; l'exception de Cuba, de Porto-Rico et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-37-dec-2010-jan-2011-" rel="directory"&gt;No 037 - d&#233;c. 2010 / jan. 2011&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1165.gif?1642092123' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;601&#034; height=&#034;1041&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1810 constitue un moment important dans l'histoire latino-am&#233;ricaine. Pour un grand nombre de pays de la r&#233;gion, il symbolise en effet le bicentenaire de la naissance des &#201;tats nationaux &#233;tablis sur ce continent. Il est vrai que l'ind&#233;pendance proprement dite n'a pas &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e durant cette ann&#233;e-l&#224; ; 1810 a marqu&#233; plut&#244;t le commencement d'un processus qui devait mener, quelques ann&#233;es plus tard, &#224; la souverainet&#233; des colonies espagnoles, &#224; l'exception de Cuba, de Porto-Rico et de la future R&#233;publique Dominicaine. Quant au Br&#233;sil, il s'est s&#233;par&#233; du Portugal presque sans lutte, suivant une chronologie quelque peu diff&#233;rente, mais au cours de la m&#234;me p&#233;riode.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Unit&#233; ou fragmentation ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, les nouveaux pays semblaient vou&#233;s &#224; une coexistence harmonieuse et unitaire. Les luttes pour l'ind&#233;pendance avaient &#233;t&#233; livr&#233;es de concert par les chefs patriotes des divers pays. Une seule nationalit&#233; semblait exister : celle des Americanos, les habitants du Nouveau monde. La communaut&#233; de langue et de religion, le culte de h&#233;ros qui ne connaissaient pas de fronti&#232;res, tels l'Argentin Jos&#233; de San Mart&#237;n au Chili et le V&#233;n&#233;zuelien Sim&#243;n Bol&#237;var dans plusieurs pays, semblaient autant de fondements d'une solide unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les exp&#233;riences unitaires tent&#233;es durant les premi&#232;res ann&#233;es de vie ind&#233;pendante ont &#233;chou&#233; : la Grande-Colombie, qui regroupait la Colombie, le Venezuela et l'&#201;quateur, disparut en 1830, et la Conf&#233;d&#233;ration de l'Am&#233;rique centrale s'effondra en 1838, laissant la place &#224; cinq petits pays : le Guatemala, le Nicaragua, le Honduras, le Costa Rica et le Salvador. De plus, bient&#244;t &#233;clat&#232;rent des guerres entre les pays voisins. D&#233;j&#224;, en 1829, le P&#233;rou affrontait la Colombie. Plus tard, entre 1837 et 1839, le Chili faisait la guerre au P&#233;rou et &#224; la Bolivie, r&#233;p&#233;tant encore l'exp&#233;rience 40 ans plus tard, en 1879. Entre 1865 et 1870, le Paraguay &#233;tait d&#233;cim&#233; &#224; la suite d'une guerre contre ses trois voisins, le Br&#233;sil, l'Uruguay et l'Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces circonstances expliquent l'&#233;chec des tentatives en vue de formuler une politique commune pour les nouveaux pays, d'abord lors du congr&#232;s de Panama, tenu en 1826 &#224; l'initiative de Bol&#237;var, plus tard au cours des deux congr&#232;s de Lima, tenus en 1847 et en 1865. D'ailleurs, les pays de langue espagnole se m&#233;fiaient du Br&#233;sil, car il &#233;tait vu comme le prolongement du Portugal, l'ancien ennemi. Ha&#239;ti faisait probl&#232;me car il s'agissait d'un pays gouvern&#233; par les Noirs, &#224; une &#233;poque o&#249; l'esclavage n'avait pas &#233;t&#233; aboli partout. Ainsi, sur le plan international, on retrouvait trois &#171; Am&#233;riques &#187; : l'espagnole, le Br&#233;sil et Ha&#239;ti. Au niveau &#233;conomique, il n'y avait pas de raisons de chercher l'unit&#233;. Il existait certes un commerce entre les nouveaux pays, pr&#233;sent depuis l'&#233;poque coloniale. Mais c'&#233;tait le commerce avec l'Angleterre, et plus tard avec les &#201;tats-Unis, qui constituait l'&#233;l&#233;ment le plus important dans la nouvelle &#233;tape.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La construction d'une politique sp&#233;cifiquement latino-am&#233;ricaine prit du temps &#224; se concr&#233;tiser. On peut chercher ses origines lointaines dans la cr&#233;ation de la Commission &#233;conomique pour l'Am&#233;rique latine en 1948, qui fournit un forum tr&#232;s important pour la d&#233;finition de politiques de d&#233;veloppement propres &#224; la r&#233;gion. Dans les ann&#233;es 1960, la formation de divers march&#233;s r&#233;gionaux, &#224; l'exemple de l'Europe de l'Ouest, constitua un deuxi&#232;me pas. Mais les dictatures des ann&#233;es 1960-1980 avaient tout de m&#234;me tendance &#224; s'aligner sur les &#201;tats-Unis au nom de l'anticommunisme et de la d&#233;fense de l'Occident. Ainsi, le Br&#233;sil des militaires participa &#224; l'occupation de la R&#233;publique Dominicaine par les Am&#233;ricains en 1965. Plus tard, la dictature argentine appuya l'agression am&#233;ricaine contre le Nicaragua sandiniste, en 1981. N&#233;anmoins, l'ann&#233;e suivante, en 1982, l'Argentine subit une &#233;norme d&#233;ception lorsque les &#201;tats-Unis aid&#232;rent la Grande-Bretagne lors de la Guerre des Malouines, sans respecter la Doctrine Monroe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le d&#233;fi nord-am&#233;ricain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Cette Am&#233;rique latine d&#233;sunie dut faire face bient&#244;t &#224; un d&#233;fi qu'elle n'a pas encore r&#233;ussi &#224; relever : sa relation avec les &#201;tats-Unis. Au lendemain de l'ind&#233;pendance, en 1823, les nouveaux pays avaient bien re&#231;u la d&#233;claration du pr&#233;sident James Monroe, devenue depuis la &#171; Doctrine &#187; qui porte son nom, qui annon&#231;ait aux pays europ&#233;ens l'opposition des &#201;tats-Unis &#224; toute intervention dans le Nouveau monde. Les Latino-Am&#233;ricains avaient vu dans cette d&#233;claration, appuy&#233;e par la Grande-Bretagne, le rempart qu'ils recherchaient contre une possible action espagnole en vue de r&#233;cup&#233;rer ses colonies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais &#224; mesure que le XIXe si&#232;cle avan&#231;ait, l'Am&#233;rique latine dut constater que les &#201;tats-Unis pouvaient devenir un ennemi : on assiste ainsi &#224; une guerre de conqu&#234;te contre le Mexique en 1846, &#224; une intervention arm&#233;e et une occupation militaire de Cuba en 1898, du Panama en 1903 et &#224; d'autres actions semblables dans la r&#233;gion des Cara&#239;bes. Face &#224; cette politique imp&#233;rialiste, les pays latino-am&#233;ricains ne parvenaient pas &#224; r&#233;agir de fa&#231;on collective. Plusieurs regrett&#232;rent et m&#234;me condamn&#232;rent l'intervention am&#233;ricaine &#224; Cuba, se rappelant que l'Espagne avait &#233;t&#233; quand m&#234;me leur m&#232;re patrie. Et lorsque le pr&#233;sident am&#233;ricain Theodore Roosevelt pronon&#231;a son discours de 1904 dans lequel il justifiait les interventions militaires dans les pays qui ne respectaient pas leurs engagements financiers, le Br&#233;sil manifesta son approbation alors que l'Argentine s'y opposa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Deuxi&#232;me Guerre mondiale eut pour effet de renforcer le leadership am&#233;ricain dans le continent, l&#233;gitim&#233; cette fois-ci par la lutte contre le fascisme. Le Br&#233;sil fut le pays qui s'illustra le plus dans son soutien aux &#201;tats-Unis, envoyant des milliers de soldats en Europe. &#192; la fin de la guerre, la signature du Pacte militaire de Rio de Janeiro et la cr&#233;ation de l'Organisation des &#201;tats am&#233;ricains (O&#201;A) donn&#232;rent de nouveaux instruments aux &#201;tats-Unis pour imposer leurs orientations internationales dans l'&#232;re de la guerre froide. Ils s'en servirent &#224; plusieurs reprises, notamment contre le Guatemala de Jacobo Arbenz en 1954 et surtout contre Cuba en 1961, alors que l'&#238;le fut exclue du mouvement interam&#233;ricain et soumise &#224; un blocus diplomatique et commercial, mesure que seul le Mexique se refusa &#224; respecter. Ainsi, la tentative du gouvernement de Juan Per&#243;n en Argentine dans les ann&#233;es 1950 en vue de mettre de l'avant une politique bas&#233;e sur la neutralit&#233;, sous le mot d'ordre &#171; &lt;i&gt;Ni Washington ni Moscou&lt;/i&gt; &#187;, en essayant de rallier les pays voisins, comme la Bolivie et le Chili, ne pouvait pas avoir du succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une politique ind&#233;pendante ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est au milieu des ann&#233;es 1980, alors que la transition vers la d&#233;mocratie faisait des progr&#232;s dans la r&#233;gion, que l'Am&#233;rique latine devint plus autonome. Il y eut d'abord la cr&#233;ation du &#171; Groupe de&#8194;Contadora &#187; en 1983 par le Mexi-que, le Venezuela, la Colombie et le Panama, qui cherchait &#224; &#233;tablir un plan de paix en Am&#233;rique centrale, selon des crit&#232;res diff&#233;rents de ceux du gouvernement Reagan. Durant les ann&#233;es 1980, la plupart des pays latino-am&#233;ricains reprirent les relations diplomatiques et commerciales avec Cuba, et depuis de nombreuses ann&#233;es tous les pays de la r&#233;gion votent des r&#233;solutions &#224; l'ONU afin de mettre un terme au blocus de l'&#238;le. Enfin, dans les derni&#232;res ann&#233;es, les pays sud-am&#233;ricains ont multipli&#233; les rencontres en vue de cr&#233;er une communaut&#233; des &#201;tats de la r&#233;gion, connue comme UNASUR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces initiatives diplomatiques, il faut ajouter une quasi disparition des conflits militaires entre les pays voisins. Depuis la sanglante guerre entre la Bolivie et le Paraguay, en 1932-1935, il n'y a pas eu de grands conflits arm&#233;s. La confrontation entre l'&#201;quateur et le P&#233;rou au d&#233;but 1995 fut de courte dur&#233;e. Les contentieux frontaliers comme celui entre le Chili et la Bolivie ne signifient nullement un danger de guerre entre les deux pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain de l'&#233;conomie, la naissance du Mercosur, en 1994, devint le principal instrument pour faire &#233;chec &#224; l'h&#233;g&#233;monie des &#201;tats-Unis sur le plan commercial dans le continent, ce qui permit de mettre un terme au projet de la ZL&#201;A, abandonn&#233; en 2005. Initialement compos&#233; de quatre pays membres, le Mercosur a &#233;largi ses rangs, avec plusieurs autres pays sud-am&#233;ricains accept&#233;s comme membres associ&#233;s : la Bolivie, le Chili, la Colombie, l'&#201;quateur et le P&#233;rou, alors que le Vene&#173;zuela de Hugo Ch&#225;vez en est devenu membre &#224; part enti&#232;re. De plus, plusieurs projets d'int&#233;gration &#233;conomique sont en cours actuellement en Am&#233;rique du Sud, autant sur le plan &#233;nerg&#233;tique que dans le domaine des transports. La cr&#233;ation d'une Banque de d&#233;veloppement pour la r&#233;gion, financ&#233;e surtout par le Venezuela, s'ajoute &#224; cette mouvance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une unit&#233; contradictoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si ces &#233;v&#233;nements t&#233;moignent d'une volont&#233; assez &#233;vidente d'autonomie de la part de l'Am&#233;rique latine, il est aussi clair qu'elle ne constitue pas un bloc homog&#232;ne. Au niveau commercial, il existe une diff&#233;rence marqu&#233;e entre le Mexique, l'Am&#233;rique centrale et les pays de la Cara&#239;be, dont la grande majorit&#233; des &#233;changes se font avec les &#201;tats-Unis, alors que la quasi totalit&#233; des pays sud-am&#233;ricains, except&#233; la Colombie, dirigent leurs relations davantage vers l'Asie, l'Europe ou bien vers les pays voisins. Cela a souvent des r&#233;percussions au niveau diplomatique : alors que le Mexique et le Chili votaient contre la guerre en Irak au Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies en 2003 (ils &#233;taient alors membres non permanents), plusieurs pays centroam&#233;ricains envoy&#232;rent des troupes pour &#233;pauler l'occupation am&#233;ricaine dans ce pays du Moyen-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays sud-am&#233;ricains les plus engag&#233;s dans l'opposition &#224; l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine n'ont pas une politique homog&#232;ne. Il existe une diff&#233;rence de langage et d'approche entre le gouvernement socialiste de Ch&#225;vez, qui essaie de rallier des partisans avec l'ALBA (Alternative bolivarienne des Am&#233;riques), et le leadership br&#233;silien, plus subtil et plus nuanc&#233;, qui ne parle nullement de socialisme. Et &#224; l'exception du Venezuela, aucun de ces pays ne traite les &#201;tats-Unis comme une puissance hostile : pour eux, il s'agit d'obtenir un traitement d'&#233;gal &#224; &#233;gal, et le plus avantageux possible sur le terrain &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de son Bicentenaire, l'Am&#233;rique latine se trouve ainsi dans un moment favorable pour d&#233;cider de son propre destin. D&#233;barrass&#233;e du carcan de la guerre froide, et ayant laiss&#233; derri&#232;re les vieilles hostilit&#233;s du XIXe si&#232;cle, elle dispose de davantage de man&#339;uvre pour parvenir &#224; ses propres fins. Les &#201;tats-Unis semblent faire preuve de plus de respect envers leurs voisins : leur derni&#232;re intervention militaire, l'invasion de Panama,&#8194;date de 1989. L'Am&#233;rique latine peut, peut-&#234;tre, coexister avec les &#201;tats-Unis et les autres puissances mondiales d'une mani&#232;re plus harmonieuse et respectueuse, et elle peut tracer ses propres orientations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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