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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>La gr&#232;ve comme strat&#233;gie de reprise post-COVID</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-greve-comme-strategie-de-reprise-post-COVID</link>
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		<dc:date>2023-09-16T17:53:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Hurteau, Alain Savard</dc:creator>


		<dc:subject>Savard, Alain</dc:subject>
		<dc:subject>Hurteau, Philippe</dc:subject>
		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Faire la gr&#232;ve ou pas ? Malgr&#233; les avanc&#233;es rendues possibles par une bonne mobilisation, plusieurs syndicats h&#233;sitent &#224; utiliser ce moyen de pression parmi les plus significatifs, et probablement le plus d&#233;rangeant. En cette fin de pand&#233;mie et en cette p&#233;riode de p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre, il est essentiel de r&#233;fl&#233;chir &#224; la port&#233;e de la gr&#232;ve, &#224; ses limites, mais surtout &#224; ses avantages. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2020, la pand&#233;mie a non seulement paralys&#233; l'&#233;conomie mondiale, mais aussi la mobilisation syndicale. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/97987-2.png?1694886753' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;463&#034; height=&#034;262&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Faire la gr&#232;ve ou pas ? Malgr&#233; les avanc&#233;es rendues possibles par une bonne mobilisation, plusieurs syndicats h&#233;sitent &#224; utiliser ce moyen de pression parmi les plus significatifs, et probablement le plus d&#233;rangeant. En cette fin de pand&#233;mie et en cette p&#233;riode de p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre, il est essentiel de r&#233;fl&#233;chir &#224; la port&#233;e de la gr&#232;ve, &#224; ses limites, mais surtout &#224; ses avantages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2020, la pand&#233;mie a non seulement paralys&#233; l'&#233;conomie mondiale, mais aussi la mobilisation syndicale. Comme pour bien d'autres mouvements sociaux, plusieurs pratiques fondamentales du syndicalisme sont devenues temporairement impossibles &#224; mettre en &#339;uvre : organisation d'assembl&#233;es et de manifestations, discussions en pr&#233;sentiel pour faire de la mobilisation, etc. Pas facile d'avancer en de pareilles conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant plus que l'effort collectif pour venir &#224; bout de la pand&#233;mie a mis en plan les luttes syndicales, per&#231;ues comme secondaires par les travailleurs et les travailleuses elles-m&#234;mes face au danger de la COVID-19. Combin&#233;s, ces facteurs ont contribu&#233; &#224; faire de l'ann&#233;e 2020 une ann&#233;e exceptionnellement calme sur le plan des conflits de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la pand&#233;mie ne soit pas termin&#233;e, le rel&#226;chement des mesures sanitaires et l'adaptation des pratiques syndicales au contexte pand&#233;mique ont permis une certaine reprise des mobilisations. Mais quelque chose de plus prometteur semble se profiler &#224; l'horizon. Aux &#201;tats-Unis, le mois d'octobre 2021 a connu une vague de gr&#232;ves si importante qu'elle a &#233;t&#233; baptis&#233;e &#171; striketober &#187;. Des gr&#232;ves comptant des milliers de travailleuses et de travailleurs ont paralys&#233; les quatorze usines de John Deere et les quatre usines de c&#233;r&#233;ales de Kellogg's. En tout, 57 gr&#232;ves ont eu lieu au cours du mois d'octobre seulement (contre 54 pour toute l'ann&#233;e 2020), touchant diff&#233;rents secteurs, des mines aux h&#244;pitaux, en passant par le transport et les t&#233;l&#233;communications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vague de gr&#232;ves peut sembler surprenante venant de nos voisins du sud, eux qui nous ont habitu&#233;&#183;es au cours des derni&#232;res d&#233;cennies &#224; un syndicalisme en d&#233;clin et relativement docile. Or, ce qui devrait plut&#244;t nous surprendre, c'est que le Qu&#233;bec, malgr&#233; la force de ses syndicats, ne vit pas une telle vague de gr&#232;ves. Quelques gr&#232;ves importantes ont certes eu lieu r&#233;cemment, comme celles des CPE, des entrep&#244;ts de la SAQ, de l'h&#244;tellerie ou encore dans l'industrie agroalimentaire avec Olymel et Exceldor. Toutefois, &#224; 650 000 &#171; jours-personnes &#187; perdus pour l'ann&#233;e 2021 en raison de conflits de travail, on se situe plut&#244;t dans la moyenne des derni&#232;res d&#233;cennies pour ce qui est de l'utilisation de la gr&#232;ve au Qu&#233;bec. En m&#234;me temps, dans la conjoncture actuelle, un espace pour une approche plus offensive semble s'installer. Allons y voir de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conjoncture propice &#224; la combativit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie a engendr&#233; une situation exceptionnelle dont pourraient profiter les travailleuses et travailleurs. En premier lieu, les probl&#232;mes d'approvisionnement donnent un levier extraordinaire &#224; tous ceux et toutes celles qui travaillent dans la cha&#238;ne logistique (dont les travailleur&#183;euses d'entrep&#244;t et de transport) : n'importe quelle interruption de travail a des effets imm&#233;diats et importants. Dans les derni&#232;res d&#233;cennies, les employeurs ont pu diviser les travailleur&#183;euses et contourner les gr&#232;ves en multipliant les recours aux sous-traitants et &#224; de nouvelles voies d'approvisionnement. Mais le contexte actuel ne leur permet plus de le faire, sinon de mani&#232;re beaucoup moins souple et avantageuse pour eux. L'infrastructure logistique mondiale (installations portuaires, conteneurs, syst&#232;mes de transports, etc.) est satur&#233;e &#224; un point tel que les travailleurs et les travailleuses de ces secteurs sont devenu&#183;es pratiquement irrempla&#231;ables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, un levier similaire existe gr&#226;ce &#224; la p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre engendr&#233;e par le double effet du vieillissement de la population et la &#171; grande d&#233;mission &#187; de milliers de travailleur&#183;euses au c&#339;ur de la pand&#233;mie. Non seulement cette p&#233;nurie contraint d&#233;j&#224; certains employeurs &#224; bonifier les conditions de travail pour faciliter le recrutement et la r&#233;tention, mais elle fragilise &#233;galement la capacit&#233; de ces employeurs &#224; r&#233;sister &#224; une gr&#232;ve. Dans plusieurs entreprises et services publics, le manque de personnel a entra&#238;n&#233; des retards &#224; tous les niveaux. Cela signifie que les employeurs ne peuvent pas soutenir un conflit de travail tr&#232;s longtemps sans aggraver leur retard et &#233;puiser leurs r&#233;serves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les services publics, en sant&#233; et dans les secteurs &#171; essentiels &#187;, la pand&#233;mie a &#233;galement permis de b&#226;tir un capital de sympathie pour les travailleuses et les travailleurs qui ont pris des risques pendant la crise sanitaire. Ces salari&#233;&#183;es de premi&#232;re ligne sont aussi souvent celles et ceux dont les conditions de travail sont les plus difficiles. Le contexte est donc propice pour miser sur cette sympathie et b&#226;tir des liens avec la communaut&#233; pour soutenir des gr&#232;ves et emp&#234;cher le gouvernement d'isoler les gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, la gr&#232;ve du personnel des CPE a d&#233;montr&#233; de mani&#232;re exemplaire le genre de rapport de force rendu possible par la conjoncture. D'une part, en faisant gr&#232;ve, les travailleuses des CPE exer&#231;aient une pression importante sur l'&#233;conomie. Au moment o&#249; le gouvernement tentait d'agir pour r&#233;sorber la p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre, l'interruption des services de garde for&#231;ait des milliers de parents &#224; prendre cong&#233;. Devant la pression, le gouvernement n'a eu d'autre choix que d'offrir des augmentations substantielles.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mettre fin aux parties gratuites&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Trop souvent, depuis les ann&#233;es 1980, le mouvement syndical a utilis&#233; la gr&#232;ve de mani&#232;re d&#233;fensive. L'attitude de n&#233;gociation par d&#233;faut des syndicats est d'arriver &#224; la table sans mobilisation et d'attendre d'&#234;tre provoqu&#233; par l'employeur avec des menaces de reculs. La gr&#232;ve est ainsi vot&#233;e pour &#233;viter ces reculs, mais si l'employeur maintient son offre ou retire ses principales demandes, alors on &#233;carte la gr&#232;ve. En agissant de la sorte, les mandats de gr&#232;ve ne sont que rarement bas&#233;s sur une vis&#233;e d'am&#233;lioration des conditions de travail, mais le plus souvent sur un maintien du &lt;em&gt;statu quo&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le mouvement syndical doit apprendre &#224; profiter de la situation actuelle. Les employeurs sont d&#233;j&#224; un peu forc&#233;s &#224; offrir des augmentations pour faciliter le recrutement. Il lui faut donc capitaliser au maximum sur cette ouverture. C'est pr&#233;cis&#233;ment parce que le rapport de force leur est favorable que les syndicats pourraient passer &#224; l'offensive, augmenter les attentes de leurs membres et utiliser la gr&#232;ve comme moyen d'obtenir des gains. Au-del&#224; des demandes salariales, c'est le moment pour les syndicats de faire des demandes structurantes : ramener les fonds de retraite &#224; prestation d&#233;termin&#233;e dans le secteur priv&#233;, am&#233;liorer durablement les assurances collectives, baliser et r&#233;duire la charge de travail dans le secteur public, etc. Avec la crise environnementale qui guette &#224; l'horizon, c'est &#233;galement un bon moment pour inclure des dispositions sur les changements climatiques dans les conventions collectives et utiliser ces demandes pour solidifier l'appui populaire aux gr&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, la situation n'est pas aussi bonne pour l'ensemble des secteurs et de telles gr&#232;ves offensives ne sauraient porter fruit si elles ne s'inscrivent pas dans une bonne strat&#233;gie. Il ne s'agit pas ici de f&#233;tichiser la gr&#232;ve, d'en faire une recette magique qui permettrait de gagner &#224; tout coup. Il faut l'utiliser intelligemment pour que cet outil soit efficace. Il faut donc prendre le temps d'analyser la situation particuli&#232;re d'un lieu de travail, d'ancrer &#224; la base l'appui pour un mouvement de gr&#232;ve et de cr&#233;er des alliances avec la communaut&#233; pour &#233;viter l'isolement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, le contexte actuel est l'un des plus favorables au mouvement syndical depuis la Seconde Guerre mondiale pour r&#233;aliser des avanc&#233;es significatives dans la plupart des secteurs. Souhaitons qu'il puisse s'organiser pour saisir cette opportunit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Philippe Hurteau et Alain Savard sont syndicalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Marielle Jennifer Couture&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'alcool, la concurrence et la SAQ</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-alcool-la-concurrence-et-la-SAQ</link>
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		<dc:date>2016-04-06T00:08:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Hurteau</dc:creator>


		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Hurteau, Philippe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La privatisation de la SAQ est l'une de ces id&#233;es qui refont toujours surface. Il faut vendre la soci&#233;t&#233; d'&#201;tat soit pour mieux rembourser la dette du Qu&#233;bec, soit pour permettre aux consommateurs et consommatrices de profiter de meilleurs prix sur le vin. Pourtant, une &#233;tude r&#233;cente que j'ai r&#233;alis&#233;e avec mon coll&#232;gue Simon Tremblay-Pepin nous indique qu'il s'agirait l&#224; d'un choix politique tout aussi dommageable pour les finances publiques que pour les client&#183;e&#183;s de la SAQ. &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-60-ete-2015-" rel="directory"&gt;No 060 - &#233;t&#233; 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hurteau-Philippe-+" rel="tag"&gt;Hurteau, Philippe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2148.png?1642092175' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;626&#034; height=&#034;352&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La privatisation de la SAQ est l'une de ces id&#233;es qui refont toujours surface. Il faut vendre la soci&#233;t&#233; d'&#201;tat soit pour mieux rembourser la dette du Qu&#233;bec, soit pour permettre aux consommateurs et consommatrices de profiter de meilleurs prix sur le vin. Pourtant, une &#233;tude&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Doit-on privatiser la SAQ ? &#187;, Institut de recherche et d'informations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; r&#233;cente que j'ai r&#233;alis&#233;e avec mon coll&#232;gue Simon Tremblay-Pepin nous indique qu'il s'agirait l&#224; d'un choix politique tout aussi dommageable pour les finances publiques que pour les client&#183;e&#183;s de la SAQ.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis une dizaine d'ann&#233;es, les dividendes que verse la SAQ &#224; l'&#201;tat ont connu une augmentation de 46,4 % et se situent aujourd'hui &#224; un peu plus d'un milliard de dollars. Cette croissance fulgurante fut essentiellement caus&#233;e par la pression du gouvernement Charest qui cherchait ainsi &#224; compenser les baisses d'imp&#244;t et l'abolition de la taxe sur le capital. Aujourd'hui, qui dit privatiser la SAQ doit donc se demander comment l'&#201;tat devrait combler un trou de 1 G$ dans son budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce sujet, deux voies semblent possibles : augmenter la pression fiscale sur les entreprises et les particuliers ou revoir &#224; la baisse les services offerts &#224; la population. Bien entendu, les partisan&#183;e&#183;s de la privatisation se gardent bien de commenter ces &#233;ventualit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vendre la SAQ pour rembourser la dette&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En avril 2014, le rapport Godbout-Montmarquette sur l'&#233;tat des finances publiques a mis de l'avant l'id&#233;e d'une privatisation partielle de la SAQ. Le principe est assez simple : on vend 10 % des actifs afin de rembourser la dette et ainsi &#233;conomiser sur les int&#233;r&#234;ts pay&#233;s par le gouvernement sur ses emprunts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;valuer cette option n'est &#233;videmment pas simple. Il faut d'abord d&#233;terminer la valeur marchande de la SAQ, &#233;valuer le taux des int&#233;r&#234;ts pay&#233;s par le gouvernement et projeter sur une longue p&#233;riode l'&#233;volution de ces taux ainsi que les profits de la SAQ. C'est pourquoi nous avons utilis&#233; deux sc&#233;narios diff&#233;rents ainsi qu'une diversit&#233; de taux d'int&#233;r&#234;t possibles (les d&#233;tails se trouvent dans l'&#233;tude cit&#233;e pour ceux et celles qui veulent en savoir plus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier sc&#233;nario tend &#224; sous-&#233;valuer la valeur r&#233;elle de la SAQ (12,4 G$) tandis que le second la sur&#233;value certainement quelque peu (30,7 G$). La r&#233;alit&#233; se trouve alors quelque part entre ces deux p&#244;les et dans tous les cas &#233;tudi&#233;s, sur une p&#233;riode de vingt ans, la vente de 10 % de la SAQ ferait perdre davantage de revenus &#224; l'&#201;tat qu'elle ne lui permettrait de r&#233;aliser des &#233;conomies. Au mieux, l'&#201;tat perdrait 245 M$. Au pire, il pourrait perdre jusqu'&#224; 2,3 G$.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, il est &#224; parier qu'une telle possibilit&#233; viendrait en fait fragiliser et non solidifier les finances de l'&#201;tat en plus de donner l'impression que le gouvernement panique en proc&#233;dant &#224; la vente d'un de ses actifs les plus rentables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bilan de la privatisation en Alberta&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans son dernier livre, &#201;ric Duhaime vante les m&#233;rites d'un march&#233; priv&#233; de la vente de l'alcool. Selon le volubile chroniqueur, la concurrence dans ce domaine ne peut se traduire qu'en baisse des prix et en augmentation des produits disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; tend pourtant &#224; d&#233;montrer le contraire. Depuis la privatisation, les prix du vin et des spiritueux en Alberta ont cr&#251; deux fois plus vite qu'au Qu&#233;bec. Aujourd'hui, selon une &#233;tude de prix que nous avons r&#233;alis&#233;e, il n'existe aucun &#233;cart significatif entre les prix en Alberta et au Qu&#233;bec. De plus, il y a en Alberta 16 037 produits disponibles contre 29 300 au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan de la privatisation albertaine n'a donc rien pour venir au secours des th&#232;ses voulant que la cr&#233;ation d'un march&#233; concurrentiel, &#224; l'inverse du maintien d'un monopole public, soit &#224; l'avantage des consommateurs et des consommatrices. Le march&#233; priv&#233; albertain peut se d&#233;crire ainsi : un oligopole o&#249; ce sont les grands distributeurs alimentaires qui ont r&#233;cup&#233;r&#233; les parts de march&#233; de la vente du vin et des spiritueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, les Albertain&#183;e&#183;s paient plus cher tout en ayant acc&#232;s &#224; moins de produits. Le tout, dans des commerces o&#249; les employ&#233;&#183;e&#183;s, &#224; l'exception des boutiques sp&#233;cialis&#233;es, sont tout sauf des sp&#233;cialistes du vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas question pour moi de faire l'apologie de la SAQ. Seulement, force est de constater que le monopole public parvient tout autant &#224; satisfaire les besoins financiers de l'&#201;tat tout en se comparant avantageusement au secteur priv&#233; en ce qui concerne les prix et l'offre des produits. Le tout en proposant des conditions de travail bien plus int&#233;ressantes &#224; ses employ&#233;&#183;e&#183;s que ce que le secteur priv&#233; offre dans les secteurs comparables.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://iris-recherche.qc.ca/publications/saq&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Doit-on privatiser la SAQ ?&lt;/a&gt; &#187;, Institut de recherche et d'informations socio-&#233;conomiques (iris), 8 avril 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Simon Pag&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les trois faces de l'aust&#233;rit&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-trois-faces-de-l-austerite</link>
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		<dc:date>2015-12-11T02:46:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Hurteau</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) </dc:subject>
		<dc:subject>Hurteau, Philippe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'aust&#233;rit&#233; n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne simple &#224; cerner. Pourtant, il importe de se donner certains &#233;l&#233;ments d'analyse. D'abord replacer l'aust&#233;rit&#233; dans le &#171; temps long &#187; du n&#233;olib&#233;ralisme ; ensuite, situer les politiques budg&#233;taires actuelles du gouvernement dans le &#171; temps court &#187; des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales ; pour finir, saisir la participation de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois dans la tendance &#224; la r&#233;pression salariale. &lt;br class='autobr' /&gt; Temps long : aust&#233;rit&#233; et n&#233;olib&#233;ralisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#244;le des politiques n&#233;olib&#233;rales des 30 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-59-Avril-mai-2015-" rel="directory"&gt;No 059 - avril / mai 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hurteau-Philippe-+" rel="tag"&gt;Hurteau, Philippe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'aust&#233;rit&#233; n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne simple &#224; cerner. Pourtant, il importe de se donner certains &#233;l&#233;ments d'analyse. D'abord replacer l'aust&#233;rit&#233; dans le &#171; temps long &#187; du n&#233;olib&#233;ralisme ; ensuite, situer les politiques budg&#233;taires actuelles du gouvernement dans le &#171; temps court &#187; des &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales ; pour finir, saisir la participation de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois dans la tendance &#224; la r&#233;pression salariale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Temps long : aust&#233;rit&#233; et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des politiques n&#233;olib&#233;rales des 30 derni&#232;res ann&#233;es est le plus souvent pass&#233; sous silence dans le d&#233;bat actuel sur l'aust&#233;rit&#233;. Si le Qu&#233;bec vit une situation de d&#233;ficit budg&#233;taire depuis 2009, ce n'est pas parce que l'&#233;conomie publique est tomb&#233;e en crise ou que nous vivons &#171; au-dessus de nos moyens &#187;. Le d&#233;ficit actuel enregistr&#233; &#224; Qu&#233;bec n'est en fait que le legs de la crise financi&#232;re de 2008 qui a entra&#238;n&#233; une r&#233;cession mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repla&#231;ons les choses en ordre. Dans la foul&#233;e de la domination n&#233;olib&#233;rale, la r&#233;glementation qui limitait les activit&#233;s du capitalisme financier fut syst&#233;matiquement assouplie. Cela d&#233;boucha sur la crise des &#171; &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt; &#187; que nous connaissons que trop bien. Le paradoxe actuel est que la crise n'ait pas d&#233;bouch&#233;e sur une remise en question des doctrines se trouvant &#224; l'origine des perturbations que nous avons travers&#233;es. Au contraire, la r&#233;ponse se trouve plut&#244;t dans un renforcement des doctrines n&#233;olib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;i&gt;Sch&#233;ma 1 : Aust&#233;rit&#233; et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/i&gt; &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_86 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L318xH217/_lkjlkj-c570d.png?1729016757' width='318' height='217' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Temps court : aust&#233;rit&#233; et &#233;lections qu&#233;b&#233;coises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La boucle pr&#233;sent&#233;e au sch&#233;ma 1 ne surprendra pas. Le d&#233;ficit d&#233;coulant de la crise financi&#232;re se pr&#233;sente d'abord comme une opportunit&#233; pour pousser un cran plus loin les r&#233;formes menant au d&#233;mant&#232;lement des missions sociales de l'&#201;tat. Cependant, il convient de se poser une autre question : qu'est-ce qui motive le gouvernement &#224; aller si vite en besogne ? En seulement un an, il aura appliqu&#233; une restriction drastique des d&#233;penses de l'&#201;tat rappelant l'&#232;re de la lutte au d&#233;ficit sous Lucien Bouchard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi tant de pr&#233;cipitation ? Ce n'est pas uniquement pour des raisons id&#233;ologiques. Les r&#233;formes structurelles comme la fin de l'universalit&#233; de la tarification des services de garde, la fusion des commissions scolaires ou encore la cr&#233;ation de m&#233;gastructures dans le r&#233;seau de la sant&#233; auraient bien pu prendre place de mani&#232;re plus souple et atteindre les m&#234;mes objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement est pourtant press&#233;. Pas vraiment parce que la situation le commande ou que le Qu&#233;bec se trouve au bord d'une d&#233;cote de la part des agences de notation. De mani&#232;re bien plus terre &#224; terre, c'est d'abord le calendrier &#233;lectoral qu&#233;b&#233;cois qui impose son rythme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons les choses comme elles se pr&#233;sentent. An 1 : aust&#233;rit&#233;, compressions et atteinte &#224; tout prix de l'&#233;quilibre budg&#233;taire. An 2 : insistance du gouvernement sur la relance &#233;conomique. An 3 : surplus budg&#233;taires d&#233;pens&#233;s en baisses d'imp&#244;ts et en augmentation des versements au Fonds des g&#233;n&#233;rations. An 4 : &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Sch&#233;ma 2 : Aust&#233;rit&#233; et &#233;lections&lt;/i&gt;&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_87 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L327xH220/_lkj_lk-1afff.png?1729016757' width='327' height='220' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; tous les ingr&#233;dients pour une campagne &#233;lectorale lib&#233;rale parfaite. Rigueur budg&#233;taire, satisfaction des demandes du milieu des affaires, &#171; lutte &#187; contre la dette publique et cadeaux fiscaux. Comme quoi ce qui dirige les politiques budg&#233;taires et &#233;conomiques du gouvernement n'a pas grand-chose &#224; voir avec les besoins r&#233;els de la population.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Aust&#233;rit&#233; et r&#233;pression salariale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Donc, la vague d'aust&#233;rit&#233; qui nous frappe est &#224; la fois le prolongement du n&#233;olib&#233;ralisme et, d&#233;j&#224;, la mise en place de la prochaine strat&#233;gie de campagne &#233;lectorale du Parti lib&#233;ral. &#192; cela, ajoutons que l'aust&#233;rit&#233; n'est pas que le fait de l'&#201;tat-l&#233;gislateur, mais &#233;galement de l'&#201;tat-patron. &#192; titre de principal employeur du Qu&#233;bec, le gouvernement peut en effet fixer certains standards de r&#233;mun&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'automne dernier, en offrant un plan de r&#233;duction salariale pour les cinq prochaines ann&#233;es &#224; ses employ&#233;&#183;e&#183;s et en attaquant les conditions de retraite de ceux du secteur municipal, l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois joue un r&#244;le important dans la r&#233;pression salariale g&#233;n&#233;ralis&#233;e que nous connaissons depuis 30 ans. En fait, le gouvernement envoie un message aux employeurs du secteur priv&#233; : l'heure est aux baisses de salaire et &#224; la diminution des avantages sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gageons que ce volet de l'aust&#233;rit&#233; sera re&#231;u avec enthousiasme par les employeurs qu&#233;b&#233;cois, ce qui laisse pr&#233;sager que la diminution des &#233;carts de richesses n'est pas pour demain&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les syndicats au pilori</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-syndicats-au-pilori</link>
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		<dc:date>2015-06-10T01:08:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Hurteau</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Hurteau, Philippe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, plus ou moins 40 % de la main-d'&#339;uvre est syndiqu&#233;e, un niveau bien plus &#233;lev&#233; que l'Ontario (28,2 %), le Canada (31,5 %) ou les &#201;tats-Unis (11,1 %). Il n'en faut pas plus pour pointer du doigt le mouvement syndical d&#232;s que quelque chose ne va pas sur le plan &#233;conomique. Si le ch&#244;mage progresse, que la croissance n'est pas au rendez-vous ou que les finances de l'&#201;tat sont dans un &#233;tat pr&#233;caire, c'est chaque fois la faute des syndicats. Reste &#224; voir maintenant si ces accusations (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-56-oct-nov-2014-" rel="directory"&gt;No 056 - oct. / nov. 2014&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hurteau-Philippe-+" rel="tag"&gt;Hurteau, Philippe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, plus ou moins 40 % de la main-d'&#339;uvre est syndiqu&#233;e, un niveau bien plus &#233;lev&#233; que l'Ontario (28,2 %), le Canada (31,5 %) ou les &#201;tats-Unis (11,1 %). Il n'en faut pas plus pour pointer du doigt le mouvement syndical d&#232;s que quelque chose ne va pas sur le plan &#233;conomique. Si le ch&#244;mage progresse, que la croissance n'est pas au rendez-vous ou que les finances de l'&#201;tat sont dans un &#233;tat pr&#233;caire, c'est chaque fois la faute des syndicats. Reste &#224; voir maintenant si ces accusations tiennent la route.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien entendu, il n'est pas possible d'&#233;tudier en profondeur cet enjeu dans un texte si court. Je me contenterai donc d'analyser un aspect, soit l'existence &#8211; ou non &#8211; d'un retard &#233;conomique pour le Qu&#233;bec sur le plan des investissements priv&#233;s en raison de son taux de syndicalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon une &#233;tude r&#233;alis&#233;e par Marcel Boyer pour le compte de l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al (IEDM), &#171; &lt;i&gt;le manque d'investissements priv&#233;s au Qu&#233;bec se chiffre &#224; 73,2 milliards $ pour les derniers dix ans, sur des investissements de 387,6 milliards $ (en dollars de 2002)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marcel Boyer, Accr&#233;ditation syndicale : la n&#233;cessit&#233; d'une mise &#224; niveau en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Ce manque s'expliquerait principalement en raison de &#171; &lt;i&gt;l'absence d'un &#233;quilibre, comparable &#224; celui pr&#233;sent chez nos principaux concurrents &#233;conomiques, dans les relations de travail entre syndicats et employeurs&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 33.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. En clair, les syndicats, au Qu&#233;bec, en m&#232;neraient trop large, ce qui aurait comme cons&#233;quence de nuire &#224; l'investissement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;preuve des faits&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La logique de ce raisonnement est assez simple : les syndicats imposant des rigidit&#233;s au sein du march&#233; du travail, les investisseurs h&#233;sitent avant d'investir parce qu'ils ont peur de ne pas pouvoir compter sur une main-d'&#339;uvre assez flexible pour rester comp&#233;titifs. Selon cette logique, le Qu&#233;bec doit alors composer avec un taux d'investissements priv&#233;s syst&#233;matiquement plus bas qu'ailleurs au Canada. Aussi, &#224; mesure que d&#233;cline le taux de syndicalisation, l'investissement priv&#233; devrait suivre une tendance inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, comme l'indique le graphique 1, un tel ph&#233;nom&#232;ne ne correspond pas &#224; la r&#233;alit&#233; qu&#233;b&#233;coise. Entre 1997 et 2012, le taux de syndicalisation a chut&#233; de 1,5 point de pourcentage. Pendant la m&#234;me p&#233;riode, l'investissement priv&#233; n'a pas connu une hausse &#233;quivalente. Au contraire, nous avons plut&#244;t assist&#233; &#224; un recul de 0,6 point de pourcentage de l'investissement priv&#233; par rapport au PIB. Pour comprendre ce recul, d'autres facteurs entrent en ligne de compte. Avec la mondialisation des &#233;changes et la financiarisation de l'&#233;conomie, les investisseurs pr&#233;f&#232;rent diriger leur capital sur les pays &#224; faible co&#251;t de main-d'&#339;uvre et vers les march&#233;s sp&#233;culatifs. Bien entendu, les d&#233;tracteurs du mod&#232;le syndical qu&#233;b&#233;cois omettent d'&#233;tudier ces enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_72 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH334/98787-3fb48.png?1729019651' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, qu'en est-il de la comparaison Qu&#233;bec-Canada ? En observant la part du PIB qu&#233;b&#233;cois occup&#233;e par les investissements priv&#233;s, nous constatons en effet qu'existe un retard : le niveau de l'investissement priv&#233; au Qu&#233;bec atteignant 9,7 % du PIB en 2012 contre un taux de 12,8 % pour l'ensemble du Canada (graphique 2).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_73 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH339/0987987-12dde.png?1729019651' width='500' height='339' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, ce retard est bien relatif, car l'&#233;cart s&#233;parant le Qu&#233;bec et le Canada s'est r&#233;duit depuis 30 ans. En 1981, la part de l'investissement priv&#233; dans le PIB qu&#233;b&#233;cois s'&#233;levait &#224; 11,7 % contre 15,6 % au Canada. C'est donc dire qu'existait un foss&#233; de 3,9 points de pourcentage ; 30 ans plus tard, l'&#233;cart en question est de 3,1 points de pourcentage. Le maintien d'un important contingent de salari&#233;&#183;e&#183;s syndiqu&#233;&#183;e&#183;s n'a donc pas eu comme effet de d&#233;savantager le Qu&#233;bec ou, &#224; tout le moins, n'a pas emp&#234;ch&#233; de r&#233;duire l'&#233;cart nous s&#233;parant du reste du Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la p&#233;riode &#233;tudi&#233;e, le Qu&#233;bec est m&#234;me parvenu &#224; devancer l'Ontario &#224; ce chapitre. Comme l'indique le tableau suivant, l'investissement priv&#233; a recul&#233; de 2,7 points par rapport au PIB canadien, contre un recul de 1,9 point pour le Qu&#233;bec et de 4 points pour l'Ontario. Si une province canadienne souffre d'un d&#233;ficit d'investissement priv&#233;, il s'av&#232;re que c'est l'Ontario, et ce, m&#234;me si son taux de syndicalisation (28,2 %) accuse un recul de 11,7 points par rapport &#224; celui du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_71 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH216/24524-4e3cd.png?1729019652' width='500' height='216' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De toute &#233;vidence, le mod&#232;le syndical qu&#233;b&#233;cois n'est pas responsable d'un &#171; retard &#187; des investissements priv&#233;s dans la province. Malheureusement, nous pouvons compter sur la majorit&#233; des analystes qui commentent l'actualit&#233; &#233;conomique pour continuer de prendre ce mythe pour une r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marcel Boyer, &lt;i&gt;Accr&#233;ditation syndicale : la n&#233;cessit&#233; d'une mise &#224; niveau en mati&#232;re de relations de travail au Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, IEDM, 2009, p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p. 33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Pour ne pas conclure...</title>
		<link>https://www.ababord.org/Pour-ne-pas-conclure</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Pour-ne-pas-conclure</guid>
		<dc:date>2015-06-10T00:00:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe de Grosbois, Philippe Hurteau, Ricardo Pe&#241;afiel</dc:creator>


		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>de Grosbois, Philippe </dc:subject>
		<dc:subject>Pe&#241;afiel, Ricardo</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Hurteau, Philippe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; What we loved was not enough. Kiss it quick and rise again &#187;, Silver Mt. Zion &lt;br class='autobr' /&gt;
Le portrait d'ensemble qui &#233;merge de ce dossier est ind&#233;niablement sombre. N&#233;anmoins, les grotesques d&#233;mons&#173;trations de puissance, dont on retrouve quelques exemples au fil des pages qui pr&#233;c&#232;dent, masquent bien mal la rapide perte de l&#233;gitimit&#233; du syst&#232;me. Si le capitalisme prend un tel virage autoritaire, c'est aussi parce que sa reproduction est de plus en plus difficile. Les in&#233;galit&#233;s sociales croissantes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hurteau-Philippe-+" rel="tag"&gt;Hurteau, Philippe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2007.jpg?1642092166' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;792&#034; height=&#034;612&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;What we loved was not enough. Kiss it quick and rise again &lt;/i&gt; &#187;, Silver Mt. Zion&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce que nous avons aim&#233; n'&#233;tait pas suffisant ; embrasse-le vite et rel&#232;ve-toi.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le portrait d'ensemble qui &#233;merge de ce dossier est ind&#233;niablement sombre. N&#233;anmoins, les grotesques d&#233;mons&#173;trations de puissance, dont on retrouve quelques exemples au fil des pages qui pr&#233;c&#232;dent, masquent bien mal la rapide perte de l&#233;gitimit&#233; du syst&#232;me. Si le capitalisme prend un tel virage autoritaire, c'est aussi parce que sa reproduction est de plus en plus difficile. Les in&#233;galit&#233;s sociales croissantes et le bilan environnemental plan&#233;taire constituent des indices &#233;loquents de cela, mais le plus &#233;vident est peut-&#234;tre le fait que de plus en plus de gens ont cess&#233; d'y croire. &#171; &lt;i&gt;Les fourches s'en viennent vers nous, ploutocrates&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivait le &#171; &lt;i&gt;venture capitalist&lt;/i&gt; &#187; Nick Hanaeur l'&#233;t&#233; dernier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nick Hanauer, &#171; The Pitchforks Are Coming... For Us Plutocrats &#187;, Politico, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bref, si nous vivons en d&#233;mocratie autoritaire, c'est aussi la cons&#233;quence d'une profonde crise politique &#224; laquelle nous avons contribu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi ce dossier nous appara&#238;t important : non seulement nous faut-il prendre la mesure des menaces qui planent sur nous, mais il nous faut aussi offrir la r&#233;ponse la plus en phase avec la situation actuelle. Les campagnes ax&#233;es sur la protection de nos acquis sociaux sont, plus que jamais, politiquement inad&#233;quates : elles nous placent du c&#244;t&#233; d'une d&#233;fense conservatrice de l'ordre &#233;tabli, alors m&#234;me que nos adversaires ne cachent aucunement leur agenda r&#233;volutionnaire et que de larges pans de la population reconnaissent que des changements radicaux sont devenus incontournables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point o&#249; nous en sommes, il ne s'agit plus seulement de d&#233;noncer ou de revendiquer, mais de r&#233;sister activement aux mesures autoritaires et de travailler &#224; la fondation de nouvelles formes institutionnelles. Camper sur le passage des futurs pipelines, manifester sans itin&#233;raire, d&#233;sob&#233;ir aux directives aust&#233;ritaires, d&#233;voiler des documents confidentiels&#8230; Nos actions ne doivent plus seulement faire valoir qu'&#171; un autre monde est possible &#187;, mais le faire advenir d&#232;s maintenant, en commen&#231;ant par bloquer les m&#233;canismes m&#234;mes par lesquels la d&#233;mocratie autoritaire se d&#233;ploie. Nos mobilisations doivent &#234;tre con&#231;ues de mani&#232;re &#224; d&#233;voiler ces m&#233;canismes et &#224; les rendre inop&#233;rants. Si cette voie de la contestation demeurera toujours incertaine dans ses r&#233;sultats, la strat&#233;gie d&#233;fensive actuelle est condamn&#233;e d'avance. Une chose est certaine cependant : on ne risque pas de s'y ennuyer&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce que nous avons aim&#233; n'&#233;tait pas suffisant ; embrasse-le vite et rel&#232;ve-toi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nick Hanauer, &#171; The Pitchforks Are Coming... For Us Plutocrats &#187;, &lt;i&gt;Politico&lt;/i&gt;, juillet/ao&#251;t 2014, politico.com.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : artactqc&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les formes de la d&#233;pendance</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-formes-de-la-dependance</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Les-formes-de-la-dependance</guid>
		<dc:date>2015-01-14T02:14:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Hurteau</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Hurteau, Philippe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis la signature du trait&#233; de libre-&#233;change entre le Canada et les &#201;tats-Unis et, plus encore, avec la cr&#233;ation de l'AL&#201;NA, il est impossible de comprendre le d&#233;veloppement &#233;conomique qu&#233;b&#233;cois sans poser la question de sa d&#233;pendance &#224; l'&#233;conomie globa&#173;lis&#233;e. Paradoxalement, l'accent l&#233;gitime que le mouvement altermondialiste met sur la critique de l'ouverture des march&#233;s tend &#224; d&#233;tourner notre attention des dynamiques typiquement canadiennes. Et si les strat&#233;gies de d&#233;veloppement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hurteau-Philippe-+" rel="tag"&gt;Hurteau, Philippe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1948.png?1642092163' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;469&#034; height=&#034;430&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la signature du trait&#233; de libre-&#233;change entre le Canada et les &#201;tats-Unis et, plus encore, avec la cr&#233;ation de l'AL&#201;NA, il est impossible de comprendre le d&#233;veloppement &#233;conomique qu&#233;b&#233;cois sans poser la question de sa d&#233;pendance &#224; l'&#233;conomie globa&#173;lis&#233;e. Paradoxalement, l'accent l&#233;gitime que le mouvement altermondialiste met sur la critique de l'ouverture des march&#233;s tend &#224; d&#233;tourner notre attention des dynamiques typiquement canadiennes. Et si les strat&#233;gies de d&#233;veloppement &#233;conomique comme le Plan Nord ou l'exploitation gazi&#232;re et p&#233;troli&#232;re, en plus de r&#233;pondre aux imp&#233;ratifs internationaux, se trouvaient impuls&#233;es par les choix du gouvernement f&#233;d&#233;ral ? R&#233;flexion sur la poursuite de la d&#233;pendance du Qu&#233;bec envers le Canada en ce qui concerne la d&#233;finition des priorit&#233;s en mati&#232;re de politique &#233;conomique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La gauche qu&#233;b&#233;coise a longtemps compris les structures &#233;conomiques propres au syst&#232;me f&#233;d&#233;ral canadien comme relevant de rapports de domination. Pour poser les enjeux de mani&#232;re simple, disons que nous nous sommes habitu&#233;s &#224; situer ces rapports comme se d&#233;roulant dans la cadre d'une volont&#233; de marginalisation de l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise au sein de l'ensemble canadien. Que ce soit lors du transfert de Montr&#233;al vers Bay Street du c&#339;ur des activit&#233;s financi&#232;res ou encore au moment du Pacte de l'auto en 1965, la tendance &#224; privil&#233;gier le d&#233;veloppement ontarien sur celui du Qu&#233;bec a &#233;t&#233; une constante des politiques industrielles du gouvernement f&#233;d&#233;ral tout au long du 20e si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment, cette tendance s'est poursuivie avec l'aide apport&#233;e par le f&#233;d&#233;ral afin de faciliter l'exploitation des sables bitumineux albertains. Entre 2006 et 2011, c'est 1,47 G$ en subventions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport du commissaire &#224; l'environnement et au d&#233;veloppement durable : Une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui fut d&#233;pens&#233;, d'une mani&#232;re ou d'une autre, afin de promouvoir cette activit&#233; &#233;conomique, et ce, malgr&#233; le bilan environnemental d&#233;sastreux qui lui est li&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets de cette &#233;volution r&#233;cente des priorit&#233;s industrielles du gouvernement f&#233;d&#233;ral ont caus&#233; de nombreux torts &#224; d'autres secteurs de l'&#233;conomie canadienne. Comme le relevait derni&#232;rement Bertrand Schepper et Eve-Lyne Couturier dans une note socio-&#233;conomique de l'IRIS, l'accent mis sur l'extraction et l'exportation des combustibles fossiles a eu pour effet de doper le dollar canadien, ce qui d&#233;savantagea lourdement le secteur manufacturier : &#171; &lt;i&gt;En fait, entre 2001 et 2011, pour chaque emploi cr&#233;&#233; dans l'industrie p&#233;troli&#232;re, il s'est perdu pr&#232;s de 30 emplois dans l'industrie manufacturi&#232;re&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eve-Lyne Couturier et Bertrand Schepper, Les politiques industrielles au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du mal hollandais &#224; la d&#233;pendance
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les effets de marginalisation de l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise trouvent leur expression la plus r&#233;cente dans le d&#233;veloppement du &#171; mal hollandais &#187; au Canada, soit l'augmentation de la valeur de la monnaie li&#233;e &#224; l'exploitation de mati&#232;res premi&#232;res qui d&#233;favorise les autres secteurs de production. Il n'est pas question ici de faire une analyse suppl&#233;mentaire de ce mal et de ses cons&#233;quences, mais bien de voir de quelle mani&#232;re les choix de politiques industrielles faits &#224; Ottawa d&#233;terminent en grande partie les priorit&#233;s du gouvernement qu&#233;b&#233;cois quand vient le temps d'&#233;tablir un plan de d&#233;veloppement &#233;conomique. Prenons le Plan Nord par exemple ou encore l'ouverture de l'&#238;le d'Anticosti &#224; l'exploitation p&#233;troli&#232;re. Ces choix d'orientation strat&#233;gique par l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois, soit de miser sur une intensification des investissements dans le domaine de l'industrie primaire, suivent et sont grandement d&#233;termin&#233;s par les choix pr&#233;alablement effectu&#233;s au niveau f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, la conjoncture des march&#233;s internationaux influe &#233;galement sur la volont&#233; qu&#233;b&#233;coise de &#171; re-primariser &#187; en partie sa structure &#233;conomique. Cependant, il est int&#233;ressant de constater que ce choix, pr&#233;sent&#233; souvent comme une mani&#232;re pour le Qu&#233;bec de rester ma&#238;tre de son d&#233;veloppement, vise en fait &#224; suivre docilement le mod&#232;le canadien. Loin d'une initiative devant mener &#224; une plus grande ind&#233;pendance &#233;conomique et &#233;nerg&#233;tique, il s'agit bien plus de se conformer au cadre &#233;conomique canadien. Dans ce cadre, le Canada et le Qu&#233;bec doivent concentrer leurs activit&#233;s &#233;conomiques sur l'extraction et l'exportation de mati&#232;res premi&#232;res brutes afin de r&#233;pondre aux demandes des march&#233;s internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recours accru au secteur primaire comme strat&#233;gie de relance &#233;conomique, en plus d'&#234;tre dommageable sur le plan environnemental et d'&#234;tre porteur d'une fragilisation du secteur manufacturier, renforce en fait un double rapport de suj&#233;tion. Suj&#233;tion d'abord envers les demandes des march&#233;s internationaux &#8211; ce qui expose notre &#233;conomie aux fluctuations de la valeur boursi&#232;re des diff&#233;rentes ressources &#8211;, mais suj&#233;tion &#233;galement &#224; l'endroit du gouvernement f&#233;d&#233;ral, qui &#224; terme d&#233;finit selon ses propres priorit&#233;s les orientations qu&#233;b&#233;coises en mati&#232;re de politiques industrielles. Pour le Qu&#233;bec, miser sur son secteur primaire comme &#233;l&#233;ment phare d'une politique industrielle de d&#233;veloppement, c'est choisir de se soumettre durablement au cadre pos&#233; par l'&#201;tat canadien et le capitalisme mondialis&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapport du commissaire &#224; l'environnement et au d&#233;veloppement durable : Une &#233;tude du soutien f&#233;d&#233;ral au secteur des combustibles fossiles, Bureau du v&#233;rificateur g&#233;n&#233;ral du Canada, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Eve-Lyne Couturier et Bertrand Schepper, Les politiques industrielles au Qu&#233;bec et au Canada, Institut de recherche et d'informations socio-&#233;conomiques (IRIS), avril 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vivre en d&#233;mocratie autoritaire</title>
		<link>https://www.ababord.org/Vivre-en-democratie-autoritaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Vivre-en-democratie-autoritaire</guid>
		<dc:date>2014-12-03T03:08:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe de Grosbois, Philippe Hurteau, Ricardo Pe&#241;afiel</dc:creator>


		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>de Grosbois, Philippe </dc:subject>
		<dc:subject>Pe&#241;afiel, Ricardo</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Hurteau, Philippe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, tout comme au Canada et ailleurs dans le monde, la d&#233;mocratie est de plus en plus r&#233;duite &#224; ses formes les plus rudimentaires ou &#224; ses pratiques proc&#233;durales dont le sens a &#233;t&#233; syst&#233;matiquement vid&#233; de tout contenu significatif. Pendant que subsiste un squelette d'&#201;tat de droit que la doctrine lib&#233;rale s'ent&#234;te &#224; vouloir confondre avec la d&#233;mocratie, les diff&#233;rents mouvements de dissidence et de r&#233;sistance sont f&#233;rocement attaqu&#233;s, r&#233;v&#233;lant du m&#234;me coup la brutalit&#233; d'un virage (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Vivre-en-democratie-" rel="directory"&gt;Dossier : Vivre en d&#233;mocratie autoritaire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Controle-repression-et-securite-+" rel="tag"&gt;Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-de-Grosbois-Philippe-+" rel="tag"&gt;de Grosbois, Philippe &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Penafiel-Ricardo-+" rel="tag"&gt;Pe&#241;afiel, Ricardo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hurteau-Philippe-+" rel="tag"&gt;Hurteau, Philippe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1925.png?1642092162' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;648&#034; height=&#034;317&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, tout comme au Canada et ailleurs dans le monde, la d&#233;mocratie est de plus en plus r&#233;duite &#224; ses formes les plus rudimentaires ou &#224; ses pratiques proc&#233;durales dont le sens a &#233;t&#233; syst&#233;matiquement vid&#233; de tout contenu significatif. Pendant que subsiste un squelette d'&#201;tat de droit que la doctrine lib&#233;rale s'ent&#234;te &#224; vouloir confondre avec la d&#233;mocratie, les diff&#233;rents mouvements de dissidence et de r&#233;sistance sont f&#233;rocement attaqu&#233;s, r&#233;v&#233;lant du m&#234;me coup la brutalit&#233; d'un virage autoritaire et r&#233;pressif de moins en moins subtil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans ce dossier, nous proposons de faire l'analyse de ce virage. Pour y arriver, il nous a sembl&#233; plus pertinent de prendre un pas de recul par rapport aux cas concrets du Qu&#233;bec et du Canada. Non pas parce qu'il serait futile de mieux saisir les implications du m&#233;pris affich&#233; par le gouvernement Harper &#224; l'endroit des institutions parlementaires ou encore que la f&#233;rocit&#233; de lois et r&#232;glements qu&#233;b&#233;cois anti-manifestations ne commandent pas que l'on s'y attarde. Seulement, les coordonnateurs de ce dossier ont fait le choix de chercher au-del&#224; des boucs &#233;missaires tels que Stephen Harper afin de saisir un ph&#233;nom&#232;ne beaucoup plus profond et vaste : le glissement de nos soci&#233;t&#233;s vers une forme in&#233;dite d'autoritarisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, nous proposons de revenir sur une fantastique erreur que nous avons commise, &#224; gauche, lorsque nous avons associ&#233; un peu rapidement n&#233;olib&#233;ralisme et d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat. Il serait peut-&#234;tre plus juste de parler de &#171; recentrage &#187; : pendant que d'un c&#244;t&#233; on coupe all&#233;grement dans les missions de protection sociale h&#233;rit&#233;es de la p&#233;riode d'apr&#232;s-guerre, de l'autre c&#244;t&#233; se renforcent les fonctions classiques de l'&#201;tat. Ce &#224; quoi nous assistons ne rel&#232;ve donc pas vraiment d'une logique de d&#233;sengagement, mais bien plut&#244;t de &#171; r&#233;engagement &#187; qui se structure autour du renforcement de la capacit&#233; des &#201;tats &#224; assurer leur r&#244;le coercitif tout en accompagnant l'approfondissement et l'expansion de l'&#233;conomie marchande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'&#233;tudier les impacts r&#233;els pour la vie d&#233;mocratique de cette &#171; r&#233;vo&#173;lution conservatrice &#187; qui se durcit, nous vous proposons d'explo&#173;rer l'id&#233;e m&#234;me de &#171; d&#233;mocratie autoritaire &#187;, en remontant aux sources th&#233;oriques de la tendance h&#233;g&#233;monique des &#233;lites &#224; pr&#233;senter la d&#233;mocratie comme &#233;tant quelque chose &#224; mod&#233;rer afin d'en &#233;viter les exc&#232;s et la d&#233;mesure (Breaugh et Pe&#241;afiel) &#8211;, une id&#233;e qui se manifeste avec particuli&#232;rement de vigueur depuis la derni&#232;re crise &#233;conomique mondiale (Pineault). Dans ce tour d'horizon, il nous a sembl&#233; appropri&#233; de mieux comprendre les liens de ce virage autoritaire avec les vell&#233;it&#233;s moralisatrices de la droite religieuse et traditionnaliste (Lacasse) et de suivre la trajectoire de la criminalisation de la contestation et de la militarisation de la police (Dupuis-D&#233;ri).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs articles du dossier tentent de saisir comment s'articule ce virage autoritaire dans diff&#233;rents lieux, tels qu'en Europe o&#249; l'extr&#234;me droite conna&#238;t une ascension importante (Ancelovici), ou en Am&#233;rique latine o&#249; les dynamiques de promotion des politiques extractivistes n&#233;ces&#173;sitent une forte r&#233;pression de la contestation afin de s&#233;curiser les investissements des multinationales &#339;uvrant dans le secteur minier (Celis). Sur Internet, les op&#233;rations polici&#232;res coordonn&#233;es &#224; l'&#233;chelle mondiale &#224; l'endroit d'Anonymous illustrent bien les limitations grandissantes &#224; la libert&#233; d'expression sur le r&#233;seau (Coleman). Finalement, nous avons cru bon d'inclure dans ce dossier une r&#233;flexion plus large sur le sens des d&#233;veloppements r&#233;cents d&#233;coulant de la lutte complexe des peuples arabes contre les diverses formes d'autoritarisme auxquelles ils sont confront&#233;s (Idir).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, les responsables du dossier ont souhait&#233; finir avec un appel &#224; l'action. La r&#233;duction des espaces pour la contestation et le sentiment d'impuissance face aux injustices n'a rien d'oblig&#233; ou de n&#233;cessaire. Un pouvoir qui se crispe, qui se referme sur lui-m&#234;me, c'est aussi un pouvoir qui conna&#238;t la fragilit&#233; de ses fondations. &#192; nous d'exploiter la situation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : murale Gloriosa Victoria de Diego Rivera&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pourquoi maquiller l'&#233;quilibre budg&#233;taire ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Pourquoi-maquiller-l-equilibre</link>
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		<dc:date>2014-11-05T02:28:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Hurteau</dc:creator>


		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Hurteau, Philippe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 11 f&#233;vrier dernier, Jim Flaherty a d&#233;pos&#233; son 10e budget &#224; titre de ministre des Finances. &#192; bien des &#233;gards, l'exercice jette les bases de la prochaine campagne &#233;lectorale du gouvernement conservateur. L'an prochain, Stephen Harper et ses troupes auront le loisir de se pr&#233;senter, six mois avant l'&#233;ch&#233;ance &#233;lectorale, devant les Canadiens et les Canadiennes avec un budget bien &#233;quilibr&#233;. Cela explique en bonne partie la sobri&#233;t&#233; relative du document d&#233;pos&#233; cette ann&#233;e, on aura pr&#233;f&#233;r&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-54-avril-mai-2014-" rel="directory"&gt;No 054 - avril / mai 2014&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Hurteau-Philippe-+" rel="tag"&gt;Hurteau, Philippe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1910.png?1642092161' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;405&#034; height=&#034;488&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 11 f&#233;vrier dernier, Jim Flaherty a d&#233;pos&#233; son 10e budget &#224; titre de ministre des Finances. &#192; bien des &#233;gards, l'exercice jette les bases de la prochaine campagne &#233;lectorale du gouvernement conservateur. L'an prochain, Stephen Harper et ses troupes auront le loisir de se pr&#233;senter, six mois avant l'&#233;ch&#233;ance &#233;lectorale, devant les Canadiens et les Canadiennes avec un budget bien &#233;quilibr&#233;. Cela explique en bonne partie la sobri&#233;t&#233; relative du document d&#233;pos&#233; cette ann&#233;e, on aura pr&#233;f&#233;r&#233; garder le meilleur pour plus tard.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les chiffres d'abord. En 2014-2015, le gouvernement f&#233;d&#233;ral pr&#233;voit boucler l'ann&#233;e financi&#232;re avec un l&#233;ger d&#233;ficit de 2,9 milliards $. Consid&#233;rant que ce montant ne repr&#233;sente que 0,1 % du PIB canadien, il est permis de se demander pourquoi l'&#233;quilibre n'a pas &#233;t&#233; atteint d&#232;s cette ann&#233;e. Surtout qu'une l&#233;g&#232;re modification aux baisses d'imp&#244;ts de plus de 200 milliards $ consenties aux entreprises depuis 2006 aurait suffi &#224; combler ce manque &#224; gagner. Non, si le Canada est encore en d&#233;ficit aujourd'hui, c'est uniquement en raison d'un choix de politique partisane d'un gouvernement d&#233;sireux de reporter les &#171; bonnes nouvelles &#187; &#224; la veille des prochaines &#233;lections. Pour un parti qui a fait sa notori&#233;t&#233; en s'appuyant sur la notion de responsabilit&#233; fiscale, on repassera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, reporter le d&#233;ficit z&#233;ro comporte un second avantage du point de vue conservateur. En plus de se d&#233;gager de la marge de man&#339;uvre pour des cadeaux &#233;lectoraux, la situation actuelle permet dans un m&#234;me temps de justifier la poursuite d'un programme d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire. Le meilleur des deux mondes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Automobile, marchandisation de la recherche et lutte aux OSBL&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sans grande surprise, le budget contenait tout de m&#234;me quelques annonces r&#233;v&#233;latrices des valeurs conservatrices. En ce qui concerne les investissements, la part du lion revient &#224; l'industrie automobile canadienne avec une enveloppe de 250 millions $. Dans ce domaine, la priorit&#233; du gouvernement est claire : favoriser le transport individuel et polluant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le gouvernement fait un pas de plus dans son plan visant &#224; lier la recherche universitaire aux besoins de l'industrie. En cr&#233;ant Apog&#233;e Canada et en dotant cet organisme d'un fonds de 1,5 milliard $, le ministre Flaherty cherche &#224; int&#233;grer davantage les institutions postsecondaires canadiennes dans le jeu concurrentiel international. Cette annonce vient alourdir une tendance d&#233;j&#224; pr&#233;sente. De 1999 &#224; 2012, les fonds de recherches f&#233;d&#233;raux ont d&#233;j&#224; connu une solide augmentation de 159 % afin de satisfaire aux demandes &#233;conomiques du milieu des affaires. L'annonce de cette ann&#233;e ne fait, au final, qu'acc&#233;l&#233;rer le mouvement de marchandisation de la recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, la volont&#233; gouvernementale d'effectuer une r&#233;vision des avantages fiscaux pour les organismes sans but lucratif (OSBL) a de quoi d&#233;router. En effet, apr&#232;s avoir tent&#233; le coup en 2008 et en 2011, le gouvernement revient &#224; la charge et semble d&#233;cid&#233; &#224; p&#233;naliser les organismes (surtout les soci&#233;t&#233;s d'habitation) qui sont parvenus &#224; accumuler des r&#233;serves de s&#233;curit&#233;. Faisant face tous les ans &#224; un niveau de financement public inad&#233;quat tout en parvenant malgr&#233; tout &#224; diversifier leurs revenus (diversification qui est souvent promue par les organismes subventionnaires eux-m&#234;mes !) afin de continuer &#224; remplir leur r&#244;le social, ces OSBL sont assimil&#233;s &#224; des entreprises qui font des profits dans l'esprit du gouvernement. Puisque l'&#201;tat canadien impose de moins en moins les &#171; vraies &#187; entreprises priv&#233;es, j'imagine qu'il est de bon ton de compenser en s'en prenant aux OSBL.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le legs conservateur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2006, l'h&#233;ritage que l&#233;gueront les conservateurs se clarifie. L'application d'une vision conservatrice des finances publiques a comme cons&#233;quence de diminuer l'importance des revenus gouvernementaux par rapport au PIB &#8211; ce qui d&#233;bouche sur des d&#233;ficits plus importants en temps de crise et une marge de man&#339;uvre limit&#233;e afin de financer ad&#233;quatement les missions sociales de l'&#201;tat. Avant la crise de 2008, les revenus gouvernementaux repr&#233;sentaient 16 % du PIB ; ce ratio est tomb&#233; &#224; 14 % depuis. Nous sommes loin des 18 % qui pr&#233;valait &#224; la fin des ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre &#233;l&#233;ment qui saute aux yeux est l'explosion des d&#233;penses destin&#233;es &#224; satisfaire les exigences des corps policiers, des organismes de renseignement et des militaires. En accumulant l'&#233;volution des cr&#233;dits allou&#233;s &#224; la D&#233;fense nationale, au Service correctionnel du Canada, au Service canadien du renseignement de s&#233;curit&#233; (SCRS) et &#224; la Gendarmerie royale du Canada (GRC), les r&#233;sultats parlent d'eux-m&#234;mes : en 16 ans, il est question d'une augmentation de 56 % correspondant &#224; 9,4 milliards $ en dollars constants de 2013 ; 70 % de cette hausse est imputable aux conservateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une rapide comparaison entre l'&#233;volution de l'ensemble des d&#233;penses du gouvernement f&#233;d&#233;ral et celles li&#233;es &#224; son obsession s&#233;curitaire aide &#224; mieux comprendre les transformations en cours, cette derni&#232;re cat&#233;gorie ayant connu une p&#233;riode de croissance des fonds lui &#233;tant allou&#233;s deux fois plus rapide que la moyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'an prochain, au moment o&#249; l'&#233;quilibre budg&#233;taire sera atteint et que le gouvernement pourra pr&#233;senter son plan d'avenir pour le Canada, parions que cet avenir passera par de nouvelles r&#233;ductions d'imp&#244;ts et un rehaussement des investissements pour les Forces arm&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Mathieu Chartrand&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le budget carbone du Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-budget-carbone-du-Quebec</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-budget-carbone-du-Quebec</guid>
		<dc:date>2014-09-13T19:19:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Hurteau</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Hurteau, Philippe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tous les ans, dans les mois qui pr&#233;c&#232;dent le d&#233;p&#244;t des budgets gouvernementaux &#224; Otta&#173;wa et &#224; Qu&#233;bec, nous avons l'habitude de revivre un psychodrame sur l'&#233;tat de nos finan&#173;ces publiques. Y aura-t-il ou n'y aura-t-il pas de d&#233;ficit ? Est-il possible d'effectuer des compressions dans tel ou tel service de l'&#201;tat ? Toutefois, jamais il n'est question de l'autre d&#233;ficit que partage pourtant l'ensemble des pays &#171; d&#233;velopp&#233;s &#187;, soit le d&#233;ficit carbone. Bon an mal an, le Qu&#233;bec se retrouve (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1874.png?1642092158' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;757&#034; height=&#034;631&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tous les ans, dans les mois qui pr&#233;c&#232;dent le d&#233;p&#244;t des budgets gouvernementaux &#224; Otta&#173;wa et &#224; Qu&#233;bec, nous avons l'habitude de revivre un psychodrame sur l'&#233;tat de nos finan&#173;ces publiques. Y aura-t-il ou n'y aura-t-il pas de d&#233;ficit ? Est-il possible d'effectuer des compressions dans tel ou tel service de l'&#201;tat ? Toutefois, jamais il n'est question de l'autre d&#233;ficit que partage pourtant l'ensemble des pays &#171; d&#233;velopp&#233;s &#187;, soit le d&#233;ficit carbone. Bon an mal an, le Qu&#233;bec se retrouve pourtant avec un d&#233;ficit carbone de 11,3 m&#233;gatonnes de CO2, dans l'indiff&#233;rence quasi g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Afin d'arriver &#224; ce r&#233;sultat, il faut &#233;tablir le budget carbone de la province, soit la part d'&#233;missions de gaz carbonique que le Qu&#233;bec peut rejeter dans l'atmosph&#232;re sans pour autant risquer de d&#233;balancer l'&#233;quilibre climatique de la plan&#232;te. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que Renaud Gignac, chercheur-associ&#233; &#224; l'IRIS, a fait en fin d'ann&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Renaud Gignac, Le budget carbone du Qu&#233;bec, Montr&#233;al, IRIS, 2013.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En se basant sur les travaux du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'&#233;volution du climat (GIEC), il est parvenu &#224; d&#233;finir quelle quantit&#233; de CO2 peut &#234;tre &#233;mise sans d&#233;passer la limite s&#233;curitaire de r&#233;chauffement plan&#233;taire de 2 &#176;C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel budget permet d'&#233;tablir clairement quelles sont les limites que nous devons apprendre &#224; respecter afin de minimiser les impacts des activit&#233;s humaines sur l'&#233;volution climatique du globe. En plus de consid&#233;rations environnementales, il est &#233;galement important de bien mesurer ces limites afin de pouvoir, d&#232;s maintenant, configurer une structure &#233;conomique apte &#224; s'y adapter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La figure 1 synth&#233;tise les travaux du GIEC. Nous y voyons trois choses : d'abord les &#233;missions de CO2 d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;es entre 2000 et 2011, ensuite celles pouvant &#234;tre r&#233;alis&#233;es durant l'ensemble du 21e si&#232;cle afin de respecter les limites de la plan&#232;te, finalement les &#233;missions correspondant aux r&#233;serves mondiales de p&#233;trole et de gaz naturel. En l'espace de 11 ann&#233;es, l'humanit&#233; a donc d&#233;j&#224; &#171; d&#233;pens&#233; &#187; 27 % du budget carbone total du si&#232;cle. S'il advenait que l'on utilise l'ensemble des r&#233;serves mondiales de p&#233;trole et de gaz naturel d'ici l'an 2100, ce budget sera grandement d&#233;pass&#233;. Au rythme actuel, l'humanit&#233; sera en situation de d&#233;ficit carbone pour le 21e si&#232;cle d&#232;s 2037.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'environnement n'est pas soluble dans l'&#233;conomie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces travaux de recherche nous aident &#224; mieux comprendre le lien existant entre les activit&#233;s humaines et les changements climatiques. Nos activit&#233;s &#233;conomiques, soit l'ensemble du cycle de production, de distribution et de consommation des biens et services utiles &#8211; ou inutiles &#8211; &#224; nos vies, sont directement responsables de ces changements. Les recherches entourant le budget carbone peuvent alors nous permettre de mieux orienter nos choix collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, par exemple, nous sommes dans une situation de d&#233;ficit carbone annuel, &#224; l'&#233;chelle du 21e si&#232;cle, depuis 2001. Au graphique 1, nous voyons clairement que les pr&#233;visions gouvernementales pour la d&#233;cennie &#224; venir, malgr&#233; le fait que le Qu&#233;bec se pr&#233;sente souvent comme un champion du d&#233;veloppement durable, demeurent tout de m&#234;me bien insuffisantes afin de respecter notre quota d'&#233;missions permis par notre part de la d&#233;mographie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, lorsque le gouvernement qu&#233;b&#233;cois annonce des plans de d&#233;veloppement &#233;conomique pour l'avenir, ceux-ci devraient obligatoirement respecter le cadre de notre budget carbone. Il n'est pas question de se soumettre b&#234;tement aux diktats d'un groupe d'experts auquel nous abdiquerions notre autonomie politique, mais bien d'apprendre &#224; d&#233;velopper, dans l'univers souvent froid des politiques &#233;conomiques, des strat&#233;gies de d&#233;veloppement en phase avec les d&#233;fis du si&#232;cle. En ce sens, le respect d'un budget carbone s'av&#232;re une voie int&#233;ressante pour l'avenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Renaud Gignac, Le budget carbone du Qu&#233;bec, Montr&#233;al, IRIS, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le capital comme pouvoir</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-capital-comme-pouvoir</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-capital-comme-pouvoir</guid>
		<dc:date>2014-09-02T23:47:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Hurteau</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Analyse du discours</dc:subject>
		<dc:subject>Hurteau, Philippe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour comprendre le monde qui est le n&#244;tre, pour le critiquer et pour le transformer, il faut &#234;tre en mesure de bien saisir ce qui en constitue la forme dominante. De l'&#226;ge d'or de l'&#233;conomie classique anglaise &#224; ses nombreuses critiques (marxiste, f&#233;ministe, &#233;cologiste, etc.), tenter de bien cerner ce que peut bien &#234;tre le capital a pris les allures d'un v&#233;ritable travail sans fin. Et si le capital &#233;tait en fait l'incarnation symbolique des relations sociales de pouvoir ? &lt;br class='autobr' /&gt; En 2009, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1841.png?1642092156' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;632&#034; height=&#034;422&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour comprendre le monde qui est le n&#244;tre, pour le critiquer et pour le transformer, il faut &#234;tre en mesure de bien saisir ce qui en constitue la forme dominante. De l'&#226;ge d'or de l'&#233;conomie classique anglaise &#224; ses nombreuses critiques (marxiste, f&#233;ministe, &#233;cologiste, etc.), tenter de bien cerner ce que peut bien &#234;tre le capital a pris les allures d'un v&#233;ritable travail sans fin. Et si le capital &#233;tait en fait l'incarnation symbolique des relations sociales de pouvoir ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2009, Jonathan Nitzan et Shimshon Bichler ont publi&#233; Le capital comme pouvoir : Une &#233;tude de l'ordre et du cr&#233;ordre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jonathan Nitzan et Shimshon Bichler, Le capital comme pouvoir : Une &#233;tude de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Traduit en 2012 chez Max Milo, il s'agit d'une contribution majeure &#224; la r&#233;flexion critique contemporaine. La pr&#233;misse de base des auteurs peut se r&#233;sumer ainsi selon leur perspective, les th&#233;ories lib&#233;rales et marxistes ont le m&#234;me d&#233;faut, soit d'&#234;tre incapables d'expliquer ce qu'est le capital autrement qu'en recourant &#224; des unit&#233;s fictives (les &#171; utiles &#187; pour les lib&#233;raux et le &#171; temps de travail abstrait &#187; pour les marxistes). Dans chacune de ces conceptualisations du capital, on rencontre le m&#234;me probl&#232;me, soit une incapacit&#233; de toucher concr&#232;tement au capital, d'en d&#233;finir la forme et surtout d'en expliciter le processus d'accumulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nitzan et Bichler proposent donc de revoir notre compr&#233;hension critique du capital en nous &#233;loignant des explications qui le r&#233;duisent &#224; n'&#234;tre qu'une entit&#233; &#233;conomique. Et si, plus fondamentalement, le capital &#233;tait une quantification symbolique du pouvoir, soit la repr&#233;sentation num&#233;raire d'une quantit&#233; de pouvoir &#224; la disposition des groupes dominants leur permettant de cr&#233;er et de recr&#233;er la soci&#233;t&#233; &#224; leur image et selon leurs int&#233;r&#234;ts ? Pour les auteurs, comprendre le capital comme pouvoir, c'est le comprendre du point de vue du rapport de pouvoir et de domination qu'en conf&#232;re la possession.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pouvoir et domination&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qui rend l'apport de Nitzan et Bichler int&#233;ressant se trouve dans leur questionnement de la place centrale de la recherche du profit par les grands capitalistes. Une entreprise peut bien acheter une rivale &#224; perte, non pas pour le profit, mais pour asseoir son h&#233;g&#233;monie. Dans un tel cas, le capital n'est pas qu'un stock de &#171; travail abstrait &#187; accu&#173;mul&#233; en vue de sa valorisation, il est une masse de pouvoir qui donne &#224; son possesseur la capacit&#233; d'imposer sa volont&#233;. Le pouvoir du capital en est un de coordination par la r&#233;partition des ressources, tant humaines que naturelles, mais il est &#233;galement un pouvoir de cr&#233;ation : imposer son h&#233;g&#233;monie sur un secteur de l'&#233;conomie, c'est parvenir &#224; modeler l'ordre social. Par exemple, le pouvoir des cartels &#233;nerg&#233;tiques ne leur vient pas seulement de leurs profits annuels, mais aussi de leur capacit&#233; &#224; d&#233;cider du rythme et des conditions de la transition vers une &#233;conomie post-p&#233;troli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, la valeur mon&#233;taire du capital &#233;quivaut &#224; l'&#233;tendue de pouvoir social accapar&#233; par une personne, un groupe, une firme ou un &#201;tat. Un exemple : la capitalisation boursi&#232;re d'une entreprise, loin de repr&#233;senter la valeur de cette derni&#232;re sur les march&#233;s financiers, repr&#233;senterait plut&#244;t le pouvoir &#224; sa disposition. En ce sens, le profit, quoique toujours souhait&#233;, n'est plus n&#233;cessairement au centre du processus d'accumulation. Ce qui est vis&#233;, c'est l'accroissement de son capital dans une logique comparative. Si je suis une entreprise &#339;uvrant dans le secteur a&#233;ronautique, je ne veux pas vraiment maximiser mes profits, je veux maximiser ma capacit&#233; d'accumulation de pouvoir par rapport &#224; mon principal comp&#233;titeur. Aussi, une telle entreprise aura &#233;galement &#224; c&#339;ur de faire la d&#233;monstration qu'elle parviendra &#224; conserver et &#224; accro&#238;tre son pouvoir dans l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La croissance, pour quoi faire ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas question d'adopter en bloc les propositions de Nitzan et Bichler, mais seulement de reconna&#238;tre que, sur certains aspects, elles nous aident &#224; mieux comprendre le capitalisme contemporain. Depuis la crise de 2008, les pays occidentaux sont aux prises avec des taux de croissance &#233;conomique an&#233;mique. Plusieurs intervenant&#183;e&#183;s demandent aux diff&#233;rents gouvernements, afin de pallier ce probl&#232;me, de mettre de l'avant des politiques de stimulation &#233;conomique. L'objectif est simple : il faut injecter de l'argent dans l'&#233;conomie afin de relancer la cr&#233;ation d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un fait int&#233;ressant toutefois est de voir de quelle mani&#232;re les capitalistes, dont la recherche de profit est cens&#233;e d&#233;pendre de la croissance &#233;conomique, sont ceux qui affichent le plus grand d&#233;sint&#233;r&#234;t envers ces strat&#233;gies. Du point de vue des salari&#233;&#183;e&#183;s, la croissance s'av&#232;re n&#233;cessaire pour maintenir les emplois et les salaires. Du point de vue capitaliste, la croissance n'est qu'une disposition parmi d'autres destin&#233;es &#224; reproduire un pouvoir social. Nous sommes donc pris avec ce paradoxe : alors que pour les salari&#233;&#183;e&#183;s la croissance est synonyme d'espoir de maintien ou d'am&#233;lioration de leur niveau de vie, les capitalistes atteignent leur objectif par le biais de l'&#233;largissement des in&#233;galit&#233;s. Ce fait paradoxal gagne en clart&#233; &#224; l'aide des outils que nous offrent Nitzan et Bichler : l'important pour les capi&#173;talistes n'&#233;tant pas de stimuler une croissance de la production, mais bien de favoriser leur capacit&#233; &#224; accumuler plus que les autres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jonathan Nitzan et Shimshon Bichler, &lt;i&gt;Le capital comme pouvoir : Une &#233;tude de l'ordre et du cr&#233;ordre&lt;/i&gt;, Max Milo, Paris, 2012, 755 p&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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