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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Critique, censure et riposte</title>
		<link>https://www.ababord.org/Critique-censure-et-riposte</link>
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		<dc:date>2013-10-31T00:25:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Goldenberg</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Goldenberg, Anne</dc:subject>

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&lt;p&gt;Cette &#232;re n'est pas toute jeune. Cela fait bient&#244;t quinze ans que le Web h&#233;berge des m&#233;dias citoyens alternatifs, autog&#233;r&#233;s. Les formes de censure qui lui sont propres non plus. Elles se reproduisent, se globalisent, prennent des boucs &#233;missaires. Les pouvoirs menac&#233;s par ces formes m&#233;diatiques comprennent de plus en plus les risques associ&#233;s &#224; ces fuites, ces inscriptions, ces circulations, ces prises de parole, mais ils comprennent rarement leur mode de fonctionnement. Au contraire, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Mutations-de-l-univers-" rel="directory"&gt;Dossier : Mutations de l'univers m&#233;diatique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Medias-et-journalisme-+" rel="tag"&gt;M&#233;dias et journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Goldenberg-Anne-+" rel="tag"&gt;Goldenberg, Anne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1721.jpg?1642092150' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;261&#034; height=&#034;189&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette &#232;re n'est pas toute jeune. Cela fait bient&#244;t quinze ans que le Web h&#233;berge des m&#233;dias citoyens alternatifs, autog&#233;r&#233;s. Les formes de censure qui lui sont propres non plus. Elles se reproduisent, se globalisent, prennent des boucs &#233;missaires. Les pouvoirs menac&#233;s par ces formes m&#233;diatiques comprennent de plus en plus les risques associ&#233;s &#224; ces fuites, ces inscriptions, ces circulations, ces prises de parole, mais ils comprennent rarement leur mode de fonctionnement. Au contraire, les r&#233;ponses et la riposte &#224; ces formes de censure se renouvellent et s'organisent en un r&#233;seau de solidarit&#233;s de plus en plus souple et conscient de ses forces.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Selon Dominique Cardon et Fabien Granjon, auteurs de M&#233;diacti&#173;vistes, les plateformes de m&#233;dias alternatifs des ann&#233;es 2000 auraient laiss&#233; place &#224; une forme de m&#233;diatisation moins concert&#233;e, plus diffuse, relay&#233;e par les r&#233;seaux sociaux qui impliquerait une population plus large, mais risquerait de se fragmenter au gr&#233; de l'individualisation expressive et des mobilisations plus ponctuelles et superficielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, faisons-nous face &#224; un affaiblissement ou &#224; une r&#233;organisation des mobilisations informationnelles ? Quelles sont les formes de liens sociaux qui &#233;mergent de ces nouvelles formes de critique m&#233;diatique ? Permettent-elles de contourner les formes de censure propres &#224; cette nouvelle &#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Pistes de r&#233;ponses&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, j'avais l'habitude de distinguer trois formes diff&#233;rentes d'organisation sur le Web : les communaut&#233;s &#233;pist&#233;miques, les r&#233;seaux sociaux et le journalisme alternatif. Les m&#233;dias alternatifs s'appuieraient notamment sur la contribution de journalistes amateurs &#224; des plateformes autog&#233;r&#233;es dans le but de fournir une contre-information concert&#233;e afin de contrer les biais &#233;tatiques, commerciaux et technocrates de l'information de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux sociaux, eux, feraient avant tout office de support du lien social. Ce qui prime est l'identit&#233; des participantes et les liens qui les unissent. Les r&#233;seaux sociaux num&#233;riques viennent donc renforcer et alimenter un r&#233;seau social existant. Ces liens permettent notamment de diffuser de l'information (construite ailleurs, sur d'autres plateformes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les communaut&#233;s &#233;pist&#233;miques se d&#233;finiraient au contraire comme des projets o&#249; c'est la co-construction des connaissances qui pr&#233;domine. Les liens sociaux sont secondaires, ils &#233;mergent au fur et &#224; mesure des collaborations et le sentiment d'appartenance se noue autour de la contribution &#224; une &#339;uvre collective. C'est le cas de Wikip&#233;dia ou des sites de journalisme participatifs, alternatifs et autog&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelque temps, il y aurait un glissement, ou plut&#244;t une accolade entre ces trois ensembles, notamment autour de la construction d'une &#233;cologie m&#233;diatique participative et critique. Plus exactement, je pense que ces trois m&#233;diums constituent d&#233;sormais une &#233;cologie informationnelle. &#192;&#8200;l'int&#233;rieur de cette &#233;cologie, je voudrais m'int&#233;resser &#224; l'&#233;mergence de dynamiques collectives et participatives dans la lutte contre la censure, qui associe intention journalistique, diffusion informationnelle, solidarit&#233;s m&#233;diatis&#233;es et co-construction des connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers une nouvelle &#233;cologie des m&#233;dias participatifs critiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#8226; N&#233; en 2006, WikiLeaks est un site Web d&#233;nonciateur qui donne une visibilit&#233; aux fuites d'informations en publiant des documents ainsi que des analyses politiques et sociales, tout en prot&#233;geant ses sources et ses auteures. Le site reste relativement peu connu du grand public jusqu'&#224; avril 2010, lorsque WikiLeaks donne &#224; voir une vid&#233;o titr&#233;e Collateral Murder qui met en lumi&#232;re une bavure am&#233;ricaine lors d'un raid a&#233;rien &#224; Bagdad. En juillet 2010, &#224; la suite d'une d&#233;lation d'un de ses proches, les autorit&#233;s am&#233;ricaines d&#233;signaient Bradley Manning comme l'informateur de cette vid&#233;o et l'emprisonnent pour haute trahison. D&#232;s lors, les r&#233;v&#233;lations de WikiLeaks sont relay&#233;es par de grands quotidiens nationaux. En novembre 2010, le site r&#233;v&#232;le des t&#233;l&#233;grammes de la diplomatie am&#233;ricaine. Cette fois, de nombreux grands journaux collaborent &#224; filtrer l'information, ce qui permet de conf&#233;rer aux r&#233;v&#233;lations un style journalistique plus facile &#224; appr&#233;hender et d'occulter d'&#233;ventuelles mentions dangereuses pour des particuliers. En 2011, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; la cible de plusieurs attaques sur ses serveurs et d'un blocus financier orchestr&#233; &#224; son encontre par de nombreuses compagnies de transfert d'argent, WikiLeaks suspend officiellement ses activit&#233;s &#233;ditoriales, mais une kyrielle de sites miroirs voient le jour et le processus continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Cr&#233;&#233; en 2001, Wikip&#233;dia est un projet d'encyclop&#233;die bas&#233; sur un wiki public, qui constitue &#224; la fois un des plus grands projets collaboratifs ayant jamais exist&#233; et l'une des principales sources d'information consult&#233;es aujourd'hui. Elle ne constitue pas une plateforme m&#233;diatique en soi, mais de par sa popularit&#233; et sa visibilit&#233;, la plateforme participe de plus en plus &#224; une forme d'&#233;cologie m&#233;diatique. En 2013, la Direction centrale du Renseignement int&#233;rieur (DCRI) de France communique avec la fondation Wikimedia pour demander le retrait de l'article sur la station militaire hertzienne de Pierre-sur-Haute, qui compromettrait le secret militaire. Faute de d&#233;tail ou d'explication justifi&#233;e, la fondation refuse d'agir. La DCRI convoque alors un des contributeurs ayant des droits d'administrateur et le force &#224; proc&#233;der au retrait de l'article. Celui-ci doit obtemp&#233;rer. Il informe la communaut&#233; de son geste et des risques encourus par les &#233;ventuels contrevenants. La communaut&#233; ne tarde pas &#224; r&#233;instaurer l'article, en sp&#233;cifiant le caract&#232;re public des sources d'information concernant celui-ci. D&#233;but avril, l'article devient le plus consult&#233; de la Wikip&#233;dia francophone, publicisant comme jamais l'information que l'on voulait censurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#201;tabli &#224; Montr&#233;al depuis 2004, Koumbit est un fournisseur de services Web &#339;uvrant principalement aupr&#232;s des organismes sans but lucratif et des groupes communautaires. Il s'est sp&#233;cialis&#233; dans les CMS (content management systems) et permet &#224; ses utilisateurs et utilisatrices d'&#234;tre autonomes avec leur site Web. En 2013, un groupe de citoyennes du village de Val-Jalbert impliqu&#233; dans la lutte contre l'installation d'une centrale &#233;lectrique se mobilise pour d&#233;noncer les implications sociales et &#233;cologiques du projet ainsi que la corruption politique associ&#233;e &#224; l'octroi du contrat. La municipalit&#233;, qui est notamment connue pour son patrimoine naturel et sa chute remarquable, est menac&#233;e de d&#233;figuration. Le site Web que le groupe monte parodie certains des acteurs politiques impliqu&#233;s et fait &#233;tat des menaces et tensions en cours. Fin mars, Koumbit re&#231;oit un appel de la Corporation du Parc r&#233;gional de Val-Jalbert lui demandant de d&#233;voiler l'identit&#233; des propri&#233;taires du site, ce que l'organisme ne peut faire en vertu de la loi de la protection des donn&#233;es personnelles de ses clients. Il propose de transmettre l'information &#224; son client. Le lendemain, c'est une mise en demeure qui oblige l'organisme &#224; fermer le site. Le soir m&#234;me, les propri&#233;taires de valjalbert.ca d&#233;cident de d&#233;m&#233;nager le site sur des serveurs islandais et l'enregistrent sous le nom de sosvaljalbert.com. Le lendemain, Koumbit re&#231;oit une injonction pour fermer le site Web, qui n'est cependant plus sous sa responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le d&#233;but d'une guerre informationnelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La production et la diffusion d'informations &#224; caract&#232;re social et politique critiques se collectivisent et se socialisent. Ces plateformes ne sont pas sous le contr&#244;le hi&#233;rarchique d'un ou plusieurs responsables, mais bien co-construites, aliment&#233;es et soutenues par un nombre grandissant de contributeurs et contributrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias alternatifs et participatifs n'ont pas de chef, de la m&#234;me mani&#232;re qu'une manifestation ou un mouvement social. Leur contenu et leur diffusion sont le fait d'une multitude d'actions, d'&#233;criture, de capture, de transmission, de retransmission. Face &#224; ces multitudes, la r&#233;action des pouvoirs consiste souvent &#224; trouver un bouc &#233;missaire en le faisant passer pour responsable. Ils participent ainsi plus &#224; une d&#233;marche d'intimidation qu'&#224; une v&#233;ritable incrimination. En parall&#232;le, les entreprises priv&#233;es se dotent de puissantes armes de contr&#244;le de l'information transformant toute tentative de critique sociale en diffamation. Ils font alors appel &#224; un arsenal juridique lourd (mise en demeure, injonction, interpellation, menace de mise en garde &#224; vue, poursuite &#224; l'international, association &#224; des pratiques criminelles ou terroristes), et quand les &#171; d&#233;lateurs-informateurs &#187; sont enfin appr&#233;hend&#233;s, les peines encourues sont exemplaires : lourdes amendes ou incarc&#233;rations &#224; perp&#233;tuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons bien affaire &#224; une guerre informationnelle. De nombreux fiefs des pouvoirs gouvernementaux, militaires, &#233;conomiques sont en effet menac&#233;s par cette socialisation des m&#233;dias participatifs. Le retour de b&#226;ton prend la forme d'une qu&#234;te de boucs &#233;missaires. Mais si des individus paient injustement les frais de ces actions de masses, ces actions de r&#233;pression m&#232;nent &#224; la fois &#224; un renouvellement des solidarit&#233;s, &#224; une visibilit&#233; d&#233;multipli&#233;e des informations sensibles et &#224; un d&#233;ploiement des plateformes de contribution et des formes de diffusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le passage &#224; une pratique plus &#233;tendue de la participation sur les r&#233;seaux sociaux peut passer pour une individualisation expressive de plus en plus marqu&#233;e, la mobilisation et la production informationnelle concert&#233;e n'ont pas disparu. Il s'agirait plut&#244;t d'une association, d'un renouvellement et d'une r&#233;organisation tactiques, facilit&#233;s par la ma&#238;trise d'outils informationnels plus mobiles et plus diversifi&#233;s et venant soutenir et prendre le relais de plateformes de publication alternatives. En riposte aux formes de censure appliqu&#233;es &#224; ces m&#233;dias participatifs, on voit ainsi &#233;merger une mobilisation populaire &#233;largie qui s'appuie sur une anonymisation des actions, une prise de parole collectivis&#233;e, une diversification des tactiques, une solidarit&#233; avec les boucs &#233;missaires et un syst&#232;me de relais en cas de censure. &#937;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour aller plus loin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Olivier Blondeau, &#171; Become the media ! Du post-media au m&#233;diascape &#187;, Colloque &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://1libertaire.free.fr/OBlondeau01.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Internet, Culture, and Society : French and American Perspectives&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, Austin, Universit&#233; d'Austin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Dominique Cardon et Fabien Granjon, &lt;i&gt;M&#233;diactivistes&lt;/i&gt;, Presses de Sciences Po, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; F&#233;lix Guattari, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.revue-chimeres.fr/drupal_chimeres/files/termin51.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vers une &#232;re post-m&#233;dia&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Terminal&lt;/i&gt;, no 51, octobre-novembre 1990.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> La gu&#233;rilla cybern&#233;tique</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-guerilla-cybernetique</link>
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		<dc:date>2011-10-11T01:06:56Z</dc:date>
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		<dc:creator>Anne Goldenberg</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Goldenberg, Anne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;WikiLeaks est un site Internet ouvert et anonyme, dont la mission est de donner une tribune aux victimes &#171; des r&#233;gimes d'oppression &#187;, mais aussi aux t&#233;moins de comportements suspects des gouvernements et des grandes entreprises de ce monde. Sous le slogan &#171; We open governments &#187;, le site recueille principalement des textes d'analyse sociale et politique ainsi que des documents officiels, des rapports secrets, des bases de donn&#233;es et des faits bruts. Avec un tel mandat, la protection des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-37-dec-2010-jan-2011-" rel="directory"&gt;No 037 - d&#233;c. 2010 / jan. 2011&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Medias-et-journalisme-+" rel="tag"&gt;M&#233;dias et journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Goldenberg-Anne-+" rel="tag"&gt;Goldenberg, Anne&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1163.gif?1642092123' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1584&#034; height=&#034;1056&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;WikiLeaks est un site Internet ouvert et anonyme, dont la mission est de donner une tribune aux victimes &#171; des r&#233;gimes d'oppression &#187;, mais aussi aux t&#233;moins de comportements suspects des gouvernements et des grandes entreprises de ce monde. Sous le slogan &#171; &lt;i&gt;We open governments&lt;/i&gt; &#187;, le site recueille principalement des textes d'analyse sociale et politique ainsi que des documents officiels, des rapports secrets, des bases de donn&#233;es et des faits bruts. Avec un tel mandat, la protection des sources est &#233;videmment le premier des soucis. C'est en cela que le projet est soutenu avec ferveur par une commu&#173;naut&#233; de cryptologues et de hackers, mais aussi de journalistes et de militants, afin d'offrir une protection maximale aux contributeurs de WikiLeaks.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le site se pr&#233;sente d'abord comme un wiki, un espace o&#249; tout le monde peut publier ou &#233;diter des informations, sans avoir besoin de fortes connaissances technologiques. Les participants peuvent publiquement discuter des documents, analyser leur cr&#233;dibilit&#233; et collaborer &#224; l'&#233;criture d'articles d'analyses se basant sur le mat&#233;riel collig&#233; et le contexte sociopolitique. Enfin, WikiLeaks s'est dot&#233; d'une politique &#233;ditoriale selon laquelle ne sont accept&#233;s que les documents qui sont d'int&#233;r&#234;t politique, diplomatique, historique et &#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin que les utilisateurs ne puissent pas &#234;tre retrac&#233;s, le syst&#232;me utilise plusieurs types d'outils dont Freenet (pour le stockage distribu&#233; et anonyme des donn&#233;es) et Tor (pour l'anonymisation de l'origine des donn&#233;es). Il arrive ainsi fr&#233;quemment que les informations propos&#233;es &#224; WikiLeaks ne soient pas imm&#233;diatement publi&#233;s, &#224; des fins de protection des utilisateurs, mais aussi de v&#233;rification de l'authenticit&#233; des documents.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La grande fuite et sa d&#233;lation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le site a &#233;t&#233; lanc&#233; en janvier 2007. Durant sa premi&#232;re ann&#233;e d'existence, WikiLeaks a rassembl&#233; pr&#232;s de 1,2 million de documents et n'a depuis cess&#233; de provoquer des controverses industrielles et politiques. Parmi les fuites notables, notons celle des proc&#233;dures en usage &#224; la baie de Guant&#225;namo, un rapport sur des d&#233;chets toxiques d&#233;vers&#233;s en Afrique, la vid&#233;o d'un massacre de civils en Irak ou encore la publication de 91 000 documents militaires am&#233;ricains sur la guerre en Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous concentrerons plus particuli&#232;rement ici sur ces deux derni&#232;res fuites qui ont profond&#233;ment mis dans l'embarras l'arm&#233;e am&#233;ricaine et assur&#233; une notori&#233;t&#233; mondiale &#224; WikiLeaks. Ces deux fuites ont &#233;t&#233; suivies de l'arrestation controvers&#233;e du soldat Bradley Manning, suppos&#233;ment divulgateur des documents et du vid&#233;o, d&#233;nonc&#233; par Adrian Lamo, un ancien &#171; hacker &#187; &#224; qui le soldat se serait confi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2010, WikiLeaks publie donc une vid&#233;o, &lt;i&gt;Collateral Murder&lt;/i&gt;, r&#233;alis&#233;e depuis une cam&#233;ra embarqu&#233;e sur un h&#233;licopt&#232;re de l'arm&#233;e am&#233;ricaine. Assez crue, la s&#233;quence rend compte des &#171; meurtres collat&#233;raux &#187; de plusieurs civils et de deux journalistes de l'agence Reuters, sous les feux et rires des militaires. Les &#201;tats-Unis avaient jusqu'ici ni&#233; leur implication dans cette attaque qui a eu lieu en juillet 2007 &#224; Bagdad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2010, on apprend par&#8194;Wired&#8194;que Manning est arr&#234;t&#233; par les services de s&#233;curit&#233; am&#233;ricains. Lamo aurait d&#233;cid&#233; de d&#233;noncer Manning au FBI quand ce dernier lui aurait confi&#233; avoir fait parvenir &#224; WikiLeaks 260 000 communications diplomatiques. Le soldat aurait &#233;galement confi&#233; &#224; Lamo &#234;tre &#224; l'origine de la fuite de la fameuse vid&#233;o de la bavure am&#233;ricaine en Irak. Les responsables de WikiLeaks assurent pour leur part ne pas avoir re&#231;u ces 260 000 documents class&#233;s et affirment ne pas &#234;tre en mesure de confirmer si oui ou non Manning &#233;tait &#224; l'origine de la vid&#233;o &#171; &lt;i&gt;puisqu'ils ne cherchent jamais &#224; acc&#233;der aux informations personnelles de leurs sources&lt;/i&gt; &#187; (Assange, 17 janvier 2010).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Juillet 2010, le &lt;i&gt;Guardian&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Der Spiegel&lt;/i&gt; s'associent aux efforts de WikiLeaks pour rendre public&#8194;l'Afghan War Diary, une compilation de 91 000 documents et communications des militaires am&#233;ricains en Afghanistan. Consid&#233;r&#233;s par le gouvernement am&#233;ricain comme repr&#233;sentant une menace pour la s&#233;curit&#233; des soldats en Afghanistan, ces documents seraient des preuves tangibles de crimes de guerre commis par les forces alli&#233;es, mais aussi de la dissimulation du nombre de victimes civiles et amies. WikiLeaks a &#233;galement &#233;t&#233; la cible de critiques de la part d'ONG qui estiment que la publica&#173;tion de ces documents met en danger des personnes ayant collabor&#233; avec les forces d'occupation. Inconscience de WikiLeaks ou manipulation politique et m&#233;diatique, que comprendre de cette controverse ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La menace WikiLeaks :entre pol&#233;mique et politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment saisir et d&#233;finir le statut de&#8194;WikiLeaks ? Avons-nous affaire &#224; un espace journalistique l&#233;gitime, &#224; une r&#233;volte sociale organis&#233;e ou simplement &#224; une bande de pirates en qu&#234;te d'&#233;motions fortes ? Quelles sont les motivations qui ont amen&#233; Manning &#224; avoir (suppos&#233;ment) communiqu&#233; ces informations et Lamo &#224; l'avoir d&#233;nonc&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que WikiLeaks d&#233;range. D&#233;j&#224; en 2008, alors que WikiLeaks avait publi&#233; des documents portant sur une affaire de blanchiment d'argent impliquant la banque suisse Julius B&#228;r, celle-ci avait intent&#233; une action en justice contre le site, ce qui mena &#224; la fermeture du nom de domaine&#8194;wikileaks.org. Pendant que le site n'&#233;tait plus accessible, les techniciens ont rapidement constitu&#233; plusieurs miroirs du site sur d'autres adresses. En mars 2008, le juge est revenu sur sa d&#233;cision et a autoris&#233; non seulement le domaine &#224; revenir en ligne, mais aussi WikiLeaks &#224; maintenir disponibles les documents publi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus tard durant la m&#234;me ann&#233;e, WikiLeaks d&#233;voilait un rapport confidentiel de l'agence de contre-espionnage de l'arm&#233;e am&#233;ricaine documentant le fonctionnement du controver&#173;s&#233; site et les meilleurs moyens de le d&#233;sa&#173;morcer. Le rapport supposait notamment que &#171; &lt;i&gt;l'identification, le renvoi et m&#234;me la condamnation des personnes responsables des fuites pourraient [...] d&#233;truire [la r&#233;putation de WikiLeaks] et d&#233;courager d'autres personnes &#224; prendre des actions similaires.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le traitement du cas Manning&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bradley Manning, 22 ans, est un agent de renseignement recrut&#233; par l'arm&#233;e am&#233;ricaine en octobre 2007. Il a &#233;t&#233; r&#233;trograd&#233; &#224; un grade inf&#233;rieur, officiellement pour s'&#234;tre disput&#233; avec l'un de ses compagnons. Certains journaux le pr&#233;sentent comme un &#171; homosexuel frustr&#233; &#187;, perdu et isol&#233; qui n'avait plus rien &#224; perdre et se serait veng&#233; de l'arm&#233;e. Ces journaux ne cessent de faire mention de sa sant&#233; mentale, de ses histoires de c&#339;ur, de son histoire familiale difficile et des tensions qu'il a v&#233;cues dans son engagement dans l'arm&#233;e am&#233;ricaine, o&#249; l'homosexualit&#233; n'est toujours pas v&#233;ritablement tol&#233;r&#233;e (&lt;i&gt;don't ask, don't tell&lt;/i&gt;). Il faut bien trouver une raison &#224; un tel acte &#171; insens&#233; &#187; et l'&#233;chec personnel se vend mieux qu'une analyse rationnelle. Si Manning est bien &#224; l'origine de la fuite de ces documents, est-ce par d&#233;pit et faiblesse personnelle ou par int&#233;grit&#233; et courage politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait [Kevin Poulsen et Kim Zetter, 10 juin 2010] que Manning avait tendance &#224; vouloir enqu&#234;ter sur les injustices et les affaires qui lui semblaient louches. Il aurait ainsi &#233;crit dans ses conversations divulgu&#233;es par Lamo : &#171; &lt;i&gt;Partout o&#249; il y a une pr&#233;sence&lt;/i&gt; [am&#233;ricaine], &lt;i&gt;il y a un scandale diplomatique &#224; r&#233;v&#233;ler.&lt;/i&gt; &#187; Selon le Washington Post, il aurait confi&#233; que les documents secrets &#171; &lt;i&gt;d&#233;voilaient comment l'Occident exploite le tiers-monde, et ce, en d&#233;tail et depuis l'int&#233;rieur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;WikiLeaks, figure m&#233;diatique majeure sur l'&#233;chiquier politique ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; petit groupe de hackers et de journalistes &#187; commence donc &#224; faire de s&#233;rieuses vagues : le fondateur est pratiquement interdit d'entr&#233;e aux &#201;tats-Unis et les fuites sont discut&#233;es jusque dans les plus hautes sph&#232;res du gouvernement am&#233;ricain. L'arrestation de Manning constitue un bon moyen de faire peur aux contributeurs de WikiLeaks et d'attaquer ses fondations. Finale&#173;ment, tout cela est exactement conforme au plan de l'arm&#233;e am&#233;ricaine : d&#233;montrer que les sources ne sont pas vraiment prot&#233;g&#233;es par WikiLeaks et qu'elles risquent gros &#224; vouloir collaborer &#224; cet effort de d&#233;nonciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand aux motivations de Lamo, elles restent floues : patriotisme aveugle ? Manipulation gouvernementale ? Le principal int&#233;ress&#233; peine &#224; s'expliquer lui-m&#234;me, et son intervention &#224; la conf&#233;rence HOPE (Hackers On Planet Earth) a suscit&#233; beaucoup de d&#233;bats au sein de la communaut&#233; hacker.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que WikiLeaks publie ces informations confidentielles est loin d'&#234;tre anodin : c'est une attaque frontale &#224; la tendance lourde des gouvernements et m&#233;dias occidentaux &#224; manipuler l'information au profit des corporations et des agendas militaristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, il semblerait que l'Internet et certaines personnes derri&#232;re les rouages de nos d&#233;pendances &#233;lectroniques sont en mesure de changer radicalement nos vies, nos soci&#233;t&#233;s et nos gouvernements. Cette pouss&#233;e d'ouverture et de transparence est une menace pour la hi&#233;rarchie s&#233;culaire d&#233;fendue par la bourgeoisie capitaliste moderne. Des attaques envers WikiLeaks &#224; la censure de Wikip&#233;dia dans certain pays, en passant par la mont&#233;e du cr&#233;ationnisme, ce sont les fondements de la science et de la libert&#233; de la presse qui sont remis en question. Une biblioth&#232;que &#224; venir serait-elle interdite ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Anne Goldenberg, chercheuse &lt;br class='autobr' /&gt;
et Anarcat, hacker&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Sources : &#201;tant donn&#233; la controverse entourant WikiLeaks, les auteurs ont cru bon de documenter clairement la source de toutes les informations et &lt;br class='autobr' /&gt;
citations &#233;voqu&#233;es dans cet article : &lt;br class='autobr' /&gt;
//wikifarm.koumbit.net/WikiLeaks#Sources&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Wikis publics et enjeux politiques</title>
		<link>https://www.ababord.org/Wikis-publics-et-enjeux-politiques</link>
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		<dc:date>2010-11-27T20:42:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Goldenberg</dc:creator>


		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Goldenberg, Anne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Wiki vient de l'hawa&#239;en et signifie &#171; vite &#187;, informel. Les wikis publics sont des sites Internet dont les pages sont modifiables par tous ou une partie de leurs visiteurs. En misant sur la contribution publique, plusieurs projets ont adopt&#233; ce type de site Internet pour construire et organiser leur contenu. Comment fonctionnent les wikis ? Comment s'organise-t-on dans un wiki public ? Quelles sont les inqui&#233;tudes et les enjeux soulev&#233;s par ce syst&#232;me de r&#233;daction ouvert au public ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Promesses-et-perils-du-" rel="directory"&gt;Dossier : Promesses et p&#233;rils du monde num&#233;rique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Goldenberg-Anne-+" rel="tag"&gt;Goldenberg, Anne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1092.gif?1642092119' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;613&#034; height=&#034;390&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Wiki vient de l'hawa&#239;en et signifie &#171; vite &#187;, informel. Les wikis publics sont des sites Internet dont les pages sont modifiables par tous ou une partie de leurs visiteurs. En misant sur la contribution publique, plusieurs projets ont adopt&#233; ce type de site Internet pour construire et organiser leur contenu. Comment fonctionnent les wikis ? Comment s'organise-t-on dans un wiki public ? Quelles sont les inqui&#233;tudes et les enjeux soulev&#233;s par ce syst&#232;me de r&#233;daction ouvert au public ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Histoire et principes de fonctionnement des wikis
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le principe a &#233;t&#233; invent&#233;, fin 1994, par un ing&#233;nieur en informatique qui voulait permettre &#224; une communaut&#233; d'informaticiens de contribuer &#224; l'&#233;criture d'une documentation. Pour Ward Cunningham, il s'agissait surtout d'autoriser le lecteur &#224; cr&#233;er ses propres hyperliens ainsi que de nouveaux contenus dans une optique d'int&#233;r&#234;t commun. Plut&#244;t que de s'improviser censeur ou de r&#233;duire l'acc&#232;s &#224; quelques participants, il a ouvert l'&#233;dition de son site Internet au monde entier, pensant qu'il &#233;tait plus pr&#233;cieux d'accueillir des contributions de tous que de les filtrer. Cette fa&#231;on de g&#233;rer la participation publique allait plus tard &#234;tre associ&#233;e &#224; un principe dit de &#171; s&#233;curit&#233; douce &#187; : s'il doit y avoir mod&#233;ration, elle se fait &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt;, par les participants eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les wikis sont r&#233;put&#233;s fonctionner &#224; partir de quelques r&#232;gles techniques simples. Chaque enregistrement d'une &#233;dition correspond &#224; une nouvelle version de la page. Elles sont toutes conserv&#233;es dans un historique publiquement accessible. Ainsi, l'&#233;volution de chaque page peut &#234;tre observ&#233;e et une version ant&#233;rieure peut &#234;tre restaur&#233;e &#224; tout moment, en cas de probl&#232;me. Dans certains wikis, des pages de discussion permettent aux r&#233;dacteurs d'un article de d&#233;battre des contenus. Pour guider la participation, on trouve aussi des pages o&#249; est consign&#233;e et discut&#233;e la politique g&#233;n&#233;rale du site.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les wikis et l'exp&#233;rience houleuse d'une l&#233;gitimation autog&#233;r&#233;e
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 2000, les wikis sont surtout utilis&#233;s comme outils de documentation. D&#233;but 2001, le r&#233;dacteur en chef d'une encyclop&#233;die en ligne (&lt;i&gt;Nupe&#233;dia&lt;/i&gt;) d&#233;couvre le principe des wikis. Il propose au fondateur d'utiliser cet outil comme brouillon pour faciliter la collaboration des participants avant soumission au comit&#233; scientifique. Mais le brouillon se montre plus efficace que le syst&#232;me de r&#233;vision traditionnel. Le fondateur d&#233;cide de donner une chance &#224; &lt;i&gt;Wikipedia&lt;/i&gt;, qui semble s'auto-organiser. Le r&#233;dacteur en chef se d&#233;tache alors du projet, qui lui semble d&#233;sormais d&#233;nu&#233; de l&#233;gitimit&#233; scientifique. Commence d&#232;s 2001 la mise en forme d'un projet d'encyclop&#233;die que chacun peut am&#233;liorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'encyclop&#233;die s'organise en sous-projets linguistiques, chaque communaut&#233; fonctionnant de fa&#231;on autonome relativement &#224; l'&#233;laboration de son contenu. Mais toutes doivent s'entendre sur le fait que &lt;i&gt;Wikipedia&lt;/i&gt; est 1. une encyclop&#233;die ; 2. dont les participants doivent chercher la neutralit&#233; de point de vue ; 3. respecter les autres contributeurs ; 4. utiliser et placer les contenus sous licence libre ; et enfin, 5. reconna&#238;tre l'absence de r&#232;gles fixes autres que ces cinq principes fondateurs (d'autres r&#232;gles peuvent &#234;tre implant&#233;es, mais elles sont souples et n&#233;gociables).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;dig&#233; en plus de 250 langues&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;267 en janvier 2010 .&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, souvent promu en haut des r&#233;sultats de recherche fournis par &lt;i&gt;Google&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Wikipedia&lt;/i&gt; est l'un des sites Internet les plus consult&#233;s au monde. Or, le statut de &lt;i&gt;Wikipedia&lt;/i&gt; en tant que source de r&#233;f&#233;rence est critiqu&#233; pour de nombreuses raisons. On lui reproche tout d'abord son &lt;strong&gt;amateurisme&lt;/strong&gt;. Quelle peut &#234;tre la valeur de ce qui va &#234;tre ainsi produit par tout un chacun ? Surtout lorsque l'on sait que les &#233;diteurs ne sont pas contraints de s'identifier pour participer. Comment faire confiance &#224; une connaissance produite par des inconnus ? Cet &lt;strong&gt;anonymat&lt;/strong&gt; ne permet-il pas aux contributeurs de se d&#233;filer de la responsabilit&#233;, qui devrait leur incomber lorsqu'ils publient sur Internet ? Cela favorise aussi le &lt;strong&gt;vandalisme&lt;/strong&gt;, que ce soit sur le mode de la plaisanterie ou dans une d&#233;marche plus concert&#233;e d'insertion d'erreurs difficiles &#224; d&#233;celer. Par ailleurs, les articles ayant trait &#224; des enjeux sociaux et politiques contemporains constituent rapidement une&lt;strong&gt; ar&#232;ne des passions&lt;/strong&gt; plut&#244;t qu'un lieu d'&#233;criture raisonn&#233;e, neutre ou &#233;clair&#233;e. Finalement, sous couvert d'ouverture et de transparence, ceux qui parlent le plus fort, s'obstinent le plus longtemps et ma&#238;trisent le jargon et les proc&#233;dures internes, remportent souvent l'issue du d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La contribution aux wikis publics : un enjeu politique contemporain
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec plus de 15 millions d'articles, &lt;i&gt;Wikipedia&lt;/i&gt; est la plus grosse encyclop&#233;die ayant jamais exist&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : .&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Avec plus de 100 000 &#233;diteurs actifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : .&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est aussi l'un des plus grands projets collaboratifs de l'histoire. Doit-on conclure &#224; la victoire de la m&#233;diocratie ? Les critiques &#233;nonc&#233;es ci-dessus ne s'inscrivent-elles pas dans une longue tradition de m&#233;fiance envers la culture de masse ? Comme le souligne Mathieu O' Neil&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. O'Neil, Un renouvellement de la culture de masse - Wikipedia ou la fin de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;i&gt;&#171; celle-ci est toujours jug&#233;e vulgaire et mystificatrice, occultant les enjeux r&#233;els. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture sur un tel wiki public n'est-elle pas, au contraire, une fa&#231;on d'aborder de front des enjeux contemporains tr&#232;s r&#233;els ? Une observation plus pouss&#233;e du fonctionnement de &lt;i&gt;Wikipedia&lt;/i&gt; permet de comprendre que les &#171; amateurs &#187; s'organisent en fait, selon des champs d'int&#233;r&#234;t et d'expertise, et que leurs contributions sont soumises &#224; la n&#233;gociation. Ils sont incit&#233;s &#224; appuyer leurs affirmations sur des sources consultables : l'argument et sa v&#233;rifiabilit&#233; priment sur la r&#233;putation de l'auteur. La gestion du vandalisme devient un enjeu et un souci collectifs plut&#244;t qu'un probl&#232;me r&#233;gi de l'ext&#233;rieur. Dans un espace o&#249; l'on peut observer ces d&#233;bats, on assume ouvertement que la connaissance est une construction sociale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;pist&#233;mologie, soit l'&#233;tude des conditions de production des connaissances (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et assister aux d&#233;bats entourant cette construction devient instructif en soi. Quant aux faiblesses des r&#232;gles et des modes d'interactions v&#233;cus dans chacun des projets, ils restent am&#233;liorables dans le cadre g&#233;n&#233;ral des principes fondateurs de cette encyclop&#233;die.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Wikipedia&lt;/i&gt; constitue l'une des plus vastes exp&#233;riences contemporaines d'organisation collective et de production critique de connaissance. Mais d'autres projets utilisent ce principe de site d'&#233;dition ouvert au public. On trouve ainsi des guides de voyages r&#233;alis&#233;s par des voyageurs, des documentations &#233;labor&#233;es par des utilisateurs, des wikis territoriaux &#233;crits par les habitants d'une ville ou d'une r&#233;gion, et des wikis citoyens aliment&#233;s par des citoyens bien inform&#233;s. Un wiki a r&#233;cemment concentr&#233; les regards internationaux. &lt;i&gt;WikiLeaks&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source :&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est un site Internet sur lequel les participants sont incit&#233;s &#224; divulguer des &#171; fuites &#187; d'information. De mani&#232;re anonyme, non identifiable et s&#233;curis&#233;e, le site donne une visibilit&#233; &#224; des documents confidentiels qui r&#233;v&#232;lent une r&#233;alit&#233; sociale, politique, &#233;conomique ou militaire jusqu'alors cach&#233;e au grand public. En mars 2010, ce site divulguait une vid&#233;o de la violence aveugle de l'arm&#233;e am&#233;ricaine en Irak ainsi qu'un document confidentiel de la CIA fournissant des directives de propagande en faveur de la guerre dans ce pays. Per&#231;u comme une arme citoyenne inqui&#233;tante, le wiki a &#233;t&#233; l'objet de plusieurs menaces de fermeture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'auto-organisation et la transparence de ces syst&#232;mes inqui&#232;tent tant, c'est que les wikis sont le th&#233;&#226;tre d'enjeux politiques bien r&#233;els, assez, nous l'esp&#233;rons, pour &#233;veiller la curiosit&#233; critique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;267 en janvier 2010 &lt;a href=&#034;http://meta.wikimedia.org/wiki/Liste_des_Wikipedias&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://meta.wikimedia.org/wiki/Liste_des_Wikipedias&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://stats.wikimedia.org/EN/TablesArticlesTotal.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://stats.wikimedia.org/EN/TablesArticlesTotal.htm&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://stats.wikimedia.org/EN/TablesWikipediaZZ.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://stats.wikimedia.org/EN/TablesWikipediaZZ.htm&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. O'Neil, Un renouvellement de la culture de masse - Wikipedia ou la fin de l'expertise ?, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, avril 2009, p. 20-21 ( http://www. monde-diplomatique.fr/2009/04/O_NEIL/16985).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;pist&#233;mologie, soit l'&#233;tude des conditions de production des connaissances scientifiques, nous enseigne que l'&#233;tablissement de connaissances l&#233;gitimes est toujours li&#233;e &#224; un contexte de rapports sociaux, culturels et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://wikileaks.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://wikileaks.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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