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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>M&#233;dia, m&#233;diation, imm&#233;diatet&#233; </title>
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		<dc:date>2013-10-31T01:32:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phane Baillargeon</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, St&#233;phane </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les journalistes observent tout, y compris leurs propres travers. Dean Starkman, reporter, blogueur et critique des m&#233;dias pour la Columbia Journalism Review a observ&#233; son monde r&#233;cemment et il a vu que le journaliste est maintenant comme un hamster dans sa roue. Il s'active beaucoup, mais ne va nulle part. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; La roue du hamster ce n'est pas la vitesse, c'est le mouvement pour lui-m&#234;me, &#233;crit Dean Starkman. La roue du hamster c'est le volume sans la r&#233;flexion. C'est de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Mutations-de-l-univers-" rel="directory"&gt;Dossier : Mutations de l'univers m&#233;diatique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Medias-et-journalisme-+" rel="tag"&gt;M&#233;dias et journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Baillargeon-Stephane-+" rel="tag"&gt;Baillargeon, St&#233;phane &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1731.jpg?1642092150' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;680&#034; height=&#034;398&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les journalistes observent tout, y compris leurs propres travers. Dean Starkman, reporter, blogueur et critique des m&#233;dias pour la &lt;i&gt;Columbia Journalism Review &lt;/i&gt; a observ&#233; son monde r&#233;cemment et il a vu que le journaliste est maintenant comme un hamster dans sa roue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dean Starkman, &#171; The Hamster Wheel &#187;, Columbia Journalism Review, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'active beaucoup, mais ne va nulle part.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La roue du hamster ce n'est pas la vitesse, c'est le mouvement pour lui-m&#234;me&lt;/i&gt;, &#233;crit Dean Starkman. &lt;i&gt;La roue du hamster c'est le volume sans la r&#233;flexion. C'est de la nouvelle-panique, un manque de discipline, une incapacit&#233; &#224; dire non. [&#8230;] La roue du hamster, ce sont les enqu&#234;tes que vous ne verrez jamais, de la bonne ouvrage d&#233;laiss&#233;e, du service public non rendu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres parlent de ce c&#244;t&#233; aussi. Entre 2000 et 2008, le &lt;i&gt;Wall Street Journal&lt;/i&gt; a augment&#233; d'environ 50 % le nombre de ses nouvelles publi&#233;es (sans compter les blogues et les productions en ligne donc) alors m&#234;me que le nombre de journalistes pour les produire diminuait du tiers. &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt; publiait 25 662 textes en 2000 et 37 366 en 2010, cette fois en comptant les infos parues uniquement sur le Web.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut voir certains coll&#232;gues &#224; l'&#339;uvre pour comprendre comment on arrive &#224; surproduire ainsi. Un journaliste d'aujourd'hui, c'est une entre&#173;prise multim&#233;dia &#224; lui tout seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pauvre poulpe pluribranch&#233; microblogue sit&#244;t la conf&#233;rence de presse commenc&#233;e ; il envoie un lead pendant la pr&#233;sentation et &#233;crit un texte plus long le plus t&#244;t possible ; il capte, formate et diffuse des extraits sonores et des images de l'&#233;v&#232;nement ; il recommence le man&#232;ge pour une, deux ou trois autres prises quotidiennes. La t&#233;l&#233; en direct a impos&#233; son rythme effr&#233;n&#233; sur toutes les plateformes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette furieuse agitation ne concerne pas tous les reporters. Heureusement et merci. La classe journalistique a en fait tendance &#224; se diviser en deux clans : d'un c&#244;t&#233; une majorit&#233; d'hyperactifs &#224; l'aff&#251;t du moindre mouvement de l'actualit&#233; ; de l'autre quelques &lt;i&gt;happy few&lt;/i&gt; surdou&#233;s travaillant sur le plus long terme, fouillant et farfouillant partout. L'excellent travail des &#233;quipes d'enqu&#234;te des diff&#233;rents m&#233;dias de r&#233;f&#233;rence du Qu&#233;bec au sujet de la corruption dans le monde de la construction prouve bien que tout le monde m&#233;diatique ne fonctionne pas uniquement en temps r&#233;el et acc&#233;l&#233;r&#233;. Tant mieux. N'emp&#234;che, la roue gonfle et tourne de plus en plus vite pour presque tous les reporters.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le commentaire tourne &#224; plein&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le reporter est donc comme un hamster dans sa roue. Mais pourquoi s'agite-t-il ? Que poursuit-il ? Pour faire simple, disons qu'il court souvent apr&#232;s lui-m&#234;me, c'est-&#224;-dire ses id&#233;es, ses opinions, quand ce n'est pas simplement sa formidable personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectivit&#233; demeure &#233;videmment une des cl&#233;s de vo&#251;te de l'&#233;difice journalistique. Le reporter respecte les r&#232;gles de collecte et de traitement des informations. Il applique les normes discursives &#233;prouv&#233;es, avec des formules neutres, des citations fiables, etc. Le paradigme li&#233; &#224; une sorte de routine de l'authenticit&#233; est m&#234;me de plus en plus appliqu&#233; dans les m&#233;dias. Tr&#232;s bien et merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, cette &#171; objectivit&#233; &#187; s'accompagne parall&#232;lement d'un triomphe de la &#171; subjectivit&#233; &#187;. Les m&#233;dias ont recours au commentaire pour se distinguer dans la masse des informations gratuites et uniformis&#233;es. La surabondance du m&#234;me stimule une tentative de distinction. D'o&#249; la multiplication des chroniques sign&#233;es par des vedettes. On pourrait aussi parler de pipolisation m&#233;diatique du commentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Journal de Montr&#233;al&lt;/i&gt; du p&#232;re fondateur Pierre P&#233;ladeau publiait une poign&#233;e de chroniques par semaine. Le site cano&#235;.ca du fils h&#233;ri&#173;tier Pierre Karl P&#233;ladeau relaie une trentaine de chroniques et des dizaines de blogues. Le mod&#232;le se reproduit plus ou moins &#224; l'identique partout, &#224; La Presse, sur le site de Radio-Canada, au Devoir, avec une tripartition assez nette des genres : soit la nouvelle exclusive fruit d'une enqu&#234;&#173;te, d'un sondage ou d'une autre m&#233;canique &#224; produire de l'information originale ; soit l'information courante, &#233;galement disponible ailleurs et souvent gratuitement ; soit du commentaire sur tout &#231;a, beaucoup, beaucoup de commentaires, jusqu'&#224; plus soif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias sociaux en rajoutent et &#233;clairent du m&#234;me coup la nature de la mutation en cours. C'est l&#224; que le commentaire sous sa forme la plus plate et vulgaire se distille au pur jus. Au mieux, les gazouillis fournissent des informations neutres, tr&#232;s rapidement, voire en direct, un peu comme si des millions de correspondants &#233;mettaient instantan&#233;ment sur autant d'&#233;v&#232;nements plus ou moins importants. Au pire, ou plut&#244;t au plus insignifiant, les sources parlent directement d'elles-m&#234;mes&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dean Starkman, &#171; The Hamster Wheel &#187;, &lt;i&gt;Columbia Journalism Review&lt;/i&gt;, septembre/octobre 2010. &lt;a href=&#034;http://www.cjr.org/cover_story/the_hamster_wheel.php?page=all&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cjr.org/cover_story/the_hamster_wheel.php?page=all&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Grandes peurs et petites mis&#232;res du num&#233;rique</title>
		<link>https://www.ababord.org/Grandes-peurs-et-petites-miseres</link>
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		<dc:date>2010-11-27T19:37:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phane Baillargeon</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Baillargeon, St&#233;phane </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les nouvelles technologies de l'information ont bien &#233;videmment transform&#233; de bout en bout le secteur de l'information. La d&#233;mat&#233;rialisation combin&#233;e &#224; la gratuit&#233;, mais aussi &#224; la chute des revenus publicitaires, ont fait perdre pied &#224; des empires de presse et vaciller un large pan de la maison m&#233;diatique. Dans le monde journalistique, cette mutation fait g&#233;n&#233;ralement &#233;valuer les enjeux de plusieurs mani&#232;res, d'ailleurs non exclusives. En voici trois, parmi les plus pr&#233;gnantes, toutes li&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Promesses-et-perils-du-" rel="directory"&gt;Dossier : Promesses et p&#233;rils du monde num&#233;rique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Medias-et-journalisme-+" rel="tag"&gt;M&#233;dias et journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Baillargeon-Stephane-+" rel="tag"&gt;Baillargeon, St&#233;phane &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1086.gif?1642092119' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;945&#034; height=&#034;709&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les nouvelles technologies de l'information ont bien &#233;videmment transform&#233; de bout en bout le secteur de l'information. La d&#233;mat&#233;rialisation combin&#233;e &#224; la gratuit&#233;, mais aussi &#224; la chute des revenus publicitaires, ont fait perdre pied &#224; des empires de presse et vaciller un large pan de la maison m&#233;diatique. Dans le monde journalistique, cette mutation fait g&#233;n&#233;ralement &#233;valuer les enjeux de plusieurs mani&#232;res, d'ailleurs non exclusives. En voici trois, parmi les plus pr&#233;gnantes, toutes li&#233;es au &lt;i&gt;num&#233;rique&lt;/i&gt;, tour &#224; tour pr&#233;sent&#233;es comme le moteur d'un avenir radieux, le fossoyeur d'un pass&#233; glorieux ou simplement le propulseur dans une &#233;ternelle imm&#233;diatet&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution num&#233;rique, l'antidote
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les journalistes n'&#233;chappent pas &#224; l'id&#233;ologie technicienne, bien au contraire. Ils souffrent sinon collectivement, du moins tr&#232;s souvent individuellement, d'une sorte de &lt;i&gt;technophilie&lt;/i&gt; acritique aux proportions aussi b&#234;tes que d&#233;solantes. Certains coll&#232;gues &#8211; et ils sont nombreux &#8211;, s'imaginent que les technologies tracent la voie vers une sorte d'Eden, d'avenir tout proche et flamboyant, fait &#224; la limite de toutes les informations diffus&#233;es, gratuitement et automatiquement, vers des machines de moins en moins ch&#232;res et de plus en plus compactes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vrai que la technique offre de formidables moyens de diffusion de l'information, mais ce n'est jamais qu'un outil sans fin. Un tuyau, formidable, mais d'abord et avant tout parce qu'il permet de se brancher sur une infinit&#233; de sources, les m&#233;dias bien s&#251;r, et puis les universit&#233;s, une biblioth&#232;que universelle, des jeux, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'empressement avec lequel ce monde, mon monde, relaie l'apparition de toute nouvelle b&#233;belle &lt;i&gt;num&#233;rique&lt;/i&gt; fournit la preuve la plus tristement &#233;loquente de cette soumission b&#234;te &#224; une perspective &lt;i&gt;techno-utilitariste&lt;/i&gt;, pour ne pas dire insens&#233;e. Et quand &lt;i&gt;Apple&lt;/i&gt; sort un nouveau trucmuche, on frise le d&#233;lire. &lt;i&gt;Influence Communication&lt;/i&gt; a par exemple calcul&#233; que les lancements du &lt;i&gt;iPhone&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;iPad&lt;/i&gt;, des op&#233;rations essentiellement commerciales on se comprend, ont figur&#233; dans le top 5 des nouvelles les plus cit&#233;es en 24 heures, au Qu&#233;bec comme ailleurs dans le monde. L'apparition en boutiques du&lt;i&gt; iPhone&lt;/i&gt; G3 en juillet 2008 a occup&#233; 9,23 % des nouvelles qu&#233;b&#233;coises en une seule journ&#233;e. Cette m&#233;ga &lt;i&gt;infopub&lt;/i&gt;, cette &lt;i&gt;iPub&lt;/i&gt; aux proportions galactiques, a g&#233;n&#233;r&#233; plus d'attention m&#233;diatique que toutes les catastrophes naturelles survenues dans le monde au cours de l'ann&#233;e, incluant les feux en Gr&#232;ce, les inondations en Afrique et plus de 40 autres incidents majeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On entend d&#233;j&#224; les &lt;i&gt;z&#233;lateurs&lt;/i&gt; &#224; chaud de la technique comme id&#233;ologie r&#233;pliquer : &lt;i&gt;&#171; oui, mais ho, il s'agit d'un t&#233;l&#233;phone intelligent ! &#187;&lt;/i&gt; Intelligent ? Musil notait d&#233;j&#224; au b&#233;n&#233;fice des idiots d&#233;crivant un cheval de course comme &#171; g&#233;nial &#187;, qu'ils se laissent bien peu de marge de man&#339;uvre conceptuelle pour pr&#233;senter Mozart ou Leonardo da Vinci&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La R&#233;volution num&#233;rique, la menace imparable
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me perspective per&#231;oit la&lt;i&gt; r&#233;volution num&#233;rique&lt;/i&gt; dans le monde des m&#233;dias comme une menace imparable, un risque immense de disparition des formes traditionnelles, non seulement des m&#233;dias classiques, mais aussi du bon vieux journalisme &#224; l'ancienne. Apr&#232;s avoir stimul&#233; la constitution de conglom&#233;rats de la soci&#233;t&#233; de l'information et du divertissement (sur le mod&#232;le de l'empire &lt;i&gt;Quebecor&lt;/i&gt;), la d&#233;mat&#233;rialisation menacerait la survie de certaines des plus vieilles et des plus nobles bases du quatri&#232;me pouvoir. En plus, l'information qui se donne n'aurait finalement plus de valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette position apocalyptique s'accommode tr&#232;s bien de l'id&#233;ologie pr&#233;cit&#233;e. On peut bien admirer le &lt;i&gt;num&#233;rique&lt;/i&gt; tout en craignant qu'il nous fasse dispara&#238;tre. Probablement comme les cow-boys regardaient le train et l'automobile, avec effroi et admiration. Cette fois, la perspective sur&#233;value l'impact des transformations en cours, en liant trop fondamentalement l'information &#224; sa m&#233;diatisation, en oubliant que l'essentiel du journalisme ne se concentre pas dans sa m&#233;canique de transmission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une enqu&#234;te du &lt;i&gt;Project for Excellence in Journalism&lt;/i&gt; du&lt;i&gt; Pew Research Center&lt;/i&gt; des &#201;tats-Unis a mis r&#233;cemment en &#233;vidence la centralit&#233; des sources traditionnelles (et surtout du journal) dans la cha&#238;ne de production et de diffusion de l'information&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Du m&#234;me coup, l'enqu&#234;te a montr&#233; la faiblesse des nouveaux m&#233;dias de ce point de vue : en gros, ils ne produisent &#224; peu pr&#232;s rien d'original ou d'essentiel, se contentent de piller all&#232;grement les nouvelles des anciens et ne jouent au mieux qu'une sorte de r&#244;le d'alerte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te utilisait le cas concret de Baltimore. Les enqu&#234;teurs ont pass&#233; au peigne fin la production m&#233;diatique de la ville dans la semaine du 19 au 25 juillet 2009. Au total, l'&#233;tude intitul&#233;e &lt;i&gt;How News Happens&lt;/i&gt; a recens&#233; 53 sources de production, des stations de radio, des journaux, des blogues, dont une douzaine rest&#233;es &#233;trangement muettes pendant la p&#233;riode d'observation.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'enqu&#234;te a suivi six nouvelles majeures pour d&#233;couvrir que leur traitement provenait en majorit&#233; de sources traditionnelles. &#171; &lt;i&gt;Huit fois sur dix, les histoires r&#233;p&#233;taient ou reformataient une information publi&#233;e auparavant,&lt;/i&gt; r&#233;sument les chercheurs. &lt;i&gt;Et presque toutes les histoires qui comprenaient de nouvelles informations, soit 95 %, provenaient des m&#233;dias traditionnels, pour la plupart des journaux. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il de m&#234;me souligner que ce sont encore et toujours les m&#233;dias traditionnels (et d'abord les journaux) qui remportent les prix de journalisme dans tous les concours nord-am&#233;ricains ou europ&#233;ens ? Sur les 14 prix Pulitzer distribu&#233;s en 2010, un seul est revenu &#224; une production uniquement m&#233;diatis&#233;e en ligne, une caricature diffus&#233;e sur le site &lt;a href=&#034;http://www.sfgate.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.sfgate.com&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;San Francisco Bay Area &#8211; San Francisco Chronicle&lt;/i&gt;). Un autre a &#233;t&#233; remis conjointement &#224; un site Internet (li&#233; &#224; une fondation finan&#231;ant le journalisme d'enqu&#234;te) et au &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;. Au total, ce journal et le &lt;i&gt;Washington Post&lt;/i&gt; ont rafl&#233; la moiti&#233; des r&#233;compenses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, ceci ne nie pas cela. Bien s&#251;r, il faut de l'argent pour soutenir l'activit&#233; journalistique de base et de l'argent, certains m&#233;dias en manquent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment. L'&#233;tude du &lt;i&gt;Pew Research Center&lt;/i&gt; a d'ailleurs document&#233; une baisse de la qualit&#233; et de la quantit&#233;, les m&#233;dias traditionnels en manque de moyens relayant de plus en plus des nouvelles r&#233;chauff&#233;es, insipides ou de peu d'utilit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement, quand un nouveau mod&#232;le d'affaire &#233;mergera, ce n'est ni &lt;i&gt;Twitter&lt;/i&gt;, ni &lt;i&gt;Facebook&lt;/i&gt;, ni m&#234;me les sites Internet gratuits qui vont abattre, ni m&#234;me sauver la bonne vieille m&#233;canique &#224; mener des enqu&#234;tes, d&#233;nicher et trier des nouvelles, les mettre en perspective et critiquer les pouvoirs. Ces tuyaux vont lui nuire (en pillant son travail, comme &#231;a se fait maintenant) ou l'aider (les meilleurs nouveaux m&#233;dias appartiennent souvent aux vieux), mais ils ne pourront pas la remplacer. D&#233;sol&#233;, mais le m&#233;dium n'est pas le message.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution num&#233;rique, responsable des transformations de l'information
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une troisi&#232;me mani&#232;re de juger la r&#233;volution num&#233;rique dans le champ m&#233;diatique la pr&#233;sente comme une grande responsable des transformations radicales des modalit&#233;s de production de l'information. L'instantan&#233;it&#233; par la d&#233;mat&#233;rialisation rapproche les types de journalismes (tous imitent la superficialit&#233; de la t&#233;l&#233;), les fonctions m&#233;diatiques fusionnent (le reporter met lui-m&#234;me en ligne ses reportages), les genres se m&#234;lent (le blogue m&#233;lange le reportage et la chronique, au mieux) comme les supports s'interconnectent (le &lt;i&gt;multiplateforme&lt;/i&gt;, &#231;a vous dit quelque chose ?). Le journaliste a de plus en plus l'impression de travailler, trop et trop vite, en devenant une sorte de multim&#233;dia &#224; lui tout seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lise Bissonnette, ancienne directrice du &lt;i&gt;Devoir&lt;/i&gt;, a r&#233;cemment accus&#233; les journalistes politiques qui alimentent des blogues ou des microblogues de former une &#171; communaut&#233; de placoteux &#187;. Elle leur a aussi reproch&#233; de se disperser en rapportant, analysant et commentant tout en m&#234;me temps et le plus vite possible. En pastichant Marx, on pourrait dire que le reporter devient un appendice de chair sur un monstre num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le journalisme &#224; l'heure du num&#233;rique
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et alors ? La solution la plus &#233;vidente, celle du gros bon sens et du sens tout court, pointe vers une revalorisation du m&#233;tier de base, du journalisme dans sa fonction essentielle et fondamentale dans une d&#233;mocratie. La le&#231;on vaut dans ce dernier cas comme dans les deux autres &#233;voqu&#233;s. Il ne faut pas se soumettre aveugl&#233;ment aux nouvelles techniques et tirer profit au maximum des merveilleuses capacit&#233;s de l'&#226;ge num&#233;rique. Surtout, il faut avoir le courage de renouer avec l'analyse, la compr&#233;hension, l'explication et la critique, l'enqu&#234;te et la mise en perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conf&#233;rence de Copenhague sur le climat en d&#233;cembre 2009 a rameut&#233; des milliers de journalistes, tous branch&#233;s sur le net, bloguant et twittant. Seulement, aucun n'a &#233;t&#233; foutu de raconter au monde ce qui se tramait en coulisse. Les m&#233;caniques m&#233;diatiques ont subi les &#233;checs en laissant les soci&#233;t&#233;s dans l'ignorance, l'incompr&#233;hension ou le mensonge autour de la crise financi&#232;re et du &lt;i&gt;casus belli&lt;/i&gt; en Irak. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes entr&#233;s dans un monde de surabondance et d'instantan&#233;it&#233; d'informations et de d&#233;sinformations. La crise actuelle des m&#233;dias et les mutations num&#233;riques en cours offrent aussi une formidable occasion de se questionner collectivement et personnellement sur la valeur du journalisme le plus exigeant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.journalism.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.journalism.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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