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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Imp&#233;rialisme culturel &#224; l'&#232;re du capitalisme num&#233;rique</title>
		<link>https://www.ababord.org/Imperialisme-culturel-a-l-ere-du-capitalisme-numerique</link>
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		<dc:date>2020-08-01T16:11:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Ouellet</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Colonialisme et imp&#233;rialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Ouellet, Maxime </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lors d'un &#233;v&#233;nement organis&#233; par l'Association canadienne des producteurs m&#233;diatiques qui s'est tenu &#224; Ottawa le 31 janvier dernier, la PDG de la CBC/Radio-Canada, Catherine Tait, a critiqu&#233; la domination de Netflix au Canada en faisant un parall&#232;le entre la plateforme de diffusion num&#233;rique am&#233;ricaine et l'Empire britannique. &lt;br class='autobr' /&gt; Si l'on ne peut que se r&#233;jouir de voir la notion d'imp&#233;rialisme culturel ressurgir dans l'espace public, encore faut-il en tracer les origines afin de saisir sa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Les-nouveaux-habits-de-l-imperialisme-" rel="directory"&gt;Dossier : Les nouveaux habits de l'imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Imperialisme-+" rel="tag"&gt;Colonialisme et imp&#233;rialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ouellet-Maxime-+" rel="tag"&gt;Ouellet, Maxime &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2958.png?1642092247' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;834&#034; height=&#034;626&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lors d'un &#233;v&#233;nement organis&#233; par l'Association canadienne des producteurs m&#233;diatiques qui s'est tenu &#224; Ottawa le 31 janvier dernier, la PDG de la CBC/Radio-Canada, Catherine Tait, a critiqu&#233; la domination de Netflix au Canada en faisant un parall&#232;le entre la plateforme de diffusion num&#233;rique am&#233;ricaine et l'Empire britannique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Si l'on ne peut que se r&#233;jouir de voir la notion d'imp&#233;rialisme culturel ressurgir dans l'espace public, encore faut-il en tracer les origines afin de saisir sa pertinence pour critiquer les rapports de domination &#224; l'&#232;re du capitalisme num&#233;rique globalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; La critique de l'imp&#233;rialisme culturel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Prenant appui sur les th&#233;ories marxistes classiques de l'imp&#233;rialisme formul&#233;es par L&#233;nine et Rosa Luxemburg, ainsi que sur les d&#233;veloppements plus contemporains provenant des th&#233;ories latino-am&#233;ricaines de la d&#233;pendance, la th&#232;se centrale des th&#233;ories de l'imp&#233;rialisme culturel est que la domination culturelle doit &#234;tre consid&#233;r&#233;e conjointement avec la domination &#233;conomique et politique. Ces sph&#232;res de la pratique sociale ne peuvent pas &#234;tre distingu&#233;es dans le contexte de l'institutionnalisation de la corporation comme acteur central au sein du capitalisme avanc&#233;. En effet, une des cons&#233;quences majeures de l'av&#232;nement de la corporation au 20e si&#232;cle fut de transformer radicalement le r&#244;le social de la culture. Comprise traditionnellement comme un ensemble de valeurs qui conf&#232;rent un sens &#224; la pratique sociale, la culture devient une industrie destin&#233;e &#224; produire une marchandise sp&#233;cifique, c'est-&#224;-dire un auditoire dont le &#171; temps de cerveau disponible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une r&#233;f&#233;rence &#224; la d&#233;claration de Patrick Lelay qui avait d&#233;clar&#233; en 2004, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; est revendu aux corporations afin d'arrimer la logique de surconsommation &#224; celle de la surproduction industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Convergence entre le NOEI et le NOMIC&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; C'est dans le contexte de la domination des corporations multinationales sur les pays p&#233;riph&#233;riques que se d&#233;velopperont les th&#233;ories anti-imp&#233;rialistes apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale. Ces th&#233;ories trouveront un &#233;cho dans les revendications des pays non align&#233;s &#224; la Commission des Nations unies pour le commerce et le d&#233;veloppement (CNUCED) en faveur d'un Nouvel ordre &#233;conomique international (NOEI). Ces pays critiquaient principalement le &#171; d&#233;veloppement du sous-d&#233;veloppement &#187; des pays du tiers-monde g&#233;n&#233;r&#233; par la d&#233;pendance technologique, commerciale et financi&#232;re vis-&#224;-vis des multinationales. Parall&#232;lement au NOEI, les pays du Sud formuleront une s&#233;rie de griefs &#224; l'UNESCO, l'organisme des Nations unies charg&#233; des enjeux culturels, critiquant l'imp&#233;rialisme culturel exerc&#233; par les multinationales, pour un Nouvel ordre mondial de l'information et de la communication (NOMIC). Au d&#233;part centr&#233; sur la critique des principales agences de presse (Reuters, AFP, UPI, AP) accus&#233;es de produire une vision du monde ethnocentriste conforme aux int&#233;r&#234;ts capitalistes occidentaux, le d&#233;bat s'est par la suite &#233;largi &#224; l'ensemble des flux informationnels et communicationnels favorisant principalement les pays du Nord. La strat&#233;gie des pays du Sud &#233;tait de lier les revendications du NOMIC et du NOEI, dans la mesure o&#249; l'on estimait que si l'opinion publique occidentale &#233;tait mieux inform&#233;e de la situation mondiale, elle pourrait &#234;tre mobilis&#233;e en faveur de la cr&#233;ation d'un nouvel ordre &#233;conomique international plus juste et &#233;quitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les revendications pour cr&#233;er un nouvel ordre &#233;conomique et culturel international recevront une fin de non-recevoir de la part des pays du Nord au tournant des ann&#233;es 1980, dans le contexte o&#249; la strat&#233;gie de relance n&#233;o-imp&#233;riale am&#233;ricaine s'appuiera sur la transnationalisation des flux informationnels et financiers num&#233;ris&#233;s. Cette strat&#233;gie &#8211; qui sera th&#233;oris&#233;e par Zbigniew Brzezi&#324;ski, le conseiller du pr&#233;sident am&#233;ricain Jimmy Carter, comme la nouvelle diplomatie des r&#233;seaux &#8211; consiste &#224; influencer les carrefours strat&#233;giques des r&#233;seaux diplomatiques gr&#226;ce au contr&#244;le des flux d'information. Elle sera reprise par le conseiller de Bill Clinton, Joseph Nye, sous le concept de &#171; &lt;em&gt;soft power&lt;/em&gt; &#187;, qui renvoie au pouvoir de s&#233;duction op&#233;r&#233; par la d&#233;mocratie de march&#233; am&#233;ricaine. Les principaux acteurs dans cette histoire, les corporations multinationales, se sont en effet appuy&#233;s sur la puissance de l'&#201;tat am&#233;ricain afin d'assurer leur vis&#233;e expansionniste. Contre les revendications des pays du Sud en faveur d'un nouvel ordre &#233;conomique international, les &#201;tats-Unis mobiliseront la doctrine du &#171; &lt;em&gt;free flow of information&lt;/em&gt; &#187; afin de faire respecter &#224; travers le monde le premier amendement de la Constitution am&#233;ricaine qui garantit la libert&#233; d'expression commerciale aux corporations. En vertu de ce principe, toute tentative de r&#233;guler les flux de capitaux brime la libert&#233; d'expression commerciale des corporations, donc la d&#233;mocratie de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Globalisation et post-colonialisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s l'&#233;chec des mouvements de d&#233;colonisation, la critique marxisante de l'imp&#233;rialisme culturel sera remplac&#233;e par les approches culturalistes d'inspiration postmoderniste. Rejetant la critique de l'imp&#233;rialisme culturel en raison de son essentialisme, les th&#233;ories culturalistes (l'anthropologie culturelle, les &lt;em&gt;cultural studies&lt;/em&gt;, les th&#233;ories postcoloniales) adopteront une posture relativiste. La globalisation ne serait ni une am&#233;ricanisation, ni une marchandisation, ni une homog&#233;n&#233;isation culturelle. Elle permettrait plut&#244;t une hybridation qui r&#233;sulterait de la capacit&#233; des individus &#224; r&#233;sister au discours dominant. Ces approches comprennent la globalisation essentiellement sous un angle discursif, n&#233;gligeant ainsi l'analyse des structures &#233;conomiques et politiques qui contraignent les soci&#233;t&#233;s &#224; produire de mani&#232;re illimit&#233;e une forme de richesse abstraite : la valeur. Dans ce contexte, le capitalisme serait partie prenante d'un discours essentialiste et binaire ax&#233; sur l'Universalisme, la Raison, la Science et l'Individualisme qui ne correspondrait pas &#224; la r&#233;alit&#233; culturelle des soci&#233;t&#233;s non occidentales fond&#233;e sur la Spiritualit&#233;, le Communautarisme et le Particularisme culturel. Le principal angle mort des approches culturalistes est qu'elles ne voient pas que le capital a int&#233;r&#234;t &#224; maintenir et &#224; promouvoir une certaine diversit&#233; culturelle tant et aussi longtemps qu'il peut la transformer en part de march&#233;, et surtout que les cultures particuli&#232;res ne formulent pas de revendications politiques qui s'opposeraient &#224; la logique d'accumulation illimit&#233;e. La globalisation n&#233;olib&#233;rale aura paradoxalement pour corollaire une baisse tendancielle de la raison critique. En effet, ces approches relativistes ont repris &#224; leur insu la th&#233;orie du &#171; &lt;em&gt;free flow of information&lt;/em&gt; &#187; qui a l&#233;gitim&#233; les processus de d&#233;r&#233;glementation des politiques publiques de communication mises en place par les pays p&#233;riph&#233;riques &#224; l'&#233;poque des revendications pour le NOMIC&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tristan Mattelart, &#171; Pour une critique des th&#233;ories de la mondialisation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; L'imp&#233;rialisme des plateformes &#224; l'&#232;re num&#233;rique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; En surestimant la capacit&#233; des individus &#224; r&#233;sister &#224; la domination culturelle, les courants culturalistes ont repris de mani&#232;re acritique les th&#232;ses de Marshall McLuhan portant sur le pouvoir des consommateurs au sein d'un village global qui ressemble de plus en plus &#224; un supermarch&#233; des &lt;em&gt;lifestyles&lt;/em&gt; diff&#233;renci&#233;s. C'est ce m&#234;me discours qui est promu par les acteurs dominants du capitalisme de plateformes comme les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) ou encore Netflix. Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, soutient d'ailleurs que la mission de son r&#233;seau social est de d&#233;velopper une &#171; infrastructure sociale &#187; qui permettrait de &#171; &lt;em&gt;donner au peuple le pouvoir de construire une communaut&#233; globale qui fonctionne pour tous&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maxime Ouellet, &#171; L'Empire de la communication : le fantasme d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Il s'agit notamment d'offrir gratuitement l'acc&#232;s &#224; Internet aux populations non connect&#233;es afin d'accumuler des donn&#233;es personnelles qui permettront d'am&#233;liorer les algorithmes des g&#233;ants du capitalisme de plateformes. Cette strat&#233;gie n&#233;o-imp&#233;riale marque une certaine rupture par rapport &#224; l'imp&#233;rialisme culturel classique puisqu'elle institue une nouvelle modalit&#233; de r&#233;gulation sociale. Cette nouvelle forme de gouvernance algorithmique est d'ailleurs reprise par l'ONU dans son projet &lt;em&gt;Global Pulse&lt;/em&gt; qui a pour pr&#233;tention d'utiliser les donn&#233;es num&#233;riques harnach&#233;es par les GAFAM dans les pays du Sud afin de produire des algorithmes au service du d&#233;veloppement durable. Cette nouvelle modalit&#233; de gouvernance est profond&#233;ment d&#233;politisante puisqu'il ne s'agit plus d'agir sur les causes structurelles des in&#233;galit&#233;s globales, mais plut&#244;t d'agir de mani&#232;re pr&#233;emptive sur les individus d&#233;favoris&#233;s afin d'amenuiser les effets de la pauvret&#233; gr&#226;ce &#224; la quantification de l'ensemble des activit&#233;s sociales d&#233;sormais num&#233;ris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Face &#224; cette nouvelle forme que prend l'imp&#233;rialisme culturel &#224; l'&#232;re num&#233;rique, il convient donc de rappeler qu'il existe une riche tradition au sein de la pens&#233;e socialiste qui s'appuie sur l'id&#233;e que la culture consiste en un universel concret sur lequel doivent s'appuyer les peuples afin de s'&#233;manciper politiquement et &#233;conomiquement. C'est cette conception internationaliste de la culture qui a inspir&#233; les revendications pour un Nouvel ordre mondial pour l'information et la communication. Elle permet de d&#233;passer les impasses du relativisme culturel promu par les courants postcoloniaux et postmodernes tout comme l'universalisme abstrait du capitalisme globalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH574/dc5c2c2fcfe11aaefe7315a214b37952-f66a6.png?1729032403' width='500' height='574' /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une r&#233;f&#233;rence &#224; la d&#233;claration de Patrick Lelay qui avait d&#233;clar&#233; en 2004, alors qu'il &#233;tait PDG de la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise TF1, que &#171; ce que nous vendons &#224; Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible &#187;. NDLR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tristan Mattelart, &#171; Pour une critique des th&#233;ories de la&lt;em&gt; mondialisation culturelle &#187;, Questions de communication&lt;/em&gt;, no 13, 2008. En ligne : journals.openedition.org/questionsdecommunication/1831.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Maxime Ouellet, &#171; L'Empire de la communication : le fantasme d'une communaut&#233; cybern&#233;tique &#187;, &lt;em&gt;Libert&#233;&lt;/em&gt;, no 318, hiver 2017, p. 25-27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'auteur est professeur &#224; l'&#201;cole des m&#233;dias de l'UQAM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Hans Splinter (CC BY-SA 2.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Les gestionnaires de l'apocalypse</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-gestionnaires-de-l-apocalypse</link>
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		<dc:date>2012-09-02T14:33:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Ouellet</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) </dc:subject>
		<dc:subject>Ouellet, Maxime </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce ne sont pas les id&#233;es qui m&#232;nent le monde. C'est leur gestion. Publicit&#233; HEC, Montr&#233;al, 2009 &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ex-ministre p&#233;quiste Fran&#231;ois Legault et l'homme d'affaires Charles Sirois ont lanc&#233; le 21 f&#233;vrier dernier un &#171; ambitieux &#187; manifeste portant sur l'avenir du Qu&#233;bec. Le document de consultation portant sur l'&#233;ducation, rendu public le 12 avril, est venu confirmer l'ambition principale de la coalition : la dissolution des institutions politiques qu&#233;b&#233;coises dans un processus de contr&#244;le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-40-ete-2011-" rel="directory"&gt;No 040 - &#233;t&#233; 2011&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Privatisation-et-partenariats-+" rel="tag"&gt;Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ouellet-Maxime-+" rel="tag"&gt;Ouellet, Maxime &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1299.gif?1642092131' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;300&#034; height=&#034;200&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce ne sont pas les id&#233;es qui m&#232;nent le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est leur gestion.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Publicit&#233; HEC, Montr&#233;al, 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ex-ministre p&#233;quiste Fran&#231;ois Legault et l'homme d'affaires Charles Sirois ont lanc&#233; le 21 f&#233;vrier dernier un &#171; ambitieux &#187; manifeste portant sur l'avenir du Qu&#233;bec. Le document de consultation portant sur l'&#233;ducation, rendu public le 12 avril, est venu confirmer l'ambition principale de la coalition : la dissolution des institutions politiques qu&#233;b&#233;coises dans un processus de contr&#244;le manag&#233;rial visant &#224; produire des individus adapt&#233;s &#224; la dynamique de croissance irr&#233;fl&#233;chie qui caract&#233;rise notre &#233;poque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#173;Au-del&#224; des questions politiques partisanes visant &#224; savoir si Legault formera un nouveau parti politique ou encore s'il rejoindra les rangs de l'ADQ, il convient tout d'abord de situer le Manifeste de la Coalition pour l'avenir du Qu&#233;bec dans le contexte des transformations plus profondes qui touchent l'ensemble des soci&#233;t&#233;s capitalistes avanc&#233;es. Les th&#233;oriciens, qui ont analys&#233; ces transformations &#224; travers les notions de soci&#233;t&#233; post-industrielle, de postmodernit&#233; ou encore d'hyper-modernit&#233;, reconnaissent tous qu'une des caract&#233;ristiques centrales de nos soci&#233;t&#233;s contemporaines serait la fin des &#171; m&#233;ta-r&#233;cits &#187;. En clair, cela signifie que nous sommes entr&#233;s dans une &#232;re post-politique o&#249; l'action collective n'est plus l&#233;gitim&#233;e en fonction d'id&#233;ologies politiques mais plut&#244;t &#224; partir de crit&#232;res manag&#233;riaux reposant sur le calcul co&#251;t-b&#233;n&#233;fice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fid&#232;le &#224; l'approche du &#171; problem solving &#187; apprise sur les bancs des HEC - o&#249; le logiciel &lt;i&gt;Powerpoint&lt;/i&gt; tient lieu de b&#233;quille intellectuelle &#224; un corps professoral compos&#233; principalement de comptables en manque d'imagination&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une critique du logiciel Powerpoint, voir Franck Frommer, La Pens&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;- Legault avance que les &#171; &lt;i&gt; id&#233;es audacieuses&lt;/i&gt; &#187; propos&#233;es aux Qu&#233;b&#233;cois suscitent trop souvent &#171; &lt;i&gt;la m&#233;fiance ou des r&#233;actions hostiles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Coalition pour l'avenir du Qu&#233;bec, p. 3. En ligne :&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &#187;. Cette m&#233;fiance serait due selon lui au fait que &#171; &lt;i&gt;ce qui est propos&#233; aux Qu&#233;b&#233;cois ne s'inscrit que rarement dans un plan global et coh&#233;rent de gouvernance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &#187;. La terminologie utilis&#233;e a au moins le m&#233;rite d'&#234;tre claire. Le terme &#171; gouvernance &#187;, faut-il le pr&#233;ciser, partage la m&#234;me racine que la cybern&#233;tique : &#171; la science du contr&#244;le et de la communication &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici donc d&#233;voil&#233;e l'&#171; id&#233;e &#187; ma&#238;tresse qui se trame derri&#232;re le plan de nos experts comptables d&#233;guis&#233;s en politiciens de service&#8194;&#224; la solde de l'overclass qu&#233;b&#233;coise : transformer le Qu&#233;bec en une gigantesque machine productive semblable &#224; une corporation multinationale. Non contente de s'&#234;tre enrichie &#224; m&#234;me les fonds publics, la classe de &lt;i&gt;new rich&lt;/i&gt; que forme le Qu&#233;bec inc. entend reconstruire la province &#224; son image. Il s'agit de produire un &#171; Homme nouveau &#187; adapt&#233; &#224; la dynamique d'accumulation dans le contexte d'une &#171; &#233;conomie du savoir &#187;. D'ailleurs, l'objectif principal des r&#233;formes du syst&#232;me d'&#233;ducation propos&#233;es dans le document intitul&#233; &lt;i&gt;Se doter de l'un des meilleurs syst&#232;mes d'&#233;ducation au monde d'ici 2020&lt;/i&gt; est de d&#233;velopper davantage le capital humain de la population qu&#233;b&#233;coise, suppos&#233;e &#234;tre la principale source d'enrichissement &#224; l'&#232;re du capitalisme cognitif. Pour ce faire, il faudra mettre en place une s&#233;rie de mesures de contr&#244;le, de crit&#232;res de performance, d'audits et de benchmark, en vue de &#171; lib&#233;rer &#187; l'ensemble des flux mon&#233;taires, informationnels et de savoirs. Il semble bien que dans la novlangue manag&#233;riale telle que pratiqu&#233;e par Legault et Sirois, &#171; l'esclavage c'est la libert&#233; &#187;. Est-il n&#233;cessaire de rappeler que c'est Staline qui a utilis&#233; en premier le terme de capital humain dans la formule : &#171; &lt;i&gt;L'homme [est] le capital le plus pr&#233;cieux.&lt;/i&gt; &#187; On voit bien l&#224; que le totalitarisme sovi&#233;tique a anticip&#233; le totalitarisme &#233;conomique contemporain fond&#233; sur la notion perverse de capital humain, qui a &#233;t&#233; synth&#233;tis&#233;e par la suite par l'&#233;conomiste ultra-lib&#233;ral de l'&#201;cole de Chicago Gary Becker.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, pour la coalition Legault-Sirois, la v&#233;rit&#233; du politique semble se trouver dans l'&#233;conomique. Dans l'optique manag&#233;riale, le politique est n&#233;cessairement une source d'opacit&#233; et de bruit qui emp&#234;che les flux, principalement mon&#233;taires, de circuler efficacement. L'id&#233;ologie manag&#233;riale vise ainsi la suppression du politique, puisqu'il est consid&#233;r&#233; comme un d&#233;tournement des flux de circulation d'argent et de pouvoir. Il s'agit d'inverser le rapport entre pouvoir et gestion, ou encore entre gouvernement et administration, d'o&#249; le slogan saint-simonien au fondement de la pens&#233;e de tous les ing&#233;nieurs sociaux : &lt;i&gt;L'administration des choses remplacera le gouvernement des hommes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Est-ce vraiment efficace&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vincent Gaulejac r&#233;sume ainsi les effets n&#233;fastes de la colonisation du politique par l'id&#233;ologie gestionnaire : &#171; &lt;i&gt;Les hommes politiques sont tent&#233;s de se transformer en hommes d'affaires, &#224; l'image des managers dynamiques, et les hommes d'affaires s'emparent du pouvoir politique, au nom de la performance et de la comp&#233;tence, m&#234;me lorsqu'ils n'ont aucune exp&#233;rience politique. Ils se glorifient de leur exp&#233;rience d'hommes d'entreprise et proposent de g&#233;rer la cit&#233; sur ce mod&#232;le. Le d&#233;bat politique risque alors de se r&#233;duire &#224; un d&#233;bat de conseil d'administration autour de probl&#232;mes budg&#233;taires et financiers. Les consid&#233;rations &#233;conomiques surd&#233;terminent tous les registres de la vie sociale. L'approche comptable impose ses normes aux affaires publiques, la gestion priv&#233;e devient la r&#233;f&#233;rence centrale pour gouverner les hommes. Les hommes politiques pensent fonder l'efficacit&#233; de leur action dans le mod&#232;le manag&#233;rial alors que ce mod&#232;le d&#233;valorise l'action publique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vincent Gaujelac, La soci&#233;t&#233; malade de la gestion : id&#233;ologie gestionnaire, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement l'id&#233;ologie gestionnaire tue le politique et tend &#224; renforcer le cynisme de la population envers la chose publique, mais elle s'appuie en plus sur des pr&#233;misses douteuses et des th&#233;ories fallacieuses. Les th&#233;ories de la nouvelle gestion publique (NGP) qui inspirent la r&#233;flexion de Legault visent &#224; mettre en place des m&#233;canismes de march&#233; et de concurrence au sein des institutions publiques afin d'en renforcer l'efficience. Or, la NGP se caract&#233;rise par un renversement des finalit&#233;s et des sp&#233;cificit&#233;s du secteur public dans la mesure o&#249; elle nie toute diff&#233;rence entre une institution publique et une entreprise priv&#233;e. Elle est orient&#233;e en fonction de l'atteinte de r&#233;sultats, principalement financiers, alors que le secteur public se caract&#233;rise par le fait qu'il favorise une rationalit&#233; et des processus normatifs et l&#233;gaux (respect des normes et de la l&#233;galit&#233;, neutralit&#233; et continuit&#233;). La NGP participe ce sens d'un f&#233;tichisme de la concurrence qui repose sur l'abstraction des activit&#233;s finalis&#233;es du secteur public pour les retraduire en purs crit&#232;res quantitatifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Dardot et Christian Laval, &#034;N&#233;olib&#233;ralisme et subjectivation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, de nombreuses &#233;tudes portant sur les r&#233;formes des institutions publiques inspir&#233;es par les th&#233;ories de la NGP ont montr&#233; qu'elles se sont r&#233;v&#233;l&#233;es inefficaces&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alan Scott, &#034; NPM in Perspective &#034;, communication pr&#233;sent&#233;e au colloque (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour les raisons suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Le contr&#244;le par le processus de gestion de la qualit&#233; totale et les audits sont des modes de gestion qui ne permettent pas l'adh&#233;sion des participants. Ces mod&#232;les sont destructeurs de la culture institutionnelle en g&#233;n&#233;ral. Ils tendent donc &#224; perp&#233;tuer les probl&#232;mes qu'ils visent &#224; r&#233;gler.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Ils impliquent un rituel de v&#233;rification co&#251;teux dans lequel la proc&#233;dure ne se r&#233;f&#232;re plus &#224; l'activit&#233; qu'elle devait initialement mesurer. Les contrats de performance, par exemple, visent &#224; &#233;valuer la performance sans &#233;gard &#224; la nature de l'activit&#233;. C'est donc dire que les professeurs, &#224; qui on veut imposer des &#233;valuations permanentes, vont augmenter les notes de leurs &#233;l&#232;ves arbitrairement afin de rencontrer leurs objectifs.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Ces efforts sont disproportionn&#233;s par rapport aux rendements qu'ils g&#233;n&#232;rent. La pr&#233;tention &#224; d&#233;bureaucratiser et &#224; augmenter l'efficience n&#233;cessite paradoxalement la cr&#233;ation de lourds m&#233;canismes de mesure.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Les r&#233;gimes d'audits, qui sont exponentiels, diminuent la confiance du public dans les institutions, ce qui augmente la demande pour plus de contr&#244;le et de surveillance. Des m&#233;canismes de contr&#244;le sont ainsi ajout&#233;s, et ainsi virtuellement &#224; l'infini.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L'imitation des mod&#232;les de march&#233; de m&#234;me que l'accent mis sur la comp&#233;tition nationale et globale m&#232;nent &#224; la d&#233;-finalisation des institutions et ouvrent la porte aux pressions et aux int&#233;r&#234;ts corporatifs, donc &#224; davantage de corruption.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Si on peut sinc&#232;rement douter que la coalition Legault-Sirois rencontre ses objectifs politiques, les propositions visant &#224; &#171; &lt;i&gt;se doter de l'un des meilleurs syst&#232;mes d'&#233;ducation au monde&lt;/i&gt; &#187; demeurent tout de m&#234;me inqui&#233;tantes en ce qui concerne le type d'individu qu'elles cherchent &#224; produire. Pour paraphraser Jaime Semprun qui, &#224; la question pos&#233;e par les &#233;cologistes : &#171; &lt;i&gt;Quel monde allons-nous laisser &#224; nos enfants&lt;/i&gt; ? &#187;, r&#233;pondait qu'il conviendrait plut&#244;t de se poser la question : &#171; &lt;i&gt;&#192; quels enfants allons-nous laisser le monde ?&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jaime Semprun, L'Ab&#238;me se repeuple, &#201;ditions de l'Encyclop&#233;die des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, il faudrait r&#233;fl&#233;chir collectivement &#224; la question de savoir &#171; &lt;i&gt;&#192; quels enfants allons-nous laisser le Qu&#233;bec ?&lt;/i&gt; &#187; &#192; des petits entrepreneurs d'eux-m&#234;mes narcissiques &#224; qui l'on demande de &#171; produire toujours plus &#187; afin de pouvoir &#171; consommer toujours plus &#187;, dont la subjectivit&#233; entre en compl&#233;mentarit&#233; structurelle avec la logique d'accumulation illimit&#233;e du capital ? Ou encore &#224; des citoyens autonomes en mesure de poser collectivement des limites &#224; la dynamique de croissance illimit&#233;e ? Les d&#233;fis auxquels vont &#234;tre confront&#233;es les g&#233;n&#233;rations futures, que ce soit au Qu&#233;bec ou &#224; travers le monde, sont immenses. Il faudrait peut-&#234;tre se demander s'il est responsable collectivement de laisser entre les mains de quelques managers sans vision les soins de &#171; g&#233;rer l'apocalypse &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je reprends ici le terme de la t&#233;tralogie de l'&#233;crivain qu&#233;b&#233;cois (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; vers laquelle nous pousse in&#233;luctablement notre mod&#232;le de d&#233;veloppement aveugle ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une critique du logiciel &lt;i&gt;Powerpoint&lt;/i&gt;, voir Franck Frommer, &lt;i&gt;La Pens&#233;e Powerpoint : enqu&#234;te sur ce logiciel qui rend stupide&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte, 2010&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Coalition pour l'avenir du Qu&#233;bec, p. 3. En ligne : &lt;a href=&#034;http://www.coalitionavenir.org/files/Version%20finale%20texte%2021-02-2011-1.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.coalitionavenir.org/files/Version%20finale%20texte%2021-02-2011-1.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Idem.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vincent Gaujelac, &lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; malade de la gestion : id&#233;ologie gestionnaire, pouvoir manag&#233;rial et harc&#232;lement social&lt;/i&gt;, Paris, Points, 2009, p. 214&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Dardot et Christian Laval, &#034;N&#233;olib&#233;ralisme et subjectivation capitaliste&#034;, &lt;i&gt;Cit&#233;s&lt;/i&gt;, no. 41, 2010, p. 35-50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alan Scott, &#034; NPM in Perspective &#034;, communication pr&#233;sent&#233;e au colloque &lt;i&gt;L'enseignement sup&#233;rieur entre Nouvelle gestion Publique et d&#233;pression &#233;conomique&lt;/i&gt;, Analyse compar&#233;e et essai de prospective, Universit&#233; de Paris Ouest Nanterre La D&#233;fense, 11-12 d&#233;cembre 2009&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jaime Semprun, &lt;i&gt;L'Ab&#238;me se repeuple&lt;/i&gt;, &#201;ditions de l'Encyclop&#233;die des Nuisances, 1997&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je reprends ici le terme de la t&#233;tralogie de l'&#233;crivain qu&#233;b&#233;cois Jean-Jacques Pelletier intitul&#233;e &lt;i&gt;Les Gestionnaires de l'Apocalypse&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une soci&#233;t&#233; &#224; refaire : vers une &#233;cologie de la libert&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-societe-a-refaire-vers-une</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Une-societe-a-refaire-vers-une</guid>
		<dc:date>2012-08-26T18:46:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Ouellet</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Ouellet, Maxime </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Murray Bookchin, Une soci&#233;t&#233; &#224; refaire : vers une &#233;cologie de la libert&#233;, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2010. &lt;br class='autobr' /&gt; Les &#233;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233; ont eu la bonne id&#233;e de r&#233;&#233;diter Une soci&#233;t&#233; &#224; refaire, la synth&#232;se th&#233;orique et politique des id&#233;es du c&#233;l&#232;bre &#233;co-anarchiste am&#233;ricain Murray Bookchin. &lt;br class='autobr' /&gt;
En avant-propos du livre, Bookchin nous explique, &#224; partir d'une anecdote &#233;clairante, les raisons qui ont motiv&#233; la r&#233;daction de son ouvrage. Il s'agit en grande partie de l'incapacit&#233; des mouvements (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1325.jpg?1642092132' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;198&#034; height=&#034;305&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Murray Bookchin, &lt;i&gt;Une soci&#233;t&#233; &#224; refaire : vers une &#233;cologie de la libert&#233;&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233; ont eu la bonne id&#233;e de r&#233;&#233;diter &lt;i&gt;Une soci&#233;t&#233; &#224; refaire&lt;/i&gt;, la synth&#232;se th&#233;orique et politique des id&#233;es du c&#233;l&#232;bre &#233;co-anarchiste am&#233;ricain Murray Bookchin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avant-propos du livre, Bookchin nous explique, &#224; partir d'une anecdote &#233;clairante, les raisons qui ont motiv&#233; la r&#233;daction de son ouvrage. Il s'agit en grande partie de l'incapacit&#233; des mouvements environnementalistes de produire une th&#233;orie coh&#233;rente en mesure de penser une soci&#233;t&#233; diff&#233;rente du mod&#232;le de croissance destructeur du capitalisme. Ce n'est pas que les environnementalistes de tout acabit n'aient pas une quelconque intuition des d&#233;sastres environnementaux qu'induit la mani&#232;re dont notre soci&#233;t&#233; est construite. Mais le naturalisme primitif de la plupart des environnementalistes fait que leur pens&#233;e se r&#233;duit le plus souvent &#224; n'&#234;tre que le pendant antinomique du lib&#233;ralisme, lequel justifie son productivisme par la n&#233;cessit&#233; in&#233;luctable de lib&#233;rer l'humain de la domination que la nature exerce sur lui. Cette dualit&#233; nature/culture, soutient Bookchin, n'est que le produit social-historique de l'ali&#233;nation de l'&#234;tre humain, de sa v&#233;ritable nature, celle d'&#234;tre un &#234;tre social, donc de culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre le postmodernisme et son relativisme tronqu&#233; et l'anti-humanisme de l'&#233;cologie profonde, Bookchin propose une th&#233;orie du rapport entre l'humain et la nature, et &#233;galement de l'humain avec lui-m&#234;me, qui s'appuie sur une Raison dialectique. Aux militants qui, &#224; l'instar des mao&#239;stes, soutiennent qu'il faut privil&#233;gier l'action sur la pens&#233;e, il rappelle qu'il est n&#233;cessaire de produire une th&#233;orie de la soci&#233;t&#233; pour savoir o&#249; l'on s'en va. En th&#233;orie, l'&#233;cologie sociale selon Bookchin doit se fonder sur les valeurs qui animent les mouvements anarchistes depuis leur naissance. En pratique, l'&#233;cologie sociale doit prendre la forme d'un municipalisme libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit des consid&#233;rations hautement th&#233;oriques qui animent les propos de Bookchin, sa prose demeure accessible au grand public. Il montre qu'une r&#233;flexion politique digne de ce nom ne peut occulter les d&#233;bats m&#233;ta-politiques, voire ontologiques. Bref, avant d'agir, il faut d&#233;j&#224; au pr&#233;alable penser ce qu'on &#171; est &#187; et ce qu'on &#171; fait &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte de la crise &#233;cologique, &#233;conomique, politique et civilisationnelle &#224; laquelle nous assistons actuellement, la (re)lecture de Bookchin s'av&#232;re n&#233;cessaire. Si, comme le soutenait Razmig Keucheyan, dans la conclusion de son livre &lt;i&gt;H&#233;misph&#232;re gauche&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;l'&#233;cologie politique n'a pas encore produit son Marx&lt;/i&gt; &#187; (Lux, 2010, p. 325), il appara&#238;t &#233;vident que le futur &#171; Marx &#233;cologiste &#187; devra minimalement confronter sa pens&#233;e avec celle de Bookchin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le discours sur l'endettement</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-discours-sur-l-endettement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-discours-sur-l-endettement</guid>
		<dc:date>2012-01-13T02:19:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Ouellet</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Consommation, marchandisation et pub</dc:subject>
		<dc:subject>Ouellet, Maxime </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nos &#233;lites politico-&#233;conomiques viennent de tirer la sonnette d'alarme : le taux d'endettement des Canadiens risque de replonger le pays dans une crise financi&#232;re semblable &#224; celle qui a frapp&#233; les &#201;tats-Unis en 2008. Le ratio de la dette des m&#233;nages canadiens par rapport &#224; leur revenu a atteint le niveau record de 148,1 %, taux qui d&#233;passe celui des Am&#233;ricains qui se situe maintenant &#224; 147,2 %. Selon Mark Carney, &#171; La turbulence que traverse l'Europe en ce moment nous rappelle que la crise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nos &#233;lites politico-&#233;conomiques viennent de tirer la sonnette d'alarme : le taux d'endettement des Canadiens risque de replonger le pays dans une crise financi&#232;re semblable &#224; celle qui a frapp&#233; les &#201;tats-Unis en 2008. Le ratio de la dette des m&#233;nages canadiens par rapport &#224; leur revenu a atteint le niveau record de 148,1 %, taux qui d&#233;passe celui des Am&#233;ricains qui se situe maintenant &#224; 147,2 %. Selon Mark Carney, &#171; La turbulence que traverse l'Europe en ce moment nous rappelle que la crise n'est pas termin&#233;e, mais qu'elle vient simplement d'entrer dans une nouvelle phase. Dans un monde submerg&#233; par les dettes, l'assainissement du bilan des banques, des m&#233;nages et des pays exigera des ann&#233;es. Par cons&#233;quent, le rythme, le profil et la variabilit&#233; de la croissance &#224; l'&#233;chelle du globe se modifient, et le Canada doit s'adapter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;rard B&#233;rub&#233;, &#171; Mise en garde de Mark Carney - Les Canadiens s'endettent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans ce contexte, plusieurs pontifes de la &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt; &#233;conomique ont entrepris une vaste campagne de propagande afin d'&#233;duquer les masses ignorantes des &#171; choses &#233;conomiques &#187; aux dangers li&#233;s au surendettement. Le 15 janvier dernier, Alain Dubuc, dans un dossier sp&#233;cial de&lt;i&gt; La Presse&lt;/i&gt; intitul&#233; &#171; Vivre &#224; cr&#233;dit &#187;, nous fait part d'une v&#233;rit&#233; sociologique que personne parmi les sycophantes de l'overclass financi&#232;re n'a sembl&#233; avoir d&#233;couverte jusqu'ici : &#171; &lt;i&gt;l'endettement est le sympt&#244;me de quelque chose de plus profond, une conception du bonheur&lt;/i&gt; &#187; qui est ax&#233;e sur la &#171; &lt;i&gt;gratification instantan&#233;e, o&#249; les gens se d&#233;finissent &#224; travers ce qu'ils consomment&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Dubuc, &#171; Une conception du bonheur &#187;, La Presse, 25 janvier 2011.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Dans un sermon, digne des moralistes anglais du XVIIIe si&#232;cle qui professaient aux masses laborieuses les vertus de l'&#233;pargne et du travail, le chroniqueur de &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt; tire la conclusion qu'&#171; &lt;i&gt;&#224; force de glorifier la consommation, on en vient &#224; oublier les autres d&#233;terminants du succ&#232;s &#233;conomique, comme le travail, l'investissement, la productivit&#233; et l'&#233;pargne&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Dans la m&#234;me p&#233;riode, l'ancien ministre Claude Castonguay, maintenant Fellow invit&#233; au tr&#232;s scientifique CIRANO, propose quant &#224; lui de forcer les travailleurs pauvres qui ne sont pas couverts par un r&#233;gime de retraite d'employeur &#224; cotiser au moins 5 % de leurs revenus dans un R&#201;ER.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet appel aux vertus de l'&#233;pargne de la part des thur&#233;rifaires du grand Capital masque une r&#233;alit&#233; profonde : comment faire pour stimuler la relance &#233;conomique dans un pays o&#249; plus de 70 % de la croissance est g&#233;n&#233;r&#233;e par la consommation ? Jean-Marc Fournier, ministre responsable de la protection du consommateur, reconna&#238;t le probl&#232;me. Mais selon lui les pauvres doivent apprendre &#224; vivre selon leurs moyens : &#171; &lt;i&gt;Va pour la consommation, mais une consommation adapt&#233;e aux moyens de chacun et non une consommation d&#233;brid&#233;e qui peut cr&#233;er une bulle&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Louise Leduc, &#171; Le ministre Fournier veut agir &#187;, La Presse, 15 janvier 2011.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble bien que la situation actuelle nous place devant l'une des contradictions profondes du capitalisme avanc&#233; qui se manifeste par l'incapacit&#233; d'arrimer la dynamique de la surproduction avec celle de la surconsommation. Le rem&#232;de pr&#233;conis&#233; par les &#233;conomistes lib&#233;raux, la baisse des salaires pour stimuler la productivit&#233;, risque de nous plonger dans le cercle vicieux de la hausse du ch&#244;mage puisque les principaux partenaires commerciaux vers qui le Canada pourrait se tourner pour exporter sa surproduction peinent &#224; se relever de la crise de 2008. Ainsi, derri&#232;re le voile moralisateur de ces discours qui enjoignent les banquiers irresponsables &#224; s'auto-discipliner et appellent la population tout aussi irresponsable &#224; &#171; vivre selon ses moyens &#187;, ne se cacherait-il pas un probl&#232;me plus profond, celui de la crise structurelle qui affecte l'ensemble des soci&#233;t&#233;s capitalistes avanc&#233;es depuis maintenant plus d'une trentaine d'ann&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Financiarisation et crise du capitalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les causes de cette crise, est-il n&#233;cessaire de le rappeler, ne sont pas uniquement dues au mauvais agissement de quelques financiers v&#233;reux, ou encore &#224; des d&#233;r&#233;glementations orchestr&#233;es par de m&#233;chants politiciens n&#233;olib&#233;raux, mais sont plut&#244;t li&#233;es aux contradictions profondes du capitalisme. Comme l'&#233;crit Anselm Jappe, &#171; &lt;i&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme &#233;tait, au contraire, la seule mani&#232;re possible de prolonger encore un peu le syst&#232;me capitaliste que personne ne voulait s&#233;rieusement mettre en question dans ses fondements, ni &#224; droite ni &#224; gauche. Un grand nombre d'entreprises et d'individus ont pu garder longtemps une illusion de prosp&#233;rit&#233; gr&#226;ce au cr&#233;dit. Maintenant, cette b&#233;quille s'est &#233;galement cass&#233;e. Mais le retour au keyn&#233;sianisme, &#233;voqu&#233; un peu partout, sera tout &#224; fait impossible : il n'y a plus assez d'argent &#171; r&#233;el &#187; &#224; la disposition des &#201;tats&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anselm Jappe, Cr&#233;dit &#224; mort : 4519779941507678/Anselm_Jappe_-_Cr-dit_-_mort.pdf&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, le mode de r&#233;gulation fordiste-keyn&#233;sien, qui avait r&#233;ussi le miracle d'arrimer la surproduction &#224; la surconsommation via l'accroissement des salaires en fonction des hausses de productivit&#233;, et l'augmentation des d&#233;penses publiques pour stimuler la consommation de biens collectifs, est entr&#233; en crise au tournant des ann&#233;es 1970. Ce mod&#232;le vertueux s'est mut&#233; en un r&#233;gime d'accumulation financiaris&#233; o&#249; le cr&#233;dit et les actifs financiers (principalement immobiliers) d&#233;tenus par les m&#233;nages sont venus financer leur surconsommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, le march&#233; de l'immobilier devient une forme d'&#201;tat-providence de remplacement pour les classes moyennes. Pour que cette m&#233;tamorphose soit possible, les banques &#8211; dont la principale activit&#233; lucrative consiste &#224; endetter la population &#173;&#8211; ont d&#251; mettre en branle au pr&#233;alable une vaste campagne de mobilisation des esprits afin de changer l'attitude de la population envers sa mani&#232;re d'habiter l'espace. L'habitat, en tant que &#171; &lt;i&gt;forme la plus &#233;l&#233;mentaire d'exister et de se situer en propre dans le monde&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Paul Doll&#233;, L'inhabitable capital, Paris, Lignes, 2010.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, est maintenant per&#231;u par la plupart comme un actif financier qu'il convient de faire fructifier. &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes plus riches que vous ne le pensez&lt;/i&gt; &#187; clame une publicit&#233; de la Banque Scotia. En clair, cela signifie que la majorit&#233; de la population dont le salaire n'a pas augment&#233; depuis plus de 30 ans doit maintenant financer sa consommation gr&#226;ce &#224; l'augmentation de la valeur de ses actifs financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste ainsi &#224; une mutation profonde de la mani&#232;re dont s'effectue la reproduction sociale. Celle-ci ne passe plus principalement par le rapport d'esclavage salarial, elle repose en majeure partie sur la capacit&#233; des m&#233;nages d'obtenir du cr&#233;dit. Cela ne veut pas dire que le travail en tant que forme centrale de m&#233;diation &#8211; et de domination &#8211; sociale ait disparu, mais plut&#244;t que son r&#244;le s'est transform&#233;. L'emploi a d&#233;sormais pour fonction d'obtenir un salaire minimum pour acqu&#233;rir la cr&#233;dibilit&#233; financi&#232;re suffisante afin d'acc&#233;der au cr&#233;dit. Avec la hausse prochaine des tarifs (TVQ, assurance m&#233;dicament, frais de scolarit&#233;, etc.), l'endettement des m&#233;nages ne va qu'augmenter, surtout qu'on normalise le recours au cr&#233;dit chez les &#233;tudiants sous le fallacieux pr&#233;texte qu'ils seront en mesure de r&#233;colter des flux de revenus futurs en investissant davantage dans leur &#171; capital humain &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les institutions financi&#232;res s'en trouvent doublement gagnantes. D'une part, elles tirent profit de l'individu transform&#233; en investisseur qui place une partie de ses revenus sous forme d'actifs financiers, et d'autre part elles accumulent sur le dos de ce m&#234;me individu surendett&#233; qui rembourse uniquement le minimum de son solde de carte de cr&#233;dit &#224; des taux d'int&#233;r&#234;ts usuriers. En clair, la dynamique vertueuse d'accumulation, plut&#244;t que d'&#234;tre arrim&#233;e &#224; l'augmentation de la productivit&#233; industrielle, est li&#233;e &#224; l'accroissement sp&#233;culatif de la valeur financi&#232;re. Cette omnipotence de la finance, qui est en mesure de r&#233;gir jusqu'&#224; notre mani&#232;re d'&#234;tre dans le monde, devrait nous amener &#224; questionner la l&#233;gitimit&#233; des institutions financi&#232;res dans nos soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi ne pas socialiser le syst&#232;me de cr&#233;dit ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, contrairement &#224; la croyance populaire fortement propag&#233;e encore r&#233;cemment par l'ineffable Maxime Bernier qui souhaite retourner au r&#233;gime de l'&#233;talon-or (!!!)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maxime Bernier, &#171; Ancrer la monnaie dans l'or &#187; :&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la cr&#233;ation mon&#233;taire n'est pas principalement l'affaire de l'&#201;tat. C'est plut&#244;t celle des banques priv&#233;es qui poss&#232;dent le privil&#232;ge d'&#233;mettre de la monnaie scripturale, c'est-&#224;-dire de l'argent sous forme de cr&#233;dit. Curieusement, personne parmi la communaut&#233; &#233;pist&#233;mique des &#233;conomistes ne semble questionner ce privil&#232;ge qui est accord&#233; par l'&#201;tat &#224; quelques institutions priv&#233;es, ni le fait qu'elles g&#233;n&#232;rent des profits pharaoniques en &#233;mettant une marchandise fictive qui ne co&#251;te rien &#224; produire : l'octroi de lignes de cr&#233;dit qui sont en retour factur&#233;es sous forme de taux d'int&#233;r&#234;t&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fr&#233;d&#233;ric Lordon, &#171; Pour un syst&#232;me socialis&#233; du cr&#233;dit &#187;, La pompe &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, &#224; l'oppos&#233; des fables que nous racontent &lt;i&gt;ad nauseam&lt;/i&gt; nos anciens camarades marxistes vulgaires recycl&#233;s en chroniqueurs &#233;conomiques encore plus vulgaires, l'argent n'est pas une marchandise. Il s'agit d'un bien public au m&#234;me titre que l'eau qui coule dans les aqueducs municipaux. Plus la monnaie est utilis&#233;e, plus la richesse sociale qu'elle repr&#233;sente profite &#224; l'ensemble de la communaut&#233;, c'est pourquoi elle doit faire l'objet d'une r&#233;gulation politique de la part des banques centrales. Dans la mesure o&#249; les banques canadiennes ont re&#231;u pas moins de 125 milliards de dollars en aide gouvernementale &#224; la suite de la crise de 2008&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Louis Gaudreau, &#171; La stabilit&#233; artificielle des banques canadiennes &#187;, &#192; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, argent qui a majoritairement servi &#224; endetter davantage la population et nos gouvernements, ne serait-il pas temps de lancer un d&#233;bat public sur la socialisation du syst&#232;me bancaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce sujet voir Lordon, op. cit.&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r il ne s'agirait l&#224; que d'une mesure palliative et temporaire avant d'entreprendre la d&#233;croissance n&#233;cessaire vers laquelle nous pousse in&#233;luctablement le Capital. Dans un contexte o&#249; la finance a colonis&#233; jusqu'&#224; notre mani&#232;re d'exister et d'habiter le monde, et o&#249; les conditions n&#233;cessaires &#224; la r&#233;volution anthropologique qui nous permettrait de passer &#224; un au-del&#224; du capitalisme ne semblent pas pr&#233;sentes, ce d&#233;bat aurait au moins le m&#233;rite de re-politiser l'&#233;conomie et de contrer le discours moralisateur qui vise justement &#224; la d&#233;politiser en culpabilisant les consommateurs irresponsables.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;G&#233;rard B&#233;rub&#233;, &#171; Mise en garde de Mark Carney - Les Canadiens s'endettent au-del&#224; de ce qui est raisonnable &#187;, Le Devoir, 14 d&#233;cembre 2010.. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Dubuc, &#171; Une conception du bonheur &#187;, La Presse, 25 janvier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Louise Leduc, &#171; Le ministre Fournier veut agir &#187;, La Presse, 15 janvier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Anselm Jappe, Cr&#233;dit &#224; mort : &lt;a href=&#034;http://palim-psao.over-blog.fr/ext/http://sd-1.archivehost.com/membres/up/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://palim-psao.over-blog.fr/ext/http://sd-1.archivehost.com/membres/up/&lt;/a&gt; 4519779941507678/Anselm_Jappe_-_Cr-dit_-_mort.pdf&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Paul Doll&#233;, L'inhabitable capital, Paris, Lignes, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Maxime Bernier, &#171; Ancrer la monnaie dans l'or &#187; : &lt;a href=&#034;http://www.maximebernier.com/2010/01/ancrer-la-monnaie-dans-lor/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.maximebernier.com/2010/01/ancrer-la-monnaie-dans-lor/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lordon, &#171; Pour un syst&#232;me socialis&#233; du cr&#233;dit &#187;, La pompe &#224; phynance : http://blog.mondediplo .net/2009-01-05-Pour-un-systeme-socialise-du-credit&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Louis Gaudreau, &#171; La stabilit&#233; artificielle des banques canadiennes &#187;, &#192; b&#226;bord !, &#201;t&#233; 2010, p. 10-11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; ce sujet voir Lordon, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Pierre Cr&#233;p&#244;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le R&#233;seau Libert&#233;-Qu&#233;bec</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-Reseau-Liberte-Quebec</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-Reseau-Liberte-Quebec</guid>
		<dc:date>2011-10-11T01:38:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Ouellet</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Ouellet, Maxime </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 23 octobre dernier, plus de 450 personnes se r&#233;clamant de la &#171; droite citoyenne &#187; se sont r&#233;unies &#224; Qu&#233;bec (encore une fois&#8230;) pour cr&#233;er un mouvement de masse en faveur d'une r&#233;forme en profondeur du mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois. Cette r&#233;forme reposerait sur les valeurs de libert&#233; de choix et de responsabilit&#233; individuelle. Alors que les journalistes experts en politique-spectacle se demandent si ce mouvement r&#233;ussira &#224; ressusciter l'ADQ ou s'il m&#232;nera &#224; la cr&#233;ation d'un nouveau parti de droite, il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-37-dec-2010-jan-2011-" rel="directory"&gt;No 037 - d&#233;c. 2010 / jan. 2011&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ouellet-Maxime-+" rel="tag"&gt;Ouellet, Maxime &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1144.gif?1642092122' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;3359&#034; height=&#034;2817&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 23 octobre dernier, plus de 450 personnes se r&#233;clamant de la &#171; droite citoyenne &#187; se sont r&#233;unies &#224; Qu&#233;bec (encore une fois&#8230;) pour cr&#233;er un mouvement de masse en faveur d'une r&#233;forme en profondeur du mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois. Cette r&#233;forme reposerait sur les valeurs de libert&#233; de choix et de responsabilit&#233; individuelle. Alors que les journalistes experts en politique-spectacle se demandent si ce mouvement r&#233;ussira &#224; ressusciter l'ADQ ou s'il m&#232;nera &#224; la cr&#233;ation d'un nouveau parti de droite, il convient de se pencher sur la nature profonde du discours id&#233;ologique tenu par le R&#233;seau Libert&#233;-Qu&#233;bec, afin de comprendre sa pr&#233;gnance dans l'espace public depuis plus d'une trentaine d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les conf&#233;rences pr&#233;sent&#233;es lors de la rencontre du R&#233;seau Libert&#233;-Qu&#233;bec avaient la pr&#233;tention de diffuser &#171; &lt;i&gt;un discours rarement v&#233;hicul&#233; par les m&#233;dias traditionnels&lt;/i&gt; &#187;. Selon les organisateurs, &#171; &lt;i&gt;la sacralisation du mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois social-d&#233;mocrate et la polarisation du d&#233;bat sur l'axe f&#233;d&#233;raliste-souverainiste ont priv&#233; jusqu'ici les Qu&#233;b&#233;cois de d&#233;bats ayant cours dans la majorit&#233; des soci&#233;t&#233;s occidentales et essentiels au redressement du Qu&#233;bec.&lt;/i&gt; &#187; M&#234;me si l'on peut douter que Pierre Karl P&#233;ladeau et Paul Desmarais soient des compagnons de lutte de Fidel Castro, passons outre ces th&#233;ories conspirationnistes qui d&#233;noncent &#171; &lt;i&gt;le biais gauchiste des m&#233;dias&lt;/i&gt; &#187; (sic) pour interroger les fondements sociohistoriques du &#171; mal &#187; qui nous accablerait : l'&#201;tat socialiste qui brimerait notre libert&#233; individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retournons bri&#232;vement au d&#233;but du XXe si&#232;cle pour comprendre la mutation profonde du capitalisme lors de l'av&#232;nement de la corporation. La reconnaissance du statut juridique de &#171; personne morale &#187; &#224; la corporation a non seulement remplac&#233; la figure bourgeoise du capitaliste, mais a &#233;galement transform&#233; la nature m&#234;me du syst&#232;me. Dans le capitalisme avanc&#233;, la m&#233;diation des rapports sociaux &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; le march&#233; est remplac&#233;e par la planification des corporations. Le contr&#244;le organisationnel est alors devenu la forme pr&#233;dominante de pouvoir social et &#233;conomique, au d&#233;triment de celle du capitaliste bourgeois (l'entrepreneur). Dans ce contexte, les industriels ont retenu la le&#231;on de John Maynard Keynes selon laquelle il &#233;tait dans leur int&#233;r&#234;t que l'&#201;tat intervienne dans la stimulation de la demande effective, afin qu'ils puissent planifier &#171; rationnellement &#187; l'&#233;coulement des produits qui ne trouveraient pas &#171; naturellement &#187; de preneurs dans le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La scission constitutive de la modernit&#233; entre l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233; civile s'est donc graduellement estomp&#233;e au profit d'une logique organisationnelle partag&#233;e tant par les entreprises priv&#233;es que par les institutions publiques. Comme le soulignait l'&#233;conomiste John Kenneth Galbraith dans &lt;i&gt;Le nouvel &#201;tat industriel&lt;/i&gt;, la programmation de la consommation appuy&#233;e par l'&#201;tat joue un r&#244;le essentiel au maintien de la croissance &#233;conomique : &#171; &lt;i&gt;En r&#233;alit&#233;, le syst&#232;me industriel est inextricablement li&#233; &#224; l'&#201;tat. Il n'&#233;chappe &#224; personne que la grande entreprise moderne est un bras de l'&#201;tat ; et celui-ci dans des circonstances importantes, est lui-m&#234;me un instrument du syst&#232;me industriel&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John K. Galbraith, The New Industrial State, Boston, Houghton Mifflin, 1967, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en gardant en t&#234;te cette mutation de la propri&#233;t&#233; capitaliste qu'on peut comprendre l'appel &#224; la libert&#233; du R&#233;seau Libert&#233;-Qu&#233;bec. Contrairement &#224; la croyance r&#233;pandue, le n&#233;olib&#233;ralisme ne consiste pas en un retrait de l'&#201;tat face au march&#233; qui induirait une nouvelle forme de capitalisme d&#233;sorganis&#233;. L'entreprise priv&#233;e, bien qu'elle se fasse le porte-parole d'une d&#233;r&#233;glementation qui favoriserait la comp&#233;tition, honnit cette m&#234;me comp&#233;tition. Ainsi, &#224; G&#233;rard Deltell &#8211; qui clamait &#171; [qu'] &lt;i&gt;il faut avoir plus de riches. C'est un tabou, &#231;a, au Qu&#233;bec. Il faut &#234;tre fier d'avoir des gens qui ont r&#233;ussi en affaires. Il faut &#234;tre fier d'avoir des millionnaires. Il faut voir ces champions comme des sources d'inspiration et pas comme des suspects&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Marc Salvet, &#171; Entrevue avec G&#233;rard Deltell. Pour en finir avec la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; &#8211;, on pourrait lui opposer les propos d'un certain Pierre Karl P&#233;ladeau. L'h&#233;riter de Qu&#233;b&#233;cor, qui a construit son empire gr&#226;ce &#224; l'argent public provenant de la Caisse de d&#233;p&#244;t, tenait il n'y a pas si longtemps des propos fortement anticoncurrentiels devant le CRTC : &#171; &lt;i&gt;Et c'est pour &#231;a que je dis, d'une certaine fa&#231;on, que la concentration est souhaitable dans la mesure o&#249; elle permet de maintenir cette exception culturelle qui existe parce qu'il s'agit ici d'un groupe qui a les capacit&#233;s financi&#232;res d'investir en production locale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Karl P&#233;ladeau, audiences du CRTC, f&#233;vrier 2003.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Le n&#233;olib&#233;ralisme se caract&#233;rise donc par le passage d'une r&#233;gulation des monopoles favorable &#224; l'int&#233;r&#234;t (plus ou moins) g&#233;n&#233;ral (le fordisme-keyn&#233;sianisme) &#224; une r&#233;gulation des monopoles favorable aux int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. La distinction entre la p&#233;riode fordiste-keyn&#233;sienne et la p&#233;riode n&#233;olib&#233;rale r&#233;side dans deux mani&#232;res diff&#233;rentes d'organiser l'anti-march&#233; (les monopoles).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La sp&#233;cificit&#233; du n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cela nous am&#232;ne &#224; chercher la sp&#233;cificit&#233; du n&#233;olib&#233;ralisme ailleurs que dans le march&#233;. Comme le souligne Frederic Jameson : &#171; &lt;i&gt;le march&#233; en tant que concept a rarement quelque chose &#224; faire avec le choix ou la libert&#233;, qui sont d&#233;termin&#233;s &#224; l'avance pour nous, qu'il s'agisse de nouveaux mod&#232;les de voitures, de jouets ou de programmes de t&#233;l&#233;vision : assur&#233;ment nous faisons un choix parmi ces &#233;l&#233;ments, mais il est difficile d'affirmer que nous avons eu notre mot &#224; dire en faisant un choix v&#233;ritable. Donc l'homologie avec la libert&#233; est au mieux une homologie avec la d&#233;mocratie parlementaire de type repr&#233;sentatif qui est la n&#244;tre&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Frederic Jameson, &#171; Postmodernisme et march&#233; &#187;, Multitude Web, 1992.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . &#187; En effet, le n&#233;olib&#233;ralisme consiste plut&#244;t en une nouvelle rationalit&#233;, non pas &#233;conomique mais &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt; en ce qu'elle vise &#224; produire, au moyen de l'intervention de l'&#201;tat, un rapport au monde particulier chez les individus. Dans ce monde totalement administr&#233;, appara&#238;t une nouvelle conception de l'individu, celle de l'individu-entrepreneurial, qui vient dissoudre la tension entre le consommateur et le citoyen constitutive de la d&#233;mocratie lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re le discours de la libert&#233; de choix tenu par les chantres du n&#233;olib&#233;ralisme se dessine une forme insidieuse de domination, celle de la n&#233;cessit&#233; de s'adapter &#224; la dynamique d'autovalorisation illimit&#233;e du capital. Dans ce contexte capitaliste o&#249; prime un mod&#232;le de d&#233;veloppement aveugle et hors du contr&#244;le humain, la seule libert&#233; qui demeure serait donc celle d'une r&#233;ponse adaptative (de type pavlovien) aux &lt;i&gt;stimuli&lt;/i&gt; provenant du syst&#232;me des prix. Ces &#171; signaux du march&#233; &#187; exigent la transformation du sujet en entrepreneur de lui-m&#234;me g&#233;rant son &#171; capital humain &#187;. C'est donc &#224; cette forme de violence ultra-objective du r&#233;gime darwinien que tente de r&#233;pondre la violence ultra-subjective des populismes fondamentalistes qui surgissent irr&#233;m&#233;diablement &#224; la suite des crises &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;fi pour la gauche dans le contexte de la crise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si le propre d'un discours id&#233;ologique est d'&#234;tre empreint de contradictions, sa force r&#233;side cependant dans sa capacit&#233; &#224; incorporer un ensemble d'&#233;l&#233;ments dans lesquels les individus domin&#233;s se reconnaissent. De fait, le sentiment d'ali&#233;nation des citoyens face &#224; la lourdeur bureaucratique des services publics sur lequel se fonde le discours n&#233;olib&#233;ral est bel et bien r&#233;el. Par contre, ce qui n'est pas admis, c'est que cette bureaucratisation provient de la n&#233;cessit&#233; pour l'&#201;tat de se soumettre aux dictats de la rationalit&#233; &#233;conomique pour maintenir la croissance. Le discours n&#233;olib&#233;ral a donc le beau r&#244;le : il peut se fonder sur une abstraction, celui d'un march&#233; &#171; pur &#187;, qui est fondamentalement incompatible avec la dynamique d'accumulation r&#233;elle du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, au keyn&#233;sianisme providentialiste de l'apr&#232;s-guerre a succ&#233;d&#233; un n&#233;o-keyn&#233;sianisme militaris&#233; &#8211; l'invasion de l'Irak et de l'Afghanistan &#8211;, puis un n&#233;o-keyn&#233;sianisme financier &#8211; la prolif&#233;ration du cr&#233;dit rendue possible par le maintien de bas taux d'int&#233;r&#234;ts &#8211; qui nous a conduits au plus r&#233;cent crash financier. Le r&#233;gime suivant risque d'&#234;tre une forme de &#171; de prisons. Selon le ministre conservateur Jean-Pierre Blackburn : &#171; &lt;i&gt;Il ne faut pas oublier que la construction d'une prison f&#233;d&#233;rale aurait des r&#233;percussions &#233;conomiques d'importance pour la r&#233;gion&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hugo de Grandpr&#233;, &#171; Ottawa pourrait construire des prisons &#187;, La Presse, 26 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; De fait, bureaucratie et libert&#233; sont paradoxalement compatibles dans le r&#233;gime n&#233;olib&#233;ral puisqu'il s'agit de &#171; forcer &#187; les individus &#224; faire des choix en programmant leurs int&#233;r&#234;ts, qui doivent &#234;tre compatibles avec le r&#233;gime d'accumulation capitaliste. Selon cette logique, les &#171; inadapt&#233;s &#187;, ceux qui sont incapables de faire des choix &#171; responsables &#187;, seront jet&#233;s en prison et pourront ainsi contribuer &#224; cr&#233;er des emplois en r&#233;gion pour le mieux-&#234;tre de la croissance &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ceux qui, &#224; gauche, voyaient poindre dans la crise &#233;conomique de 2008 l'&#233;croulement total du syst&#232;me capitaliste, il faudrait rappeler une le&#231;on de l'histoire. En l'absence d'alternatives concr&#232;tes, le fascisme rampant risque de refaire surface. En ce sens, la plus r&#233;cente crise &#233;conomique a r&#233;v&#233;l&#233; une crise plus profonde, celle de l'anticapitalisme, qui se manifeste par une incapacit&#233; &#224; imaginer des institutions nouvelles. La gauche aurait int&#233;r&#234;t &#224; prendre exemple, sur certains points, sur la droite radicale du R&#233;seau Libert&#233;-Qu&#233;bec. En p&#233;riode de crise, il est parfois n&#233;cessaire de tenir un discours de confrontation. Alors que la droite radicale propose un discours politique qui vise une rupture avec l'ordre &#233;tabli, la gauche se contente d'un discours moraliste qui n'est pas en mesure de s'attaquer aux racines du probl&#232;me : &#171; &lt;i&gt;La richesse existe ! Prenons-la o&#249; elle est !&lt;/i&gt; &#187; Oui, mais de quel type de richesse s'agit-il ? S'il est noble et utile de d&#233;noncer la distribution in&#233;gale de la richesse au sein des soci&#233;t&#233;s capitalistes, la substance de celle-ci doit &#234;tre questionn&#233;e. Tant et aussi longtemps que la soci&#233;t&#233; d&#233;pendra de la croissance illimit&#233;e pour r&#233;pondre &#224; ses besoins, elle restera soumise &#224; la domination de l'&#233;conomie. Une perspective anticapitaliste devrait &#234;tre en mesure de questionner l'existence de la forme pr&#233;dominante de richesse dans nos soci&#233;t&#233;s, une richesse abstraite qui est repr&#233;sent&#233;e par l'argent, tout comme il est essentiel de questionner la n&#233;cessit&#233; de maintenir le travail salari&#233; qui en constitue la substance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, il s'av&#232;re primordial de transcender la fausse dichotomie qui oppose le march&#233; &#224; l'&#201;tat, sans quoi nous r&#233;p&#233;terons constamment la m&#234;me histoire : &#171; &lt;i&gt;La premi&#232;re fois comme trag&#233;die, la seconde fois comme farce&lt;/i&gt; &#187;, disait Marx. Si nous ne sortons pas du consensus d'extr&#234;me-centre dans lequel nous sommes englu&#233;s, nous serons oblig&#233;s d'accepter que pour pallier les imperfections du march&#233; et assurer le maintien du capitalisme, il est n&#233;cessaire de recourir &#224; l'intervention de l'&#201;tat, et ce, sans &#233;gard au contenu et &#224; la finalit&#233; de cette r&#233;gulation. Slavoj Zizek r&#233;sume admirablement l'impasse id&#233;ologique dans laquelle nous nous trouvons : &#171; &lt;i&gt;Donc le plan de sauvetage est-il r&#233;ellement une mesure &#8220;socialiste&#8221;, l'aube du socialisme d'&#201;tat aux &#201;tats-Unis ? Si tel est le cas, c'est en un sens bien singulier : une mesure &#8220;socialiste&#8221; dont le but premier n'est pas de venir en aide aux pauvres, mais aux riches, non pas &#224; ceux qui empruntent, mais &#224; ceux qui pr&#234;tent. L'ironie supr&#234;me r&#233;side ainsi dans le fait que la &#8220;socialisation&#8221; du syst&#232;me bancaire est acceptable lorsqu'elle sert &#224; sauver le capitalisme : le socialisme est n&#233;faste - sauf lorsqu'il permet de stabiliser le capitalisme&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Slavoj Zizek, &#171; Lutte des classes &#224; Wall Street &#187;, Le Monde, 9 octobre 2008.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John K. Galbraith, The New Industrial State, Boston, Houghton Mifflin, 1967, p. 314.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Marc Salvet, &#171; Entrevue avec G&#233;rard Deltell. Pour en finir avec la p&#233;r&#233;quation &#187;, Le Soleil, 23 octobre 2010, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pierre Karl P&#233;ladeau, audiences du CRTC, f&#233;vrier 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Frederic Jameson, &#171; Postmodernisme et march&#233; &#187;, Multitude Web, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hugo de Grandpr&#233;, &#171; Ottawa pourrait construire des prisons &#187;, La Presse, 26 octobre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Slavoj Zizek, &#171; Lutte des classes &#224; Wall Street &#187;, Le Monde, 9 octobre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le n&#233;opopulisme des cols rouges</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-neopopulisme-des-cols-rouges</link>
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		<dc:date>2011-08-19T00:41:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Ouellet</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Analyse du discours</dc:subject>
		<dc:subject>Ouellet, Maxime </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans son livre Pourquoi les pauvres votent a&#768; droite (Agone, 2008), le journaliste Thomas Frank de&#769;crit la situation incroyable, mais ne&#769;anmoins re&#769;elle, de l'e&#769;mergence depuis une dizaine d'anne&#769;es aux E&#769;tats-Unis d'une re&#769;volte qui profite a&#768; ceux contre qui elle est dirige&#769;e. Imaginez, nous dit Frank, une masse de travailleurs envahissant les quartiers riches, pancartes a&#768; la main, brandissant le poing face a&#768; des millionnaires apeure&#769;s, re&#769;fugie&#769;s derrie&#768;re les portes closes de leurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-36-oct-nov-2010-" rel="directory"&gt;No 036 - oct. / nov. 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Analyse-du-discours-+" rel="tag"&gt;Analyse du discours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ouellet-Maxime-+" rel="tag"&gt;Ouellet, Maxime &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1113.gif?1642092120' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;900&#034; height=&#034;600&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son livre &lt;i&gt;Pourquoi les pauvres votent a&#768; droite&lt;/i&gt; (Agone, 2008), le journaliste Thomas Frank de&#769;crit la situation incroyable, mais ne&#769;anmoins re&#769;elle, de l'e&#769;mergence depuis une dizaine d'anne&#769;es aux E&#769;tats-Unis d'une re&#769;volte qui profite a&#768; ceux contre qui elle est dirige&#769;e. Imaginez, nous dit Frank, une masse de travailleurs envahissant les quartiers riches, pancartes a&#768; la main, brandissant le poing face a&#768; des millionnaires apeure&#769;s, re&#769;fugie&#769;s derrie&#768;re les portes closes de leurs maisons cossues pour ne pas entendre le slogan de protestation qui leur est destine&#769; : &#171; Laissez-nous vous aider a&#768; baisser vos imp&#244;ts ! &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette r&#233;action populiste d&#233;crite par Frank ne ressemble-t-elle pas &#224; celle exprim&#233;e lors de la manifestation des Cols rouges qui s'est d&#233;roul&#233;e devant le Parlement, &#224; Qu&#233;bec, le 11 avril dernier ? Arme&#769;s de balais et de vadrouilles, &lt;i&gt;&#171; symboles du me&#769;nage que les citoyens souhaitent voir au gouvernement &#187;&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt; les hommes de la rue sont descendus dans la rue&lt;/i&gt; &#187; pour contester le dernier budget du gouvernement Charest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faut-il comprendre de ce phe&#769;nome&#768;ne inusite&#769; ? Au-dela&#768; de l'analyse superficielle de certains journalistes qui y voient une autre manifestation du &#171; myste&#768;re de Que&#769;bec &#187;, il semble ne&#769;cessaire d'interroger la nature profonde de cette nouvelle forme de &#171; mouvement &#187; qui carbure a&#768; l'ide&#769;ologie propre a&#768; notre e&#768;re ne&#769;olibe&#769;rale, celle du populisme de marche&#769;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un sous-produit de la culture de consommation de masse ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile de nommer un mouvement qui se qualifie lui-m&#234;me d'&#171; apolitique &#187;, et qui agit pourtant selon les m&#234;mes modes de fonction- nement que les mouvements sociaux contemporains, lesquels visent au moyen de la mobilisation de masse a&#768; transformer les grandes orientations normatives au fondement de la vie en socie&#769;te&#769;. Assistons-nous a&#768; l'e&#769;mergence d'une nouvelle forme de mouvement social produit par la culture de consommation de masse et qui vise a&#768; renforcer son influence dans tous les secteurs de la vie, y compris dans notre rapport au politique ? La question vaut la peine qu'on s'y attarde puisque les deux plus importantes manifestations &#171; politiques &#187; qui se sont de&#769;roule&#769;es au cours des dernie&#768;res anne&#769;es a&#768; Que&#769;bec e&#769;taient le fruit d'une mobilisation produite par des stations de radio commerciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'y aurait-il pas un lien entre, d'une part, la manifestation des auditeurs de CHOI-FM qui ont envahi les rues de Que&#769;bec, en 2004, en scandant &#171; &lt;i&gt;Liberte&#769; !&lt;/i&gt; &#187; face a&#768; la menace de fermeture de leur station pre&#769;fe&#769;re&#769;e et celle des Cols rouges qui a e&#769;te&#769; initie&#769;e par la station FM 93 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ide&#769;ologie qui semble les re&#769;unir est celle du populisme de marche&#769;, qui repose a&#768; la fois sur une confusion entre la de&#769;mocratie et le capitalisme et sur une conception du marche&#769; en tant qu'institution plus de&#769;mocratique que la participation politique elle-m&#234;me. Cette forme de populisme, qui est au c&#339;ur de l'ave&#768;nement de la socie&#769;te&#769; de consommation de masse, est exacerbe&#769;e a&#768; l'e&#768;re ne&#769;olibe&#769;rale au point ou&#768; l'on assiste a&#768; la dissolution du sujet politique dont les vise&#769;es d'autonomie e&#769;taient pourtant constitutives de la modernite&#769;, et a&#768; sa substitution par la figure de l'&lt;i&gt;homo &#339;conomicus&lt;/i&gt;, c'est-a&#768;-dire l'&#234;tre assujetti a&#768; l'e&#769;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Crises du capitalisme et r&#233;action populiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les nombreuses crises du capitalisme au cours de son histoire ont donne&#769; lieu a&#768; des mutations institutionnelles qui ont renforce&#769; son pouvoir dans notre vie quotidienne, et ce, en de&#769;pit de la volonte&#769; des acteurs sociaux ayant participe&#769; a&#768; la consolidation de compromis en vue de re&#769;guler les effets ne&#769;fastes du syste&#768;me. Au de&#769;but du XXe sie&#768;cle, la mise en place du New Deal par Roosevelt aux E&#769;tats-Unis a de&#769;coule&#769;, en grande partie, de la force d'un mouvement populaire compose&#769; de petites entreprises, de gens issus de la classe moyenne et de la classe ouvrie&#768;re. Ce mouvement politique en faveur du New Deal s'est coalise&#769; contre les &#171; &lt;i&gt;barons voleurs du capitalisme monopoliste&lt;/i&gt; &#187; qui re&#769;alisaient des profits pharaoniques en re&#769;organisant des secteurs entiers de l'e&#769;conomie en cartels et en trusts, afin d'e&#769;liminer la compe&#769;tition. Plut&#244;t que de favoriser la de&#769;mocratie, le compromis qui a re&#769;sulte&#769; de cette mobilisation de masse a de&#769;bouche&#769; sur ce que l'historienne Lizabeth Cohen a nomme&#769; &#171; la Re&#769;publique des consommateurs &#187; (Knopf, 2003). En unissant productivite&#769; industrielle et augmentation du niveau de vie, la socie&#769;te&#769; de consommation de masse a institue&#769; l'ide&#769;ologie du populisme de marche&#769;. Dans cette nouvelle culture, le sujet politique du capitalisme avance&#769; est interpelle&#769; en tant que consommateur qui exerce sa liberte&#769; de choix dans le marche&#769;. La prole&#769;tarisation de la consommation a ainsi permis de re&#769;pondre aux exigences de surproduction du syste&#768;me industrialise&#769;, mais aussi d'inte&#769;grer la classe ouvrie&#768;re aux finalite&#769;s du capitalisme en &#171; cassant &#187; sa culture et son attitude re&#769;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les Cols rouges : symbole d'un &#233;chec&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En gardant en t&#234;te cette transformation structurelle et culturelle du capitalisme avance&#769;, examinons de plus pre&#768;s la manifestation des Cols rouges du printemps dernier, qui est une illustration probante des e&#769;checs du mode&#768;le de consommation de masse dans le contexte de la crise e&#769;conomique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le sentiment d'alie&#769;nation des Cols rouges, qui se disent &#171; &lt;i&gt;e&#769;trangle&#769;s par l'imp&#244;t&lt;/i&gt; &#187; et qui se re&#769;voltent contre la baisse de leur pouvoir d'achat contient une part d'objectivite&#769;. De fait, la plus re&#769;cente e&#769;tude de Statistique Canada (2007) intitule&#769;e &lt;i&gt;Ine&#769;galite&#769; et redistribution du revenu au Canada : 1976 a&#768; 2004&lt;/i&gt; montre que l'ine&#769;galite&#769; du revenu familial apre&#768;s impo&#770;t a augmente&#769; dramatiquement entre 1989 et 2004 : &#171; &lt;i&gt;le revenu moyen des 10 % percevant les plus faibles revenus a diminue&#769; de 8 %,mais celui des personnes percevant le revenu me&#769;dian a augmente&#769; de 8 % et celui des 10 % percevant les plus hauts revenus, de 24 %&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Selon l'agence canadienne, les politiques ne&#769;olibe&#769;rales de de&#769;mante&#768;lement des programmes sociaux et de redistribution sont l'une des causes de l'augmentation des ine&#769;galite&#769;s. Les Cols rouges ont donc une cole&#768;re le&#769;gitime envers le syste&#768;me, qui est toutefois dirige&#769;e contre la mauvaise cible. Il ne s'agit pas de faire du me&#769;nage au gouvernement pour re&#769;gler les proble&#768;mes de ch&#244;mage, d'ine&#769;galite&#769;s et d'appauvrissement des me&#769;nages. Le ne&#769;olibe&#769;ralisme est aussi culturel, en ce sens qu'il valorise une culture de l'entreprenariat e&#769;tatique. Le me&#769;nage a beau &#234;tre fait, ce qu'il y a sous le tapis y restera : la collusion incestueuse entre l'E&#769;tat et le secteur prive&#769;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les Cols rouges attaquent le gouvernement sur sa taxation, alors que l'e&#769;vasion fiscale institutionnalise&#769;e prive l'E&#769;tat de millions de dollars, provenant notamment de la nouvelle &lt;i&gt;overclass&lt;/i&gt; financiarise&#769;e qui be&#769;ne&#769;ficie d'exemptions d'impo&#770;ts sur le revenu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Michel Girard, &#171; Les PDG de l'e&#769;vasion le&#769;gale &#187;, La Presse, 3 avril 2010.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On voit bien que les ficelles sont entrem&#234;le&#769;es pour les citoyens, qui ne voient plus ce qui rele&#768;ve des t&#226;ches d'un E&#769;tat responsable. Le ne&#769;olibe&#769;ralisme posse&#768;de cette capacite&#769; de brouiller les cartes, et de rendre confus ce qui n'a pourtant pas a&#768; l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'e&#769;tant plus en mesure de re&#769;pondre aux besoins sociaux, le mode&#768;le de de&#769;veloppement fonde&#769; sur la surproduction et la surconsommation de masse est de plus en plus une source de me&#769;contentement populaire. La re&#769;action populiste face a&#768; la crise e&#769;conomique ne re&#769;ve&#768;lerait-elle pas une crise plus profonde, celle de notre incapacite&#769; collective a&#768; imaginer des institutions nouvelles. Comme le disait Gramsci, [une] &#171; &lt;i&gt;crise consiste justement dans le fait que le vieux se meurt et que le neuf ne peut pas nai&#770;tre&lt;/i&gt; &#187;. Peut-&#234;tre que si rien de neuf ne semble surgir de cette crise, c'est en raison du fait que dans une socie&#769;te&#769; ou&#768; la domination prend la forme de&#769;personnalise&#769;e d'une injonction a&#768; se soumettre a&#768; la dynamique de de&#769;veloppement aveugle, ceux qui sont sans pouvoir ont l'impression de se battre contre des fant&#244;mes. Les mouvements re&#769;actionnaires ne s'attaquent qu'aux formes visibles du pou- voir &#8211; les riches e&#769;lites et les gouvernements corrompus &#8211; sans questionner l'institution sociale qui est au fondement de la dynamique de domination abstraite : l'&lt;i&gt; &lt;i&gt;esclavage salarie&#769;&lt;/i&gt; &lt;/i&gt;. Christopher Lasch re&#769;sume admirablement l'impasse dans laquelle le populisme de marche&#769; se trouve : &#171; &lt;i&gt;Si&lt;/i&gt; [l'individu] &lt;i&gt;qui occupe une position modeste en veut a&#768; ceux qui sont plus haut place&#769;s, c'est qu'il les soup&#231;onne de violer effronte&#769;ment les re&#768;gles du jeu &#8211; ce qu'il aimerait faire lui-m&#234;me, s'il osait. Il ne lui vient jamais a&#768; l'esprit de demander de nouvelles re&#768;gles&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christopher Lasch, Le complexe de Narcisse, Laffont, 1980, 252 p.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.statcan.ca/francais/research/11F0019MIF/11F0019MIF2007298.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.statcan.ca/francais/research/11F0019MIF/11F0019MIF2007298.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Michel Girard, &#171; Les PDG de l'e&#769;vasion le&#769;gale &#187;, &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, 3 avril 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Christopher Lasch, &lt;i&gt;Le complexe de Narcisse&lt;/i&gt;, Laffont, 1980, 252 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le faux d&#233;bat sur l'interculturalisme et la question identitaire</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-faux-debat-sur-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Le-faux-debat-sur-l</guid>
		<dc:date>2010-11-27T18:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Ouellet</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>La&#239;cit&#233;, religions et politique</dc:subject>
		<dc:subject>Ouellet, Maxime </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Par le biais de lettres aux journaux, des universitaires qu&#233;b&#233;cois d&#233;battent pr&#233;sentement de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise et des valeurs communes qui devraient &#234;tre partag&#233;es dans le contexte d'une soci&#233;t&#233; moderne. Trois grandes orientations cadrent ce d&#233;bat. D'une part, les signataires du &#171; Manifeste pour un Qu&#233;bec pluraliste &#187; pr&#244;nent une vision ouverte et pluraliste de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise. D'autre part, les tenants d'une conception nationaliste conservatrice (les &#171; n&#233;o-traditionnalistes &#187;) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-35-ete-2010-" rel="directory"&gt;No 035 - &#233;t&#233; 2010&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laicite-religions-et-politique-+" rel="tag"&gt;La&#239;cit&#233;, religions et politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ouellet-Maxime-+" rel="tag"&gt;Ouellet, Maxime &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par le biais de lettres aux journaux, des universitaires qu&#233;b&#233;cois d&#233;battent pr&#233;sentement de l'identit&#233; qu&#233;b&#233;coise et des valeurs communes qui devraient &#234;tre partag&#233;es dans le contexte d'une soci&#233;t&#233; moderne. Trois grandes orientations cadrent ce d&#233;bat. D'une part, les signataires du &#171; Manifeste pour un Qu&#233;bec pluraliste &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif d'auteurs, &#171; Manifeste pour un Qu&#233;bec pluraliste &#187;, Le Devoir, 3 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pr&#244;nent une vision ouverte et pluraliste de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise. D'autre part, les tenants d'une conception nationaliste conservatrice (les &#171; n&#233;o-traditionnalistes &#187;) remettent en question les pratiques d'accommodements raisonnables qui auraient pour effet de nier la m&#233;moire de la majorit&#233; historique. Enfin, un troisi&#232;me groupe propose une &#171; vision stricte de la la&#239;cit&#233; &#187;, qui &#171; &lt;i&gt;r&#233;cuse les manifestations religieuses ostentatoires dans la sph&#232;re publique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les pluralistes, qui s'appuient sur une vision technocratique du lib&#233;ralisme (la &#171; gestion des identit&#233;s &#187;), se fondent sur la Charte des droits et libert&#233;s pour pr&#244;ner l'interculturalisme, nouveau concept se voulant plus ouvert au &#171; respect et au dialogue &#187; entre majorit&#233; et minorit&#233;s que le multiculturalisme, trop associ&#233; aux vell&#233;it&#233;s assimilatrices de la doctrine de Trudeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains nationalistes et &#171; la&#239;cs orthodoxes &#187; r&#233;pliquent aux pluralistes en s'appuyant sur une version tout aussi technocratique du r&#233;publicanisme. Selon eux, seul un &#201;tat la&#239;que est en mesure d'&#171; am&#233;nager le pluralisme &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Beauchemin et Louise Beaudoin, &#171; Le pluralisme comme incantation &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#171; &lt;i&gt;de g&#233;rer le pluralisme social sans que la majorit&#233;, qui en fait aussi partie, renonce &#224; ses choix l&#233;gitimes et sans brimer la libert&#233; de religion de quiconque&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif d'auteurs, &#171; D&#233;claration des Intellectuels pour la la&#239;cit&#233; - Pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le propre d'un f&#233;tiche est de r&#233;v&#233;ler tout autant que de masquer une r&#233;alit&#233; sociale, il convient de se demander de quoi ce d&#233;bat est-il le sympt&#244;me. Cette omnipr&#233;sence des questions identitaires dans les m&#233;dias semble &#234;tre une cons&#233;quence directe de la d&#233;politisation de notre soci&#233;t&#233; : les questions politiques fondamentales &#8211; celles qui devraient porter sur les finalit&#233;s de notre &#171; vivre-ensemble &#187; &#8211; sont &#233;vacu&#233;es de l'espace public. Le point aveugle de ce d&#233;bat est que la crise que nous traversons n'est pas identitaire, mais bien soci&#233;tale. Ne devrions-nous pas rejeter ces fausses alternatives pour entreprendre une v&#233;ritable critique des fondements de notre modernit&#233; qu&#233;b&#233;coise qui est en voie de devenir enti&#232;rement capitaliste ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'impossibilit&#233; d'instituer des &#171; valeurs communes &#187; sous le r&#232;gne de la &#171; Valeur &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;el d&#233;bat sur les valeurs communes ne peut &#234;tre engag&#233; que si le sens de notre soci&#233;t&#233; est interrog&#233;. Or, les pluralistes-lib&#233;raux, les r&#233;publicains-nationalistes ou les &#171; la&#239;cs orthodoxes &#187; ne discutent jamais de cette question. Les enjeux culturels, normatifs et sociaux se trouvent ainsi r&#233;ifi&#233;s, comme s'il s'agissait de sph&#232;res autonomes et s&#233;par&#233;es de l'&#233;conomie capitaliste dans laquelle nous vivons. L'&#233;conomie est pourtant constitu&#233;e aussi par un ensemble de valeurs, de normes et de croyances, bref par une culture. La question qui est occult&#233;e dans ce d&#233;bat devrait &#234;tre la pr&#233;misse de toute r&#233;flexion sur le &#171; vivre-ensemble &#187; : quelle est la finalit&#233; des soci&#233;t&#233;s capitalistes et pourquoi est-il si difficile d'instituer des valeurs communes dans ce type de soci&#233;t&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des r&#233;ponses possibles est que la finalit&#233; du capitalisme &#8211; qui est l'accumulation illimit&#233;e &#8211; vient dissoudre l'ensemble des &#171; valeurs communes &#187; institu&#233;es historiquement par les soci&#233;t&#233;s, au profit d'une nouvelle norme abstraite de r&#233;gulation des pratiques qui est celle de la &#171; valeur &#233;conomique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, que le d&#233;bat identitaire porte sur la reconnaissance des identit&#233;s minoritaires, que ce soit des Qu&#233;b&#233;coises au sein du Canada ou des minorit&#233;s au sein du Qu&#233;bec, change peu de choses dans la r&#233;alit&#233; d'une soci&#233;t&#233; capitaliste comme la n&#244;tre : tous ces individus et ces groupes sont reconnus a priori comme porteurs de marchandises, c'est-&#224;-dire en tant que force de travail et consommateurs potentiels. Les luttes identitaires, bien qu'elles puissent effectivement permettre une certaine reconnaissance au plan politique, n'aboutissent pas sur une &#233;mancipation r&#233;elle, qu'elle soit individuelle ou collective. &#192; preuve, la ferveur nationaliste au Qu&#233;bec s'est tranquillement &#233;teinte &#224; mesure qu'une petite bourgeoisie est devenue consciente d'elle-m&#234;me en prenant les commandes de notre &#233;conomie au moyen du pillage des coffres de l'&#201;tat. En t&#233;moigne aussi, plus r&#233;cemment, la prise de distance du PQ de son aile syndicale (SPQ libre) lors de son dernier congr&#232;s qui portait sur la cr&#233;ation de la richesse individuelle. D'ailleurs, le soir m&#234;me du congr&#232;s, Pauline Marois &#233;tait au Colis&#233;e de Qu&#233;bec en compagnie du pdg anti-syndicaliste de Quebecor, Pierre Karl P&#233;ladeau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Antoine Robitaille, &#171; Pauline Marois et PKP applaudissent en choeur au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette poign&#233;e de main qui r&#233;concilie le capital et la nation en dit long sur le monde commun que proposent ces souverainistes, pr&#234;ts &#224; abandonner le peu qu'il nous reste de souverainet&#233; politique &#224; la domination souveraine des empires &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pluralistes, qui aspirent quant &#224; eux &#224; &#233;manciper les minorit&#233;s de toutes les formes de domination, ne voient pas que ces minorit&#233;s sont plong&#233;es quotidiennement dans une forme de domination d&#233;personnalis&#233;e, celle du capital ; que ce soit en leur offrant des marchandises cibl&#233;es, ou encore en les int&#233;grant dans la relation de domination salariale par le biais de programmes de &lt;i&gt;workfare&lt;/i&gt;. Comme le souligne Walter Ben Michaels : &#171; &lt;i&gt;La diversit&#233; n'est pas un moyen d'instaurer l'&#233;galit&#233; ; c'est une m&#233;thode de gestion de l'in&#233;galit&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Walter Benn Michaels, &#171; Libert&#233;, fraternit&#233;... diversit&#233; ? &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; En ce sens, le capital demeure toujours ouvert &#224; faire des &#171; accommodements raisonnables &#187; avec les minorit&#233;s par le biais de la valorisation de tous les styles de vie particuliers. Il suffit, pour s'en convaincre, de regarder la publicit&#233; de la banque HSBC dont le slogan est : &#171; &lt;i&gt;&#202;tre ouvert sur le monde, c'est comprendre les diff&#233;rences de points de vue&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le multi ou l'inter-culturalisme exprime ainsi la logique culturelle du capitalisme n&#233;o-lib&#233;ral globalis&#233;. Cette forme de racisme postmoderne reconna&#238;t la diversit&#233; culturelle &#224; condition de faire abstraction de toutes les sp&#233;cificit&#233;s historiques et sociologiques des minorit&#233;s qui pourraient entraver la logique d'accumulation illimit&#233;e du capital. Selon Milton Friedman, un des plus grands ap&#244;tres du n&#233;olib&#233;ralisme, le march&#233; est un m&#233;canisme impersonnel qui permet la coordination de la soci&#233;t&#233; dans l'indiff&#233;rence compl&#232;te des membres qui la composent : &#171; &lt;i&gt;Quand tu ach&#232;tes un stylo ou ton pain quotidien, tu ne sais pas si le stylo, ou si le bl&#233;, a &#233;t&#233; fabriqu&#233; ou cultiv&#233; par un blanc ou un noir, par un Chinois ou un Indien. Au final, le syst&#232;me des prix permet aux gens de coop&#233;rer de mani&#232;re pacifique dans chaque sph&#232;re de leur vie, alors que chacun fait sa propre affaire dans l'indiff&#233;rence des autres&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Trad. libre de Milton Friedman et Rose Friedman, Free to choose, Orlando, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Le multiculturalisme s'&#233;rige ainsi comme une nouvelle norme de r&#233;gulation des rapports sociaux principalement parce que la logique de valorisation illimit&#233;e du capital exige le respect de l'ensemble des modes de vie particuliers, qui sont d&#233;sormais consid&#233;r&#233;s comme des marchandises que l'on peut choisir &#224; son gr&#233; dans le grand march&#233; de l'existence humaine. L'&#233;ditorialiste de La Presse, Mario Roy, qui assimile directement &#171; vivre-ensemble &#187; et &#171; march&#233; &#187;, est on ne peut plus clair &#224; ce sujet : &#171; &lt;i&gt;Or, quelle que soit l'opinion que l'on ait des dieux, des voiles, des compromis et des valeurs, on reconna&#238;tra que cette inhumation est impossible : le corps grouille. Non seulement rien n'est r&#233;gl&#233;, en effet. Mais, sur le march&#233; de l'accommodement, l'escalade dans la demande et la r&#233;ticence grandissante dans l'offre indiquent assez bien que la crise menace&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mario Roy, &#171; Voile et valeurs &#187;, La Presse, 9 mars 2010.&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour une critique radicale de la civilisation capitaliste globale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat entre pluralistes, n&#233;o-traditionnalistes et la&#239;cs repose sur des formes de pens&#233;e f&#233;tichis&#233;es. Il masque et r&#233;v&#232;le &#224; la fois le fait que la contradiction fondamentale de nos soci&#233;t&#233;s capitalistes avanc&#233;es n'est pas confessionnelle, ni raciale ou identitaire ; elle rel&#232;ve plut&#244;t de la puissance abstraite de la valeur, qui dissout les liens humains pour les retraduire en relations contractuelles. La valeur &#233;conomique instrumentalise les valeurs communes pour refa&#231;onner notre rapport au monde et red&#233;finir notre identit&#233;. Le capital est ainsi devenu notre religion s&#233;culi&#232;re commune, il est le fondement indiscutable de nos soci&#233;t&#233;s, comme autrefois il &#233;tait interdit de d&#233;battre du sexe des anges. Comme c'est le capital qui structure les finalit&#233;s de notre &#171; vivre-ensemble &#187;, la seule question &#171; politique &#187; qui peut &#234;tre discut&#233;e est celle de la &#171; gestion &#187; des rapports entre les individus qui composent notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;politisation de nos soci&#233;t&#233;s et sa recomposition en syst&#232;me de contr&#244;le de la population et de gestion des identit&#233;s afin qu'elles s'adaptent &#224; la dynamique de d&#233;veloppement aveugle risquent de nourrir un regain de violence irrationnelle. Dans les p&#233;riodes de crises &#233;conomiques ant&#233;rieures, celle-ci a servi de terreau fertile pour les solutions totalitaires. Au lieu de d&#233;battre de questions identitaires, il serait peut-&#234;tre temps de d&#233;battre publiquement des mani&#232;res de sortir de notre mode de vie capitaliste qui, en raison du d&#233;sastre &#233;cologique qui pointe &#224; l'horizon, rendra bient&#244;t impossibles les conditions objectives du &#171; vivre-ensemble &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de d&#233;noncer toute forme de manifestations culturelles populaires, qu'elles soient religieuses ou s&#233;culi&#232;res, comme si elles n'&#233;taient que de pures illusions d&#233;tourn&#233;es au profit des classes dominantes, mais plut&#244;t de voir ce qu'elles contiennent et condensent d'aspirations inassouvies. C'est au sein de ces traditions culturelles populaires que se trouvent les conditions de possibilit&#233; d'un r&#233;el mouvement d'&#233;mancipation, donc anticapitaliste, porteur d'un universel qui pourrait transcender la domination tout autant universelle du capital. Bref, si la neutralisation politique de l'&#233;conomie est le postulat commun partag&#233; tant par les &#171; multiculturalistes &#187;, les &#171; n&#233;o-traditionnalistes &#187; et les la&#239;cs, il faut d&#232;s lors se demander, &#224; l'instar de Slavoj Zizek, si &#171; la seule mani&#232;re de sortir de cette impasse, et donc le premier pas en direction d'un renouveau de la gauche, [ne serait pas] la r&#233;affirmation d'une critique virulente, fortement intol&#233;rante, de la civilisation capitaliste globale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Slavoj Zizek, Plaidoyer en faveur de l'intol&#233;rance, Paris, Climats, 2007, p. 15.&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Collectif d'auteurs, &#171; Manifeste pour un Qu&#233;bec pluraliste &#187;, &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, 3 f&#233;vrier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Idem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Beauchemin et Louise Beaudoin, &#171; Le pluralisme comme incantation &#187;, &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, 13 f&#233;vrier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Collectif d'auteurs, &#171; D&#233;claration des Intellectuels pour la la&#239;cit&#233; - Pour un Qu&#233;bec la&#239;que et pluraliste &#187;, &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, 16 mars 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Antoine Robitaille, &#171; Pauline Marois et PKP applaudissent en choeur au Colis&#233;e &#187;, &lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;, 15 mars 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Walter Benn Michaels, &#171; Libert&#233;, fraternit&#233;... diversit&#233; ? &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, f&#233;vrier 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.hsbc.fr/1/2hsbc-france/a-propos-d-hsbc/publicite&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.hsbc.fr/1/2hsbc-france/a-propos-d-hsbc/publicite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Trad. libre de Milton Friedman et Rose Friedman, &lt;i&gt;Free to choose&lt;/i&gt;, Orlando, Hartcourt, 1980, p. 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mario Roy, &#171; Voile et valeurs &#187;, &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, 9 mars 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Slavoj Zizek, &lt;i&gt;Plaidoyer en faveur de l'intol&#233;rance, Paris, Climats, 2007, p. 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'esprit de Philadelphie : la justice sociale face au march&#233; total</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-esprit-de-Philadelphie-la</link>
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		<dc:date>2010-11-27T18:28:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Ouellet</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Ouellet, Maxime </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'esprit de Philadelphie : la justice sociale face au march&#233; total Alain Supliot, Seuil, Paris, 2010 &lt;br class='autobr' /&gt; Dans L'esprit de Philadelphie, le juriste Alain Supiot propose une analyse des mutations n&#233;olib&#233;rales du droit international. Pour Supiot, l'esprit de Philadelphie renvoie &#224; la premi&#232;re d&#233;claration internationale des droits &#224; vocation internationale proclam&#233;e en 1944. Cette d&#233;claration visait &#224; &#233;difier, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, un nouvel ordre fond&#233; sur le droit et la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-35-ete-2010-" rel="directory"&gt;No 035 - &#233;t&#233; 2010&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ouellet-Maxime-+" rel="tag"&gt;Ouellet, Maxime &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1067.gif?1642092117' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;460&#034; height=&#034;600&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'esprit de Philadelphie : la justice sociale face au march&#233; total&lt;/i&gt; Alain Supliot, Seuil, Paris, 2010&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;L'esprit de Philadelphie&lt;/i&gt;, le juriste Alain Supiot propose une analyse des mutations n&#233;olib&#233;rales du droit international. Pour Supiot, l'esprit de Philadelphie renvoie &#224; la premi&#232;re d&#233;claration internationale des droits &#224; vocation internationale proclam&#233;e en 1944. Cette d&#233;claration visait &#224; &#233;difier, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, un nouvel ordre fond&#233; sur le droit et la justice sociale qui viendrait remplacer l'ordre ancien &#233;difi&#233; sur la force et le libre-march&#233;. Or, depuis plus de 30 ans de contre-r&#233;forme n&#233;olib&#233;rale, on observe un retour en force d'une barbarie qui prend la forme d'un mariage pour le moins inusit&#233; entre le communisme et le capitalisme. Ce nouvel amalgame id&#233;ologique prend appui &#224; la fois sur le scientisme et l'&#233;conomisme propre aux r&#233;gimes staliniens, et sur l'autor&#233;gulation des march&#233;s promue par les politiciens n&#233;olib&#233;raux. Les mutations contemporaines du droit international participent ainsi &#224; une d&#233;politisation des rapports sociaux o&#249; la d&#233;mocratie appara&#238;t de plus en plus comme un pur artifice. &#192; ce titre, la Chine pourrait &#234;tre un exemple probant de ce syst&#232;me hybride qui conjugue &#224; la fois la mise en concurrence de tous contre tous et la d&#233;mocratie limit&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Face aux d&#233;rives du nouvel ordre mondial, Supiot propose de renouer avec l'esprit de Philadelphie dans une perspective de d&#233;mocratie cosmopolite. Bien que les r&#233;formes propos&#233;es par Supiot poss&#232;dent certaines limites, principalement dues &#224; un id&#233;alisme qu'on retrouve chez la plupart des auteurs en droit international, sa r&#233;flexion a n&#233;anmoins le m&#233;rite de s'attaquer aux fondements sociologiques du droit. Ce livre montre le r&#244;le constitutif des institutions juridiques dans la structuration des rapports sociaux, qu'on ne peut r&#233;duire &#224; de simples voiles qui viendraient masquer les rapports d'exploitation. En ce sens, il devrait int&#233;resser les lecteurs qui r&#233;fl&#233;chissent aux alternatives &#224; l'ordre mondial actuel en attirant l'attention sur la n&#233;cessit&#233; d'investir le domaine du droit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Lu par Maxime Ouellet&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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