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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>&#201;tats-Unis : menace &#224; la libert&#233; d'association en pleine pand&#233;mie</title>
		<link>https://www.ababord.org/Etats-Unis-menace-a-la-liberte-d-association-en-pleine-pandemie</link>
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		<dc:date>2022-01-09T17:20:07Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;a Fontaine</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Fontaine, L&#233;a</dc:subject>

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&lt;p&gt;Ce n'est un secret pour personne : Trump n'a pas la fibre syndicale ! Le gouvernement &#233;tasunien fait peu de cas des conventions internationales du travail, en l'occurrence des conventions nos 87 et 98 de l'Organisation internationale du travail (OIT). Ceci est encore plus criant en p&#233;riode de pand&#233;mie. &lt;br class='autobr' /&gt;
La F&#233;d&#233;ration am&#233;ricaine du travail &#8211; Congr&#232;s des organisations industrielles (American Federation of Labor &#8211; Congress of Industrial Organizations, AFL-CIO) et le Syndicat international des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-86-Decembre-2020-" rel="directory"&gt;No 086 - d&#233;cembre 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fontaine-Lea-+" rel="tag"&gt;Fontaine, L&#233;a&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3229.jpg?1642092267' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1191&#034; height=&#034;586&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce n'est un secret pour personne : Trump n'a pas la fibre syndicale ! Le gouvernement &#233;tasunien fait peu de cas des conventions internationales du travail, en l'occurrence des conventions nos 87 et 98 de l'Organisation internationale du travail (OIT). Ceci est encore plus criant en p&#233;riode de pand&#233;mie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La F&#233;d&#233;ration am&#233;ricaine du travail &#8211; Congr&#232;s des organisations industrielles (American Federation of Labor &#8211; Congress of Industrial Organizations, AFL-CIO) et le Syndicat international des employ&#233;s de services (Service Employees International Union, SEIU) ont conjointement d&#233;pos&#233; une plainte tr&#232;s d&#233;taill&#233;e contre le gouvernement des &#201;tats-Unis aupr&#232;s du Comit&#233; de la libert&#233; syndicale de l'OIT (cas no 3394). Le motif de cette plainte concerne la violation des droits fondamentaux de la libert&#233; d'association par les politiques, lois et pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est en jeu notamment la libert&#233; de s'organiser en association syndicale et de n&#233;gocier collectivement les conditions de travail. Cette plainte concerne des &#233;v&#232;nements ayant eu lieu avant la pand&#233;mie, mais aussi d'autres, plus r&#233;cents, depuis le d&#233;but de la crise. Les travailleur&#183;euse&#183;s touch&#233;&#183;e&#183;s par cette plainte repr&#233;sentent environ 14 millions de personnes syndiqu&#233;es et 1 million de personnes d&#233;sireuses de l'&#234;tre. Selon, le pr&#233;sident de l'AFL-CIO, non seulement le gouvernement Trump a viol&#233; les droits des travailleur&#183;euse&#183;s, mais tout cela a donn&#233; lieu aux d&#233;c&#232;s de certains d'entre eux et elles : face &#224; ce scandale, porter plainte s'imposait. Or, c'est le type de plainte habituellement d&#233;pos&#233;e contre des pays anti-d&#233;mocratiques&#8230;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Refus d'assurer la sant&#233; et la s&#233;curit&#233;&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Citons quelques exemples de violation des conventions internationales du travail. D'abord, l'organisme du minist&#232;re du Travail &#233;tasunien responsable de la sant&#233; au travail (Occupational Safety and Health Administration, OSHA) a refus&#233; d'adopter des r&#232;glements imposant le port du masque, la r&#233;alisation de tests, la distanciation sociale, la d&#233;sinfection et le lavage des mains, etc., et a pr&#233;f&#233;r&#233; &#233;mettre de simples recommandations, en insistant sur le fait qu'elles ne cr&#233;aient aucune nouvelle obligation l&#233;gale. Certaines institutions locales ont tent&#233; de pallier cette absence de r&#233;ponse, mais les travailleur&#183;euse&#183;s ont vu leur sant&#233; et leur s&#233;curit&#233; mises en danger sans n&#233;gociation collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple du comportement du gouvernement Trump : la loi &#233;tasunienne (National Labor Relations Act) cens&#233;e prot&#233;ger le droit &#224; l'organisation et la n&#233;gociation collectives, et son tribunal du travail (National Labor Relations Board), bannissent certaines cat&#233;gories de travailleur&#183;euse&#183;s du champ d'application de la convention no 87 alors que celle-ci ne fait aucune discrimination. Pour rappel, la convention n&#176; 87 (1948) prot&#232;ge la libert&#233; syndicale et le droit syndical. Prenons par exemple les travailleur&#183;euse&#183;s agricoles : ceux et celles-ci sont forc&#233;&#183;e&#183;s de travailler dans les champs et les vergers touch&#233;s par la COVID, certain&#183;e&#183;s ont attrap&#233; le virus, voire en sont mort&#183;e&#183;s. En mars 2020, le gouvernement f&#233;d&#233;ral a d&#233;fini les travailleur&#183;euse&#183;s agricoles comme des travailleur&#183;euse&#183;s essentiel&#183;le&#183;s. D&#232;s lors les employeurs ont pu les obliger &#224; travailler au lieu de rester &#224; la maison pour des raisons de sant&#233; et de s&#233;curit&#233;, alors m&#234;me qu'ils et elles sont priv&#233;&#183;e&#183;s du droit de se d&#233;fendre collectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La convention no 98 (1949), qui d&#233;fend le droit de s'organiser syndicalement et le droit &#224; la n&#233;gociation collective, est &#233;galement viol&#233;e dans la mesure o&#249;, forts de ces postures l&#233;gales, des employeurs ont refus&#233; en bloc de consulter ou de n&#233;gocier avec les travailleur&#183;euse&#183;s et leurs repr&#233;sentant&#183;e&#183;s au sujet des risques li&#233;s &#224; la COVID, et aux conditions de travail et de sant&#233;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Obstruction anti-syndicale&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple de comportement d&#233;nonc&#233; concerne encore les travailleur&#183;euse&#183;s couvert&#183;e&#183;s par le National Labor Relations Act. Avant la pand&#233;mie, le gouvernement avait commenc&#233; &#224; affaiblir la loi et &#224; annuler de nombreuses protections. En parall&#232;le, il a octroy&#233; aux employeurs de nouveaux outils pour restreindre les communications entre les travailleur&#183;euse&#183;s et les syndicats, et pour miner les relations de n&#233;gociation collective, en apportant des changements unilat&#233;raux, en suspendant les &#233;lections syndicales, en refusant de reconna&#238;tre les syndicats en place&#8230; Cette tendance a pris de l'ampleur pendant la pand&#233;mie, laissant travailleur&#183;euse&#183;s et syndicats d&#233;sarm&#233;s au moment d'exercer leurs droits pour prot&#233;ger leur sant&#233;, leur s&#233;curit&#233; et leurs conditions de travail. De l'aveu m&#234;me des employeurs, le tribunal du travail les aide &#224; contrecarrer le syndicat et &#224; imposer des r&#232;gles interdisant aux travailleur&#183;euse&#183;s de parler de la COVID sur les lieux de travail et les soumettant &#224; des mesures disciplinaires en cas d'infraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r l'organisation et la n&#233;gociation collectives ne permettent pas de garantir des lieux de travail prot&#233;geant parfaitement la sant&#233; et la s&#233;curit&#233; des travailleur&#183;euse&#183;s pendant la pand&#233;mie, mais c'est la voie la plus efficace pour y parvenir. Ayant voix au chapitre, les travailleur&#183;euse&#183;s syndiqu&#233;&#183;e&#183;s peuvent participer &#224; la d&#233;termination de leurs conditions de travail au sein d'une convention collective, qui a force ex&#233;cutoire. Mais jusqu'o&#249; ira le gouvernement am&#233;ricain ? Rappelons que le pouvoir de l'OIT en la mati&#232;re n'est pas coercitif&#8230;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conventions de l'OIT&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Si les &#201;tats-Unis n'ont pas ratifi&#233; ces conventions internationales du travail, ils y sont quand m&#234;me tenus en raison de leur appartenance &#224; l'OIT. En effet, les conventions 87 et 98 constituent, avec six autres conventions, des normes fondamentales obligatoires.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Convention no 87 sur la libert&#233; syndicale et la protection du droit syndical (1948)&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les travailleur&#183;euse&#183;s et les employeurs, sans distinction d'aucune sorte, ont notamment le droit, sans autorisation pr&#233;alable, de constituer des organisations de leur choix, de s'y affilier, d'&#233;laborer des statuts et r&#232;glements, d'&#233;lire des repr&#233;sentant&#183;e&#183;s, d'organiser leur programme d'action, de cr&#233;er des conf&#233;d&#233;rations et f&#233;d&#233;rations.&lt;br&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les autorit&#233;s publiques doivent s'abstenir de toute intervention de nature &#224; limiter ce droit ou &#224; en entraver l'exercice l&#233;gal et s'engager &#224; prendre toutes mesures n&#233;cessaires et appropri&#233;es en vue d'assurer aux travailleur&#183;euse&#183;s et aux employeurs le libre exercice du droit syndical.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Convention no 98 sur le droit d'organisation et de n&#233;gociation collective (1949)&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Les travailleur&#183;euse&#183;s doivent b&#233;n&#233;ficier d'une protection ad&#233;quate contre tout acte de discrimination tendant &#224; porter atteinte &#224; la libert&#233; syndicale en mati&#232;re d'emploi, notamment bas&#233;s sur l'affiliation syndicale. Il en va de m&#234;me des actes d'ing&#233;rence tels que la domination de l'employeur lors de la cr&#233;ation d'une organisation de travailleuses et travailleurs, le financement patronal d'organisations syndicales, etc.&lt;br&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Des mesures appropri&#233;es aux conditions nationales doivent, si n&#233;cessaire, &#234;tre prises pour encourager et promouvoir le d&#233;veloppement et l'utilisation la plus large de proc&#233;dures de n&#233;gociation volontaire de conventions collectives entre les employeurs et les organisations d'employeurs d'une part, et les organisations de travailleur&#183;euse&#183;s d'autre part, en vue de r&#233;gler par ce moyen les conditions d'emploi.&lt;/em&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L&#233;a Fontaine est professeure au d&#233;partement des sciences juridiques de l'UQAM, membre du CRIMT et du GIREPS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : M&#233;morial &#224; Washington repr&#233;sentant les personnes mortes de la COVID-19 aux &#201;tats-Unis (Ted Eytan, CC BY-ND 2.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Suicide chez France T&#233;l&#233;com. Le symbole de la souffrance au travail</title>
		<link>https://www.ababord.org/Suicide-chez-France-Telecom-Le-symbole-de-la-souffrance-au-travail</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Suicide-chez-France-Telecom-Le-symbole-de-la-souffrance-au-travail</guid>
		<dc:date>2021-05-25T17:16:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;a Fontaine</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; et services sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Fontaine, L&#233;a</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, plusieurs grandes entreprises fran&#231;aises sont le th&#233;&#226;tre de trop nombreux suicides parmi leurs salari&#233;&#183;e&#183;s. Les travailleuses et travailleurs de France T&#233;l&#233;com (devenue Orange) souffrent par exemple de conditions de travail des plus anxiog&#232;nes li&#233;es notamment aux pratiques de harc&#232;lement de l'entreprise. Une d&#233;cision du Tribunal correctionnel de Paris reconna&#238;t pour la premi&#232;re fois l'existence du &#171; harc&#232;lement manag&#233;rial &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Si les grandes entreprises doivent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-83-mars-2020-" rel="directory"&gt;No 083 - mars 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sante-et-services-sociaux-+" rel="tag"&gt;Sant&#233; et services sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fontaine-Lea-+" rel="tag"&gt;Fontaine, L&#233;a&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3133.png?1642092259' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;736&#034; height=&#034;708&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, plusieurs grandes entreprises fran&#231;aises sont le th&#233;&#226;tre de trop nombreux suicides parmi leurs salari&#233;&#183;e&#183;s. Les travailleuses et travailleurs de France T&#233;l&#233;com (devenue Orange) souffrent par exemple de conditions de travail des plus anxiog&#232;nes li&#233;es notamment aux pratiques de harc&#232;lement de l'entreprise. Une d&#233;cision du Tribunal correctionnel de Paris reconna&#238;t pour la premi&#232;re fois l'existence du &#171; harc&#232;lement manag&#233;rial &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Si les grandes entreprises doivent s'adapter &#224; une concurrence f&#233;roce, elles ne peuvent cependant le faire au d&#233;triment de leurs salari&#233;&#183;e&#183;s. Pourtant, en repoussant toujours plus loin les limites de la performance, certaines entreprises cr&#233;ent un climat de souffrance au travail comprenant son lot d'humiliations, de pertes de confiance et d'estime de soi, voire un sentiment de peur chez les salari&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Le cas de France T&#233;l&#233;com&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Soulignons d'abord que l'entreprise France T&#233;l&#233;com a connu une profonde mutation en passant, en quelques ann&#233;es, du statut d'un &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;service public en situation de monopole &#224; celui d'une soci&#233;t&#233; cot&#233;e en Bourse, ouverte &#224; la concurrence et confront&#233;e &#224; une r&#233;volution technologique&lt;/i&gt; &#187;, selon les propres mots de Didier Lombard, son ex-PDG, qui ajoutera par ailleurs, sans aucune g&#234;ne, que les suicides sont &#224; la mode dans les grandes firmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En l'esp&#232;ce, cette transformation de France T&#233;l&#233;com a pris la forme d'une &#171; marche forc&#233;e &#187;, soit d'une n&#233;cessit&#233; &#233;prouv&#233;e d'aller vers l'avant, sans possibilit&#233; d'accommodements, en vue d'atteindre rapidement un objectif (entre 2007 et 2010), qui n'&#233;tait &#233;videmment pas celle des salari&#233;&#183;e&#183;s. Plus concr&#232;tement, cette politique visait &#224; inciter les salari&#233;s &#224; changer de poste, de m&#233;tier, &#224; &#234;tre davantage mobiles (10 000 personnes &#233;taient vis&#233;es), ou, &#224; d&#233;faut, de carr&#233;ment quitter &#171; volontairement &#187; l'entreprise (22 000 personnes &#233;taient concern&#233;es sur un total de 120 000 individus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le personnel de cadres interm&#233;diaires vivait &#233;galement sous la pression de la direction. Il &#233;tait dans l'obligation de mettre en &#339;uvre un projet non seulement brutal, mais aussi tr&#232;s mal pens&#233;. Durant la p&#233;riode vis&#233;e (soit 2007-2010), 39 victimes ont &#233;t&#233; identifi&#233;es, dont 19 se sont suicid&#233;es, 12 ont tent&#233; de le faire, et 8 ont subi un &#233;pisode de d&#233;pression ou un arr&#234;t de travail ; plusieurs de ces victimes ont explicitement accus&#233; France T&#233;l&#233;com de les avoir pouss&#233;es &#224; l'acte, certain&#183;e&#183;s portant une lettre sur eux d&#233;non&#231;ant le travail &#224; accomplir sous pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si le harc&#232;lement existe depuis des lustres, il est de plus en plus pr&#233;sent dans l'exercice du travail moderne. L'autoritarisme, parfois s&#233;v&#232;re sinon brutal, ne constitue pas n&#233;cessairement du harc&#232;lement. Mais cet autoritarisme peut le devenir s'il est pratiqu&#233; de mani&#232;re plus subtile et perverse, par exemple en isolant et en insultant &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;discr&#232;tement&lt;/i&gt; &#187; un&#183;e salari&#233;&#183;e, donnant lieu &#224; un v&#233;ritable harc&#232;lement insidieux impos&#233; par l'autorit&#233; hi&#233;rarchique. La fronti&#232;re entre ce qui est du &#171; harc&#232;lement manag&#233;rial &#187; et ce qui n'en est pas est parfois bien mince.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Le jugement du tribunal correctionnel de Paris&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;Juger, c'est aimer &#233;couter, essayer de comprendre, et vouloir d&#233;cider&lt;/i&gt; &#187;, avait dit la pr&#233;sidente du tribunal correctionnel de Paris, C&#233;cile Louis-Loyant, lors de l'ouverture du proc&#232;s de France T&#233;l&#233;com, le lundi 6 mai 2019. Deux mois et demi plus tard, le jeudi 11 juillet 2019, c'est sur ces m&#234;mes mots que le proc&#232;s se terminera. La pr&#233;sidente, en s'adressant aux pr&#233;venus, parties civiles, t&#233;moins, experts, procureurs, avocats, pour les remercier d'avoir concouru &#224; la richesse des d&#233;bats, affirme ainsi : &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;La derni&#232;re &#233;tape, vouloir d&#233;cider, prend un poids tr&#232;s lourd en ce dernier jour &lt;/i&gt; &#187;. Le jugement, pour sa part, sera mis en d&#233;lib&#233;r&#233; au 20 d&#233;cembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Trois pr&#233;venus &#8211; l'ancien pr&#233;sident Didier Lombard, son ex-num&#233;ro deux Louis-Pierre Wen&#232;s et le directeur des ressources humaines Olivier Barberot &#8211; ainsi que l'entreprise France T&#233;l&#233;com sont poursuivis pour &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;harc&#232;lement moral&lt;/i&gt; &#187;. Quatre autres pr&#233;venus sont accus&#233;s de complicit&#233; dans ce d&#233;lit. Selon les sept pr&#233;venus, la dette de France T&#233;l&#233;com avait augment&#233; en fl&#232;che alors que le chiffre d'affaires et les marges de profit s'&#233;taient effondr&#233;s, ce qui expliquerait l'attitude des d&#233;cideurs de France T&#233;l&#233;com dans la d&#233;termination des conditions de travail. C'&#233;tait leur ligne de d&#233;fense. L'entreprise, en tant que telle, &#233;tait aussi cit&#233;e &#224; compara&#238;tre en sa qualit&#233; de personne morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La Procureure de la R&#233;publique fran&#231;aise pr&#233;cise d'entr&#233;e de jeu que &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;le but de ce proc&#232;s n'est pas de poser un jugement de valeur sur [les] personnes, mais de d&#233;montrer que l'infraction p&#233;nale de harc&#232;lement moral peut &#234;tre constitu&#233;e par une politique d'entreprise, par l'organisation du travail, et qualifier ce que l'on appelle le &#8220;harc&#232;lement manag&#233;rial&#8221;&lt;/i&gt; &#187;. Elle ajoute, s'adressant aux juges : &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;volution du droit vous permet de reconna&#238;tre l'infraction p&#233;nale de &#8220;harc&#232;lement manag&#233;rial&lt;/i&gt;&#8221; &#187;, aussi appel&#233; &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;harc&#232;lement moral institutionnel&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le harc&#232;lement manag&#233;rial a longtemps &#233;t&#233; utilis&#233; comme synonyme ou encore comme sous-cat&#233;gorie du harc&#232;lement moral. Pourtant, la jurisprudence de la Cour de cassation fran&#231;aise avait consacr&#233; l'existence d'un harc&#232;lement moral &#171; d&lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;e type manag&#233;rial &lt;/i&gt; &#187;, mais celui-ci se caract&#233;risait par les m&#233;thodes de gestion &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;mises en &#339;uvre par un sup&#233;rieur hi&#233;rarchique&lt;/i&gt; &#187;. De nombreuses entreprises misent beaucoup, on le sait, sur leur image de marque, leur m&#233;thode de &#171; &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;management&lt;/i&gt; &#187; visant apparemment le bien-&#234;tre des travailleuses et travailleurs et la pr&#233;vention de la souffrance, cette volont&#233; s'incarnant dans des codes d'&#233;thique, par exemple. Des changements r&#233;els ont &#233;t&#233; ainsi not&#233;s au sein de certaines entreprises, mais il n'en demeure pas moins que des personnes souffrent encore aujourd'hui lorsqu'elles travaillent dans des milieux sous haute pression, dans lesquels r&#232;gnent l'ins&#233;curit&#233; et un &lt;i class=&#034;spip&#034;&gt;management&lt;/i&gt; incoh&#233;rent, voire pervers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il semble qu'un double principe avait &#233;t&#233; instaur&#233; dans la pratique par la haute direction de France T&#233;l&#233;com :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1. Seuls les salari&#233;&#183;e&#183;s les plus performants restent dans l'entreprise, et ce, si n&#233;cessaire, jusqu'&#224; l'&#233;puisement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2. Les salari&#233;&#183;e&#183;s doivent composer avec les discours culpabilisants les accusant de ne pas &#234;tre capables de s'adapter &#224; la politique &#171; manag&#233;riale &#187;, et ce, dans le cadre par ailleurs d'un plan concert&#233; de d&#233;gradation des conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ex-PDG Didier Lombard, l'ex-directeur des op&#233;rations Louis-Pierre Wen&#232;s et l'ex-directeur du groupe des ressources humaines, Olivier Barberot, ont &#233;t&#233; reconnus coupables et condamn&#233;s &#224; un an d'emprisonnement, dont huit mois avec sursis &#8211; la peine maximale encourue &#233;tait d'un an &#8211;, accompagn&#233; de 15 000 euros d'amende, le montant maximal pr&#233;vu pour ce d&#233;lit. Le tribunal a &#233;galement prononc&#233; la peine d'amende maximale permise, 75 000 euros, contre France T&#233;l&#233;com. Les quatre autres pr&#233;venus, cadres ou anciens cadres de l'entreprise, ont &#233;t&#233; reconnus coupables de complicit&#233; dans ce d&#233;lit et condamn&#233;s &#224; quatre mois de prison avec sursis et 5 000 euros d'amende. Ce qui repr&#233;sente bien peu si l'on pense au nombre de vies bris&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; La situation au Qu&#233;bec&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Des suicides ont malheureusement d&#233;j&#224; eu lieu dans des circonstances similaires au Qu&#233;bec. Un tiers des Qu&#233;b&#233;cois&#183;es ont d&#233;j&#224; eu &#224; faire face &#224; un suicide dans leur entourage. Dans 28 % des cas, il s'agissait d'un coll&#232;gue de travail. Dans 16 % des cas, le suicide s'est produit sur le lieu de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Des efforts ont &#233;t&#233; faits en mati&#232;re de pr&#233;vention, mais cela demeure insuffisant. En effet, certaines entreprises misent sur le bien-&#234;tre et la pr&#233;vention de la souffrance au travail. Mais cela n'&#233;limine pas compl&#232;tement le suicide sur les lieux de travail. Par ailleurs, plusieurs cat&#233;gories de travailleuses et travailleurs sont plus &#224; risque comme ceux devant porter un uniforme (pompiers, militaires ou policiers), et &#233;galement les personnes exer&#231;ant des activit&#233;s difficiles d&#233;valoris&#233;es socialement (comme les agriculteurs, salari&#233;s temporaires en provenance de l'&#233;tranger). Et apparemment, d&#232;s qu'il y a un suicide sur le lieu du travail, le risque d'autres tentatives augmente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La solution qu&#233;b&#233;coise consiste &#224; former des &#171; sentinelles &#187;, soit des salari&#233;&#183;e&#183;s form&#233;s pour pr&#233;venir le suicide, en rep&#233;rant notamment les personnes susceptibles d'en commettre un. Solution qui repose sur la capacit&#233; &#224; reconna&#238;tre une personne envisageant de commettre un tel acte, ce qui ne va pas de soi bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Bref, si en France, le tribunal correctionnel est en train de r&#233;aliser un v&#233;ritable virage majeur en droit p&#233;nal du travail au sujet du &#171; harc&#232;lement manag&#233;rial &#187; ou &#171; institutionnel &#187;, le Qu&#233;bec, par comparaison, est encore en p&#233;riode d'apprentissage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Mohamed Hassan (CC0 Public Domain).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Encadr&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le Code du travail fran&#231;ais (art. L1152-1) : &#171; &lt;i&gt;Aucun salari&#233; ne doit subir les agissements r&#233;p&#233;t&#233;s de harc&#232;lement moral qui ont pour objet ou pour effet une d&#233;gradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte &#224; ses droits et &#224; sa dignit&#233;, d'alt&#233;rer sa sant&#233; physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des excuses...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Didier Lombart, ex-PDG, a demand&#233; l'autorisation de lire un t&#233;moignage &#233;crit, lors de son &#171; interrogatoire &#187;. La juge lui a permis de lire ce texte qui est particuli&#232;rement r&#233;voltant : &#171; &lt;i&gt;Avec l'&#233;motion, je risque de d&#233;railler&lt;/i&gt; &#187;, s'excuse-t-il d'abord. &#171; &lt;i&gt;Je veux dire le profond chagrin qui demeure et demeurera &#224; tout jamais le mien pour ceux qui n'ont pas support&#233; la transformation impos&#233;e &#224; l'entreprise dont le sauvetage puis le succ&#232;s ne sont dus qu'au travail de chacune et de chacun d'entre eux. Notre maison &#233;tait en p&#233;ril en 2005 &#224; cause de son surendettement, de l'agressivit&#233; de la concurrence et des &#233;volutions technologiques extr&#234;mement rapides.&lt;/i&gt; (&#8230;) &lt;i&gt;A l'&#233;vidence, il est apparu que les mesures d'aide &#224; la transformation n'&#233;taient pas adapt&#233;es &#224; l'&#233;gard de certains et je renouvelle aux victimes et &#224; leurs familles l'expression de ma sinc&#232;re et profonde tristesse de ce que cette situation ait pu involontairement contribuer &#224; fragiliser certains d'entre eux au point qu'ils accomplissent un geste irr&#233;m&#233;diable, ce qui m'est insupportable.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quel avenir pour le travail ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Quel-avenir-pour-le-travail</link>
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		<dc:date>2021-01-20T20:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marianne Di Croce, L&#233;a Fontaine, Camille Robert</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Fontaine, L&#233;a</dc:subject>
		<dc:subject>Robert, Camille</dc:subject>
		<dc:subject>Di Croce, Marianne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis plusieurs d&#233;cennies, la productivit&#233; augmente de mani&#232;re exponentielle et les innovations technologiques se multiplient plus rapidement que jamais. Malgr&#233; ces avanc&#233;es, la &#171; soci&#233;t&#233; des loisirs &#187;, dans laquelle notre temps de travail serait consid&#233;rablement r&#233;duit pour nous consacrer aux autres sph&#232;res de la vie, n'a jamais vu le jour. Au contraire, les dernie&#768;res transformations dans l'organisation du travail m&#232;nent toujours plus de salari&#233;&#183;e&#183;s vers la pr&#233;carit&#233;, l'hyperproductivit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Quel-avenir-pour-le-travail-" rel="directory"&gt;Dossier : Quel avenir pour le travail ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Inegalites-et-pauvrete-+" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fontaine-Lea-+" rel="tag"&gt;Fontaine, L&#233;a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Robert-Camille-+" rel="tag"&gt;Robert, Camille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Di-Croce-Marianne-+" rel="tag"&gt;Di Croce, Marianne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2782.jpg?1642092232' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1314&#034; height=&#034;828&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Depuis plusieurs d&#233;cennies, la productivit&#233; augmente de mani&#232;re exponentielle et les innovations technologiques se multiplient plus rapidement que jamais. Malgr&#233; ces avanc&#233;es, la &#171; soci&#233;t&#233; des loisirs &#187;, dans laquelle notre temps de travail serait consid&#233;rablement r&#233;duit pour nous consacrer aux autres sph&#232;res de la vie, n'a jamais vu le jour. Au contraire, les dernie&#768;res transformations dans l'organisation du travail m&#232;nent toujours plus de salari&#233;&#183;e&#183;s vers la pr&#233;carit&#233;, l'hyperproductivit&#233; et l'&#233;puisement professionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Observant l'&#233;rosion du temps personnel, la journaliste Katrina Onstad &#233;crivait r&#233;cemment qu'il a fallu un si&#232;cle pour gagner la fin de semaine, et seulement quelques de&#769;cennies pour la perdre. Toutes les applications de gestion de t&#226;ches et les meilleures strat&#233;gies pour maximiser notre temps ne r&#233;ussissent pas &#224; endiguer le ph&#233;nom&#232;ne : le travail occupe de plus en plus nos esprits, au d&#233;triment des moments pass&#233;s avec nos proches ou des projets collectifs non li&#233;s a&#768; la carri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les m&#233;canismes de r&#233;gulation h&#233;rit&#233;s du 20e si&#232;cle r&#233;pondent difficilement &#224; une conjoncture en constante red&#233;finition. Qui surveille le paiement de toutes les heures de travail des pigistes ? Qui s'assure d'un environnement de travail sain et s&#233;curitaire pour les b&#233;n&#233;voles ou les stagiaires ? Qui garantit le droit &#224; la d&#233;connexion pour les employ&#233;&#183;e&#183;s d'une start-up ? Interpell&#233; par les bouleversements dans le monde du travail, le collectif d'&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; a r&#233;uni une dizaine d'autrices et d'auteurs r&#233;fl&#233;chissant, depuis des perspectives diversifi&#233;es, aux enjeux qui y sont li&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Infirmi&#232;res, enseignantes, militantes, juristes, sociologues, syndicalistes, libraires, f&#233;ministes et &#233;cologistes r&#233;pondent ensemble &#224; la question : quel avenir pour le travail ? Leurs r&#233;ponses permettront d'esquisser les contours de milieux d'emploi plus &#233;mancipateurs et inclusifs, d'offrir des outils pour faire face &#224; l'ali&#233;nation 2.0 et, plus largement, de repenser les formes d'organisation collective en lien avec le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Dossier coordonn&#233; par Marianne Di Croce, L&#233;a Fontaine et Camille Robert Illustrations par Anne-Laure Jean Avec des contributions de St&#233;phanie Barahona, Anne-Marie Buisson, Marianne Di Croce, L&#233;a Fontaine, Marc-&#201;douard Joubert, Maude Prud'homme, Camille Robert, Rachel Saintus-Hyppolite, Nathalie Stake-Doucet et Sabela Titus. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_556 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.ababord.org/IMG/jpg/ababord81_c1_web.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH625/ababord81_c1_web-ede55.jpg?1729024022' width='500' height='625' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;/img556|center&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Couverture : C&#233;cile Gari&#233;py&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Anne-Laure Jean&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;mat&#233;rialisation des lieux de travail</title>
		<link>https://www.ababord.org/Dematerialisation-des-lieux-de-travail</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Dematerialisation-des-lieux-de-travail</guid>
		<dc:date>2021-01-04T20:09:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;a Fontaine</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Fontaine, L&#233;a</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La d&#233;mat&#233;rialisation des lieux de travail ne date nullement d'aujourd'hui. Par le pass&#233;, plusieurs pr&#233;occupations ont &#233;t&#233; soulev&#233;es quant au t&#233;l&#233;travail, soit l'ex&#233;cution du travail &#224; domicile, tel que l'effectuaient les couturi&#232;res ou encore les pigistes. Avec l'av&#232;nement des ordinateurs portables, des t&#233;l&#233;phones intelligents ou des tablettes num&#233;riques, il devient de plus en plus ais&#233; pour certaines travailleuses et certains travailleurs d'effectuer leurs t&#226;ches en dehors des murs de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Quel-avenir-pour-le-travail-" rel="directory"&gt;Dossier : Quel avenir pour le travail ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fontaine-Lea-+" rel="tag"&gt;Fontaine, L&#233;a&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3036.png?1642092253' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1350&#034; height=&#034;682&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;mat&#233;rialisation des lieux de travail ne date nullement d'aujourd'hui. Par le pass&#233;, plusieurs pr&#233;occupations ont &#233;t&#233; soulev&#233;es quant au t&#233;l&#233;travail, soit l'ex&#233;cution du travail &#224; domicile, tel que l'effectuaient les couturi&#232;res ou encore les pigistes. Avec l'av&#232;nement des ordinateurs portables, des t&#233;l&#233;phones intelligents ou des tablettes num&#233;riques, il devient de plus en plus ais&#233; pour certaines travailleuses et certains travailleurs d'effectuer leurs t&#226;ches en dehors des murs de l'&#233;tablissement de l'employeur. Pour autant, est-ce que les salari&#233;&#183;e&#183;s y trouvent r&#233;ellement un avantage ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Au cours du 20e si&#232;cle, le &#171; compromis fordiste &#187; a permis d'offrir aux travailleurs une part dans les importants gains de productivit&#233;, contribuant ainsi &#224; stimuler la consommation et, par ricochet, la production. C'est ce qu'on a nomm&#233; l'&#233;conomie 2.0&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le concept de l'&#233;conomie 3.0 est une technique de marketing visant &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aujourd'hui, la profonde transformation des modes de production d&#233;stabilise l'organisation des ressources humaines. L'&#233;conomie s'est diversifi&#233;e, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; presque exclusivement bas&#233;e sur la production de biens au sein des locaux de l'employeur. L'&#233;conomie 4.0 a pris le dessus et conduit les entreprises &#224; &#234;tre &#8211; de mani&#232;re exponentielle &#8211; de plus en plus concurrentielles entre elles, ce qui les pousse &#224; rechercher des solutions, notamment celles qui consistent &#224; baisser les co&#251;ts de production&#8230; G&#233;n&#233;ralement, comme chacun sait, cela consiste &#224; &#171; se s&#233;parer &#187; d'une partie de la masse salariale. Par ailleurs, les lois du travail, en l'occurrence le Code du travail, pr&#233;sument l'existence d'un lieu physique de travail pour mettre en &#339;uvre la syndicalisation. Avec le temps, les lois ont pris un coup de vieux et n'ont pas &#233;t&#233; actualis&#233;es face &#224; l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; et certaines d'entre elles sont maintenant en complet d&#233;calage avec la r&#233;alit&#233; soci&#233;tale dont les travailleuses et travailleurs font les frais.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; La d&#233;mat&#233;rialisation / La remat&#233;rialisation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Mentionnons d'embl&#233;e qu'une partie de l'&#233;conomie li&#233;e aux connaissances et aux savoirs continue d'exister dans des &#233;tablissements physiques, soit mat&#233;rialis&#233;s. Par ailleurs, ce que l'on nomme &#171; l'&#233;conomie du savoir &#187; peut consister en un travail intellectuel, mais ce n'est pas toujours le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le ph&#233;nom&#232;ne de la d&#233;mat&#233;rialisation de l'&#233;conomie peut se d&#233;cliner &#224; diff&#233;rents degr&#233;s selon la charge de travail et la nature de la t&#226;che &#224; ex&#233;cuter. Notre int&#233;r&#234;t ici se limite &#224; l'activit&#233; intellectuelle. Il est effectivement question de commercialiser &#171; des connaissances et des savoirs &#187;, une force de travail impalpable. L'&#233;conomie d&#233;mat&#233;rialis&#233;e est bas&#233;e sur des donn&#233;es permettant aux travailleuses et travailleurs d'effectuer leurs t&#226;ches depuis un endroit choisi &#8211; ou non &#8211; par eux : chez soi, depuis un &#171; workcenter &#187; ou dans un caf&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette &#233;conomie offre la flexibilit&#233; recherch&#233;e le plus souvent par les employeurs. Dans le meilleur des cas, la travailleuse et le travailleur fournissent une force de travail intangible et ne sont pas oblig&#233;&#183;e&#183;s d'&#234;tre physiquement pr&#233;sent&#183;e&#183;s &#224; un lieu d&#233;termin&#233; d'avance ni d'ex&#233;cuter leur travail &#224; un moment pr&#233;cis. Si le fait d'effectuer un travail dans un lieu d&#233;mat&#233;rialis&#233; ne rel&#232;ve pas toujours des salari&#233;&#183;e&#183;s, y trouvent-ils un r&#233;el avantage ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Un travail minutieux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Le droit devrait pouvoir s'adapter &#224; la situation contemporaine des relations collectives de travail. Il devrait permettre de reconstituer les contours de l'entreprise ou plut&#244;t de l'&#233;tablissement, qui en droit du travail constituent le principal palier de la syndicalisation et de la n&#233;gociation collective. La loi devrait reconna&#238;tre l'&#233;tablissement dans sa totalit&#233; malgr&#233; sa fragmentation issue de l'ext&#233;riorisation du travail. Il faudrait d&#233;montrer qu'il y a une attache suffisamment claire et nette entre l'&#233;tablissement et la travailleuse ou le travailleur pour que le lien d'emploi soit encore palpable. Cette d&#233;monstration devrait &#234;tre r&#233;p&#233;t&#233;e autant de fois qu'il y a de travailleuses et de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cela n&#233;cessiterait de trouver un faisceau d'indices afin de mettre en &#233;vidence l'existence de l'&#233;tablissement concern&#233; par la d&#233;mat&#233;rialisation, et ainsi le remat&#233;rialiser virtuellement. En effet, il faudrait identifier la pr&#233;sence d'une communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts malgr&#233; la distance qu'induit le t&#233;l&#233;travail entre les diff&#233;rents travailleurs et travailleuses. Par exemple, le fait que le contr&#244;le de l'employeur sur l'ex&#233;cution du travail demeure, et ce peu importe la distance, doit &#234;tre v&#233;rifi&#233;. Avec les outils num&#233;riques n&#233;cessairement utilis&#233;s &#224; l'occasion de la mobilit&#233; qui nous int&#233;resse, il est facile pour l'employeur de savoir ce que la travailleuse ou le travailleur fait avec son ordinateur portable : ex&#233;cution des t&#226;ches, consultation de pages Internet pour le travail ou pour son int&#233;r&#234;t personnel, &#171; vol de temps &#187;, etc. La travailleuse et le travailleur sont ainsi &#171; tra&#231;ables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'autres indices de l'existence d'un &#233;tablissement &#171; remat&#233;rialisable &#187; pourraient concerner le processus de s&#233;lection &#224; l'embauche, l'offre de formation, l'assignation de fonctions, la fourniture d'outils num&#233;riques, le versement d'avantages sociaux, etc. Il conviendrait aussi d'analyser diff&#233;rentes lois sociales telles que la Loi sur la sant&#233; et la s&#233;curit&#233; du travail ou encore la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles afin de voir s'il existe ou non d'autres indices concernant l'&#233;tablissement. Mettre en &#233;vidence ces indices ne va pas de soi, dans la mesure o&#249; les regroupements de travailleuses et de travailleurs sont morcel&#233;s, fragment&#233;s, voire d&#233;localis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Les d&#233;fis du syndicalisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; L'un des enjeux majeurs que pose la d&#233;mat&#233;rialisation des lieux de travail concerne la repr&#233;sentation et la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des travailleuses et des travailleurs ainsi que la n&#233;gociation collective. Effectivement, le Code du travail, tel qu'indiqu&#233; plus t&#244;t, n'est plus adapt&#233; &#224; la r&#233;alit&#233; contemporaine des relations collectives du travail. Les travailleuses et travailleurs s'&#233;parpillent en dehors de l'&#233;tablissement physique et souvent s'isolent, perdent les contacts humains qui existaient peut-&#234;tre avant la d&#233;mat&#233;rialisation, ce qui porte atteinte &#224; la reconnaissance d'une communaut&#233; d'int&#233;r&#234;ts, et donc &#224; la possibilit&#233; de cr&#233;er un syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si le lieu de travail est d&#233;mat&#233;rialis&#233;, comment d&#233;finir l'unit&#233; d'accr&#233;ditation et l'unit&#233; de n&#233;gociation ? Tel qu'indiqu&#233; pr&#233;c&#233;demment, il nous faudra trouver un faisceau d'indices. Lorsqu'un syndicat est d&#233;j&#224; en place dans un &#233;tablissement, il sera plus facile de le remat&#233;rialiser virtuellement et de reconna&#238;tre l'attribution du monopole syndical de repr&#233;sentation des travailleuses et travailleurs. Les indices seront plus simples &#224; identifier. En revanche, s'il s'agit de faire entrer un nouveau syndicat dans l'&#233;tablissement &#233;clat&#233; par la d&#233;mat&#233;rialisation, la t&#226;che sera moins &#233;vidente, car les liens restent &#224; prouver.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Quel avenir pour l'organisation du travail ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Les employeurs trouvent leur compte &#224; travers cette d&#233;sincarnation du travail dans l'&#233;tablissement. Quid des travailleuses et des travailleurs ? Elles et ils b&#233;n&#233;ficient de certains avantages tels que la r&#233;duction du temps de d&#233;placement, une meilleure conciliation vie personnelle/vie professionnelle (et pas seulement &#171; travail/famille &#187;), le choix du moment d&#233;di&#233; au travail (ex. dimanche, &#224; 2h du matin), la possibilit&#233; de travailler &#224; l'autre bout du monde et une certaine libert&#233; dans la dur&#233;e de travail. Bien s&#251;r, tout n'est pas toujours aussi rose !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si le pouvoir l&#233;gislatif stagne et refuse de faire &#233;voluer le droit, il faudrait que le pouvoir judiciaire ose une interpr&#233;tation adapt&#233;e au contexte contemporain du travail, dans le respect de la libert&#233; constitutionnelle d'association et de n&#233;gociation collective. Il convient d'interpr&#233;ter de mani&#232;re large et lib&#233;rale la notion d'&#233;tablissement ou toutes les autres notions du lieu physique de l'entreprise afin que cela permette la reconnaissance virtuelle de l'&#233;tablissement, soit sa remat&#233;rialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les recours li&#233;s &#224; la reconnaissance des &#233;tablissements virtuels vont fort probablement se multiplier au fil du temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le concept de l'&#233;conomie 3.0 est une technique de marketing visant &#224; exploiter certaines donn&#233;es des clients pour leur proposer des produits adapt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;UN MOT DE PLUS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de r&#233;gulation des rapports collectifs du travail a, historiquement, toujours eu pour si&#232;ge le lieu physique o&#249; se d&#233;veloppaient les activit&#233;s de production d'une entreprise. Le droit du travail n'a jamais fait abstraction du lieu physique qui &#233;tait unique et centralis&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les chauffeurs californiens d'Uber resteront des travailleurs ind&#233;pendants</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-chauffeurs-californiens-d-Uber-resteront-des-travailleurs-independants</link>
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		<dc:date>2020-11-06T13:44:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;a Fontaine</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Manchette</dc:subject>
		<dc:subject>Fontaine, L&#233;a</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;G&#233;olocalis&#233;s, autonomis&#233;s, r&#233;duits aux conditions de travail et de sant&#233; et s&#233;curit&#233; minimales, les chauffeurs Uber californiens ont accueilli dans une grande d&#233;ception le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum ayant pour effet d'abolir une loi qui obligeait les g&#233;ants de la gig economy &#224; les reconna&#238;tre comme salari&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Lors des &#233;lections am&#233;ricaines, il est monnaie courante de consulter la population par voie de r&#233;f&#233;rendum. En Californie, ce ne sont pas moins de 385 r&#233;f&#233;rendums qui &#233;taient organis&#233;s en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-85-novembre-2020-" rel="directory"&gt;No 085 - automne 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Etats-Unis-+" rel="tag"&gt;Etats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Manchette-+" rel="tag"&gt;Manchette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fontaine-Lea-+" rel="tag"&gt;Fontaine, L&#233;a&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3006.jpg?1642092251' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1280&#034; height=&#034;854&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;G&#233;olocalis&#233;s, autonomis&#233;s, r&#233;duits aux conditions de travail et de sant&#233; et s&#233;curit&#233; minimales, les chauffeurs Uber californiens ont accueilli dans une grande d&#233;ception le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum ayant pour effet d'abolir une loi qui obligeait les g&#233;ants de la &lt;i&gt;gig economy&lt;/i&gt; &#224; les reconna&#238;tre comme salari&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Lors des &#233;lections am&#233;ricaines, il est monnaie courante de consulter la population par voie de r&#233;f&#233;rendum. En Californie, ce ne sont pas moins de 385 r&#233;f&#233;rendums qui &#233;taient organis&#233;s en m&#234;me temps que l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. La Proposition 22, objet d'une consultation r&#233;f&#233;rendaire, visait l'abolition de la loi AB5, adopt&#233;e r&#233;cemment et obligeant les plateformes de services &#224; requalifier les chauffeurs et autres livreurs en salari&#233;s et &#224; leur accorder salaire minimum, cong&#233;s maladie et assurance ch&#244;mage. Cette loi novatrice avait &#233;t&#233; tr&#232;s favorablement accueillie par la California Labor Federation, le syndicat se r&#233;jouissant &#224; l'&#233;poque d'une &#171; &lt;em&gt; immense victoire pour les travailleurs ! &lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Uber, Lyft et quelques autres pr&#233;tendaient qu'un grand nombre de chauffeurs souhaitent b&#233;n&#233;ficier d'une flexibilit&#233; d'horaire d&#233;nu&#233;e des contraintes d'un emploi &#224; temps plein. Pour cette raison, ils ont financ&#233; une campagne r&#233;f&#233;rendaire &#224; hauteur de plus de 220 millions de dollars am&#233;ricains, un montant sans pr&#233;c&#233;dent en Californie. Selon le porte-parole de la campagne pour la Proposition 22, soutenue &#224; coup de publicit&#233;s t&#233;l&#233;, radio, internet&#8230;, les r&#233;percussions d'une non-adoption de la proposition auraient &#233;t&#233; &#233;normes en termes de suppression d'emplois et de service &#224; la client&#232;le. Quant aux personnes oppos&#233;es &#224; la Proposition 22, donc favorables au maintien de la loi AB5, ils n'ont pu lever qu'environ 10 millions de dollars et ont multipli&#233; en vain des manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La question du statut juridique des chauffeurs Uber ne cesse de d&#233;frayer la chronique depuis des ann&#233;es. Consid&#233;r&#233;s comme des travailleurs autonomes, ils sont livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes en mati&#232;re de protection sociale notamment. Et il n'est pas uniquement question des chauffeurs Uber, mais aussi des chauffeurs de taxi classiques, qui vivent une grande concurrence que l'on peut qualifier de d&#233;loyale. En effet, les plateformes num&#233;riques permettent de mettre en relation chauffeurs ind&#233;pendants et clients, pr&#233;levant au passage une commission. Selon Uber, ce n'est pas une organisation de recrutement de salari&#233;s, ni une entreprise de transport. Cette entreprise cherche &#224; d&#233;fendre son mod&#232;le &#233;conomique qui fait des ravages en mati&#232;re de conditions de travail, que ce soit aux &#201;tats-Unis ou au Canada. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les syndicats californiens ne veulent pas en rester l&#224;. Ils souhaitent contester la constitutionnalit&#233; du statut des chauffeurs, et sont d'ailleurs engag&#233;s dans un combat judiciaire depuis plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ub&#233;risation n'&#233;pargne gu&#232;re de professions. Aujourd'hui, les chauffeurs et livreurs &#8211; et demain, les avocats, les conseillers financiers... Ce n'est pas la num&#233;risation de l'&#233;conomie qui fait peur, mais le mod&#232;le social qu'elle cherche &#224; imposer : un mod&#232;le d'ind&#233;pendance, de libre entreprise, de salariat d&#233;guis&#233; contre lequel il faut lutter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si l'ub&#233;risation peut permettre dans certains cas &#224; des personnes au ch&#244;mage de trouver un travail, cela ne doit pas se faire &#224; n'importe quel prix.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Self driving Uber prototype in San Francisco (Dllu, BY-SA).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lock-out &#224; ABI. Quand le gouvernement s'en m&#234;le</title>
		<link>https://www.ababord.org/Lock-out-a-ABI-Quand-le-gouvernement-s-en-mele</link>
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		<dc:date>2020-10-11T18:53:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;a Fontaine</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Fontaine, L&#233;a</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les alumineries internationales accumulent de tr&#232;s gros profits au Qu&#233;bec gr&#226;ce, entre autres, &#224; la r&#233;duction du prix de l'&#233;lectricit&#233; qu'Hydro-Qu&#233;bec leur consent. Ces multinationales cr&#233;ent des emplois, mais portent aussi de s&#233;rieux coups &#224; nos ressources collectives et, parfois, &#224; leur propre main-d'&#339;uvre. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l'exemple que nous donne actuellement l'Aluminerie de B&#233;cancour inc. (ABI) qui a lock-out&#233; ses 1 030 salari&#233;&#183;e&#183;s il y a un an et demi et qui a re&#231;u r&#233;cemment l'appui du premier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-80-ete-2019-" rel="directory"&gt;No 080 - &#233;t&#233; 2019&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fontaine-Lea-+" rel="tag"&gt;Fontaine, L&#233;a&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2995.jpg?1642092250' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1250&#034; height=&#034;833&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les alumineries internationales accumulent de tr&#232;s gros profits au Qu&#233;bec gr&#226;ce, entre autres, &#224; la r&#233;duction du prix de l'&#233;lectricit&#233; qu'Hydro-Qu&#233;bec leur consent. Ces multinationales cr&#233;ent des emplois, mais portent aussi de s&#233;rieux coups &#224; nos ressources collectives et, parfois, &#224; leur propre main-d'&#339;uvre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est l'exemple que nous donne actuellement l'Aluminerie de B&#233;cancour inc. (ABI) qui a lock-out&#233; ses 1 030 salari&#233;&#183;e&#183;s il y a un an et demi et qui a re&#231;u r&#233;cemment l'appui du premier ministre Legault, se comportant ainsi comme Duplessis contre les gr&#233;vistes de son temps.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une n&#233;gociation tendue&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;gociation collective, avant le conflit, se d&#233;roulait &#224; peu pr&#232;s normalement, bien que celle-ci achoppait sur les questions du r&#233;gime de retraite et du calcul de l'anciennet&#233; dans le cadre des mouvements de main-d'&#339;uvre. La tension a cependant augment&#233; &#224; la suite de l'embauche d'agents de s&#233;curit&#233; par l'entremise d'une entreprise priv&#233;e. Sans compter qu'une rumeur courait voulant qu'ABI avait contact&#233; des sous-traitants et demand&#233; aux cadres de l'entreprise de se tenir pr&#234;ts &#224; mettre la main &#224; un ouvrage qui ne figurait pas dans le cadre habituel de leurs fonctions.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La convention collective arrivant &#224; &#233;ch&#233;ance le 22 novembre 2017, un conciliateur est intervenu &#224; plusieurs reprises pour faciliter la n&#233;gociation. Son travail s'est av&#233;r&#233; vain. L'employeur, qui refusait de se pr&#233;senter aux r&#233;unions auxquelles le convoquait le conciliateur &#8211; ce qui est ill&#233;gal &#8211;, a tout de m&#234;me d&#233;pos&#233; une proposition aux M&#233;tallos, qu'il qualifiait d'&#171; &lt;em&gt;offre finale globale de r&#232;glement &lt;/em&gt; &#187; et qu'il jugeait &#171; &lt;em&gt;comp&#233;titive&lt;/em&gt; &#187;. Cette proposition a &#233;t&#233; rejet&#233;e par une tr&#232;s forte majorit&#233; des salari&#233;&#183;e&#183;s. En parall&#232;le, ABI obtenait une ordonnance en vue d'interdire aux salari&#233;&#183;e&#183;s de ralentir les activit&#233;s en vue de limiter la production. Selon ABI, l'entreprise doit assumer &#171; &lt;em&gt;la responsabilit&#233; de s'assurer de la s&#233;curit&#233; de tous et de ses &#233;quipements, tout en maintenant ses op&#233;rations&lt;/em&gt; &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but 2018, les 1030 salari&#233;&#183;e&#183;s d'ABI &#233;taient appel&#233;&#183;e&#183;s &#224; r&#233;agir de nouveau &#224; une autre offre patronale, qu'ils ont rejet&#233;e de mani&#232;re cat&#233;gorique, ce qui leur a valu, d&#232;s le lendemain, une mise en lock-out. Deux mois plus tard, l'employeur leur proposait une nouvelle offre relative aux conditions de travail, aussi refus&#233;e tr&#232;s largement. Ces va-et-vient intempestifs constituent un signe patent que les conditions de n&#233;gociation collective se sont d&#233;grad&#233;es au fil du temps. L'impasse est aujourd'hui bien r&#233;elle. Nous sommes en 2019&#8230; et le lock-out se poursuit !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Fonctionnement de l'entreprise durant le lock-out&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'entreprise exploite trois s&#233;ries de deux cuves en temps normal. Durant la p&#233;riode de lock-out, elle ne peut faire travailler que les cadres de l'&#233;tablissement, ne pouvant sous-traiter le travail &#224; l'ext&#233;rieur de l'entreprise. ABI a donc d&#233;cid&#233; de ne faire fonctionner qu'une s&#233;rie de cuves. Cependant, il semble que m&#234;me 145 cadres constituent un bassin de main-d'&#339;uvre insuffisant pour faire tourner le tiers de l'entreprise, qui habituellement repose sur le travail de plus d'un millier de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicat a men&#233; une enqu&#234;te et s'est aper&#231;u que d'autres personnes que les cadres effectuaient les t&#226;ches des lockout&#233;&#183;e&#183;s, ce qui est interdit par le Code du travail. Les M&#233;tallos ont alert&#233; le ministre du Travail, mais le d&#233;lai d'intervention &#8211; trop long &#8211; a permis &#224; ABI de prendre les mesures n&#233;cessaires pour se conformer &#224; la loi : seules quatre personnes ont &#233;t&#233; reconnues comme &#171; scabs &#187;. Selon le syndicat, il ne s'agit toutefois que de la pointe de l'iceberg.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des &#233;conomies gr&#226;ce &#224; l'Hydro&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si ABI doit payer l'&#233;nergie qui lui est r&#233;serv&#233;e par Hydro-Qu&#233;bec, peu importe qu'elle l'utilise ou non, elle est d&#233;gag&#233;e de ses obligations en cas de force majeure. Or, un lock-out constitue un tel cas, suspendant les obligations contractuelles habituelles. Cette mesure a contribu&#233; &#224; d&#233;s&#233;quilibrer le rapport de force en faveur de l'employeur :&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. en augmentant de fa&#231;on significative la capacit&#233; de l'entreprise &#224; assumer les co&#251;ts du conflit en raison d'une faveur accord&#233;e &#224; ABI par Hydro-Qu&#233;bec ; en effet, cette derni&#232;re a perdu 165 millions de dollars de revenus en raison du lock-out, dollars rest&#233;s dans les poches d'ABI ;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. en accentuant la pression mise sur les &#233;paules des travailleuses et travailleurs. Les M&#233;tallos ont publi&#233; une analyse ind&#233;pendante qui d&#233;montre que chaque jour de lock-out &#224; ABI repr&#233;sente un manque &#224; gagner pour Hydro-Qu&#233;bec de 604 464 $ (l'hiver) et de 600 352 $ (l'&#233;t&#233;).&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons que cette &#233;tude a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e de mani&#232;re ind&#233;pendante &#224; partir des plus r&#233;centes donn&#233;es disponibles sur les prix de l'aluminium et sur les taux de change. Elle s'est aussi fond&#233;e sur les termes du contrat liant Hydro-Qu&#233;bec, le gouvernement et les propri&#233;taires de l'aluminerie.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'intrusion ill&#233;gitime de l'&#201;tat&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Code du travail offre aux parties une pleine autonomie pour n&#233;gocier et conclure une convention collective ; l'&#201;tat n'exerce normalement qu'un r&#244;le d'arbitre neutre. Au nom de l'int&#233;r&#234;t public, ce dernier encadre donc les conflits de travail (par exemple les modalit&#233;s de conciliation, de m&#233;diation, de r&#232;glement des diff&#233;rends). Comme l'affirmaient Laroche, Jalette et Coutu dans un article du &lt;em&gt;Devoir&lt;/em&gt;, &#171; &lt;em&gt;en g&#233;n&#233;ral, l'&#201;tat entend rester au-dessus de la m&#234;l&#233;e dans les conflits du secteur priv&#233; et son intervention, le cas &#233;ch&#233;ant, vise &#224; rapprocher les parties&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;lanie Laroche, Patrice Jalette et Michel Coutu, &#171; Lock-out &#224; ABI : Quand (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars dernier, Fran&#231;ois Legault a toutefois comment&#233; le conflit de travail &#224; ABI, soit pour la premi&#232;re fois depuis son arriv&#233;e au pouvoir, en octobre 2018, en tenant des propos &#233;tonnants : &#171; &lt;em&gt;On parle de 1000 emplois tr&#232;s payants, tr&#232;s, tr&#232;s payants. &#199;a n'a pas de bon sens que &#231;a fasse un an.&lt;/em&gt; &#187; Le premier ministre s'est permis de sugg&#233;rer au syndicat de faire des compromis : &#171; &lt;em&gt;Quand un syndicat en demande trop, le risque est alors de perdre des emplois &#224; 92 000 $ par an, donc moi, je pense que c'est important d'&#234;tre raisonnable, et actuellement, je ne trouve pas que le syndicat est raisonnable.&lt;/em&gt; &#187; Et d'ajouter en commission parlementaire : &#171; &lt;em&gt;On est dans une situation, Monsieur le Pr&#233;sident, o&#249; honn&#234;tement, je le dis, je crois que le syndicat des M&#233;tallos exag&#232;re dans ces n&#233;gociations.&lt;/em&gt; &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle affirmation est de nature &#224; nuire aux salari&#233;&#183;e&#183;s et c'est pourquoi le cas d'ABI constitue une manifestation patente d'intrusion ill&#233;gitime dans des relations de travail. Le jupon affairiste de Fran&#231;ois Legault d&#233;passe largement dans ce dossier. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#233;lanie Laroche, Patrice Jalette et Michel Coutu, &#171; Lock-out &#224; ABI : Quand l'arbitre prend parti &#187;, &lt;em&gt;Le Devoir&lt;/em&gt;, 12 avril 2019. Disponible &lt;a data-cke-saved- href='http://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/551957/lock-out-a-l-abi-quand-l-arbitre-prend-partie' href=&#034;http://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/551957/lock-out-a-l-abi-quand-l-arbitre-prend-partie&#034;&gt;en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Manifestation devant les bureaux d'Hydro-Qu&#233;bec en novembre 2018 pour d&#233;noncer le lockout &#224; l'Aluminerie de B&#233;cancour (Cr&#233;dit : Syndicat des m&#233;tallos).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un groupe de solidarit&#233;. Rejoignez le groupe Facebook Appuyons les lockout&#233;s d'ABI &#224; B&#233;cancour pour rester informer de la situation et soutenir les actions des syndiqu&#233;&#183;e&#183;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
En ligne : &lt;a href=&#034;http://www.facebook.com/groups/1812759925463318&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.facebook.com/groups/1812759925463318&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les 100 ans de l'Organisation internationale du travail (OIT)</title>
		<link>https://www.ababord.org/Les-100-ans-de-l-Organisation-internationale-du-travail-OIT</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;a Fontaine</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Fontaine, L&#233;a</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Organisation internationale du travail (OIT) a toujours jou&#233; un r&#244;le important lors des moments clefs de l'histoire du travail, qu'il s'agisse de la Grande D&#233;pression, de la d&#233;colonisation, de la cr&#233;ation de Solidarno&#347;&#263; en Pologne, de la victoire sur l'apartheid en Afrique du Sud. Voil&#224; l'occasion de revenir sur le pass&#233; d'une institution qui c&#233;l&#232;bre cette ann&#233;e son centi&#232;me anniversaire. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est en 1919 qu'est cr&#233;&#233;e l'OIT. Cette derni&#232;re vise la paix universelle et durable, soit les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-79-avril-mai-2019-" rel="directory"&gt;No 079 - avril / mai 2019&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fontaine-Lea-+" rel="tag"&gt;Fontaine, L&#233;a&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2968.jpg?1642092248' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1251&#034; height=&#034;822&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Organisation internationale du travail (OIT) a toujours jou&#233; un r&#244;le important lors des moments clefs de l'histoire du travail, qu'il s'agisse de la Grande D&#233;pression, de la d&#233;colonisation, de la cr&#233;ation de Solidarno&#347;&#263; en Pologne, de la victoire sur l'apartheid en Afrique du Sud. Voil&#224; l'occasion de revenir sur le pass&#233; d'une institution qui c&#233;l&#232;bre cette ann&#233;e son centi&#232;me anniversaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; C'est en 1919 qu'est cr&#233;&#233;e l'OIT. Cette derni&#232;re vise la paix universelle et durable, soit les bases de la justice sociale, qui chasse l'exploitation des travailleuses et des travailleurs. C'est en ce sens, qu'au cours des derni&#232;res ann&#233;es, l'OIT a d&#233;velopp&#233; un &#171; &lt;em&gt;cadre &#233;thique, productif et &#233;quitable &lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'OIT a quatre objectifs strat&#233;giques : la promotion et la mise en &#339;uvre des principes et des droits fondamentaux au travail ; la croissance des possibilit&#233;s pour les femmes et les hommes d'obtenir un emploi d&#233;cent ; l'extension du b&#233;n&#233;fice et de l'efficacit&#233; de la protection sociale pour toutes et tous ; le renforcement du tripartisme et le dialogue social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ainsi, ses pr&#233;occupations d'ordre s&#233;curitaire, humanitaire, politique et &#233;conomique &#233;taient clairement annonc&#233;es d&#232;s le d&#233;part. En effet, le pr&#233;ambule de la constitution de l'OIT en fait mention : &#171; &lt;em&gt;la r&#233;glementation de la dur&#233;e du travail et du recrutement de main-d'&#339;uvre, la pr&#233;vention du ch&#244;mage et la garantie d'un salaire assurant un niveau de vie convenable, la protection sociale des travailleurs, des enfants, des personnes &#226;g&#233;es et des femmes&lt;/em&gt; &#187;. Ce texte a aussi mis en exergue plusieurs principes fondamentaux : l'&#233;galit&#233; de r&#233;mun&#233;ration pour un travail de valeur &#233;gale ou encore la libert&#233; syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Tripartisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; L'action de l'OIT repose sur l'indispensable coop&#233;ration entre les gouvernements et les organisations d'employeurs et de travailleurs, en vue de favoriser le progr&#232;s &#233;conomique et social. Que ces instances soient syndicales ou patronales ou encore repr&#233;sentantes nationales (gouvernementales), elles participent sur un pied d'&#233;galit&#233; aux d&#233;lib&#233;rations et incarnent le dialogue social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ses trois organes principaux &#339;uvrent en droit du travail &#224; l'&#233;chelle internationale. La Conf&#233;rence internationale du Travail d&#233;termine les normes internationales du travail et les grandes orientations de l'OIT (le parlement international du travail). Ce mandat est compl&#233;t&#233; par celui du Conseil d'administration (organe ex&#233;cutif de l'OIT) et celui du Bureau international du Travail (le secr&#233;tariat permanent). En plus de ces trois organismes, il existe aussi des comit&#233;s d'experts.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Normes et contr&#244;le&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; La premi&#232;re ann&#233;e, sous la direction d'Albert Thomas (1878-1932), l'OIT ne comptait que neuf conventions internationales du travail et dix recommandations, adopt&#233;es en moins de deux ans. Ces normes abordaient plusieurs pans du travail tels que sa dur&#233;e, le ch&#244;mage, la protection de la maternit&#233;, le travail de nuit des femmes et des enfants ou encore l'&#226;ge minimum des enfants destin&#233;s au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un si&#232;cle plus tard, il y a 189 conventions internationales du travail, dont huit sont fondamentales (et couvrent la libert&#233; d'association et la reconnaissance effective du droit de n&#233;gociation collective ; l'&#233;limination de toutes les formes de travail forc&#233; ou obligatoire ; l'abolition effective du travail des enfants ; l'&#233;limination de la discrimination dans l'emploi et la profession) et 205 autres recommandations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'OIT a construit un syst&#232;me de contr&#244;le unique, sur le plan international, qui tend &#224; garantir le respect des conventions par les &#201;tats qui les ont ratifi&#233;es. En cas de difficult&#233; d'application, l'OIT aide les pays concern&#233;s par le biais du dialogue social et de l'assistance technique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Actualisation du r&#244;le de l'OIT&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; L'OIT poss&#232;de une connaissance et une expertise du monde du travail in&#233;gal&#233;es. Elle cherche toujours &#224; satisfaire les aspirations des peuples du monde entier quant &#224; des emplois et des revenus d&#233;cents et &#224; la dignit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH323/d89ebbb1be27376869c413981d6bbc48-96555.png?1729027477' width='500' height='323' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'actuel directeur g&#233;n&#233;ral de l'OIT, le Britannique Guy Ryder, veut renforcer le r&#244;le de l'organisation dans les processus de d&#233;cision internationaux relatifs au monde du travail (p. ex. emploi, protection sociale, lutte contre la pauvret&#233;, &#233;galit&#233;) et intervenir dans des situations mondiales difficiles, comme une crise &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le directeur Ryder veut aussi que l'OIT s'adapte aux nouvelles r&#233;alit&#233;s soci&#233;tales. Ainsi, il affirme : &#171; &lt;em&gt; L'intelligence artificielle, l'automatisation et la robotique vont provoquer des pertes d'emploi du fait de l'obsolescence des comp&#233;tences. Cependant, ces m&#234;mes avanc&#233;es technologiques, ainsi que l'&#233;cologisation des &#233;conomies, vont &#233;galement permettre de cr&#233;er des millions d'emplois &#8211; si l'on saisit ces nouvelles opportunit&#233;s.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cent ans apr&#232;s sa cr&#233;ation, l'OIT veut r&#233;ellement &#234;tre le plus en ad&#233;quation avec l'&#233;volution des modes d'exploitation des entreprises qui se d&#233;mat&#233;rialisent et le march&#233; du travail qui se fractionne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;img alt=&#034;&#034; src='https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L500xH293/86c4098dcecbf8a9f10b20118cafa5b4-5bdf8.png?1729027477' width='500' height='293' /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo prise &#224; minuit dans une usine de verre en Indiana, 1908 (Wiki Commons, CC BY-SA 2.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>En guerre</title>
		<link>https://www.ababord.org/En-guerre</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;a Fontaine</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Fontaine, L&#233;a</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Explosion de col&#232;re devant le bureau du directeur : hu&#233;es, insultes. Certains tentent m&#234;me de forcer la porte. Les 1 100 salari&#233;&#183;e&#183;s de l'entreprise viennent d'avoir la confirmation que leur usine sp&#233;cialis&#233;e dans la sous-traitance automobile fermera d&#233;finitivement sous peu. Tous se disent trahis, la direction s'&#233;tant engag&#233;e deux ans plus t&#244;t &#224; maintenir l'activit&#233; en &#233;change de la suppression de plusieurs primes et d'un passage aux 40 heures par semaine, sans augmentation de salaire. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-78-fevrier-mars-2019-" rel="directory"&gt;No 078 - f&#233;vrier / mars 2019&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cinema-+" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fontaine-Lea-+" rel="tag"&gt;Fontaine, L&#233;a&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2930.png?1642092246' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;496&#034; height=&#034;626&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Explosion de col&#232;re devant le bureau du directeur : hu&#233;es, insultes. Certains tentent m&#234;me de forcer la porte. Les 1 100 salari&#233;&#183;e&#183;s de l'entreprise viennent d'avoir la confirmation que leur usine sp&#233;cialis&#233;e dans la sous-traitance automobile fermera d&#233;finitivement sous peu. Tous se disent trahis, la direction s'&#233;tant engag&#233;e deux ans plus t&#244;t &#224; maintenir l'activit&#233; en &#233;change de la suppression de plusieurs primes et d'un passage aux 40 heures par semaine, sans augmentation de salaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Une membre du comit&#233; de n&#233;gociation collective dit : &#171; [On] &lt;em&gt;a travaill&#233; 40 heures pay&#233;es 35 heures par semaine ; cela fait deux ans qu'on bosse comme des cons et voil&#224; le r&#233;sultat. &lt;/em&gt; &#187; Des salari&#233;&#183;e&#183;s qui se disent &#233;c&#339;ur&#233;&#183;e&#183;s rappellent aussi que l'entreprise, filiale d'une compagnie allemande, a r&#233;alis&#233; durant l'ann&#233;e, 17 millions d'euros de b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Face &#224; eux dans la cohue, le directeur affirme qu'il y a un manque de comp&#233;titivit&#233; : &#171; &lt;em&gt;Le secteur de la sous-traitance automobile est devenu aujourd'hui fortement concurrentiel. Et le site industriel n'arrive plus &lt;/em&gt;[&#224; faire face aux] &lt;em&gt;exigences de comp&#233;titivit&#233;.&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un autre membre du comit&#233; de n&#233;gociation, indign&#233;, interpelle le directeur : &#171; &lt;em&gt;Allez leur dire aux gens-l&#224;, allez leur expliquer la non-comp&#233;titivit&#233; de l'industrie.&lt;/em&gt; [&#8230;] &lt;em&gt;Allez leur expliquer aux salari&#233;s qu'ils vont perdre leur travail parce que l'entreprise n'est pas comp&#233;titive, allez leur expliquer !&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le directeur : &#171; &lt;em&gt;Il faut bien comprendre aujourd'hui qu'il n'y a pas d'un c&#244;t&#233; les salari&#233;s et de l'autre la direction, nous sommes tous dans le m&#234;me bateau, vous comprenez &#231;a ?&lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La repr&#233;sentante syndicale : &#171; &lt;em&gt;On ne veut pas de votre piti&#233;, on veut juste que vous respectiez votre parole d'il y a deux ans selon laquelle vous ne garantissiez nos emplois pendant cinq ans. &lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le repr&#233;sentant syndical : &#171; &lt;em&gt;Je comprends une chose : lorsqu'on passe un accord avec la direction, tout va bien tant que cela vous arrange ; et quand cela ne vous arrange plus, vous ne le respectez plus. Donc qu'on conclue ou non une entente, c'est pareil. &lt;/em&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un autre repr&#233;sentant syndical ajoute : &#171; &lt;em&gt;Chaque salari&#233; vous a offert cinq heures de travail gratuit par semaine, depuis deux ans, soit 470 heures sur deux ans, soit 4 600 euros donn&#233;s &#224; l'entreprise. Cinq millions d'euros pour l'ensemble des 1 100 salari&#233;s de l'entreprise&lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Fiction/R&#233;alit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Cette sc&#232;ne est fictive, mais tellement r&#233;aliste. St&#233;phane Briz&#233;, le r&#233;alisateur du film En guerre, met en lumi&#232;re une lutte ouvri&#232;re qui passe d'un plein d'&#233;nergie, d'une motivation sans bornes &#224; d&#233;fendre les travailleuses et travailleurs, &#224; l'&#233;puisement graduel et &#224; la division du collectif. La solidarit&#233; &#233;clate sous la pression patronale. Effectivement, c'est la guerre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En France, mais ailleurs aussi, la fermeture d'entreprises engendre des drames humains le plus souvent tus (s&#233;paration conjugale, vente de la maison familiale, d&#233;gringolade sociale, d&#233;pression).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Accul&#233;&#183;e&#183;s, les travailleuses et travailleurs peuvent manifester leur m&#233;contentement en d&#233;clenchant une gr&#232;ve. Et cette derni&#232;re peut se transformer en mouvement social de premier ordre. Le soul&#232;vement populaire que conna&#238;t actuellement la France illustre parfaitement l'&#233;c&#339;urement g&#233;n&#233;ralis&#233; d'une population &#224; l'endroit notamment de son gouvernement ou encore des dirigeants des grandes entreprises qui d&#233;localisent leur exploitation et suppriment des emplois. Les gilets jaunes fran&#231;ais incarnent le ras-le-bol d'une soci&#233;t&#233; qui n'est favorable qu'aux plus riches. Ils partagent une appartenance &#224; une classe sociale d&#233;laiss&#233;e depuis trop longtemps. La solution se trouve peut-&#234;tre dans certaines propositions &#8211; notamment celles d'Olivier Besancenot telles que la suppression de la TVA (taxe sur la valeur ajout&#233;e) sur les produits de base &#224; l'&#233;picerie, le carburant automobile, etc. Ces manifestant&#183;e&#183;s doivent &#234;tre pris tr&#232;s au s&#233;rieux. Dans &lt;em&gt;En guerre&lt;/em&gt;, l'histoire &#171; finit par finir &#187;, mais de mani&#232;re on ne peut plus tragique. Parfois la r&#233;alit&#233; d&#233;passe la fiction.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Agn&#232;s Varda, cin&#233;aste militante</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;a Fontaine</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Fontaine, L&#233;a</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Nouvelle Vague est l'un des mouvements majeurs du cin&#233;ma fran&#231;ais, celui qui jouit peut-&#234;tre de la plus grande aura mythique. Elle est reconnue pour ses pr&#233;occupations d'abord artistiques et son int&#233;r&#234;t manifeste pour les &#171; images de femmes &#187; esth&#233;tis&#233;es qui sont au c&#339;ur des repr&#233;sentations de cet univers d'hommes. Une centaine de r&#233;alisateurs, en effet, produisent leur premier film entre 1957 et 1962 et, parmi eux, on ne retrouve qu'une seule femme, Agn&#232;s Varda. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques ann&#233;es plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-77-dec-2018-janv-2019-" rel="directory"&gt;No 077 - d&#233;c. 2018 / janv. 2019&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2888.png?1642092240' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;866&#034; height=&#034;666&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Nouvelle Vague est l'un des mouvements majeurs du cin&#233;ma fran&#231;ais, celui qui jouit peut-&#234;tre de la plus grande aura mythique. Elle est reconnue pour ses pr&#233;occupations d'abord artistiques et son int&#233;r&#234;t manifeste pour les &#171; images de femmes &#187; esth&#233;tis&#233;es qui sont au c&#339;ur des repr&#233;sentations de cet univers d'hommes. Une centaine de r&#233;alisateurs, en effet, produisent leur premier film entre 1957 et 1962 et, parmi eux, on ne retrouve qu'une seule femme, Agn&#232;s Varda.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es plus t&#244;t, la cin&#233;aste avait d&#233;j&#224; tourn&#233; son premier long m&#233;trage, &lt;em&gt;La pointe courte&lt;/em&gt; (1955), mais il &#233;tait d&#233;j&#224; clair qu'elle ne filmait pas &lt;em&gt;simplement&lt;/em&gt; pour filmer. Elle se distingue de ses compagnons de la Nouvelle Vague en tant qu'auteure de r&#233;alisations engag&#233;es, ce qui n'est pas courant dans ce milieu. Agn&#232;s Varda, signataire du &lt;em&gt;Manifeste des 343&lt;/em&gt;, publi&#233; en 1971, d&#233;fendant la l&#233;galisation de l'avortement, a ainsi souvent rendu hommage aux femmes, notamment dans &lt;em&gt;L'une chante, l'autre pas&lt;/em&gt; (1977). Tout au long de sa carri&#232;re, Varda a travaill&#233; sur les rapports entre la fiction et le r&#233;el. &lt;em&gt;La pointe courte&lt;/em&gt;, &#224; titre d'exemple, met en sc&#232;ne un couple dont la relation s'&#233;tiole tout en illustrant, en arri&#232;re-plan, les conditions de travail d&#233;grad&#233;es des p&#234;cheurs de S&#232;te, ville de son enfance.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses d&#233;buts ont &#233;t&#233; difficiles. C'est en train qu'elle se rend &#224; Cannes, bobines sous le bras, pour pr&#233;senter son premier film. Celui-ci ne remporte qu'un succ&#232;s d'estime alors qu'il est consid&#233;r&#233; aujourd'hui comme pr&#233;curseur de la Nouvelle Vague.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que Varda ait refus&#233; un temps le qualificatif de f&#233;ministe, deux films majeurs &#233;voquent la condition de la femme dans la soci&#233;t&#233; : &lt;em&gt;Cl&#233;o de 5 &#224; 7&lt;/em&gt; (1962) et &lt;em&gt;Le bonheur&lt;/em&gt; (1965), t&#233;moignant de sa sensibilit&#233; &#224; &#171; la cause des femmes &#187; qu'elle ne cessera de d&#233;fendre par la suite dans sa production cin&#233;matographique.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est &lt;em&gt;Sans toit, ni loi &lt;/em&gt;(1985) qui la fait conna&#238;tre au grand public. Ce film raconte l'histoire d'une jeune fille sans abri, retrouv&#233;e dans un foss&#233;, morte de froid. L&#224; encore, Varda d&#233;nonce non seulement la situation des femmes, mais &#233;galement la pr&#233;carit&#233; et la marginalit&#233; qui affligent plusieurs d'entre elles, r&#233;v&#233;lant une double domination, &#224; la fois sexu&#233;e et sociale.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui &#226;g&#233;e de 90 ans, Agn&#232;s Varda tient toujours le fort. D&#233;termin&#233;e, elle continue de filmer les gens et leur condition dans le monde. En 2017, elle a re&#231;u un Oscar honorifique pour l'ensemble de son &#339;uvre, la plus grande r&#233;compense du cin&#233;ma am&#233;ricain. On lui a aussi attribu&#233; le titre de grand officier de la L&#233;gion d'honneur en France. En 2015, elle remporte la Palme d'honneur du Festival de Cannes, premi&#232;re femme de l'histoire du cin&#233;ma &#224; la recevoir. Les nombreux prix soulignant son travail de cin&#233;aste engag&#233;e lui font dire qu'il s'agit l&#224; de &#171; &lt;em&gt;prix de r&#233;sistance et d'endurance&lt;/em&gt; &#187;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Oscar Delgado (CC BY 2.0).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POUR ALLER PLUS LOIN :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agn&#232;s Varda, &lt;i&gt;Varda par Agn&#232;s&lt;/i&gt;, Cahiers du cin&#233;ma, 1994.&lt;br class='autobr' /&gt;
Antony Fiant, Roxane Hamery et &#201;ric Thouvenel, &lt;i&gt;Agn&#232;s Varda. Le cin&#233;ma et au-del&#224;&lt;/i&gt;, Presses universitaires de Rennes, 1995.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Regards sur le Japon. Travailler &#224; mourir</title>
		<link>https://www.ababord.org/Regards-sur-le-Japon-Travailler-a-mourir</link>
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		<dc:date>2020-05-02T20:09:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L&#233;a Fontaine</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Psychologie et psychiatrie</dc:subject>
		<dc:subject>Asie</dc:subject>
		<dc:subject>Fontaine, L&#233;a</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans certaines soci&#233;t&#233;s, la r&#233;duction du temps de travail a &#233;t&#233; mise en &#339;uvre afin d'augmenter la qualit&#233; de vie. C'est le cas de la France avec la semaine de 35 heures implant&#233;e sur l'initiative de Martine Aubry, alors ministre du Travail, m&#234;me si elle a &#233;t&#233; battue en br&#232;che, 20 ans plus tard, par la loi El Khomri. Au Japon, toutefois, le travail est une valeur en soi et le nombre d'heures ne conna&#238;t pas de limites. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la culture nipponne, travailler un grand nombre d'heures rel&#232;ve (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-77-dec-2018-janv-2019-" rel="directory"&gt;No 077 - d&#233;c. 2018 / janv. 2019&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Psychologie-et-psychiatrie-+" rel="tag"&gt;Psychologie et psychiatrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Asie-+" rel="tag"&gt;Asie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Fontaine-Lea-+" rel="tag"&gt;Fontaine, L&#233;a&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2885.jpg?1642092240' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;834&#034; height=&#034;552&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans certaines soci&#233;t&#233;s, la r&#233;duction du temps de travail a &#233;t&#233; mise en &#339;uvre afin d'augmenter la qualit&#233; de vie. C'est le cas de la France avec la semaine de 35 heures implant&#233;e sur l'initiative de Martine Aubry, alors ministre du Travail, m&#234;me si elle a &#233;t&#233; battue en br&#232;che, 20 ans plus tard, par la loi El Khomri. Au Japon, toutefois, le travail est une valeur en soi et le nombre d'heures ne conna&#238;t pas de limites.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans la culture nipponne, travailler un grand nombre d'heures rel&#232;ve quasiment du code d'honneur du citoyen mod&#232;le. Les heures suppl&#233;mentaires sont ainsi devenues une r&#232;gle, mais &#224; quel prix ? &#192; celui de la vie ! La mort au travail y prend m&#234;me deux formes particuli&#232;rement tragiques : le &lt;em&gt;kar&#333;shi&lt;/em&gt; d&#233;signe la mort subite de cadres ou d'employ&#233;s de bureau par arr&#234;t cardiaque, AVC, etc. ; le &lt;em&gt;kar&#333; utsuby&#333; &lt;/em&gt;d&#233;crit le suicide au travail provoqu&#233; par son intensification excessive.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mort au travail par surcharge a &#233;t&#233; par ailleurs remplac&#233;e par le suicide &#224; proprement parler. Depuis les ann&#233;es 1990, ce dernier est courant et il est davantage m&#233;diatis&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Junko Kitanaka, De la mort volontaire au suicide au travail : histoire et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On observe bien s&#251;r un lien de causalit&#233; entre les conditions de travail et le passage &#224; l'acte, mais aussi des facteurs renvoyant aux fragilit&#233;s individuelles des salari&#233;&#183;e&#183;s.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Culture du d&#233;ni&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Selon Junko Kitanaka, dont les &#233;crits sont largement consacr&#233;s &#224; la d&#233;pression dans la perspective historique de la psychiatrie, plusieurs maladies mentales sont pr&#233;sentes dans l'archipel japonais depuis longtemps. C'est notamment le cas pour l'&#233;puisement nerveux (&lt;em&gt;shinkei suijaku&lt;/em&gt;). Au d&#233;but du 20e si&#232;cle, les suicid&#233;&#183;e&#183;s et les malades mentaux sont particuli&#232;rement malmen&#233;&#183;e&#183;s par ceux-l&#224; m&#234;mes qui pourraient les soigner. Ainsi, selon Kuniyoshi Katayama, une sp&#233;cialiste de la m&#233;decine l&#233;gale, les suicid&#233;&#183;e&#183;s &#171; &lt;em&gt; r&#233;pandent du poison dans la soci&#233;t&#233; &lt;/em&gt;[et la nation] &lt;em&gt;doit renforcer son corps et son esprit de sorte &#224; pouvoir &#233;liminer les mol&#233;cules pathologiques de cette esp&#232;ce-l&#224; &lt;/em&gt; &#187;. Dans un discours, prononc&#233; &#224; la m&#234;me &#233;poque, &#332;kuma Shigenobu affirmait : &#171; &lt;em&gt;Tous ces gens qui se pr&#233;cipitent du haut d'une cascade ou qui se jettent devant un train sont des esprits faibles. Ils n'ont pas de constitution mentale assez forte, ils en font une maladie mentale et, &#224; la fin, &#231;a les tue. Inutile, voil&#224; ce qu'ils sont ! Les t&#234;tes faibles de ce genre ne causeraient que du mal m&#234;me s'ils survivaient&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Junko Kitanaka, Depression in Japan : Psychiatric Cures for a Society in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Toute une analyse !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut une br&#232;ve p&#233;riode dans l'histoire de la psychiatrie japonaise, apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle la domination de la neurobiologie a &#233;t&#233; mise &#224; mal dans ses fondements par la psychanalyse. Au tournant des ann&#233;es 1950, le mod&#232;le am&#233;ricain de &#171; sante&#769; mentale &#187; s'est impos&#233; un temps au Japon. Comme dans plusieurs autres soci&#233;t&#233;s modernes, l'augmentation des prescriptions de psychotropes y est alors grandissante et inqui&#233;tante. Ceux-ci sont prescrits pour ma&#238;triser les m&#233;canismes biologiques de la psychose et exclure toute psychologie des n&#233;vroses. Sous l'occupation, le Japon reprend ses propres outils pour construire un renouveau th&#233;orique du neurobiologisme en psychiatrie, afin d'&#233;tendre le recours aux cliniques et aux h&#244;pitaux psychiatriques priv&#233;s. Contrairement &#224; d'autres pays, le Japon met l'accent sur l'institutionnalisation des patient&#183;e&#183;s atteint&#183;e&#183;s de maladies mentales.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ailleurs dans le monde&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien malheureusement, le &lt;em&gt;kar&#333;shi&lt;/em&gt; et le &lt;em&gt;kar&#333; utsuby&#333;&lt;/em&gt; ne se manifestent pas seulement dans l'&#201;tat nippon. En effet, ils se produisent dans plusieurs pays industrialis&#233;s, voire dans des nations o&#249; domine l'&#233;conomie virtuelle. En France, dans des entreprises comme Orange ou Renault, mais aussi dans certaines grandes entreprises au Qu&#233;bec, des travailleuses et travailleurs press&#233;&#183;e&#183;s comme des citrons se retrouvent &#224; bout de force et tombent comme des mouches ou pr&#233;parent leur suicide, bien souvent sur leur lieu de travail. Les suicid&#233;&#183;e&#183;s n'h&#233;sitent plus &#224; accrocher &#224; leurs v&#234;tements un petit mot sur lequel on peut lire : &#171; &lt;em&gt;Si je me suicide aujourd'hui, c'est &#224; cause de mon travail !&lt;/em&gt; &#187; On comprendra que ces messages frappent de plein fouet l'imaginaire de leurs coll&#232;gues.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Am&#233;liorer les conditions de travail pour affronter la question de la mort &#171; naturelle &#187; ou le suicide au travail s'impose. Toute une question d'apprentissage et de culture est impliqu&#233;e. Des formations de sensibilisation &#224; ces questions sont donc aujourd'hui plus essentielles que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; preuve, m&#234;me l'art s'en est saisi en vue notamment de sensibiliser la population japonaise. Voir &#224; ce sujet le &lt;a data-cke-saved- href='http://www.indiegogo.com/projects/salaryman-documentary' href=&#034;http://www.indiegogo.com/projects/salaryman-documentary&#034;&gt;documentaire en production&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Salaryman&lt;/em&gt;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Junko Kitanaka, &lt;em&gt;De la mort volontaire au suicide au travail : histoire et anthropologie de la d&#233;pression au Japon&lt;/em&gt;, Montreuil-sous-Bois, Ithaque, 2014, 316 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Junko Kitanaka&lt;em&gt;, Depression in Japan : Psychiatric Cures for a Society in Distress&lt;/em&gt;, Princeton, Princeton University Press, 2012, 109 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Travailleurs japonais &#224; 5 h du matin, Shinjuku, Tokyo (Jorge Gonzalez CC BY-SA 2.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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