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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>La cybercommunication</title>
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		<dc:date>2010-02-16T15:06:56Z</dc:date>
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		<dc:creator>Ren&#233; Saint-Pierre</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
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		<dc:subject>Saint-Pierre, Ren&#233;</dc:subject>

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&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re que les moyens de communication pass&#233;s ont r&#233;ussi &#224; abolir les barri&#232;res sociales li&#233;es au temps et &#224; l'espace, les nouveaux moyens de communication tendent aujourd'hui &#224; dissoudre ou &#224; remettre en question une certaine notion d'identit&#233; culturelle et sociale dans le contexte d'un &#171; vivre ensemble ailleurs &#187;. Cette r&#233;flexion vise &#224; rendre compte, sous l'angle des sciences humaines et &#224; travers certains de ses aspects psychologiques et sociaux, d'attitudes et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton980.gif?1642092281' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1024&#034; height=&#034;768&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re que les moyens de communication pass&#233;s ont r&#233;ussi &#224; abolir les barri&#232;res sociales li&#233;es au temps et &#224; l'espace, les nouveaux moyens de communication tendent aujourd'hui &#224; dissoudre ou &#224; remettre en question une certaine notion d'identit&#233; culturelle et sociale dans le contexte d'un &#171; vivre ensemble ailleurs &#187;. Cette r&#233;flexion vise &#224; rendre compte, sous l'angle des sciences humaines et &#224; travers certains de ses aspects psychologiques et sociaux, d'attitudes et de comportements caract&#233;ris&#233;s par un rapport aux autres parfois distanci&#233;, parfois d&#233;sincarn&#233;, mais semblerait-il sous la constante &#233;gide du devoir d'authenticit&#233; et d'une certaine forme d'esth&#233;tique de la d&#233;sinhibition.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quel est le sens &#224; donner aux nouvelles exp&#233;riences perceptives, sociales et identitaires v&#233;cues dans l'univers virtuel de l'Internet, plus particuli&#232;rement celui du Web 2.0, la nouvelle mouture d'un Web participatif li&#233; au r&#233;seautage social ? Le cyberespace est maintenant per&#231;u comme un espace g&#233;ographique, culturel, psychologique et social &#224; part enti&#232;re. Les notions d'identit&#233; et de pr&#233;sence se d&#233;veloppent selon diff&#233;rentes modalit&#233;s op&#233;ratoires, esth&#233;tiques et relationnelles o&#249; codes et r&#232;gles de conduite se doivent d'&#234;tre respect&#233;s afin d'y &#234;tre consid&#233;r&#233;s et de pouvoir s'int&#233;grer et progresser au sein d'une communaut&#233; virtuelle. Cependant, on observe que le cyberespace est un espace en rupture avec l'espace d'&#233;change et de communication traditionnel. Derri&#232;re le confort que procure l'anonymat de l'interface-&#233;cran, nous pouvons &#233;changer, communiquer et partager notre identit&#233; r&#233;elle ou fictive, vivre par procuration un second, un triple, un quadruple moi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un espace en rupture avec la tradition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le cyberespace, &#224; travers certains environnements de communautique, est un espace psychologique en rupture avec l'espace d'&#233;change et de communication traditionnel puisqu'il permet d'aborder de parfaits inconnus et de discuter avec eux de fa&#231;on enti&#232;rement anonyme et d&#233;sincarn&#233;e. Ces rencontres peuvent se faire &#224; travers une multitude de dispositifs de communication plus ou moins sophistiqu&#233;s allant de la messagerie instantan&#233;e (MSN) jusqu'aux environnements immersifs en 3D. Le cyberespace est &#233;galement un espace g&#233;ographique, culturel et social en rupture avec l'espace traditionnel puisqu'il transforme notre relation &#224; l'espace et au temps. Il transforme cette relation d&#232;s lors que le dispositif technique permet d'abolir les distances physiques et d'&#234;tre &#171; ensemble ailleurs &#187;, maintenant ou plus tard. Il transforme aussi notre relation &#224; la connaissance et au politique ainsi qu'&#224; notre vie culturelle et sociale par l'&#233;mergence de la cyber citoyennet&#233; : mobilisations communautaires autour d'une cause, participation &#224; des plateformes d'expression personnelle et de r&#233;seautage social, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le cyberespace est un espace d'exp&#233;rimentation et d'actualisation du potentiel personnel par la mise en relation de soi aux autres. Dans le cyberespace, l'individu peut explorer plus librement diff&#233;rentes manifestations de son identit&#233; personnelle et sociale sans &#234;tre n&#233;cessairement soumis aux jugements et &#224; la critique. De nouvelles formes d'identit&#233; &#233;mergent, et l'on voit s'y greffer de nouvelles attitudes, de nouveaux comportements exhibitionnistes. L'anonymat des avatars sociaux propose un cadre faisant &#233;clater la notion d'identit&#233;, plus particuli&#232;rement celle d'identit&#233; multiple.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'intime et le social : vers une esth&#233;tique de la d&#233;sinhibition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il est maintenant convenu d'exposer dans les r&#233;seaux sociaux (Facebook, MySpace, FlickR, Blogger, Skyblog, Viadeo, Linkedin, Twitter, etc.) nos r&#233;cits d'exp&#233;rience et passe-temps favoris (voyages, f&#234;tes, &#233;v&#233;nements particuliers, etc.), d'y pr&#233;senter notre cercle de parents et amis, d'y annoncer notre occupation du moment, etc. Et le fait que les gens expriment aujourd'hui avec moins de pudeur leurs pr&#233;occupations, leurs joies, leurs peines et leurs &#233;tats d'&#226;me est caract&#233;ristique d'un ph&#233;nom&#232;ne ayant maintenant atteint un certain stade de maturit&#233;, voire de banalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, et sachant que ce ph&#233;nom&#232;ne d'exposition est bien r&#233;el, nous voulons savoir quel est le prix, voire le danger pour la vie priv&#233;e et pour la s&#233;curit&#233; personnelle des individus ? Nous savons que les adolescents aiment s'exhiber, ce qui ouvre la voie aux pr&#233;dateurs sexuels ainsi qu'aux jeux de rumeurs et de cyberintimidation. Et les photos plac&#233;es sur Internet demeurent accessibles tr&#232;s longtemps. On n'a qu'&#224; imaginer le futur recruteur, lors d'un entretien d'embauche, questionnant le jeune candidat sur les multiples beuveries auxquelles il a particip&#233; dans le pass&#233; r&#233;cent de son adolescence. Par ailleurs, la potentielle tra&#231;abilit&#233; de notre parcours virtuel sur la toile contient aussi le profil de nos int&#233;r&#234;ts politiques et de nos pr&#233;f&#233;rences culturelles. Serons-nous fich&#233;s selon que l'on s'int&#233;resse &#224; une cause sociale ou &#224; une organisation politique particuli&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'en est-il du droit au respect de la vie priv&#233;e ? Les r&#233;seaux sociaux peuvent-ils devenir cet immense &lt;i&gt; &lt;i&gt;Big Brother&lt;/i&gt; &lt;/i&gt; tel que l'avait visualis&#233; Georges Orwell dans son roman 1984, un syst&#232;me totalitaire cherchant &#224; r&#233;guler la conduite de la vie en soci&#233;t&#233; ? En fait, les r&#233;seaux sociaux sont d'immenses bases de donn&#233;es contenant des informations sur nos occupations personnelles et professionnelles, sur nos pr&#233;f&#233;rences culturelles, nos habitudes de consommation, ainsi que sur nos fr&#233;quentations, notre emploi du temps et certains de nos &#233;tats d'&#226;me, pour peu qu'on ait d&#233;voil&#233; ces informations. Les r&#233;seaux sociaux deviennent donc progressivement de puissants outils de profilage social d'abord pour les sp&#233;cialistes du marketing relationnel, mais &#233;ventuellement pour plusieurs autres instances de la soci&#233;t&#233; civile ou institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#234;tre ensemble et ailleurs &#187; des r&#233;seaux sociaux trouve aussi ses avatars dans le domaine t&#233;l&#233;visuel. Les &#233;missions appartenant au genre de la t&#233;l&#233;-r&#233;alit&#233; (&lt;i&gt;Star Acad&#233;mie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Loft Story&lt;/i&gt;, etc.) brouillent les distinctions classiques entre fiction et information, entre les sph&#232;res de la vie publique et de la vie priv&#233;e. Les &#233;missions appartenant au genre de la t&#233;l&#233; cupidon ou de la t&#233;l&#233; confession (&lt;i&gt;Dr. Phil&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Oprah&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Toute une histoire&lt;/i&gt;, etc.) attisent le go&#251;t &#224; l'exhibitionnisme et au voyeurisme et r&#233;duisent la fronti&#232;re entre l'espace de la vie publique et celui de la vie priv&#233;e. Ces types d'&#233;mission r&#233;pondent &#224; la &#171; demande d'&#233;thique &#187; caract&#233;ristique des soci&#233;t&#233;s capitalistes avanc&#233;es en offrant une repr&#233;sentation du vivre ensemble fond&#233;e sur un simulacre d'authenticit&#233;, de v&#233;rit&#233; et de transparence &#224; soi et aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux de rencontres amoureuses n'&#233;chappent pas non plus &#224; cette tendance sociale d'esth&#233;tisation de la d&#233;sinhibition. Les pratiques sociales en t&#233;moignent puisque chercher l'&#226;me s&#339;ur sur Internet n'est plus un tabou. Le ph&#233;nom&#232;ne touche d&#233;sormais des gens de tous les &#226;ges et de tous les milieux. Que ce soit pour y chercher une relation durable ou pour y trouver une aventure, ce genre de site peut r&#233;pondre &#224; bien des envies, compulsions et d&#233;sirs refoul&#233;s, dans un contexte o&#249; la nature m&#234;me du cadre relationnel s'en trouve affect&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Perspectives de recherche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous croyons qu'il y aurait lieu de s'int&#233;resser davantage aux impacts sociaux que peuvent g&#233;n&#233;rer de tels environnements participatifs. Certes il y a cette promesse d'ubiquit&#233;, d'&#233;change et de partage qu'offrent les r&#233;seaux sociaux, la messagerie instantan&#233;e et les jeux en r&#233;seaux. Mais n'y a-t-il pas lieu de se questionner plus en profondeur sur la nature des liens et la valeur relative des &#233;changes v&#233;cus d&#232;s lors que l'on observe que les fronti&#232;res entre l'intime et le social deviennent de plus en plus t&#233;nues ; et que le vivre ensemble ici et maintenant, de fa&#231;on r&#233;elle et incarn&#233;e pourrait &#233;ventuellement devenir l'exception plut&#244;t que la r&#232;gle ? Craipau et Koster (2007) &#233;voquent cette id&#233;e &#224; partir d'un roman d'Isaac Asimov, &#233;crit en 1957, et donnant bien avant l'heure une vision plut&#244;t apocalyptique du vivre ensemble ailleurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;&#8230; Face aux feux du soleil, propose sur le mode de la science-fiction une vision de l'avenir de ces nouveaux modes de sociabilit&#233; : il d&#233;crit une soci&#233;t&#233; angoiss&#233;e dans laquelle les rencontres effectives sont taboues. La technique sert de substitut aux phobies sociales, et c'est par &#233;crans interpos&#233;s que les gens se rencontrent d&#233;sormais.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux deviennent possiblement le refuge qui renferme l'espace potentiel &#224; l'&#233;mancipation de fantasmes d&#233;miurgiques destin&#233;s &#224; faire na&#238;tre prestige, pouvoir et contr&#244;le, dans un contexte participatif fr&#244;lant, &#224; bien des &#233;gards, un simulacre d'engagement social et cybercitoyen. &#192; la soci&#233;t&#233; du spectacle et du loisir s'est substitu&#233;e celle de la participation, du r&#233;seautage social et de la d&#233;sinhibition.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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