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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>La frilosit&#233; des syndicats</title>
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		<dc:date>2013-01-24T22:12:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Frappier</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement &#233;tudiant</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Frappier, Andr&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelle que soit l'issue, la lutte sociale engendr&#233;e par le mouvement &#233;tudiant qu&#233;b&#233;cois est d&#233;j&#224; pass&#233;e &#224; l'histoire. L'euphorie d&#233;gag&#233;e par des centaines de milliers de personnes dans les rues de Montr&#233;al lors des grandes manifestations nationales et par la prise de possession citoyenne de la rue le soir au son des casseroles un peu partout au Qu&#233;bec laissera une empreinte profonde dans la m&#233;moire collective. Les masses populaires ont exprim&#233; d'une seule voix leur refus d'une soci&#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Frappier-Andre-+" rel="tag"&gt;Frappier, Andr&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1533.gif?1642092140' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;169&#034; height=&#034;225&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelle que soit l'issue, la lutte sociale engendr&#233;e par le mouvement &#233;tudiant qu&#233;b&#233;cois est d&#233;j&#224; pass&#233;e &#224; l'histoire. L'euphorie d&#233;gag&#233;e par des centaines de milliers de personnes dans les rues de Montr&#233;al lors des grandes manifestations nationales et par la prise de possession citoyenne de la rue le soir au son des casseroles un peu partout au Qu&#233;bec laissera une empreinte profonde dans la m&#233;moire collective. Les masses populaires ont exprim&#233; d'une seule voix leur refus d'une soci&#233;t&#233; corrompue et r&#233;pressive. Un tel &#233;lan d&#233;passe l'enjeu de la seule question des frais de scolarit&#233;. Elle pose la question : quel type de soci&#233;t&#233; souhaitons-nous ? Une soci&#233;t&#233; au service des mini&#232;res, des sp&#233;culateurs qui exploitent nos ressources ou au service du bien collectif, des services publics, de l'&#233;ducation, de la sant&#233; et du logement ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement syndical en tant que tel a jou&#233; un r&#244;le positif dans la lutte &#233;tudiante. Les syndicats de toutes all&#233;geances ont particip&#233; &#224; la plupart des manifestations importantes et ont apport&#233; un appui substantiel tant financier qu'organisationnel. Plusieurs r&#233;solutions d'appui ont &#233;t&#233; adopt&#233;es, provenant des syndicats de l'enseignement, mais aussi d'autres syndicats, incluant le Conseil central de Montr&#233;al (CSN) et le Conseil r&#233;gional Montr&#233;al m&#233;tropolitain (FTQ). Cependant, en ne tirant pas toutes les implications du conflit, les directions des centrales ont rat&#233; l'opportunit&#233; de travailler &#224; cr&#233;er un front commun social gr&#226;ce &#224; leur influence.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La pusillanimit&#233; des directions syndicales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette lutte a repr&#233;sent&#233; un saut qualitatif qui a permis pour un instant de faire converger les diff&#233;rents int&#233;r&#234;ts de la soci&#233;t&#233; civile dans une bataille commune contre le principe de l'utilisateur-payeur, la corruption et la r&#233;pression. Elle a remis en question la l&#233;gitimit&#233; de l'appareil d'&#201;tat qui tente, depuis deux d&#233;cennies, de nous imposer son projet n&#233;olib&#233;ral. C'est un moment important auquel il aurait fallu apporter toute l'attention et l'appui n&#233;cessaire &#224; l'heure des combats isol&#233;s et des d&#233;faites successives du mouvement syndical, &#224; l'heure o&#249; le droit de gr&#232;ve dans le secteur public n'existe plus que dans l'imaginaire et o&#249; le lock-out est devenu la r&#232;gle dans le secteur priv&#233; et m&#234;me dans le secteur public. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis le d&#233;but, les directions syndicales ont comme perspective de r&#233;gler la question du financement postsecondaire en vase clos, c'est-&#224;-dire &#224; partir des propres ressources du milieu coll&#233;gial et universitaire, y incluant celles des &#233;tudiantes et des &#233;tudiants. Cette logique ne remet pas en question le cadre budg&#233;taire du gouvernement qui proc&#232;de en m&#234;me temps &#224; l'&#233;limination de la taxe sur le capital pour les entreprises et finance odieusement Rio Tinto Alcan par l'achat de l'exc&#233;dent de sa production d'&#233;lectricit&#233; pendant que cette entreprise met ses employ&#233;Es en lock-out. Cette vision rend possible l'isolement des luttes les unes des autres et nuit &#224; la formation d'un front uni, essentiel &#224; une victoire durable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le pr&#233;c&#233;dent de 2010&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le qu'ont jou&#233; les directions syndicales dans ce conflit &#233;tait d&#233;j&#224; inscrit dans le sc&#233;nario qui s'est d&#233;roul&#233; lors du Front commun du secteur public et parapublic de 2010 o&#249;, malgr&#233; une offensive d'appauvrissement annonc&#233;e dans le budget Bachand, les directions des centrales ont boud&#233; la coalition oppos&#233;e &#224; la tarification et la privatisation, et proc&#233;d&#233; &#224; un r&#232;glement au rabais, sans combat. Cela a eu pour effet d'isoler les mouvements sociaux, dont le mouvement &#233;tudiant qui s'est retrouv&#233; seul aujourd'hui dans une lutte qui aurait d&#251; &#234;tre men&#233;e par l'ensemble du mouvement syndical. L'impact r&#233;trograde de ce budget concernant l'augmentation des frais selon le principe de l'utilisateur-payeur et la diminution des services &#233;tait pourtant &#224; lui seul annonciateur des projets de privatisation du gouvernement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les centrales syndicales ont jou&#233; un r&#244;le de frein au mouvement de lutte &#233;tudiante, ce qui aura certainement des cons&#233;quences beaucoup plus lourdes que leur refus d'adh&#233;rer &#224; la coalition contre la tarification en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De nouvelles perspectives politiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La lutte &#233;tudiante aura red&#233;fini les perspectives politiques et strat&#233;giques qui dominent le mouvement ouvrier et populaire qu&#233;b&#233;cois depuis plus de trois d&#233;cennies. Elle a remis &#224; l'avant-plan la n&#233;cessit&#233; de la lutte citoyenne comme axe central d'&#233;mancipation sociale. Elle a red&#233;fini, en le mettant en pratique, le concept de d&#233;mocratie populaire. Elle a produit une rupture avec la strat&#233;gie de confinement des luttes dans une perspective de suivisme &#233;lectoraliste. Elle a confront&#233; directement les conceptions des chefs traditionnels du mouvement ouvrier ainsi que du courant p&#233;quiste qui le traverse. Elle a permis de d&#233;gager un acquis essentiel : le d&#233;veloppement de luttes unitaires, la possibilit&#233; d'une lutte sociale contre l'offensive n&#233;olib&#233;rale, la perspective d'une soci&#233;t&#233; solidaire, &#233;cologiste et &#233;galitaire &#224; la port&#233;e de nos luttes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>FTQ et Fonds de solidarit&#233; </title>
		<link>https://www.ababord.org/FTQ-et-Fonds-de-solidarite</link>
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		<dc:date>2009-12-13T23:11:42Z</dc:date>
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		<dc:creator>Andr&#233; Frappier</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Frappier, Andr&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelques semaines &#224; peine apr&#232;s le scandale de son voyage en bateau avec l'homme d'affaires Tony Acurso, personnage qui, rappelons-le, a b&#233;n&#233;fici&#233; d'importants investissements du Fonds de solidarit&#233;, le pr&#233;sident de la FTQ Michel Arsenault a refait les manchettes en annon&#231;ant le soutien financier du FSTQ &#224; Pierre Karl P&#233;ladeau en tant que partenaire pour l'achat du Canadien de Montr&#233;al, au moment o&#249; les syndiqu&#233;s de la CSN sont en lock-out. On ne parle pas ici de sauver des emplois, mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-31-oct-nov-2009-" rel="directory"&gt;No 031 - oct. / nov. 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Frappier-Andre-+" rel="tag"&gt;Frappier, Andr&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton949.gif?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;273&#034; height=&#034;334&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quelques semaines &#224; peine apr&#232;s le scandale de son voyage en bateau avec l'homme d'affaires Tony Acurso, personnage qui, rappelons-le, a b&#233;n&#233;fici&#233; d'importants investissements du Fonds de solidarit&#233;, le pr&#233;sident de la FTQ Michel Arsenault a refait les manchettes en annon&#231;ant le soutien financier du FSTQ &#224; Pierre Karl P&#233;ladeau en tant que partenaire pour l'achat du Canadien de Montr&#233;al, au moment o&#249; les syndiqu&#233;s de la CSN sont en lock-out. On ne parle pas ici de sauver des emplois, mais d'investir pour augmenter le rendement aux actionnaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette d&#233;cision est scandaleuse d'un point de vue syndical, et il est important de se pencher sur les motifs qui ont pu mener la direction de la FTQ sur cette voie. Il faut &#233;galement analyser l'impact et le poids du Fonds de solidarit&#233; dans l'histoire politique de la FTQ.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Naissance du Fonds
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Fonds de Solidarit&#233; est n&#233; en 1983. Durant l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, le taux de ch&#244;mage atteignait 14 %. Pr&#232;s d'un demi-million de personnes &#233;taient inscrites &#224; l'assurance-ch&#244;mage &#224; certains moments et les taux d'int&#233;r&#234;ts grimpaient &#224; 21 %. Le gouvernement du Parti qu&#233;b&#233;cois avait convoqu&#233; en avril 1982 un Sommet socio&#233;conomique &#224; Qu&#233;bec o&#249; il lan&#231;ait un appel &#224; la solidarit&#233; pour r&#233;sorber un trou financier de 700 millions $, jetant ainsi les bases d'une des plus importantes attaques contre le mouvement ouvrier qu&#233;b&#233;cois en imposant des coupes salariales de 20 % dans le secteur public au d&#233;but de l'ann&#233;e 1983. Au moment du sommet, Louis Laberge avait d&#233;clar&#233; : &lt;i&gt;&#171; Nous sommes bien conscients que les probl&#232;mes sont s&#233;rieux. Nous sommes donc pr&#234;ts &#224; faire notre part, en autant que tout le monde fasse sa part&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Solidarit&#233; inc., Louis Fournier, &#201;ditions Qu&#233;bec/ Am&#233;riques 1991.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt; La FTQ comptait environ deux tiers de ses membres dans le secteur priv&#233;, l&#224; o&#249; les fermetures, licenciements et coupes de salaires frappaient durement. Mais en faisant une telle d&#233;claration, dans le contexte des coupes annonc&#233;es, il validait la pens&#233;e de Ren&#233; L&#233;vesque :&lt;i&gt; &#171; &#192; cause de la crise, les syndicats du secteur priv&#233; font des concessions &#187;,&lt;/i&gt; constatait-il. &lt;i&gt;&#171; Pourquoi pas ceux du secteur public, avec leurs &#171; emplois &#224; vie &#187;&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de temps apr&#232;s, en ao&#251;t 1982, Laberge rencontrait L&#233;vesque pour lui indiquer que la FTQ &#233;tait pr&#234;te &#224; examiner tout projet qui permettrait que l'argent des coupes de salaires (du secteur public) soit r&#233;investi dans des initiatives de cr&#233;ation d'emploi. Il reprenait ainsi l'id&#233;e qu'il avait lanc&#233;e au sommet de Qu&#233;bec d'un fonds pour l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'opposition au Fonds&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs militantes se sont oppos&#233;s &#224; la cr&#233;ation du Fonds de solidarit&#233;, y voyant un instrument de concertation. Jean-Marc Piotte &#233;crivait &#224; l'&#233;poque : &lt;i&gt;&#171; L'id&#233;e du Fonds de solidarit&#233; est lanc&#233;e avec le projet Corv&#233;e-Habitation par M. Laberge lors du sommet &#233;conomique de Qu&#233;bec en avril 1982. La FTQ qui, &#224; la concertation intercentrale, pr&#233;f&#232;re la collaboration avec le PQ, juge globalement positive sa participation aux divers sommets, m&#234;me si des l&#233;gislations favorisant l'acc&#232;s &#224; la syndicalisation et civilisant les fermetures d'usines n'ont jamais &#233;t&#233; adopt&#233;es par le gouvernement L&#233;vesque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Devoir. 1er d&#233;cembre 1983.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomiste et militant syndical Louis Gill, quant &#224; lui, exprimait son opposition en mettant en perspective la cr&#233;ation du FSTQ au congr&#232;s de d&#233;cembre 1983 par rapport &#224; la position propos&#233;e par la direction de la centrale concernant la r&#233;duction du temps de travail &#224; ce m&#234;me congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci refusait de proposer la r&#233;duction du temps de travail sans r&#233;duction de salaire, et ce, m&#234;me si les 400 d&#233;l&#233;gu&#233;es et d&#233;l&#233;gu&#233;s participant au colloque : &lt;i&gt;&#171; Du travail pour tous, du temps pour vivre &#187;&lt;/i&gt; tenu au mois de mai de la m&#234;me ann&#233;e avaient adopt&#233; massivement cette position et rejet&#233; le travail partag&#233;. Mario Fontaine du journal La Presse, le 9 mai 1983, rapportait ainsi la d&#233;cision des participantes au colloque : &lt;i&gt;&#171; On doit se serrer les coudes, pas la ceinture de dire un intervenant. Les congressistes ont voulu &#233;viter toute ambigu&#239;t&#233; en rejetant la proposition du comit&#233;-synth&#232;se : d'accord pour une diminution du temps de travail, mais pas question de toucher aux revenus des travailleurs, d&#233;j&#224; alt&#233;r&#233;s par la crise. On craint que les employeurs veulent profiter d'une ouverture trop large pour gruger dans les droits acquis, accro&#238;tre les cadences et l'introduction des changements technologiques, et que la r&#233;duction du temps de travail ne permette en fin de compte que la cr&#233;ation d'emplois pr&#233;caires incompatibles avec l'objectif de s&#233;curit&#233; d'emploi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, la direction de la FTQ &#233;vacuait cette position lors du congr&#232;s et, ce faisant, &#233;liminait un outil majeur pour organiser la riposte et unifier le mouvement ouvrier contre la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louis Gill tirait la conclusion suivante : &lt;i&gt;&#171; ... elle&lt;/i&gt; (la direction de la FTQ) &lt;i&gt;a soutenu une r&#233;solution laissant aux syndicats locaux le choix de d&#233;terminer eux-m&#234;mes s'ils doivent &#8220;en tenant compte de leur rapport de force et de la situation de l'entreprise&#8221; tenter ou non de n&#233;gocier une diminution de travail sans r&#233;duction de salaire. Cette position qui laisse la porte ouverte aux r&#233;ductions du temps de travail avec r&#233;duction de salaire, par exemple dans les cas o&#249; on invoquerait la situation de l'entreprise pour la justifier, est une position tout &#224; fait compr&#233;hensible si on l'envisage dans la logique du profit, de la &#8220;viabilit&#233; &#233;conomique&#8221;, qui est notamment le crit&#232;re de base du fonctionnement du Fonds de solidarit&#233; dont la finalit&#233; est de fructifier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Presse, 28 mars 1984.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fonds de solidarit&#233; n'a pas &#233;t&#233; en soi un d&#233;clencheur de la concertation, il en a &#233;t&#233; la continuit&#233; sous une forme plus avanc&#233;e. Mais &#224; l'&#233;poque, sa cr&#233;ation a marqu&#233; un tournant dans les orientations syndicales, ce qui explique la r&#233;sistance de plusieurs syndicats &#224; y adh&#233;rer, dont la section locale de Montr&#233;al du Syndicat des Postiers (STTP actuel) et plusieurs sections locales du SCFP. R&#233;sistance marqu&#233;e lors du congr&#232;s par Francine Leblanc des TUAC ; prenant le micro, elle a entonn&#233; cette c&#233;l&#232;bre chanson adapt&#233;e de Boris Vian : &lt;i&gt;&#171; Monsieur le pr&#233;sident, contre je voterai. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;ditorialistes, quant &#224; eux, ont bien accueilli cette d&#233;cision. Fr&#233;d&#233;ric Wagni&#232;re qualifiait ainsi la position de la FTQ : &lt;i&gt;&#171; La F&#233;d&#233;ration des travailleurs du Qu&#233;bec a compris que la confrontation n'est pas le moyen de r&#233;soudre le probl&#232;me du ch&#244;mage. En d&#233;cembre dernier, elle a refus&#233; de &#8220;s'encarcaner&#8221; en liant les r&#233;ductions de temps de travail au maintien de la pleine compensation. Par ailleurs elle a cr&#233;&#233; le Fonds de solidarit&#233; dont un des buts est de cr&#233;er des emplois. La FTQ avance, toutefois, avec grande prudence dans cette voie de peur d'&#234;tre accus&#233;e de rechercher la concertation &#224; tout prix avec les employeurs et les gouvernements&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Presse. 3 mai 1984.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre de l'industrie et du commerce du gouvernement p&#233;quiste, Rodrigue Biron, avait une id&#233;e bien pr&#233;cise quant &#224; l'utilit&#233; du FSTQ : &lt;i&gt;&#171; ... l'id&#233;e ma&#238;tresse n'est pas tant cet investissement global, important certes mais pas tellement dans le cadre d'une strat&#233;gie globale d'investissement industrielle, que sa contrepartie : faire participer les travailleurs &#224; la gestion... ce qui supposera une transformation des strat&#233;gies syndicales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Presse, avril 1983.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, alors qu'un nouveau cycle de la crise &#233;conomique frappe encore une fois les travailleurs et travailleuses, la n&#233;cessit&#233; d'un bilan politique de fond sur les cons&#233;quences de la concertation et du partenariat se pose avec urgence. Pour faire face aux diktats du FMI, de la Banque mondiale et des accords commerciaux internationaux, ce dont nous avons besoin, c'est d'une mobilisation unitaire afin d'emp&#234;cher le d&#233;mant&#232;lement des services publics et l'augmentation des pouvoirs de l'industrie priv&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Solidarit&#233; inc.&lt;/i&gt;, Louis Fournier, &#201;ditions Qu&#233;bec/ Am&#233;riques 1991.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Devoir&lt;/i&gt;. 1er d&#233;cembre 1983.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Presse,&lt;/i&gt; 28 mars 1984.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Presse.&lt;/i&gt; 3 mai 1984.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt;, avril 1983.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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