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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Art et f&#233;minisme. Quelques tendances significatives</title>
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		<dc:creator>&#200;ve Lamoureux</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Diversit&#233; sexuelle et de genre</dc:subject>
		<dc:subject>Lamoureux, &#200;ve</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'art contemporain est emport&#233;, depuis les ann&#233;es 1990, par une troisi&#232;me vague du f&#233;minisme complexe et polymorphe. Certains modes d'exploration des d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes demeurent, mais de nouvelles pr&#233;occupations s'imposent. J'insiste ici sur certains courants qui s'emparent de la question identitaire, mais l'envisagent de fa&#231;on innovante. &lt;br class='autobr' /&gt; A posteriori, plusieurs ont reproch&#233; &#224; l'art f&#233;ministe des ann&#233;es 1970 d'&#234;tre trop &#171; essentialiste &#187;, de postuler une identit&#233; intrins&#232;que de &#171; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Quand-l-art-se-mele-de-politique-" rel="directory"&gt;Dossier : Quand l'art se m&#234;le de politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Diversite-sexuelle-+" rel="tag"&gt;Diversit&#233; sexuelle et de genre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lamoureux-Eve-+" rel="tag"&gt;Lamoureux, &#200;ve&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2909.jpg?1642092242' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1349&#034; height=&#034;938&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'art contemporain est emport&#233;, depuis les ann&#233;es 1990, par une troisi&#232;me vague du f&#233;minisme complexe et polymorphe. Certains modes d'exploration des d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes demeurent, mais de nouvelles pr&#233;occupations s'imposent. J'insiste ici sur certains courants qui s'emparent de la question identitaire, mais l'envisagent de fa&#231;on innovante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; A posteriori, plusieurs ont reproch&#233; &#224; l'art f&#233;ministe des ann&#233;es 1970 d'&#234;tre trop &#171; essentialiste &#187;, de postuler une identit&#233; intrins&#232;que de &#171; la &#187; femme qui, de surcro&#238;t, niait la diversit&#233; de cette cat&#233;gorie de genre. Depuis les ann&#233;es 1980, nous assistons, du moins dans certaines conceptions f&#233;ministes, &#224; une d&#233;construction de cette vision, initi&#233;e entre autres par des artistes racis&#233;&#183;e&#183;s. Radicalis&#233;e depuis les ann&#233;es 1990, elle s'exprime notamment dans la pens&#233;e queer, et plus r&#233;cemment dans la parole trans, ainsi que dans une pratique artistique qui t&#233;moigne de l'intersectionnalit&#233; et de l'&#233;clatement des identit&#233;s binaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La r&#233;alit&#233; d'une identit&#233; kal&#233;idoscopique, mouvante, qui se d&#233;veloppe avec une r&#233;flexion sur les rapports de domination, int&#233;resse aujourd'hui un grand nombre d'artistes. Nommons, &#224; titre d'exemple, Les Fermi&#232;res Obs&#233;d&#233;es, qui nous offrent, depuis de nombreuses ann&#233;es d&#233;j&#224; des performances d&#233;jant&#233;es qui d&#233;construisent les repr&#233;sentations genr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; &#201;chapper aux cat&#233;gorisations binaires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; L'art queer et trans gagne en importance. Combat esth&#233;tique et politique, il s'engage dans une transformation des pratiques artistiques et du champ de l'art. Virginie Jourdain, avec son exposition &lt;em&gt;L'&#233;galit&#233; des doigts&lt;/em&gt; (2013), s'int&#233;resse aux droits de la communaut&#233; LGBTQ+, &#224; la parentalit&#233;, &#224; la violence ressentie d&#233;coulant de l'assignation de sexe et de sexualit&#233;, notamment, par l'usage tr&#232;s appuy&#233; des couleurs bleu et rose. Coco Riot, dans &lt;em&gt;Genderpoo&lt;/em&gt; (depuis 2008), invente des signes de toilette diff&#233;rents et souvent ambigus montrant ainsi la diversit&#233; des corps et des registres identitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'artiste trans Ianna Book, dans la performance &lt;em&gt;OK Lucid&lt;/em&gt; (2016), clavardait en ligne sur un site de rencontre, en public, afin d'observer les r&#233;actions de ses correspondants lorsqu'elle affirmait qu'elle &#233;tait trans. Des expositions collectives s'organisent aussi comme &lt;em&gt;Trans Time&lt;/em&gt; (Paris, 2016 ; Montr&#233;al, 2014) et &lt;em&gt;T&#233;moigner pour agir &lt;/em&gt;(Montr&#233;al, 2017-2018). Cette derni&#232;re, cr&#233;&#233;e en collaboration avec le milieu communautaire qu&#233;b&#233;cois &#8211; LGBTQI, travailleuses du sexe et VIH/sida &#8211;, regroupait un ensemble de probl&#233;matiques rarement explor&#233;es ensemble et des &#339;uvres d'art communautaire et issues d'artistes professionnel&#183;le&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Repr&#233;senter autrement la sexualit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Des artistes f&#233;ministes explorent une pornographie f&#233;ministe, le sadomasochisme et d&#233;fendent le travail du sexe. Dans certains de ses autoportraits, Catherine Opie r&#233;v&#232;le les plaies laiss&#233;es sur son corps par des pratiques sadomasos consensuelles (&lt;em&gt;Self-Portrait Cutting&lt;/em&gt;, 1993). &#201;milie Jouvet est une des figures phares de ce que plusieurs appellent la post-pornographie. Son documentaire &lt;em&gt;Too Much Pussy !&lt;/em&gt; (2010) suit sur les routes d'Europe les repr&#233;sentations d'un cabaret queer, transgenre, exhibitionniste et f&#233;ministe. Se joue ici une transgression des divers styles artistiques et des r&#244;les genr&#233;s li&#233;s &#224; la sexualit&#233;, une appropriation du plaisir et de la repr&#233;sentation de la sexualit&#233;, de m&#234;me qu'une contestation des limites de la sexualit&#233; dite conventionnelle. Ces pratiques soul&#232;vent d&#233;bats et controverses.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; S'attaquer au postcolonialisme et au racisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Les &#233;tudes postcoloniales ont aussi une influence sur l'art f&#233;ministe. Des artistes comme Devora Neumark (&lt;em&gt;Home Beautiful &#8211; Inviting in the Ancestors&lt;/em&gt;, 2011) explorent les blessures individuelles et collectives caus&#233;es par le colonialisme et les g&#233;nocides, favorisent l'&#233;mergence d'autres r&#233;cits occult&#233;s par l'histoire et ouvrent les espaces de d&#233;bats n&#233;cessaires pour transformer les rapports de pouvoir toujours existants. Idem avec Kama La Mackerel (&lt;em&gt;My Body is the Ocean&lt;/em&gt;, 2017), qui co-initie des &#233;v&#233;nements comme &lt;em&gt;Gender Blender&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Qouleur&lt;/em&gt;, un festival d'artistes LGBTQ+ sp&#233;cifiquement racis&#233;&#183;e&#183;s et autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ces questions sont aussi omnipr&#233;sentes chez plusieurs artistes autochtones comme Rebecca Belmore (&lt;em&gt;The Blanket&lt;/em&gt;, 2011), Nadia Myre (&lt;em&gt;The Scar project&lt;/em&gt;, 2005-2013) et Christi Belcourt avec son magnifique projet &lt;em&gt;Walking With Our Sisters&lt;/em&gt; (depuis 2014), une installation artistique comm&#233;morant les femmes autochtones disparues et assassin&#233;es. Notons, plus largement, les combats des artistes autochtones et racis&#233;&#183;e&#183;s pour la reconnaissance de leur pratique artistique, leur inclusion dans le milieu et la repr&#233;sentation de la diversit&#233; dans le paysage artistique et m&#233;diatique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'&#233;tude r&#233;alis&#233;e par Diversit&#233; artistique Montr&#233;al (DAM), Pour un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ces pratiques artistiques f&#233;ministes con&#231;oivent qu'une transformation des rapports sociaux de domination exige de s'attaquer non seulement aux structures sociales, mais &#224; l'esprit, au corps, aux affects et aux sensibilit&#233;s des gens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir l'&#233;tude r&#233;alis&#233;e par Diversit&#233; artistique Montr&#233;al (DAM), &lt;em&gt;Pour un processus d'&#233;quit&#233; culturelle. Rapport de la consultation sur le racisme syst&#233;mique dans le milieu des arts, de la culture et des m&#233;dias &#224; Montr&#233;al&lt;/em&gt;, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : &lt;i&gt;Droits et libert&#233;s&lt;/i&gt;, &#339;uvre de l'ATSA, 2004 (photographie d&#233;riv&#233;e de l'installation).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>De la cuisine au studio</title>
		<link>https://www.ababord.org/De-la-cuisine-au-studio</link>
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		<dc:creator>&#200;ve Lamoureux</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Lamoureux, &#200;ve</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De la cuisine au studio, Anna Lupien, Montr&#233;al, Remue-m&#233;nage, 2012. &lt;br class='autobr' /&gt; Anna Lupien d&#233;voile dans cet ouvrage le parcours de douze femmes artistes qu&#233;b&#233;coises, incit&#233;es, par le biais d'entrevues, &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; l'influence des rapports de sexe dans leur vie professionnelle et personnelle. Et la chose est d'autant plus int&#233;ressante que nous avons acc&#232;s &#224; trois cohortes d'artistes choisies parce qu'elles &#233;mergent publiquement &#224; des p&#233;riodes de &#171; transformations sociales &#187; : (1) 1940-1960 avec (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-47-dec-2012-jan-2013-" rel="directory"&gt;No 047 - d&#233;c. 2012 / jan. 2013&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lamoureux-Eve-+" rel="tag"&gt;Lamoureux, &#200;ve&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1580.gif?1642092141' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;386&#034; height=&#034;580&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;De la cuisine au studio&lt;/i&gt;, Anna Lupien, Montr&#233;al, Remue-m&#233;nage, 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Anna Lupien d&#233;voile dans cet ouvrage le parcours de douze femmes artistes qu&#233;b&#233;coises, incit&#233;es, par le biais d'entrevues, &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; l'influence des rapports de sexe dans leur vie professionnelle et personnelle. Et la chose est d'autant plus int&#233;ressante que nous avons acc&#232;s &#224; trois cohortes d'artistes choisies parce qu'elles &#233;mergent publiquement &#224; des p&#233;riodes de &#171; transformations sociales &#187; : (1) 1940-1960 avec trois signataires du &lt;i&gt;Refus global&lt;/i&gt; (Fran&#231;oise Sullivan, Fran&#231;oise Riopelle, Madeleine Arbour) ; (2) fin 1960 et d&#233;but des ann&#233;es 1980 avec des artistes d&#233;terminantes dans les projets f&#233;ministes de l'ONF (Anne-Claire-Poirier, Mireille Dansereau, Terre Nash, Bonnie Sherr Klein et Dorothy Todd H&#233;naut) ; (3) 1990 &#224; aujourd'hui avec des artistes m&#233;diatiques impliqu&#233;es au Studio X (Helena Martin Franco, B&#233;rang&#232;re Marin-Dubuard, Christine Brault et St&#233;phanie Lagueux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective f&#233;ministe antiessentialiste et mat&#233;rialiste adopt&#233;e par l'auteure lui permet, avec beaucoup de respect pour l'autorepr&#233;sentation des femmes interview&#233;es, de faire ressortir, d'abord, les grandes et petites luttes men&#233;es par ces artistes d&#233;termin&#233;es &#224; exceller dans toutes les sph&#232;res de leur existence &#8211; luttes qui ont engendr&#233; certains gains dont profitent les g&#233;n&#233;rations suivantes ; puis, les difficult&#233;s partag&#233;es par ces femmes, qui illustrent bien les combats encore &#224; mener. Se r&#233;v&#232;lent ainsi une premi&#232;re cohorte qui r&#233;siste &#224; une identification directement f&#233;ministe, une deuxi&#232;me franchement plus militante et une troisi&#232;me favorisant un f&#233;minisme &#171; &lt;i&gt;plus individualis&#233;&lt;/i&gt; &#187;, sensible &#224; la diversit&#233; identitaire et &#224; &#171; &lt;i&gt; l'intersectionnalit&#233; des diff&#233;rents syst&#232;mes d'oppression&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre est ind&#233;niablement une contribution int&#233;ressante &#224; l'histoire et &#224; l'influence de l'art f&#233;ministe qu&#233;b&#233;cois. Tr&#232;s bien &#233;crit, il se lit comme un roman. Il est accessible, sans &#234;tre simplificateur. Lupien ne se contente pas de reproduire la parole de ces femmes artistes, mais propose une analyse s&#233;rieuse men&#233;e selon un cadre th&#233;orique ad&#233;quat, pertinent et nuanc&#233;. Deux petites critiques. Le choix int&#233;ressant d'interroger trois cohortes d'artistes et de ne pas se cantonner dans une discipline artistique engendre toutefois une analyse moins pointue des enjeux particuliers du f&#233;minisme et de l'engagement de chacune des p&#233;riodes, de m&#234;me que les caract&#233;ristiques singuli&#232;res des r&#233;sistances et luttes artisticopolitiques selon les diff&#233;rents m&#233;diums. En ce sens, certaines questions sont &#233;vacu&#233;es ou ne sont pas assez approfondies. En outre, si l'auteure avait choisi d'analyser aussi, plus en d&#233;tails, certaines des &#339;uvres des artistes interrog&#233;es, cela lui aurait permis d'approfondir les strat&#233;gies formelles et esth&#233;tiques adopt&#233;es par ces femmes artistes. Elle aurait pu ainsi rendre encore plus tangible la sp&#233;cificit&#233; des rapports entre art et politique, art et f&#233;minisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>IdAction mobile</title>
		<link>https://www.ababord.org/IdAction-mobile</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#200;ve Lamoureux</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Lamoureux, &#200;ve</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 10 juillet dernier, j'ai eu la chance d'accompagner, le temps d'une soir&#233;e, un projet pilote surprenant et tr&#232;s int&#233;ressant d'Exeko : IdAction mobile. &#192; bord d'une camionnette, nous avons sillonn&#233; les rues du centre-ville de Montr&#233;al &#224; la recherche des lieux refuges des jeunes autochtones itin&#233;rantEs. &lt;br class='autobr' /&gt; Notre but : faire de la m&#233;diation souple et modulable au moyen de livres et de revues bilingues &#224; pr&#234;ter (philosophie, sociologie, actualit&#233; politique, psychologie, romans, etc.), de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-46-oct-nov-2012-" rel="directory"&gt;No 046 - oct. / nov. 2012&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lamoureux-Eve-+" rel="tag"&gt;Lamoureux, &#200;ve&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1522.gif?1642092140' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;299&#034; height=&#034;198&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 10 juillet dernier, j'ai eu la chance d'accompagner, le temps d'une soir&#233;e, un projet pilote surprenant et tr&#232;s int&#233;ressant d'Exeko : IdAction mobile. &#192; bord d'une camionnette, nous avons sillonn&#233; les rues du centre-ville de Montr&#233;al &#224; la recherche des lieux refuges des jeunes autochtones itin&#233;rantEs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Notre but : faire de la m&#233;diation souple et modulable au moyen de livres et de revues bilingues &#224; pr&#234;ter (philosophie, sociologie, actualit&#233; politique, psychologie, romans, etc.), de tablettes &#224; dessin et de crayons, d'un ordinateur pouvant diffuser des extraits de films ou de documentaires, d'appareils photo avec une imprimante portative, d'un &#171; kit intellectuel &#187; &#224; donner comportant un carnet de notes et un crayon, de l'instrument de musique du m&#233;diateur. Nous accompagnions, du moins au d&#233;but de la soir&#233;e, la caravane du Centre d'amiti&#233; autochtone, KA'W&#192;HSE (&#171; o&#249; vas-tu &#187; en mohawk), responsable depuis des ann&#233;es de la distribution de nourriture et d'un soutien m&#233;dical et psychosocial. Je m'ajoutais &#224; l'&#233;quipe courante, soit un m&#233;diateur et un b&#233;n&#233;vole. La richesse de certaines discussions nous a amen&#233;s &#224; rester plus longtemps dans un parc et dans un refuge pour personnes itin&#233;rantes autochtones, alors que la caravane KA'W&#192;HSE a fait son parcours usuel, comprenant entre cinq et sept lieux. R&#233;sultat des courses : nous avons rencontr&#233; plus d'une dizaine de personnes, dont certaines assez intrigu&#233;es pour choisir un livre ou un &#171; kit intellectuel &#187;. Comme nous avions h&#233;rit&#233; de la soupe fournie par le Centre d'amiti&#233; autochtone, nous avions un pr&#233;texte pour entrer en contact. Cela dit, quelques habitu&#233;Es se sont directement dirig&#233;s vers notre v&#233;hicule, empruntant volontiers les tablettes &#224; dessin et les crayons, le temps d'aller cr&#233;er leurs &#339;uvres dans le parc voisin. En l'espace de trois heures, nous avons v&#233;cu quatre moments privil&#233;gi&#233;s de discussion au sujet de la lecture d'un livre pr&#234;t&#233; la semaine pr&#233;c&#233;dente, de la confection de dessins, du cin&#233;ma et de la musique et des chants autochtones ; le tout accompagn&#233; de confidences sur certaines exp&#233;riences personnelles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un projet pilote entrela&#231;ant &#233;ducation, m&#233;diation et engagement communautaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La soir&#233;e s'est av&#233;r&#233;e d&#233;finitivement riche. J'ai pu constater &lt;i&gt;de visu&lt;/i&gt; que la camionnette d'Exeko et ses m&#233;diateurs commen&#231;aient &#224; r&#233;ellement s'int&#233;grer dans le paysage et avaient gagn&#233; la confiance de certaines personnes. La strat&#233;gie d'insertion employ&#233;e est donc efficace. Ce projet pilote de deux ans comprend une phase d'implantation progressive de six mois. Au moment de mon passage, seuls trois mois s'&#233;taient &#233;coul&#233;s, p&#233;riode pendant laquelle les m&#233;diateurs culturels se sont d'abord joints &#224; la caravane KA'W&#192;HSE, puis ont suivi celle-ci &#224; bord d'une camionnette vide, remplie tr&#232;s progressivement et d&#233;cor&#233;e des logos de l'organisme. Plusieurs choses restent encore &#224; int&#233;grer : une table et des chaises, un petit &#233;cran de projection, un poste internet, des services postaux pour favoriser les liens avec les familles vivant dans les communaut&#233;s d'origines, la venue de divers intervenants ponctuels (des artistes, par exemple), etc. Les deux caravanes sont en action quatre jours par semaine. Le mercredi soir, le Centre d'amiti&#233; autochtone propose des soir&#233;es culturelles dans ses locaux. Les m&#233;diateurs d'Exeko animeront certaines d'entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IdAction mobile&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le projet est dirig&#233; par les deux cofondateurs d'Exeko, Nadia Duguay et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; propose donc un m&#233;lange peu usuel d'&#233;ducation (&#171; &lt;i&gt;p&#233;dagogie ouverte&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les citations de cet article proviennent du &#171; Dossier de pr&#233;sentation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), de m&#233;diation (entendue dans son double sens de d&#233;mocratisation et de d&#233;mocratie culturelles) et d'engagement communautaire. Il se situe au c&#339;ur de l'expertise sp&#233;cifique d'Exeko, un organisme sans but lucratif dont la mission est de &#171; &lt;i&gt;favoriser, par la culture et l'&#233;ducation, l'inclusion et le d&#233;veloppement des populations les plus marginalis&#233;es &lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je ne peux que vous encourager &#224; aller voir les diff&#233;rents programmes mis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il utilise, entre autres, la performance, le th&#233;&#226;tre invisible, le d&#233;tournement et la rumeur. L'organisme d&#233;tient une solide exp&#233;rience d'intervention/action aupr&#232;s et avec de jeunes autochtones (en communaut&#233;, en famille d'accueil, en situation d'itin&#233;rance), de jeunes criminalis&#233;Es (entre autres dans des milieux carc&#233;raux), de jeunes d&#233;crocheurs et d&#233;crocheuses sur les plateaux de r&#233;insertion, de personnes souffrant de d&#233;ficience intellectuelle, etc. Il place au c&#339;ur de sa strat&#233;gie la cr&#233;ation de partenariats novateurs visant &#224; cr&#233;er des ponts entre les diff&#233;rents milieux, notamment culturels, communautaires et d'intervention sociale. Gageons qu'IdAction mobile aurait eu beaucoup plus de difficult&#233;s &#224; s'implanter sans le travail collaboratif &#233;troit avec le Centre d'amiti&#233; autochtone de Montr&#233;al et aurait, sans doute, b&#233;n&#233;fici&#233; d'une moins grande l&#233;gitimit&#233;. En outre, le projet implique d'autres alliances (dont certaines ne sont pas encore mises en &#339;uvres) avec, entre autres, la Wapikoni mobile&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le site de cet autre tr&#232;s beau projet : .&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; afin de diffuser les films r&#233;alis&#233;s par de jeunes autochtones, le Centre Turbine qui pr&#234;te des &#233;quipements vid&#233;o et sonore, et l'Institut du nouveau monde qui fournit un acc&#232;s privil&#233;gi&#233; &#224; sa plateforme Parole citoyenne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les vis&#233;es d'IdAction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;IdAction mobile est une des ramifications que prend le programme IdAction, implant&#233; dans des milieux vari&#233;s. Le but est de lutter contre l'exclusion sociale en s'attaquant &#224; ce qu'Exeko consid&#232;re comme sa source : &#171; &lt;i&gt;le sentiment de ne pas avoir la possibilit&#233; de s'inclure socialement et celui d'&#234;tre clo&#238;tr&#233; dans l'ignorance&lt;/i&gt; &#187;. Trois axes sont explor&#233;s, soit l'esprit critique, l'analyse sociale et l'action citoyenne. IdAction engendre un travail sur la fiert&#233; personnelle, l'autonomie, l'espoir en l'avenir, la prise de conscience du r&#244;le social de chacune des personnes et le &#171; &lt;i&gt;potentiel de l'action solidaire&lt;/i&gt; &#187;. Il vise &#224; cr&#233;er des lieux d'&#233;changes, d'apprentissage et de cr&#233;ation en commun ; un &#171; &lt;i&gt;espace de prise de position citoyenne et de diffusion de parole citoyenne &lt;/i&gt; &#187;. Je reconnais ici un d&#233;sir partag&#233; par plusieurs artistes engag&#233;s dans des projets de m&#233;diation culturelle ou d'arts communautaires. Ces derniers souhaitent, au moyen d'un travail cr&#233;atif collaboratif, contribuer &#224; l'&lt;i&gt;empowerment&lt;/i&gt; de personnes vivant des situations sociales d'exclusion et de marginalisation. Certains combattent aussi, simultan&#233;ment, les causes de la souffrance sociale engendr&#233;e par les diff&#233;rentes formes de domination. L'agir en commun, l'ouverture d'espaces de discussions et de r&#233;flexions exempts de jugements, la cr&#233;ation artistique, l'instauration de rapports les plus &#233;galitaires possible contribuent &#224; mener &#224; bien des processus de subjectivation (qui peuvent devenir politique) afin que ces individus (re)deviennent sujets/acteurs de leur vie et de celle de leur collectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vers une citoyennet&#233; r&#233;elle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre sp&#233;cifique d'IdAction mobile, les participantEs souffrent d'une double exclusion sociale : en tant qu'itin&#233;rantEs et en tant qu'autochtones. En compl&#233;mentarit&#233; des ressources alimentaires, m&#233;dicales, psychosociales d&#233;j&#224; existantes &#8211; et sans lesquelles un tel projet ne pourrait pas avoir de sens &#8211;, Exeko entend contribuer &#224; une &#171; &lt;i&gt;sortie de la contingence et de l'imm&#233;diatet&#233;&lt;/i&gt; &#187;, favoriser une inclusion et une participation &#224; l'&#171; &lt;i&gt;environnement social&lt;/i&gt; &#187;. Il s'agit donc de fournir du mat&#233;riel intellectuel et artistique ; d'exp&#233;rimenter et de cocr&#233;er des m&#233;thodes et des strat&#233;gies favorisant l'emploi de l'esprit critique et son d&#233;veloppement ; d'ouvrir des espaces de dialogue. Les questions au c&#339;ur du projet sont celles de l'inclusion sociale, de l'identit&#233; collective et de la citoyennet&#233;. &#171; &lt;i&gt;Donner aux jeunes autochtones marginalis&#233;s le pouvoir de se faire comprendre et entendre&lt;/i&gt;. &#187; Le r&#244;le du m&#233;diateur culturel est celui &#171; &lt;i&gt;d'interlocuteur/cr&#233;ateur de liens et de sens&lt;/i&gt; &#187;. L'action envisag&#233;e est de nature concert&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On quitte donc ici la relation d'aide pour une action plus proche de celle des groupes communautaires de d&#233;fense de droits, avec leur riche tradition de p&#233;dagogie alternative et critique. Exeko, par contre, situe au c&#339;ur de ses strat&#233;gies la culture et l'art. Voil&#224; une de ses sp&#233;cificit&#233;s, ce qui explique son originalit&#233; profonde, ce qui en fait un organisme culturel extr&#234;mement riche et pertinent. Souhaitons donc la p&#233;rennisation d'initiatives telles IdAction mobile et l'&#233;volution de cet espace ambulatoire en tant que lieu engag&#233; d'activit&#233;s intrins&#232;quement interdisciplinaires, entrela&#231;ant l'action sociale, le cheminement intellectuel et l'art. Les artistes et les b&#233;n&#233;voles int&#233;ress&#233;s par cette initiative sont d'ailleurs invit&#233;s &#224; contacter l'organisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le projet est dirig&#233; par les deux cofondateurs d'Exeko, Nadia Duguay et Fran&#231;ois-Xavier Michaux. Il comprend une coordonnatrice, Doroth&#233;e DeCollasson, et trois m&#233;diateurs : Youssef Shoufan, Jean-Philippe Lefebvre-Louis et Fr&#233;d&#233;ric P&#233;loquin (d'autres s'ajouteront dans les prochains mois). Il exige aussi la participation de plusieurs b&#233;n&#233;voles et l'implication ponctuelle d'autres travailleurs et travailleuses de l'organisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les citations de cet article proviennent du &#171; Dossier de pr&#233;sentation IdAction &#187;, cr&#233;&#233; en septembre 2011, dont Exeko m'a fourni une copie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je ne peux que vous encourager &#224; aller voir les diff&#233;rents programmes mis sur pied : &lt;a href=&#034;http://exeko.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://exeko.org/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le site de cet autre tr&#232;s beau projet : &lt;a href=&#034;http://wapikoni.tv/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://wapikoni.tv/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Manuel Caballero, voleurdecouleurs.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Agir par l'imaginaire</title>
		<link>https://www.ababord.org/Agir-par-l-imaginaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Agir-par-l-imaginaire</guid>
		<dc:date>2012-09-01T02:45:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#200;ve Lamoureux</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>Lamoureux, &#200;ve</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Vous avez probablement entendu parler, au printemps dernier, d'Agir : Art des femmes en prison, une exposition r&#233;alis&#233;e gr&#226;ce &#224; un travail collaboratif entre 8 artistes professionnelles et 49 femmes incarc&#233;r&#233;es dans deux &#233;tablissements p&#233;nitenciers, une maison de transition et un institut psychiatrique. Le projet a permis aux participantes d'explorer leur exp&#233;rience de vie, mais revisit&#233;e &#224; partir d'une interrogation sur les liens entre la pauvret&#233;, l'exclusion et la criminalisation. Deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-42-dec-2011-jan-2012-" rel="directory"&gt;No 042 - d&#233;c. 2011 / jan. 2012&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lamoureux-Eve-+" rel="tag"&gt;Lamoureux, &#200;ve&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1373.gif?1642092134' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;350&#034; height=&#034;292&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous avez probablement entendu parler, au printemps dernier, &lt;i&gt;d'Agir : Art des femmes en prison&lt;/i&gt;, une exposition r&#233;alis&#233;e gr&#226;ce &#224; un travail collaboratif entre 8 artistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Reena Almoneda-Chang, H&#233;l&#232;ne Engel, Adrew Harder, D. Kimm, Paul Litherland, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; professionnelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La tr&#232;s grande majorit&#233; des personnes impliqu&#233;es dans ce projet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et 49 femmes incarc&#233;r&#233;es dans deux &#233;tablissements p&#233;nitenciers, une maison de transition et un institut psychiatrique. Le projet a permis aux participantes d'explorer leur exp&#233;rience de vie, mais revisit&#233;e &#224; partir d'une interrogation sur les liens entre la pauvret&#233;, l'exclusion et la criminalisation. Deux objectifs &#233;taient poursuivis : un travail sur soi par le biais d'une cr&#233;ation intimement li&#233;e au r&#233;cit autobiographique (apaisement des blessures et &lt;i&gt;empowerment&lt;/i&gt;), et une critique sociopolitique &#224; l'encontre des pr&#233;jug&#233;es dont souffrent les femmes criminalis&#233;es et des prisons jug&#233;es inad&#233;quates pour r&#233;pondre aux probl&#232;mes syst&#233;miques de pauvret&#233; et de violence v&#233;cus par les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Agir &lt;/i&gt; &#233;mane de deux organismes sans but lucratif fort diff&#233;rents ayant choisi de mettre en commun leurs expertises et de travailler de concert pendant plus de quatre ans : Engrenage noir&#8194;/&#8194;LEVIER, dont la mission est de soutenir des projets d'art communautaire et activiste, et la &lt;i&gt;Soci&#233;t&#233; &#201;lisabeth Fry &lt;/i&gt; du Qu&#233;bec, qui d&#233;fend et appuie, par des services de r&#233;habilitation, les femmes criminalis&#233;es. Onze ateliers, d'une trentaine d'heures chacun, ont ainsi &#233;t&#233; organis&#233;s autour des pratiques artistiques telles le chant, la vid&#233;o, l'&lt;i&gt;acting&lt;/i&gt;, l'autoportrait, le slam, la photo, le son, la danse, le &lt;i&gt;stopmotion&lt;/i&gt; et la performance. Une attention sp&#233;cifique a &#233;t&#233; port&#233;e au processus collaboratif. Le contenu et la forme des &#339;uvres cr&#233;&#233;es ont &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;s collectivement et ont exig&#233; l'apport cr&#233;atif de toutes les personnes impliqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le travail et le temps qu'exigent les processus cr&#233;atifs d&#233;lib&#233;ratifs comme ceux r&#233;alis&#233;s, les organisatrices d&lt;i&gt;'Agir&lt;/i&gt; ont aussi consacr&#233; &#233;norm&#233;ment d'&#233;nergie &#224; l'exposition publique des &#339;uvres. Pourquoi ? En premier lieu, par souci artistique. Toutes les personnes engag&#233;es dans cette exp&#233;rience se devaient d'&#234;tre fi&#232;res des &#339;uvres expos&#233;es et, plus encore, le r&#233;sultat obtenu devait d&#233;montrer que des projets de d&#233;mocratie culturelle et de cocr&#233;ation, impliquant des personnes n&#233;ophytes &#224; l'art, pouvaient proposer des &#339;uvres de qualit&#233; suscitant l'int&#233;r&#234;t du public. Une ann&#233;e a &#233;t&#233; consacr&#233;e &#224; l'&#233;laboration de l'exposition &lt;i&gt;Agir : Art des femmes en prison&lt;/i&gt;, qui a eu lieu &#224; la Galerie Eastern Bloc du 27 mai au 16 juin&#8194;2011. Pour ce faire, une commissaire a &#233;t&#233; engag&#233;e non pas pour s&#233;lectionner les &#339;uvres &#8211;&#8194;puisque tout ce qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; a &#233;t&#233; expos&#233; &#8211;, mais pour d&#233;terminer, en collaboration avec les organisatrices du projet, un concept d'exposition les mettant en valeur. Parall&#232;lement, un autre organisme culturel sans but lucratif, les &lt;i&gt;Filles &#233;lectriques&lt;/i&gt;, ont confectionn&#233; un livre reprenant plusieurs des textes et des &#339;uvres visuelles cr&#233;&#233;es par les participantes : &lt;i&gt;Temps d'agir&lt;/i&gt;, publi&#233; chez Plan&#232;te rebelle (2011). Enfin, certaines participantes et artistes ont d&#233;cid&#233; de poursuivre l'aventure en cr&#233;ant&lt;i&gt; Art Entr'elles, &#171; un collectif de femmes artistes qui disent NON &#224; la violence, &#224; la pauvret&#233; et &#224; l'intol&#233;rance.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir une description des activit&#233;s de ce collectif : .&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance accord&#233;e &#224; la visibilit&#233; publique provenait aussi des objectifs sociopolitiques poursuivis : contribuer &#224; changer le regard social port&#233; sur les femmes criminalis&#233;es, combattre la pauvret&#233; et la violence et susciter un d&#233;bat sur le r&#244;le des prisons. Les organisatrices d'&lt;i&gt;Agir&lt;/i&gt; ont fait preuve d'un souci strat&#233;gique peu usuel dans le cadre de ce type de projet (site Internet, porte-parole, attach&#233;e de presse, etc.) afin d'appara&#238;tre et de se faire valoir dans l'espace public. Les efforts ont port&#233; leurs fruits, l'exposition jouissant d'une couverture m&#233;diatique assez exceptionnelle (dont la premi&#232;re page de deux grands quotidiens et des entrevues radiophoniques et t&#233;l&#233;visuelles aux heures de grande &#233;coute). Je ne peux que vous encourager fortement &#224; aller visiter le site web&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de l'exposition sur lequel vous trouverez une description du projet, certaines des &#339;uvres cr&#233;&#233;es et une revue de presse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'art communautaire selon Engrenage Noir / Levier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Agir par l'imaginaire &lt;/i&gt; entre dans la cat&#233;gorie de l'art communautaire, que l'on peut globalement d&#233;finir comme des pratiques artistiques exigeant un travail cr&#233;atif collaboratif &#233;troit entre un artiste (ou des artistes) et des membres d'une communaut&#233;. Cette forme d'art a de fortes connotations sociales &#8211;&#8194;et parfois politiques&#8194;&#8211; puisque les communaut&#233;s dans lesquelles prennent place les projets sont, le plus souvent, constitu&#233;es de personnes partageant des situations d'in&#233;galit&#233; et de marginalit&#233;. Les artistes et les personnes participantes s'engagent ainsi dans un processus cr&#233;atif collectif visant &#224; agir sur ces derni&#232;res, &#224; contrer leurs effets, &#224; les d&#233;noncer, &#224; les transformer. En ce sens, il permet &#224; des gens g&#233;n&#233;ralement inaudibles et invisibles de mener un processus de subjectivation (qui peut devenir politique), d'appara&#238;tre dans l'espace public et de pr&#233;senter leurs revendications et leurs propositions d'alternatives culturelles, sociales, politiques et &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'art communautaire qu&#233;b&#233;cois existe depuis plusieurs d&#233;cennies et qu'il se d&#233;cline de fa&#231;on extr&#234;mement diversifi&#233;e (en fonction des artistes, des projets, des communaut&#233;s), un travail essentiel, depuis plus de 10 ans, a &#233;t&#233; men&#233; par Engrenage noir&#8194;/&#8194;LEVIER&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sous la direction de Johanne Chagnon et Devora Neumark : r&#233;seautage entre les artistes, les groupes militants ou communautaires et les analystes de cette forme de pratiques ; travail r&#233;flexif collectif avec des acteurs diversifi&#233;s sur la d&#233;finition de l'art communautaire et de ses enjeux artistiques, &#233;thiques et politiques ; et initiation et soutien de multiples projets artistiques, toujours non seulement r&#233;alis&#233;s, mais conceptualis&#233;s en partenariat avec les membres d'une communaut&#233;. Il d&#233;coule de ce travail cr&#233;atif et r&#233;flexif une m&#233;moire des projets men&#233;s et de leurs effets sur l'ensemble des personnes y ayant pris part, de m&#234;me qu'une th&#233;orisation sur ce qu'est et ce que devrait &#234;tre l'art communautaire. Ce mat&#233;riel tr&#232;s riche a fait l'objet d'un ouvrage bilingue important pour toute personne int&#233;ress&#233;e &#224; l'art engag&#233;, &lt;i&gt;C&#233;l&#233;brer la collaboration : Art communautaire et art activiste humaniste au Qu&#233;bec et ailleurs&#8194;/&#8194;Affirming Collaboration : Community and Humanist Activist Art in Qu&#233;bec and Elsewhere&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous la direction de Johanne Chagnon, Devora Neumark et Louise Lachapelle, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des exp&#233;riences et des discussions, les personnes li&#233;es &#224; Engrenage Noir&#8194;/&#8194;LEVIER ont affin&#233; leurs crit&#232;res d&#233;finitionnels de l'art communautaire. Elles insistent tout particuli&#232;rement sur deux &#233;l&#233;ments qui me paraissent essentiels et expliquent la qualit&#233; des projets men&#233;s, comme celui d&lt;i&gt;'Agir par l'imaginaire&lt;/i&gt;. D'abord, &#224; un niveau souvent d&#233;crit comme &#233;thique, une attention toute particuli&#232;re est port&#233;e &#224; la qualit&#233; de la collaboration entre les artistes et les personnes participantes. Loin d'adopter une posture avant-gardiste (la d&#233;votion missionnaire de celui qui s'engage et l'arrogance de celui qui sait), l'artiste s'investissant aupr&#232;s d'une communaut&#233; le fait parce qu'il est directement interpell&#233; par les questions explor&#233;es et parce qu'il veut le faire en r&#233;elle collaboration. L'id&#233;e est de travailler &#171; avec &#187; les personnes en premier lieu concern&#233;es et non &#171; au nom de &#187;. Les rapports instaur&#233;s sont &#233;galitaires. Il y a reconnaissance et prise en compte de l'apport cr&#233;atif des personnes participantes, de leur exp&#233;rience et de leur expertise. Il y a cocr&#233;ation au sens profond du terme, d&#233;bats et d&#233;lib&#233;rations au sujet de toutes les &#233;tapes du projet : les objectifs, la d&#233;marche, le th&#232;me de l'&#339;uvre, l'exposition, etc. Ces conditions garantissent le respect de toutes les personnes cocr&#233;atrices, mais elles sont aussi essentielles au processus d'&lt;i&gt;empowerment&lt;/i&gt; et de subjectivation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, l'art communautaire, du moins c'est l'objectif poursuivi par cet organisme, lie &#233;troitement travail sur soi par le biais de la cr&#233;ation et de la d&#233;lib&#233;ration (menant id&#233;alement &#224; un mieux-&#234;tre individuel et communautaire) et combat sociopolitique. Il s'&#233;loigne donc assez radicalement de l'art th&#233;rapie et m&#234;me de plusieurs pratiques de la m&#233;diation culturelle, du moins celles qui visent &#224; pacifier les rapports sociaux et non &#224; s'attaquer &#224; la domination et aux in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon article souligne l'apport pr&#233;cieux d'Engrenage Noir&#8194;/&#8194;LEVIER &#224; la pratique de l'art communautaire et &#224; sa th&#233;orisation. Je voulais leur souhaiter bon dixi&#232;me anniversaire et, surtout, susciter l'int&#233;r&#234;t, aupr&#232;s des artistes, des militants, des groupes commu&#173;nautaires pour de nouvelles collaborations, de nouveaux projets de luttes artisticosociales ou artisticopolitiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureu&#173;sement, on apprenait, il y a quelques jours &#224; peine, l'arr&#234;t des activit&#233;s d'Engrenage noir&#8194;/&#8194;LEVIER, du moins d'ici quelques mois, le temps de terminer les engagements d&#233;j&#224; pris. Sans aucun doute, cette disparition va laisser un vide. Il n'en reste pas moins que l'expertise d&#233;velopp&#233;e au fil des ans est maintenant accessible (gr&#226;ce &#224; l'ouvrage publi&#233;), et que le Qu&#233;bec est un terreau tr&#232;s fertile pour l'art communautaire. Il suffit de continuer &#224; le cultiver !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Reena Almoneda-Chang, H&#233;l&#232;ne Engel, Adrew Harder, D. Kimm, Paul Litherland, Jessica MacCormack, &#201;milie Monnet et Meena Murugesan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La tr&#232;s grande majorit&#233; des personnes impliqu&#233;es dans ce projet (organisatrices, artistes, participantes) &#233;tant des femmes, nous employons le f&#233;minin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir une description des activit&#233;s de ce collectif : &lt;a href=&#034;http://www.engrenagenoir.ca/blog/archives/category/art-entrelles&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.engrenagenoir.ca/blog/archives/category/art-entrelles&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.expoagir.com/media.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.expoagir.com/media.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.engrenagenoir.ca/blog/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.engrenagenoir.ca/blog/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sous la direction de Johanne Chagnon, Devora Neumark et Louise Lachapelle, Montr&#233;al et Calgary, Engrenage noir / LEVIER, Lux &#201;diteur et Detselig entreprises LTD, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Agir par l'imAGinaIRe m'a donn&#233; la libert&#233; d'explorer et de m'exprimer &#224; travers les arts. &#199;a m'a surtout donn&#233; la confiance qui me manquait pour entrevoir un avenir. Je souhaite que mes &#339;uvres fassent tomber les pr&#233;jug&#233;s &#224; l'&#233;gard des femmes et leur apportent un support dans leurs d&#233;marches afin de leur ouvrir des portes.&#8194;&lt;/i&gt; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;moignage de Carole, participante &#224; l'atelier slam et photo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mon implication dans le projet m'a permis de prendre ma place en tant que citoyenne.&lt;/i&gt; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pascale, participante &#224; l'atelier acting.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je me lib&#232;re des pr&#233;jug&#233;s que j'aurais pu avoir.&#8194;&lt;/i&gt; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;milie Monnet, artiste professionnelle et participante &#224; l'atelier acting.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une r&#233;volte citoyenne par l'art</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-revolte-citoyenne-par-l-art</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Une-revolte-citoyenne-par-l-art</guid>
		<dc:date>2009-12-12T21:22:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#200;ve Lamoureux</dc:creator>


		<dc:subject>Arts et culture</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Lamoureux, &#200;ve</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, l'expression art engag&#233; &#233;voque spontan&#233;ment les ann&#233;es 1970, d&#233;cennie pendant laquelle une masse critique d'artistes s'est mobilis&#233;e du c&#244;t&#233; des forces militantes marxistes, ind&#233;-pendantistes, f&#233;ministes. Depuis, cette p&#233;riode est &#233;voqu&#233;e avec nostalgie ou cynisme (selon l'analyse produite), mais tr&#232;s souvent comme un moment historique pass&#233;. L'&#232;re de l'art engag&#233; serait r&#233;volue ! Pourtant, avec la r&#233;surgence du militantisme li&#233; aux protestations antiguerre, aux mouvements (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-31-oct-nov-2009-" rel="directory"&gt;No 031 - oct. / nov. 2009&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Arts-et-culture-+" rel="tag"&gt;Arts et culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lamoureux-Eve-+" rel="tag"&gt;Lamoureux, &#200;ve&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton925.gif?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;360&#034; height=&#034;257&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, l'expression art engag&#233; &#233;voque spontan&#233;ment les ann&#233;es 1970, d&#233;cennie pendant laquelle une masse critique d'artistes s'est mobilis&#233;e du c&#244;t&#233; des forces militantes marxistes, ind&#233;-pendantistes, f&#233;ministes. Depuis, cette p&#233;riode est &#233;voqu&#233;e avec nostalgie ou cynisme (selon l'analyse produite), mais tr&#232;s souvent comme un moment historique pass&#233;. L'&#232;re de l'art engag&#233; serait r&#233;volue ! Pourtant, avec la r&#233;surgence du militantisme li&#233; aux protestations antiguerre, aux mouvements altermondialistes, aux pr&#233;occupations environnementales et &#233;quitables, on assiste, depuis une dizaine d'ann&#233;es, &#224; un regain de l'engagement artistique et politique et &#224; une red&#233;finition de ses param&#232;tres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ATSA est un des groupes qu&#233;b&#233;cois phares de l'art engag&#233; actuel dans le domaine de l'art vivant multidisciplinaire (installations, man&#339;uvres, interventions urbaines). Non seulement il suscite un engouement assez remarquable de la part d'un public large et diversifi&#233;, mais il renouvelle le militantisme artistique gr&#226;ce &#224; des strat&#233;gies subversives originales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;&#233; en 1997 par un couple uni autant dans la vie que dans l'art, Annie Roy et Pierre Allard, l'ATSA est un organisme sans but lucratif comprenant des membres visant &#224; appuyer ces artistes dans leurs prolifiques projets d'art engag&#233;. Ce mode organisationnel particulier permet &#224; Roy et Allard de prendre position dans l'espace public de mani&#232;re collective, d'offrir concr&#232;tement un lieu original d'engagement et de porter une certaine &#171; image de marque &#187; qui accro&#238;t leur visibilit&#233; et leur influence ; l'ATSA &#233;tant un nom connu du grand public, chose en soi assez remarquable pour des artistes multidisciplinaires, mais dont la discipline de base est la danse, pour l'une, et les arts visuels, pour l'autre ! Cette visibilit&#233; est assur&#233;e par une pr&#233;sence remarqu&#233;e dans l'espace de la ville et dans l'espace m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des &#339;uvres percutantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;vocation de deux s&#233;ries d'&#339;uvres, les &lt;i&gt;&#201;tats d'urgence&lt;/i&gt; et les &lt;i&gt;Attentats&lt;/i&gt;, rappellera &#224; plusieurs qu'ils/elles connaissent d&#233;j&#224; l'ATSA, qu'ils/elles ont crois&#233; leurs man&#339;uvres lors de d&#233;ambulations dans la ville ou qu'ils/elles l'ont d&#233;couverte dans les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque chaque ann&#233;e depuis sa fondation, l'ATSA organise un &#171; Manifestival d'art &#187; avec et pour les gens de la rue, situ&#233; en plein hiver pendant quelques jours sur la place &#201;milie Gamelin. Reprenant la symbolique des camps de r&#233;fugi&#233;s, des tentes sont &#233;rig&#233;es, le g&#238;te et le couvert offerts &#224; tous ceux et celles qui le d&#233;sirent. Les sans-abri, les artistes et le grand public se c&#244;toient ainsi, mangeant et dormant ensemble, &#233;changeant et assistant &#224; de multiples performances artistiques de tous ordres (plusieurs sont d'ailleurs participatives, incitant les personnes &#224; devenir cocr&#233;atrices d'&#339;uvres). Roy et Allard visent ainsi &#224; d&#233;noncer l'itin&#233;rance et la pauvret&#233;. Ils cr&#233;ent une agora citoyenne dans laquelle des gens de toutes provenances se rencontrent, prennent position, partagent leurs exp&#233;riences, r&#233;fl&#233;chissent sur de multiples enjeux sociopolitiques et d&#233;battent. Enfin, ils cr&#233;ent une &#339;uvre conceptuelle tr&#232;s &#233;vocatrice dans l'espace de la cit&#233;, s'associent &#224; des dizaines d'artistes qui s'exposent et exposent leurs &#339;uvres, et favorisent le c&#244;toiement de l'art vivant et son appropriation par des personnes non initi&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs &lt;i&gt;Attentats&lt;/i&gt; ont aussi &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s au cours des derni&#232;res ann&#233;es. D&#233;non&#231;ant la pollution, valorisant une consommation, notamment &#233;nerg&#233;tique, responsable et &#233;quitable, Roy et Allard exposent, sur les rues tr&#232;s passantes des m&#233;tropoles du pays, une sculpture repr&#233;sentant un v&#233;hicule utilitaire sport (VUS) venant d'exploser. Une &#171; vid&#233;omanifeste &#187; alerte les passants sur les dangers &#233;cologiques li&#233;s &#224; la surconsommation de p&#233;trole ainsi que sur les enjeux g&#233;opolitiques que se livrent les grandes puissances pour le contr&#244;le de cette ressource. Les artistes, pr&#233;sentes sur les lieux, rassurent certains badauds inquiets et discutent de leur opinion. En outre, une campagne de &#171; contravention citoyenne &#187; a &#233;t&#233; men&#233;e dans plusieurs villes. &#192; t&#233;l&#233;charger sur le site de l'organisme, ladite contravention &#233;tait distribu&#233;e, par quiconque le souhaitait, aux automobilistes qui laissaient leur moteur tourner lorsqu'ils &#233;taient en arr&#234;t. Malgr&#233; un texte explicitant l'action et sollicitant des &#171; fonds compensatoires &#187; pour l'ATSA, plusieurs, confondus par le r&#233;alisme de la contravention, ont communiqu&#233; avec la police soit pour payer, soit pour comprendre de quoi il retournait. Dans certaines r&#233;gions, les journaux locaux ont largement fait &#233;cho &#224; des citoyennes m&#233;contentes, mais des centaines d'autres se sont livr&#233;es avec plaisir &#224; cette manoeuvre artistique de subversion.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une d&#233;marche artistique militante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Roy et Allard sont des artistes conceptuels qui misent sur une repr&#233;sentation hyperr&#233;aliste d'images percutantes visant &#224; troubler l'imaginaire des gens. Celles-ci sont parfois assez provocatrices. Le plus souvent, elle et il exposent et performent de fa&#231;on tr&#232;s visible dans des lieux passants. Leurs &#339;uvres transmettent du sens, un message li&#233; &#224; l'environnement, la justice sociale, le patrimoine, l'&#233;conomie &#233;quitable ax&#233;e sur le d&#233;veloppement durable. Elles visent donc &#224; conscientiser les gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre ce message, la dimension interactive et m&#234;me participative de leur art est extr&#234;mement importante. Pourquoi ? D'abord, l'ATSA a la pr&#233;tention de d&#233;fendre une vision du monde partag&#233;e non pas par deux artistes, mais par une certaine collectivit&#233; ; de l&#224; les membres en appui, mais aussi l'offre de participation &#224; un public plus large. Ensuite, dans le prolongement de l'Internationale situationniste et de l'art sociologique, le but de Roy et Allard est non seulement d'initier un regard critique sur le monde mais, plus encore, de transformer le public, citoyen passif, en acteur de l'art et de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur moteur de cr&#233;ation est de type activiste : la col&#232;re, l'urgence, le besoin d'action. L'art est pour eux une fa&#231;on de contenir, de canaliser cette r&#233;volte afin de lutter, de fa&#231;on non violente, pour des changements de nature r&#233;formiste. Il est aussi ce qui permet de sortir de l'indignation passive afin d'agir, puisqu'il fournit une pulsion, un &#233;lan qui, esp&#232;rent les artistes, se concr&#233;tisera dans un engagement citoyen : &#171; &lt;i&gt;Notre volont&#233; est que l'art soit la r&#233;alisation de notre pouvoir et non l'expression de notre impuissance&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sonia Pelletier, &#171; &#192; l'origine d'une rencontre avec l'ATSA &#187; dans ATSA quand (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Ainsi, la transformation sociopolitique passe, d'abord, par des changements op&#233;r&#233;s &#224; la micro&#233;chelle de chaque individu. La multiplication des actions et de la mobilisation engendre &#224; terme &#8211; du moins, c'est l'espoir &#8211; des mutations au niveau macropolitique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Continuit&#233; et rupture dans la vision de l'art engag&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La conception du r&#244;le sociopolitique de l'art de Roy et Allard comprend certains &#233;l&#233;ments associ&#233;s plus spontan&#233;ment &#224; l'art engag&#233; des ann&#233;es 1970 : une prise de parole affirm&#233;e et facilement lisible, une vision normative qui &#171; dicte &#187; aux gens des &#171; comportements &#233;thiques et responsables &#187;, une association tr&#232;s &#233;troite entre l'acte militant et l'acte artistique, un emploi fr&#233;quent du mode spectaculaire et une croyance dans l'id&#233;e que l'art peut concr&#232;tement contribuer &#224; changer le monde, m&#234;me si &#8211; et c'est essentiel &#8211; ces artistes n'adh&#232;rent pas &#224; l'id&#233;e r&#233;volutionnaire d'une transformation brutale et compl&#232;te au sens marxiste-l&#233;niniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, l'art engag&#233; pratiqu&#233; par Roy et Allard rec&#232;le aussi plusieurs &#233;l&#233;ments originaux qui illustrent des strat&#233;gies adopt&#233;es par plusieurs artistes actuelles afin de renouveler le militantisme artistique et politique. D'abord, l'autonomie tant artistique que politique des artistes est assur&#233;e par la cr&#233;ation d'un organisme ind&#233;pendant et par la multiplication des causes soutenues. L'ATSA met en &#339;uvre ses combats et choisit toujours la forme de ceux-ci. Cette autonomie, cependant, n'entra&#238;ne pas un rejet de l'action collective. Au contraire, l'organisme a des membres, il collabore ponctuellement avec d'autres (collectifs militants, artistes, etc.), et les &#339;uvres se d&#233;ploient gr&#226;ce &#224; la participation des gens. De plus, la prise de position affirm&#233;e de Roy et Allard (rappelant le r&#244;le avant-gardiste des intellectuels humanistes) est contrebalanc&#233;e, souvent, par l'int&#233;gration d'une multiplicit&#233; d'acteurs qui suscitent la discussion, le d&#233;bat. Ces artistes revendiquent le droit citoyen de prendre positon dans l'espace public, mais elle et il ne le font pas en pr&#233;tendant &#234;tre les seules &#224; poss&#233;der la v&#233;rit&#233;. Ils inscrivent dans leurs &#339;uvres l'importance du d&#233;bat soci&#233;tal. Enfin, Roy et Allard se tiennent dans une position mitoyenne entre la marge et l'int&#233;gration. Elle et il s'inscrivent &#224; la fois en dehors et en dedans du milieu de l'art et du milieu militant plus traditionnel. Ils ne refusent pas les subventions, mais ne font aucun compromis pour les obtenir et cherchent des m&#233;thodes alternatives de financement. Elle et il se sont engag&#233;s dans un jeu strat&#233;gique avec les m&#233;dias. Le pragmatisme est ce qui dicte leurs affiliations avec les acteurs gouvernementaux, policiers, m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sonia Pelletier, &#171; &#192; l'origine d'une rencontre avec l'ATSA &#187; dans &lt;i&gt;ATSA quand l'art passe &#224; l'action&lt;/i&gt;, sous la dir. de Pierre Allard et Annie Roy, Montr&#233;al, ATSA, 2008, p. 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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