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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Le lobby sioniste</title>
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		<dc:date>2010-12-05T17:41:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges A. Lebel</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Lebel, Georges A. </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Droits et D&#233;mocratie a toujours &#233;t&#233; un organisme ambigu. Cr&#233;&#233; par Mulroney pour offrir un job &#224; Ed Broadbent qui prenait sa retraite, il est financ&#233; par le Parlement, et son conseil d'administration est nomm&#233; par le gouvernement. Pendant 15 ans, per&#231;u &#224; tort comme une ONG, il a fid&#232;lement servi le Canada comme rampe de lancement de ballons d'essais politiques. Il servait, dans le domaine des droits, &#224; tester ou &#224; promouvoir indirectement une politique que l'&#201;tat ne voulait pas assumer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Droits et D&#233;mocratie a toujours &#233;t&#233; un organisme ambigu. Cr&#233;&#233; par Mulroney pour offrir un job &#224; Ed Broadbent qui prenait sa retraite, il est financ&#233; par le Parlement, et son conseil d'administration est nomm&#233; par le gouvernement. Pendant 15 ans, per&#231;u &#224; tort comme une ONG, il a fid&#232;lement servi le Canada comme rampe de lancement de ballons d'essais politiques. Il servait, dans le domaine des droits, &#224; tester ou &#224; promouvoir indirectement une politique que l'&#201;tat ne voulait pas assumer directement. Contest&#233;e, le gouvernement se distan&#231;ait de l'initiative en arguant l'ind&#233;pendance de Droits et D&#233;mocratie ; vant&#233;e, elle devenait une action &#171; canadienne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela aurait pu continuer longtemps si les sionistes aux abois n'avaient d&#233;cid&#233; de passer &#224; l'attaque. Pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impunit&#233; des crimes de guerre et contre l'humanit&#233; au Liban, &#224; Gaza et dans les territoires occup&#233;s depuis des d&#233;cennies venait du veto des &#201;tats-Unis au Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU, emp&#234;chant la mise en &#339;uvre de tout recours international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les &#201;tats ont commenc&#233; &#224; prendre au s&#233;rieux l'obligation qui leur est faite aux Conventions de Gen&#232;ve non seulement de &#171; respecter &#187;, mais aussi de &#171; faire respecter &#187; le droit humanitaire. L'Espagne, la Belgique, le Canada, l'Allemagne et Isra&#235;l ont adopt&#233; des lois dites &#171; de comp&#233;tence universelle &#187; leur permettant de juger les crimes internationaux commis ailleurs. Les &#201;tats-Unis ont vu des avocats ressusciter l'Alien Tort Claims Act. Les ex&#233;cutions massives &#224; Gaza en 2009 (et non celles de 1956) ont suscit&#233; partout une r&#233;probation telle que les responsables isra&#233;liens peuvent difficilement sortir de leur pays sans craindre une arrestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; leur r&#233;plique contre ce qu'ils appellent le LAWFARE, ce &#171; terrorisme juridique &#187; qui utilise les tribunaux pour tenter d'emp&#234;cher Isra&#235;l de violer impun&#233;ment le droit international et humanitaire. La Suisse, l'Angleterre et la Belgique ont d&#251; revoir leurs lois sous les pressions isra&#233;liennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un organisme isra&#233;lien, NGO Monitor, s'est mis &#224; la recherche de tous les groupes appuyant la d&#233;fense des droits humains au Moyen-Orient pour les d&#233;noncer comme des supporteurs du terrorisme. Les lobbys sionistes ont fait pression en Europe et en Am&#233;rique du Nord pour que les gouvernements cessent de financer ces groupes. Les victimes les plus m&#233;diatis&#233;es au Canada sont Kairos (un organisme &#339;cum&#233;nique d'aide), Alternatives et Droits et D&#233;mocratie ; mais plusieurs autres restent &#224; couvert, terrifi&#233;s par la puissance de ces lobbys. Leur derni&#232;re attaque vise les organismes de bienfaisance. On menace leurs d&#233;ductions fiscales en qualifiant de &#171; politique &#187; l'appui &#224; des organismes qui d&#233;noncent les violations isra&#233;liennes des droits de l'Homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gravit&#233; du virage pro-sioniste, aussi bien de Harper que d'Ignatieff, vient du fait que cela met en cause la libert&#233; politique et de parole des Canadiens, maintenant syst&#233;matiquement discrimin&#233;s et r&#233;prim&#233;s s'ils osent condamner les criminels isra&#233;liens et appuyer les victimes palestiniennes. Le d&#233;put&#233; britannique Galloway a &#233;t&#233; refoul&#233; du Canada parce que &#171; terroriste &#187; : il avait conduit un convoi pour forcer le blocus de Gaza et y nourrir les Palestiniens. Comme &#224; l'&#232;re du maccarthysme, ne pouvant discuter librement, c'est notre d&#233;mocratie qui est viol&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le drapeau canadien sur les sacs &#224; dos</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-drapeau-canadien-sur-les-sacs-a</link>
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		<dc:date>2010-07-09T19:20:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges A. Lebel</dc:creator>


		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Lebel, Georges A. </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Vous souvenez-vous de ces temps anciens o&#249;, pendant plus de 50 ans, le Canada avait patiemment construit une IMAGE efficace de vertueux na&#239;f des relations internationales. Des soldats de la paix (avec b&#233;rets et culottes courtes) et des missionnaires des droits de l'Homme identifiaient &#224; ce point le drapeau canadien au boy-scoutisme international que les touristes am&#233;ricains, partout honnis, cousaient un petit drapeau canadien sur leurs bagages et leurs d&#233;froques. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces temps d'illusion sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-33-fevrier-mars-2010-" rel="directory"&gt;No 033 - f&#233;vrier / mars 2010&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1020.gif?1642092114' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;531&#034; height=&#034;750&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous souvenez-vous de ces temps anciens o&#249;, pendant plus de 50 ans, le Canada avait patiemment construit une IMAGE efficace de vertueux na&#239;f des relations internationales. Des soldats de la paix (avec b&#233;rets et culottes courtes) et des missionnaires des droits de l'Homme identifiaient &#224; ce point le drapeau canadien au boy-scoutisme international que les touristes am&#233;ricains, partout honnis, cousaient un petit drapeau canadien sur leurs bagages et leurs d&#233;froques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces temps d'illusion sont finis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s que Chr&#233;tien eut envoy&#233; des troupes en Afghanistan pour se faire pardonner son refus d'accompagner Bush en Irak, Harper a r&#233;ussi ce coup formidable qu'aucun &#201;tat ne veut &#234;tre vu ou per&#231;u comme associ&#233; aux positions du Canada, parce que les politiques propos&#233;es sur les changements climatiques en ont fait la b&#234;te noire des &#233;cologistes et des milliers de groupes sociaux r&#233;unis en une assembl&#233;e plan&#233;taire &#224; Copenhague.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais le Canada n'a &#233;t&#233; dans une position internationale plus pr&#233;caire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on appelle la soci&#233;t&#233; civile mondiale a cette particularit&#233; de mobiliser la presse. On ne peut ignorer les images fortes des manifestations et des arrestations de Copenhague. Cela donne le ton, un air du temps aux n&#233;gociations des politiques qui se passent &#224; un tout autre niveau mais doivent prot&#233;ger les faux-semblants et les apparences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'aucun &#201;tat occidental, sauf le Canada, ne peut affirmer qu'il ne se pr&#233;occupe pas de l'opinion de la soci&#233;t&#233; civile internationale, le Canada se trouve priv&#233; de toute possibilit&#233; d'initiative et d'influence dans les d&#233;bats internationaux et plus seulement sur l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne s'est produit en ce qui concerne la Chine, boud&#233;e parce que communiste ; la Palestine, o&#249; l'adh&#233;sion inconditionnelle aux th&#232;ses de l'extr&#234;me droite sioniste lui interdit d'avoir quelque cr&#233;dibilit&#233; dans ses rapports avec le monde arabe ; et sans compter la Crise, o&#249; pourtant l'hyper concentration de notre syst&#232;me bancaire l'ayant mis &#224; l'abri du choc conjoncturel aurait pu servir de levier pour proposer des r&#233;formes du syst&#232;me financier international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, cette liste noire ne s'arr&#234;te pas l&#224;. Le Canada s'isole en refusant d'adh&#233;rer &#224; la D&#233;claration de l'ONU sur les droits des Autochtones ; il vote pour faire &#233;carter le rapport Goldstone (juge de la Cour supr&#234;me de l'Afrique du Sud) sur les crimes de guerre &#224; Gaza ; il refuse la d&#233;cision de la Cour Internationale de Justice sur le mur isra&#233;lien, et vient de couper les fonds aux organismes qui aident les Palestiniens, dont Alternatives au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, plus personne n'est dupe et les touristes devront d&#233;coudre leur petit drapeau canadien de leur sac &#224; dos.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bonjour R&#233;action sournoise !</title>
		<link>https://www.ababord.org/Bonjour-Reaction-sournoise</link>
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		<dc:date>2010-07-09T18:57:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges A. Lebel</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Lebel, Georges A. </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Madame Monique J&#233;r&#244;me-Forget donne une grande conf&#233;rence significativement intitul&#233;e : La r&#233;volution tranquille : un h&#233;ritage &#233;puis&#233; et paralysant. Le 14 d&#233;cembre 2009, des &#233;conomistes pal&#233;o-lib&#233;raux remettent en cause la capacit&#233; d'action de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois. La r&#233;action sournoise est en marche. &lt;br class='autobr' /&gt; Ces &#233;conomistes ne voient la soci&#233;t&#233; qu'&#224; partir du Capital, pourtant la crise du Capital (une autre) &#233;tait latente depuis que Thatcher, Reagan et Mulroney ont pos&#233; que la croissance devait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-33-fevrier-mars-2010-" rel="directory"&gt;No 033 - f&#233;vrier / mars 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lebel-Georges-A-+" rel="tag"&gt;Lebel, Georges A. &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1018.gif?1642092113' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1296&#034; height=&#034;864&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Madame Monique J&#233;r&#244;me-Forget donne une grande conf&#233;rence significativement intitul&#233;e : &lt;i&gt;La r&#233;volution tranquille : un h&#233;ritage &#233;puis&#233; et paralysant&lt;/i&gt;. Le 14 d&#233;cembre 2009, des &#233;conomistes pal&#233;o-lib&#233;raux remettent en cause la capacit&#233; d'action de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois. La r&#233;action sournoise est en marche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces &#233;conomistes ne voient la soci&#233;t&#233; qu'&#224; partir du Capital, pourtant la crise du Capital (une autre) &#233;tait latente depuis que Thatcher, Reagan et Mulroney ont pos&#233; que la croissance devait r&#233;tribuer &lt;strong&gt;d'abord&lt;/strong&gt; le capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour eux, la croissance r&#233;sulterait des gains de productivit&#233; qu'on d&#233;ciderait par la suite de r&#233;partir : produire la richesse d'abord donc avant de la distribuer. Trois r&#233;cipiendaires d&#233;sign&#233;s de cette r&#233;partition : le Capital, les salaires, l'&#201;tat. Chaque ann&#233;e, on nous annonce que le PIB a cru entre 2 % et 5 %, mais depuis 1980, les salaires r&#233;els stagnent et le r&#234;ve am&#233;ricain de la croissance par la consommation n'a pu &#234;tre financ&#233; que par l'endettement des m&#233;nages. La crise a &#233;clat&#233; quand la r&#233;tribution du Capital n'a plus laiss&#233; assez de salaires aux consommateurs pour payer leurs dettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, pour accro&#238;tre encore davantage la part du capital, on a aussi r&#233;duit la fonction redistributive de l'&#201;tat. Geler les salaires et r&#233;duire les imp&#244;ts fut toute la politique des 30 derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, si la petite bourgeoisie s'est empar&#233;e de l'&#201;tat pour se constituer comme classe avec la &#171; R&#233;volution tranquille &#187;, la &#171; R&#233;action &#187; bourgeoise d&#233;mant&#232;le aujourd'hui &#224; son seul profit cet instrument collectif. Quelle id&#233;ologie (1) &#224; la sauce Qu&#233;bec (2) justifie les m&#233;canismes (3) de cette &#171; R&#233;action &#187; de d&#233;construction de l'&#201;tat et de privatisation des services publics ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Quelle id&#233;ologie ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment peut-on faire accepter la stagnation du salaire r&#233;el, la d&#233;construction de l'&#201;tat et l'augmentation de la r&#233;tribution du Capital ? Vous n'avez qu'&#224; consulter la presse du Capital (y en a-t-il une autre ?) ; tous les arguments sont l&#224;, r&#233;p&#233;t&#233;s &#224; sati&#233;t&#233;. La particularit&#233; de l'id&#233;ologie dominante, c'est de faire croire qu'il n'y a pas d'alternative. C'est la th&#232;se ultra lib&#233;rale du &#171; Public Choice &#187; qui nous semble encapsuler ce discours dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une th&#233;orie micro-&#233;conomique du politique et de la d&#233;mocratie : l'&lt;i&gt;homo economicus&lt;/i&gt;, &#234;tre rationnel, ne cherche que son int&#233;r&#234;t &#233;conomique. L'&#233;go&#239;sme est la mesure de la rationalit&#233; ; l'ignorer, c'est &#234;tre vou&#233; &#224; l'inefficacit&#233; et &#224; l'irrationalit&#233; &#233;conomique. Le libre march&#233; est le meilleur indicateur de la conjonction de ces int&#233;r&#234;ts par la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces th&#232;ses s'appliqueraient aussi &#224; l'&#201;tat. Personne n'y chercherait l'int&#233;r&#234;t collectif ; les politiciens ne veulent qu'&#234;tre r&#233;&#233;lus, les fonctionnaires mieux pay&#233;s, et les &#233;lecteurs ne veulent rien savoir, parce qu'&#233;conomiquement rationnels, cela leur co&#251;te tr&#232;s cher de s'informer sur chacun des enjeux politiques, alors que l'efficace du vote individuel est vraiment limit&#233;e. Il est donc &#233;conomiquement rationnel de s'abstenir devant la non-pertinence des enjeux politiciens (se faire r&#233;&#233;lire) pour l'&#233;lecteur individuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fonctionnaires de leur c&#244;t&#233; ne peuvent, &#224; l'int&#233;rieur de l'&#201;tat, en conna&#238;tre toutes les dimensions, donc d&#233;terminer le bien public g&#233;n&#233;ral. Si les &#233;lecteurs et les fonctionnaires n'y peuvent rien, il ne reste plus que les &#171; lobbies &#187;, eux aussi &#233;go&#239;stes. Pour contrer leur influence, il faut r&#233;introduire la concurrence dans l'&#201;tat, dans les &#171; choix publics &#187;. Le march&#233; &#233;tant l'expression la plus pure du rationnel collectif qui choisira la meilleure solution pour tous, il faut soumettre l'&#201;tat au march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie lib&#233;rale veut que la &#171; main invisible &#187; cr&#233;era l'optimum de Pareto pour tous, c'est-&#224;-dire une situation qu'il est impossible de modifier sans d&#233;t&#233;riorer la position de quelqu'un. Seuls les r&#233;sultats &#233;conomiques seront la mesure du succ&#232;s et non les principes de services &lt;i&gt;publics, universels, accessibles et gratuits pour tous&lt;/i&gt;, qui r&#233;alisent le droit &#224; l'&#233;galit&#233; et &#224; la solidarit&#233;. Cela n'est pas &#233;conomiquement rationnel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Quelle forme de cette id&#233;ologie au Qu&#233;bec ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action bourgeoise tiendra ce discours qui atteindra son sommet avec le rapport Gobeil produit en1986 : un programme de d&#233;sengagement de l'&#201;tat et d'abolition de plusieurs organismes d'un &#201;tat consid&#233;r&#233; inefficace, gangren&#233; par une administration bureaucratique, hi&#233;rarchique et rigide qui d&#233;veloppe des objectifs propres au lieu de se concentrer sur les r&#233;sultats. On propose donc la d&#233;structuration de l'&#201;tat de bien-&#234;tre par le recours au march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e cheminera et c'est Joseph Facal, dans un rapport publi&#233; en 1997, qui fera adopter en 2000 la nouvelle loi sur l'administration publique. Cette loi introduit, sous le slogan de la &#171; Nouvelle Gestion publique &#187;, la logique du r&#233;sultat dans la gestion de l'&#201;tat. Elle met en &#339;uvre quatre principes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. aux &#233;lus les choix politiques, l'approbation des programmes et des grandes orientations ; Charest veut les deux mains sur le volant ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. un accroissement de la marge de man&#339;uvre des gestionnaires, qui doivent adopter une d&#233;claration de mission et pr&#233;voir des indicateurs de performance permettant la reddition de compte ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. l'introduction de l'imputabilit&#233; personnelle du gestionnaire lors des contr&#244;les &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. et surtout une remise en cause du monopole du service public pour introduire la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Loi sur le d&#233;veloppement durable (2006) compl&#232;tera le tableau de la logique du march&#233; dans la gestion de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3. Quels m&#233;canismes ? Pour quels effets ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs m&#233;canismes permettront la mise sur pied de cette politique au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord au sein de chaque minist&#232;re, on demandera l'adoption d'une &#171; &lt;i&gt;d&#233;claration contenant ses objectifs&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;i&gt; les r&#233;sultats vis&#233;s et les indicateurs de performance&lt;/i&gt; &#187; dans le cadre d'une &#171; &lt;i&gt;convention de performance et d'imputabilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; dont les &#171; clients &#187; du service public seront juges. Certains services seront confi&#233;s &#224; des agences gouvernementales : c'est l'impartition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis les partenariats public-priv&#233; recourent au march&#233; pour r&#233;aliser des fonctions de l'&#201;tat : tour de passe-passe comptable qui permet d'inscrire la dette des infrastructures au passif des compagnies priv&#233;es plut&#244;t qu'&#224; celui de l'&#201;tat en contrepartie d'un loyer annuel majorant de 20 % les co&#251;ts &#233;tal&#233;s dans le futur. Il s'agit de bombes &#224; retardement puisque seul l'&#201;tat assume le co&#251;t des &#233;checs des PPP dans des services qui devront de toute fa&#231;on &#234;tre rendus. Mais surtout, on accorde ainsi au capital un revenu minimum garanti refus&#233; aux autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; il n'y a pas de march&#233; &#8211; l'&#233;ducation, la sant&#233; et le bien-&#234;tre sont chez nous des monopoles du service public instaur&#233; par la R&#233;volution tranquille &#8211; on instaurera des partenariats public-communautaire (PPC) selon la logique de la Nouvelle Gestion publique : l'&#201;tat d&#233;finit un probl&#232;me, en fixe les objectifs et offre &#224; quiconque de les prendre en charge. On utilisera cette technique lorsque cela co&#251;tera trois fois moins cher que la fonction publique traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs effets r&#233;sultent de cette Nouvelle Gestion publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, il s'agit toujours d'une logique hi&#233;rarchique, (&lt;i&gt;Top/Down&lt;/i&gt;), par laquelle l'&#201;tat d&#233;finit le probl&#232;me et impose les crit&#232;res de reddition de compte. Les groupes qui s'y pr&#234;tent renoncent &#224; l'id&#233;al de la participation d&#233;mocratique o&#249; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale d&#233;cide de l'action collective selon les aspirations de ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique s'&#233;loigne de celle de la R&#233;volution tranquille qui a remplac&#233; l'&#201;glise et la charit&#233; par l'&#201;tat et les services publics. Les groupes sociaux palliaient &#224; l'action d&#233;ficiente des services publics. Dans l'Am&#233;rique de Bush et de Charest maintenant, l'initiative priv&#233;e est charg&#233;e du social et l'&#201;tat n'intervient que subsidiairement aux d&#233;ficiences du priv&#233;. C'est l'essence de la &lt;i&gt;Loi contre la pauvret&#233; et l'exclusion sociale&lt;/i&gt; et de l'action des Fondations priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique remet en cause les services publics, universels, accessibles et gratuits ayant pour finalit&#233; la r&#233;alisation des droits &#233;conomiques sociaux et culturels, gages d'un niveau de vie suffisant r&#233;sultant d'un travail r&#233;mun&#233;rateur, permettant la syndicalisation et garantissant l'acc&#232;s &#224; la famille, l'&#233;ducation et la sant&#233;. C'est cela qu'on remet en cause ; ce n'est pas rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ces fameux crit&#232;res de performance et de reddition de compte ne sont pas li&#233;s &#224; des concepts de redistribution et d'&#233;quit&#233;, mais plut&#244;t &#224; ceux d'efficacit&#233; &#233;conomique, de r&#233;duction des co&#251;ts et de contr&#244;le comptable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport du V&#233;rificateur g&#233;n&#233;ral du Qu&#233;bec 2008-2009, tome 1, chap. 3 :&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, on remet en cause le rapport salarial au sein de l'&#201;tat. On remplace des fonctionnaires prot&#233;g&#233;s par des conventions collectives par des travailleurs communautaires temporaires, intermittents, sans protection et bien s&#251;r non syndiqu&#233;s. Quelle aubaine au moment des n&#233;gociations des conditions de travail dans le secteur public que ces zones franches du travail o&#249; s'&#233;chinent d&#233;j&#224; 40 000 travailleuses, sous des normes &#171; minimales &#187; &#224; la limite de l'ind&#233;cence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AINSI, on a r&#233;duit la part des salaires, on a r&#233;duit les fonctions redistributives de l'&#201;tat et on a augment&#233; la part du Capital dans l'appropriation des gains de productivit&#233;. Tout cela en douce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;ologie et cette politique visent le c&#339;ur de l'&#201;tat. Il s'agit d'y introduire la logique du Capital, du profit &#224; la place de celle du &lt;i&gt;Welfare State&lt;/i&gt; reposant sur des services publics universels, gratuits et accessibles. La logique du profit remplace celle des droits dans la d&#233;termination des politiques publiques de redistribution de la richesse collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat ne se retire pas des services publics, mais il agit diff&#233;remment en les liant &#224; un march&#233; priv&#233; pour faire entrer dans la circulation marchande les sommes colossales du budget social de l'&#201;tat qui lui &#233;chappaient jusque-l&#224;. Il s'agit tout simplement de rendre la pauvret&#233; RENTABLE, selon l'expression de F. Leseman (INRS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la fondation Chagnon qui capte le budget de l'&#201;tat en se servant d'exemptions d'imp&#244;ts pour r&#233;aliser les valeurs d'une droite profond&#233;ment r&#233;actionnaire : la famille, la charit&#233;, l'autorit&#233;, le respect des &#171; &#233;lites &#187; et de ceux qui ont de l'argent, contre les valeurs de la R&#233;volution tranquille. Lorsque les riches s'occupent de la pauvret&#233;, il faut voir que pour accro&#238;tre leur part de captation de la richesse, ils remettent en cause l'universalit&#233; des programmes sociaux, la neutralit&#233; des services publics et l'imp&#233;ratif d&#233;mocratique d'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Rapport du V&#233;rificateur g&#233;n&#233;ral du Qu&#233;bec 2008-2009&lt;/i&gt;, tome 1, chap. 3 : &lt;a href=&#034;http://www.vgq.qc.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.vgq.qc.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du salariat au pr&#233;cariat en milieu communautaire</title>
		<link>https://www.ababord.org/Du-salariat-au-precariat-en-milieu</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Du-salariat-au-precariat-en-milieu</guid>
		<dc:date>2009-10-29T16:47:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges A. Lebel</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) </dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>Lebel, Georges A. </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le mouvement communautaire est en mutation. Dans le cadre de contrats nomm&#233;s Partenariats Public &#8211; Communautaire (les PPC), des groupes sont appel&#233;s &#224; fournir des services qui relevaient traditionnellement du &#171; service public &#187;. Qu'arrive-t-il aux groupes dans ce contexte ? Pour le savoir, il faut regarder la politique gouvernementale et le v&#233;cu de ces groupes qualifi&#233;s de partenaires de l'&#201;tat. &lt;br class='autobr' /&gt; Le plan lib&#233;ral &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis l'&#233;t&#233; 2008, l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois a initi&#233; vis-&#224;-vis des groupes un train (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-30-ete-2009-" rel="directory"&gt;No 030 - &#233;t&#233; 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Privatisation-et-partenariats-+" rel="tag"&gt;Privatisation et partenariats publics-priv&#233;s (PPP) &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lebel-Georges-A-+" rel="tag"&gt;Lebel, Georges A. &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton915.gif?1642092278' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;478&#034; height=&#034;358&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement communautaire est en mutation. Dans le cadre de contrats nomm&#233;s Partenariats Public &#8211; Communautaire (les PPC), des groupes sont appel&#233;s &#224; fournir des services qui relevaient traditionnellement du &#171; service public &#187;. Qu'arrive-t-il aux groupes dans ce contexte ? Pour le savoir, il faut regarder la politique gouvernementale et le v&#233;cu de ces groupes qualifi&#233;s de partenaires de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le plan lib&#233;ral&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'&#233;t&#233; 2008, l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois a initi&#233; vis-&#224;-vis des groupes un train de mesures dont quatre illustrent notre propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord un rapport du V&#233;rificateur g&#233;n&#233;ral (dat&#233; du 4 nov. 08) nous apprend que la gestion financi&#232;re des groupes communautaires ne r&#233;pond pas aux normes comptables d'imputabilit&#233;&#8230; Ensuite, l'&#201;tat formule une proposition de modification du &lt;i&gt;Cadre de r&#233;f&#233;rence en mati&#232;re d'action communautaire autonome&lt;/i&gt;, au moment o&#249; le R&#233;seau qu&#233;b&#233;cois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA) est d&#233;stabilis&#233; par des probl&#232;mes internes. Puis il propose l'actualisation du plan d'action de la Loi sur la pauvret&#233; qui, comme par hasard, transf&#233;rera une large partie des responsabilit&#233;s &#233;tatiques en ces mati&#232;res au secteur communautaire et caritatif (voire &#224; la Fondation Chagnon). Enfin, on annonce la r&#233;vision de la Loi sur les OSBL, apr&#232;s avoir d&#233;sint&#233;ress&#233;, par une importante subvention, le Chantier de l'&#233;conomie sociale qui lutte depuis 10 ans pour obtenir la capitalisation financi&#232;re du secteur b&#233;n&#233;vole.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Toutes ces mesures et contrats indiquent-ils une politique de sous-traitance du social ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes probablement pas d'abord en pr&#233;sence d'une volont&#233; de l'&#201;tat de s'en remettre aux groupes pour remplir ses politiques sociales, car les PPP r&#233;pondent, en th&#233;orie, &#224; une demande solvable, doivent g&#233;n&#233;rer des revenus et pas seulement des subventions. Si ce n'est pas d'abord la sous-traitance des services qui est recherch&#233;e, ne pourrait-on pas consid&#233;rer que la communautarisation constitue une des tactiques de d&#233;construction du service public, avec les coupures, la d&#233;r&#232;glementation, la privatisation, la tarification et la d&#233;centralisation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce processus de d&#233;construction des entreprises publiques, nous perdons ce qui en fait l'essence : des services accessibles et uniformes, pens&#233;s en fonction de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et non de la rentabilit&#233; ou du profit. Par d&#233;finition, le service public envisage la soci&#233;t&#233; dans son ensemble, et non un secteur particulier en fonction de sa rentabilit&#233; ou de sa particularit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Piloter plut&#244;t que ramer &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais ce processus n'est pas nouveau. On se souviendra de l'&#201;tat Provigo du rapport Gobeil (1986), repris en gros par le rapport Facal (1996-97), qui sugg&#233;rait de r&#233;&#233;valuer tous les organismes existants de l'&#201;tat pour mettre en place une strat&#233;gie &#171; d'impartition &#187;. C'est le gouvernement du PQ qui fera adopter la nouvelle loi sur l'administration publique instaurant le &#171; faire-faire &#187; : l'&#201;tat ne devrait pas r&#233;aliser les t&#226;ches, mais &#233;tablir des normes et, &#224; partir de m&#233;canismes de reddition de comptes, v&#233;rifier l'ex&#233;cution confi&#233;e &#224; des organismes autonomes, les gal&#233;riens de la formule &#171; piloter plut&#244;t que ramer &#187;. Les mots-cl&#233;s de cette courte Loi sur l'administration publique ax&#233;e sur &#171; &lt;i&gt;une reddition de compte qui porte sur la performance dans l'atteinte des r&#233;sultats&lt;/i&gt; &#187; (art. 2,5 de la loi) sont la &#171; &lt;i&gt;performance&lt;/i&gt; &#187;, le &#171; &lt;i&gt;r&#233;sultat&lt;/i&gt; &#187; et la &#171; &lt;i&gt;transparence&lt;/i&gt; &#187;, qui se traduiront en &#233;ducation et en sant&#233; par les contrats de performance de Fran&#231;ois Legault, le Rapport Montmarquette (2008)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur la tarification des services publics et le Rapport Castonguay sur la sant&#233; (f&#233;vrier 2008) : &#171; &lt;i&gt;En avoir pour notre argent&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Nouvelle gestion publique (NGP)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette loi s'inspire des th&#233;ories de la Nouvelle gestion publique (NGP) qui ouvre le secteur public au march&#233; et &#224; la concurrence en multipliant les unit&#233;s autonomes de services (les agences) et en cr&#233;ant un march&#233; interne o&#249; les contrats octroy&#233;s par des appels d'offre sont ouverts au partenariat avec le priv&#233; (PPP), plac&#233; en concurrence avec des agences du secteur public. Pour y arriver, il faut donc assouplir les &#171; &lt;i&gt;rigidit&#233;s normatives&lt;/i&gt; &#187; que repr&#233;sentent les conventions collectives et les employ&#233;es permanentes. Avec Madame Forget, ce seront les plans de modernisation de l'&#201;tat (2004-2007), &#224; partir du document &lt;i&gt;Briller parmi les meilleurs&lt;/i&gt;, qui conduiront &#224; la fin de la politique de &#171; concertation &#187; et l'adoption &#171; sous le b&#226;illon &#187; de huit projets de loi socialement r&#233;gressifs et antisyndicaux. Et on annonce une seconde vague, encore inconnue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de l&#224; que nous vient la multiplication de ces contrats avec les groupes communautaires, la plupart du temps pour la prestation de services autrefois assum&#233;s directement par l'&#201;tat et ses fonctionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il ne faudrait pas mettre toute l'action communautaire dans le m&#234;me sac. Mais une tr&#232;s instructive enqu&#234;te&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;).pdf&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de 2008 par l'&#233;quipe de Deena White de l'UdeM a montr&#233; que tout le monde est invit&#233; &#224; signer des &lt;strong&gt;contrats&lt;/strong&gt;, ind&#233;pendamment des subtiles et souvent intenables distinctions dans l'action concr&#232;te entre les d&#233;fenseurs de droits et les autres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La contractualisation du travail&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette mani&#232;re de faire implique une transformation de l'action communautaire. Le but premier de ces contrats, c'est d'abord de d&#233;finir et de pr&#233;ciser les t&#226;ches exig&#233;es par le gouvernement ind&#233;pendamment des souhaits des citoyens. Pourtant, la caract&#233;ristique du mouvement communautaire, c'est que la d&#233;cision d'agir et l'organisation de l'action proviennent de la perception collective de ce qu'il faut faire en s'ajustant au fur et &#224; mesure aux transformations qui r&#233;sultent de l'exp&#233;rience et des effets m&#234;mes de l'action. Le contrat change la direction, le sens de la d&#233;termination de l'action ; elle ne part plus du citoyen, mais des projets de l'&#201;tat qui r&#233;sultent de sa d&#233;finition des besoins des citoyens&#8230; On oublie trop souvent cette ruse du discours social lib&#233;ral fond&#233; sur les BESOINS qui correspondent toujours au projet de celui qui pr&#233;tend les satisfaire et rarement &#224; la demande de celui qu'il pr&#233;tend aider. C'est une inversion compl&#232;te du sens de l'impulsion &#224; agir. Cette inversion se traduit par des crit&#232;res de reddition de comptes d&#233;termin&#233;s a priori. On d&#233;termine, au moment m&#234;me du contrat, les r&#233;sultats esp&#233;r&#233;s qui en conditionneront la plupart du temps le renouvellement, avec lequel vient la subvention et donc la survie de l'organisme qui n'est cependant pas garantie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est par l&#224; que le ver entre dans le fruit. Pour maintenir l'organisme communautaire, il faudra que la subvention soit renouvel&#233;e. Pour s'assurer de rencontrer les exigences de la reddition de compte, on s'efforcera d'embaucher des professionnelles jeunes et sous pay&#233;es, certes enthousiastes et d&#233;vou&#233;es, mais qui passeront par ces emplois pr&#233;caires pour acqu&#233;rir l'exp&#233;rience qui leur permettra de postuler un jour, de plus en plus lointain, un emploi permanent dans la fonction publique. C'est ce qui alimente l'intense processus de PROFESSIONNALISATION des groupes communautaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;duire la fonction publique : la remise en cause du rapport salarial&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que na&#238;t une autre hypoth&#232;se : nous ne sommes pas seulement en pr&#233;sence d'un ph&#233;nom&#232;ne de sous-traitance des fonctions de bien-&#234;tre, mais beaucoup plus profond&#233;ment nous assistons &#224; UNE REMISE EN CAUSE DU RAPPORT SALARIAL AU SEIN DE L'&#201;TAT. L'effet recherch&#233; par l'&#201;tat dans tous ces contrats serait de se lib&#233;rer des obligations de l'&#201;tat employeur, de se d&#233;lester au maximum de ces &#171; hautes &#187; salari&#233;es, permanentes, avec r&#233;gimes de retraite co&#251;teux, longues vacances, cong&#233;s de maladie, cong&#233;s familiaux, syndicats et tout le reste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'aube des n&#233;gociations du secteur public, le d&#233;fi est de taille. L'&#201;tat vise ici le c&#339;ur de la solidarit&#233; sociale en introduisant la LOGIQUE DU MARCH&#201; dans les op&#233;rations dites inefficaces de la fonction publique. D&#233;crite il y a longtemps, la pression sur les revendications des travailleurs et travailleuses exerc&#233;e par la concurrence du ch&#244;mage dit structurel se d&#233;cuple ici par la menace de privatisation de la prestation de services publics et la multiplicit&#233; des groupes b&#233;n&#233;voles pr&#234;ts &#224; les assumer. L'&#201;tat s'est dot&#233; d'une solution de rechange : ces milliers de contractuels du communautaire ne peuvent pas ne pas faire pression sur les n&#233;gociations du secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse d'une remise en cause du rapport salarial au sein de l'&#201;tat, on le voit maintenant avec plus de clart&#233;. La d&#233;r&#233;gulation programm&#233;e du travail r&#233;duit une fonction publique orient&#233;e vers un SERVICE PUBLIC universel, accessible et de qualit&#233;, vers des intervenants sur un march&#233; du travail dont les acteurs pr&#233;caris&#233;s n'ont pas acc&#232;s au statut nagu&#232;re garanti par la fonction publique. Cette politique de recours aux groupes communautaires constitue un double processus de brouillage des fronti&#232;res entre priv&#233; et public. D'abord, privatisation du public, maintenant r&#233;gi par les r&#232;gles du march&#233; selon le principe de l'efficacit&#233; et non des valeurs universelles de citoyennet&#233; : libert&#233;, &#233;galit&#233; et solidarit&#233;. Ensuite, publicisation du priv&#233; par l'illusion de l'entreprise citoyenne socialement responsable. &#171; &lt;i&gt;Si la notion &#8220;d'&#233;conomie sociale et solidaire&#8221; conna&#238;t actuellement du succ&#232;s, c'est sans doute en raison de sa facult&#233; &#224; dissimuler les strat&#233;gies d'adaptation les plus diverses au processus de privatisation du public et de publicisation du priv&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. H&#233;ly :&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous assistons &#224; une entreprise historique de &#171; d&#233;l&#233;gitimation &#187; de l'&#201;tat social et de l&#233;gitimation de l'entreprise dans la production de biens publics. Cela remet en cause l'id&#233;e que l'&#201;tat dispose du monopole de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et permet par cons&#233;quent le recours &#224; des fondations qui en dictent les politiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que faire ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Faudrait-il alors que les groupes refusent les contrats et l'argent ? Cette interrogation fait impasse en amalgamant sous le m&#234;me vocable de &#171; groupe &#187;, des r&#233;alit&#233;s totalement diverses. D'un groupe autog&#233;r&#233; de parents s'organisant en coop&#233;rative de garderie jusqu'aux administrateurs de CLSC cr&#233;ant un OSBL pour rendre comme groupe les services qu'ils &#233;taient auparavant charg&#233;s de g&#233;rer comme service public, il y a un &lt;i&gt;continuum&lt;/i&gt; d'o&#249; nous n'arrivons pas &#224; s&#233;parer les torchons des serviettes. Le probl&#232;me n'est pas du c&#244;t&#233; de ceux qui r&#233;pondent aux incitatifs de l'&#201;tat, m&#234;me si certains m&#233;ritent d&#233;nonciation, mais du c&#244;t&#233; de ces ayatollahs du libre march&#233; qui, dans leur int&#233;grisme lib&#233;ral, d&#233;truisent l'instrument collectif de bien-&#234;tre p&#233;niblement construit autour de l'&#201;tat, tentant par tous les moyens de faire oublier que ce n'est pas la libert&#233; de quelques-uns qui leur conf&#232;re l&#233;gitimit&#233;, mais la poursuite constante et la r&#233;alisation de l'&#201;GALIT&#201; par la solidarit&#233;. Ce sont les id&#233;aux de la R&#233;volution bourgeoise que notre bien petite bourgeoisie qu&#233;b&#233;coise remet aujourd'hui en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, je crois certains groupes capables de soumettre leurs actions et projets aux imp&#233;ratifs d&#233;mocratiques d'une approche li&#233;e &#224; leurs membres, fond&#233;e sur l'histoire, l'ancrage communautaire, territorial ou de situation commune, de n&#233;gocier sur cette base un rapport respectueux de leur dynamique politique propre, capable de coproduire l'action, plut&#244;t que de d&#233;pendre de la planification th&#233;orique de l'action dans le &#171; &lt;i&gt;continuum&lt;/i&gt; des services &#187; &#233;tatiques orient&#233; par l'obsession de la &#171; reddition de comptes &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.gttsp.gouv.qc.ca/index.asp&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.gttsp.gouv.qc.ca/index.asp&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.fqrsc.gouv.qc.ca/upload/editeur/white_resume-a(1&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.fqrsc.gouv.qc.ca/upload/editeur/white_resume-a(1&lt;/a&gt;).pdf&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M. H&#233;ly : &lt;a href=&#034;http://www.laviedesidees.fr/L-economie-sociale-et-solidaire-n.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.laviedesidees.fr/L-economie-sociale-et-solidaire-n.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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