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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Vous &#234;tes ici o&#249; de l'humanit&#233; est an&#233;antie</title>
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		<dc:date>2009-10-29T17:18:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denise Brassard</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie politique et pens&#233;e critique</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Brassard, Denise</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis ses premiers livres, Paul Chamberland module le th&#232;me de l'apocalypse ; elle appara&#238;t chez lui comme un processus, un creuset par lequel doit passer l'&#233;criture. Or, avec Une politique de la douleur, dont le titre de cet article est tir&#233;, il semble que ce processus soit entr&#233; dans sa phase ultime. &lt;br class='autobr' /&gt; Si l'essai de Chamberland &#233;voque &#224; plus d'un titre le r&#233;cit de Jean, il ne vise pas &#224; annoncer ou &#224; d&#233;noncer, mais &#224; prendre la mesure de ce qu'&#233;prouve l'humain vivant dans un monde marqu&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Apocalypse-et-politique-" rel="directory"&gt;Dossier : Apocalypse et politique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Philosophie-politique-et-pensee-+" rel="tag"&gt;Philosophie politique et pens&#233;e critique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Brassard-Denise-+" rel="tag"&gt;Brassard, Denise&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton908.gif?1642092278' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;464&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis ses premiers livres, Paul Chamberland module le th&#232;me de l'apocalypse ; elle appara&#238;t chez lui comme un processus, un creuset par lequel doit passer l'&#233;criture. Or, avec &lt;i&gt;Une politique de la douleur&lt;/i&gt;, dont le titre de cet article est tir&#233;, il semble que ce processus soit entr&#233; dans sa phase ultime.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si l'essai de Chamberland &#233;voque &#224; plus d'un titre le r&#233;cit de Jean, il ne vise pas &#224; annoncer ou &#224; d&#233;noncer, mais &#224; prendre la mesure de ce qu'&#233;prouve l'humain vivant dans un monde marqu&#233; par la tyrannie et les catastrophes &#233;cologiques, un monde dont la destruction a bel et bien commenc&#233; et qui inspire &#171; &lt;i&gt;le sentiment de la fin&lt;/i&gt; &#187;. Contre le culte de l'objectivit&#233;, un seul argument peut et doit pr&#233;valoir : la subjectivit&#233; et la v&#233;rit&#233; &#224; laquelle elle donne prise. Avec la &lt;i&gt;subjectivit&#233;&lt;/i&gt;, d&#233;savou&#233;e car per&#231;ue comme cause d'errements, le &lt;i&gt;r&#233;el lui-m&#234;me&lt;/i&gt; est mis en p&#233;ril. Il est atteint, trou&#233;, d&#233;fait en tant qu'exp&#233;rience l&#233;gitime et fondatrice. Du coup, la pens&#233;e se trouve en crise, devient &#171; &lt;i&gt;affolement organique&lt;/i&gt; &#187;. Cette fin n'est pas celle que pr&#233;dit le Nouveau Testament, mais celle du monde que nous connaissons, celui de l'humanit&#233;, d&#233;sormais alt&#233;r&#233;e dans son essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui menace est &#224; l'int&#233;rieur de nous : un d&#233;sespoir abyssal, qui m&#232;ne &#224; &#171; &lt;i&gt;l'autisme social&lt;/i&gt; &#187; et au cynisme. Il incite &#224; se soumettre &#224; cet &#171; &lt;i&gt;Appareil&lt;/i&gt; [issu du croisement de la technoscience et de l'hypercapital] &lt;i&gt;qui &#233;chappe d&#233;sormais au contr&#244;le humain&lt;/i&gt; [et qui] &lt;i&gt;&#233;tend son emprise sur la plan&#232;te&lt;/i&gt; &#187;, en s'arrogeant le nom de &#171; &lt;i&gt;D&#233;mocratie&lt;/i&gt; &#187;. C'est pourquoi une politique de la douleur ne peut se concevoir qu'&#224; partir de celle &#224; quoi elle s'oppose : la politique de la haine et de la col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'impossible comme voie de d&#233;tournement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La politique de la douleur, dont la n&#233;cessit&#233; est mise en lumi&#232;re par le r&#233;cit apocalyptique, ne s'applique que sur un mode individuel, dans la mesure o&#249; l'on s'expose &#224; sa propre faiblesse. Ainsi seulement lib&#232;re-t-on la ressource d'humanit&#233;, dont la figure privil&#233;gi&#233;e est l'humilit&#233;. La politique de la douleur n'est pas une solution, non plus qu'une utopie &#8211; il est toujours possible d'accueillir sa faiblesse et d'acc&#233;der ainsi &#224; la ressource. Cependant, la figure de l'utopie permet d'aiguiller la conscience. C'est ce que propose l'essayiste, en imaginant une soci&#233;t&#233; qui serait enfin d&#233;prise de la haine et de la col&#232;re et vou&#233;e &#224; un v&#233;ritable projet unitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chamberland rapproche sa d&#233;marche &#171; &lt;i&gt;des &#233;thiques ou des doctrines de l'&#233;veil&lt;/i&gt; &#187;. La politique de la douleur exige une &lt;i&gt;conversion&lt;/i&gt;. Il ne s'agit pas d'opposer le spirituel au politique, mais de se retirer du politique pour le penser autrement. La r&#233;f&#233;rence au texte biblique, dont la teneur politique est attest&#233;e, aurait donc pour fonction de r&#233;introduire de l'&#233;thique dans le politique en reliant l'action &#224; la spiritualit&#233;. Il s'agit en somme d'user de l'impossible (le mythe, l'utopie) contre le possible (l'an&#233;antissement). Pour &#234;tre essentielle, la politique de la douleur est insuffisante &#224; d&#233;tourner le cours du monde et ne dispense pas de trouver des solutions aux probl&#232;mes concrets ; elle d&#233;livre cependant &#171; &lt;i&gt; un principe sans l'observance duquel tout ce qu'on pourrait entreprendre aurait d'avance failli&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chamberland se livre &#224; une pens&#233;e en mouvement, &#224; l'aff&#251;t de ce qui l'entrave, l'infl&#233;chit. Rien de p&#233;remptoire ni m&#234;me d'assur&#233; dans cette parole qui int&#232;gre et assume doutes, silences, lacunes, apories, enti&#232;rement vou&#233;e &#224; l'&#233;coute. Le d&#233;voilement, ici, tient moins dans la vision ou la r&#233;v&#233;lation que dans l'&lt;i&gt;&#233;nonciation&lt;/i&gt;, la parole vive, l'adresse ; moins dans la connaissance que dans l'exp&#233;rience, le &#171; &lt;i&gt;dire vrai de l'&#233;preuve&lt;/i&gt; &#187;. Celui qui parle n'est pas proph&#232;te, mais t&#233;moin. Il n'ass&#232;ne pas des v&#233;rit&#233;s ni ne cherche &#224; convaincre, sans toutefois manquer &#224; la rigueur et &#224; la coh&#233;rence. Ce d&#233;grisement &#224; quoi nous convie l'essayiste, cette convocation au d&#233;sarmement commence par une plong&#233;e en soi, sans complaisance, un acquiescement au dialogue, &#224; cette mise en question du r&#233;el. Une telle d&#233;marche nous am&#232;ne &#224; traquer jusque dans nos meilleures intentions les relents de haine et de col&#232;re, non en vue d'exercer quelque morale vengeresse, mais de (re)donner &#224; l'&#234;tre son acuit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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