<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_mot=539&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Conditions d'une v&#233;ritable transition</title>
		<link>https://www.ababord.org/Conditions-d-une-veritable-transition</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Conditions-d-une-veritable-transition</guid>
		<dc:date>2018-10-09T14:43:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurence Gu&#233;nette, Chantal Levert</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Gu&#233;nette, Laurence </dc:subject>
		<dc:subject>Levert, Chantal</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Partout sur la plan&#232;te s'agitent des mouvements &#233;cocitoyens qui s'organisent et d&#233;ploient des initiatives de solidarit&#233; et de justice sociale. Ils insufflent de plus en plus cette perspective syst&#233;mique &#224; leurs luttes afin de mettre en &#339;uvre une transition &#233;cosociale compl&#232;te. &lt;br class='autobr' /&gt; La transition r&#233;sonne aussi dans les la&#239;us politiques, corporatistes, institutionnels et m&#234;me l&#233;gislatifs. Les &#233;lites politiques et &#233;conomiques font d'incroyables acrobaties, plus ou moins habiles et plus ou moins (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Transition-ecologique-Le-grand-virage-" rel="directory"&gt;Dossier : Transition &#233;cologique. Le grand virage&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Guenette-Laurence-+" rel="tag"&gt;Gu&#233;nette, Laurence &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Levert-Chantal-+" rel="tag"&gt;Levert, Chantal&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2614.png?1642092214' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;612&#034; height=&#034;370&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Partout sur la plan&#232;te s'agitent des mouvements &lt;i&gt;&#233;cocitoyens&lt;/i&gt; qui s'organisent et d&#233;ploient des initiatives de solidarit&#233; et de justice sociale. Ils insufflent de plus en plus cette perspective syst&#233;mique &#224; leurs luttes afin de mettre en &#339;uvre une transition &#233;cosociale compl&#232;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La transition r&#233;sonne aussi dans les la&#239;us politiques, corporatistes, institutionnels et m&#234;me l&#233;gislatifs. Les &#233;lites politiques et &#233;conomiques font d'incroyables acrobaties, plus ou moins habiles et plus ou moins honn&#234;tes intellectuellement, pour int&#233;grer ce mot devenu incontournable. Elles fa&#231;onnent le concept de transition de sorte &#224; l'imbriquer dans le paradigme capitaliste et la vision n&#233;olib&#233;rale, quitte &#224; lui faire incarner le contraire m&#234;me de son essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Canada comme au Qu&#233;bec, nos gouvernements ont opt&#233; pour un soliloque &#224; port&#233;e &#233;troite, la transition &#233;nerg&#233;tique, qui en plus de s'auto-valider via des mots vides, exclut les autres aspects n&#233;cessaires &#224; une transition syst&#233;mique. Elle ne daigne proposer aucun changement substantiel dans les ressources &#233;nerg&#233;tiques envisag&#233;es : les sables bitumineux et le gaz naturel, car &#171; c'est bon pour le pays &#187;. On nous impose une transition pervertie, brandie fi&#232;rement par ces &#233;lites qui carburent plus que jamais au &#171; politiquement vertueux &#187;, surtout quand elles subventionnent all&#232;grement de nouvelles opportunit&#233;s &#233;conomiques au d&#233;triment d'une r&#233;elle transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre civilisation &#233;tant arriv&#233;e au seuil criant de l'urgence, le vocable transition br&#251;le donc sur toutes les l&#232;vres d&#233;cideuses de ce monde, y compris entre les invisibles mains du n&#233;olib&#233;ralisme qui animent les pantins d'un show de carton-p&#226;te, aux frais de la population autant que possible. &lt;i&gt;Business as usual&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La transition, quoss&#233;&#231;a ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La transition &#233;nerg&#233;tique que promeuvent nos gouvernements n'est qu'un leurre : elle ne veut que faciliter le passage d'une forme d'&#233;nergie arrivant &#224; son terme (le p&#233;trole conventionnel) vers une autre forme d'&#233;nergie, m&#234;me s'il s'agit d'un autre hydrocarbure. Elle ne consid&#232;re aucunement l'urgence d'une r&#233;elle d&#233;carbonisation de l'&#233;conomie, qui exige actuellement la ponction et le transport sauvage de mati&#232;res transitant sur des milliers de kilom&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transition strictement &#233;cologique est &#233;galement illusoire : il est certes vertueux de tabler &#224; diminuer l'empreinte de chacun&#183;e en consommant moins et mieux, tout en croyant que &#231;a r&#233;duira l'extractivisme des mati&#232;res non renouvelables ou l'utilisation de mati&#232;res toxiques. Mais toujours ancr&#233;e dans ce syst&#232;me capitaliste, cette forme de transition ne pr&#233;vient en rien les d&#233;tresses &#233;conomiques et sociales qu'induiront le choc p&#233;trolier et les changements climatiques, surtout si elle est incarn&#233;e par l'apport de hautes technologies inaccessibles aux communaut&#233;s vuln&#233;rables. Ce n'est pas une poign&#233;e de chars &#233;lectriques co&#251;teux d&#233;tenus par une &#233;lite &#233;conomique qui emp&#234;chera l'in&#233;luctable, sauf que cette &#233;lite s'en sortira mieux et sera assise plus confortablement quand &#231;a brassera. Par ailleurs, le leitmotiv &#171; chaque petit geste compte &#187; implique une individualisation de la responsabilit&#233; transitoire, alors que de grands gestes collectifs structurants sont de mise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une transition &#233;cosociale qui est n&#233;cessaire actuellement, soit une transition syst&#233;mique qui inclut en elle-m&#234;me un aspect transitionnel sur les plans &#233;cologique, donc &#233;nerg&#233;tique, mais &#233;galement social ; elle vient de la base, et non du haut. Une telle transition voit &#224; la d&#233;carbonisation de l'&#233;conomie en sortant de notre d&#233;pendance aux hydrocarbures, met en place des actions autonomes pour chaque localit&#233; permettant une r&#233;silience adaptative et p&#233;renne, pense &#224; pr&#233;munir les populations vuln&#233;rables face aux adaptations climatiques et &#233;conomiques majeures qui s'annoncent, met en place des actions accessibles &#224; la majorit&#233; et non seulement aux &#233;lites. Ce sont des initiatives communales et des pratiques alternatives locales qui seront en mesure de changer radicalement cette macro&#233;conomie intoxiqu&#233;e par le p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une bataille s&#233;mantique agite l'id&#233;e de transition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas laisser aux &#233;lites le soin et la libert&#233; de d&#233;finir la transition et d'en articuler le sens selon leur vision exclusivement bureaucratique ou &#233;conomique. L'appropriation de ce terme est un enjeu v&#233;ritable dans le rapport de force que les mouvements sociaux construisent en faveur d'un monde &#233;cologiste et juste. La pertinence de s'exprimer sur la transition, comme le font les textes rassembl&#233;s dans les prochaines pages, d&#233;coule de l'urgence de remettre les pendules &#224; l'heure en ce qui concerne la nature de la transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme transition est accapar&#233; en ce moment par les politicien&#183;ne&#183;s selon un sens qui le vide de toute port&#233;e subversive et de toute vision globale, alors qu'une telle perspective est pourtant n&#233;cessaire dans la r&#233;ponse que nous tenterons de formuler &#224; la crise &#233;cologique de notre &#232;re. Comme le formule habilement l'&#233;cologiste Maude Prud'homme dans son texte &lt;i&gt;La transition &#233;nerg&#233;tique n'est pas un changement d'huile&lt;/i&gt;, plusieurs des &#171; solutions &#187; promues actuellement &#171; &lt;i&gt;exacerbent les oppressions qui ont cours. Telle est notre &#233;poque, faite d'inerties lourdes de ses vainqueurs&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maude Prud'homme, &#171; La transition &#233;nerg&#233;tique n'est pas un changement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Pire encore, il est plausible d'affirmer que l'utilisation du terme &lt;i&gt;transition &#233;nerg&#233;tique &lt;/i&gt; en rassure certain&#183;e&#183;s et se d&#233;guise en r&#233;ponse aux pr&#233;occupations populaires, alors que les politiques actuelles affectent les &#233;cosyst&#232;mes et les droits des populations d'une fa&#231;on particuli&#232;rement catastrophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons-nous la fa&#231;on dont le terme &lt;i&gt;d&#233;veloppement durable&lt;/i&gt; fut rapidement int&#233;gr&#233; par la classe politique d&#232;s les ann&#233;es 2000, int&#233;grant habilement le discours environnemental dans un mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral. &#192; l'&#233;poque, le gouvernement du Qu&#233;bec se servit m&#234;me du concept de d&#233;veloppement durable pour fomenter la voix l&#233;gitime avec laquelle il souhaitait dialoguer au sein des mouvements environnementaux et pour marginaliser la conception &#233;cologiste trop subversive, soit &#171; &lt;i&gt;l'&#233;carter du champ de reconnaissance politique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Philippe St-Hilaire Gravel, 30 ans au RQGE : Une histoire dissidente du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Par le sens donn&#233; aux concepts comme &lt;i&gt;d&#233;veloppement durable&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;transition&lt;/i&gt;, le pouvoir peut ais&#233;ment favoriser les groupes ou propositions v&#233;hiculant une approche concertationniste et non conflictuelle, au d&#233;triment des groupes de la base envisageant la transition comme un changement syst&#233;mique imbriquant de multiples aspects.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bloquer ce que doit et catalyser ce qu'il faut&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, les groupes &#233;cologistes se sont d&#233;velopp&#233;s avec vigueur d&#232;s les ann&#233;es 1960, proposant depuis la base des changements profonds sur les plans &#233;conomique et social. Le mouvement vert qu&#233;b&#233;cois a jou&#233; &#171; &lt;i&gt; un r&#244;le fondamental dans la mise &#224; jour des enjeux institutionnels de l'environnement&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Guy Vaillancourt, &#171; &#201;volution, diversit&#233; et sp&#233;cificit&#233; des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; et la lutte pour la conceptualisation de la transition et pour son application sur le terrain rel&#232;ve encore une fois de ce r&#244;le n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore, ce sont les groupes de la base qui, unissant leurs expertises sociales et &#233;cologiques, vont pouvoir proposer un discours et d&#233;velopper des pratiques en faveur d'une v&#233;ritable transition, mettre en joue la classe politico-industrielle pour l'emp&#234;cher de se complaire dans des concepts doucereux et des politiques arrangeantes, mais qui ne r&#233;pondent en rien ni &#224; l'urgence &#233;cologique, ni &#224; l'imp&#233;ratif de justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il trop tard ? Prenons-nous localement et mondialement les moyens ad&#233;quats ? La transition peut-elle se r&#233;aliser dans cette &#233;conomie capitaliste &lt;i&gt;junkie&lt;/i&gt; des hydrocarbures ? On doit arriver &#224; bloquer ce qui doit et catalyser ce qu'il faut, afin qu'il n'en r&#233;sulte pas une fallacieuse transition &#233;nerg&#233;tique capitalis&#233;e, mais qu'&#233;merge plut&#244;t de ce chaos une soci&#233;t&#233; verte, juste et p&#233;renne, &#233;mancip&#233;e de cette &#233;conomie violente appel&#233;e &#224; dispara&#238;tre. Alors, il n'en tient qu'&#224; nous : &#233;cosocialistes, debout !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Maude Prud'homme, &#171; &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/La-transition-energetique-n-est-pas-un-changement-d-huile&#034;&gt;La transition &#233;nerg&#233;tique n'est pas un changement d'huile&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;&#192; B&#226;bord !&lt;/i&gt;, No 68, f&#233;vrier-mars 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Philippe St-Hilaire Gravel, &lt;i&gt;30 ans au RQGE : Une histoire dissidente du mouvement &#233;cologiste au Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, RQGE, 2012, p.69.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jean-Guy Vaillancourt, &#171; &#201;volution, diversit&#233; et sp&#233;cificit&#233; des associations &#233;cologiques qu&#233;b&#233;coises : de la contre-culture et du conservationnisme &#224; l'environnementalisme et l'&#233;cosocialisme &#187;, &lt;i&gt;Sociologie et Soci&#233;t&#233;s&lt;/i&gt;, vol. 13, no1, 1981, p.8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Chantal Levert est coordonnatrice du R&#233;seau qu&#233;b&#233;cois des groupes &#233;cologistes (RQGE) ; Laurence Gu&#233;nette est vice-pr&#233;sidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : RQGE&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;sistances &#224; la crise</title>
		<link>https://www.ababord.org/Resistances-a-la-crise</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Resistances-a-la-crise</guid>
		<dc:date>2014-04-16T00:24:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurence Gu&#233;nette</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Gu&#233;nette, Laurence </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;MADRID. Dans les rues, des milliers de nouveaux itin&#233;rants dans leur sac de couchage, blottis ensemble par douzaines ou peaufinant leur cabane en carton. Dans les m&#233;dias, les images terribles d'un nouveau suicide, celui d'une professionnelle au ch&#244;mage de 54&#8200;ans, accabl&#233;e par son &#233;viction imminente, et que l'&#233;touffement financier a fait se jeter par la fen&#234;tre de son immeuble. &lt;br class='autobr' /&gt; Pendant ce temps, &#224; travers tout le pays, le d&#233;sespoir a su prendre une autre tournure, et une sc&#232;ne tout &#224; fait (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-51-oct-nov-2013-" rel="directory"&gt;No 051 - oct. / nov. 2013&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Guenette-Laurence-+" rel="tag"&gt;Gu&#233;nette, Laurence &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1788.jpg?1642092153' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;505&#034; height=&#034;336&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;MADRID. Dans les rues, des milliers de nouveaux itin&#233;rants dans leur sac de couchage, blottis ensemble par douzaines ou peaufinant leur cabane en carton. Dans les m&#233;dias, les images terribles d'un nouveau suicide, celui d'une professionnelle au ch&#244;mage de 54&#8200;ans, accabl&#233;e par son &#233;viction imminente, et que l'&#233;touffement financier a fait se jeter par la fen&#234;tre de son immeuble.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant ce temps, &#224; travers tout le pays, le d&#233;sespoir a su prendre une autre tournure, et une sc&#232;ne tout &#224; fait distincte est devenue quotidienne : une centaine de voisins munis de pancartes bloquent obstin&#233;ment l'acc&#232;s &#224; la petite maison de Miguel contre l'assaut des policiers qui sont venus proc&#233;der &#224; l'ex&#233;cution hypoth&#233;caire dict&#233;e par la banque et les tribunaux. Les policiers intimident, frappent et menottent, mais rien n'y fait : d'autres militant&#183;e&#183;s viennent en renfort, pendant que le concierge de l'immeuble d&#233;cide spontan&#233;ment d'entraver le travail des policiers en refusant de leur remettre les clefs du portail. La solidarit&#233; et l'action directe porteront leurs fruits et Miguel &#233;vitera l'&#233;viction quelques semaines de plus, pendant que la lutte continue sans rel&#226;che face &#224; la violence &#233;conomique de la crise et de l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La sp&#233;cificit&#233; de la crise espagnole&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Car aucun doute possible, en Espagne, c'est bien la crise. Celle du capital et du cr&#233;dit, celle de la dette publique et de l'emploi, celle de l'immobilier, le tout accompagn&#233; de scandales de corruption colossaux. La population espagnole subit bien entendu les cons&#233;quences des mesures d'aust&#233;rit&#233;, ainsi qu'une s&#233;rie de r&#233;formes r&#233;pondant aux &#171; besoins de flexibilit&#233; &#187; de l'&#233;conomie capitaliste, qui dans les faits consacre un recul brutal des droits et des conditions de travail de la population. Les Espa&#173;gnol&#183;e&#183;s ont tout contre eux : les pouvoirs obscurs des fluctuations de l'&#233;conomie capitaliste, le gouvernement national (des conservateurs &#224; leur meilleur), la puissante Tro&#239;ka europ&#233;enne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Form&#233;e de la Banque centrale europ&#233;enne, de la Commission europ&#233;enne et du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les banques sans scrupules, les m&#233;dias de masse, les patrons qui profitent du recul de la libert&#233; syndicale et du ch&#244;mage massif, et bien entendu la police qui &#171; prot&#232;ge &#187; cette crise, si l'on veut bien me permettre l'expression, &#224; coups de b&#226;ton, de gaz lacry&#173;mog&#232;ne et d'arrestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;action &#224; toute cette violence, les mouvements sociaux connaissent &#233;galement une effervescence enthousiaste, et surgissent de toutes parts des initiatives et alternatives populaires, souvent admirables par ce qu'elles ont de cr&#233;atif et d'horizontal. Dans les places publiques et les &#233;difices occup&#233;s se r&#233;unissent en assembl&#233;es des gens de toutes g&#233;n&#233;rations et de tous horizons cherchant avidement des espaces d'organisation collective, de solidarit&#233; et de r&#233;sistance. L'un des exemples les plus impressionnants et efficaces de ces manifestations de r&#233;sistance face &#224; la violence de la crise est sans aucun doute la Plateforme des affect&#233;&#183;e&#183;s par l'hypoth&#232;que (PAH), plus connue sous le nom de sa principale campagne, &#171; &lt;i&gt;Stop Desahucios &lt;/i&gt; &#187; (halte aux expulsions), qui existe depuis 2009 gr&#226;ce &#224; l'indignation et la mobilisation de milliers de personnes aux quatre coins du pays.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bref portrait des &#233;victions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Espagnol&#183;e&#183;s ont achet&#233; &#224; cr&#233;dit, pendant de nombreuses ann&#233;es, des maisons sur&#233;valu&#233;es, profitant de pr&#234;ts bancaires faciles et surdimensionn&#233;s. Pr&#232;s de 10 millions de personnes avaient une hypoth&#232;que quand la crise des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt; aux &#201;tats-Unis se r&#233;percuta sur l'&#233;conomie espagnole, entra&#238;nant une augmentation alarmante du ch&#244;mage, lequel atteint &#224; l'heure actuelle 27 %. Un bon nombre de gens ayant par ailleurs conserv&#233; leur emploi ont vu leur salaire r&#233;duit du tiers ou de la moiti&#233;. Ce sont donc des centaines de milliers de personnes qui n'ont plus &#233;t&#233; en mesure de payer leur paiement hypoth&#233;caire mensuel et qui ont souffert des &#233;victions sous diff&#233;rentes formes. On estime &#224; plus de 450 000 les m&#233;nages ayant redonn&#233; leur maison &#224; la banque ou ayant &#233;t&#233; juridiquement &#233;vinc&#233;s depuis 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques acceptent rarement de ren&#233;gocier les versements hypoth&#233;caires &#224; payer : nombre d'entre elles ont m&#234;me d&#233;cid&#233; dans les derni&#232;res ann&#233;es d'augmenter le montant du paiement obligatoire. De nombreux propri&#233;taires rendent &#171; volontairement &#187; la maison &#224; la banque pour une fraction de sa valeur actuelle r&#233;duite, ce qui ne les lib&#232;re nullement du fardeau de leur endettement. Dans le cas contraire, entre trois et cinq mois de non-paiement suffisent pour que la banque fasse parvenir aux propri&#233;taires un avis &#171; d'ex&#233;cution hypoth&#233;caire &#187; &#8211; expression juridique, mais &#233;galement terriblement ironique... Si les clefs n'ont pas &#233;t&#233; volontairement remises au juge &#224; l'int&#233;rieur des 30 jours suivant cette proc&#233;dure, c'est la police qui est envoy&#233;e sur les lieux avec un avis d'&#233;viction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le m&#233;nage se retrouve &#224; la rue, sa dette demeure &#233;crasante puisque la maison est reprise par l'institution bancaire pour une fraction de sa valeur et que les milliers d'euros de frais juridiques de la proc&#233;dure d'ex&#233;cution hypoth&#233;caire sont &#233;galement factur&#233;s &#224; la personne &#233;vinc&#233;e. Le gouvernement espagnol n'offre strictement aucun filet de s&#233;curit&#233; sociale &#224; ces gens qui se retrouvent soudainement sans logement et croulant sous les dettes. Cette d&#233;tresse l&#233;galement foment&#233;e para&#238;t encore plus ridicule quand l'on sait que la fi&#232;vre immo&#173;bili&#232;re des derni&#232;res d&#233;cennies a sem&#233; dans le pays des centaines de milliers de logements qui demeurent inhabit&#233;s. Seulement en Andalousie, on esti&#173;me &#224; 70 000 la quantit&#233; d'habitations vides, pendant que quelques 15 000 m&#233;nages &#233;vinc&#233;s n'ont nulle part o&#249; vivre. Des gens sans maisons, et des maisons sans gens...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Il n'y a que deux options : on paye la dette, ou on se joint &#224; la lutte ! &#187; &#8211; Assembl&#233;e de Vallecas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le premier acte de r&#233;sistance prend forme quand une personne peinant &#224; payer l'hypoth&#232;que tout en s'alimentant correctement, ou recevant un avis d'ex&#233;cution hypoth&#233;caire, brise la &#171; normalit&#233; &#187; de sa situation, en mesure l'injustice et la cruaut&#233; et se rend pour la premi&#232;re fois &#224; l'assembl&#233;e de la PAH de son quartier. C'est dans cet espace fondamental que la communaut&#233; prend un sens n&#233;cessaire pour la r&#233;sistance. Chaque personne sort de l'isolement de sa propre d&#233;tresse ; chaque &#233;viction cesse d'&#234;tre un probl&#232;me personnel pour devenir une question publique et politique. Les victimes ne sont d&#233;sormais plus seules devant l'enchev&#234;trement juridique et bureaucratique qu'elles devront affronter. Si elles choisissent la voie de la r&#233;sistance, elles seront accompagn&#233;es et accompagneront &#233;galement des camarades de lutte. L'auto-organisation depuis la base est v&#233;ritablement la source premi&#232;re de l'ensemble du mouvement, celle d'un &#171; &lt;i&gt;empowerment&lt;/i&gt; &#187; collectif n&#233;cessaire. L'appui et l'apprentissage mutuels ont permis en peu d'ann&#233;es la formation d'un bassin de militantes et militants aguerris et exp&#233;riment&#233;s qui travaillent dor&#233;navant aux c&#244;t&#233;s de participantes et participants fra&#238;chement d&#233;barqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De chaque assembl&#233;e de quartier &#224; la coop&#233;ration des diff&#233;rentes Plateformes au niveau national, les efforts de coordination et la mobilisation massive depuis la base ont &#233;galement permis de d&#233;velopper une capacit&#233; d'action majeure. Le mouvement &lt;i&gt;Stop Desahucios&lt;/i&gt; attire l'attention surtout par ses blocages d'&#233;viction, sa r&#233;sistance qui passe par l'action directe, la solidarit&#233; et la d&#233;sob&#233;issance civile. En date du mois d'ao&#251;t 2013, la PAH avait r&#233;ussi &#224; freiner plus de 750 &#233;victions &#224; travers tout le pays, par l'obstruction physique des lieux o&#249; se pr&#233;sente la police pour ex&#233;cuter l'ordre d'&#233;viction. Malgr&#233; la non-violence &#233;vidente des manifestant&#183;e&#183;s et leur l&#233;gitimit&#233; de plus en plus importante dans l'opinion publique, l'escouade anti-&#233;meute est souvent d&#233;plac&#233;e sur les lieux, o&#249; elle proc&#232;de &#224; des arrestations, joue de la matraque, remet des constats d'infraction pour &#171; grave alt&#233;ration de l'ordre public &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette r&#233;pression aux visages multiples arrive &#224; dissuader certaines personnes de poursuivre dans la strat&#233;gie de d&#233;sob&#233;issance, elle a pour la plupart l'effet contraire d'exacerber le sentiment d'indignation qui les pousse &#224; r&#233;sister ! Toute la violence que subissent les gens au nom de la crise est l&#233;gale, les &#233;victions pratiqu&#233;es par les banques, les tribunaux et la police &#233;tant parfaitement conformes &#224; la loi. Stop Desahucios rappelle donc que c'est pr&#233;cis&#233;ment dans l'injustice qu'abrite la loi que repose le droit et le devoir de r&#233;sister par la d&#233;sob&#233;issance civile : &#171; &lt;i&gt;La l&#233;galit&#233; est celle de la classe dominante : la classe ouvri&#232;re pourra difficilement se lib&#233;rer de l'oppression par la voie de la l&#233;galit&#233; ! &lt;/i&gt; &#187;, affirme Pepe, avocat et militant de Stop Desahucios.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fruits et espoirs de l'&#233;bullition sociale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Plateforme des Affect&#233;&#183;e&#183;s par l'hypoth&#232;que est parvenue &#224; donner une grande visibilit&#233; &#224; la probl&#233;matique des &#233;victions et &#224; ses revendications. Elle a ouvert des espaces, obtenu des gains et acquis des proportions qui &#233;taient inimaginables au d&#233;part lorsqu'en 2009 les premiers collectifs d'Affect&#233;&#183;e&#183;s commenc&#232;rent &#224; s'organiser, cherchant &#224; t&#226;tons la fa&#231;on de se d&#233;fendre ensemble contre la violence &#233;conomique qu'ils et elles subissaient. En plus des blocages physiques, la pr&#233;sentation d'une p&#233;tition de plus d'un million et demi de signatures, les manifestations, les actions d'occupation dans les banques, les squats, les recours judiciaires et la cr&#233;ation autonome de logements sociaux constituent les multiples tactiques adopt&#233;es par le mouvements durant les derni&#232;res ann&#233;es. Un recours judiciaire a &#233;galement &#233;t&#233; port&#233; devant le Cour europ&#233;enne des droits de l'homme, lequel a reconnu il y a quelques mois que le gouvernement espagnol violait les droits de la personne et l'a contraint de modifier certains aspects de la loi concernant les &#233;victions. Une victoire tr&#232;s partielle, qui n'a absolument pas r&#233;solu l'ensemble du probl&#232;me, mais qui reste non n&#233;gligeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Additionn&#233;es &#224; l'ensemble des mouvements sociaux qui s'&#233;veillent en Espagne, toutes ces facettes de la lutte initi&#233;es par les citoyen&#183;ne&#183;s &#224; partir des assembl&#233;es de quartier ont rompu le monopole du discours dominant concernant la crise et l'aust&#233;rit&#233;. C'est sans aucun doute le premier pas &#224; franchir pour multiplier les possibilit&#233;s de changement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Form&#233;e de la Banque centrale europ&#233;enne, de la Commission europ&#233;enne et du Fonds mon&#233;taire international.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Remilitarisation au Guatemala</title>
		<link>https://www.ababord.org/Remilitarisation-au-Guatemala</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Remilitarisation-au-Guatemala</guid>
		<dc:date>2009-10-29T00:36:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurence Gu&#233;nette</dc:creator>


		<dc:subject>Militarisme et antimilitarisme</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Gu&#233;nette, Laurence </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis la r&#233;volution lib&#233;rale de 1871, le Guatemala n'a jamais r&#233;ellement cess&#233; d'&#234;tre militaris&#233;. Le pays a connu plusieurs d&#233;cennies d'un mod&#232;le &#233;conomique bas&#233; principalement sur l'exploitation et l'exportation de produits agraires. Ce mod&#232;le reposait sur la concentration des terres et des richesses aux mains d'une puissante oligarchie, ainsi que sur une population n'ayant d'autre choix que de constituer la main-d'&#339;uvre n&#233;cessaire &#224; son fonctionnement. Les forces arm&#233;es du Guatemala (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-30-ete-2009-" rel="directory"&gt;No 030 - &#233;t&#233; 2009&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Militarisme-et-antimilitarisme-+" rel="tag"&gt;Militarisme et antimilitarisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Guenette-Laurence-+" rel="tag"&gt;Gu&#233;nette, Laurence &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton896.gif?1642092278' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;659&#034; height=&#034;765&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la r&#233;volution lib&#233;rale de 1871, le Guatemala n'a jamais r&#233;ellement cess&#233; d'&#234;tre militaris&#233;. Le pays a connu plusieurs d&#233;cennies d'un mod&#232;le &#233;conomique bas&#233; principalement sur l'exploitation et l'exportation de produits agraires. Ce mod&#232;le reposait sur la concentration des terres et des richesses aux mains d'une puissante oligarchie, ainsi que sur une population n'ayant d'autre choix que de constituer la main-d'&#339;uvre n&#233;cessaire &#224; son fonctionnement. Les forces arm&#233;es du Guatemala &#233;taient alors au service des secteurs &#233;conomiques, imposant la stabilit&#233; n&#233;cessaire &#224; cette structure d'exploitation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1944, une r&#233;volution d&#233;mocratique sugg&#233;ra un mod&#232;le diff&#233;rent, notamment en entreprenant une r&#233;forme agraire qui &#233;branlait les pouvoirs &#233;conomiques en place, mena&#231;ant par exemple les int&#233;r&#234;ts de la United Fruit Company (des &#201;tats-Unis). En 1954, en r&#233;action &#224; cette r&#233;volution et profitant du contexte international de la guerre froide, la droite guat&#233;malt&#232;que et la CIA foment&#232;rent un coup d'&#201;tat. Le conflit arm&#233; interne qui suivit dura 36 ans, pendant lesquels les dictatures militaires exerc&#232;rent diff&#233;rents niveaux de r&#233;pression contre &#171; l'ennemi interne &#187;, c'est-&#224;-dire les gu&#233;rillas marxistes, ainsi que contre la population civile. Les militaires form&#232;rent les Patrouilles d'autod&#233;fense civiles (PAC), recrutant souvent par la force plus d'un million de personnes, dont une majorit&#233; de paysans mayas. L'&#201;tat guat&#233;malt&#232;que, par le biais de l'arm&#233;e et des PAC, est responsable d'environ 93 % des 200 000 victimes, des 45 000 individus disparus, des 626 massacres perp&#233;tr&#233;s majoritairement entre 1979 et 1982, crimes contre l'humanit&#233; pour lesquels aucun dirigeant militaire de l'&#233;poque n'a encore &#233;t&#233; jug&#233; ni condamn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1996, l'Unit&#233; r&#233;volutionnaire nationale guat&#233;malt&#232;que (URNG) et l'&#201;tat guat&#233;malt&#232;que sign&#232;rent les &lt;i&gt;Accords de paix&lt;/i&gt;, lesquels impliquent un engagement des deux parties &#224; d&#233;mobiliser leurs factions arm&#233;es et les PAC, de m&#234;me qu'une responsabilit&#233; de l'&#201;tat &#224; appliquer de profonds changements sociaux et structurels. Les &lt;i&gt;Accords de paix&lt;/i&gt; &#233;tablissent le renforcement du pouvoir civil ainsi que la red&#233;finition du r&#244;le de l'arm&#233;e. Cette derni&#232;re devrait maintenant avoir pour fonction la d&#233;fense de la souverainet&#233; et de l'ind&#233;pendance de l'&#201;tat, ainsi que de l'int&#233;grit&#233; du territoire. La Commission d'&#233;claircissement historique (sous les auspices de la Mission des Nations unies au Guatemala), dans ses conclusions et recommandations publi&#233;es en 1999, ajoute que l'arm&#233;e guat&#233;malt&#232;que doit admettre que le peuple est seul souverain et doit respecter toute r&#233;forme ou changement social naissant de l'exercice de cette souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, depuis quelques ann&#233;es, on assiste plut&#244;t au Guatemala &#224; un ph&#233;nom&#232;ne de remilitarisation, bien que celui-ci prenne des formes et ait un discours justificatif distincts de ceux de l'&#233;poque du conflit arm&#233; interne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur le terrain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, on voit se multiplier dans tout le pays les patrouilles combin&#233;es de soldats et d'effectifs de la Police nationale civile, collaborations ill&#233;gales depuis la signature de la paix. Le gouvernement proclame des &#233;tats d'urgence dans divers endroits, permettant la pr&#233;sence accrue de militaires, un contr&#244;le de la population et la suspension de certains droits constitutionnels. De nombreux d&#233;tachements militaires qui avaient cess&#233; leurs activit&#233;s apr&#232;s 1996 ont &#233;t&#233; r&#233;activ&#233;s durant les derni&#232;res ann&#233;es, et la r&#233;ouverture de plusieurs autres a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;e ou est en discussion. L'arm&#233;e participe &#224; un grand nombre d'interventions r&#233;pressives et violentes aux c&#244;t&#233;s de la Police nationale civile et de forces de s&#233;curit&#233; priv&#233;es. Ajoutons &#224; cela que durant les derni&#232;res ann&#233;es, les forces arm&#233;es sont entr&#233;es sans pr&#233;avis dans des communaut&#233;s rurales &#224; diverses occasions, effectuant des recrutements ill&#233;gaux ou intimidant la population par leurs interventions abusives et brutales qui rappellent parfois celles de l'&#233;poque du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les Comit&#233;s de s&#233;curit&#233; citoyenne ne soient pas directement reli&#233;s aux forces arm&#233;es, nous ne pouvons exclure de ce portrait g&#233;n&#233;ral leur croissance acc&#233;l&#233;r&#233;e. Ces comit&#233;s sont des groupes de civils qui se chargent de veiller &#224; la s&#233;curit&#233; &#224; l'int&#233;rieur de leur communaut&#233;. Or la plupart du temps, ils sont constitu&#233;s d'ex-dirigeants PAC et perp&#233;tuent les structures de pouvoir local en place durant le conflit arm&#233;. Ces groupes de citoyens sont tol&#233;r&#233;s par l'&#201;tat et la police, malgr&#233; leur exercice informel et ill&#233;gal de la justice (vengeance, stigmatisation, arrestations, etc.), et appuy&#233;s par l'arm&#233;e qui va jusqu'&#224; leur fournir des armes. Exer&#231;ant une fonction de contr&#244;le social dans certaines r&#233;gions plus conflictuelles, ces comit&#233;s s'inscrivent comme une manifestation parall&#232;le de la remilitarisation g&#233;n&#233;rale du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2007, le Guatemala est pass&#233; &#224; deux doigts d'&#233;lire le Parti patriote, parti militariste dont le chef, Otto Perez Molina, est un ex-dirigeant militaire de l'&#233;poque du conflit arm&#233;. Le Front r&#233;publicain guat&#233;malt&#232;que (FRG), ayant pour chef l'un des principaux militaires g&#233;nocidaires, Efrain Rios Montt, a aussi re&#231;u un fort pourcentage de votes lors des &#233;lections pr&#233;c&#233;dentes. Qu'est-ce qui pousse une population ayant &#233;t&#233; si affect&#233;e par la violence extr&#234;me de plusieurs dictatures militaires &#224; voter pour des partis militaristes ? La r&#233;ponse repose en grande partie sur la fa&#231;on dont on justifie la remilitarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e est souvent la seule entit&#233; poss&#233;dant la capacit&#233; logistique n&#233;cessaire pour intervenir lors des d&#233;sastres naturels, ou pour atteindre les communaut&#233;s rurales isol&#233;es o&#249; ne se rend aucune autre figure &#233;tatique ou d'autorit&#233;. Ce faisant, elle se rend davantage n&#233;cessaire et appr&#233;ciable aux yeux de la population, bien qu'elle remplisse un r&#244;le qui ne devrait normalement pas lui revenir, mais qui n'est pas non plus assum&#233; par l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence et la d&#233;linquance commune g&#233;n&#233;ralis&#233;es servent de justification majeure pour la remilitarisation et se traduisent par un fort sentiment d'ins&#233;curit&#233; qui convainc une partie de la population de la n&#233;cessit&#233; que l'&#201;tat intervienne durement. Cette ins&#233;curit&#233; est loin d'&#234;tre imaginaire, la violence ayant fait plus de 6 400 morts en 2008, et le pays &#233;tant aux prises avec l'un des pires probl&#232;mes de f&#233;minicide au monde. Or, cet &#233;tat de fait est en grande partie imputable &#224; l'&#201;tat lui-m&#234;me, qui est responsable de l'immense impunit&#233; et de la justice an&#233;mique (seul 1 % des crimes graves commis au pays sont rapport&#233;s devant un tribunal), de l'isolement de bon nombre de zones rurales o&#249; ne se rendent ni la police ni le syst&#232;me de justice, de la n&#233;gligence et de la permissivit&#233; quant aux armes &#224; feu, etc. C'est &#224; se demander si l'&#201;tat et l'arm&#233;e ne laissent pas volontairement se d&#233;t&#233;riorer la s&#233;curit&#233; du pays pour ensuite justifier sa militarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre le probl&#232;me grandissant du narcotrafic est l'autre justification principale &#224; la remilitarisation du pays, en m&#234;me temps que le gouvernement guat&#233;malt&#232;que fait bonne figure sur la sc&#232;ne internationale en pr&#233;tendant mener cette gigantesque bataille. Or il est connu que de grandes parties de l'arm&#233;e et des fonctionnaires du gouvernement sont loin de constituer un obstacle pour les narcotrafiquants. De r&#233;cents rapports de plusieurs organismes internationaux situent maintenant le Guatemala parmi les &lt;i&gt;narco-&#201;tats&lt;/i&gt;, puisque que l'&#201;tat participe en partie au narcotrafic et en favorise et facilite les activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La remilitarisation comme outil de r&#233;pression&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les&lt;i&gt; Accords de paix&lt;/i&gt; de 1996 ont en quelque sorte ouvert la porte aux nouveaux accords commerciaux n&#233;olib&#233;raux, tels que le &lt;i&gt;Plan Puebla Panama&lt;/i&gt; (PPP), qui imposent un mod&#232;le &#233;conomique d'exploitation massive des ressources naturelles au profit de l'oligarchie et des entreprises multinationales des pays du Nord. Au Guatemala, l'implantation des m&#233;gaprojets pr&#233;vus par le PPP met d&#233;j&#224; en jeu l'environnement, la sant&#233;, la survie &#233;conomique et l'autonomie des populations indig&#232;nes mayas principalement et annonce un sombre futur pour eux, notamment en ce qui a trait &#224; l'acc&#232;s &#224; l'eau, &#224; la terre et aux aliments de base. Le n&#233;olib&#233;ralisme repr&#233;sente une vision du d&#233;veloppement diam&#233;tralement oppos&#233;e &#224; celle de la cosmovision maya et l'&#201;tat guat&#233;malt&#232;que, &#224; ce jour, n'avait jamais connu une si grande r&#233;action du monde paysan et maya. On assiste depuis plusieurs ann&#233;es &#224; une nouvelle articulation des mouvements de r&#233;sistance communautaires et populaires par le biais de nouvelles organisations locales ou la participation citoyenne &#224; des consultations populaires. Leurs positions et protestations sont si peu prises en compte et leur influence est si r&#233;duite que les mouvements de r&#233;sistance doivent souvent sortir du champ d'action qui leur est accord&#233;, prenant la forme d'occupations de routes, de &lt;i&gt;fincas&lt;/i&gt; et de diverses actions de d&#233;sob&#233;issance civile. Les autorit&#233;s m&#233;prisent et d&#233;pr&#233;cient souvent ces r&#233;actions populaires en les qualifiant publiquement de d&#233;linquants ou de criminels. Quant aux pouvoirs &#233;conomique et politique, ils reprochent aux r&#233;sistants de s'opposer au d&#233;veloppement de leur propre patrie et d'entraver le bon fonctionnement de l'&#201;tat, allant parfois jusqu'&#224; les associer au crime organis&#233; ou &#224; les qualifier de terroristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure que passent les ann&#233;es, l'&#201;tat criminalise de plus en plus ces mouvements de r&#233;sistance et les place dans le m&#234;me panier que le narcotrafic et la violence g&#233;n&#233;ralis&#233;e, comme &#233;tant les principaux ph&#233;nom&#232;nes mena&#231;ant la s&#233;curit&#233; interne. Il ajoute qu'un certain niveau de s&#233;curit&#233; et de coh&#233;sion sociale est n&#233;cessaire pour que les investisseurs &#233;trangers osent venir faire des affaires au pays. Quant aux forces arm&#233;es guat&#233;malt&#232;ques, elles all&#232;guent, pour l&#233;gitimer la remilitarisation, que la Constitution leur ordonne de prot&#233;ger non seulement la souverainet&#233; nationale, comme &#233;tabli dans les &lt;i&gt;Accords de paix&lt;/i&gt;, mais aussi ladite s&#233;curit&#233; interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on observe dans quels contextes locaux et g&#233;ographiques s'inscrivent les manifestations concr&#232;tes de la remilitarisation du Guatemala, on se rend compte qu'elles correspondent &#224; des endroits o&#249; des citoyens exercent une r&#233;sistance ou une opposition. Les diff&#233;rents &#233;tats d'urgence d&#233;cr&#233;t&#233;s par le gouvernement en 2008 et 2009 se situent, par exemple, &#224; Coatepeque o&#249; des commer&#231;ants s'opposent &#224; &#234;tre d&#233;plac&#233;s vers le nouveau m&#233;ga-march&#233; privatis&#233;, ou encore &#224; San Juan Sacatepequez o&#249; 12 communaut&#233;s s'opposent toujours &#224; la construction d'une cimenterie de &lt;i&gt;Cementos Progreso&lt;/i&gt;, apr&#232;s l'avoir formellement refus&#233;e dans une consultation populaire en 2007, laquelle ne fut pas prise en compte. La majorit&#233; des d&#233;tachements militaires ayant repris leurs activit&#233;s dans les derni&#232;res ann&#233;es, ou qui s'appr&#234;tent &#224; le faire, se situent le long de ce que le PPP d&#233;signe comme la Frange transversale nord, la section du pays o&#249; sera construite une route commerciale de plus de 300 km pour faciliter l'exploitation des ressources naturelles. C'est dans cette zone que se concentrent la majorit&#233; des m&#233;gaprojets capitalistes en cours et pr&#233;vus pour le Guatemala, notamment les barrages hydro&#233;lectriques et les sites d'exploitation mini&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;Accords de paix&lt;/i&gt; engageaient l'&#201;tat &#224; appliquer des changements profonds en rapport avec les enjeux et in&#233;galit&#233;s qui avaient men&#233; &#224; la r&#233;volution de 1944 et motiv&#233; la lutte des gu&#233;rillas. Pourtant presque rien n'a chang&#233;, ni les immenses d&#233;s&#233;quilibres &#233;conomiques et la pauvret&#233;, ni l'oligarchie guat&#233;malt&#232;que, ni la puissance des int&#233;r&#234;ts &#233;trangers. Plusieurs grands entrepreneurs et propri&#233;taires terriens guat&#233;malt&#232;ques et &#233;trangers encouragent ouvertement et publiquement la remilitarisation du pays. Les forces arm&#233;es guat&#233;malt&#232;ques continuent d'&#234;tre un outil de stabilisation du syst&#232;me &#233;conomique en participant avec l'&#201;tat &#224; la r&#233;pression et la criminalisation des luttes et en s&#233;curisant les investissements &#233;trangers et les m&#233;gaprojets capitalistes impuls&#233;s par les accords commerciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, rien n'emp&#234;che l'Histoire d'&#233;ventuellement se r&#233;p&#233;ter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
