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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>L'aust&#233;rit&#233; comme strat&#233;gie de classe</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-austerite-comme-strategie-de</link>
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		<dc:date>2015-06-10T00:56:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Pineault</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Pineault, &#201;ric</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors qu'elle est de plus en plus contest&#233;e comme orientation g&#233;n&#233;rale des politiques &#233;conomiques et fiscales, l'aust&#233;rit&#233; demeure l'orientation principale du gouvernement du Qu&#233;bec. L'objectif de la Commission permanente de r&#233;vision des programmes pr&#233;sid&#233;e par Lucienne Robillard est de r&#233;duire de mani&#232;re durable et permanente la taille de l'&#201;tat et le poids des d&#233;penses publiques dans l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; cela s'ajoute une politique budg&#233;taire marqu&#233;e par d'importantes compressions (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Vivre-en-democratie-" rel="directory"&gt;Dossier : Vivre en d&#233;mocratie autoritaire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Pineault-Eric-+" rel="tag"&gt;Pineault, &#201;ric&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2019.jpg?1642092166' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;515&#034; height=&#034;383&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors qu'elle est de plus en plus contest&#233;e comme orientation g&#233;n&#233;rale des politiques &#233;conomiques et fiscales, l'aust&#233;rit&#233; demeure l'orientation principale du gouvernement du Qu&#233;bec. L'objectif de la Commission permanente de r&#233;vision des programmes pr&#233;sid&#233;e par Lucienne Robillard est de r&#233;duire de mani&#232;re durable et permanente la taille de l'&#201;tat et le poids des d&#233;penses publiques dans l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; cela s'ajoute une politique budg&#233;taire marqu&#233;e par d'importantes compressions et par des objectifs de diminution des d&#233;penses et des investissements publics, le tout coiff&#233; par une Commission d'examen sur la fiscalit&#233; qui vise &#224; all&#233;ger &#171; le fardeau fiscal &#187; de certains acteurs &#233;conomiques, notamment les entreprises. Nous sommes donc face &#224; une seconde offensive &#171; aust&#233;rienne &#187; au Qu&#233;bec, aussi massive, voire plus, que celle initi&#233;e par le ministre des Finances lib&#233;ral Raymond Bachand en 2010-2011 qui s'est appel&#233;e &#171; r&#233;volution culturelle &#187;. Que pouvons-nous apprendre de cette premi&#232;re exp&#233;rience qui fut arr&#234;t&#233;e par le vaste mouvement social du printemps 2012 ? Mais surtout, que visent r&#233;ellement les politiques d'aust&#233;rit&#233; ici et ailleurs ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
L'aust&#233;rit&#233; depuis 1980&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre l'aust&#233;rit&#233; dans le long cours, il faut la situer comme politique qui participe au d&#233;veloppement de ce que nous pouvons appeler le n&#233;olib&#233;ralisme. Ce d&#233;veloppement commence au Qu&#233;bec, comme ailleurs, d&#232;s les ann&#233;es 1980 dans la foul&#233;e des r&#233;actions politiques &#224; la premi&#232;re grande r&#233;cession (1982-1984) depuis la Deuxi&#232;me Guerre mondiale. On se rappellera du conflit &#224; l'&#233;poque entre les salari&#233;&#183;e&#183;s du secteur public et le gouvernement L&#233;vesque qui brisa l'&#233;lan de radicalisation qui avait marqu&#233; le d&#233;veloppement du syndicalisme au Qu&#233;bec engendr&#233; par la R&#233;volution tranquille. Le n&#233;olib&#233;ralisme, ici et ailleurs, se constitue comme une id&#233;ologie qui accompagne une longue lutte de classe contre le salariat pour la restauration du pouvoir des &#233;lites &#233;conomiques dans un contexte o&#249; celui-ci a &#233;t&#233; &#233;branl&#233; par les mouvements sociaux et les gouvernements sociaux-d&#233;mocrates pendant la longue p&#233;riode progressiste de 1960 &#224; 1980. Dans ce contexte plus global, il ne s'agit pas seulement de faire reculer le pouvoir des mouvements sociaux, des syndicats, et de limiter l'interventionnisme de l'&#201;tat et le d&#233;veloppement des politiques sociales, mais d'encadrer les premiers et de rediriger et r&#233;orienter les seconds, pour finalement accompagner les mutations fondamentales de l'&#233;conomie que sont la mondialisation, la financiarisation et la flexibilisation du travail. Il ne faut pas sous-estimer la part de bricolage et d'improvisation dans ce qui semble &#234;tre un vaste programme n&#233;olib&#233;ral. Nous ne sommes pas devant un plan de match longuement m&#251;ri, mais plut&#244;t devant une strat&#233;gie qui se construit au jour le jour par des joueurs capables de saisir toutes les opportunit&#233;s offertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;veloppement du n&#233;olib&#233;ralisme se divise en deux grandes phases. La premi&#232;re est marqu&#233;e par l'ascendance de l'id&#233;ologie : le r&#233;gime d'&#233;conomie politique n&#233;olib&#233;ral se met en place en prenant en charge et en transformant l'&#201;tat-providence et les rapports sociaux h&#233;rit&#233;s de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente ; il pr&#233;tend alors r&#233;pondre aux contradictions et aux crises provoqu&#233;es par la p&#233;riode progressiste. Ensuite, dans sa seconde phase, il est contraint de r&#233;pondre aux contradictions que ses propres politiques &#233;conomiques et sociales ont engendr&#233;es. Ce n&#233;olib&#233;ralisme tardif est celui qui s'impose apr&#232;s la crise de 2008, surtout lors du grand virage vers les politiques d'aust&#233;rit&#233; en Europe et en Am&#233;rique du Nord &#224; partir de 2010. Celui-ci n'a pas l'optimisme un peu ing&#233;nu du n&#233;olib&#233;ralisme des premi&#232;res ann&#233;es. Il ne fait plus de promesses, mais au contraire s'&#233;labore comme discours essentiellement r&#233;pressif.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un objectif inavou&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quel r&#244;le joue l'aust&#233;rit&#233; dans ce long mouvement du n&#233;olib&#233;ralisme ? Remarquons que la p&#233;riode qui va de 1980 &#224; aujourd'hui est une p&#233;riode marqu&#233;e par tout ce que critiquent les n&#233;olib&#233;raux, et par ce &#224; quoi l'aust&#233;rit&#233; est cens&#233;e rem&#233;dier. En effet, la p&#233;riode &#171; n&#233;olib&#233;rale &#187; se caract&#233;rise par la r&#233;currence des d&#233;ficits dans les finances publiques et un gonflement de la dette par rapport au PIB. La performance &#233;conomique des &#201;tats avanc&#233;s n'est pas tr&#232;s reluisante non plus, la croissance est plus faible que pendant la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, l'investissement est plus timor&#233; et les revenus des m&#233;nages (sauf pour le 1 %) ont eu tendance &#224; stagner. Bref, le bilan &#233;conomique de l'&#232;re n&#233;olib&#233;rale est globalement m&#233;diocre. &#201;chec cuisant ? Seulement si vous pensez que l'objectif r&#233;el &#233;tait de redresser les finances publiques. Non, l'aust&#233;rit&#233;, tout au long de la p&#233;riode n&#233;olib&#233;rale, joue le m&#234;me r&#244;le : l'enjeu n'est pas d'&#233;quilibrer les finances publiques, mais de transformer profond&#233;ment l'&#201;tat, l'&#233;conomie et la soci&#233;t&#233; en utilisant les crises fiscales comme levier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment situer le Qu&#233;bec dans ce mouvement historique plus long ? Une des particularit&#233;s de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise &#224; l'&#232;re n&#233;olib&#233;rale est d'avoir pu maintenir un taux de syndicalisation tr&#232;s important dans les secteurs public et priv&#233;, l&#224; o&#249; ailleurs en Am&#233;rique du Nord il s'est compl&#232;tement effondr&#233;. Cela a limit&#233; le recul du droit du travail et l'impact des politiques de flexibilisation salariale qui ont &#233;t&#233; impos&#233;es ailleurs, en plus de contribuer &#224; la protection de la fonction publique et des services publics. Mais cette survie du mouvement syndical a impliqu&#233; une importante mutation : l'adoption d'une approche partenariale qui s'est traduite par ce que nous pouvons nommer une r&#233;gulation &#171; concertationniste &#187; du n&#233;olib&#233;ralisme contrastant avec le mod&#232;le &#171; confrontationniste &#187; qui fut la norme ailleurs en Am&#233;rique du Nord. Dans ce contexte concertationniste, le mouvement syndical &#233;tait vu par les gouvernements du Qu&#233;bec, en particulier les gouvernements du PQ , comme un interlocuteur l&#233;gitime. Cela lui a permis, avec les autres mouvements progressistes, de r&#233;aliser des gains r&#233;els inimaginables ailleurs en Am&#233;rique du Nord pendant toute la p&#233;riode apr&#232;s 1980. Pensons &#224; l'&#233;quit&#233; salariale, &#224; la reconnaissance de l'&#233;conomie sociale, aux CPE et aux cong&#233;s parentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette r&#233;gulation du n&#233;olib&#233;ralisme par concertation qui est devenue impossible depuis 2008 et qui marque son entr&#233;e dans sa phase &#171; tardive &#187;. C'est cette impossibilit&#233; qui caract&#233;rise la conjoncture politique actuelle au Qu&#233;bec : le r&#244;le de l'aust&#233;rit&#233; est de cr&#233;er un climat &#233;conomique et politique qui permet la refonte unilat&#233;rale du r&#244;le &#233;conomique et social de l'&#201;tat &#224; l'ext&#233;rieur de tout espace de concertation avec des mouvements sociaux organis&#233;s. Si le gouvernement a rompu avec l'approche partenariale, c'est pour adopter une approche populiste. Le dialogue social propos&#233; est alors entre le gouvernement et ses &#171; citoyens &#187;, compris comme une masse de contribuables frustr&#233;s dont les opinions sont mises en forme par le &lt;i&gt;spectacle de l'aust&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; de la situation pour les progressistes, c'est qu'apr&#232;s 30 ans d'approche partenariale, il est difficile pour le mouvement syndical et les mouvements sociaux de sortir de cette conception concertationniste et d'adopter une perspective de lutte qui assume la n&#233;cessit&#233; du conflit social. Et ce n'est pas qu'une question de volont&#233;, au contraire, les d&#233;clarations de plusieurs leaders du mouvement syndical et populaire vont dans le sens d'une approche plus ax&#233;e sur la lutte. Mais malgr&#233; cette bonne volont&#233; des individus, il y a des freins institutionnels plus importants &#224; cette soudaine conversion. En effet, tout le cadre juridique qui s'est tiss&#233; au fil des ans autour de la r&#233;solution n&#233;goci&#233;e des diff&#233;rends et qui prot&#232;ge les organisations syndicales d'un c&#244;t&#233;, interdit de l'autre les luttes sociales. De mani&#232;re plus globale, tous les mouvements sociaux qui se sont form&#233;s dans le contexte du partenariat ont d&#233;velopp&#233; une culture de la concertation plut&#244;t que du conflit qui se r&#233;percute dans la structure m&#234;me de leur organisation, dans leurs instances, dans leurs objectifs, dans leur mode de financement. Bref, et pour parler comme les aust&#233;riens, la r&#233;gulation concertationniste du n&#233;olib&#233;ralisme est un passif qui p&#232;se tr&#232;s lourd sur les mouvements sociaux au Qu&#233;bec. Et c'est un passif sur lequel les aust&#233;riens peuvent compter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc ce que nous avons appris. La crise des finances publiques n'existe pas en elle-m&#234;me. Les probl&#232;mes d'&#233;quilibre budg&#233;taire sont mis en forme par le gouvernement et ses experts. Ils pourraient &#234;tre compris autrement et de cette compr&#233;hension diff&#233;rente d&#233;couleraient des choix diff&#233;rents. L'aust&#233;rit&#233; est un outil de changement dans le cadre d'un long et tortueux travail d'orientation des politiques publiques dans le n&#233;olib&#233;ralisme. L'enjeu de fond est la restauration du pouvoir social de l'&#233;lite d'affaires, la reproduction &#224; long terme de ce pouvoir &#233;conomique et la formation de politiques sociales adapt&#233;es aux contradictions sp&#233;cifiques qu'engendre ce nouveau r&#233;gime d'&#233;conomie politique. Dans le long terme, plut&#244;t qu'un retrait de l'&#201;tat, il s'agit d'une production de nouvelles r&#233;gulations. Ce travail politique du n&#233;olib&#233;ralisme se trouve toujours dans un espace o&#249; cohabitent des acteurs sociaux plus ou moins organis&#233;s avec des int&#233;r&#234;ts et perspectives distincts. L'aust&#233;rit&#233; doit &#234;tre comprise comme une strat&#233;gie qui a des effets dans ce contexte de lutte sociale. Finalement, 2012 nous a appris que les mouvements sociaux peuvent r&#233;sister aux offensives aust&#233;riennes. M&#234;me s'ils ne b&#233;n&#233;ficient pas d'un appui de la majorit&#233; &#224; travers les sondages et les m&#233;dias, s'ils sont organis&#233;s, d&#233;termin&#233;s et jouissent du soutien d'une base de sympathisant&#183;e&#183;s repr&#233;sentant une minorit&#233; significative et agissante de la population, ils peuvent vaincre l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Philippe de Grosbois&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une accumulation de la richesse sans croissance</title>
		<link>https://www.ababord.org/Une-accumulation-de-la-richesse</link>
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		<dc:date>2014-09-13T19:17:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Pineault, Claude Vaillancourt</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Vaillancourt, Claude</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Pineault, &#201;ric</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#192; b&#226;bord ! : La crise de 2007-2008 semble-t-elle r&#233;solue ? Sommes-nous pass&#233;s &#224; autre chose ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ric Pineault : Nous sommes pass&#233;s &#224; autre chose, mais les probl&#232;mes ne sont pas r&#233;solus ! Nous avons connu une &#233;conomie tr&#232;s fragile financi&#232;rement. Il reste des &#238;lots de fragilit&#233;, au Canada en particulier, &#224; cause de l'endettement des m&#233;nages, alors que le probl&#232;me est en grande partie r&#233;sorb&#233; aux &#201;tats-Unis. Mais cette crise financi&#232;re s'est surtout transform&#233;e en un probl&#232;me de stagnation. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Vaillancourt-Claude-+" rel="tag"&gt;Vaillancourt, Claude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Pineault-Eric-+" rel="tag"&gt;Pineault, &#201;ric&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1888.png?1642092160' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;336&#034; height=&#034;623&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; : La crise de 2007-2008 semble-t-elle r&#233;solue ? Sommes-nous pass&#233;s &#224; autre chose ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ric Pineault : Nous sommes pass&#233;s &#224; autre chose, mais les probl&#232;mes ne sont pas r&#233;solus ! Nous avons connu une &#233;conomie tr&#232;s fragile financi&#232;rement. Il reste des &#238;lots de fragilit&#233;, au Canada en particulier, &#224; cause de l'endettement des m&#233;nages, alors que le probl&#232;me est en grande partie r&#233;sorb&#233; aux &#201;tats-Unis. Mais cette crise financi&#232;re s'est surtout transform&#233;e en un probl&#232;me de stagnation. Par contre, se d&#233;veloppent parall&#232;lement d'autres secteurs atteints par une nouvelle fragilit&#233; financi&#232;re. Nous sommes sortis de la crise financi&#232;re en tant que telle, mais nous nous retrouvons dans un &#233;tat permanent de fragilit&#233; et de stagnation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : Croyez-vous qu'il est juste de qualifier de &#171; crise permanente &#187; la situation actuelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : Nous sommes dans un contexte particulier o&#249; l'&#233;lite d'affaires ne ressent pas le besoin de revenir &#224; une &#233;conomie avec une forte croissance. Pour elle, il n'y a donc pas de crise. Elle s'accommode tr&#232;s bien de cette stagnation. Il n'y a pas de reprise &#224; cause des int&#233;r&#234;ts de cette &#233;lite, qui voit plut&#244;t cette immobilit&#233; comme une occasion de renforcer une politique de d&#233;stabilisation et de r&#233;forme de l'&#201;tat et des rapports sociaux. Les profits des entreprises sont r&#233;tablis, les profits financiers sont plus lents, mais ils reviennent eux aussi, la part de richesse des dominants est en augmentation. On a de plus en plus recours &#224; l'entreprise priv&#233;e. On lui c&#232;de les ressources naturelles en croyant que leur exploitation est une solution miracle contre la stagnation. Les capitalistes veulent la croissance si elle leur donne des profits. Mais s'ils peuvent obtenir des profits sans croissance, ils n'y voient aucune objection : c'est encore moins for&#231;ant pour eux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B !&lt;/i&gt; : On a mis en place une s&#233;rie de r&#233;glementations des banques et de la finance. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, en quel sens va cette r&#233;glementation et est-elle efficace ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : Il y a des r&#233;glementations &#224; l'&#233;chelle nationale, qui peuvent appartenir &#224; diff&#233;rentes approches. D'autres r&#233;glementations s'effectuent &#224; l'&#233;chelle internationale. Certaines pratiques quasi r&#233;glementaires se sont d&#233;velopp&#233;es pendant la crise. Les &#201;tats ont r&#233;agi pendant cette p&#233;riode en appuyant leurs banques. Un des dispositifs au c&#339;ur de leur sauvetage &#233;tait que les banques centrales achetaient des actifs ou les empruntaient aux banques. Cet &#233;change de monnaie produite par les banques centrales &#8211; la plus pure sur le plan financier &#8211; contre des actifs financiers toxiques a normalis&#233; et l&#233;gitim&#233; les innovations financi&#232;res douteuses qui ont provoqu&#233; la crise, ce qui n'est pas tr&#232;s dissuasif. C'est comme si une banque acceptait de rembourser un ch&#232;que sans valeur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : Et que demande-t-on aux banques aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : On a identifi&#233; une nouvelle cat&#233;gorie de banques qualifi&#233;es de &#171; syst&#233;miquement importantes &#187; : des institutions tellement imbriqu&#233;es dans le syst&#232;me financier international que leur chute provoquerait une catastrophe. Il y en a une vingtaine (la Banque Royale du Canada est la seule banque canadienne &#224; faire partie du club). On cr&#233;era un dispositif de surveillance particulier pour elles, &#224; cause de leur pouvoir d&#233;mesur&#233;. On reconna&#238;t ici, enfin, un probl&#232;me majeur : le milieu de la finance est bel et bien domin&#233; par un oligopole. Les banques doivent maintenant conserver un certain pourcentage d'actifs qu'elles peuvent rapidement vendre pour pouvoir faire face &#224; une &#233;ventuelle crise de liquidit&#233;. L'intention est bonne, mais ce syst&#232;me ne peut pas vraiment fonctionner, parce que quand il y a une crise financi&#232;re, tout le monde veut avoir de la liquidit&#233;. La demande est alors si grande qu'apr&#232;s un certain temps, il ne peut plus y en avoir ! &#199;a me semble donc peu efficace comme m&#233;canisme de gestion de crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : A-t-on trouv&#233; des fa&#231;ons plus efficaces d'agir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : On cherche aussi &#224; emp&#234;cher les banques de sp&#233;culer pour leur propre compte. En th&#233;orie, aux &#201;tats-Unis, cette pratique est d&#233;sormais interdite. Mais si une banque est capable de prouver qu'elle sp&#233;cule seulement pour tenir sa place dans le march&#233;, il n'y a plus de probl&#232;me. Comme ces cas sont tr&#232;s arbitraires, on pourra tout faire passer sur le dos de cette pratique. Le milieu des banques se r&#233;jouit de cette loi. Il y a de quoi : il s'agit d'une mesure bidon !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : Comment expliquer tant d'inefficacit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : Aux &#201;tats-Unis, certains juristes se penchent sur la question. Ils parlent de &#171; capture cognitive &#187;. L'&#233;lite financi&#232;re aurait &#171; captur&#233; &#187; les instances de r&#233;glementation. Les banques ont tout de m&#234;me un int&#233;r&#234;t &#224; ce qu'il y ait une certaine stabilit&#233; &#233;conomique ; mais ce qui a &#233;t&#233; mis en place ressemble dans les faits &#224; une autor&#233;glementation, avec les limites de ce genre d'exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : Peut-on envisager quelle sera la prochaine crise financi&#232;re ? Quels sont les signes les plus inqui&#233;tants dans ce que vous pouvez observer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : La politique de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine d'injecter beaucoup de liquidit&#233; dans l'&#233;conomie a pour effet de cr&#233;er une bulle dans les actions, mais il s'agit d'une bulle relativement limit&#233;e. Cette institution a cependant mentionn&#233;, un jour, qu'elle arr&#234;terait cette politique de liquidit&#233;. Ce qui a eu un effet imm&#233;diat : les devises de la Turquie, de l'Inde et du Br&#233;sil ont litt&#233;ralement chut&#233;. Il a fallu que le pr&#233;sident de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale, Ben Bernanke, fasse de nouvelles d&#233;clarations dans le sens contraire ! C'est que cette injection de liquidit&#233; passe par les banques am&#233;ricaines et se rend dans les pays &#233;mergents o&#249; se d&#233;roule une importante sp&#233;culation. On revient ainsi &#224; une situation plus classique o&#249; les bulles se gonflent &#224; l'ext&#233;rieur du centre que sont les &#201;tats-Unis. Il pourrait donc y avoir un retour aux crises locales et tournantes, comme celles qui ont frapp&#233; le Mexique ou le Sud-Est asiatique dans les ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : Une crise de l'ampleur de celle de 2007-2008 vous semble donc peu probable ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : On peut toujours se tromper, mais je n'en vois pas &#224; l'horizon. Le plus grand danger pourrait en fait venir de la Turquie. Lors de la derni&#232;re crise dans ce pays, les banques europ&#233;ennes ont achet&#233; les plus importantes banques turques. S'il y a une nouvelle crise, les banques europ&#233;ennes seront donc touch&#233;es les premi&#232;res, ce qui pourrait avoir un effet domino. Il y aurait donc l&#224; un foyer de crise globale qui proviendrait d'un lien particulier entre l'Europe et un pays &#233;mergent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : On veut r&#233;soudre les probl&#232;mes environnementaux par des solutions purement capitalistes, comme la Bourse du carbone et l'&#233;conomie verte. Comment est-il possible de lib&#233;rer l'environnement du joug de la finance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : Il faut bien s&#251;r chercher des solutions non capitalistes aux probl&#232;mes &#233;cologiques. Il faut faire une critique radicale des solutions qui passent par les march&#233;s financiers et par l'&#171; innovation financi&#232;re &#187;. Dans le cas de la Bourse du carbone, le probl&#232;me est qu'on trouvera in&#233;vitablement des moyens de contourner les plafonds fix&#233;s de &#171; droit de polluer &#187;. Il faut aussi se m&#233;fier du paradoxe de l'&#233;conomie verte, selon lequel les gains en efficacit&#233; sont annul&#233;s par une plus grande consommation d'&#233;nergie. Les solutions pour &#233;viter ces travers sont carr&#233;ment politiques. Il faut aussi avoir un imaginaire socialiste &#233;cologiste, et tant que nous n'aurons pas int&#233;gr&#233; cet imaginaire, en tant que progressistes, nous resterons accros &#224; la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : Au fait, qu'en est-il de la fameuse Bourse du carbone ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : &#192; Montr&#233;al, elle existe depuis le mois de novembre dernier. L'activit&#233; est faible pour le moment. En Europe, cette Bourse est davantage utilis&#233;e. Mais il n'y a pas eu d'effet de bulle. Quant au r&#233;sultat, qui visait &#224; limiter la consommation de carbone et &#224; s'attaquer &#224; la cause des changements climatiques, il est nul&#8230; Cette Bourse n'est vraiment pas un succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#192;B ! &lt;/i&gt; : Que serait-il possible de faire afin de ne pas r&#233;p&#233;ter les m&#234;mes erreurs commises et pour orienter l'&#233;conomie sur une nouvelle voie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;.P. : Il existe pr&#233;sentement un blocage politique et strat&#233;gique qui provient du pouvoir gigantesque d'une classe qui s'est constitu&#233;e pendant les 15 derni&#232;res ann&#233;es. L'&#201;tat est &#171; captur&#233; &#187; par le milieu des affaires. Il faut donc une r&#233;ponse forte &#224; cette situation, une prise de conscience, une mobilisation &#224; la hauteur de cet immense pouvoir, ce qui implique un travail consid&#233;rable pour la stimuler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Claude Vaillancourt&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Pierre Rondeau&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Crise du capitalisme financiaris&#233;</title>
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		<dc:date>2009-04-30T01:27:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Pineault</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Pineault, &#201;ric</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Que le capitalisme soit en crise, et que cette crise soit majeure et affecte le c&#339;ur de ce r&#233;gime &#233;conomique ne font maintenant aucun doute. Les signes avant-coureurs d'une reprise, d'un quelconque retour &#224; la normale, esp&#233;r&#233;s depuis un an ne se manifestent toujours pas. Au contraire, depuis l'automne la crise financi&#232;re s'&#233;tend &#224; d'autres secteurs et se consolide en crise &#233;conomique majeure. Ceux qui ne croyaient qu'&#224; un l&#233;ger, court et n&#233;cessaire ajustement apr&#232;s la folie momentan&#233;e des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-28-fevrier-mars-2009-" rel="directory"&gt;No 028 - f&#233;vrier / mars 2009&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Pineault-Eric-+" rel="tag"&gt;Pineault, &#201;ric&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton845.gif?1642092276' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1534&#034; height=&#034;1882&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que le capitalisme soit en crise, et que cette crise soit majeure et affecte le c&#339;ur de ce r&#233;gime &#233;conomique ne font maintenant aucun doute. Les signes avant-coureurs d'une reprise, d'un quelconque retour &#224; la normale, esp&#233;r&#233;s depuis un an ne se manifestent toujours pas. Au contraire, depuis l'automne la crise financi&#232;re s'&#233;tend &#224; d'autres secteurs et se consolide en crise &#233;conomique majeure. Ceux qui ne croyaient qu'&#224; un l&#233;ger, court et n&#233;cessaire ajustement apr&#232;s la folie momentan&#233;e des &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt;* commencent &#224; r&#233;aliser l'importance des d&#233;s&#233;quilibres ainsi que des contradictions structurelles qui se sont accumul&#233;es dans le cadre du capitalisme financiaris&#233;. Celles-ci sont principalement de deux ordres : financier et ordinaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La structure financi&#232;re du capitalisme contemporain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1980, une d&#233;r&#233;glementation et une lib&#233;ralisation financi&#232;res ont permis une expansion in&#233;dite de la sph&#232;re financi&#232;re, de son ampleur, de sa puissance et de ses modes de valorisation sp&#233;culative. C'est non seulement une &#233;vidence pour les critiques du n&#233;olib&#233;ralisme et de la mondialisation capitaliste, c'est devenu &#224; ce point un lieu commun que m&#234;me Sarkozy se permet de fustiger le &#171; capitalisme financier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs ont malencontreusement compris cette nouvelle puissance comme une &#171; d&#233;connexion &#187; de la finance, son autonomisation du r&#233;el, ainsi qu'une vaste aventure de cr&#233;ation de capital fictif. Pourtant, un examen plus approfondi de la nature des pratiques d'accumulation financi&#232;re mises en place depuis les trois derni&#232;res d&#233;cennies r&#233;v&#232;le le contraire. La puissance et le &#171; succ&#232;s &#187;, si on peut parler ainsi, de la finance r&#233;sident plut&#244;t dans sa capacit&#233; &#224; s'ins&#233;rer et se rendre n&#233;cessaire au fonctionnement de l'&#233;conomie ordinaire, contraignant celle-ci &#224; valider sa dynamique sp&#233;culative*. C'est ce qui explique pourquoi, contrairement au &lt;i&gt;crash&lt;/i&gt; boursier de 1987 largement sans effet sur l'&#233;conomie, la crise financi&#232;re actuelle se r&#233;pand si rapidement et intens&#233;ment dans l'ensemble de l'&#233;conomie. Les bulles qui se sont d&#233;velopp&#233;es successivement dans divers segments des march&#233;s financiers depuis les ann&#233;es 1990 &#8211; le segment des actions de 1990 &#224; 2001, celui des titres du march&#233; immobilier jusqu'aux ann&#233;es 2005-2006 et, depuis, dans le march&#233; de d&#233;riv&#233;s de mati&#232;res premi&#232;res &#8211; ont permis une accumulation de plus en plus importante de capital liquide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette puissance &#233;conomique immense s'est concentr&#233;e entre les mains d'un oligopole de grandes organisations financi&#232;res, grandes banques, fonds de pension, fonds mutuels et &lt;i&gt;hedge funds&lt;/i&gt;*, groupes d'assurances, dont nos banques et groupes financiers (tel que Manuvie) sont des cas types. Un cort&#232;ge de fournisseurs de services &#224; cet oligopole financier (comptables &#8211; v&#233;rificateurs, bureaux d'avocats, courtiers, consultants de tout acabit) se sont arrim&#233;s et ont nourri cette expansion de puissance tout en en profitant grassement. Plusieurs se sont trouv&#233;s dans le double r&#244;le d'&#233;valuateurs externes, de tiers-arbitres et de fournisseurs de services&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pensons au r&#244;le des agences de notation tel que DBRS dans le scandale des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les centres-villes de plusieurs capitales &#233;conomiques se sont transform&#233;s en places financi&#232;res (pensons &#224; Bay Street), de nouvelles Bourses sont apparues, elles se sont int&#233;gr&#233;es les unes aux autres dans des march&#233;s &#233;lectroniques globalis&#233;s. De nouvelles marchandises ont &#233;t&#233; mises en Bourse et sont tomb&#233;es sous la r&#233;gulation financi&#232;re gr&#226;ce aux march&#233;s des d&#233;riv&#233;s* (p&#233;trole, billes de bois pour papier, cr&#233;dits de carbone). Des divisions financi&#232;res de grandes firmes industrielles devinrent plus puissantes que leur organisation m&#232;re (GE capital, Ford Credit), tout ce que la finance pouvait rendre liquide le fut, et la puissance de la liquidit&#233; financi&#232;re semblait sans limites.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&lt;i&gt;overclass&lt;/i&gt; et la gestion financi&#232;re&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce cadre que s'est constitu&#233;e ce qu'on peut nommer une &lt;i&gt;overclass&lt;/i&gt;, une &#233;lite financi&#232;re, &#224; l'int&#233;rieur des hautes sph&#232;res de cet oligopole financier et de ses annexes dans les divers services. L'&lt;i&gt;overclass&lt;/i&gt; incorpora en son sein, gr&#226;ce &#224; des m&#233;canismes tels que les &lt;i&gt;stock options&lt;/i&gt;*, les cadres dirigeants du secteur corporatif et industriel &#224; un point o&#249; certaines vieilles familles capitalistes au Canada se pay&#232;rent une page du &lt;i&gt;Globe and Mail&lt;/i&gt; pour les traiter de vendus ! Gr&#226;ce &#224; leur participation active &#224; la dynamique financi&#232;re, les revenus et la richesse des membres de l'overclass explos&#232;rent et ont atteint des montants ind&#233;cents. Pensons au PDG du groupe Couche tard qui, en 2004, gagnait 11,7 millions de dollars &#8211; dont 10 millions par l'exercice de &lt;i&gt;stock options&lt;/i&gt; &#8211; gr&#226;ce au travail de ses commis pay&#233;s au salaire minimum. Le rapport &#224; l'accumulation financi&#232;re est ainsi profond&#233;ment cliv&#233; selon une ligne de faille qui ressemble de plus en plus &#224; une opposition de classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant l'&lt;i&gt;overclass&lt;/i&gt;, aussi riche et puissante soit-elle, doit sa puissance non pas uniquement ni principalement au poids de sa propre richesse financi&#232;re, car ce poids est d&#233;risoire quand on le compare au poids du capital financier &#171; socialis&#233; &#187;. C'est le paradoxe de la financiarisation. La puissance de l'&lt;i&gt;overclass&lt;/i&gt; repose autant sur sa capacit&#233; &#224; rendre liquide ce qui ne l'est pas, en contr&#244;lant la production et la circulation de cr&#233;dit et de titres, que sur son monopole de gestion de l'&#233;pargne institutionnalis&#233;e des salari&#233;s ordinaires. Tout comme l'ancienne &#233;lite corporative qui domina le capitalisme manag&#233;rial, la puissance de cette &#233;lite est une puissance de contr&#244;le plut&#244;t que de propri&#233;t&#233;. Les plus grandes masses de capital financier liquide et mobilisable sont ainsi celles qui r&#233;sultent d'une m&#233;tamorphose de diverses formes d'&#233;pargne salariale, ponctions pour assurance obligatoire ou volontaire, &#233;pargne retraite organis&#233;e (fonds de pension) ou volontaire (RE&#201;R), de leur centralisation et massification en fonds sur lesquels s'exerce un monopole de gestion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#234;me les &#233;sot&#233;riques hedge fund, longtemps d&#233;cri&#233;s comme rep&#232;res sp&#233;culatifs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (pensons &#224; la Caisse de d&#233;p&#244;t et de placement), tout comme l'&#233;lite manag&#233;riale du monde corporatif exerce un monopole de gestion sur ces organisations. Le clivage de classe entre les salari&#233;s ordinaires et l'overclass r&#233;side plus pr&#233;cis&#233;ment dans le rapport &#224; cette masse de capital financier. Les premiers s'y rapportent passivement &#224; titre de b&#233;n&#233;ficiaires et cotisants, les seconds s'y rapportent activement &#224; titre de gestionnaires, conseillers et v&#233;rificateurs qui manipulent la puissance de ce capital liquide. Cette opposition entre participation passive et gestion active caract&#233;rise l'ensemble du rapport contradictoire &#224; la finance entre salari&#233;s ordinaires et overclass.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les contradictions ordinaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; du monde ordinaire, une &#233;volution continue depuis 30 ans du rapport salarial en fonction du capital et au d&#233;triment du travail a provoqu&#233; une stagnation importante des revenus des m&#233;nages salari&#233;s en Am&#233;rique du Nord alors m&#234;me que le ressort essentiel de la croissance fut leur surconsommation de masse. Les m&#233;nages nord-am&#233;ricains, depuis 15, 20, 30 ans, ont ajust&#233; leur mode de vie &#224; une norme de consommation en pleine mutation et en pleine expansion. Dans le capitalisme avanc&#233;, s'il y a croissance de la production, voire surproduction chronique au niveau global, (c'est la th&#232;se de plusieurs &#233;conomistes h&#233;t&#233;rodoxes) c'est que celle-ci est valid&#233;e d'avance par une surconsommation programm&#233;e, c'est-&#224;-dire par la croissance constante du niveau de la consommation. Certains aimeraient nous faire croire que l'expansion de la consommation des tr&#232;s riches, ou celle d'une nouvelle classe moyenne en Chine et en Inde, voire au Br&#233;sil et en Russie (BRIC), pourrait valider cette expansion de la production. Or, l'histoire nous montre que le capitalisme financiaris&#233; a maintenu une structure fondamentale du fordisme : la production de masse fut et est toujours encore, pour le moment, maintenue par la consommation de masse des gens ordinaires dont les revenus ont stagn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc le cr&#233;dit &#224; la consommation ainsi que le cr&#233;dit hypoth&#233;caire qui ont combl&#233; ce hiatus. En effet, tandis que pendant les 30 derni&#232;res ann&#233;es les conditions d'emploi se sont d&#233;grad&#233;es dans plusieurs secteurs et que le temps que la soci&#233;t&#233; consacre au travail s'allonge, les salaires stagnent et les plus grandes entreprises engrangent des profits qu'elles ne savent plus trop o&#249; investir. L'&#233;pargne du secteur des grandes entreprises conjugu&#233; &#224; celui des m&#233;nages salari&#233;s (RE&#201;R et caisses de retraite) a &#233;t&#233; absorb&#233;e par la sph&#232;re financi&#232;re et a nourri son expansion ainsi que celle du cr&#233;dit aux salari&#233;s par le biais de la titrisation*. La titrisation a permis de lier m&#233;caniquement et de mani&#232;re syst&#233;mique les deux structures contradictoires, financi&#232;re et ordinaire, tout en maintenant ce lien dans une relative invisibilit&#233;. Cela a donn&#233; un semblant de viabilit&#233; &#224; un syst&#232;me vou&#233; &#224; l'implosion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2007 fut l'ann&#233;e o&#249; l'expansion &#233;conomique bas&#233;e sur ce r&#233;gime commen&#231;a son effondrement. D'abord, sous sa forme financi&#232;re et par la suite sous sa forme ordinaire. La crise financi&#232;re se manifeste par la faillite spectaculaire de Lehmans et de plusieurs autres grandes institutions am&#233;ricaines, anglaises et europ&#233;ennes, par la transformation forc&#233;e des fleurons de Wall Street, les banques d'investissement largement non r&#233;glement&#233;es, en banques commerciales un peu plus r&#233;glement&#233;es, et par les pertes immenses du c&#244;t&#233; des &lt;i&gt;hedge fund&lt;/i&gt;* et des investisseurs institutionnels. Cette crise financi&#232;re largement m&#233;diatis&#233;e prend la forme classique de l'&#233;clatement spectaculaire d'une bulle, avec son lot de Krach dans la valeur de certains actifs financiers, de r&#233;v&#233;lations de fraudes massives, de suicides de banquiers et par le partage entre critiques bien pensants d'un sentiment d'indignation g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Elle provoque sur le plan politique la r&#233;ponse attendue d'une n&#233;cessaire r&#233;forme du capitalisme impliquant une plus grande r&#233;gulation de la finance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quel type de crise ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous connaissons moins l'allure qu'aura la crise ordinaire qui commence &#224; se manifester. Les ann&#233;es 1930 nous ont laiss&#233; l'image de masses de travailleurs au ch&#244;mage, de familles incapables de subsister, d'une absence d'assistance publique aux sans travail, d'ateliers et usines abandonn&#233;s. Les ann&#233;es 1980 et 1990, qui ont &#233;t&#233; moins dramatiques, nous ont tout de m&#234;me aussi laiss&#233; une image o&#249; le ch&#244;mage de masse &#233;tait omnipr&#233;sent. Mais on se souviendra surtout des fermetures et des d&#233;localisations qui ont jou&#233; un r&#244;le central dans la restructuration des &#233;conomies post-industrielles. Une transition o&#249; le travail fut flexibilis&#233; et o&#249; des communaut&#233;s enti&#232;res de travailleurs industriels devinrent d&#233;qualifi&#233;es. Ces r&#233;cessions auraient acc&#233;l&#233;r&#233; la fin du fordisme qui &#233;tait apparu en r&#233;action &#224; la crise des ann&#233;es 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle dans son versant ordinaire n'est pour le moment saisie que par les impacts et les effets de la crise financi&#232;re sur le monde du travail et sur le niveau de la consommation. Dans ce sc&#233;nario &#171; optimiste &#187; d'une r&#233;cession qui &#171; fait le m&#233;nage &#187; comme en 1981 et 1990, l'ensemble des acteurs &#233;conomiques en sortiront avec des bilans assainis. La reprise n'est pas loin et nous sommes &#224; l'or&#233;e d'une nouvelle &#232;re de croissance ! Il n'y a pas une semaine qui passe sans que l'on retrouve la pr&#233;sentation par un &#171; expert &#187; de ce type de sc&#233;nario &#224; l'eau de rose dans les pages &#233;conomiques ou &#233;ditoriales de nos quotidiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;canismes que nous avons &#233;tudi&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus de d&#233;tails sur cette analyse, voir .&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et les contradictions structurelles qui sont apparues nous pr&#233;sentent un sc&#233;nario radicalement diff&#233;rent et largement in&#233;dit. Le ch&#244;mage de masse ne jouera peut-&#234;tre pas le m&#234;me r&#244;le qu'auparavant dans la mesure o&#249; la nature du lien d'emploi est sensiblement diff&#233;rente que lors des r&#233;cessions pr&#233;c&#233;dentes. En effet, celui-ci a &#233;t&#233; flexibilis&#233;, l'emploi &#224; temps partiel et atypique joue un r&#244;le beaucoup plus important. De plus, l'importance de l'endettement des m&#233;nages ordinaires laisse entrevoir une crise qui sera v&#233;cue sur une base individuelle, sous la forme de faillites personnelles, de reprises de r&#233;sidences, de v&#233;hicules et de biens durables achet&#233;s &#224; cr&#233;dit, d'une diminution globale du niveau de vie, de la fatalit&#233; d'un fardeau grandissant des co&#251;ts de cr&#233;dit et de son inaccessibilit&#233;. Ce seront ces assises-l&#224; qui engendreront une baisse de la consommation, une progression du taux de mauvaises cr&#233;ances. Les deux nourriront &#224; leur mani&#232;re la fragilit&#233; du r&#233;gime d'accumulation et risquent de l'entra&#238;ner, par un resserrement suppl&#233;mentaire du cr&#233;dit et une diminution accrue de la production, vers une boucle d&#233;pressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une telle d&#233;pression, la figure du ch&#244;meur sera peut-&#234;tre d&#233;class&#233;e par celle du d&#233;biteur, de l'endett&#233; : une archa&#239;que figure du domin&#233; qui a &#233;t&#233; marginalis&#233; dans les soci&#233;t&#233;s modernes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La transformation plut&#244;t que la relance d'un capitalisme r&#233;form&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, quels sont les occasions et espoirs politiques pour une gauche qui ose rompre avec le consensus n&#233;olib&#233;ral pr&#233;dominant ? Commen&#231;ons par souligner que les ann&#233;es &#224; venir verront une recrudescence de la mis&#232;re, que les temps seront difficiles et donc qu'une priorit&#233; sera &#233;videmment de militer pour le d&#233;veloppement et l'extension des politiques de solidarit&#233; sociale. C'est le r&#244;le largement attendu de la gauche par les m&#233;dias et la classe politique : lutter contre la pauvret&#233; et d&#233;fendre les plus d&#233;munis de la soci&#233;t&#233;. Aussi louable que soit ce parti pris sur le plan moral, une gauche qui en ferait sa priorit&#233; serait condamn&#233;e &#224; agir sur le plan politique comme un groupe de d&#233;fense d'int&#233;r&#234;ts particuliers &#224; c&#244;t&#233; des autres, dans un climat politique qui demeurerait largement domin&#233; par les id&#233;es et les solutions n&#233;olib&#233;rales. Si la gauche souhaite agir en fonction d'un int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, elle doit, il nous semble, construire sa critique et proposer des alternatives &#224; partir de ce que nous avons nomm&#233; ici &#171; l'ordinaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vouloir faire entendre une autre voix implique de prendre position face &#224; trois ordres de r&#233;ponse possible &#224; la crise actuelle :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La classe politique dans son enti&#232;ret&#233; se bousculera pour proposer divers projets de r&#233;formes du capitalisme et de r&#233;gulation de l'activit&#233; financi&#232;re. Nous pouvons accompagner les Sarkozy et Blair dans leur indignation soudaine en poussant pour un degr&#233; de r&#233;pression politique de la puissance financi&#232;re sup&#233;rieure &#224; ce qui sera concoct&#233; par les participants au G20. Nous pourrions m&#234;me prendre acte dans ce mouvement de r&#233;forme du caract&#232;re largement socialis&#233; de ce qui se pr&#233;sente comme du capital financier et exiger que cette &#233;pargne centralis&#233;e devienne un outil politique de d&#233;veloppement social et &#233;cologique plut&#244;t que d'extraction de valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Ensuite, toute la classe politique et aussi la classe financi&#232;re misent sur les d&#233;penses publiques en infrastructures pour relancer la croissance et mitiger les effets de la crise sur l'&#233;conomie ordinaire dont le d&#233;veloppement est menac&#233; par une spirale d&#233;pressive. Encore l&#224;, la gauche peut se faire entendre en proposant d'une part un programme beaucoup plus imposant de d&#233;penses, voire massif et m&#234;me, dans c'est temps n&#233;olib&#233;raux, carr&#233;ment d&#233;lirant. D'autre part, elle devrait surtout exiger que cet investissement public ait une direction et une finalit&#233; qui correspondent &#224; ses valeurs &#233;cologistes et socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Si la gauche s'arr&#234;te l&#224;, elle ne fait qu'ajouter sa voix &#224; la chorale chantant gloire &#224; la soci&#233;t&#233; de surconsommation qui s'est perp&#233;tu&#233;e sur les d&#233;bris du fordisme. Pour la gauche qui n'a pas abandonn&#233; le projet d'une soci&#233;t&#233; et d'une &#233;conomie postcapitaliste, cela ne saurait suffire. Il s'agit de r&#233;pondre &#224; la crise par un projet de transformation radicale de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233;, ce qui implique dans les circonstances actuelles de mettre de l'avant des propositions et des solutions qui rompent avec le pacte productiviste et donc avec le projet m&#234;me d'une relance de la croissance. Notre d&#233;fi donc, et je m'arr&#234;te l&#224;, est de d&#233;velopper une politique de rupture solidaire avec la croissance, qui adresse les contradictions ordinaires du capitalisme avanc&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://ababord.org/spip.php?article844" class="spip_out"&gt;Lexique financier&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pensons au r&#244;le des agences de notation tel que DBRS dans le scandale des PCAA (papier commercial adoss&#233; &#224; des actifs *) li&#233;s aux &lt;i&gt;subprimes&lt;/i&gt;*.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;M&#234;me les &#233;sot&#233;riques &lt;i&gt;hedge fund&lt;/i&gt;, longtemps d&#233;cri&#233;s comme rep&#232;res sp&#233;culatifs pour les fortunes des plus riches, se sont &#171; d&#233;mocratis&#233;s &#187;, en ce sens o&#249; maintenant une majorit&#233; des capitaux qui y sont g&#233;r&#233;s proviennent de placements effectu&#233;s par d'autres fonds plut&#244;t que par de riches particuliers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour plus de d&#233;tails sur cette analyse, voir &lt;a href=&#034;http://cafca-uqam.blogspot.com/2009/01/le-resserrement-continu.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cafca-uqam.blogspot.com/2009/01/le-resserrement-continu.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;ric Pineault&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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