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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Un enjeu capital</title>
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		<dc:date>2009-04-12T22:16:49Z</dc:date>
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		<dc:creator>Vincent Drezet</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Drezet, Vincent </dc:subject>

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&lt;p&gt;La question des paradis fiscaux et judicaires a &#233;t&#233; une fois de plus ramen&#233;e dans l'actualit&#233; par deux scandales r&#233;cents. La crise financi&#232;re que nous traversons a &#233;t&#233; caus&#233;e en grande partie par la multiplication de produits financiers toxiques, dont de tr&#232;s nombreux transigent par les paradis fiscaux. En Allemagne, un r&#233;seau d'&#233;vasion fiscale via le Lichtenstein, au service de quelques richissimes privil&#233;gi&#233;s, a caus&#233; des pertes d'environ 4 milliards d'euros en revenus fiscaux. Plus que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Drezet-Vincent-+" rel="tag"&gt;Drezet, Vincent &lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton835.gif?1642092275' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;453&#034; height=&#034;378&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La question des paradis fiscaux et judicaires a &#233;t&#233; une fois de plus ramen&#233;e dans l'actualit&#233; par deux scandales r&#233;cents. La crise financi&#232;re que nous traversons a &#233;t&#233; caus&#233;e en grande partie par la multiplication de produits financiers toxiques, dont de tr&#232;s nombreux transigent par les paradis fiscaux. En Allemagne, un r&#233;seau d'&#233;vasion fiscale via le Lichtenstein, au service de quelques richissimes privil&#233;gi&#233;s, a caus&#233; des pertes d'environ 4 milliards d'euros en revenus fiscaux. Plus que jamais, il semble urgent d'intervenir contre ces espaces de non-droit que sont les paradis fiscaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La libert&#233; de circulation des capitaux, la rapidit&#233; des &#233;changes, la concurrence fiscale, la faible fiscalit&#233; appliqu&#233;e dans certains territoires, l'opacit&#233; juridique et bancaire ou bien encore les nouvelles technologies sont autant d'&#233;l&#233;ments qui favorisent les pratiques des paradis fiscaux et judiciaires et alimentent la concurrence fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paradis fiscaux ne datent pas d'hier. Au XVIIe si&#232;cle, des villes portuaires domicili&#233;es dans de petites &#238;les permettaient d'abriter le produit des vols et rapines des pirates. La protection &#233;tait assur&#233;e moyennant une commission voire un investissement dans l'&#233;conomie locale. Au XIXe si&#232;cle, la faible imposition des revenus a permis une forte accumulation par la bourgeoisie industrielle notamment. L'introduction de nouveaux imp&#244;ts fin XIXe et au d&#233;but XXe (avec l'imp&#244;t sur le revenu cr&#233;&#233; en 1914) a augment&#233; le &#171; march&#233; &#187; de l'&#233;vasion fiscale. Plus r&#233;cemment, les paradis fiscaux se sont inscrits dans le mouvement de d&#233;r&#233;glementation des march&#233;s financiers et le d&#233;veloppement de la finance internationale. Leur r&#244;le s'est d&#233;velopp&#233; gr&#226;ce aux nouvelles techniques de paiement &#233;lectronique, &#224; l'&#233;volution des activit&#233;s bancaires et financi&#232;res&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise a clairement montr&#233; la place centrale qu'ils occupent dans la mondialisation financi&#232;re et le r&#244;le qu'ils ont jou&#233; en accueillant les structures cr&#233;&#233;es par les banques permettant de loger et de vendre les titres r&#233;sultant de la transformation des cr&#233;dits en produits financiers. Selon l'OCDE, les investissements directs dans les places &lt;i&gt;off shore&lt;/i&gt; se sont intensifi&#233;s &#224; partir de 1985 : 4 % des investissements mondiaux en 1985, 12 % en 1992 et 15 % actuellement. D'autres chiffres sont parlants. La part des services financiers dans les ressources de Jersey s'est ainsi d&#233;velopp&#233;e pour passer de 15 % en 1970 &#224; 45 % en 1996. Les &#206;les Ca&#239;mans sont une des premi&#232;res places bancaires avec 592 banques pour 45 000 habitants dont 22 000 expatri&#233;s, 46 des 50 premi&#232;res banques mondiales y &#233;tant repr&#233;sent&#233;es. Les d&#233;p&#244;ts bancaires &#224; Guernesey ont doubl&#233; entre 1970 et 1975 et ont &#233;t&#233; multipli&#233;s par 100 &#224; Jersey entre 1970 et 1990 (500 millions de livres en 1970, plus de 45 milliards en 1990). L'importance &#171; financi&#232;re &#187; et g&#233;opolitique des paradis fiscaux n'est donc plus &#224; prouver&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs organisations internationales ont trait&#233; de la question. Le rapport de l'OCDE de 1998 sur &#171; la concurrence fiscale dommageable &#187; a montr&#233; les pratiques des paradis fiscaux. L'OCDE a publi&#233; une liste de 35 paradis fiscaux en juin 2000. Le but initial &#233;tait d'identifier les territoires se livrant &#224; des pratiques dommageables, pour, &#224; terme, parvenir &#224; &#233;liminer les pratiques stigmatis&#233;es. La plupart de ces territoires ont pris des engagements en mati&#232;re de coop&#233;ration et d'&#233;changes de renseignements. &#192; ce jour, seuls trois &#201;tats sont toujours montr&#233;s comme &#233;tant des territoires non coop&#233;ratifs. Mais il ne s'agit l&#224; que d'une apparente am&#233;lioration. Car l'action de l'OCDE a norm&#233; la concurrence fiscale et a normalis&#233; les relations avec les paradis fiscaux par des r&#232;gles qui, pour l'essentiel, ne remettent pas en cause les soci&#233;t&#233;s &#233;crans ou le secret bancaire. Le bilan de ces travaux est donc maigre : la stigmatisation des listes noires s'est att&#233;nu&#233;e avec le temps, et le &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt;, le blanchiment et les diverses formes de d&#233;linquance financi&#232;re perdurent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres initiatives ont &#233;t&#233; prises comme la Convention des Nations unies (Palerme, 2000) contre la criminalit&#233; transnationale organis&#233;e et la D&#233;claration de la conf&#233;rence des parlements de l'Union europ&#233;enne contre le blanchiment (Paris, 2002) qui pr&#233;conise la transparence des mouvements de capitaux, des sanctions contre les pays non coop&#233;ratifs, etc. Le mouvement social s'est empar&#233; de la question avec l'Appel de Gen&#232;ve du 1er octobre 1996 (initi&#233; par des magistrats europ&#233;ens demandant la lev&#233;e du secret bancaire et le renforcement de la coop&#233;ration). En Europe, le&lt;i&gt; Tax justice network&lt;/i&gt;, le r&#233;seau Attac et certaines organisations syndicales (comme le SNUI) poursuivent un travail d'explications, de d&#233;nonciations et de propositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le dire sans d&#233;tour, l'enjeu est donc d'emp&#234;cher les paradis fiscaux de nuire. Des pistes existent et doivent &#234;tre martel&#233;es sans rel&#226;che. Diffuser de l'information est n&#233;cessaire, une &#171; liste noire &#187;, unique, r&#233;guli&#232;rement actualis&#233;e, pourrait &#234;tre &#233;tablie par une autorit&#233; fiscale mondiale ind&#233;pendante. Une telle autorit&#233; pourrait promouvoir des normes internationales (sur l'&#233;change d'informations, sur le droit de suite&#8230;). Car les &#233;changes d'informations automatiques sont une priorit&#233; et doivent permettre une r&#233;elle transparence et la lev&#233;e du secret bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les mesures ne peuvent &#234;tre exclusivement fiscales, elles doivent &#234;tre &#233;galement judiciaires ou comptables. Il faudrait ainsi instaurer des obligations comptables et financi&#232;res qui favorisent la transparence et l'exhaustivit&#233; des donn&#233;es financi&#232;res. Plusieurs mesures pourraient &#234;tre prises : interdire l'acc&#232;s aux march&#233;s publics pour les entreprises entretenant des relations avec les paradis fiscaux, obliger les soci&#233;t&#233;s cot&#233;es &#224; d&#233;clarer les op&#233;rations r&#233;alis&#233;es avec les paradis fiscaux et leur justification dans leurs comptes consolid&#233;s, garantir la tra&#231;abilit&#233; des revenus et des mouvements de fonds, y compris &#224; travers les trusts et les fondations ou renforcer le contr&#244;le des soci&#233;t&#233;s de compensation &lt;i&gt;clearing&lt;/i&gt;. En cas de non respect, outre les sanctions financi&#232;res voire p&#233;nales, un m&#233;canisme pourrait rendre impossible la certification des comptes ou suspendre la cotation des actions des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paradis fiscaux offrent la plupart du temps un r&#233;gime opaque en mati&#232;re de droit des soci&#233;t&#233;s. Il y est ainsi possible de cr&#233;er des soci&#233;t&#233;s &#233;crans, souvent paravents d'activit&#233;s illicites, qui permettent de dissimuler l'identit&#233; des b&#233;n&#233;ficiaires et des ayants droit. En la mati&#232;re, il faut faire en sorte que toutes les autorit&#233;s publiques puissent disposer des informations sur les b&#233;n&#233;ficiaires effectifs et le contr&#244;le des soci&#233;t&#233;s implant&#233;es sur leur territoire. Cela suppose une supervision et une stricte int&#233;grit&#233; du syst&#232;me d'obtention, de conservation et de transmission des informations sur les soci&#233;t&#233;s cr&#233;&#233;es. Il doit ainsi &#234;tre possible aux autorit&#233;s publiques (de r&#233;glementation, de surveillance et d'application des lois), dans le cadre de leurs investigations, d'&#233;changer des informations d&#233;tenues sur les b&#233;n&#233;ficiaires effectifs des soci&#233;t&#233;s cr&#233;&#233;es dans les paradis fiscaux. Il pourrait &#234;tre institu&#233;e une obligation de d&#233;claration pr&#233;alable aux autorit&#233;s publiques du nom de tous les b&#233;n&#233;ficiaires effectifs de toutes les soci&#233;t&#233;s, sans exception. Ces informations seraient alors transmises aux autorit&#233;s publiques des autres &#201;tats (o&#249; r&#233;sident les personnes physiques ou morales concern&#233;es) sous peine de sanctions, soit d'office lorsqu'un de leurs r&#233;sidants appara&#238;t, soit sur demande des autorit&#233;s publiques. Ce dispositif permettrait d'imposer dans son &#201;tat de r&#233;sidence un contribuable qui aurait transf&#233;r&#233; une partie de son patrimoine dans un &lt;i&gt;trust&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains &#201;tats ont fait de leur strat&#233;gie fiscale leur strat&#233;gie de d&#233;veloppement en s'inspirant des paradis fiscaux. Dans les pays de l'est de l'Europe, la mise en place d'imp&#244;t &#224; taux unique vise &#224; attirer les investisseurs et les entreprises tout autant qu'&#224; lutter contre l'&#233;conomie souterraine. Or, certains pays ne peuvent pas financer les investissements publics en termes d'&#233;ducation, de sant&#233;&#8230; De la m&#234;me mani&#232;re, certains &#201;tats consid&#233;r&#233;s comme des paradis fiscaux et judiciaires voient leur croissance reposer principalement sur les activit&#233;s financi&#232;res. Dans le cadre d'une lutte contre les paradis fiscaux et les mesures fiscales et judiciaires dommageables, adopter des programmes d'aide &#224; la reconversion &#233;conomique de certains centres&lt;i&gt; off shore&lt;/i&gt; r&#233;ellement en difficult&#233; est n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Vincent Drezet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CS d'Attac-France et du syndicat unifi&#233; des imp&#244;ts&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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