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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Guatemala : L'&#201;tat de droit gravement menac&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Guatemala-L-Etat-de-droit-gravement-menace</link>
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		<dc:date>2020-04-11T16:42:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Dominik Langlois, Lo&#239;c Malhaire</dc:creator>


		<dc:subject>Justice et droits sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Langlois, Marie-Dominik </dc:subject>
		<dc:subject>Malhaire, Lo&#239;c</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entour&#233; d'une escorte militaire et polici&#232;re, le pr&#233;sident du Guatemala, Jimmy Morales, a annonc&#233; le 31 ao&#251;t dernier sa d&#233;cision de ne pas renouveler le mandat de la Commission internationale contre l'impunit&#233; au Guatemala (CICIG). Quelques jours plus tard, arguant une menace &#224; la s&#233;curit&#233; nationale, Morales sommait d'interdiction de s&#233;jour le chef de la CICIG, le Colombien Iv&#225;n Vel&#225;squez. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet acharnement du pr&#233;sident contre la CICIG doit &#234;tre compris au regard du contexte sociopolitique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-77-dec-2018-janv-2019-" rel="directory"&gt;No 077 - d&#233;c. 2018 / janv. 2019&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Justice-et-droits-sociaux-+" rel="tag"&gt;Justice et droits sociaux&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Langlois-Marie-Dominik-+" rel="tag"&gt;Langlois, Marie-Dominik &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Malhaire-Loic-+" rel="tag"&gt;Malhaire, Lo&#239;c&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2870.png?1642092238' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;556&#034; height=&#034;834&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entour&#233; d'une escorte militaire et polici&#232;re, le pr&#233;sident du Guatemala, Jimmy Morales, a annonc&#233; le 31 ao&#251;t dernier sa d&#233;cision de ne pas renouveler le mandat de la Commission internationale contre l'impunit&#233; au Guatemala (CICIG). Quelques jours plus tard, arguant une menace &#224; la s&#233;curit&#233; nationale, Morales sommait d'interdiction de s&#233;jour le chef de la CICIG, le Colombien Iv&#225;n Vel&#225;squez.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet acharnement du pr&#233;sident contre la CICIG doit &#234;tre compris au regard du contexte sociopolitique du Guatemala. Depuis 1978, l'&#201;tat est gangren&#233; par une mafia militaire appuy&#233;e par des alli&#233;s &#233;conomiques qui ensemble contr&#244;lent les affaires du pays et maintiennent la population dans un &#233;tau : plus de 50 % de la population &#8211; et en particulier les Autochtones &#8211; vit sous le seuil de pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la fin de la guerre (1960-1996), les militaires et l'&#233;lite &#233;conomique ont conserv&#233; le pouvoir, et ce, peu importe le parti politique au pouvoir. Il s'agit de r&#233;seaux politico-&#233;conomiques qui op&#232;rent &#224; m&#234;me l'&#201;tat pour p&#233;renniser des activit&#233;s ill&#233;gales, comme l'&#233;vasion fiscale, le trafic de drogues, la traite humaine ou le blanchiment d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mainmise a &#233;t&#233; rendue possible par le financement &#233;lectoral illicite et la cooptation des principaux candidats &#224; la pr&#233;sidence, tout comme de la majorit&#233; des d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s qui adoptent des lois favorables &#224; ces &#171; pouvoirs occultes &#187; et alimentent l'impunit&#233;. Il en va de m&#234;me pour l'&#233;lection des juges de la haute magistrature. Cette alliance est appel&#233;e &#171; le pacte des corrompus &#187;. On a pu &#234;tre t&#233;moin de leur influence en 2013 lorsque la Cour constitutionnelle a annul&#233; la condamnation pour g&#233;nocide de l'ex-dictateur R&#237;os Montt pour favoriser les int&#233;r&#234;ts des militaires.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La lutte &#224; la corruption&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;N&#233;e d'un accord entre le Guatemala et les Nations unies en 2007, la CICIG emploie plus de 150 experts internationaux pour d&#233;manteler ces organisations qui maintiennent l'impunit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e au pays. Le probl&#232;me est end&#233;mique : en 2017, seulement 3 crimes sur 100 &#233;taient punis. Dans son discours &#224; la Soci&#233;t&#233; interam&#233;ricaine de presse l'an dernier, le pr&#233;sident de la CICIG parlait de ces r&#233;seaux de corruption ainsi : &#171; &lt;em&gt;Ce g&#233;ant bless&#233;, cette macro-structure criminelle, refuse de dispara&#238;tre. Ce n'est pas une corruption conjoncturelle, ce n'est m&#234;me pas la richesse de certaines personnes ; au contraire, c'est quelque chose de plus profond qui vise &#224; maintenir l'appareil de l'&#201;tat au service d'une minorit&#233;.&lt;/em&gt; [&#8230;] &lt;em&gt;Pendant des d&#233;cennies, l'&#201;tat a &#233;t&#233; captur&#233; parce que ces structures conviennent &#224; un r&#233;gime qui garantit l'impunit&#233;, et cette ligne doit &#234;tre modifi&#233;e&lt;/em&gt; &#187; (&lt;em&gt;Prensa Libre&lt;/em&gt;, 3 avril 2017).&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, la CICIG a mis au jour une importante structure de corruption o&#249; le sommet de l'&#201;tat &#233;tait directement impliqu&#233;. Pendant de nombreux mois, des manifestations ont rempli les rues de la capitale pour exiger la fin de la corruption et la d&#233;mission du pr&#233;sident Otto P&#233;rez Molina et de la vice-pr&#233;sidente Roxana Baldetti. Les pressions populaires et internationales, et particuli&#232;rement celles de l'ambassade des &#201;tats-Unis, ont men&#233; &#224; l'arrestation des dirigeant&#183;e&#183;s et &#224; celle de 31 fonctionnaires.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce ras-le-bol collectif contre la corruption que le com&#233;dien Jimmy Morales a remport&#233; les &#233;lections de 2015 avec le slogan &#171; &lt;em&gt;ni corrompu, ni voleur&lt;/em&gt; &#187;. Cependant, une enqu&#234;te de la CICIG a cibl&#233; l'an dernier Morales et son parti, le Front de convergence nationale (FCN) &#8211; fond&#233; par des militaires ultraconservateurs en 2006 &#8211; pour financement illicite de sa campagne &#233;lectorale. Malgr&#233; le fait que huit grands entrepreneurs du pays associ&#233;s au puissant Comit&#233; des associations agricoles, commerciales, industrielles et financi&#232;res (CACIF) aient reconnu leur responsabilit&#233;, une majorit&#233; de d&#233;put&#233;s ont vot&#233; en faveur du pr&#233;sident contre la lev&#233;e de son immunit&#233; pr&#233;sidentielle.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La mobilisation populaire et le tournant r&#233;pressif du r&#233;gime&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; la suite des attaques contre la CICIG, un rassemblement massif a &#233;t&#233; organis&#233; le 12 septembre devant le Congr&#232;s pour exiger le maintien de la commission et la d&#233;mission d'un pr&#233;sident devenu le nouvel embl&#232;me de la corruption. En guise d'intimidation, le gouvernement a d&#233;ploy&#233; plus de 2 000 policiers et une centaine de &#171; &lt;em&gt;kaibiles&lt;/em&gt; &#187;, les forces sp&#233;ciales de l'arm&#233;e. Alors que ce corps d'&#233;lite de l'arm&#233;e guat&#233;malt&#232;que a &#233;t&#233; impliqu&#233; dans plusieurs massacres de civils durant le conflit arm&#233; et que nombre de ses anciens membres ont rejoint les rangs de cartels de drogue au Mexique, leur d&#233;ploiement dans les rues de la capitale est le signe extr&#234;mement pr&#233;occupant d'un pouvoir accul&#233; et pr&#234;t &#224; tout.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque jour, on rapporte des actes anticonstitutionnels de r&#233;pression contre le mouvement social, s'ajoutant &#224; la liste des 135 attaques subies par les d&#233;fenseur&#183;e&#183;s des droits humains depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e et rapport&#233;es par l'organisme UDEFEGUA. Vingt leaders communautaires ont ainsi &#233;t&#233; assassin&#233;s ces neuf derniers mois, le plus r&#233;cent assassinat ayant &#233;t&#233; commis contre Juana R&#225;mirez Santiago, fondatrice du R&#233;seau des femmes maya ixiles. Dans ce contexte de violence ciblant les leaders de la soci&#233;t&#233; civile, les r&#233;cents sc&#233;narios de r&#233;pression sanglante qui se sont d&#233;roul&#233;s au Venezuela et au Nicaragua sont dans tous les esprits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le mouvement d'indignation et plusieurs sondages d&#233;montrant un appui massif des Guat&#233;malt&#232;ques au travail de la CICIG &#8211; dont celui du 1er septembre 2018 men&#233; par la firme Gallup o&#249; 71 % des r&#233;pondants donnent leur appui &#224; la CICIG &#8211;, certains secteurs continuent de soutenir le pr&#233;sident, comme les milieux d'affaires et l'oligarchie historique du pays. Mobilisant sa foi et des arguments conservateurs, le pr&#233;sident rallie aussi l'&#233;lectorat de l'&#201;glise &#233;vang&#233;lique. Le Guatemala est le pays d'Am&#233;rique latine avec le plus de croyants non catholiques, la population de confession &#233;vang&#233;lique repr&#233;sentant aujourd'hui pr&#232;s de la moiti&#233; de la population (41 % en 2013 selon le Pew Research Center).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une issue toujours incertaine&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 16 septembre, la Cour constitutionnelle a ordonn&#233; au pr&#233;sident de permettre le retour d'Iv&#225;n Vel&#225;squez au pays. Ce jugement a &#233;t&#233; accueilli avec soulagement par les secteurs qui appuient la lutte contre l'impunit&#233; au Guatemala. La Cour a aussi averti les membres du Conseil national de s&#233;curit&#233; (dont les ministres des Relations ext&#233;rieures, de l'Int&#233;rieur et de la D&#233;fense nationale) de sanctions pouvant aller jusqu'&#224; leur destitution s'ils n'appliquaient pas la d&#233;cision finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par l'entremise de ses ministres, Morales a indiqu&#233; qu'il ne respecterait pas le jugement de la Cour, donnant 48 heures &#224; l'ONU pour nommer une nouvelle personne &#224; la t&#234;te de la CICIG. Apr&#232;s 45 jours de crise, le chef de la CICIG poursuit son travail depuis l'&#233;tranger, gr&#226;ce &#224; la d&#233;cision du Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Nations unies de le maintenir en poste malgr&#233; la demande de r&#233;vocation de Morales. Par contre, celui-ci n'en est pas rest&#233; l&#224; : &#224; la mi-octobre, les autorit&#233;s guat&#233;malt&#232;ques ont refus&#233; de renouveler le visa d'une dizaine de membres du personnel de la CICIG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout semble indiquer que le pr&#233;sident et son entourage sont pr&#234;ts &#224; mettre en danger un &#201;tat de droit d&#233;j&#224; extr&#234;mement fragile pour prot&#233;ger leurs int&#233;r&#234;ts et &#233;chapper &#224; la justice. Autant d'indices qui, selon plusieurs observateurs et observatrices, pointent vers un coup d'&#201;tat constitutionnel.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Marie-Dominik Langlois est doctorante en sociologie &#224; l'Universit&#233; d'Ottawa ; Lo&#239;c Malhaire est sociologue &#224; l'UVG-Guatemala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Manifestation populaire en 2015 d&#233;non&#231;ant la corruption (hrvargas, CC BY 2.0).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Des barrages qui ne font pas l'unanimit&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Des-barrages-qui-ne-font-pas-l</link>
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		<dc:date>2010-06-29T15:22:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Dominik Langlois, Evelin Ledesma</dc:creator>


		<dc:subject>Energie</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Langlois, Marie-Dominik </dc:subject>
		<dc:subject>Ledesma, Evelin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il existe environ 50 000 grands barrages en op&#233;ration de plus de 15 m&#232;tres de hauteur sur les fleuves de la Terre, estime la Commission Internationale des Grands Barrages (CIGB). La plupart (71,7 %) ont une seule utilisation : l'irrigation, l'hydro&#233;lectricit&#233;, etc., pendant que les autres, &#224; usages multiples (28,3 %), voient leur nombre cro&#238;tre. &lt;br class='autobr' /&gt; Selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), entre 30 et 40 % des terres irrigu&#233;es &#224; travers le monde le sont gr&#226;ce aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-33-fevrier-mars-2010-" rel="directory"&gt;No 033 - f&#233;vrier / mars 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Energie-+" rel="tag"&gt;Energie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Langlois-Marie-Dominik-+" rel="tag"&gt;Langlois, Marie-Dominik &lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton994.gif?1642092281' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;640&#034; height=&#034;480&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il existe environ 50 000 grands barrages en op&#233;ration de plus de 15 m&#232;tres de hauteur sur les fleuves de la Terre, estime la Commission Internationale des Grands Barrages (CIGB)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Commission Internationale des Grands Barrages (CIGB) est une organisation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La plupart (71,7 %) ont une seule utilisation : l'irrigation, l'hydro&#233;lectricit&#233;, etc., pendant que les autres, &#224; usages multiples (28,3 %), voient leur nombre cro&#238;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), entre 30 et 40 % des terres irrigu&#233;es &#224; travers le monde le sont gr&#226;ce aux barrages. Et l'&#233;lectricit&#233; produite par les barrages repr&#233;sente environ 19 % de la production mondiale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#201;nergies, des &#233;conomies pour la Terre &#187;, http:// energies.pdf&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Toutefois, et bien que l'hydro&#233;lectricit&#233; puisse &#234;tre vue comme une &#233;nergie &#171; verte &#187;, l'inondation de terres arables ou de for&#234;ts entra&#238;ne &#224; moyen et &#224; long termes des cons&#233;quences irr&#233;versibles, tant sur l&#180;&#233;cologie que sur les populations riveraines. Pensons par exemple aux Cris et aux populations du Nord du Qu&#233;bec qui souffrent d'intoxication au mercure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction de m&#233;ga-barrages hydro&#233;lectriques se fait g&#233;n&#233;ralement sans consultation des populations locales. Bien que faisant partie des premiers concern&#233;s par ce type de projet, elles en sont malheureusement tr&#232;s rarement b&#233;n&#233;ficiaires. Cette absence de consultation des communaut&#233;s contrevient &#224; la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) et aux principes d&#233;finis par la Commission Internationale des Grands Barrages (CIGB), auxquels de nombreux pays ont adh&#233;r&#233; sans pour autant les respecter, comme c'est le cas de certains pays latino-am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte des impacts socio-environnementaux n&#233;gatifs, tels que les d&#233;placements forc&#233;s de communaut&#233;s d&#233;j&#224; marginalis&#233;es, et des effets sur la sant&#233; publique, notamment l'apparition de maladies li&#233;es &#224; la pollution de l'eau. La paup&#233;risation de l'&#233;conomie locale, la disparition de la vie culturelle des peuples autochtones, et bien s&#251;r la destruction de l'environnement, sont d&#180;autres cons&#233;quences souvent produites par ces projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, il existe des organismes qui travaillent &#224; la sensibilisation des citoyens face &#224; ces enjeux. C'est le cas du &lt;i&gt;Comit&#233; pour les droits humains en Am&#233;rique latine&lt;/i&gt; (CDHAL)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le CDHAL est un organisme canadien qui existe depuis 1976 et qui surveille (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui, depuis l'ann&#233;e derni&#232;re, a choisi de se concentrer sur les impacts des m&#233;ga-barrages hydro&#233;lectriques sur les droits humains en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de la Campagne &#171; &lt;i&gt;Des barrages hydro&#233;lectriques qui ne font pas l'unanimit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, la 5&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;dition de la &lt;i&gt;Caravane Solidaire&lt;/i&gt; pr&#233;voit une tourn&#233;e d'une dizaine de villes au Qu&#233;bec afin de sensibiliser le public qu&#233;b&#233;cois &#224; la probl&#233;matique et de l'inviter &#224; s'engager dans des pistes d'actions concr&#232;tes. &#192; cet effet, une d&#233;l&#233;gation compos&#233;e de deux repr&#233;sentants des groupes de r&#233;sistance des communaut&#233;s affect&#233;es par ces m&#233;gaprojets de d&#233;veloppement t&#233;moigneront de l'exp&#233;rience v&#233;cue par leur communaut&#233; et contribueront &#224; la r&#233;flexion du public qu&#233;b&#233;cois et canadien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;Caravane&lt;/i&gt; se terminera &#224; Montr&#233;al par le colloque &#171; &lt;i&gt;Plan Nord, Plans Sud : m&#234;me menaces. Mines et barrages hydro&#233;lectriques dans les Am&#233;riques&lt;/i&gt; &#187; portant sur les conflits li&#233;s &#224; ce d&#233;veloppement et aux luttes pour l'autod&#233;termination des peuples dans les Am&#233;riques, qui aura lieu les 26 et 27 mars 2010. Cet &#233;v&#233;nement sera organis&#233; en collaboration avec la Coalition sur les impacts socio-environnementaux des transnationales en Am&#233;rique latine, D&#233;veloppement et paix, la Chaire de recherche du Canada en &#233;ducation relative en environnement, l'Institut d'&#201;tudes Internationales de Montr&#233;al (IEIM) de l'UQAM, le R&#233;seau qu&#233;b&#233;cois d'&#233;change sur les questions autochtones DIALOG et Fondation rivi&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La Commission Internationale des Grands Barrages (CIGB) est une organisation internationale non gouvernementale fond&#233;e en 1928 qui vise &#224; promouvoir l'art et la science des barrages hydrauliques. Elle rassemble 88 pays et environ 10 000 membres individuels.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#201;nergies, des &#233;conomies pour la Terre &#187;, http:// &lt;a href=&#034;http://www.unep.fr/shared/publications/other/DTIx0531xPA/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.unep.fr/shared/publications/other/DTIx0531xPA/&lt;/a&gt; energies.pdf&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le CDHAL est un organisme canadien qui existe depuis 1976 et qui surveille la situation des droits humains en Am&#233;rique latine. &lt;a href=&#034;http://cdhal.org/fr/campagnes/barrages-hydro-electriques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cdhal.org/fr/campagnes/barrages-hydro-electriques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Terre, eau et vie</title>
		<link>https://www.ababord.org/Terre-eau-et-vie</link>
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		<dc:date>2009-02-08T18:22:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie-Dominik Langlois, Rachel Sarrasin</dc:creator>


		<dc:subject>Compagnies mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Sarrasin, Rachel </dc:subject>
		<dc:subject>Langlois, Marie-Dominik </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'intensification des investissements &#233;trangers au c&#339;ur de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale a entra&#238;n&#233; la multiplication des chantiers d'exploitation des ressources naturelles en Am&#233;rique latine. &#201;corchant les territoires du continent, ces projets sont reconnus pour leurs effets destructifs sur le milieu naturel et les impacts qu'ils g&#233;n&#232;rent pour les populations vivant sur les terres exploit&#233;es. Bien que quelques gouvernements progressistes de la r&#233;gion aient recours &#224; des instruments (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Amerique-latine-Virage-a-" rel="directory"&gt;Dossier : Am&#233;rique latine - Virage &#224; gauche&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sarrasin-Rachel-+" rel="tag"&gt;Sarrasin, Rachel &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Langlois-Marie-Dominik-+" rel="tag"&gt;Langlois, Marie-Dominik &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton803.gif?1642092274' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;398&#034; height=&#034;614&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'intensification des investissements &#233;trangers au c&#339;ur de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale a entra&#238;n&#233; la multiplication des chantiers d'exploitation des ressources naturelles en Am&#233;rique latine. &#201;corchant les territoires du continent, ces projets sont reconnus pour leurs effets destructifs sur le milieu naturel et les impacts qu'ils g&#233;n&#232;rent pour les populations vivant sur les terres exploit&#233;es. Bien que quelques gouvernements progressistes de la r&#233;gion aient recours &#224; des instruments politiques tels la nationalisation des ressources pour contrer certains abus de cette industrie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par exemple, le gouvernement d'Evo Morales en Bolivie a proc&#233;d&#233; &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les entreprises b&#233;n&#233;ficient g&#233;n&#233;ralement de la complicit&#233; des gouvernements attir&#233;s par les &#233;ventuelles retomb&#233;es &#233;conomiques de ces projets. Face &#224; l'inaction, des acteurs de la soci&#233;t&#233; civile ont r&#233;ussi au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie &#224; unir une multitude de luttes &lt;i&gt;micro-locales&lt;/i&gt; (au niveau des communaut&#233;s) &#224; un mouvement r&#233;el de r&#233;appropriation du d&#233;veloppement communautaire articul&#233; &#224; des revendications autochtones et paysannes beaucoup plus larges.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conflits socio-environnementaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La mobilit&#233; des investissements &#233;trangers qui envahissent le continent est facilit&#233;e depuis les ann&#233;es 1980 par les programmes d'ajustements structurels et les accords de libre-&#233;change avec les pays de l'Union europ&#233;enne (UE), les &#201;tats-Unis et le Canada qui rivalisent entre eux pour l'acc&#232;s aux ressources de la r&#233;gion. Ainsi, les entreprises d'exploitation des ressources naturelles (mines, gaz, p&#233;trole et hydro&#233;lectricit&#233;) profitent de la lib&#233;ralisation des march&#233;s pour n&#233;gocier divers projets avec les gouvernements d'Am&#233;rique latine, lesquels octroient des titres d'exploration ou d'exploitation des ressources sur des territoires sans consultation pr&#233;alable aupr&#232;s des communaut&#233;s concern&#233;es. Ces communaut&#233;s, pour la plupart autochtones ou paysannes, b&#233;n&#233;ficient pourtant de titres de propri&#233;t&#233; collectifs sur des terres ancestrales, obtenus &#224; la suite de luttes sociales historiques et dont le statut est parfois m&#234;me inscrit dans la constitution des pays concern&#233;s. En ce sens, l'octroi de titres &#224; des propri&#233;taires &#233;trangers ou priv&#233;s appara&#238;t comme une contradiction propre &#224; ce type de conflits socio-environnementaux. Pla&#231;ant &#171; l'int&#233;r&#234;t national &#187; au-dessus de la loi et des engagements internationaux prot&#233;geant la propri&#233;t&#233; collective des autochtones sur ces territoires ou la s&#233;curit&#233; des populations locales, pr&#233;textant que les communaut&#233;s ne sont propri&#233;taires que de la surface du territoire, l'&#201;tat s'abroge le droit sur le sous-sol et les ressources qui s'y trouvent pour les offrir en p&#226;ture aux multinationales au d&#233;triment de toute justice ou dignit&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les n&#233;gociations qui se font directement entre le gouvernement et les acteurs priv&#233;s excluent du dialogue les populations qui sont les premi&#232;res affect&#233;es par de tels projets, en d&#233;pit des conventions internationales comme la Convention 169 de l'Organi-sation internationale du travail qui reconna&#238;t aux peuples autochtones le droit &#224; la consultation et &#224; la participation lors de projets les affectant. Or, les cons&#233;quences des chantiers d'exploitation sont d&#233;sastreuses pour les communaut&#233;s locales. Au premier titre, notons la pollution du milieu naturel et des terres agricoles par les produits utilis&#233;s pour l'extraction mini&#232;re (mercure, cyanure) ou par les rejets d&#233;gag&#233;s par l'inondation des terres, dans le cas d'&#233;rections de barrages. Puis, la d&#233;gradation environnementale et la contamination des terres arables par les produits toxiques ont pour corollaire la d&#233;t&#233;rioration de la sant&#233; publique avec l'augmentation des cas de cancer et de maladies pulmonaires et respiratoires. Enfin, si les communaut&#233;s n'ont pas &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;es d'embl&#233;e avant la mise en place des projets, la d&#233;t&#233;rioration du milieu naturel contraint leurs habitants &#224; changer d'activit&#233; &#233;conomique en travaillant pour l'entreprise install&#233;e dans la r&#233;gion ou en migrant vers l'&#233;conomie informelle des r&#233;gions urbaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; ces cons&#233;quences &#233;cologiques et sociales, il importe de souligner la dimension culturelle des effets de l'industrie d'exploitation des ressources naturelles pour les communaut&#233;s concern&#233;es. Davantage qu'une ressource &#224; exploiter pour subvenir aux besoins mat&#233;riels des &#234;tres humains, l'environnement constitue une dimension fondamentale de l'identit&#233; de ces communaut&#233;s, pour qui le respect de la nature est indissociable du respect de la vie. La vision des ressources naturelles comme biens capitalisables, qui sous-tend les projets des entreprises d'exploitation, est per&#231;ue comme une attaque frontale &#224; la cosmogonie et aux traditions autochtones. L'appartenance &#224; la terre et au milieu naturel ainsi que la d&#233;fense des droits territoriaux ont ainsi contribu&#233; &#224; accro&#238;tre la pr&#233;sence des autochtones au c&#339;ur des mobilisations actuelles en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mobilisations sociales : exemples de la sierra p&#233;ruvienne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e d'une entreprise &#233;trang&#232;re extractive dans une communaut&#233; suscite de nombreuses pr&#233;occupations. Face au risque de dilution de leur identit&#233;, des communaut&#233;s paysannes et autochtones ont d&#233;velopp&#233; des actions visant &#224; mettre en valeur la culture qui leur est propre. Les expressions mobilisatrices t&#233;moignent bien des int&#233;r&#234;ts de ces populations : &#171; &lt;i&gt;la d&#233;fense pour la terre, l'eau et la vie&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;la vie n'est pas &#224; vendre&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;on ne peut pas manger de l'or&lt;/i&gt; &#187;. &#192; Tambogrande, au P&#233;rou, o&#249; l'exploitation mini&#232;re mettait en p&#233;ril les activit&#233;s agricoles de la vall&#233;e de San Lorenzo, productrice importante d'agrumes pour le march&#233; national, la campagne anti-mines s'est organis&#233;e autour du slogan &#171; &lt;i&gt;on ne peut pas faire du ceviche sans lime&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La ceviche est un plat national p&#233;ruvien fait de poisson cru marin&#233; dans un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de Tambogrande, un groupe de citoyens, compos&#233; principalement de paysans, a &#233;t&#233; le premier instigateur dans la r&#233;gion des efforts de sensibilisation de la population aux effets de l'exploitation abusive des ressources naturelles. Depuis les mobilisations sociales et le r&#233;f&#233;rendum populaire qui ont men&#233; &#224; l'expulsion de la compagnie mini&#232;re canadienne Manhattan Mine-rals, on assiste &#224; la diffusion d'un v&#233;ritable mod&#232;le d'organisation populaire, source d'inspiration lorsqu'un nouveau projet d'exploitation des ressources naturelles s'&#233;tablit en territoire vierge. Le &#171; mod&#232;le Tambo-grande &#187; a &#233;t&#233; repris dans des cas similaires, &#224; Sipakapa au Guatemala et &#224; Esquel en Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit socio-minier dans la province de Huancabamba, r&#233;gion de Piura, au nord du P&#233;rou, est un autre cas exemplaire de mobilisation sociale. La population de la r&#233;gion vivant principalement de la production du riz cultiv&#233; en terrasses s'est oppos&#233;e &#224; l'ambition d'une entreprise britannico-chinoise voulant exploiter un gisement situ&#233; dans les Andes p&#233;ruviennes. Un v&#233;ritable d&#233;bat national a alors pris forme entre les habitantes de la capitale et les populations paysannes du Nord, les m&#233;dias n'h&#233;sitant pas &#224; qualifier ces derni&#232;res d'ignorantes et d'analphab&#232;tes. On a m&#234;me pouss&#233; l'audace jusqu'&#224; affirmer que le sort &#233;conomique du pays reposait entre les mains de ces quelques communaut&#233;s isol&#233;es. Celles-ci ont donc organis&#233; une consultation populaire pour forcer l'inclusion de la population dans le dialogue autour du projet. Les campagnes de sensibilisation et d'information pr&#233;c&#233;dant la consultation soulignaient avec fiert&#233; l'identit&#233; paysanne de la population et son souci pour la protection de la biodiversit&#233; r&#233;gionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, face &#224; la menace d'expulsion de leurs terres, des associations de paysans ont d&#233;velopp&#233; des projets communautaires de renforcement des capacit&#233;s agricoles, comme la mise sur pied d'une coop&#233;rative de &lt;i&gt;panela&lt;/i&gt; (sucre non raffin&#233;) et l'achat d'un moulin &#224; usage collectif. D'autres communaut&#233;s paysannes ont d&#233;velopp&#233; des projets d'agro-&#233;cotourisme. Les mobilisations anti-mines ont donc men&#233; au renforcement de l'identit&#233; culturelle paysanne des communaut&#233;s, qui &#224; leur tour ont int&#233;gr&#233; leur appartenance &#224; la terre dans des projets de d&#233;veloppement communautaire en accord avec leurs valeurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cr&#233;ation de fronts sociaux r&#233;gionaux, nationaux et continentaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec l'implication d'associations professionnelles et de groupes locaux de la soci&#233;t&#233; civile, les opposantEs au projet de d&#233;veloppement minier &#224; Tambogrande ont cr&#233;&#233; le Front de d&#233;fense de la Vall&#233;e de San Lorenzo. Dans ce cas particulier, le pr&#233;sident du Front a par la suite quitt&#233; celui-ci pour entrer dans la course &#224; la mairie de la municipalit&#233; afin d'interdire, si &#233;lu, toute exploitation mini&#232;re durant son mandat. Francisco Ojeda a gagn&#233; son pari et respect&#233; sa promesse &#233;lectorale, de m&#234;me que son engagement pour le d&#233;veloppement communautaire agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, le Front s'est adjoint des alli&#233;s r&#233;gionaux, des organisations de justice sociale li&#233;es &#224; l'archev&#234;ch&#233; de la r&#233;gion de Piura (&lt;i&gt;Diaconia para la justicia y la paz&lt;/i&gt;) et des groupes environnementaux. Afin de transformer le mouvement de protestation locale en un enjeu d'int&#233;r&#234;t national, le Front a &#233;galement cherch&#233; des alli&#233;s aupr&#232;s d'ONG bas&#233;es &#224; Lima. Un r&#233;seau national de communaut&#233;s affect&#233;es par les mines a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; et un second r&#233;seau plus large, la Red Muqui, a &#233;t&#233; fond&#233; r&#233;cemment pour inclure &#224; la fois les communaut&#233;s touch&#233;es et les ONG solidaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On compte &#233;galement de nombreux regroupements anti-mines sur le continent, tel celui des femmes contre l'industrie mini&#232;re en &#201;quateur, qui tient des rencontres avec ses homologues p&#233;ruviennes annuellement. En Argentine, le mouvement &#171; No a la mina &#187;, instigu&#233; &#224; la suite de l'implantation d'une compagnie mini&#232;re canadienne &#224; Esquel en Patagonie, est devenu un v&#233;ritable mod&#232;le pour les autres luttes anti-mines ailleurs au pays. Au Mexique, le mouvement national des communaut&#233;s affect&#233;es par les mines est tr&#232;s r&#233;cent : son existence a &#233;t&#233; officialis&#233;e en juin 2008, profitant de la rencontre annuelle du r&#233;seau des communaut&#233;s affect&#233;es par les barrages. La d&#233;claration de fondation du mouvement &#233;nonce non seulement l'objectif de faire front commun contre l'exploitation mini&#232;re &#224; ciel ouvert, mais elle inscrit aussi les luttes locales anti-mines dans un mouvement national plus large avec des revendications pour la reconnaissance des droits autochtones et le d&#233;veloppement communautaire. Plus r&#233;cemment, la question de l'exploitation mini&#232;re a &#233;t&#233; un th&#232;me f&#233;d&#233;rateur au Forum social des Am&#233;riques tenu au Guatemala.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet esprit, un v&#233;ritable mouvement transnational pour la justice environnementale et l'autod&#233;termination est en &#233;mergence. Au Canada, des organisations de d&#233;veloppement international et de solidarit&#233; ont cr&#233;&#233; le R&#233;seau canadien sur la reddition de comptes des entreprises. Ce mouvement d'action politique et de concertation, sous la coordination de la Halifax Initiative, vise &#224; faire pression sur le gouvernement canadien pour que celui-ci adopte une loi exer&#231;ant un certain contr&#244;le sur les entreprises extractives canadiennes &#339;uvrant &#224; l'&#233;tranger. Rappelons que 60 % des entreprises mini&#232;res dans le monde sont enregistr&#233;es au Canada et la majorit&#233; des entreprises mini&#232;res en Am&#233;rique latine sont d'origine canadienne. La r&#233;putation du Canada dans les pays latino-am&#233;ricains s'est grandement d&#233;t&#233;rior&#233;e en raison de l'agressivit&#233; manifest&#233;e par les entreprises canadiennes dans le d&#233;veloppement des projets extractifs. Le mouvement exige entre autres que l'action de ces entreprises soit soumise au respect des droits humains et des conventions internationales. Au Qu&#233;bec, la Coalition sur les impacts socio-environnementaux des transnationales en Am&#233;rique latine, compos&#233; de divers groupes de la soci&#233;t&#233; civile et de centres de recherche universitaires, organise des activit&#233;s de sensibilisation et initie des actions de pression lorsque les droits des communaut&#233;s sont viol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'&#224; l'occasion les mobilisations populaires aient men&#233; au pouvoir des repr&#233;sentants politiques progressistes sensibles aux abus des entreprises extractives &#339;uvrant sur leur territoire, il convient de souligner que les chefs d'&#201;tat de la r&#233;gion poursuivent n&#233;anmoins avec agressivit&#233; le d&#233;veloppement de projets extractifs. Malgr&#233; la nationalisation de l'industrie ou un contr&#244;le politique accru de ces activit&#233;s dans certains cas, les gouvernements ne respectent pas toujours, loin s'en faut, la volont&#233; des communaut&#233;s locales. Ainsi, tant les populations concern&#233;es du Sud que les ONG solidaires du Nord sont d'avis que la lutte &#224; mener est encore longue pour le respect des droits et de l'autod&#233;termination des communaut&#233;s paysannes et autochtones en Am&#233;rique latine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par exemple, le gouvernement d'Evo Morales en Bolivie a proc&#233;d&#233; &#224; la nationalisation des hydrocarbures depuis son arriv&#233;e au pouvoir en 2006. Le Venezuela a quant &#224; lui impos&#233; de nouvelles r&#232;gles aux entreprises &#233;trang&#232;res sur son territoire. Rafael Correa &#224; la pr&#233;sidence de l'&#201;quateur s'est &#233;galement d&#233;clar&#233; sensible &#224; ces enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La &lt;i&gt;ceviche&lt;/i&gt; est un plat national p&#233;ruvien fait de poisson cru marin&#233; dans un jus de lime.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Marie-Dominik Langlois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rachel Sarrasin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Respectivement coordinatrice du Comit&#233; pour les droits humains en Am&#233;rique latine (&lt;a href=&#034;http://www.cdhal.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cdhal.org&lt;/a&gt;) et membre du Collectif de la revue &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



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