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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>&#192; b&#226;bord !, le 1er septembre 2033</title>
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		<dc:creator>Pierre Beaudet</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Manchette</dc:subject>
		<dc:subject>Beaudet, Pierre</dc:subject>

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&lt;p&gt;Pierre Beaudet a mis la main sur un article issu du futur et nous l'a transmis dans le cadre de notre campagne d'abonnements. &lt;br class='autobr' /&gt; Cela fait 30 ans qu'&#192; b&#226;bord ! persiste et signe. Certes, il y a des p&#233;p&#233;s et des m&#233;m&#233;s, qui &#233;taient des proches collaborateurs, qui ne sont plus l&#224;. Ils avaient fait leur temps, il faut le dire. &lt;br class='autobr' /&gt;
On ne s'ennuie pas beaucoup, entre autres, de Pierre Beaudet. Il avait un bon c&#339;ur, mais il radotait un peu trop. Par chance, les camarades des NCS l'ont pratiquement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beaudet-Pierre-+" rel="tag"&gt;Beaudet, Pierre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2504.jpg?1642092205' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;3417&#034; height=&#034;1300&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pierre Beaudet a mis la main sur un article issu du futur et nous l'a transmis dans le cadre de notre &lt;a href=&#034;https://ababord.org/soutien&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;campagne d'abonnements&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cela fait 30 ans qu'&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; persiste et signe. Certes, il y a des p&#233;p&#233;s et des m&#233;m&#233;s, qui &#233;taient des proches collaborateurs, qui ne sont plus l&#224;. Ils avaient fait leur temps, il faut le dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne s'ennuie pas beaucoup, entre autres, de Pierre Beaudet. Il avait un bon c&#339;ur, mais il radotait un peu trop. Par chance, les camarades des NCS l'ont pratiquement mis dehors quand il a eu 85 ans. Entre-temps, il a su partir dans les &#233;toiles en ayant le sentiment du devoir accompli. Les anciens jeunes qui animent la derni&#232;re revue marxiste au nord du Rio Grande arrivent maintenant &#224; un certain &#226;ge pour ne pas dire un &#226;ge certain doivent aussi se demander quand prendre leur retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que Qu&#233;bec solidaire est le parti majoritaire dans une assembl&#233;e nationale &#233;clat&#233;e entre 14 partis, on se demande combien de temps va durer notre ch&#232;re Manon. Avant de devenir une 'tite vieille de 69 ans, elle nous a souvent dit qu'elle voulait laisser sa place, mais on l'a suppli&#233;e pour qu'elle reste au poste. On esp&#232;re qu'elle puisse encore donner un coup de main pour le 8&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; r&#233;f&#233;rendum qui arrive &#224; la fin de l'ann&#233;e. Cette fois-ci, les sondeurs et autres experts cravat&#233;s disent que cela sera la bonne, d'autant plus que la Colombie dite britannique et l'Alberta ont fait s&#233;cession en 2026 pour &#234;tre annex&#233;s par la Californie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sugg&#232;re donc que le num&#233;ro du trenti&#232;me anniversaire d'&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; rende hommage aux anc&#234;tres. Mais je ne veux pas qu'on tombe dans une plate nostalgie. C'est s&#251;r, nos p&#233;p&#233;s et m&#233;m&#233;s ont mang&#233; toute une claque quand Harper est revenu au pouvoir apr&#232;s l'insipide Trudeau. Cela a &#233;t&#233; pire quand Ga&#233;tan Barrette est devenu premier ministre du Qu&#233;bec avec Fran&#231;ois Legault comme chef de la S&#251;ret&#233; du Qu&#233;bec et Mathieu Bock-C&#244;t&#233; comme ministre de l'&#233;ducation. Cela n'&#233;tait pas beau &#224; voir quand ils ont essay&#233; de fermer les c&#233;geps et les CPE, mais l&#224;, rappelons-nous, ils ont frapp&#233; un os.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce moment, notre monde populaire a tenu t&#234;te et apr&#232;s quelques ann&#233;es de travers&#233;e du d&#233;sert, les luttes ont &#233;t&#233; relanc&#233;es, avec plus d'intelligence et de sens strat&#233;gique. M&#234;mes les Black Blocs ont appris &#224; lancer des bouquets de fleurs au lieu des roches, ce qui les a rendus tellement sympathiques aux yeux des gens. Depuis, presque tous les jeunes du Qu&#233;bec ont coll&#233;, en souvenir d'un certain printemps 2012, le carr&#233; rouge sur leur t&#233;l&#233;phone intelligent, dont on annonce une derni&#232;re version encastr&#233;e derri&#232;re les oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, aujourd'hui, il y a de nettes am&#233;liorations, mais la job n'est pas termin&#233;e. Montr&#233;al est devenu un grand jardin. M&#234;me la ville de Qu&#233;bec, en fermant le mois pass&#233; la derni&#232;re autoroute, s'est tellement transform&#233;e que les radios-poubelles sont en faillite. Il reste encore le bastion de la Beauce que le parti de la Meute domine outrageusement. Autrement, les syndiqu&#233;&#183;e&#183;s, en imposant, apr&#232;s 25 ans de lutte, la semaine de 15 heures, sont maintenant dispos pour vivre leur vie, m&#234;me s'il y a beaucoup de vieux dont il faut s'occuper. Une chance que les r&#233;sidences sont devenues des coop&#233;ratives autog&#233;r&#233;es. Plus au nord, les Cris et les Atikamekw ont r&#233;ussi &#224; reprendre leur &lt;i&gt;pachamama&lt;/i&gt; et &#224; fermer les grands pollueurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc quelque chose &#224; c&#233;l&#233;brer. Maintenant qu'&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; est &#233;cout&#233;e et vue sur le web 3.0 par 16 millions de personnes &#224; l'ouest de la rivi&#232;re Outaouais, il y a des possibilit&#233;s. Achille Nadeau-Dubois, le fils de l'autre, est devenu la personnalit&#233; la plus aim&#233;e du Qu&#233;bec depuis qu'il est l'animateur-vedette de l'ancien r&#233;seau Quebecor acquis par &lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; plus t&#244;t cette ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos vieux le disaient toujours : &#171; on va gagner &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;font color=&#034;#ED1C24&#034;&gt;La revue est actuellement en &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/soutien&#034;&gt;campagne d'abonnements&lt;/a&gt;. Prix sp&#233;cial : 5 num&#233;ros papier pour 40$. Une r&#233;duction de 27% ! L'offre est valide jusqu'au 20 d&#233;cembre. Cliquez &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/soutien&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; pour les d&#233;tails. &lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quand la Chine d'en bas s'&#233;veille</title>
		<link>https://www.ababord.org/Quand-la-Chine-d-en-bas-s-eveille</link>
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		<dc:date>2016-04-06T00:01:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaudet</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Asie</dc:subject>
		<dc:subject>Beaudet, Pierre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les &#233;chos parcimonieux qu'on entend sur la Chine nous font penser &#224; un pays industrieux o&#249; le d&#233;veloppement &#233;conomique spectaculaire repose sur des ateliers de mis&#232;re o&#249; s'entassent des centaines de milliers d'ouvriers et surtout d'ouvri&#232;res. C'est l'image d'une Chine &#171; atelier du monde &#187; o&#249; les capitalistes chinois avec leurs copains des multinationales r&#232;gnent sans partage. &lt;br class='autobr' /&gt; En r&#233;alit&#233;, cette projection atrophi&#233;e d&#233;coule de beucoup d'ignorance et m&#234;me d'une r&#233;elle tentative de diaboliser (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-60-ete-2015-" rel="directory"&gt;No 060 - &#233;t&#233; 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Asie-+" rel="tag"&gt;Asie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beaudet-Pierre-+" rel="tag"&gt;Beaudet, Pierre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2146.png?1642092175' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;562&#034; height=&#034;357&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;chos parcimonieux qu'on entend sur la Chine nous font penser &#224; un pays industrieux o&#249; le d&#233;veloppement &#233;conomique spectaculaire repose sur des ateliers de mis&#232;re o&#249; s'entassent des centaines de milliers d'ouvriers et surtout d'ouvri&#232;res. C'est l'image d'une Chine &#171; atelier du monde &#187; o&#249; les capitalistes chinois avec leurs copains des multinationales r&#232;gnent sans partage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, cette projection atrophi&#233;e d&#233;coule de beucoup d'ignorance et m&#234;me d'une r&#233;elle tentative de diaboliser la Chine dans un contexte o&#249; se fait sentir dans notre monde chaotique une odeur de nouvelle Guerre froide. Dans le &lt;i&gt;clash&lt;/i&gt; des civilisations, Samuel Huntingdon, l'inspirateur des n&#233;oconservateurs &#233;tats-uniens, pr&#233;sente la Chine comme un &#171; ennemi mortel &#187;, une puissance &#233;mergente qu'il faudra bien, un jour, abattre pour pr&#233;server la domination des &#201;tats-Unis. C'est pour d&#233;m&#234;ler ces questions et bien d'autres que les &lt;i&gt;Nouveaux Cahiers du socialisme&lt;/i&gt; ont organis&#233; &#224; Tunis en mars dernier un s&#233;minaire dans le cadre du Forum social mondial (FSM). Le titre du s&#233;minaire indiquait le sens de l'initiative : &lt;i&gt;Alter Chine&lt;/i&gt;. Une quinzaine de camarades chinois sont donc venus &#224; Tunis pour nous &#233;clairer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Capitalisme &lt;i&gt;made in China&lt;/i&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Chine est un des moteurs du d&#233;veloppement capitaliste dans le monde actuel. C'est non seulement la production manufacturi&#232;re chinoise qui occupe maintenant le premier rang dans le monde, mais toutes sortes d'autres secteurs y compris la haute technologie et la finance, ce qui fait de la Chine une puissance &#171; &#233;mergente &#187;. Ce capitalisme &lt;i&gt;made in China&lt;/i&gt; est &#171; organis&#233; &#187; par le Parti communiste chinois en symbiose avec l'appareil d'&#201;tat et une nouvelle bourgeoisie priv&#233;e qui accapare la plus grosse partie des revenus. D'apr&#232;s la Banque mondiale, en 2005, 10 % des foyers les plus riches poss&#233;daient 31 % du total des revenus, tandis que les 10 % les plus pauvres n'en avaient que 2 %. Cette accumulation spectaculaire repose sur l'exploitation intense de millions de travailleurs&#183;euses, dont 50 millions de migrant&#183;e&#183;s internes qui affluent des r&#233;gions rurales vers les centres industriels &#224; l'ouest et au sud du pays. Ces migrant&#183;e&#183;s sont souvent les damn&#233;s de la terre, avec des salaires encore plus bas et, surtout, des conditions de travail et de vie mis&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'explosion des luttes ouvri&#232;res&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Devant cette situation, les conflits de travail se multiplient. Difficiles &#224; comptabiliser, des gr&#232;ves &#233;clatent &#224; tout bout de champ, probablement autour de 200 000 par an. Ce nombre est tr&#232;s approximatif parce que la plupart des actes de r&#233;sistance ouvri&#232;re ne sont pas document&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais depuis 2010, la bo&#238;te de Pandore a &#233;t&#233; ouverte lors de la fameuse gr&#232;ve de Honda &#224; Nanhai, dans le sud du pays o&#249; se concentrent toutes sortes de mouvements sociaux. Dans cette usine ultra moderne, 2 000 jeunes ouvriers ont cess&#233; le travail apr&#232;s avoir compris, en naviguant sur Internet, que cette entreprise enregistrait d'&#233;normes profits dans ses usines chinoises et que les travailleurs japonais &#224; l'emploi de Honda b&#233;n&#233;ficiaient de salaires 50 fois sup&#233;rieurs pour le m&#234;me travail. Fait &#224; noter, ces gr&#233;vistes ont compris qu'ils pouvaient frapper toute la cha&#238;ne de production puisque le syst&#232;me japonais (dit &lt;i&gt;just-in-time&lt;/i&gt;) implique une synchronisation au quart de tour de l'ensemble du dispositif. Au bout de quelques jours, quatre usines et 250 entreprises fabriquant des pi&#232;ces &#233;taient paralys&#233;es avec plus de 25 000 travailleurs en cessation de travail. Cette gr&#232;ve conduite par les ouvriers &#224; la base en dehors du syndicat &#171; officiel &#187; s'est termin&#233;e par une spectaculaire victoire (22 % d'augmentation des salaires). Par la suite, ce mouvement a contamin&#233; une grande partie du sud de la Chine, notamment la populeuse province de Guangdong, bien connue pour ses traditions rebelles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une nouvelle g&#233;n&#233;ration rebelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Selon le chercheur Minqi Li, ce sont des mouvements tr&#232;s locaux o&#249; le rapport de force est souvent en faveur des ouvriers ; l'&#233;conomie chinoise chauffe encore &#224; bloc, il faut que la production sorte. Par ailleurs, le gouvernement tente de r&#233;&#233;quilibrer les choses au niveau macro-&#233;conomique en favorisant l'extension du march&#233; interne (diminuant ainsi la d&#233;pendance face aux exportations), ce qui veut dire que l'augmentation des salaires peut contribuer au d&#233;veloppement &#233;conomique. C'est un peu, sans exag&#233;rer la comparaison, ce qui est arriv&#233; dans les pays capitalistes apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, dans le sillon des politiques keyn&#233;siennes. Selon Tiejun Wen et Xue Cui, des chercheurs des universit&#233;s de Beijing et de Chongqing, le Parti/&#201;tat est conscient que cette transformation peut &#233;viter au capitalisme chinois de tomber dans la crise comme cela est le cas presque partout ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces facteurs n'expliquent pas tout. Une nouvelle g&#233;n&#233;ration de leaders ouvriers, pour la plupart jeunes et &#233;duqu&#233;s, arrive dans le d&#233;cor. Ils sont souvent bien branch&#233;s et inform&#233;s, aliment&#233;s par des sites Internet dissidents comme le China Labour News, une ONG bas&#233;e &#224; Hong Kong qui dispose de tout un r&#233;seau de correspondants dans le sud de la Chine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;China Labour Bulletin&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il devient alors difficile pour l'&#201;tat autoritaire chinois de tout contr&#244;ler et d'emp&#234;cher cette agitation ouvri&#232;re informelle, dispers&#233;e et mobile. Han Dongfang, un infatigable d&#233;fenseur des droits des travailleurs, rapporte des tas d'initiatives o&#249; les travailleurs&#183;euses reprennent en mains leur entreprise. Ils utilisent &#224; leur avantage des clauses de la constitution et des lois qui sont encore en partie du moins des vestiges de la r&#233;volution de 1948. Ailleurs, des travailleurs&#183;euses s'opposent aux patrons des usines privatis&#233;es comme &#224; Tonghua Steel (province du Jilin), o&#249; des batailles rang&#233;es sont survenues entre les 12 000 gr&#233;vistes et les autorit&#233;s. Un patron a m&#234;me &#233;t&#233; tu&#233;, mais le Parti communiste, devant l'ampleur de la d&#233;termination ouvri&#232;re, a pr&#233;f&#233;r&#233; calmer le jeu et l'entreprise a finalement c&#233;d&#233; devant les revendications ouvri&#232;res. Depuis, le processus de privatisation dans cette province est au ralenti.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nouvelles conflictualit&#233;s, nouveaux d&#233;bats&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 1966, les ouvriers et les &#233;tudiants &#233;taient mont&#233;s &#224; l'assaut de la &#171; bourgeoisie rouge &#187; dans ce qui avait &#233;t&#233; appel&#233; la R&#233;volution culturelle, qui &#233;tait en r&#233;alit&#233; le retour des luttes de classes. Apr&#232;s la fin de l'&#232;re mao&#239;ste, cette bourgeoisie est revenue en force, d'o&#249; le succ&#232;s du capitalisme &lt;i&gt;made in China&lt;/i&gt;. Trente ans plus tard cependant, une nouvelle conflictualit&#233; prend forme. Malgr&#233; ses tentatives de r&#233;forme, le Parti/&#201;tat reste align&#233; sur le projet d'accumulation. L'autoritarisme du r&#233;gime reste un rempart consid&#233;rable, mais n'est plus &#233;tanche comme il l'a &#233;t&#233; &#224; une autre &#233;poque. Aussi, les multitudes ouvri&#232;res et paysannes sont loin d'&#234;tre passives. Les victoires enregistr&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es, lors des gr&#232;ves notamment, donnent confiance &#224; un nouveau mouvement de masse en &#233;mergence. Cependant, ce mouvement n'a pas encore acquis sa propre identit&#233;, au-del&#224; des revendications multiples qui p&#233;n&#232;trent de plus en plus la conscience populaire, y compris les couches moyennes dans les villes. Le &#171; socialisme &#187; ayant &#233;t&#233; identifi&#233; au Parti communiste ne peut plus &#234;tre un embl&#232;me attrayant. C'est ce qui explique qu'apparaissent ici et l&#224; les contours d'un &#171; n&#233;o-socialisme &#187; parfois appel&#233; un &#171; nouveau mao&#239;sme &#187;, pas tellement par nostalgie pour un &#226;ge d'or mythique, mais par d&#233;fi face aux dominants actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Chongqing notamment, une ville de 10 millions d'habitants au sud de Shanghai, un r&#233;seau dense d'associations a forc&#233; la municipalit&#233; &#224; n&#233;gocier dans des domaines d'am&#233;nagement urbain selon le sociologue Zhiyuan Cui. Des mouvements &#233;cologistes &#233;galement fleurissent autour de nombreux enjeux urbains et ruraux comme la protection des cours d'eau. Dans cette effervescence, un nouvel int&#233;r&#234;t appara&#238;t en Chine autour des id&#233;es et des pratiques de l'altermondialisme. Dans son journal bimensuel La nouvelle Internationale, le militant Shenjing Lin insiste depuis quelques ann&#233;es pour une reconnexion entre ces mouvements et les initiatives populaires dans le reste du monde, d'o&#249; la participation chinoise in&#233;dite au FSM. Les rencontres ont permis de briser la glace &#224; bien des niveaux et tout le monde s'est dit que le prochain FSM &#224; Montr&#233;al en ao&#251;t 2016 irait encore plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette effervescence, un nouvel int&#233;r&#234;t appara&#238;t en Chine autour des id&#233;es et des pratiques de l'altermondialisme. Dans son journal bimensuel &lt;i&gt;La nouvelle Internationale&lt;/i&gt;, le militant Shenjing Lin insiste depuis quelques ann&#233;es pour une reconnexion entre ces mouvements et les initiatives populaires dans le reste du monde, d'o&#249; la participation chinoise in&#233;dite au FSM. Les rencontres ont permis de briser la glace &#224; bien des niveaux et tout le monde s'est dit que le prochain FSM &#224; Montr&#233;al en ao&#251;t 2016 irait encore plus loin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.clb.org.hk/en/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;China Labour Bulletin&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La strat&#233;gie du chaos</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-strategie-du-chaos</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-strategie-du-chaos</guid>
		<dc:date>2015-06-10T00:56:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaudet</dc:creator>


		<dc:subject>Terrorisme et antiterrorisme</dc:subject>
		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Beaudet, Pierre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#201;tat islamique (EI), parfois connu comme le &#171; Califat &#187;, a fait une entr&#233;e spectaculaire dans l'histoire en juillet dernier. Selon son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, ce mouvement qui contr&#244;le une grande partie de la Syrie et de l'Irak dispose de plusieurs dizaines de milliers d'hommes en armes. Il combat les r&#233;gimes syrien et irakien, mais aussi l'opposition syrienne, l'Iran et l'Arabie saoudite. Il affirme &#233;galement vouloir porter la guerre contre les puissances imp&#233;rialistes, notamment les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-57-dec-2014-janv-2015-" rel="directory"&gt;No 057 - d&#233;c. 2014 / janv. 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Terrorisme-et-antiterrorisme-+" rel="tag"&gt;Terrorisme et antiterrorisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Moyen-Orient-+" rel="tag"&gt;Moyen-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beaudet-Pierre-+" rel="tag"&gt;Beaudet, Pierre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2010.png?1642092166' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;383&#034; height=&#034;383&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#201;tat islamique (EI), parfois connu comme le &#171; Califat &#187;, a fait une entr&#233;e spectaculaire dans l'histoire en juillet dernier. Selon son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, ce mouvement qui contr&#244;le une grande partie de la Syrie et de l'Irak dispose de plusieurs dizaines de milliers d'hommes en armes. Il combat les r&#233;gimes syrien et irakien, mais aussi l'opposition syrienne, l'Iran et l'Arabie saoudite. Il affirme &#233;galement vouloir porter la guerre contre les puissances imp&#233;rialistes, notamment les &#201;tats-Unis. Tout un programme&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un produit d&#233;riv&#233; du d&#233;sastre irakien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2003, les &#201;tats-Unis envahissaient l'Irak pour d&#233;truire l'&#201;tat dirig&#233; par Saddam Hussein. Peu de temps apr&#232;s la &#171; victoire &#187;, une puissante insurrection &#233;clatait sous l'&#233;gide d'une vaste coalition comprenant des nationalistes, des d&#233;bris de l'arm&#233;e et des djihadistes sous l'influence d'Al-Qa&#239;da. En 2007, la situation &#233;tait hors de contr&#244;le, d'o&#249; le retrait graduel de l'arm&#233;e am&#233;ricaine, laissant derri&#232;re eux un pouvoir irakien tr&#232;s faible &#233;tabli sur une base sectaire et communautaire. Entre-temps, les forces djihadistes se sont r&#233;organis&#233;es, prenant appui sur des composantes sunnites (20 % de la population irakienne). Id&#233;ologiquement, le groupe arm&#233; de l'&#201;tat islamique se distingue peu d'Al-Qa&#239;da dont il s'est d&#233;tach&#233;. Il provient des m&#234;mes sources rigoristes inspir&#233;es par le wahhabisme, l'id&#233;ologie issue du pouvoir monarchiste d'Arabie Saoudite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement djihadiste a connu une avanc&#233;e fulgurante. En quelques semaines, les combattants de l'&#201;tat islamique ont bouscul&#233; l'arm&#233;e irakienne qui compte plus de 300 000 hommes arm&#233;s par les &#201;tats-Unis. Mais en r&#233;alit&#233;, cette arm&#233;e a implos&#233; sous le poids d'un &#201;tat qui ne tient plus debout. Lors des combats &#224; Mossoul (deuxi&#232;me ville d'Irak), les g&#233;n&#233;raux se sont enfuis aux premiers coups de feu, emportant avec eux des caisses de dollars. Face &#224; cette arm&#233;e bric-&#224;-brac, l'&#201;tat islamique dispose de combattants motiv&#233;s, dont des jeunes sunnites qui consid&#232;rent qu'ils n'ont rien &#224; perdre devant le pouvoir sectaire de Bagdad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Implosion et guerre r&#233;gionale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Syrie, les djihadistes contr&#244;lent environ 35 % du territoire, dont les champs p&#233;troliers actuellement bombard&#233;s par les &#201;tats-Unis. Ils ont refoul&#233; les autres forces rebelles, notamment les islamistes de Jabhat al-Nusra, qui &#233;taient il n'y a pas si longtemps la principale opposition contre le r&#233;gime de Bashar Al-Assad. Ce dernier est par ailleurs leur principal ennemi, ce qui cr&#233;e tout un paradoxe puisque les &#201;tats-Unis et leurs alli&#233;s subalternes comme le Canada esp&#233;raient expulser le dictateur syrien du pouvoir, comme ils l'avaient fait avec Kadhafi en Libye.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette implosion ne peut &#234;tre comprise sans prendre en compte les conflits qui opposent plusieurs &#201;tats de la r&#233;gion. L'Arabie saoudite, principal soutien des &#201;tats-Unis dans la r&#233;gion, a &#233;t&#233; fortement impliqu&#233;e du c&#244;t&#233; des factions djihadistes. Cependant, devant l'&#201;tat islamique, elle se retrouve comme le g&#233;niteur du monstre de Frankenstein, c'est-&#224;-dire qu'elle en a perdu le contr&#244;le. D'autres p&#233;tromonarchies du Golfe en ont profit&#233; pour s'ins&#233;rer dans le chaos, notamment le Qatar et le Kowe&#239;t, qui ont appuy&#233;, jusqu'&#224; r&#233;cemment, les forces li&#233;es &#224; l'&#201;tat islamique. D'autres &#201;tats dont la Turquie et l'&#201;gypte voulaient au d&#233;part &#171; simplement &#187; le renversement des r&#233;gimes de Bagdad et de Damas, mais en fin de compte, ils ont aussi aliment&#233; la d&#233;rive conduisant &#224; l'implosion actuelle. Leur jeu est de s'imposer aupr&#232;s des &#201;tats-Unis, chaque &#201;tat pr&#233;tendant devenir un gendarme r&#233;gional. Pour sa part, Washington s'est content&#233; de regarder les choses de loin tout en permettant aux joueurs r&#233;gionaux d'alimenter en armes les rebelles syriens et irakiens, ce qui fait que l' &#201;tat islamique est pr&#233;sentement &#233;quip&#233; d'armements am&#233;ricains sophistiqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le jeu isra&#233;lien et la guerre sans fin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isra&#235;l, la grande puissance militaire de la r&#233;gion, a des capacit&#233;s d'intervention directe limit&#233;es, d'autant plus que son arm&#233;e a subi de durs revers contre les combattants libanais et palestiniens. En gros, la strat&#233;gie isra&#233;lienne esp&#232;re profiter de la dislocation des &#201;tats arabes en de micro-&#201;tats oppos&#233;s les uns aux autres, ce qui bien s&#251;r les neutraliserait tout en affaiblissant ses ennemis directs au Liban et en Palestine. Les interf&#233;rences isra&#233;liennes, tout en &#233;tant discr&#232;tes, se font sentir du c&#244;t&#233; des Kurdes irakiens, qui combattent &#224; la fois les vell&#233;it&#233;s de Bagdad et les islamistes, tout en poursuivant une politique de purification ethnique contre les populations non kurdes. Le gouvernement isra&#233;lien appuie, sans g&#234;ne, la mise sur pied d'un &#201;tat kurde, tout en poursuivant discr&#232;tement une politique de soutien militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte de cette terrible orgie de violences, les &#201;tats-Unis ont &#233;chou&#233; &#224; &#233;tablir leur supr&#233;matie. Certes, ils peuvent entraver l'avanc&#233;e fulgurante des combattants islamistes, ce qui enlisera la guerre sur des lignes de d&#233;marcation fluides. &#192; Washington en tout cas, c'est la pagaille. Une lutte &#224; finir contre les djihadistes signifierait une alliance, inavou&#233;e ou non, avec Bashar Al-Assad, et donc un accommodement avec l'Iran. Il se peut qu'Obama soit pr&#234;t &#224; avaler cette pilule, mais il n'a pas les moyens d'imposer cette vue aux secteurs radicaux qui contr&#244;lent le Parti r&#233;publicain. Ces derniers veulent, avec leurs amis isra&#233;liens, poursuivre l'&#339;uvre de destruction pour cr&#233;er de mini-&#201;tats en Irak, en Syrie, en Palestine, au Liban, en Afghanistan, &#233;ventuellement en Iran, au Pakistan ; ce &#224; quoi s'opposent les rivaux principaux de Washington, soit la Russie et la Chine. En attendant, la puissance am&#233;ricaine agit comme une sorte de gros &#171; ours bless&#233; &#187;. Il leur reste cependant la guerre des id&#233;es. Avec les m&#233;dias complaisants et les intellectuels de service, les &#201;tats-Unis peuvent affirmer combattre la &#171; barbarie &#187; islamiste. En r&#233;alit&#233;, les exactions de l'&#201;tat islamique font p&#226;le figure &#224; c&#244;t&#233; des massacres perp&#233;tr&#233;s par les r&#233;gimes syrien et irakien, par Isra&#235;l et par les &#201;tats-Unis, notamment &#224; travers leurs attaques aux drones (plusieurs milliers de victimes civiles en 2013-2014 selon Amnistie internationale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans l'attente d'un nouveau printemps arabe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011-2012, les populations dans plusieurs pays de la r&#233;gion ont jusqu'&#224; un certain point bouscul&#233; les r&#233;gimes et les imp&#233;rialistes. Ce &#171; printemps &#187; n'a pas dur&#233; longtemps, mais cela serait une erreur d'ignorer les forces d&#233;mocratiques qui persistent dans la r&#233;gion. R&#233;cemment, une nouvelle vague de gr&#232;ves ouvri&#232;res a &#233;clat&#233; en &#201;gypte, le pays le plus peupl&#233; de la r&#233;gion. La dictature militaire appuy&#233;e par les &#201;tats-Unis et Isra&#235;l, et qui a repris le pouvoir en pr&#233;tendant s'opposer &#224; l'&#171; islamisme &#187;, est troubl&#233;e par le fait qu'une partie de l'arm&#233;e n'ob&#233;it plus lorsqu'on leur ordonne de tirer dans le tas. La temp&#234;te ne fait que commencer&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Octobre 1970, d'hier &#224; aujourd'hui</title>
		<link>https://www.ababord.org/Octobre-1970-d-hier-a-aujourd-hui</link>
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		<dc:date>2011-08-28T19:49:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaudet, Fran&#231;ois Cyr</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;moire des luttes</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Cyr, Fran&#231;ois</dc:subject>
		<dc:subject>Beaudet, Pierre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'historiographie retient d'Octobre 1970 les &#233;v&#233;nements dramatiques autour de l'occupation militaire du Qu&#233;bec et des enl&#232;vements organis&#233;s par le Front de lib&#233;ration du Qu&#233;bec (FLQ). Mais au-del&#224; de cette confrontation peu banale, il y a un contexte qu'il importe de mieux comprendre. Plus encore, cette p&#233;riode qui s'&#233;chelonne durant les ann&#233;es 1960-1970 constitue un moment dans un cycle de luttes dont l'impact marque profond&#233;ment le mouvement populaire. Aujourd'hui, les luttes pr&#233;sentent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cyr-Francois-+" rel="tag"&gt;Cyr, Fran&#231;ois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beaudet-Pierre-+" rel="tag"&gt;Beaudet, Pierre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1181.gif?1642092124' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1000&#034; height=&#034;667&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'historiographie retient d'Octobre 1970 les &#233;v&#233;nements dramatiques autour de l'occupation militaire du Qu&#233;bec et des enl&#232;vements organis&#233;s par le Front de lib&#233;ration du Qu&#233;bec (FLQ). Mais au-del&#224; de cette confrontation peu banale, il y a un contexte qu'il importe de mieux comprendre. Plus encore, cette p&#233;riode qui s'&#233;chelonne durant les ann&#233;es 1960-1970 constitue un moment dans un cycle de luttes dont l'impact marque profond&#233;ment le mouvement populaire. Aujourd'hui, les luttes pr&#233;sentent certes un autre &#171; langage &#187; et une autre identit&#233;. Mais le mouvement social contemporain n'est pas n&#233; sur une &#171; page blanche &#187;. En fait aucun mouvement ne part &#171; de z&#233;ro &#187;. Le pass&#233; forme des s&#233;diments, des fondements sur lesquels s'&#233;difie le pr&#233;sent. D'o&#249; l'importance de revenir sur Octobre, malgr&#233; l'unicit&#233; indiscutable du ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un jour d'octobre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Revenons donc sur Octobre 1970. Mouvance d&#233;centralis&#233;e plut&#244;t que mouvement organis&#233;, le FLQ et ses diverses &#171; g&#233;n&#233;rations &#187; exercent alors une influence sur le mouvement social. Au tournant de la d&#233;cennie, les cellules dispers&#233;es entreprennent de porter un &#171; grand coup &#187;, tout en demeurant prisonni&#232;res de leur vision volontariste et substituiste. La suite, on la conna&#238;t : l'enl&#232;vement du consul britannique puis du ministre Laporte, l'imposition de la Loi des mesures de guerre et les arrestations de centaines de personnes, la mort de Laporte, la capture subs&#233;quente des membres des cellules &#171; Lib&#233;ration &#187; et &#171; Ch&#233;nier &#187;, etc. Moment &#171; culminant &#187; si l'on peut dire du drame, il y a la lecture du Manifeste du FLQ &#224; la t&#233;l&#233;vision d'&#201;tat qui, visiblement, &#233;meut une grande partie de la population en raison de la justesse du ton, de la pertinence sociale du contenu et de son style po&#233;tique. Avec un accent libertaire, le FLQ encourage la population &#224; faire sa propre r&#233;volution : &#171; &lt;i&gt;Si vous ne la faites pas vous-m&#234;mes, d'autres usurpateurs technocrates remplaceront les fumeurs de cigares que nous connaissons aujourd'hui et tout sera &#224; recommencer !&lt;/i&gt; &#187; De plusieurs mani&#232;res, Octobre 1970 est le point d'arriv&#233;e, pour ne pas dire la fin, de la gu&#233;rilla. Sous le choc en effet, la frange militante prend conscience de l'impasse de la lutte arm&#233;e et du cercle vicieux de l'ultra volontarisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dislocation des dominants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral de Pierre Trudeau, l'affaire semble cependant entendue. Le double choc caus&#233; d'une part par la mort de Pierre Laporte et d'autre part par l'ampleur de la r&#233;pression doit, une fois pour toutes, r&#233;gler le probl&#232;me &#171; s&#233;paratiste &#187; et la contestation sociale en voie de g&#233;n&#233;ralisation. Mais Trudeau se trompe. Deux ans plus tard, un Front commun de salari&#233;s organise une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et occupe des villes. Six ann&#233;es plus tard, le PQ prend le pouvoir. Comment comprendre cette apparente contradiction ? Il y a d'abord le fait que le front des dominants se fissure. Une partie des &#233;lites, surtout au sein d'une couche technocratique qui se d&#233;veloppe dans les interstices de l'&#201;tat, estime qu'il faut aller au-del&#224; d'une r&#233;forme des institutions (la &#171; r&#233;volution tranquille &#187;) vers la constitution d'un &#201;tat ind&#233;pendant, une revendication qui trouve des &#233;chos croissants au sein de la jeunesse, des intellectuels et cr&#233;ateurs culturels, et des secteurs populaires pour qui la domination de classe au sein du dispositif canadien s'exprime contre les aspirations d&#233;mocratiques et nationales du peuple qu&#233;b&#233;cois. Le PLQ craque sous cette pression, d'o&#249; l'irruption spectaculaire du nouvel acteur politique que repr&#233;sente le PQ.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Irruption des domin&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'autre part la r&#233;sistance des mouvements sur laquelle &#233;choue l'instrumentalisation r&#233;pressive d&#233;ploy&#233;e par l'&#201;tat canadien. Certes, les r&#233;seaux militants sont intimid&#233;s, voire d&#233;mantel&#233;s. Mais rapidement, ils se recomposent sur d'autres bases. En fait, la r&#233;pression a un effet temporaire. Le mouvement social est ascendant, dynamique, en plein essor. De plus, le mouvement cr&#233;e des convergences, en s'alimentant aux m&#234;mes sources (le militantisme &#233;tudiant, le f&#233;minisme, l'esprit de combat qui anime les secteurs syndicaux et populaires). Les structures organisationnelles du mouvement sont poreuses, il a une identit&#233; politique vacillante. Mais peu importe : c'est un mouvement en profondeur. Enracin&#233;, le mouvement fonctionne sur un principe terriblement simple mais efficace : agir maintenant et ici, et le plus durement possible, si n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un nouveau cycle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la r&#233;pression de 1970, le mouvement rebondit donc. On l'a dit plus haut, le d&#233;bat sur la violence minoritaire prend fin. Il semble &#233;vident que la lutte arm&#233;e au Qu&#233;bec n'a jamais pris (sauf durant les &#233;v&#233;nements de 1837-1838) la forme durable d'une guerre prolong&#233;e. Cette prise de conscience permet d'&#233;viter de s'engager dans des impasses ainsi que le font des mouvements de lib&#233;ration comme l'ETA (Pays basque) ou l'IRA (Irlande), sans compter les aventures arm&#233;es des Brigades rouges (Italie) et de la Fraction arm&#233;e rouge (Allemagne). Cela n'emp&#234;che cependant pas la gauche qu&#233;b&#233;coise de poursuivre des d&#233;bats politiques sur un autre plan. Une fraction majoritaire se range derri&#232;re le Parti qu&#233;b&#233;cois, qui r&#233;siste bien &#224; l'assaut de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral (et qui gagnera ses &#233;lections quelques ann&#233;es plus tard). Mais un secteur significatif de la gauche refuse de se ranger derri&#232;re le PQ. Le radicalisme d'Octobre, en fin de compte, n'est pas un &#233;piph&#233;nom&#232;ne, un feu de paille sans lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les masses en mouvement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On le voit notamment dans l'&#233;mergence d'un vaste mouvement contestataire parmi les jeunes. La &#171; r&#233;volte &#233;tudiante &#187; se combine alors avec une volont&#233; d'affronter un syst&#232;me de domination archa&#239;que, autoritaire, r&#233;pressif. Les structures traditionnelles d'encadrement s'effritent, l'exemple le plus spectaculaire &#233;tant la crise de l'&#201;glise catholique au Qu&#233;bec. Parall&#232;lement, assomm&#233;es par des ann&#233;es de pseudo d&#233;mocratie duplessiste, les masses populaires sont entra&#238;n&#233;es dans un mouvement effervescent. Sous l'impulsion des catholiques de gauche prennent forme ici et l&#224; des &#171; mouvements de citoyens &#187;, de plus en plus enclins &#224; l'affrontement. Sur le terrain syndical, une nouvelle g&#233;n&#233;ration de jeunes militants et militantes relance la lutte, dans le secteur public notamment. Les secteurs les plus d&#233;termin&#233;s du mouvement syndical mettent sur pied une alternative politique au niveau municipal, le FRAP. Plus tard, les syndicalistes militants se lancent dans des luttes dures qui culminent avec la puissante gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et l'occupation de certaines villes au printemps 1972. Par la suite, jusqu'aux ann&#233;es 1980, le mouvement social reste ascendant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Recul et rebond&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la d&#233;faite du r&#233;f&#233;rendum de 1980 et l'affrontement entre le mouvement syndical et le gouvernement p&#233;quiste (1982), le d&#233;senchantement devient temporairement dominant. Il faudra attendre le milieu des ann&#233;es 1990 pour voir la vieille taupe r&#233;volutionnaire revenir &#224; la surface. Une nouvelle effervescence prend forme autour du projet d'ind&#233;pendance o&#249; se produit une mobilisation populaire qui reste relativement autonome du PQ. Parall&#232;lement se mettent en branle de grandes mobilisations populaires dont la Marche des femmes, le Sommet des peuples des Am&#233;riques, les gr&#232;ves &#233;tudiantes et syndicales qui constituent autant de gros grains de sable dans l'engrenage des dominants. La r&#233;unification de la gauche politique sous l'&#233;gide de Qu&#233;bec solidaire (apr&#232;s le d&#233;blaiement du terrain effectu&#233; par le PDS et l'UFP) marque &#233;galement les derni&#232;res ann&#233;es. Certes, &#224; premi&#232;re vue, l'&#171; identit&#233; &#187; de ce mouvement multiforme semble &#224; des ann&#233;es-lumi&#232;re des mobilisations des ann&#233;es 1970. Mais l'est-elle vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Questions actuelles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Encore aujourd'hui, l'&#171; h&#233;ritage &#187; d'Octobre 1970 reste contest&#233;. On s'entend toutefois sur le fait que la &#171; lutte arm&#233;e &#187;, du moins dans la forme qu'elle a prise sous le label du FLQ, n'est plus &#224; l'ordre du jour. Mais diverses interpr&#233;tations des &#233;v&#233;nements font toujours l'objet de discussions. Il y a celle des dominants et de la r&#233;action, voulant que le gouvernement f&#233;d&#233;ral aurait &#171; sauv&#233; &#187; le Canada du terrorisme s&#233;paratiste et du m&#234;me coup la &#171; d&#233;mocratie &#187;. Il y a les th&#233;ories du complot, notamment celle propos&#233;e par Pierre Valli&#232;res, pr&#233;tendant que le gouvernement f&#233;d&#233;ral aurait foment&#233; Octobre pour discr&#233;diter le PQ. Il y a des interpr&#233;tations plus s&#233;rieuses, dont celles de Paul Rose et Francis Simard, pour qui Octobre aurait &#233;t&#233; une r&#233;action d'&#171; autod&#233;fense &#187; d'une soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise agress&#233;e et violent&#233;e par l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral. Pour notre part, Octobre a &#233;t&#233; un moment-cl&#233; dans le d&#233;veloppement, le renforcement et l'autod&#233;passement du mouvement populaire des ann&#233;es 1970. Il a &#233;t&#233; un point d'aboutissement et en m&#234;me temps un nouveau d&#233;part, qui portait &#233;galement ses propres limites et sur lequel des questions tr&#232;s pertinentes et tr&#232;s actuelles sont pos&#233;es aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Une soir&#233;e &#224; Birqun</title>
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		<dc:date>2009-12-13T22:55:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaudet</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Beaudet, Pierre</dc:subject>

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&lt;p&gt;C'est la brunante &#224; Burqin, un village au nord de la Cisjordanie. Dans cette r&#233;gion dens&#233;ment peupl&#233;e (plus de 250 000 habitants), on constate le quadrillage de l'occupation &#224; travers les colonies de peuplement et les barrages qui entravent les routes entre les villes. Ce soir, les gens sont dans la rue pour fumer le narguil&#233; et se raconter la plus r&#233;cente blague. Le ciel est doux, l'air est frais. On ferme les yeux et on ne peut imaginer le chaos violent et permanent tout autour. &lt;br class='autobr' /&gt; Un peu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-31-oct-nov-2009-" rel="directory"&gt;No 031 - oct. / nov. 2009&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton926.gif?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;295&#034; height=&#034;221&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est la brunante &#224; Burqin, un village au nord de la Cisjordanie. Dans cette r&#233;gion dens&#233;ment peupl&#233;e (plus de 250 000 habitants), on constate le quadrillage de l'occupation &#224; travers les colonies de peuplement et les barrages qui entravent les routes entre les villes. Ce soir, les gens sont dans la rue pour fumer le narguil&#233; et se raconter la plus r&#233;cente blague. Le ciel est doux, l'air est frais. On ferme les yeux et on ne peut imaginer le chaos violent et permanent tout autour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un peu plus tard, nous nous d&#233;pla&#231;ons au centre du village o&#249; pr&#232;s de 1 000 personnes sont r&#233;unies pour assister &#224; un mariage. Le jeune &#233;poux re&#231;oit de vigoureuses embrassades des hommes qui lui donnent des cachets. L'entraide communautaire et familiale est le plus important filet de s&#233;curit&#233; sociale pour les Palestiniens et explique en bonne partie leur survie. Apr&#232;s les f&#233;licitations, tout le monde se place en cercle pour la &lt;i&gt;dabk&#233;&lt;/i&gt;. Il n'y a pas d'ambigu&#239;t&#233; sur cette gestuelle : tout raconte la r&#233;sistance, le patriotisme, le &#171; &lt;i&gt;sumud&lt;/i&gt; &#187; (tenir bon). Dans cette danse qui ne commence ni ne finit vraiment, l'identit&#233; et la r&#233;volte se conjuguent, dures et claires comme un diamant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est maintenant minuit et la f&#234;te est termin&#233;e. Arafat, Karim, Jihad, Refaat se plaisent &#224; exercer l'autre sport pr&#233;f&#233;r&#233; des Palestiniens, la politique. Mes amis font partie de la &#171; g&#233;n&#233;ration &#187; de l'Intifada, celle qui a mis &#224; mal l'occupation &#224; la fin des ann&#233;es 1980 dans une insurrection civile et de masse. Pendant quelques mois, ils ont &#171; lib&#233;r&#233; &#187; Burqin. Les occupants &#233;taient sans moyen, &#224; part celui de casser des bras et des jambes des enfants et de d&#233;truire les maisons. &#192; l'usure toutefois, la situation s'est &#171; r&#233;tablie &#187;. Entre-temps, l'OLP a n&#233;goci&#233; en secret avec Isra&#235;l et les &#201;tats-Unis pour aboutir &#224; l'accord d'Oslo. &#171; &lt;i&gt;Nous n'&#233;tions pas contre un accord de paix&lt;/i&gt; &#187; explique Refaat, qui anime un r&#233;seau d'enseignants palestiniens. &#171; &lt;i&gt;Mais nous &#233;tions sceptiques.&lt;/i&gt; &#187; Rapidement, tout s'est referm&#233;. Les colonies se sont multipli&#233;es. Les incursions militaires se sont poursuivies, d'o&#249; les assassinats et les arrestations de milliers de militants. Puis en 2000, tout a &#233;clat&#233;. Mais contrairement &#224; la pr&#233;c&#233;dente Intifada, celle-ci s'est produite sur un mode militaire, avec les combattants des Brigades Al-Aqsa (li&#233;es au Fatah) et du Hamas. Des milliers de personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es. Des dizaines de jeunes, les &#171; &lt;i&gt;shahid&lt;/i&gt; &#187;, sont all&#233;s se faire exploser &#224; Tel-Aviv et dans d'autres villes isra&#233;liennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sacrifice futile ? En tout cas, cette r&#233;sistance militaris&#233;e n'a rien donn&#233;. Aujourd'hui en apparence, Burqin est &#171; pacifi&#233; &#187;. Le gouvernement palestinien a accept&#233; le plan am&#233;ricain pour policer les territoires. C'est un g&#233;n&#233;ral &#233;tats-unien, Keith Dayton, qui a la main haute sur les forces de s&#233;curit&#233; palestiniennes. Plus de 1 000 personnes sont en d&#233;tention (sans accusation ni proc&#232;s) dans les ge&#244;les palestiniennes o&#249; se pratique, selon les organismes de droits humains, la torture, comme celle qui est &#171; l&#233;gale &#187; en Isra&#235;l o&#249; sont &#233;galement d&#233;tenus plus de 10 000 Palestiniens. Par ailleurs, la situation est p&#233;nible. Plus de 50 % des adultes sont sans travail &#224; Burqin. Les conditions de vie se sont s&#233;rieusement d&#233;t&#233;rior&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Depuis la guerre contre Gaza,&lt;/i&gt; affirme Refaat, &lt;i&gt;c'est la fin de toutes les illusions.&lt;/i&gt; &#187; Pire que l'&#233;tau &#233;conomique est le sentiment d'humiliation v&#233;cu quotidiennement. &#171; &lt;i&gt;Chaque fois que je traverse un barrage,&lt;/i&gt; dit Refaat, &lt;i&gt;j'ai peur que les soldats m'humilient devant mes enfants. On a l'impression que le but est de nous tuer &#224; petit feu, dans le silence.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des temp&#234;tes en attente&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Autour de la table, la discussion ne porte pas tellement sur l'occupation, qu'on consid&#232;re comme une &#171; normalit&#233; &#187;. Mais justement qu'est ce qui peut se passer ? Arafat, un animateur du Front d&#233;mocratique pour la lib&#233;ration de la Palestine (FDLP), avoue que l'&#233;tat de la r&#233;sistance n'est pas reluisant. Le Fatah, principal mouvement politique duquel sont issus les principaux cadres de l'Autorit&#233; palestinienne, est &#224; l'agonie. Parall&#232;lement, le Hamas pour lequel une majorit&#233; de Palestiniens avaient vot&#233; en 2006 a &#233;chou&#233; &#224; d&#233;velopper une alternative. Certes le Hamas a le &#171; m&#233;rite &#187; aux yeux de beaucoup de monde de ne pas capituler. &#171; &lt;i&gt;Mais en fin de compte, Hamas est une sorte de clone de Fatah, avec les m&#234;mes pratiques de corruption et de n&#233;potisme.&lt;/i&gt; &#187; Tout cela regarde mal. Arafat : &#171; &lt;i&gt;Nos forces sont pr&#233;sentement limit&#233;es. &#192; Burqin, nous avons &#171; seulement &#187; une centaine de membres.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis pas certain d'avoir bien compris : &#171; Seulement une centaine de membres &#187;, dans un village de 5 000 personnes ?!? Il nous raconte que durant l'Intifada de 1987, le FDLP pouvait compter sur plusieurs milliers de personnes impliqu&#233;es dans la r&#233;sistance ! Je lui dis qu'&#224; ma connaissance, il existe tr&#232;s peu de villages dans le monde, m&#234;me l&#224; o&#249; la r&#233;sistance est forte, qui comptent &#171; seulement &#187; 100 militants de gauche. En fin de compte pour lui, la question est davantage qualitative. &#171; &lt;i&gt;Nous n'avons plus de leadership.&lt;/i&gt; &#187; Je l'interpelle : &#171; &lt;i&gt;Pourtant Abou Laila, le chef du FDLP, est respect&#233; ?&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;C'est effectivement un homme bien. Mais lui- non plus ne sait pas o&#249; on s'en va. Il critique le capitulationnisme d'Abbas, mais il continue de fonctionner dans le cadre de l'Autorit&#233;. On ne peut &#234;tre des deux c&#244;t&#233;s &#224; la fois.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rencontr&#233; dans son bureau de Ramallah peu avant, Abou Laila m'avoue lui-m&#234;me qu'il a les &#171; mains li&#233;es &#187;. &#171; &lt;i&gt;Nous vivons avec deux &#201;tats policiers, celui du Fatah et celui d'Hamas, tout en ayant encore la chape de plomb de l'occupation.&lt;/i&gt; &#187; Comme la majorit&#233; des gens, il pense que le &#171; gouvernement &#187; actuel a perdu toute l&#233;gitimit&#233;. Mais ses capacit&#233;s de le confronter sont tr&#232;s limit&#233;es. Ce probl&#232;me est g&#233;n&#233;ralis&#233; dans les mouvements de gauche. Mustapha Barghouti, chef de l'Initiative nationale, admet lui-aussi que le probl&#232;me est grave. Il pr&#233;conise la r&#233;sistance civile nonarm&#233;e, dans la tradition de la premi&#232;re Intifada. En m&#234;me temps, il reste tr&#232;s prudent. &#171; &lt;i&gt;L'occupation se consolide.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le tournant de la nuit, l'atmosph&#232;re s'assombrit. Que faire ? Pourtant la Terre tourne. Les militants du FDLP s'activent autour d'une galaxie de projets sociaux, qui permettent d'assurer la survie quotidienne. Ils organisent des coalitions de travailleurs, comme ceux qui sont &#224; l'emploi de la municipalit&#233; et de l'UNWRA, cette grande agence de l'ONU qui travaille en Palestine. &#171; &lt;i&gt;Nous demandons nos droits, non seulement des salaires d&#233;cents, mais des conditions qui sont normales comme le droit de s'&#233;duquer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Nous n'avons pas peur &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ce village ignor&#233; des grands, la flamme de la r&#233;sistance br&#251;le toujours, inalt&#233;rable. J'ose demander : &#171; &lt;i&gt;Pensez vous qu'il faut laisser tomber la lutte arm&#233;e et se concentrer sur la lutte politique ?&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;En Palestine occup&#233;e,&lt;/i&gt; me r&#233;pond Arafat, &lt;i&gt;nous ne sommes pas en Inde. Les Isra&#233;liens ne sont pas les Britanniques. Il serait pr&#233;matur&#233; de d&#233;cr&#233;ter la fin de la r&#233;sistance arm&#233;e. Mais il est vrai qu'historiquement, la r&#233;sistance palestinienne a &#233;t&#233; &#8220;surmilitaris&#233;e&#8221; et &#8220;sous-politis&#233;e&#8221; et il faut remettre les choses &#224; leur place.&lt;/i&gt; &#187; Alors que l'aube se pointe, je mijote tout cela. Je suis encore sous le choc des &#171; 100 militants de gauche &#187;. Si seulement on avait cela chez nous &#8230; !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ici &#224; vrai dire, on est sur une autre plan&#232;te. Pour les Palestiniens, il n'y a pas de capitulation imaginable. Un peuple entier est soulev&#233; m&#234;me si, de p&#233;riode en p&#233;riode, cette r&#233;sistance peut &#234;tre latente, voire dormante. Certes, il n'y a pas de grande &#171; strat&#233;gie alternative &#187; pour briser l'impasse actuelle. Les mouvements de r&#233;sistance ont tendance &#224; perp&#233;tuer les m&#234;mes erreurs et &#224; aboutir au m&#234;me cul-de-sac. Mais l&#224; o&#249; la chose est diff&#233;rente, c'est que cette r&#233;sistance est celle d'un peuple, et non d'un ou de mouvements organis&#233;s. Les occupants ont beau essayer et r&#233;essayer : comment &#233;radiquer un peuple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, dans le mur de l'occupation, il y a de graves fissures politiques, sociales, culturelles. La soci&#233;t&#233; et l'&#201;tat isra&#233;lien sont fractur&#233;s de part en part et bien que la hantise de l'&#171; autre &#187; reste un ciment efficace, on peut penser que l'&#233;difice n'est pas durable. Il en est de m&#234;me, &#224; un autre niveau bien s&#251;r, avec l'Empire am&#233;ricain, si puissant et si faible, capable de mener la guerre sans fin d'un bout &#224; l'autre du monde, incapable de r&#233;duire des insurg&#233;s d&#233;termin&#233;s en Irak, en Afghanistan, au Liban et ailleurs. Aussi, lorsque l'occupant et ses supporteurs fl&#233;chiront, Burqin sera &#224; nouveau embras&#233;. Des milliers seront dans la rue &#224; brandir leurs embl&#232;mes, &#224; paralyser l'occupation, &#224; r&#233;sister encore comme toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matin est arriv&#233;. Le ciel est laiteux. Le village s'anime. Les enfants se pr&#233;parent &#224; partir &#224; l'&#233;cole. On mange un peu. Je suis g&#234;n&#233; de partir. &#171; &lt;i&gt;Tu reviendras. Et souviens-toi, nous n'avons pas peur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>R&#233;inventer le social dans le national </title>
		<link>https://www.ababord.org/Reinventer-le-social-dans-le</link>
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		<dc:date>2009-12-12T21:32:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaudet</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Beaudet, Pierre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant longtemps, les mouvements progressistes qu&#233;b&#233;cois se sont battus pour un projet d'&#233;mancipation &#224; la fois social et national. Dans les ann&#233;es 1960, c'&#233;tait la gauche qui mettait de l'avant un projet ind&#233;pendantiste et socialiste pour briser la structure quasi coloniale qui dominait le Qu&#233;bec, et cela, dans une perspective anticapitaliste et anti-imp&#233;rialiste. Quant le PQ est apparu dans le d&#233;cor, il y a eu comme une d&#233;connexion entre les deux dimensions, sociale et nationale. Lib&#233;ral (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beaudet-Pierre-+" rel="tag"&gt;Beaudet, Pierre&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton937.gif?1642092279' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1047&#034; height=&#034;732&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant longtemps, les mouvements progressistes qu&#233;b&#233;cois se sont battus pour un projet d'&#233;mancipation &#224; la fois social et national. Dans les ann&#233;es 1960, c'&#233;tait la gauche qui mettait de l'avant un projet ind&#233;pendantiste et socialiste pour briser la structure quasi coloniale qui dominait le Qu&#233;bec, et cela, dans une perspective anticapitaliste et anti-imp&#233;rialiste. Quant le PQ est apparu dans le d&#233;cor, il y a eu comme une d&#233;connexion entre les deux dimensions, sociale et nationale. Lib&#233;ral dans le sens philosophique du terme, le PQ, sous l'&#233;gide des L&#233;vesque et Parizeau, voulait en bout de ligne &#171; un &#201;tat normal et capitaliste &#187;, m&#234;me si ses dirigeants &#233;taient sensibles aux pressions de ceux et celles, les syndicats notamment, qui voulaient que ce parti approfondisse les r&#233;formes entreprises pendant la r&#233;volution tranquille. Plus tard, apr&#232;s la d&#233;faite du premier r&#233;f&#233;rendum, le PQ est rentr&#233; dans le rang, effectivement, comme d&#233;fenseur de l'autonomie provinciale d'une part, et comme &#171; bon gestionnaire &#187; du n&#233;olib&#233;ralisme d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; qui appartient la &#171; question nationale &#187; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une fois revenu au pouvoir en 1994, le PQ a fait une deuxi&#232;me tentative de r&#233;f&#233;rendum, mais il a &#233;chou&#233;. Fait &#224; noter, les &#233;lites qu&#233;b&#233;coises sont devenues confortables dans leur statut de &#171; bourgeoisie &#187; et donc craintives de rompre le lien avec l'&#201;tat canadien. En r&#233;alit&#233;, cette &#233;lite devenue &#171; Qu&#233;bec Inc. &#187; demeure subordonn&#233;e aux secteurs dominants du Canada et des &#201;tats-Unis, mais elle dispose d'une base financi&#232;re et politique r&#233;elle qui lui permet d'esp&#233;rer se faire une place au soleil du capitalisme n&#233;olib&#233;ralis&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Devant cela, les classes populaires, qui ont majoritairement apport&#233; un appui critique au PQ, s'interrogent. Certes, le gros bon sens dit toujours qu'il faut battre la droite. Mais aujourd'hui par contre, ce sentiment que le PQ est le &#171; moins pire &#187; s'effiloche. &#192; vrai dire, le PQ lui-m&#234;me est en crise profonde, incapable de trancher entre une tendance social-d&#233;mocrate plut&#244;t timide et les &#171; Lucides &#187; qui voudraient &#171; recentrer &#187; le parti vers la droite. Il ressort de tout cela qu'un nouveau projet d'&#233;mancipation sociale et nationale doit prendre forme, et cela devra se faire &#224; l'ext&#233;rieur du PQ.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sortir du cercle vicieux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le pass&#233;, les mouvements populaires ont fait preuve &#224; plusieurs reprises de courage et d'imagination. Le mouvement des femmes a remis au centre de l'agenda la question de la pauvret&#233; et de l'exclusion (&lt;i&gt;Marche des femmes&lt;/i&gt;). Coalis&#233;s dans une grande alliance, les mouvements se sont appropri&#233; la perspective altermondialiste (&lt;i&gt;Sommet des peuples&lt;/i&gt;). Ils ont bloqu&#233; les &#171; r&#233;formes &#187; de Charest (gr&#232;ves de 2003). Les mouvements &#233;tudiants ont repris le flambeau (2005). Parall&#232;lement, un nouveau projet politique a pris forme autour de Qu&#233;bec solidaire. Les enjeux sont actuellement immenses, car les &#233;lites qu&#233;b&#233;coises, comme les &#233;lites canadiennes, veulent faire payer la crise aux classes populaires. Mais m&#234;me si un certain d&#233;faitisme se sent ici et l&#224;, l'heure n'est pas &#224; la capitulation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nos d&#233;fis&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, le projet d'une &lt;i&gt;Assembl&#233;e constituante&lt;/i&gt; mis de l'avant par Qu&#233;bec solidaire appara&#238;t comme une excellente id&#233;e, dans le but de refaire un nouveau consensus progressiste. La question nationale, du moins d'un point de vue de gauche, est une dimension de la question sociale (et non l'inverse). C'est l'&#233;lan d'&#233;mancipation des classes populaires qui doit porter un projet de refondation d'un &#201;tat r&#233;publicain, inclusif, respectueux des droits politiques, mais aussi sociaux et &#233;conomiques. Il y a plusieurs grands d&#233;fis donc qui se posent pour une telle refondation et j'en mentionnerai seulement quelques-uns.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Refonder la &#171; nation populaire &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nation est un construit, un acte politique et id&#233;ologique, et non une donn&#233;e &#171; immuable &#187; ou d&#233;finie par quelques traits &#171; essentiels &#187; (ethniques ou seulement linguistiques). Aujourd'hui, notre &#171; nation &#187; doit &#234;tre d&#233;finie comme un &#171; acte &#187; mobilisateur et symbolique et inclure tous les citoyens et citoyennes qui habitent le territoire. Nous devons nous opposer totalement &#224; ces fractures impos&#233;es par la gestion n&#233;olib&#233;rale et &#224; ce qui en d&#233;coule, un nationalisme ethnique, de droite, diviseur. La lutte pour inclure dans notre construction nationale nos fr&#232;res et s&#339;urs venus d'ailleurs est fondamentale. Une nouvelle d&#233;finition de la nation ne peut venir du &#171; sang &#187; des anc&#234;tres, mais par l'adh&#233;sion &#224; un projet populaire, alternatif, d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Ensemble avec les peuples am&#233;rindiens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas propri&#233;taires du territoire qui s'appelle le Qu&#233;bec, mais copropri&#233;taires. Les peuples am&#233;rindiens ont autant de droit que nous sur cette terre. Et attention, on ne r&#233;glera pas cette question en mettant un peu plus d'argent dans les programmes financ&#233;s par les profits hydro-&#233;lectriques et miniers r&#233;alis&#233;s sur leur dos. C'est une question &#233;thique, mais aussi politique : sans cette alliance avec les peuples am&#233;rindiens, nous ne parviendrons pas &#224; battre en br&#232;che les &#233;lites qui vont nous jouer les uns contre les autres, en gardant &#224; l'&#339;il les gigantesques ressources qui sont localis&#233;es dans le nord. De plus, cette n&#233;cessaire cogestion avec les Am&#233;rindiens nous oblige &#224; sortir du cercle vicieux de la &#171; croissance pour la croissance &#187;, de la destruction de l'environnement au nom du &#171; progr&#232;s &#187; et de l'enfermement dans le consum&#233;risme, socle de l'individualisme possessif qui fonde le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Lutter avec le peuple canadien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut, appelons cela pour &#234;tre provocateur, une &#171; souverainet&#233; &#8211; association &#187; populaire et de gauche avec le peuple canadien. Bien que notre nation qu&#233;b&#233;coise ait la capacit&#233; et le droit d'&#233;tablir un &#201;tat ind&#233;pendant, nous allons rester voisins, et dans une large mesure partenaires, du peuple canadien, par l'histoire, la g&#233;ographie et l'&#233;conomie, et &#233;galement par une volont&#233; commune de s'opposer aux vell&#233;it&#233;s h&#233;g&#233;moniques des &#201;tats-Unis. Si cette dimension n'est pas appropri&#233;e, il y a un risque &#233;lev&#233; que l'Empire &#233;tats-unien cherche &#224; s'immiscer davantage et &#224; appuyer les &#233;lites canadiennes et qu&#233;b&#233;coises dont on conna&#238;t la propension &#224; se subordonner. Le projet d'&#233;mancipation sociale et nationale d'aujourd'hui ne peut &#234;tre limit&#233; &#224; constituer un &#201;tat ou une nation &#171; comme les autres &#187;. Certes, il faudra avec nos partenaires canadiens identifier les &#171; formules &#187; qui rendront cette solidarit&#233; r&#233;alisable, mais en attendant, nous devons rester fortement et r&#233;ciproquement solidaires des luttes populaires au Canada et au Qu&#233;bec contre des &#233;lites qui sont par ailleurs les &#171; n&#244;tres &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ce qu'on peut apprendre de l'Am&#233;rique latine</title>
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		<dc:creator>Pierre Beaudet</dc:creator>


		<dc:subject>Altermondialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Beaudet, Pierre</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es tout le monde le sait, l'Am&#233;rique latine est en &#233;bullition. Les &#233;lections am&#232;nent des coalitions de gauche et de centre-gauche au pouvoir d'un bout &#224; l'autre du continent, au Br&#233;sil, en Uruguay, au Nicaragua et ailleurs. D'immenses mobilisations populaires se d&#233;veloppent comme autant d'&#233;normes grains de sable enrayant la machine n&#233;olib&#233;rale, comme au Mexique, au Chili, en Argentine. De gigantesques efforts sont consentis par tout le monde pour se &#171; d&#233;sengluer &#187; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Amerique-latine-Virage-a-" rel="directory"&gt;Dossier : Am&#233;rique latine - Virage &#224; gauche&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Altermondialisme-+" rel="tag"&gt;Altermondialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Beaudet-Pierre-+" rel="tag"&gt;Beaudet, Pierre&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton798.gif?1642092274' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;620&#034; height=&#034;702&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es tout le monde le sait, l'Am&#233;rique latine est en &#233;bullition. Les &#233;lections am&#232;nent des coalitions de gauche et de centre-gauche au pouvoir d'un bout &#224; l'autre du continent, au Br&#233;sil, en Uruguay, au Nicaragua et ailleurs. D'immenses mobilisations populaires se d&#233;veloppent comme autant d'&#233;normes grains de sable enrayant la machine n&#233;olib&#233;rale, comme au Mexique, au Chili, en Argentine. De gigantesques efforts sont consentis par tout le monde pour se &#171; d&#233;sengluer &#187; de l'empire &#233;tats-unien et pour promouvoir un processus d'int&#233;gration par et pour les peuples, comme dans le cadre du projet de l'ALBA. Ces profonds changements historiques nous concernent de mani&#232;re directe et imp&#233;rieuse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s des ann&#233;es de repli, le mouvement populaire latino-am&#233;ricain est de retour, combatif, imaginatif, confiant : les grandes batailles pour l'eau (Bolivie), pour l'&#233;ducation (Chili), pour la r&#233;forme agraire (Br&#233;sil) et pour les droits des autochtones (Mexique) continuent. Partout, c'est le m&#234;me refus du n&#233;olib&#233;ralisme, non seulement comme syst&#232;me inique, mais aussi comme terrible &#171; &lt;i&gt;malgestion&lt;/i&gt; &#187; de l'&#233;conomie. &#192; part des secteurs tr&#232;s minoritaires appartenant aux anciennes &#233;lites, plus personne ne pr&#233;conise le laisser-faire qui pr&#233;valait jusqu'&#224; r&#233;cemment. En outre, les populations ne croient plus aux mensonges r&#233;p&#233;t&#233;s par les m&#233;dias principaux, d'o&#249; une v&#233;ritable d&#233;connexion entre la pens&#233;e unique et l'opinion publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que cela &#171; nous &#187; dit ? Bloquer la machine, engager la bataille des id&#233;es sur les faits, qui sont t&#234;tus. Le droit de dire NON n'est pas n&#233;gociable, m&#234;me lorsqu'un gouvernement pr&#233;tend trouver des accommodements &#171; raisonnables &#187;. Ainsi, le Mouvement des Sans-terre au Br&#233;sil, tout en appuyant Lula pour faire &#233;chec au retour de la droite, continue ses mobilisations de masse afin de forcer la r&#233;forme agraire &#171; par en bas &#187;. Il ne se contente pas de faire partie des tables de concertation mises en place par le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Question pour &#171; nous &#187;&lt;/i&gt; : n'est-ce pas le temps de renouer avec une approche de lutte, de r&#233;sistance et laisser de c&#244;t&#233;, au moins partiellement, le &#171; dialogue &#187; et la &#171; r&#233;conciliation &#187; des classes, qui pr&#233;valent depuis quelques ann&#233;es au Qu&#233;bec ? Est-ce possible de faire cela &#224; une grande &#233;chelle, comme les &#233;tudiants et les &#233;tudiantes l'ont fait en 2005, sans tomber dans le pi&#232;ge de faire &#171; la lutte pour la lutte &#187;, mais aussi pour gagner ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Du &#187; et &#171; de la &#187; politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On le sait, l'intervention des mouvements sur le terrain politique c'est risqu&#233;, c'est glissant. Mais il faut le faire, sans illusion ni na&#239;vet&#233;. Au Br&#233;sil par exemple, Lula et la coalition de centre-gauche au pouvoir ne repr&#233;sente &lt;i&gt;pas&lt;/i&gt; un processus de transformation coh&#233;rent. &#192; l'int&#233;rieur du PT, l'alignement des astres a bascul&#233; en faveur des technocrates et des ex-syndicalistes trop contents d'&#234;tre assis &#224; des conseils d'administration. Pourtant, les mouvements populaires font de la politique, &#224; la fois avec et contre Lula. Ils savent man&#339;uvrer, louvoyer, souffler le chaud et le froid, tant pour gagner des batailles imm&#233;diates que pour pr&#233;server l'autonomie du mouvement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Bolivie, l'architecture du pouvoir est boulevers&#233;e parce que le MAS, le mouvement d'Evo Morales, est une coalition de coalitions bas&#233;e sur les mouvements populaires, principalement paysans et autochtones. Au Venezuela, des organisations de base b&#233;n&#233;ficient de l'espace ouvert par le processus bolivarien pour s'organiser, tout en r&#233;sistant &#224; la tutelle de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, il s'agit &#224; la fois de continuer la bataille &#224; long terme, dans un contexte o&#249; on ne peut d&#233;cr&#233;ter la mort du n&#233;olib&#233;ralisme si facilement, tout en allant chercher des acquis partiels, qui donnent de la confiance et de l'&#233;nergie. Tout cela d&#233;gage une question pour &#171; nous &#187; : est-ce pensable que le mouvement populaire qu&#233;b&#233;cois s'engage &#171; &#224; fond la caisse &#187; dans la politique &#171; r&#233;ellement existante &#187;, avec ses pi&#232;ges et ses contradictions, tout en r&#233;conciliant le court et le long terme ? Qu'est-ce qu'il faut attendre pour s'investir dans &lt;i&gt;Qu&#233;bec solidaire&lt;/i&gt;, par exemple ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#171; subalternes &#187; au premier plan&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement social en Am&#233;rique latine n'est plus le m&#234;me que celui qui dominait il y a quelques d&#233;cennies. Le n&#233;olib&#233;ralisme a terriblement affaibli les classes moyennes et ouvri&#232;res, dont les organisations (syndicats, partis de gauche traditionnels) ont subi le choc. Aujourd'hui, ce sont de nouveaux acteurs qui prennent le relais, notamment des mouvements paysans et autochtones. Pour ceux-ci, le d&#233;fi est non seulement de confronter le n&#233;olib&#233;ralisme, mais aussi de confronter l'&#171; ancienne &#187; gauche. Par exemple, la grande bataille est pour r&#233;habiliter l'agriculture paysanne, ce qui ne veut pas dire abandonner l'industrie pour autant. Pour les autochtones, les revendications sont aussi sociales et culturelles, dans le sens de la reconqu&#234;te de leur dignit&#233;, de leurs valeurs, de leur identit&#233;. Certes, la question se pose diff&#233;remment au Qu&#233;bec. Mais attention, regardons bien autour de nous. Autour des classes populaires traditionnelles (qui ont un emploi relativement stable et des conditions de travail r&#233;gul&#233;es), il y a toute une &#171; multitude &#187; dans une soci&#233;t&#233; de plus en plus &#224; deux vitesses&#8230; ou &#224; deux &#233;tages. Qui subit le choc du travail pr&#233;caire, de l'absence de r&#233;gulation, de la discrimination, voire de la r&#233;pression ? Est-ce qu'il est possible de bloquer l'avenir d'un Montr&#233;al r&#234;v&#233; par les mondialiseurs et les grands promoteurs et de d&#233;fendre les communaut&#233;s de plus en plus exclues &#224; Montr&#233;al-Nord et &#224; Pointe Saint-Charles ? Que dire de la situation des immigrants et des immigrantes qui doivent vivre l'inacceptable dans leur milieu de travail tout en &#233;tant les cibles de discriminations &lt;i&gt;soft&lt;/i&gt; ou dures, en d&#233;pit et bien au-del&#224; des &#171; accommodements raisonnables &#187; ? Quand le mouvement social qu&#233;b&#233;cois fera-t-il de la place &#224; ces &#171; nouveaux &#187; subalternes ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un nouvel internationalisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'aventure latino-am&#233;ricaine actuelle se fait au nom d'une ouverture au monde. L'heure est termin&#233;e de penser en termes d'un projet &#233;troitement national. L'ALBA et d'autres grands projets qui traversent le continent, de m&#234;me que les coordinations continentales de mouvements paysans, syndicaux, &#233;cologistes, d&#233;coulent tous d'une vision o&#249; c'est la perspective globale qui pr&#233;vaut, car sans cela, il n'y aura pas de r&#233;sistance valable contre le n&#233;olib&#233;ralisme et l'empire &#233;tats-unien. Aussi, un peu partout, l'internationalisme n'est plus une chanson qu'on chante &#224; la fin des &lt;i&gt;meetings&lt;/i&gt; ou une belle r&#233;solution en fin de congr&#232;s, mais une plateforme imm&#233;diate, concr&#232;te, imp&#233;rative. L&#224; encore, cela peut nous faire r&#233;fl&#233;chir. Comment r&#233;concilier notre identit&#233; et nos batailles sp&#233;cifiques avec des perspectives plus larges qui nous concernent, en tant que village d'Ast&#233;rix juch&#233; au c&#339;ur de l'Am&#233;rique du Nord ? Comment non seulement se concerter mais construire des strat&#233;gies communes avec les autres peuples de notre bout de plan&#232;te, canadiens-anglais, autochtones, &#233;tats-uniens, communaut&#233;s &lt;i&gt;latinas&lt;/i&gt; des &#201;tats-Unis ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pierre Beaudet&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militant altermondialiste et professeur de sociologie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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