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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Se r&#233;aliser comme militant politique dans la soixantaine</title>
		<link>https://www.ababord.org/Se-realiser-comme-militant-politique-dans-la-soixantaine</link>
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		<dc:date>2021-07-26T14:37:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Cliche</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Mouvement associatif et communautaire</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Cliche, Paul </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;M&#234;me si j'ai milit&#233; politiquement d&#232;s la vingtaine, les circonstances ont fait que ce n'est que dans la soixantaine que je me suis r&#233;alis&#233; pleinement dans ce domaine. Les nombreuses exp&#233;riences que j'avais v&#233;cues auparavant m'avaient laiss&#233; insatisfait parce qu'elles n'avaient pas connu d'aboutissement qui leur aurait assur&#233; un certain caract&#232;re de p&#233;rennit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'estime que la cr&#233;ation de Qu&#233;bec solidaire en 2006 est la principale r&#233;alisation de ma vie de militant politique. Cette aventure, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Vieillr-" rel="directory"&gt;Dossier : Vieillir&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Mouvement-associatif-et-+" rel="tag"&gt;Mouvement associatif et communautaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cliche-Paul-+" rel="tag"&gt;Cliche, Paul &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3165.png?1642092261' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;372&#034; height=&#034;459&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;M&#234;me si j'ai milit&#233; politiquement d&#232;s la vingtaine, les circonstances ont fait que ce n'est que dans la soixantaine que je me suis r&#233;alis&#233; pleinement dans ce domaine. Les nombreuses exp&#233;riences que j'avais v&#233;cues auparavant m'avaient laiss&#233; insatisfait parce qu'elles n'avaient pas connu d'aboutissement qui leur aurait assur&#233; un certain caract&#232;re de p&#233;rennit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'estime que la cr&#233;ation de Qu&#233;bec solidaire en 2006 est la principale r&#233;alisation de ma vie de militant politique. Cette aventure, qui a permis l'union de la gauche, a commenc&#233; quelques mois apr&#232;s ma retraite en 1997. Avec le concours de &lt;em&gt;L'aut'journal&lt;/em&gt;, j'ai d'abord agi comme bougie d'allumage pour mettre sur pied un mouvement d'action politique appel&#233; le Rassemblement pour une alternative politique (RAP). Ce dernier a regroup&#233; quelques centaines de progressistes se sentant trahis par la conversion au n&#233;olib&#233;ralisme du gouvernement p&#233;quiste de Lucien Bouchard. Puis est survenue, en 2001, l'&#233;lection dans Mercier o&#249;, pour la premi&#232;re fois, la plupart des petits partis de gauche se sont ralli&#233;s autour d'une candidature commune. J'ai eu l'honneur d'&#234;tre le porte-&#233;tendard de cette alliance et j'ai obtenu un score inesp&#233;r&#233; de pr&#232;s de 25 % des votes. Ce r&#233;sultat probant a permis de franchir une &#233;table cruciale : la fusion de trois partis de gauche qui, en 2002, donne naissance &#224; l'Union des forces progressistes (UFP). Pour couronner cette avanc&#233;e survient, en 2006, la cr&#233;ation de Qu&#233;bec solidaire, issu de la fusion de l'UFP et du mouvement Option citoyenne. Et aujourd'hui encore, &#224; l'or&#233;e de ma 85e ann&#233;e, je contribue du mieux que je peux au combat pour l'&#233;mancipation sociale et la lib&#233;ration nationale du Qu&#233;bec.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Entre jeunes et personnes retrait&#233;es&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ussite de ce processus s'explique en bonne partie par la collaboration qui s'est &#233;tablie entre plusieurs v&#233;t&#233;rans des luttes sociopolitiques &#224; la retraite et une arm&#233;e de jeunes militant&#183;e&#183;s qui en &#233;taient &#224; leur premi&#232;re exp&#233;rience. Une autre constatation : les personnes a&#238;n&#233;es n'ont jamais tent&#233; de monopoliser les postes de direction ni de s'accrocher &#224; ceux-ci. Elles s'en sont retir&#233;es graduellement pour laisser place &#224; la rel&#232;ve tout en continuant &#224; militer de fa&#231;on plus effac&#233;e. Je profite de l'occasion pour rendre hommage &#224; l'une de ces militantes de l'ombre : Christine Dumas, d&#233;c&#233;d&#233;e il y a quelques mois.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois donc fermement &#224; la n&#233;cessit&#233; de l'implication des personnes a&#238;n&#233;es en politique. J'ai moi-m&#234;me b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien id&#233;ologique de Pierre Vadeboncoeur au Secr&#233;tariat d'action politique de la CSN &#224; la fin des ann&#233;es 1960 alors que nous implantions des comit&#233;s d'action politique &#224; tous les niveaux de la centrale. Par la suite, Michel Chartrand est devenu mon mentor. D'abord dans l'aventure du FRAP, ce parti de gauche montr&#233;alais, dont j'&#233;tais le pr&#233;sident, qui a affront&#233; le maire Jean Drapeau lors des &#233;lections municipales co&#239;ncidant avec la crise d'Octobre de 1970. Puis dans la mise en &#339;uvre des chantiers auxquels la CSN a collabor&#233; dans le cadre du &#171; deuxi&#232;me front&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Philippe Boudreau, &#171; Le Deuxi&#232;me front a 50 ans &#187;, &#192; b&#226;bord !, no 78, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; : l'hebdomadaire &#224; grand tirage &lt;em&gt;Qu&#233;bec-Presse &lt;/em&gt;et les supermarch&#233;s coop&#233;ratifs Cooprix.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mouvement pour une d&#233;mocratie nouvelle (MDN) constitue un autre cas o&#249; l'apport des a&#238;n&#233;&#183;e&#183;s se fait sentir de fa&#231;on b&#233;n&#233;fique. Cr&#233;&#233; en 1999, cet organisme communautaire, dont j'ai &#233;t&#233; l'un des cofondateurs, n'a cess&#233; de faire la promotion de l'instauration d'un mode de scrutin proportionnel au Qu&#233;bec. Deux personnes a&#238;n&#233;es sont aujourd'hui au gouvernail : l'ancien ministre p&#233;quiste Jean-Pierre Charbonneau, qui est pr&#233;sident du MDN, tandis que l'ancienne d&#233;put&#233;e solidaire Fran&#231;oise David en est la vice-pr&#233;sidente.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Philippe Boudreau, &#171; Le Deuxi&#232;me front a 50 ans &#187;, &lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt;, no 78, mars 2018. &lt;a data-cke-saved- href='http://www.ababord.org/Le-Deuxieme-front-a-50-ans' href=&#034;http://www.ababord.org/Le-Deuxieme-front-a-50-ans&#034;&gt;Disponible en ligne&lt;/a&gt;. NDLR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Paul Cliche est auteur du livre &lt;i&gt;Un militant qui n'a jamais l&#226;ch&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : &lt;i&gt;Ernst Josephson&lt;/i&gt; (peinture : Louise Catherine Breslau, 1886).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le projet de loi 39 r&#233;formant le mode de scrutin doit avoir toutes les chances d'&#234;tre am&#233;lior&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-projet-de-loi-39-reformant-le-mode-de-scrutin-doit-avoir-toutes-les-chances-d-etre-ameliore</link>
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		<dc:date>2020-07-13T14:40:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Cliche, Merc&#233;dez Roberge</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Cliche, Paul </dc:subject>
		<dc:subject>Roberge, Merc&#233;dez</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lorsque l'Assembl&#233;e nationale reprendra ses travaux le 15 septembre prochain, le gouvernement Legault entreprendra la seconde moiti&#233; de son mandat. Nous souhaitons vivement que le menu l&#233;gislatif que le premier ministre annoncera alors inclut le projet de loi 39 visant &#224; remplacer le mode de scrutin majoritaire actuel par un syst&#232;me mixte &#224; finalit&#233; proportionnelle. Nous l'incitons &#233;galement &#224; renoncer &#224; tenir un r&#233;f&#233;rendum sur ce sujet qui aurait lieu en m&#234;me temps que les &#233;lections de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-84-ete-2020-" rel="directory"&gt;No 084 - &#233;t&#233; 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-quebecoise-+" rel="tag"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cliche-Paul-+" rel="tag"&gt;Cliche, Paul &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Roberge-Mercedez-+" rel="tag"&gt;Roberge, Merc&#233;dez&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2949.png?1642092247' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;735&#034; height=&#034;428&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lorsque l'Assembl&#233;e nationale reprendra ses travaux le 15 septembre prochain, le gouvernement Legault entreprendra la seconde moiti&#233; de son mandat. Nous souhaitons vivement que le menu l&#233;gislatif que le premier ministre annoncera alors inclut le projet de loi 39 visant &#224; remplacer le mode de scrutin majoritaire actuel par un syst&#232;me mixte &#224; finalit&#233; proportionnelle. Nous l'incitons &#233;galement &#224; renoncer &#224; tenir un r&#233;f&#233;rendum sur ce sujet qui aurait lieu en m&#234;me temps que les &#233;lections de 2022.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Non seulement s'agit-il d'un projet de loi qui donne suite &#224; une promesse phare de la Coalition Avenir Qu&#233;bec, lors de la campagne &#233;lectorale de 2018, mais la r&#233;alisation de cette r&#233;forme permettrait de tourner enfin la page sur les &#233;checs subis par le gouvernement du Parti qu&#233;b&#233;cois en 1984 et celui du Parti lib&#233;ral en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La Commission des institutions a entrepris l'&#233;tude du projet de loi 39 en janvier et f&#233;vrier derniers. Elle a alors re&#231;u une cinquantaine d'avis par des auditions et des m&#233;moires pr&#233;sent&#233;s par des organismes importants de la soci&#233;t&#233; civile et des citoyens familiers avec la question. Un message tr&#232;s clair a alors &#233;t&#233; livr&#233; : de s&#233;rieuses modifications sont n&#233;cessaires pour que le mod&#232;le mixte propos&#233; soit vraiment proportionnel et pour y inclure des mesures efficaces afin de diversifier la classe politique. Quant &#224; son mode d'adoption, la proposition gouvernementale de le soumettre au r&#233;f&#233;rendum a &#233;t&#233; refus&#233;e quasi unanimement, surtout si celui-ci se tenait en m&#234;me temps que les prochaines &#233;lections. Rappelons que c'est pour repousser l'application du nouveau syst&#232;me aux &#233;lections de 2026 que le gouvernement a propos&#233; de tenir un r&#233;f&#233;rendum en 2022, et ce, afin de rassurer les membres de son caucus qui craignaient pour leur r&#233;&#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais la pand&#233;mie n'a pas permis d'entreprendre l'&#233;tude d&#233;taill&#233;e du projet de loi qui compte 400 articles. Cette derni&#232;re n&#233;cessitera certes une &#233;nergie consid&#233;rable, du moins, si le gouvernement est ouvert aux suggestions re&#231;ues et s'il accorde &#224; la commission parlementaire le temps n&#233;cessaire. Or, on pr&#233;voit que le rythme de l'Assembl&#233;e nationale sera chamboul&#233; pendant encore longtemps, pour traiter tous les dossiers li&#233;s &#224; la pand&#233;mie, mais aussi en raison des cons&#233;quences de la distanciation physique sur les travaux parlementaires. Le premier ministre n'&#233;tant pas connu pour sa patience envers ce type de travaux, le risque est grand d'assister &#224; une finale pr&#233;cipit&#233;e, ou pire, au recours &#224; un 5e b&#226;illon depuis son &#233;lection. Cela ne manquerait pas d'&#234;tre vu comme un proc&#233;d&#233; partisan, puisque la CAQ est avantag&#233;e par le projet de loi sous sa forme actuelle, surtout que cet empressement ne viserait qu'&#224; respecter un calendrier r&#233;f&#233;rendaire rejet&#233; lors de la consultation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ainsi, en plus de ne pas &#234;tre n&#233;cessaire, un r&#233;f&#233;rendum mettrait une pression indue sur le calendrier d'adoption du projet de loi 39. En effet, une dur&#233;e de 18 mois &#233;tant n&#233;cessaire pour organiser la tenue ce dernier, le calendrier ne tiendrait plus si l'adoption du projet de loi survenait apr&#232;s mars 2021. Or, cet objectif ne pourrait &#234;tre atteint que si le gouvernement refusait de corriger les lacunes de son projet de loi ou, ce qui serait tout aussi ind&#233;cent, en raccourcissant le calendrier r&#233;f&#233;rendaire sens&#233; permettre un exercice d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous voyons mal le gouvernement, dans le contexte socio-&#233;conomique et sanitaire qui r&#233;sultera de la pand&#233;mie, dire &#224; la population que plusieurs mois d'&#233;nergie et de fonds publics serviront &#224; ent&#233;riner un projet de loi d&#233;j&#224; adopt&#233;. La simultan&#233;it&#233; de deux campagnes- &#233;lectorale et r&#233;f&#233;rendaire- favoriserait d&#233;j&#224; le statu quo quant au mode de scrutin. La nouvelle conjoncture accentuerait encore davantage ce ph&#233;nom&#232;ne puisque l'attention des partis politiques, de la population et des m&#233;dias seront vraiment ailleurs. Il est ainsi facile de pr&#233;voir que la campagne &#233;lectorale de 2022 servira en bonne partie &#224; juger des actions du gouvernement durant la pand&#233;mie et qu'y tenir un r&#233;f&#233;rendum au m&#234;me moment constitue une man&#339;uvre pour que le &#8216;non' l'emporte. Pour choisir en toute connaissance de cause, le seul type de r&#233;f&#233;rendum envisageable en serait un de confirmation, apr&#232;s quelques &#233;lections avec le nouveau mode de scrutin, comme l'a fait la Nouvelle-Z&#233;lande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous encourageons donc le gouvernement &#224; prendre la seule d&#233;cision qui s'impose, et annoncer qu'il renonce &#224; tenir un r&#233;f&#233;rendum, &#224; la fois par respect pour la situation socio-&#233;conomique et sanitaire qui pr&#233;vaudra d'ici 2022, que pour montrer qu'il sait &#233;couter lorsqu'il tient une consultation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le gouvernement ne devant cependant pas repousser ind&#251;ment la suite des travaux de la Commission des institutions, nous l'encourageons &#224; annoncer du m&#234;me souffle que l'&#233;tude d&#233;taill&#233;e du projet de loi d&#233;butera suffisamment t&#244;t pour qu'il soit adopt&#233; avant la fin des travaux de juin 2022. Le premier ministre ayant lui-m&#234;me reconnu que la &lt;a href=&#034;https://www.lesoleil.com/actualite/francois-legault-orchestrer-le-chaos-3e3c8a94256bb01583c681b5bfba1635&#034;&gt;collaboration entre les partis&lt;/a&gt;, dont il a pu b&#233;n&#233;ficier ces derniers mois, serait facilit&#233;e par un nouveau mode de scrutin, annoncer un calendrier r&#233;aliste permettrait au projet de loi de b&#233;n&#233;ficier de toute l'attention qu'il m&#233;rite, sans que cela soit per&#231;u comme une baisse de motivation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous militons tous les deux depuis fort longtemps et nous regrettons qu'un nouveau syst&#232;me &#233;lectoral n'ait pas encore &#233;t&#233; adopt&#233;. Nous souhaitions &#233;videmment que cela soit une r&#233;alit&#233; pour les &#233;lections de 2022, tel que le pr&#233;voyait l'entente transpartisane, sign&#233;e notamment par la CAQ en 2018. Mais devant cette impossibilit&#233;, nous choisissons de donner au projet de loi 39 toutes les chances d'&#234;tre am&#233;lior&#233;. Nous comptons sur le premier ministre pour mener &#224; bien cette t&#226;che durant ce pr&#233;sent mandat, pour une mise en application de la r&#233;forme en 2026. Cela n&#233;cessite un calendrier de travail permettant d'atteindre cet objectif, et non un rendez-vous artificiel avec un r&#233;f&#233;rendum non n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Merc&#233;dez Roberge est l'autrice du livre &lt;i&gt;Des &#233;lections &#224; inventer-un pouvoir &#224; partager&lt;/i&gt; (2019), pr&#233;sidente du Mouvement d&#233;mocratie nouvelle (2003-2010).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Cliche est l'auteur du livre &lt;i&gt;Pour r&#233;duire le d&#233;ficit d&#233;mocratique : le scrutin proportionnel&lt;/i&gt; (1999), membre fondateur du Mouvement d&#233;mocratie nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Sergio Rosemont&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fusion QS et ON. Une avanc&#233;e pour la gauche ind&#233;pendantiste ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Fusion-QS-et-ON-Une-avancee-pour-la-gauche-independantiste</link>
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		<dc:date>2019-02-21T02:58:13Z</dc:date>
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		<dc:creator>Paul Cliche</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Cliche, Paul </dc:subject>

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&lt;p&gt;En ratifiant massivement &#224; leurs congr&#232;s respectifs l'entente de principe de fusion, Qu&#233;bec solidaire et Option nationale ont profit&#233; de la conjoncture pour accro&#238;tre le rapport de force de la gauche ind&#233;pendantiste sur l'&#233;chiquier politique qu&#233;b&#233;cois. Cette fusion a le potentiel de redresser la dynamique qui tire inexorablement le mouvement souverainiste vers le bas depuis le virage &#224; droite du Parti qu&#233;b&#233;cois, il y a deux d&#233;cennies. &lt;br class='autobr' /&gt; L'unification de QS et ON constitue aussi une &#233;tape (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En ratifiant massivement &#224; leurs congr&#232;s respectifs l'entente de principe de fusion, Qu&#233;bec solidaire et Option nationale ont profit&#233; de la conjoncture pour accro&#238;tre le rapport de force de la gauche ind&#233;pendantiste sur l'&#233;chiquier politique qu&#233;b&#233;cois. Cette fusion a le potentiel de redresser la dynamique qui tire inexorablement le mouvement souverainiste vers le bas depuis le virage &#224; droite du Parti qu&#233;b&#233;cois, il y a deux d&#233;cennies.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'unification de QS et ON constitue aussi une &#233;tape importante dans le long processus de rassemblement de la gauche ind&#233;pendantiste, qui a le potentiel d'offrir une v&#233;ritable alternative aux partis n&#233;o- lib&#233;raux. Le parti unifi&#233; deviendra en effet le fer de lance du changement social et de l'ind&#233;pendantisme au Qu&#233;bec. Il insufflera un nouvel &#233;lan &#224; la lutte pour l'&#233;mancipation sociale et la lib&#233;ration nationale. Plusieurs esp&#232;rent que cette fusion permettra d'atteindre la masse critique n&#233;cessaire pour faire basculer le rapport de force politique en faveur de la gauche ind&#233;pendantiste. Mais rien n'est encore assur&#233;. Les prochaines &#233;lections devraient nous permettre d'y voir plus clair.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un parti processus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis plus de deux d&#233;cennies, l'histoire de la gauche ind&#233;pendantiste &#8211; jadis morcel&#233;e en de minuscules groupes fratricides &#8211; en est une d'union, de coalition, de vagues successives de rassemblement. Rappelons que QS est ce qu'on appelle un parti processus dont les racines remontent &#224; 1995, alors que le NPD-Qu&#233;bec est devenu le Parti de la d&#233;mocratie socialiste (PDS) qui a aussit&#244;t embrass&#233; l'ind&#233;pendance. Cette &#233;tape initiale a &#233;t&#233; suivie par la fondation, en 1998, du Rassemblement pour l'alternative politique (RAP) compos&#233; de militant&#183;e&#183;s de gauche auquel s'est joint un fort contingent de militant&#183;e&#183;s p&#233;quistes d&#233;&#231;u&#183;e&#183;s par la politique du d&#233;ficit z&#233;ro du gouvernement Bouchard et de son virage vers le n&#233;olib&#233;ralisme. Dans ses statuts, le nouveau mouvement d'action politique &#8211; qui se transformera en parti plus tard &#8211; affirmait que l'&#171; &lt;i&gt;&#233;mancipation sociale et la lib&#233;ration nationale sont indissociables&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001, lors d'une &#233;lection partielle dans Mercier, la gauche s'est ralli&#233;e pour la premi&#232;re fois autour d'une candidature unique qui a r&#233;colt&#233; pr&#232;s de 25% des votes. Donnant naissance &#224; ce qu'on a appel&#233; &#171; l'esprit de Mercier &#187;, ce succ&#232;s s'est traduit l'ann&#233;e suivante par la fondation de l'Union des forces progressistes (UFP), n&#233;e d'une fusion entre le RAP, le PDS et le Parti communiste du Qu&#233;bec. C'est dans ce nouveau parti qu'on a vu pour la premi&#232;re fois &#8211; ce qui aurait &#233;t&#233; impensable quelques ann&#233;es auparavant &#8211; des sociaux-d&#233;mocrates, des socialistes, des chr&#233;tien&#183;ne&#183;s progressistes et des marxistes militer ensemble de fa&#231;on harmonieuse. En 2006, la fusion entre l'UFP et le mouvement Option citoyenne, compos&#233; en grande partie de militantes f&#233;ministes et de membres du milieu communautaire, a donn&#233; naissance &#224; Qu&#233;bec solidaire, une formation que son programme d&#233;finit comme progressiste, ind&#233;pendantiste, &#233;cologiste, f&#233;ministe et altermondialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formation politique est donc l'h&#233;riti&#232;re d'un mouvement qui tente de rassembler et d'int&#233;grer les forces politiques composant les nombreuses tendances et sensibilit&#233;s id&#233;ologiques du spectre progressiste. Il s'agit d'un ph&#233;nom&#232;ne politique unique en Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un effet synergique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche de fusion entre QS et ON s'est amorc&#233;e lors du congr&#232;s que les solidaires ont tenu en mai 2017. Apr&#232;s avoir rejet&#233; massivement la proposition du Parti qu&#233;b&#233;cois de conclure des pactes &#233;lectoraux en vue des prochaines &#233;lections, les congressistes ont mandat&#233; de fa&#231;on claire la direction du parti pour entreprendre des pourparlers avec Option nationale en vue d'une fusion. Ceux-ci se sont d&#233;roul&#233;s durant l'&#233;t&#233; 2017 et ont abouti, d&#233;but octobre, &#224; une entente de principe devant &#234;tre ratifi&#233;e par les congr&#232;s des deux formations. Selon ses termes, l'entente visait &#171; &lt;i&gt;&#224; permettre &#224; tous les ind&#233;pendantistes progressistes de militer au sein d'un parti unifi&#233; qui constituera le fer de lance de la promotion de l'ind&#233;pendance du Qu&#233;bec&lt;/i&gt; &#187;. L'union s'est effectu&#233;e sur la base du programme, des valeurs fondatrices (d&#233;mocratie, ind&#233;pendantisme, &#233;cologisme, f&#233;minisme, altermondialisme) et des statuts de QS. Le parti unifi&#233; gardera aussi le nom de Qu&#233;bec solidaire. Option nationale n'a pas disparu pour autant. Il est devenu un collectif politique qui est appel&#233; &#224; jouer un r&#244;le important au sein de ce parti unifi&#233;. Comme l'a d&#233;clar&#233; Gabriel Nadeau-Dubois, cette fusion n'est pas qu'une addition de votes, elle est aussi une addition de forces. Cette synergie fera certes sentir ses effets lors des prochaines &#233;lections.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'op&#233;ration a toutefois laiss&#233; des cicatrices. Elles sont en bonne partie dues au fait que cette fusion s'est effectu&#233;e au pas de course. Un processus semblable n&#233;cessite normalement beaucoup plus de temps afin d'assurer l'adh&#233;sion pleine et enti&#232;re des membres des deux partis, comme cela avait &#233;t&#233; le cas lors de la fusion UFP-Option citoyenne. Mais l'&#233;ch&#233;ancier &#233;lectoral a pr&#233;cipit&#233; les choses : le projet a &#233;t&#233; ficel&#233; d'en haut, sans que la base ait pu suivre les avanc&#233;es des n&#233;gociations afin d'en comprendre les tenants et aboutissants ; ce qui n'a pas permis aux assembl&#233;es locales d'&#234;tre pleinement &#233;clair&#233;es. Le fait que l'entente &#233;tait globale, &#224; prendre ou &#224; laisser, sans possibilit&#233; d'amendement, en a aussi fait tiquer plusieurs. Mais l'importance de l'enjeu de la fusion et sa signification politique ont eu raison de ces r&#233;ticences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entente ratifi&#233;e pr&#233;voit notamment qu'un gouvernement solidaire adoptera une d&#233;marche claire de rupture avec l'&#201;tat canadien en appliquant les mesures pr&#233;vues &#224; son programme &#171; &lt;i&gt;qu'elles soient compatibles ou non avec le cadre constitutionnel canadien&lt;/i&gt; &#187;. Elle ajoute que, dans ses communications publiques, le parti unifi&#233; &#171; placera le r&#233;gime colonial canadien au m&#234;me niveau d'importance que le n&#233;olib&#233;ralisme &#187;. Certains craignent qu'en mettant aussi r&#233;solument le cap sur l'ind&#233;pendance, cette derni&#232;re pr&#233;vale d&#233;sormais sur les valeurs sociales de QS et devienne une fin en soi plut&#244;t qu'un moyen pour r&#233;aliser notre projet de soci&#233;t&#233;. Mais j'ai bon espoir qu'un &#233;quilibre s'&#233;tablira entre ces deux p&#244;les, car QS poss&#232;de de l'exp&#233;rience en mati&#232;re d'int&#233;gration de courants id&#233;ologiques diversifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une constituante &#224; mandat ind&#233;pendantiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant leur fusion, QS et ON partageaient grosso modo la m&#234;me d&#233;marche d'accession &#224; l'ind&#233;pendance, soit la mise sur pied d'une assembl&#233;e constituante (AC) dont les travaux se concluront par la tenue d'un r&#233;f&#233;rendum. Toutefois, en acceptant l'entente, Qu&#233;bec solidaire s'est align&#233; sur la version d'ON modifiant du tout au tout le mandat de l'AC. Dor&#233;navant, elle devra &#233;laborer &#171; le projet de constitution d'un Qu&#233;bec ind&#233;pendant &#187;, ce qu'on appelle commun&#233;ment un &#171; mandat ferm&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de QS, il s'est agi du seul point d'achoppement programmatique des n&#233;gociations. Jusqu'ici, le programme du parti pr&#233;voyait que l'AC se verrait confier un &#171; mandat ouvert &#187; qui n'excluait pas le maintien du Qu&#233;bec dans le Canada. C'est &#224; son congr&#232;s de 2009 que QS a d&#233;fini sa strat&#233;gie d'accession &#224; l'ind&#233;pendance. Reprenant la formule innovatrice de l'UFP, il la fait reposer sur le processus d'une AC qui tiendrait une vaste consultation populaire pr&#233;alable &#224; la tenue d'un r&#233;f&#233;rendum. La modalit&#233; du mandat ouvert a &#233;t&#233; contest&#233;e par la suite et la question a fait l'objet de nouveaux d&#233;bats intenses &#224; l'occasion du congr&#232;s de 2016. La position initiale a alors &#233;t&#233; maintenue par une majorit&#233; de 55%, principalement pour ne pas rebuter les 20% d'ind&#233;cis et de f&#233;d&#233;ralistes &#171; mous &#187; susceptibles de voter pour le Oui lors du r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'art de faire les bons compromis&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On estime que, lors des assises de d&#233;cembre dernier, plus de 60% des congressistes qui avaient appuy&#233; le mandat ouvert en 2016 se sont rang&#233;s du c&#244;t&#233; du mandat ferm&#233;. Plusieurs ont consenti &#224; ce compromis pour ne pas bloquer la fusion. C'est mon cas, comme c'est celui des d&#233;put&#233;&#183;e&#183;s Manon Mass&#233; et Amir Khadir. De toute fa&#231;on, le d&#233;bat reviendra plus tard dans un contexte diff&#233;rent. Tant que le processus d'accession &#224; l'ind&#233;pendance ne sera pas formellement engag&#233;, la question de la constituante demeurera, en effet, un sujet de discussion qui &#233;pousera l'&#233;volution de la conjoncture politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Paul Cliche a &#233;t&#233; membre fondateur du Rassemblement pour une alternative politique en 1998, de l'Union des forces progressistes en 2002 et de Qu&#233;bec solidaire en 2006. Il a aussi &#233;t&#233; candidat de la gauche unie dans Mercier en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : Affiches issues de la nouvelle identit&#233; visuelle de janvier 2018 (Qu&#233;bec solidaire).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Un &#233;chec ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-echec</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Un-echec</guid>
		<dc:date>2014-11-05T02:57:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Cliche</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Cliche, Paul </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La commission Charbonneau sera-t-elle un &#233;chec ? La question m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e puisque quelques semaines avant de finir d'entendre des t&#233;moins, elle n'a pas encore abord&#233; le volet qui constitue le c&#339;ur de son mandat : l'octroi des contrats de construction par le minist&#232;re des Transports et le financement des partis politiques provinciaux. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est donc dire que d'ici la pause estivale, la commission devra prendre les bouch&#233;es doubles. Surtout apr&#232;s l'interm&#232;de qu'a constitu&#233; en quelque (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1915.png?1642092161' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;342&#034; height=&#034;438&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La commission Charbonneau sera-t-elle un &#233;chec ? La question m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e puisque quelques semaines avant de finir d'entendre des t&#233;moins, elle n'a pas encore abord&#233; le volet qui constitue le c&#339;ur de son mandat : l'octroi des contrats de construction par le minist&#232;re des Transports et le financement des partis politiques provinciaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est donc dire que d'ici la pause estivale, la commission devra prendre les bouch&#233;es doubles. Surtout apr&#232;s l'interm&#232;de qu'a constitu&#233; en quelque sorte le volet sur le Fonds de solidarit&#233; de la FTQ et la FTQ-Construction o&#249; elle a perdu une semaine avec Bernard &#171; Rambo &#187; Gauthier. Il faut souligner qu'elle a consacr&#233; quelque 20 mois aux volets municipal et syndical, alors qu'il lui reste moins de trois mois pour le volet provincial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les observateurs s'entendent donc pour dire que la commission ne traitera ce volet crucial qu'en p&#233;riph&#233;rie, laissant sur leur app&#233;tit les citoyennes et les citoyens d&#233;sireux de conna&#238;tre la v&#233;rit&#233;. C'est ainsi qu'elle ne pourra probablement pas d&#233;monter les syst&#232;mes mafieux au niveau provincial comme elle a r&#233;ussi &#224; le faire dans le cas des villes de Montr&#233;al et de Laval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retard de la commission &#224; enqu&#234;ter sur ce qui se passe au niveau provincial vient d'ailleurs d'&#234;tre la cause d'une d&#233;convenue d&#233;mocratique de taille. Avec la tenue d'&#233;lections h&#226;tives le 7 avril, on a en effet rat&#233; une occasion unique d'informer la population de ce qui s'est r&#233;ellement pass&#233;, au cours des derni&#232;res d&#233;cennies, dans ce dossier naus&#233;abond. Les &#233;lecteurs et &#233;lectrices n'ont donc pas pu en tirer de le&#231;ons avant d'aller voter. La population qu&#233;b&#233;coise est pourtant en droit de conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; sur cet &#233;pisode trouble que le Parti lib&#233;ral et le Parti qu&#233;b&#233;cois s'entendent, comme larrons en foire, pour camoufler parce que le d&#233;voilement de leurs pratiques ill&#233;gales pourrait les &#233;clabousser tous deux. Et qui d'autre que la commission Charbonneau aurait pu faire &#233;clater la v&#233;rit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a eu droit jusqu'ici qu'&#224; des parcelles d'information. En 2006, la commission d'enqu&#234;te Moisan a mis en lumi&#232;re que des &#171; contributions d&#233;guis&#233;es &#187; avaient &#233;t&#233; vers&#233;es sur une p&#233;riode de plusieurs ann&#233;es au Parti qu&#233;b&#233;cois et au Parti lib&#233;ral. Mais cette enqu&#234;te ne concernait que les r&#233;v&#233;lations relatives au financement occulte faites par Jean Brault, pr&#233;sident de l'agence de publicit&#233; Groupaction, devant la commission Gomery sur le scandale des commandites.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;marrage sur les chapeaux de roues, puis la panne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la commission Charbonneau avait d&#233;marr&#233; ses travaux sur les chapeaux de roues lors du t&#233;moignage de l'ex-policier et ex-d&#233;put&#233; Jacques Duchesneau en juin 2012. Ce dernier, qui venait de quitter ses fonctions de patron de l'Unit&#233; anticollusion du minist&#232;re des Transports, avait all&#233;gu&#233; que 70 % de l'argent recueilli par les partis provinciaux &#233;tait de provenance ill&#233;gale. C'est avec cet &#171; argent sale &#187; qu'ils peuvent faire des &#233;lections, avait-il accus&#233;. Mais par la suite, la commission n'a jamais tent&#233; de corroborer cette all&#233;gation percutante m&#234;me si le t&#233;moin lui avait remis un rapport, gard&#233; secret, relatant les t&#233;moignages de 13 personnes qui s'&#233;taient confi&#233;es &#224; lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, en exceptant deux autres t&#233;moignages, c'est la seule fois en 20 mois d'audiences o&#249; il a &#233;t&#233; question du financement des partis politiques provinciaux. La premi&#232;re fois, c'&#233;tait lorsque l'entrepreneur Lino Zambito a mis en cause l'ex-vice premi&#232;re ministre lib&#233;rale Nathalie Normandeau, puis l'ex-organisateur lib&#233;ral Pierre Bibeau et l'ex-ministre lib&#233;rale Line Beauchamp. La deuxi&#232;me, quand l'organisateur d'&#233;lections Gilles Cloutier a incrimin&#233; l'ex-ministre p&#233;quiste des Transports Guy Chevrette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer cette situation ? Pour monter l'essentiel de sa preuve, la commission s'est servie jusqu'ici de l'&#233;coute &#233;lectronique provenant de m&#233;ga enqu&#234;tes polici&#232;res, comme l'Op&#233;ration Colis&#233;e et l'Op&#233;ration Diligence. Maintenant qu'elle ne peut plus s'appuyer sur ce type d'enqu&#234;te, elle semble d&#233;munie. Les enqu&#234;teurs de la commission ont plus de difficult&#233;s &#224; convaincre les t&#233;moins pressentis de collaborer comme cela a &#233;t&#233; le cas &#224; maintes reprises lors du volet municipal. Le travail d'enqu&#234;te est aussi compliqu&#233; par le fait qu'en se rapprochant du haut de la pyramide politique, les langues se d&#233;lient moins facilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, on peut se demander s'il y aura des suites concr&#232;tes aux perquisitions effectu&#233;es par l'UPAC en 2013 au quartier g&#233;n&#233;ral du Parti lib&#233;&#173;ral. De m&#234;me qu'&#224; celle qui s'est d&#233;roul&#233;e par la suite chez la firme d'ing&#233;nieurs Roche qui, selon une recherche effectu&#233;e par Qu&#233;bec solidaire, a donn&#233; plus de 370 000 $ au Parti lib&#233;ral, au Parti qu&#233;b&#233;cois et &#224; l'ADQ entre 2000 et 2011. On sait que l'ex-ministre lib&#233;ral des Transports Sam Hamad a occup&#233; le poste de vice-pr&#233;sident principal chez Roche de 1998 &#224; 2003, moment de son entr&#233;e en politique. De plus, une vice-pr&#233;sidente et un ing&#233;nieur de cette firme ont &#233;t&#233; accus&#233;s en relation avec un syst&#232;me de collusion &#224; la ville de Boisbriand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi le cas de Schokb&#233;ton, o&#249; l'UPAC a effectu&#233;e une descente r&#233;cemment. Son actionnaire principal, Marc Bibeau, grand argentier du Parti lib&#233;ral et ami personnel de l'ex-premier ministre Jean Charest, est au c&#339;ur de l'enqu&#234;te. Cette firme, sp&#233;cialis&#233;e dans la fabrication du b&#233;ton pr&#233;contraint, a fait fortune en obtenant le contrat du stade olympique de Montr&#233;al en 1973. &#937;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La violence faite au Frap </title>
		<link>https://www.ababord.org/La-violence-faite-au-Frap</link>
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		<dc:date>2011-08-19T01:22:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Cliche</dc:creator>


		<dc:subject>Contr&#244;le, r&#233;pression et &#171; s&#233;curit&#233; &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Cliche, Paul </dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Devant la mont&#233;e des probl&#232;mes sociaux &#224; Montr&#233;al, au d&#233;but des ann&#233;es 1960, des groupes de citoyens &#224; la base ont commenc&#233; &#224; se prendre en main dans les quartiers populaires en revendiquant pour l'am&#233;lioration de leur environnement. Au d&#233;but, ce sont des enjeux purement locaux et ponctuels qui &#233;taient en cause. Un groupe de voisins, les r&#233;sidants d'une m&#234;me rue ou d'un m&#234;me secteur s'unissaient pour obtenir, par exemple, des logements salubres (on estimait &#224; 100 000 le nombre de taudis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1154.gif?1642092122' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;266&#034; height=&#034;351&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Devant la mont&#233;e des probl&#232;mes sociaux &#224; Montr&#233;al, au d&#233;but des ann&#233;es 1960, des groupes de citoyens &#224; la base ont commenc&#233; &#224; se prendre en main dans les quartiers populaires en revendiquant pour l'am&#233;lioration de leur environnement. Au d&#233;but, ce sont des enjeux purement locaux et ponctuels qui &#233;taient en cause. Un groupe de voisins, les r&#233;sidants d'une m&#234;me rue ou d'un m&#234;me secteur s'unissaient pour obtenir, par exemple, des logements salubres (on estimait &#224; 100 000 le nombre de taudis existant &#224; Montr&#233;al) ; l'agrandissement d'un parc et de meilleurs services de loisirs ; l'apaisement de la circulation sur certaines art&#232;res ou l'am&#233;lioration du service de transport en commun. Souvent, une fois une bataille termin&#233;e, les groupes cessaient d'exister. Mais &#224; partir de 1965 environ, des comit&#233;s de citoyens ont vu le jour &#224; l'&#233;chelle de quartiers complets. Ce mouvement a pris naissance dans le Sud-Ouest (Saint-Henri et la Petite Bourgogne), dans le Centre sud, dans Hochelaga-Maisonneuve, sur le Plateau, dans le Mile End pour se propager dans Rosemont, Saint-&#201;douard, Saint-Michel, Villeray et m&#234;me Ahuntsic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis ces comit&#233;s, d&#233;bordant de la fronti&#232;re de leur quartier respectif, se sont rassembl&#233;s &#224; l'&#233;chelle de la ville pour exercer des pressions sur l'administration municipale o&#249; l'autocrate et m&#233;galomane maire Drapeau r&#233;gnait sans opposition &#224; l'H&#244;tel de ville. Mais cette opposition, venue de la rue et qu'il ne pouvait contr&#244;ler, a eu le don d'irriter au plus haut point le potentat municipal qui, dans un premier temps, &#224; refus&#233; net de les entendre. Puis, comme cette tactique s'est av&#233;r&#233;e insuffisante pour faire taire les contestataires, il s'est mis &#224; les combattre en utilisant le harc&#232;lement et m&#234;me la force par des perquisitions ill&#233;gales de la police dans les locaux de plusieurs comit&#233;s de quartier, des arrestations muscl&#233;es et abusives lors de manifestations, la filature de certains leaders, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette p&#233;nible exp&#233;rience a fait r&#233;aliser peu &#224; peu aux militants qu'il n'y avait pas d'autre avenue que l'action politique proprement dite. Ils ont alors cr&#233;&#233; le Rassemblement pour l'action politique (RAP). Durant la m&#234;me p&#233;riode, les syndicats voulaient eux aussi d&#233;boucher sur l'action politique. Ainsi, dans l'esprit du rapport &lt;i&gt;Le deuxi&#232;me front&lt;/i&gt; du pr&#233;sident de la CSN Marcel Pepin, une vingtaine de colloques r&#233;gionaux intersyndicaux (CSN, FTQ, CEQ) auxquels plus de 3 000 militantes ont particip&#233;, se sont d&#233;roul&#233;s, &#224; l'automne 1969 et &#224; l'hiver 1970, pour &#233;baucher la plateforme d'&#233;ventuels partis municipaux de salari&#233;s. Une premi&#232;re exp&#233;rience fructueuse avait permis de prendre le contr&#244;le des conseils municipaux de Sept-&#206;les et de Baie-Comeau &#224; l'automne 1969 et &#224; faire &#233;lire des conseillers &#171; salari&#233;s &#187; dans les villes d'Alma, Sorel, Saint-J&#233;r&#244;me et Saint-Hyacinthe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier colloque r&#233;gional, qui a eu lieu &#224; Montr&#233;al en mars 1970, a r&#233;uni quelque 400 militantes dont plusieurs repr&#233;sentants des comit&#233;s de citoyens et d'associations populaires qui y &#233;taient invit&#233;s. Ce colloque a &#233;t&#233; d&#233;cisif. Apr&#232;s quelques semaines de discussions, des repr&#233;sentants des comit&#233;s de citoyens et des militants syndicaux ont d&#233;cid&#233; de cr&#233;er le Front d'action politique (FRAP) qui a vu le jour le 12 mai 1970. Conseiller au Secr&#233;tariat d'action politique de la CSN et secr&#233;taire de l'organisation des colloques r&#233;gionaux, je fus alors choisi comme pr&#233;sident alors que le coordonnateur du Comit&#233; de citoyens de Saint-Henri a occup&#233; le poste de vice-pr&#233;sident. Tel qu'expliqu&#233; dans un petit livre tenant lieu de manifeste, &lt;i&gt;Les salari&#233;s au pouvoir !&lt;/i&gt;, le FRAP a d&#233;cid&#233; de passer &#224; l'action politique au niveau municipal. &#171; &lt;i&gt;Il s'agit d'une d&#233;mocratie o&#249; l'action populaire s'exerce quotidiennement sur trois fronts : consommation, travail et politique, y est-il &#233;crit, Dans notre soci&#233;t&#233;, les salari&#233;s ne se contentent plus de surveiller le pouvoir. Ils veulent prendre la place qui leur revient et l'exercer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FRAP a d&#233;cid&#233; de se pr&#233;senter aux &#233;lections municipales d'octobre 1970 pour s'opposer aux politiques de grandeur du maire Drapeau et proposer des alternatives r&#233;pondant aux besoins de la population, notamment dans les domaines du logement, du transport en commun, des loisirs et de la culture. Son objectif n'&#233;tait pas de prendre le pouvoir mais de former une opposition s&#233;rieuse &#224; l'administration Drapeau. Il n'a donc pas pr&#233;sent&#233; de candidat &#224; la mairie et a brigu&#233; les postes de conseillers seulement dans les districts o&#249; le parti &#233;tait implant&#233;, soit les deux tiers d'entre eux. La nouvelle formation fut accueillie de fa&#231;on positive par les m&#233;dias qui lui ont accord&#233; beaucoup d'espace. On ressentait vivement le besoin d'une opposition. L'opinion publique a aussi suivi. En septembre, quelques jours avant l'enl&#232;vement du diplomate Cross par le FLQ, un sondage publi&#233; dans le quotidien &lt;i&gt;Montreal Star&lt;/i&gt; a accord&#233; 35 % des intentions de votes au FRAP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce r&#233;sultat &#233;quivalait &#224; celui obtenu par le Rassemblement des citoyens de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on conna&#238;t la suite. La tourmente de la Crise d'octobre, survenue en pleine campagne &#233;lectorale, a bousill&#233; nos espoirs. Drapeau s'est empress&#233; d'assimiler le FRAP au FLQ. Le ministre lib&#233;ral Jean Marchand (ancien pr&#233;sident de la CSN) l'a m&#234;me d&#233;crit comme le &#171; &lt;i&gt;front&lt;/i&gt; &#187; du FLQ. Il ne s'est pas pass&#233; une journ&#233;e sans que nous ne soyons victimes de ce genre d'attaques. Deux de nos candidats, Henri Bellemare, dans Saint-Jacques et Jean Roy, dans Saint-Louis, ont m&#234;me &#233;t&#233; emprisonn&#233;s pendant plusieurs jours en vertu de la Loi sur les mesures de guerre. Ils ont &#233;t&#233; rel&#226;ch&#233;s sans accusation &#224; la veille du scrutin. Pourtant, la ligne du FRAP &#233;tait sans &#233;quivoque d&#232;s le d&#233;but de la crise. Il appuyait les revendications du FLQ, mais non les moyens que ce dernier utilisait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Drapeau a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu sans aucune opposition. Le FRAP a tout de m&#234;me recueilli 18 % du vote en moyenne dans les districts o&#249; il a pr&#233;sent&#233; des candidats avec une pointe de 35 % dans Saint-Jacques sur le Plateau. Pas si mal tout de m&#234;me apr&#232;s la mort de Pierre Laporte dont nos adversaires nous avaient attribu&#233; la responsabilit&#233;. Avec un scrutin proportionnel, le FRAP aurait pu faire &#233;lire au moins une bonne demie douzaine de conseillers qui auraient pu tenir Drapeau sur les dents et mettre fin &#224; son r&#232;gne sans partage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; noter que du c&#244;t&#233; syndical, outre le pr&#233;sident du Conseil central de Montr&#233;al, Michel Chartrand, plusieurs responsables r&#233;gionaux des comit&#233;s d'action politique de la CSN ont aussi &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s en vertu de la Loi sur les mesures de guerre puis rel&#226;ch&#233;s sans accusation comme les 300 autres citoyennes dans leur cas d'ailleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce r&#233;sultat &#233;quivalait &#224; celui obtenu par le Rassemblement des citoyens de Montr&#233;al (RCM) aux &#233;lections suivantes en 1974 ; ce qui avait permis &#224; ce dernier de faire &#233;lire 18 conseillers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Constat d'&#233;chec et masochisme politique</title>
		<link>https://www.ababord.org/Constat-d-echec-et-masochisme</link>
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		<dc:date>2010-09-23T00:10:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Cliche</dc:creator>


		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Cliche, Paul </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Expuls&#233; du PQ, SPQ Libre perd son pari et ses protagonistes font preuve de masochisme politique. &lt;br class='autobr' /&gt; Le 13 mars dernier, le club politique Syndicalistes pour un Qu&#233;bec Libre (SFPQ Libre) s'est fait expulser sans m&#233;nagement du Parti qu&#233;b&#233;cois par l'ex&#233;cutif de ce dernier. &lt;br class='autobr' /&gt; Cinq jours plus tard, ses deux animateurs, Marc Laviolette et Pierre Dubuc, ont annonc&#233;, de fa&#231;on pour le moins surprenante, qu'ils continueraient quand m&#234;me &#224; &#339;uvrer, en tant qu'individus, au sein de la formation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Expuls&#233; du PQ, SPQ Libre perd son pari et ses protagonistes font preuve de masochisme politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 13 mars dernier, le club politique Syndicalistes pour un Qu&#233;bec Libre (SFPQ Libre) s'est fait expulser sans m&#233;nagement du Parti qu&#233;b&#233;cois par l'ex&#233;cutif de ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cinq jours plus tard, ses deux animateurs, Marc Laviolette et Pierre Dubuc, ont annonc&#233;, de fa&#231;on pour le moins surprenante, qu'ils continueraient quand m&#234;me &#224; &#339;uvrer, en tant qu'individus, au sein de la formation souverainiste m&#234;me s'ils pr&#233;tendent que la d&#233;cision de mettre fin &#224; la reconnaissance de SPQ Libre par cette derni&#232;re &#171; a &#233;t&#233; entach&#233;e d'irr&#233;gularit&#233;s et contraire aux statuts du parti &#187;. Sur le site de&lt;i&gt; l'Aut'Journal&lt;/i&gt; ils ont ajout&#233; du m&#234;me souffle que SPQ libre continuerait &#224; exister&#8230; &#224; l'ext&#233;rieur du PQ et ils ont invit&#233; l'ensemble des ind&#233;pendantistes, dont les militants de Qu&#233;bec solidaire, &#224; joindre leur groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Quelle r&#233;flexion peut-il d&#233;couler de cette cascade d'&#233;v&#233;nements un peu &#233;chevel&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Avant tout que les protagonistes de SPQ Libre n'ont pas remport&#233; le pari qu'ils avaient fait en 2004 d'implanter une aile progressiste solide au sein du PQ d'aujourd'hui. Toutes leurs tentatives ont &#233;t&#233; vaines, de la candidature de Pierre Dubuc &#224; la chefferie qui n'a r&#233;colt&#233; qu'une poign&#233;e de votes au peu d'influence qu'ils ont exerc&#233;e lors des d&#233;bats dans les instances. Et, avec leur nouveau statut de simples membres, cette influence sera certes encore plus atomis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Encore une fois la preuve est faite qu'il ne peut y avoir de place au sein d'un parti o&#249; pr&#233;domine l'id&#233;ologie n&#233;o-lib&#233;rale pour tout groupe progressiste qui a la moindre &#233;pine dorsale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#192; noter que l'incident s'est produit au moment m&#234;me o&#249; des membres du PQ participaient &#224; un colloque o&#249; leurs dirigeants, en mal d'attirer des votes ad&#233;quistes lors des prochaines &#233;lections g&#233;n&#233;rales, leur proposaient que l'enrichissement individuel supplante dor&#233;navant l'enrichissement collectif dans le programme du parti au chapitre du d&#233;veloppement &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette position, qui constitue un reniement de l'orientation que le PQ professait depuis sa fondation, fait dispara&#238;tre les quelques diff&#233;rences id&#233;ologiques qui subsistaient encore avec le Parti lib&#233;ral. Au moins les lib&#233;raux ne sont pas hypocrites. Ils assument leur orientation n&#233;o-lib&#233;rale et ne pr&#233;tendent pas, comme la chef Pauline Marois vient &#224; nouveau de le faire, que le parti demeure progressiste et social d&#233;mocrate. A t'on d&#233;j&#224; vu un parti qui se targue d'&#234;tre social d&#233;mocrate expulser son seul noyau articul&#233; de militants progressistes qui, de plus, &#233;tait fortement minoritaire au sein de la formation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce r&#233;alignement de l'id&#233;ologie p&#233;quiste permet aussi aux syndiqu&#233;s du secteur public, pr&#233;sentement en n&#233;gociations avec le gouvernement Charest, de constater que le pr&#233;jug&#233; favorable du PQ envers les travailleurs est disparu depuis belle lurette et que leur seul alli&#233; est Qu&#233;bec solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Que penser enfin de l'attitude MM. Laviolette et Dubuc sinon qu'ils seraient certainement de s&#233;rieux candidats pour l'obtention d'un troph&#233;e de masochisme politique&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La d&#233;centralisation</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-decentralisation</link>
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		<dc:date>2009-04-30T01:09:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Cliche</dc:creator>


		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Cliche, Paul </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La plupart des d&#233;mocraties occidentales doivent beaucoup &#224; la centralisation. C'est gr&#226;ce &#224; un processus de centralisation forc&#233;e que la France et l'Italie se sont construites, par exemple. Cette volont&#233; de changer le pays &#224; partir d'une autorit&#233; centrale s'est incarn&#233;e dans le jacobinisme qui, encore aujourd'hui, demeure le talon d'Achille de la gauche traditionnelle. Il n'en demeure pas moins que c'est ce souci &#233;galitaire et d&#233;mocratique qui a donn&#233; naissance aux &#201;tats modernes. &lt;br class='autobr' /&gt; Le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-28-fevrier-mars-2009-" rel="directory"&gt;No 028 - f&#233;vrier / mars 2009&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton828.gif?1642092275' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;500&#034; height=&#034;340&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La plupart des d&#233;mocraties occidentales doivent beaucoup &#224; la centralisation. C'est gr&#226;ce &#224; un processus de centralisation forc&#233;e que la France et l'Italie se sont construites, par exemple. Cette volont&#233; de changer le pays &#224; partir d'une autorit&#233; centrale s'est incarn&#233;e dans le jacobinisme qui, encore aujourd'hui, demeure le talon d'Achille de la gauche traditionnelle. Il n'en demeure pas moins que c'est ce souci &#233;galitaire et d&#233;mocratique qui a donn&#233; naissance aux &#201;tats modernes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans cet article, l'auteur s'inspire du livre Lib&#233;rer les Qu&#233;becs, publi&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec doit beaucoup, lui aussi, &#224; la centralisation qui a &#233;t&#233; le moteur de la R&#233;volution tranquille. Le r&#244;le de levier pour l'&#233;mancipation nationale assum&#233; par l'&#201;tat a favoris&#233; la centralisation des d&#233;cisions. Jusque l&#224;, la province &#233;tait une soci&#233;t&#233; d&#233;sorganis&#233;e gouvern&#233;e par une administration arri&#233;r&#233;e. Les in&#233;galit&#233;s sur le territoire &#233;taient criantes dans tous les domaines. La centralisation a modifi&#233; cette situation radicalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur de la centralisation r&#233;side la notion d'&#233;galit&#233;. Pour la concr&#233;tiser, le pouvoir central a dot&#233; les r&#233;gions d'&#233;quipements et d'infrastructures, en particulier dans le domaine de l'&#233;ducation et de la sant&#233;. Les &#233;carts sociaux, culturels et &#233;conomiques entre la p&#233;riph&#233;rie et le centre se sont ainsi att&#233;nu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec est vite devenu un des &#201;tats les plus centralis&#233;s sur la plan&#232;te. Mais en m&#234;me temps, cette nouvelle vitalit&#233; a permis le d&#233;veloppement d'une culture identitaire fond&#233;e sur la nature m&#234;me de ses r&#233;gions. La centralisation a en quelque sorte suscit&#233; la n&#233;cessit&#233; de la d&#233;centralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut affirmer, en effet, que s'il est un territoire illustrant bien l'existence de r&#233;gions comme entit&#233;s distinctes, ne serait-ce que par la g&#233;ographie et la distance des centres de pouvoir, c'est bien le Qu&#233;bec. De telle fa&#231;on qu'on peut aussi affirmer que la centralisation est devenue aujourd'hui un mode de gestion d&#233;pass&#233; pour le Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;On pi&#233;tine depuis trois d&#233;cennies&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec vit depuis trois d&#233;cennies dans une dialectique constante entre une d&#233;centralisation r&#233;elle et une d&#233;centralisation virtuelle. Le Parti qu&#233;b&#233;cois et le Parti lib&#233;ral ont beaucoup palabr&#233; sur la d&#233;centralisation, n'h&#233;sitant pas &#224; se commettre p&#233;riodiquement dans des engagements audacieux qu'ils se sont bien gard&#233;s de respecter une fois rendus au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1977, par exemple, le premier ministre Ren&#233; L&#233;vesque avait sonn&#233; l'alarme en &#233;crivant dans un livre blanc qui n'a pas eu de suite qu'&#171; &lt;i&gt;il est urgent de r&#233;viser la r&#233;partition des pouvoirs dans notre collectivit&#233; afin de rapprocher les pouvoirs de d&#233;cisions des citoyens et revaloriser les autorit&#233;s les plus pr&#232;s d'eux pour assurer l'ensemble des services affectant la vie quotidienne.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;centralisation a aussi fait consensus lors de consultations nationales n&#233;vralgiques comme la Commission sur l'avenir politique et constitutionnel du Qu&#233;bec (B&#233;langer-Campeau), qui a eu lieu au d&#233;but de la d&#233;cennie 1990, et lors de la Commission nationale sur l'avenir du Qu&#233;bec, qui a lanc&#233; la campagne r&#233;f&#233;rendaire de 1995. Mais ces appels populaires ont &#233;t&#233; ignor&#233;s par les politiciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de proc&#233;der &#224; la r&#233;partition territoriale des pouvoirs concentr&#233;s dans l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois, les gouvernements, depuis trois d&#233;cennies, se sont content&#233;s de cr&#233;er des structures r&#233;gionales administratives, non &#233;lues et qui sont limit&#233;es &#224; un r&#244;le de concertation et de consultation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communaut&#233;s locales, les territoires et les r&#233;gions n'ont toujours pas d'existence politique ni de gouvernements &#233;lus et autonomes qui leur permettraient de prendre en charge leur milieu et leur d&#233;veloppement. Les r&#233;gions centrales, tout comme les r&#233;gions p&#233;riph&#233;riques, assistent impuissantes &#224; l'effet d&#233;vastateur dans leur milieu de d&#233;cisions prises &#224; Qu&#233;bec, souvent sous la pression des lobbies des grandes entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les blocages qui freinent la d&#233;centralisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Selon les sp&#233;cialistes, quatre blocages freinent l'application d'une politique de d&#233;centralisation au Qu&#233;bec : 1. l'absence d'un leadership politique fort &#224; Qu&#233;bec ; 2. la r&#233;sistance de l'appareil administratif gouvernemental ; 3. la mauvaise compr&#233;hension par les &#233;lus locaux (d&#233;put&#233;s, maires et conseillers municipaux) de la d&#233;centralisation et de la r&#233;gionalisation, mais aussi la crainte de perdre leurs privil&#232;ges ; 4. une ignorance dans la population des avantages d'une v&#233;ritable politique de d&#233;centralisation &#224; laquelle serait arrim&#233;e une politique d'occupation et de d&#233;veloppement des territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant tous ces atermoiements et volte-face, la &lt;strong&gt;Coalition pour un Qu&#233;bec des R&#233;gions&lt;/strong&gt;, fond&#233;e en 2007, s'est donn&#233;e comme objectif de mettre fin &#224; cette stagnation en regroupant des citoyens dans les 17 r&#233;gions administratives actuelles du Qu&#233;bec autour d'un projet de d&#233;mocratie territoriale. Elle revendique la d&#233;centralisation de pouvoirs, jusqu'ici concentr&#233;s &#224; Qu&#233;bec, vers de v&#233;ritables gouvernements r&#233;gionaux dont les dirigeants seraient &#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette coalition appelle les citoyens de toutes les r&#233;gions du Qu&#233;bec &#224; s'engager dans une &lt;strong&gt;seconde R&#233;volution tranquille&lt;/strong&gt; : la restauration des pouvoirs des citoyens et de leurs &#233;lus dans une autre fa&#231;on de nous gouverner.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La vraie nature de la d&#233;centralisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On peut faire dire n'importe quoi au mot &#171; d&#233;centralisation &#187;. Les politiciens et les fonctionnaires r&#233;duisent souvent la d&#233;centralisation &#224; des op&#233;rations de r&#233;gionalisation, de d&#233;concentration et de relocalisation administrative des politiques, des programmes ou des bureaux des diff&#233;rents minist&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle d'autonomie r&#233;gionale et de partenariat avec les &#233;lus r&#233;gionaux. Mais on &#233;vite de parler de la d&#233;centralisation comme du passage d'un &#201;tat unitaire qui d&#233;cide d'en haut &#224; un gouvernement r&#233;gionalis&#233; o&#249; le pouvoir se d&#233;ploie &#224; partir de la base et o&#249; l'&#201;tat est au service des communaut&#233;s territoriales. On oublie que d&#233;centraliser, ce n'est pas d&#233;m&#233;nager des ressources et des fonctionnaires vers les r&#233;gions. C'est un r&#233;am&#233;nagement global des lieux de d&#233;cision vers la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque la d&#233;centralisation est avant tout un geste de r&#233;appropriation du pouvoir par les citoyens sur le terrain, elle doit passer par la mise en place de gouvernements territoriaux, &#233;lus au suffrage universel, responsables et imputables devant les citoyens dont ils tiennent leur mandat ; disposant aussi de moyens et de ressources financi&#232;res suffisants pour leur assurer une autonomie r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La finalit&#233; de la d&#233;centralisation n'est pas de permettre &#224; des gouvernements de se d&#233;lester de responsabilit&#233;s secondaires mais co&#251;teuses ; mais bien plut&#244;t l'autonomie locale, la d&#233;mocratie participative, l'am&#233;lioration des services de proximit&#233;, le mieux-&#234;tre de la population &#224; meilleur co&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les principes qui devraient guider la d&#233;centralisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#233;terminer les pouvoirs qui seront d&#233;volus aux gouvernements r&#233;gionaux constitue la partie la plus complexe de l'exercice. Dans la construction de la d&#233;centralisation, il faut trouver une sorte d'&#233;quilibre entre les objectifs collectifs et leur r&#233;alisation individuelle ou locale. C'est le grand d&#233;fi de la d&#233;mocratie : comment concilier droits collectifs et droits individuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier, il ne faut pas mettre en p&#233;ril les gains &#233;galitaires et d&#233;mocratiques dans le domaine des services et des conditions de travail qui ont &#233;t&#233; le fruit de la centralisation et de la construction d'un &#201;tat qu&#233;b&#233;cois moderne. La d&#233;centralisation ne doit pas &#234;tre vue non plus comme une panac&#233;e et une assurance de gouvernance irr&#233;prochable, car la possibilit&#233; de d&#233;tournements ou de d&#233;rives existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le principe de proximit&#233; :&lt;/strong&gt; Le principe de proximit&#233; est celui qui guide la r&#233;partition des pouvoirs entre les diff&#233;rents niveaux de gouvernement. Les experts l'appellent le principe de subsidiarit&#233; ou de serviabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vertu de ce principe, les pouvoirs et les responsabilit&#233;s doivent &#234;tre confi&#233;s au palier de gouvernement le plus pr&#232;s possible des citoyens et le mieux plac&#233; pour les exercer efficacement et au meilleur co&#251;t. Ne sont d&#233;l&#233;gu&#233;s aux instances sup&#233;rieures que les pouvoirs qui, en raison de leur champ d'application plus vaste, ne peuvent &#234;tre assum&#233;s efficacement par l'instance inf&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette optique, les municipalit&#233;s locales et r&#233;gionales de comt&#233; (MRC) devraient g&#233;rer les services de proximit&#233; : am&#233;nagement et gestion du territoire, d&#233;veloppement &#233;conomique local et r&#233;gional, ressources naturelles, &#233;quipements scolaires, logement social, transport collectif, services d'hygi&#232;ne, de sant&#233;, services sociaux et communautaires, loisirs, &#233;quipements de plein air, environnement (gestion de l'eau et des &#233;cosyst&#232;mes, d&#233;chets et recyclage), s&#233;curit&#233; publique, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le principe de solidarit&#233; :&lt;/strong&gt; Certains s'opposent &#224; la d&#233;centralisation parce qu'ils craignent que sans le contr&#244;le de l'&#201;tat central, on assiste &#224; une d&#233;t&#233;rioration des services essentiels et des droits universels, &#224; des reculs et &#224; des disparit&#233;s d'une r&#233;gion &#224; l'autre. En somme, &#224; une d&#233;sagr&#233;gation de la nation et du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant la construction identitaire des r&#233;gions, leur acc&#232;s &#224; des pouvoirs jusqu'ici d&#233;volus &#224; la capitale, ne serait absolument pas une porte ouverte &#224; la fragmentation politique et &#233;conomique de la soci&#233;t&#233;. Les politiques nationales seraient maintenues. Le gouvernement central garderait le pouvoir de l&#233;gif&#233;rer et d'imposer des normes et des objectifs collectifs, de d&#233;cr&#233;ter les conditions minimales de travail, le cadre r&#233;glementaire des diverses activit&#233;s de la nation, de n&#233;gocier et de conclure des conventions collectives assurant des conditions &#233;gales aux employ&#233;s de la fonction publique. Des m&#233;canismes de concertation et de p&#233;r&#233;quation seraient aussi mis en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat central continuerait &#224; jouer un r&#244;le d'unification par son leadership, par ses politiques nationales (orientations et objectifs communs) et par sa prise en charge financi&#232;re des grands &#233;quipements collectifs. Mais il deviendrait un lieu de convergence plut&#244;t que de contr&#244;le, car il ne faut pas confondre solidarit&#233; et centralisation. Un &#201;tat solidaire et rassembleur n'est pas un &#201;tat unitaire, r&#233;gulateur et autoritaire, voire paternaliste. Ce dernier peut facilement devenir un &#201;tat qui nivelle les diff&#233;rences et la diversit&#233;, qui &#233;touffe le dynamisme des communaut&#233;s locales et r&#233;gionales enracin&#233;es sur le territoire, qui d&#233;courage l'implication des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le principe de territorialit&#233; :&lt;/strong&gt; La d&#233;centralisation s'effectuerait sur une base territoriale, horizontale, et non sur une base sectorielle ou verticale. L'administration gouvernementale actuelle fonctionne &#224; partir de minist&#232;res sectoriels. Avec la d&#233;centralisation, on adopterait une gouvernance int&#233;gr&#233;e qui engloberait l'ensemble des missions publiques sur un territoire et dans une communaut&#233; donn&#233;s. Finie l'administration en silos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le principe de flexibilit&#233; :&lt;/strong&gt; Dans un pays &#233;tendu et diversifi&#233; comme le Qu&#233;bec, il est essentiel de ne pas appliquer la d&#233;centralisation territoriale d'une fa&#231;on uniforme dans le temps et dans l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en place de gouvernements territoriaux avec le transfert de juridictions appropri&#233;es devra se faire selon les besoins et les capacit&#233;s de chaque territoire, &#224; partir d'un menu ouvert et d'un agenda &#224; la pi&#232;ce. Elle devra &#233;galement s'accompagner d'une restructuration importante des territoires des r&#233;gions administratives actuelles et des structures de gouvernance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans cet article, l'auteur s'inspire du livre &lt;i&gt;Lib&#233;rer les Qu&#233;becs&lt;/i&gt;, publi&#233; par la Coalition pour un Qu&#233;bec des r&#233;gions aux &#201;ditions &#201;cosoci&#233;t&#233; en 2007, ainsi que du livre &lt;i&gt;Pour une d&#233;centralisation d&#233;mocratique&lt;/i&gt;, publi&#233; par Solidarit&#233; rurale du Qu&#233;bec aux Presses de l'Universit&#233; Laval en 2006, particuli&#232;rement l'article de l'&#233;crivain Gil Courtemanche intitul&#233; &#171; D&#233;centraliser pour d&#233;mocratiser, mais aussi pour mieux vivre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Paul Cliche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Membre de la Coalition pour un Qu&#233;bec des R&#233;gions&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Montr&#233;al - Une ville sans pouvoir citoyen</title>
		<link>https://www.ababord.org/Montreal-Une-ville-sans-pouvoir</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Montreal-Une-ville-sans-pouvoir</guid>
		<dc:date>2008-12-07T01:48:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paul Cliche</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Cliche, Paul </dc:subject>
		<dc:subject>Politique municipale et r&#233;gionale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 20 juin dernier, l'Assembl&#233;e nationale adoptait la loi 22 ent&#233;rinant deux ententes conclues quelques jours auparavant entre, d'une part, le gouvernement qu&#233;b&#233;cois et la Ville de Montr&#233;al et, d'autre part, Qu&#233;bec, Montr&#233;al et les 15 villes reconstitu&#233;es de l'&#238;le. &lt;br class='autobr' /&gt; Cette loi est la derni&#232;re d'une kyrielle que les gouvernements p&#233;quiste et lib&#233;ral ont fait voter &#224; tour de r&#244;le depuis 2000 pour r&#233;organiser l'administration municipale dans l'agglom&#233;ration montr&#233;alaise. Elle s'inscrit dans la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-26-oct-nov-2008-" rel="directory"&gt;No 026 - oct./nov 2008&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cliche-Paul-+" rel="tag"&gt;Cliche, Paul &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Politique-municipale-+" rel="tag"&gt;Politique municipale et r&#233;gionale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton779.gif?1642092274' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;562&#034; height=&#034;375&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 20 juin dernier, l'Assembl&#233;e nationale adoptait la loi 22 ent&#233;rinant deux ententes conclues quelques jours auparavant entre, d'une part, le gouvernement qu&#233;b&#233;cois et la Ville de Montr&#233;al et, d'autre part, Qu&#233;bec, Montr&#233;al et les 15 villes reconstitu&#233;es de l'&#238;le.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette loi est la derni&#232;re d'une kyrielle que les gouvernements p&#233;quiste et lib&#233;ral ont fait voter &#224; tour de r&#244;le depuis 2000 pour r&#233;organiser l'administration municipale dans l'agglom&#233;ration montr&#233;alaise. Elle s'inscrit dans la m&#234;me lign&#233;e que les pr&#233;c&#233;dentes, ne faisant que gommer certains irritants. Elle ne concerne pas le reste de la r&#233;gion m&#233;tropolitaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref, la loi 22 octroie (enfin) &#224; Montr&#233;al le titre de m&#233;tropole du Qu&#233;bec. Cette reconnaissance se traduit notamment par l'octroi de pouvoirs de taxation accrus. Le maire G&#233;rald Tremblay est le grand gagnant car presque toutes ses revendications ont &#233;t&#233; satisfaites : ainsi le maire de la ville occupera la fonction de maire de l'arrondissement du centre-ville et certaines comp&#233;tences d&#233;volues aux arrondissements, tel le d&#233;neigement, pourront &#234;tre centralis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de l'agglom&#233;ration, les villes reconstitu&#233;es n'ont pu obtenir le secr&#233;tariat d'agglom&#233;ration, dot&#233; d'une personnalit&#233; juridique, qu'elles r&#233;clamaient pour cesser d'&#234;tre confin&#233;es au r&#244;le de figurantes. Devant l'opposition du maire Tremblay, elles devront se contenter d'un secr&#233;tariat de liaison ayant seulement une fonction d'information. Par ailleurs, le nombre d'&#233;lues si&#233;geant au conseil d'agglom&#233;ration demeure inchang&#233;, contrairement &#224; ce que pr&#233;voyait la mouture originale du projet de loi qui permettait &#224; tous les membres du conseil de ville de Montr&#233;al d'en faire partie. Encore l&#224;, le maire Tremblay a eu gain de cause : il continuera de choisir les repr&#233;sentantes de Montr&#233;al. L'omnipotence du maire de Montr&#233;al sur ce conseil, qui draine 60 % des ressources financi&#232;res des municipalit&#233;s de l'agglom&#233;ration, se trouve donc ainsi confirm&#233;e. &#192; noter que ce dernier contr&#244;le aussi l'administration de la Ville gr&#226;ce &#224; un comit&#233; ex&#233;cutif si&#233;geant &#224; huis clos, dont il nomme les membres qu'il peut aussi d&#233;mettre. Il en est ainsi &#224; la Communaut&#233; m&#233;tropolitaine de Montr&#233;al, dont il pr&#233;side le comit&#233; ex&#233;cutif si&#233;geant aussi &#224; huis clos de m&#234;me que le conseil. Il s'agit en fait du politicien le plus puissant au pays dans sa juridiction. Aux trois niveaux, les pouvoirs se trouvent ainsi concentr&#233;s entre les mains d'un petit groupe d'&#233;lues qui prennent leurs principales d&#233;cisions &#224; huis clos loin du regard des citoyenNEs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En 2000, Qu&#233;bec a dit non &#224; la gouvernance m&#233;tropolitaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de la fragmentation de la r&#233;gion m&#233;tropolitaine de Montr&#233;al au plan institutionnel, les travaux de prospective engag&#233;s au d&#233;but des ann&#233;es 1990, notamment ceux du Groupe de travail sur Montr&#233;al et sa r&#233;gion (&lt;i&gt;Rapport Pichette&lt;/i&gt;), ont insist&#233; sur la n&#233;cessit&#233; d'une r&#233;forme &#224; une &#233;chelle territoriale tr&#232;s large. Les projections &#233;taient alors unanimes : le salut de Montr&#233;al ne pourrait passer que par un syst&#232;me de gouvernance m&#233;tropolitaine se d&#233;marquant des institutions classiques incarn&#233;es par les municipalit&#233;s. On pr&#233;conisait la cr&#233;ation d'institutions m&#233;tropolitaines fortes permettant de pallier la fragmentation institutionnelle de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que le gouvernement qu&#233;b&#233;cois a annonc&#233;, &#224; la fin des ann&#233;es 1990, la mise en chantier d'une r&#233;forme des institutions locales. Un consensus s'est alors d&#233;gag&#233; pour que la r&#233;organisation s'effectue &#224; l'&#233;chelon de la r&#233;gion m&#233;tropolitaine, tout en maintenant des municipalit&#233;s pour la gestion de proximit&#233;. Mais l'histoire ne s'est pas d&#233;roul&#233;e comme on l'avait pr&#233;vu. &#192; la suite d'une d&#233;marche entreprise par les maires des cinq plus grandes villes du Qu&#233;bec, le gouvernement Bouchard a plut&#244;t fait voter, en 2000, une loi imposant la fusion de dizaines de municipalit&#233;s attenantes aux villes importantes. Dans ce cadre, la r&#233;gion m&#233;tropolitaine de Montr&#233;al, qui &#224; l'origine devait &#234;tre le c&#339;ur de la r&#233;forme sinon son unique objet, a &#233;t&#233; d&#233;coup&#233;e en trois blocs avec, sur son &#238;le centre, une m&#233;gaville int&#233;grant toutes les 28 municipalit&#233;s existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps hostile au concept &lt;i&gt;une &#238;le une ville&lt;/i&gt; cher au maire Jean Drapeau, le premier ministre Bouchard a pes&#233; de tout son poids pour imposer finalement une solution reconnaissant la place particuli&#232;re de la Ville de Montr&#233;al dans le syst&#232;me qu&#233;b&#233;cois et canadien. Le gouvernement n'a donc pas cr&#233;&#233; une m&#233;tropole, mais trois villes : Montr&#233;al, Longueuil et Laval (o&#249; la fusion remontait &#224; 1965).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme galopant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Renforcer Montr&#233;al ainsi que les principales villes du Qu&#233;bec. Tel &#233;tait le but que disait s'&#234;tre fix&#233; le gouvernement p&#233;quiste lorsqu'il a ouvert le bal en 2000 en faisant adopter la loi 170 sur les fusions municipales pilot&#233;e par la ministre Louise Harel. Mais comme les objectifs de l'op&#233;ration l'ont vite rendu manifeste, ses v&#233;ritables motifs s'apparentaient plut&#244;t aux pr&#233;ceptes biens connus du n&#233;olib&#233;ralisme : efficacit&#233; et rationalisation administrative, &#233;conomie d'&#233;chelle et comp&#233;titivit&#233; internationale. L'att&#233;nuation des disparit&#233;s fiscales entre les municipalit&#233;s s'ajoutait &#224; cette liste, mais cette derni&#232;re aurait pu fort bien se r&#233;aliser sans fusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une n&#233;cessit&#233; aussi pressante que la r&#233;forme d&#233;mocratique et la participation des citoyennes aux prises de d&#233;cision n'a jamais &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e par les technocrates de l'&#201;tat dans la pr&#233;paration du Livre blanc menant &#224; la pr&#233;sentation de la loi 170. Elle n'a pas &#233;t&#233; mentionn&#233;e non plus dans le d&#233;bat ayant pr&#233;c&#233;d&#233; les fusions, lequel a &#233;t&#233; monopolis&#233; par les &#233;lites &#233;conomiques, les m&#233;dias et certains conseils de ville. On y a plut&#244;t discut&#233; &lt;i&gt;ad nauseam&lt;/i&gt; des seuls enjeux administratifs, fiscaux et techniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau r&#233;gional, on constate que l'institution &#171; faible &#187; qu'est la Communaut&#233; m&#233;tropolitaine de Montr&#233;al n'a pas r&#233;ussi &#224; faire adh&#233;rer les citoyennes au concept de r&#233;gion m&#233;tropolitaine ni &#224; y d&#233;velopper un sentiment d'appartenance. Nous n'assistons pas &#224; la naissance d'une identit&#233; m&#233;tropolitaine. Le fait que les dirigeantes de la communaut&#233; soient d&#233;l&#233;gu&#233;es par les villes et non &#233;lues directement est l'un des facteurs expliquant pourquoi la population ne se reconna&#238;t pas &#224; l'&#233;chelle territoriale de la Communaut&#233;. Cette derni&#232;re est un espace public de d&#233;lib&#233;ration politique, mais uniquement pour les &#233;luEs qui si&#232;gent &#224; huis clos lorsqu'ils prennent des d&#233;cisions importantes. Elle ne rejoint pas les citoyennNEs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Paul Cliche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ex-conseiller municipal RCM &#224; Montr&#233;al&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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