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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>M&#234;me combat ?</title>
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		<dc:creator>Beno&#238;t Beaucage</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
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		<dc:subject>Beaucage, Beno&#238;t</dc:subject>

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&lt;p&gt;La libert&#233; acad&#233;mique est souvent confondue dans le langage courant avec la libert&#233; citoyenne de dire, de commenter et de critiquer sans s'attirer de repr&#233;sailles. Or, il s'agit plut&#244;t d'un prolongement de celle-ci, qui se justifie par la formation et l'expertise scientifiques de celui qui en jouit. Cette plante fragile et toujours menac&#233;e est absolument n&#233;cessaire &#224; l'accomplissement des principales fonctions professorales que sont la formation et la recherche, dans une perspective de qu&#234;te (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-universite-entre-declin-" rel="directory"&gt;Dossier : L'universit&#233; entre d&#233;clin et relance&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Recherche-scientifique-+" rel="tag"&gt;Recherche scientifique&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton773.gif?1642092273' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;375&#034; height=&#034;500&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La libert&#233; acad&#233;mique est souvent confondue dans le langage courant avec la libert&#233; citoyenne de dire, de commenter et de critiquer sans s'attirer de repr&#233;sailles. Or, il s'agit plut&#244;t d'un prolongement de celle-ci, qui se justifie par la formation et l'expertise scientifiques de celui qui en jouit. Cette plante fragile et toujours menac&#233;e est absolument n&#233;cessaire &#224; l'accomplissement des principales fonctions professorales que sont la formation et la recherche, dans une perspective de qu&#234;te sans entrave de la v&#233;rit&#233;. Par ailleurs, comme les professeurs ne sont plus constitu&#233;s en ordre professionnel comme ils l'&#233;taient d'une certaine mani&#232;re &#224; l'origine, c'est en partie dans le cadre de l'autonomie de l'institution universitaire qu'ils peuvent le mieux exercer la fonction critique qui est au c&#339;ur m&#234;me de leur m&#233;tier de producteur et de diffuseur de connaissances.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un mythe tenace&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on &#233;voque aujourd'hui la libert&#233; acad&#233;mique et l'autonomie universitaire, on semble estimer qu'apr&#232;s un certain &#226;ge d'or, jamais situ&#233; dans le temps faut-il le pr&#233;ciser, la situation serait all&#233;e en se d&#233;gradant. En r&#233;alit&#233;, cette perspective repose sur une grande ignorance des modalit&#233;s de naissance et d'existence des premi&#232;res universit&#233;s, ainsi que des contraintes qui ont toujours pes&#233; lourdement sur les professeurs dans l'exercice de leurs fonctions. Sans faire une histoire trop longue, il est bon de rappeler que l'universit&#233; est n&#233;e en Occident aux XIIe et XIIIe si&#232;cles et que plusieurs de ses caract&#233;ristiques constitutives sont li&#233;es au statut juridique particulier dont jouissait alors l'&#201;glise, de m&#234;me qu'&#224; celui des diverses associations corporatives urbaines qui sont apparues &#224; la m&#234;me &#233;poque un peu partout dans les cit&#233;s. L'universit&#233; constitue alors une communaut&#233; form&#233;e de professeurs et d'&#233;tudiants, plus ou moins organis&#233;e en corporation et soustraite au plan judiciaire &#224; l'autorit&#233; des pouvoirs politiques, au m&#234;me titre d'ailleurs que l'&#201;glise de ce temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le d&#233;part, la libert&#233; d'enseignement est restreinte puisque dans tous les domaines, elle doit se situer &#224; l'int&#233;rieur de la r&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne, dont les nombreux myst&#232;res, malgr&#233; leur caract&#232;re irrationnel, doivent &#234;tre accept&#233;s comme tels, faute de pouvoir &#234;tre expliqu&#233;s. Certains tabous comme celui concernant la n&#233;cessit&#233; de pr&#233;server l'int&#233;grit&#233; des cadavres humains pour assurer la r&#233;surrection des corps sont particuli&#232;rement nuisibles &#224; l'enseignement de la m&#233;decine, alors qu'on sait que, paradoxalement, l'&#201;glise autorise et va m&#234;me jusqu'&#224; prescrire la torture de ses opposants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si la question du financement des universit&#233;s ne se pose pas au d&#233;part, les professeurs vivant de pr&#233;bendes eccl&#233;siastiques et des droits de scolarit&#233; vers&#233;s par les &#233;tudiants, l'&#201;tat moderne naissant entreprend d'utiliser &#224; son profit le prestige croissant de l'institution universitaire pour lui faire approuver certaines de ses man&#339;uvres les plus douteuses. C'est ainsi, &#224; titre d'exemples, qu'on voit l'universit&#233; de Paris sollicit&#233;e en 1308 de porter un jugement favorable sur l'arrestation des Templiers, puis un si&#232;cle plus tard, sur la condamnation de Jeanne d'Arc. Ces tentatives de mainmise de l'&#201;tat sur l'universit&#233; se sont maintenues avec les si&#232;cles. Sous le Second Empire, en 1862, Ernest Renan est chass&#233; du Coll&#232;ge de France pour avoir os&#233; nier implicitement dans son cours la divinit&#233; de J&#233;sus, alors que Napol&#233;on III cherche &#224; r&#233;tablir des ponts avec l'&#201;glise. Au Qu&#233;bec, jusqu'au milieu des ann&#233;es 1960, dans les universit&#233;s francophones du moins, le clerg&#233; est omnipr&#233;sent et il y occupe les postes de commande. On peut mentionner ici cette prestation obligatoire du serment antimoderniste exig&#233; de l'ensemble du corps professoral de l'Universit&#233; Laval au d&#233;but des ann&#233;es 1950, ainsi que le rappelait le sociologue Guy Rocher il y a quelques ann&#233;es. Quant aux &#233;tablissements, ils sont &#224; l'&#233;poque largement d&#233;pendants de l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois qui, sous couvert d'autonomie, bloque le financement f&#233;d&#233;ral qu'il est bien incapable par ailleurs de compenser ad&#233;quatement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les entraves &#224; la libert&#233; acad&#233;mique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La syndicalisation des professeurs d'universit&#233; &#224; partir de la fin des ann&#233;es 1960 a permis de garantir aux individus l'exercice de la libert&#233; acad&#233;mique par des clauses de conventions collectives suffisamment claires et fortes pour que ce droit ne soit plus directement remis en cause depuis. La facult&#233; pour un professeur de choisir lui-m&#234;me ses champs et ses probl&#233;matiques de recherche et d'enseigner dans le cadre des programmes en jouissant d'une libert&#233; compl&#232;te d'expression et de critique est d&#233;sormais acquise et son exercice ne peut entra&#238;ner aucune mesure de r&#233;torsion &#224; son endroit. Les principales limites &#224; sa libert&#233; viennent plut&#244;t d&#233;sormais de contraintes externes &#224; l'institution et sont au premier chef li&#233;es aux n&#233;cessit&#233;s du financement de la recherche. Contrairement &#224; l'universit&#233; m&#233;di&#233;vale et moderne si frugale, les &#233;tablissements d'enseignement sup&#233;rieur contemporains, o&#249; l'activit&#233; de recherche est d&#233;sormais g&#233;n&#233;ralis&#233;e, co&#251;tent de plus en plus cher. Quant aux sources de financement, elles sont d&#233;sormais multiples et parmi celles-ci, celles qui sont d'origine priv&#233;e sont de plus en plus importantes. C'est donc surtout d&#233;sormais par le financement que s'op&#232;re la contrainte. D'autant plus qu'avec les fonds, une id&#233;ologie de rentabilit&#233; &#224; court terme p&#233;n&#232;tre dans l'institution universitaire ; elle s'accompagne d'une recherche d'efficacit&#233; suppos&#233;ment atteinte par une concentration autour d'axes d&#233;termin&#233;s et souvent tr&#232;s pointus qui ne correspondent pas n&#233;cessairement aux objectifs g&#233;n&#233;raux d'une formation solide et suffisamment vari&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les autres obstacles &#224; la libert&#233; acad&#233;mique, il faut faire une place aux menaces de poursuites abusives dont des entreprises se servent pour emp&#234;cher que des universitaires portent publiquement des jugements, dans le cadre de leur comp&#233;tence professionnelle, sur des affaires en cours. Mettre en doute la pertinence ou la faisabilit&#233; d'un projet immobilier, pour donner cet exemple, a d&#233;j&#224; conduit &#224; des mises en demeure accompagn&#233;es de menaces de poursuites tr&#232;s substantielles dont le but n'&#233;tait que de contraindre au silence. Et ces man&#339;uvres de censure &#233;conomique r&#233;ussissent souvent, il faut bien l'admettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre danger menace la libert&#233; d'un certain nombre de professeurs chercheurs, c'est celui de la rectitude politique. L'exemple actuel le plus frappant m'appara&#238;t pour l'heure le cas fran&#231;ais. Depuis une quinzaine d'ann&#233;es, dans le domaine des sciences historiques, une limite &#224; la libert&#233; intellectuelle a &#233;t&#233; impos&#233;e, cette fois par l'&#201;tat lui-m&#234;me et pour des motifs &#224; l'origine tr&#232;s valables. Il s'agit des lois dites m&#233;morielles, qui ont pour objet d'emp&#234;cher en la p&#233;nalisant la n&#233;gation de certains crimes de masse comme la Shoah, mais dont l'effet concret est d'interdire aux historiens de remettre en cause la version r&#233;put&#233;e finale de certaines questions historiques encore sensibles. Ce mouvement, qu'il faut bien qualifier de censure d'un type nouveau, s'est &#233;tendu de telle sorte que divers groupes politiques et sociaux, par le biais de pressions multiples, ont tent&#233; jusqu'&#224; maintenant d'emp&#234;cher que l'on remette en cause la responsabilit&#233; exclusive des Occidentaux dans l'esclavage africain de l'&#233;poque moderne, ou m&#234;me de relativiser le r&#244;le de l'islam dans la transmission de la sagesse grecque antique aux philosophes chr&#233;tiens du Moyen &#194;ge. On peut sans peine imaginer l'effet que produirait la multiplication de tels interdits &#224; la libert&#233; des professeurs chercheurs et pire encore, leur application aux autres champs de la connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle autonomie aujourd'hui ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On peut d&#233;finir ce concept comme le droit d'un &#233;tablissement universitaire d'assurer lui-m&#234;me son fonctionnement et son d&#233;veloppement. L&#224; o&#249; le b&#226;t blesse, c'est que les &#233;tablissements universitaires qu&#233;b&#233;cois sont loin d'&#234;tre autonomes au plan financier et que le report de la croissance de leurs co&#251;ts sur leurs usagers leur est &#224; toute fin pratique interdit. Quant &#224; l'&#201;tat qu&#233;b&#233;cois, tout en se montrant incapable d'assurer le financement n&#233;cessaire des &#233;tablissements universitaires, il a pris cette d&#233;cision incroyable de les autoriser &#224; assurer leur d&#233;veloppement par des emprunts dont il semble s'&#234;tre par la suite d&#233;sint&#233;ress&#233; pendant un temps. Comment imaginer que des entit&#233;s financi&#232;rement aussi fragiles auraient ainsi la capacit&#233; de se d&#233;velopper maintenant mais surtout de rembourser plus tard ? Les conclusions sur le d&#233;rapage immobilier de l'UQAM semblent bien sugg&#233;rer que pour rendre une telle op&#233;ration cr&#233;dible, il a fallu recourir durant des ann&#233;es &#224; des man&#339;uvres syst&#233;matiques de sous-estimation des co&#251;ts et de surestimation des revenus. Comment le gouvernement du Qu&#233;bec, pourtant tenu par la loi &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire, peut-il estimer ne pas &#234;tre responsable de ces d&#233;ficits pr&#233;visibles qu'il avait pourtant les moyens de voir venir ? Il y a une sorte d'incoh&#233;rence dans toute cette affaire qui conduira, on en est maintenant s&#251;rs, &#224; une nette restriction de l'autonomie financi&#232;re des universit&#233;s qu&#233;b&#233;coises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part pr&#233;pond&#233;rante de l'&#201;tat dans le financement des universit&#233;s ne tient pas &#224; un caprice ou &#224; un accident de l'histoire, mais au fait que l'institution universitaire est un service public et doit &#234;tre, &#224; ce titre, soutenue par l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. La reconnaissance de cette caract&#233;ristique essentielle entra&#238;ne des limites &#224; cette autonomie administrative tant souhait&#233;e, celles de l'imputabilit&#233;, de l'efficacit&#233; et de la transparence, li&#233;es &#224; tout financement public. Il est &#233;vident dans ce contexte que nul &#233;tablissement ne peut s'engager de son propre chef dans des projets de d&#233;veloppement mat&#233;riel, pharaoniques ou pas, sans avoir obtenu au pr&#233;alable l'approbation explicite du principal responsable de l'utilisation de tous les fonds publics. Les m&#233;thodes plus ou moins cauteleuses pour contourner cette &#233;vidence ne changent rien &#224; l'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant dit, il faut qu'un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans la cr&#233;ation et l'&#233;valuation des programmes d'enseignement et de recherche continue &#224; &#234;tre d&#233;volu au corps professoral de chaque &#233;tablissement comme le pr&#233;voient actuellement certaines conventions collectives du secteur universitaire. Le mod&#232;le peut varier d'un lieu &#224; un autre, mettant l'accent ici sur l'autorit&#233; de l'assembl&#233;e d&#233;partementale, alors qu'ailleurs, c'est le cadre facultaire qui s'impose. Et cet avis pr&#233;pond&#233;rant du corps professoral doit ensuite appara&#238;tre et pr&#233;valoir dans les instances acad&#233;miques sup&#233;rieures de chaque &#233;tablissement. Aux tentatives de transformer l'universit&#233; en entreprise o&#249; l'autorit&#233; s'exerce de haut en bas &#224; partir d'une direction soumise aux pressions ext&#233;rieures, il faut continuer d'opposer dans le champ acad&#233;mique la force tranquille et ascendante du corps professoral. La poursuite dans cette voie constitue le meilleur rempart &#224; la survie d'un service public, qui soit &#224; la fois d&#233;mocratique et accessible &#224; tous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Beno&#238;t Beaucage&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historien et militant syndical&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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