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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Du c&#233;leri pas cher... aux frais des travailleurs migrants</title>
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		<dc:date>2008-08-24T02:51:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Martha Steigman</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Steigman, Martha </dc:subject>

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&lt;p&gt;Cela fait d&#233;j&#224; au moins 60 ans que l'on observe une augmentation du nombre de fermes industrielles au Qu&#233;bec, une augmentation qui se fait aux d&#233;pens des fermes familiales. Cependant cette tendance a &#233;t&#233; exacerb&#233;e par le libre &#233;change. Dans le secteur horticole (production des fruits et l&#233;gumes), l'utilisation de la main-d'&#339;uvre demeure intense. Un des ingr&#233;dients n&#233;cessaires &#224; la consolidation agroindustrielle du secteur horticole est donc la disponibilit&#233; de nombreux travailleurs pr&#233;caires (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Souverainete-alimentaire-" rel="directory"&gt;Dossier : Souverainet&#233; alimentaire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Steigman-Martha-+" rel="tag"&gt;Steigman, Martha &lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton721.jpg?1642092272' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;397&#034; height=&#034;298&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cela fait d&#233;j&#224; au moins 60 ans que l'on observe une augmentation du nombre de fermes industrielles au Qu&#233;bec, une augmentation qui se fait aux d&#233;pens des fermes familiales. Cependant cette tendance a &#233;t&#233; exacerb&#233;e par le libre &#233;change. Dans le secteur horticole (production des fruits et l&#233;gumes), l'utilisation de la main-d'&#339;uvre demeure intense. Un des ingr&#233;dients n&#233;cessaires &#224; la consolidation agroindustrielle du secteur horticole est donc la disponibilit&#233; de nombreux travailleurs pr&#233;caires dispos&#233;s &#224; accepter les conditions de travail difficiles de ce secteur. Les grandes fermes ont besoin de travailleurs &lt;i&gt;just-in-time&lt;/i&gt; [en flux tendu] &#8211; et le Programme f&#233;d&#233;ral des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) r&#233;pond &#224; ce besoin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Saint-R&#233;mi est une ville diff&#233;rente les jeudis soirs : le stationnement de l'&#233;picerie est plein d'autobus et le centre-ville est plein de Mexicains. Les travailleurs agricoles de Saint-R&#233;mi font partie des 20 000 travailleurs migrants que les fermiers industriels canadiens embauchent chaque ann&#233;e &#224; travers le programme PTAS. Ce programme existe depuis la fin des ann&#233;es 1960, mais il a grandi en importance avec l'augmentation de l'agriculture industrielle. Sans le PTAS, l'agriculture industrielle ne pourrait pas survivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ils nous traitent comme des esclaves&lt;/i&gt; &#187;, affirme Egidio au sujet du PTAS. &#192; 69 ans, il a travaill&#233; huit mois par ann&#233;e sur des fermes canadiennes durant les 20 derni&#232;res ann&#233;es, mais il reste loin de pouvoir acc&#233;der &#224; la r&#233;sidence permanente ou de r&#233;clamer le ch&#244;mage auquel il contribue depuis 20 ans. Les conditions de vie sont horribles, il d&#233;teste son employeur et il est outr&#233; par toutes les d&#233;ductions enlev&#233;es de son ch&#232;que de paie par le gouvernement canadien. Il y a une atmosph&#232;re de peur parmi ses coll&#232;gues &#8211; ils savent que s'ils r&#233;sistent &#224; l'exploitation de leur employeur, ils ont de bonnes chances d'&#234;tre renvoy&#233;s chez eux. Mais, &#224; 7,95 $ de l'heure et 80 heures par semaine, Egidio ne pourrait pas gagner autant chez lui, et il ne peut pas compromettre la survie de sa famille. Alors, malgr&#233; ses frustrations, il reviendra l'ann&#233;e prochaine si l'occasion se repr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisateurs du Centre d'appui pour les travailleurs et travailleuses agricoles migrants du Qu&#233;bec se rendent &#224; Saint-R&#233;mi chaque semaine. Leur &lt;i&gt;Winnebago&lt;/i&gt; sert de centre d'information mobile. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me si ces gens viennent au Qu&#233;bec comme partie d'un programme de travail l&#233;gal, ils se sentent et agissent comme s'ils &#233;taient des sans-papiers &#8211; ils ont peur de d&#233;fendre leurs droits ! Ils ne savent m&#234;me pas quels sont leurs droits&lt;/i&gt; &#187; explique une des organisatrices. &#171; &lt;i&gt;Notre objectif primaire est de les &#233;duquer sur leurs droits du travail ici au Canada.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FERME, l'organisme cr&#233;&#233; afin de coordonner le PTAS au Qu&#233;bec, est un consortium de repr&#233;sentants agroindustriels. Les fermes industrielles ont besoin d'un bassin de main-d'&#339;uvre docile et bon march&#233; &#8211; exactement ce qui est fourni par le PTAS. Le programme a l'air bien sur papier : le PTAS r&#233;pond aux lacunes de main-d'&#339;uvre, appuie la venue de travailleurs du sud au Canada l&#233;galement o&#249; ils font des salaires comparativement meilleurs et &#233;vitent les risques de la migration ill&#233;gale. Mais la structure du programme laisse les travailleurs sans d&#233;fense face &#224; l'exploitation de leurs employeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En th&#233;orie, c'est la responsabilit&#233; du Consulat mexicain de d&#233;fendre les travailleurs &#8211; mais il n'y a que deux agents pour le Qu&#233;bec entier et les heures d'ouverture du Consulat sont de 10h &#224; 15h &#8211; ce qui ne convient pas du tout avec les horaires des travailleurs. &#171; &lt;i&gt;Le Consulat est sous la botte du FERME. Ils font ce que le FERME leur dit&lt;/i&gt; &#187;, explique une organisatrice du Centre. La raison de cette servilit&#233; ? L'argent envoy&#233; au Mexique par les travailleurs migrants est la deuxi&#232;me source de devises &#233;trang&#232;res pour le Mexique &#8211; apr&#232;s le p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement canadien ne fait pas plus quant &#224; la d&#233;fense des droits des travailleurs. En 2006, les travailleurs du PTAS ont contribu&#233; pour 11 million $ &#224; la caisse de l'assurance-emploi, cependant qu'aucun d'entre eux ne peut r&#233;clamer de prestations. Apr&#232;s 30 ans de n&#233;gligence, le minist&#232;re des Ressources humaines et du D&#233;veloppement social du Canada, responsable du programme, a r&#233;cemment accept&#233; de mener une enqu&#234;te sur les conditions de logement, en r&#233;ponse aux vives pressions des groupes venant en aide aux travailleurs migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, il y a tr&#232;s peu d'organisations qui offrent de la solidarit&#233; aux travailleurs PTAS au Qu&#233;bec. C'est seulement avec l'action de groupes comme le Centre d'appui, avec la collaboration des mouvements syndicaux et sociaux, que le gouvernement peut &#234;tre forc&#233; &#224; assurer l'am&#233;lioration des conditions de travail du PTAS.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Martha Steigman&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doctorante &#224; l'Universit&#233; Concordia et membre du Collectif de recherche du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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