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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Les fruits amers de l'industrie agricole</title>
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		<dc:date>2008-08-27T02:40:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Laplante</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Laplante, Maxime </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour les d&#233;fenseurs de l'agrobusiness moderne, l'industrie agricole incarne l'efficacit&#233;, la productivit&#233; accrue, la meilleure garantie de nourrir la plan&#232;te de plus en plus peupl&#233;e. Et pourtant ! &#192; tous les &#233;gards, notre mod&#232;le agricole repr&#233;sente un net recul. &lt;br class='autobr' /&gt; Lorsqu'on parle de productivit&#233;, on sous-entend g&#233;n&#233;ralement de faire plus avec moins. Le but de toute augmentation de productivit&#233; demeure &#233;videmment de r&#233;duire l'utilisation de ressources limit&#233;es. Or, en industrie agricole, on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laplante-Maxime-+" rel="tag"&gt;Laplante, Maxime &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour les d&#233;fenseurs de l'agrobusiness moderne, l'industrie agricole incarne l'efficacit&#233;, la productivit&#233; accrue, la meilleure garantie de nourrir la plan&#232;te de plus en plus peupl&#233;e. Et pourtant ! &#192; tous les &#233;gards, notre mod&#232;le agricole repr&#233;sente un net recul.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsqu'on parle de productivit&#233;, on sous-entend g&#233;n&#233;ralement de faire plus avec moins. Le but de toute augmentation de productivit&#233; demeure &#233;videmment de r&#233;duire l'utilisation de ressources limit&#233;es. Or, en industrie agricole, on se limite &#224; mesurer la productivit&#233; en termes de main-d'&#339;uvre n&#233;cessaire pour nourrir la population. Comme si l'objectif devait &#234;tre de diminuer le nombre de fermes et de personnes en vivant. En revanche, on n&#233;glige de consid&#233;rer la quantit&#233; d'&#233;nergie fossile pour produire de la nourriture, ou le co&#251;t des subventions par aliment produit pour notre population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, on se garde bien de proc&#233;der &#224; une &#233;valuation globale. Par exemple, on mentionnera qu'une seule personne suffit pour s'occuper d'un &#233;levage de 4 000 porcs &#224; l'engrais. Mais on occulte le fait que les porcs sont n&#233;s ailleurs, seront transport&#233;s par un autre, abattus par un tiers, d&#233;bit&#233;s par un suivant, et ainsi de suite. En fait, l'augmentation de la productivit&#233; en agriculture n'est qu'un mythe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut illustrer cette situation par un exemple simple : comparons deux champs d'avoine ; l'un en monoculture, l'autre en culture m&#233;lang&#233;e avec d'autres c&#233;r&#233;ales et des plantes pouvant &#234;tre r&#233;colt&#233;es en foin. Au moment de la r&#233;colte, le rendement en avoine est certes sup&#233;rieur en monoculture mais pour effectuer un calcul complet, il faudrait aussi ajouter le rendement des autres c&#233;r&#233;ales en m&#233;lange, ainsi que la paille (en monoculture, la paille devient souvent un d&#233;chet, les producteurs de c&#233;r&#233;ales n'ayant pas toujours des animaux pour l'utiliser). Et n'oublions pas que le champ m&#233;lang&#233; produira ensuite du foin pendant plusieurs ann&#233;es, sans avoir besoin d'&#234;tre labour&#233;. Et puis, si les grandes monocultures &#233;taient si productives, pourquoi n&#233;cessitent-elles le plus de subventions ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une efficacit&#233; douteuse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Autre constat d'&#233;chec de l'industrie agricole qui pr&#233;tend avoir sorti les fermiers et fermi&#232;res de la mis&#232;re des ann&#233;es trente : la baisse du revenu agricole. Depuis un demi-si&#232;cle, l'agrobusiness a convaincu le gouvernement du Qu&#233;bec qu'il fallait &#233;liminer les trois-quarts des fermes, surtout celles qui ne sont pas orient&#233;es vers le commerce. Maintenant que c'est chose faite, l'&#233;limination se poursuit, car il s'agit encore et toujours d'&#233;purer le secteur pour ne conserver que les plus rentables ! Mais, comme par hasard, le revenu net des fermes ne cesse de d&#233;gringoler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ferme de 2007 a un revenu net inf&#233;rieur &#224; celle du d&#233;but des ann&#233;es 1980. Et toutes les merveilleuses trouvailles technologiques n'ont fait qu'empirer la situation. Comment s'en surprendre ? Pour acqu&#233;rir la plus grosse presse &#224; foin, il a fallu changer de tracteur pour un plus gros, ainsi que l'andaineuse et la faucheuse. Et lorsque la presse a co&#251;t&#233; 40 000 $, difficile de la laisser dehors pendant les 50 semaines o&#249; elle ne sert pas. Il s'ensuit une course &#224; l'endettement dont on ne sort pas si facilement. Pendant que le chiffre d'affaires des fermes poursuit sa hausse, le revenu net a maintenant atteint une valeur n&#233;gative au pays. En moyenne, les fermes canadiennes fonctionnent donc &#224; perte. Ce n'est que gr&#226;ce aux subventions vers&#233;es aux plus grandes entreprises que celles-ci survivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;galement en raison de ce syst&#232;me encourageant la grande entreprise que la production biologique progresse difficilement au Qu&#233;bec, avec des prix sensiblement plus &#233;lev&#233;s que pour les denr&#233;es conventionnelles. En effet, de par leur taille, mais aussi en raison de la diversit&#233; de leur production, beaucoup de fermes biologiques &#233;chappent au soutien de l'&#201;tat, contrairement aux usines agricoles. Les programmes d'assurance-r&#233;colte ne s'appliquent g&#233;n&#233;ralement qu'aux cultures pures et non m&#233;lang&#233;es, en plus d'exiger des quantit&#233;s minimales assez &#233;lev&#233;es (10 hectares pour les c&#233;r&#233;ales, 300 porcs, 50 brebis, etc.). En outre, les fermes biologiques doivent assumer seules les co&#251;ts de leur certification, tout en pr&#233;voyant des bandes de protection face &#224; la contamination par les pesticides et semences transg&#233;niques des voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte semblable, peu surprenant que les produits biologiques se vendent plus cher &#224; l'&#233;picerie. Et il ne faut pas oublier que les plans conjoints contr&#244;l&#233;s par l'UPA, incluant les agences de vente et les quotas, sont b&#226;tis en fonction d'une mise en march&#233; sp&#233;cialis&#233;e et &#224; fort volume. La vente directe &#224; la ferme, surtout en ce qui concerne les denr&#233;es animales, est extr&#234;mement difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, o&#249; est donc le progr&#232;s, alors que les fermiers et fermi&#232;res se sp&#233;cialisent au d&#233;triment de leur revenu, perdent leur autonomie d&#233;cisionnelle et se retrouvent abandonn&#233;es face &#224; un syst&#232;me industriel qui encourage leur extermination ? Le futur, s'il doit r&#233;pondre &#224; des objectifs durables, passe n&#233;cessairement par la paysannerie. Le v&#233;ritable progr&#232;s r&#233;side dans l'am&#233;lioration des conditions des fermiers et fermi&#232;res et par le respect de l'environnement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maxime Laplante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agronome, cofondateur et ex-pr&#233;sident de l'Union paysanne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Utiles ou encombrants ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Utiles-ou-encombrants</link>
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		<dc:date>2008-08-23T02:52:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maxime Laplante</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Laplante, Maxime </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De fa&#231;on p&#233;riodique, l'agriculture se retrouve au c&#339;ur des discussions commerciales avec l'&#233;tranger. Parmi le jargon courant, on retrouve OMC, souverainet&#233; alimentaire, gestion de l'offre, barri&#232;res tarifaires, plans conjoints, etc. &lt;br class='autobr' /&gt; D'abord, on peut se demander pourquoi on insiste tant sur le fait que les denr&#233;es agricoles puissent circuler d'un pays &#224; l'autre &#224; des prix uniformes. Pourquoi ne se pose-t-on pas la question sur les m&#233;tiers comme m&#233;decin, avocat, plombier ? Il serait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De fa&#231;on p&#233;riodique, l'agriculture se retrouve au c&#339;ur des discussions commerciales avec l'&#233;tranger. Parmi le jargon courant, on retrouve OMC, souverainet&#233; alimentaire, gestion de l'offre, barri&#232;res tarifaires, plans conjoints, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord, on peut se demander pourquoi on insiste tant sur le fait que les denr&#233;es agricoles puissent circuler d'un pays &#224; l'autre &#224; des prix uniformes. Pourquoi ne se pose-t-on pas la question sur les m&#233;tiers comme m&#233;decin, avocat, plombier ? Il serait int&#233;ressant de voir la r&#233;action de l'ordre des ing&#233;nieurs si on permettait &#224; des entreprises d'embaucher des ing&#233;nieurs d'Am&#233;rique latine &#224; moindre tarif plut&#244;t que des ing&#233;nieurs qu&#233;b&#233;cois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il appert que l'int&#233;r&#234;t de l'ouverture des fronti&#232;res en mati&#232;re d'agriculture a pour but de d&#233;placer la production l&#224; o&#249; les salaires sont au plus bas et de vendre les produits l&#224; o&#249; le pouvoir d'achat des consommateurs est au plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la position du Canada est pour le moins ambigu&#235;. D'une part, le Canada plaide pour l'ouverture des fronti&#232;res mais, d'autre part, ferme ses propres fronti&#232;res ou impose des douanes exorbitantes pour bloquer l'entr&#233;e de produits qualifi&#233;s de &#171; sensibles &#187;, comme le lait. Il est &#224; pr&#233;voir qu'une telle position ambivalente ne pourra toujours &#234;tre maintenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les plus farouches d&#233;fenseurs de la fermeture des fronti&#232;res face aux importations, on retrouve l'Union des producteurs agricoles (UPA), qui d&#233;fend bec et ongles son syst&#232;me de quotas et le principe de la gestion de l'offre. Il faut ici comprendre l'int&#233;r&#234;t de l'UPA pour la chose. La plupart des marchandises agricoles commercialis&#233;es au Qu&#233;bec passent par des plans conjoints, qu'il s'agisse de lait, de porc, de b&#339;uf ou m&#234;me de crevettes. Un plan conjoint, pour simplifier, est un cadre l&#233;gal permettant aux fermiers et fermi&#232;res d'un secteur donn&#233; d'organiser leur mise en march&#233; collectivement. Il peut s'agir simplement de pr&#233;lever un montant pour faire de la publicit&#233;, mais le plan conjoint peut aller aussi loin que de mettre en place une agence obligatoire de vente ou m&#234;me un syst&#232;me de quotas de production. Ces quotas constituent la base de la gestion de l'offre, dans le sens qu'on contr&#244;le la production agricole en distribuant des permis de produire aux fermiers et fermi&#232;res. Si le march&#233; est combl&#233;, la production est stopp&#233;e. Au Qu&#233;bec, il y a des quotas pour le lait, les &#339;ufs, la volaille, le sirop d'&#233;rable et le lapin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'int&#233;r&#234;t financier des plans conjoints et des quotas pour l'UPA r&#233;side dans le fait que chaque denr&#233;e qui passe dans le syst&#232;me am&#232;ne une contribution financi&#232;re &#224; la machine, aux diff&#233;rentes f&#233;d&#233;rations de l'UPA et aussi directement &#224; la maison-m&#232;re. Le pouvoir de l'UPA repose sur le contr&#244;le de la mise en march&#233;. De plus, les grandes fermes d&#233;tentrices de quotas, qui ont souvent re&#231;u pour une bouch&#233;e de pain les quotas mais peuvent aujourd'hui les revendre au prix fort, n'ont pas int&#233;r&#234;t &#224; voir dispara&#238;tre ce syst&#232;me, m&#234;me si des prix de quota comme 25 000 $ par vache ou 260 $ par poule pondeuse effraient toute forme de rel&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UPA, devant la menace de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) d'abolir le syst&#232;me de gestion de l'offre, a donc constitu&#233; une coalition pour prot&#233;ger ce syst&#232;me, le GO5. Ce que l'UPA n'a cependant pas dit, c'est que pendant qu'elle prot&#232;ge ses quotas contre l'entr&#233;e de denr&#233;es &#224; prix de dumping, elle maintient sa pouss&#233;e exportatrice, dans le cas du porc notamment. En septembre 2007, l'UPA, conjointement avec la Coop f&#233;d&#233;r&#233;e et &#201;quiterre, a m&#234;me organis&#233; un forum sur la souverainet&#233; alimentaire. Comme condition d'entr&#233;e pour participer au d&#233;bat : la signature attestant &#234;tre en accord avec le syst&#232;me de gestion de l'offre de l'UPA !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les reproches faits par l'Union paysanne &#224; l'endroit des plans conjoints et des quotas de l'UPA, mentionnons tout d'abord l'entrave &#224; toute forme de rel&#232;ve de par la valeur &#233;lev&#233;e des quotas. Ces quotas devraient non pas &#234;tre monnay&#233;s, mais &#234;tre distribu&#233;s gratuitement par une r&#233;gie paragouvernementale selon des crit&#232;res &#233;tablis par la soci&#233;t&#233;, comme la priorit&#233; au secteur biologique, aux jeunes, aux r&#233;gions &#233;loign&#233;es. Le second reproche majeur concerne le manque flagrant de d&#233;marche d&#233;mocratique dans le processus. Ainsi, parmi les centaines ou les milliers de personnes qui &#233;l&#232;vent du lapin, seulement 53 ont re&#231;u le statut d'&#233;leveur de lapin. Le plan conjoint pr&#233;voyant que l'invitation doit en rejoindre au moins la moiti&#233; et qu'une majorit&#233; des deux-tiers est suffisante, il s'ensuit qu'il suffit qu'une poign&#233;e d'entre eux s'entendent pour &#233;tablir un syst&#232;me de quotas pour qu'une infime minorit&#233; se partage les parts de march&#233;, &#224; l'exclusion totale de tous les autres. Et cette situation se retrouve dans la volaille, les &#339;ufs, le sirop d'&#233;rable, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel outil de contr&#244;le, dans les mains d'un cartel priv&#233;, constitue un d&#233;rapage majeur et a des cons&#233;quences catastrophiques sur le mouvement coop&#233;ratif ou la diversit&#233;. Par exemple, comment peut survivre une coop&#233;rative si elle ne peut plus commercialiser la production de ses propres membres ? C'est le cas de la coop&#233;rative Citadelle dont les membres doivent obligatoirement livrer leur sirop d'&#233;rable &#224; leur f&#233;d&#233;ration (UPA). Comment d&#233;velopper l'&#233;levage de races du patrimoine comme la poule Chanteclerc ou la vache canadienne si l'acc&#232;s aux quotas est impossible ? Comment d&#233;velopper l'&#233;levage biologique de lapin si le syndicat contr&#244;le toute la production et fixe un prix unique pour tous, sans tenir compte des diff&#233;rents co&#251;ts de production ou des intentions de mise en march&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fenseurs du syst&#232;me des plans conjoints r&#233;torquent qu'il ne faudrait pas retourner &#224; l'&#233;poque o&#249; chaque fermier ou fermi&#232;re devait n&#233;gocier seule son produit devant un gros acheteur, ce qui menait souvent &#224; des prix tr&#232;s bas. Mais il n'est pas n&#233;cessaire de tout centraliser et de tout uniformiser pour regrouper les fermiers et fermi&#232;res. On pourrait, par exemple, tr&#232;s bien envisager qu'il y ait un prix minimal ou m&#234;me un syst&#232;me de quotas sans que tous les fermiers et fermi&#232;res soient oblig&#233;es de livrer leur production &#224; la m&#234;me enseigne. En termes plus clairs, m&#234;me si un fermier ou une fermi&#232;re a le droit de produire, supposons, 50 000 litres de lait et que son prix de vente ne doit pas &#234;tre inf&#233;rieur &#224; 60 sous, on pourrait lui laisser le loisir de le vendre &#224; la ferme, ou de le transformer en fromage, ou de le livrer &#224; la laiterie, ou de former une coop&#233;rative, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est grave et ne se r&#232;glera pas &#171; de l'int&#233;rieur &#187;. Si rien n'est modifi&#233;, c'est tout le d&#233;veloppement de la production biologique qui est compromis, ainsi que celui des produits du terroir. Le canal uniforme ne laisse pas grand espace pour la diversit&#233;. Sans intervention ext&#233;rieure de l'&#201;tat, peu d'espoir de changement rapide. Les fermiers et fermi&#232;res qui abandonnent sont exclues des rangs et les survivantes tiennent &#224; leur valeur de quota. En outre, l'UPA, qui en principe devrait viser l'am&#233;lioration des conditions financi&#232;res de ses membres, a plut&#244;t int&#233;r&#234;t &#224; augmenter les pr&#233;lev&#233;s de mise en march&#233;. Le syndicat est devenu le patron de la mise en march&#233;. Il y a pourtant un organisme de contr&#244;le des plans conjoints mais il ne constitue plus qu'une fa&#231;ade. La R&#233;gie des march&#233;s agricoles du Qu&#233;bec doit en effet approuver tout changement aux r&#232;gles de mise en march&#233; dict&#233;es par les plans conjoints. Or, lorsqu'on demande &#224; la R&#233;gie des informations sur la mise en march&#233; de denr&#233;es agricoles, la r&#233;ponse est invariable : allez demander &#224; l'UPA ! De plus, en 40 ans de plans conjoints au Qu&#233;bec, la R&#233;gie n'a jamais jug&#233; n&#233;cessaire de proc&#233;der &#224; quelque &#233;valuation que ce soit de ce syst&#232;me. Les plans conjoints ont-ils am&#233;lior&#233; la situation financi&#232;re des fermes ? Les quotas ont-ils emp&#234;ch&#233; ou ralenti la disparition des fermes ? La R&#233;gie n'en a pas la moindre id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, une analyse &#233;l&#233;mentaire de l'&#233;volution du nombre de fermes au Qu&#233;bec depuis 30 ans d&#233;montre clairement que ce sont pr&#233;cis&#233;ment les fermes poss&#233;dant un quota qui ont disparu le plus rapidement. La valeur de ces fermes augmente rapidement, ce qui en complique l'acc&#232;s pour la rel&#232;ve. Autrement dit, les quotas font tellement grimper la valeur des fermes que celles-ci ne peuvent &#234;tre ni l&#233;gu&#233;es aux descendantes des propri&#233;taires, ni vendues &#224; des &#171; d&#233;butantes &#187; venues de la ville. Elles disparaissent donc, englouties par des fermes plus grandes, encourageant ainsi la concentration de la propri&#233;t&#233; terrienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il n&#233;cessairement jeter tout ce syst&#232;me &#224; la poubelle ? Peut-&#234;tre pas. Mais si des modifications en profondeur ne se produisent pas rapidement, il y a fort &#224; parier que le Canada suivra un jour l'exemple de l'Australie et l'abolira en entier. Actuellement, cet outil fantastique que sont les plans conjoints ne sert que partiellement les int&#233;r&#234;ts d'une minorit&#233;, au d&#233;triment de toute la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maxime Laplante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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