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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>D&#233;centralisation et d&#233;mocratie urbaine</title>
		<link>https://www.ababord.org/Decentralisation-et-democratie</link>
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		<dc:date>2008-08-20T23:38:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dimitri Roussopoulos</dc:creator>


		<dc:subject>Logement, transports et &#233;cologie urbaine</dc:subject>
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		<dc:subject>Roussopoulos, Dimitri</dc:subject>

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&lt;p&gt;La d&#233;centralisation, entendue ici comme un remodelage de l'&#201;tat, a longtemps &#233;t&#233; per&#231;ue et revendiqu&#233;e par les mouvements sociaux comme un moyen de valoriser la d&#233;mocratie, de rapprocher des citoyens et des citoyennes le pouvoir, les lieux de d&#233;cisions, les services publics ainsi que les possibilit&#233;s de contr&#244;ler le d&#233;veloppement r&#233;gional et local. Au Qu&#233;bec, dans un contexte o&#249; le n&#233;olib&#233;ralisme domine, quelle forme prend la d&#233;centralisation et quels int&#233;r&#234;ts sert-elle ? Contribue-t-elle au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Logement-transports-et-ecologie-+" rel="tag"&gt;Logement, transports et &#233;cologie urbaine&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Roussopoulos-Dimitri-+" rel="tag"&gt;Roussopoulos, Dimitri&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;centralisation, entendue ici comme un remodelage de l'&#201;tat, a longtemps &#233;t&#233; per&#231;ue et revendiqu&#233;e par les mouvements sociaux comme un moyen de valoriser la d&#233;mocratie, de rapprocher des citoyens et des citoyennes le pouvoir, les lieux de d&#233;cisions, les services publics ainsi que les possibilit&#233;s de contr&#244;ler le d&#233;veloppement r&#233;gional et local. Au Qu&#233;bec, dans un contexte o&#249; le n&#233;olib&#233;ralisme domine, quelle forme prend la d&#233;centralisation et quels int&#233;r&#234;ts sert-elle ? Contribue-t-elle au renforcement de la d&#233;mocratie aux &#233;chelles r&#233;gionale ou locale ? Est-il possible pour les citoyennes, organis&#233;s ou non, d'occuper les espaces politiques pour mieux faire valoir leurs int&#233;r&#234;ts, voire pour exp&#233;rimenter de nouvelles pratiques en mati&#232;re de d&#233;veloppement local et de d&#233;mocratie participative ? Quelles conditions cela n&#233;cessite-t-il ? Quels sont les principaux enjeux de ce processus de reconfiguration politique et quels d&#233;fis se posent aux mouvements sociaux en termes de revendications et de strat&#233;gies ? &#192; quelles nouvelles exigences les mouvements sociaux sont-ils confront&#233;s ? De Montr&#233;al, elle-m&#234;me d&#233;centralis&#233;e vers ses arrondissements, aux int&#233;r&#234;ts du monde rural en passant par Trois-Rivi&#232;res, quatre militants ancr&#233;s dans des r&#233;alit&#233;s diff&#233;rentes ont bien voulu r&#233;pondre &#224; ces grandes questions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est en tant que militant que j'ai travers&#233; l'&#226;ge noir de l'autoritarisme du maire Jean Drapeau. Et je veux ici t&#233;moigner de l'&#233;volution de la question de la d&#233;centralisation &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le maire Drapeau a finalement d&#251; quitter le pouvoir en 1986. En pleine campagne &#233;lectorale, alors que les sondages indiquaient une nette victoire du parti du Rassemblement des citoyens de Montr&#233;al (RCM), une propagande antigauche est lanc&#233;e par la droite montr&#233;alaise, martelant que les conseils de quartier propos&#233;s par le RCM deviendraient de r&#233;elles enclaves sovi&#233;tiques. Dans ce climat, Jean Dor&#233; et le conseil g&#233;n&#233;ral du RCM ont remis &#224; plus tard le projet de d&#233;centralisation qui &#233;tait pourtant au programme du parti. Durant les huit ann&#233;es au pouvoir du RCM, on a assist&#233; &#224; plusieurs consultations publiques qui sont toutefois demeur&#233;es consultatives sans jamais devenir d&#233;cisionnelles. Les organisations communautaires se sont distanci&#233; rapidement du RCM. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au royaliste suivant, l'autoritaire Pierre Bourque, sa plateforme &#233;lectorale comprenait ni plus ni moins que l'abolition de la consultation publique. Huit ann&#233;es de m&#233;contentement croissant parmi les militantes du milieu communautaire ont donn&#233; lieu &#224; de larges coalitions r&#233;clamant une r&#233;forme urbaine incluant la consultation publique, la d&#233;centralisation du processus de prise de d&#233;cisions et une d&#233;mocratie plus forte. Cette frustration a &#233;ventuellement donn&#233; lieu &#224; la Commission Tremblay, qui a d&#251; r&#233;pondre au d&#233;sir des citoyennes de renforcer la d&#233;mocratie. Cet exercice a influenc&#233; G&#233;rald Tremblay qui a form&#233; un nouveau parti politique et s'est pr&#233;sent&#233; comme candidat &#224; la mairie de Montr&#233;al en 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des 30 derni&#232;res ann&#233;es, les Montr&#233;alaisEs et la gauche urbaine ont fait pression pour une reconfiguration du pouvoir politique de notre ville. Il est bon de rappeler que notre H&#244;tel de Ville &#233;tait dirig&#233;, il n'y a pas si longtemps, par un comit&#233; ex&#233;cutif restreint et un maire aux nombreux pouvoirs discr&#233;tionnaires. Qui plus est, l'imposition par le Parti qu&#233;b&#233;cois du projet &#171; une &#238;le, une ville &#187; a provoqu&#233; l'implosion des forces populaires, incluant celles de la Ville de Montr&#233;al ant&#233;rieure, repr&#233;sent&#233;es par le RCM et la gauche urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; au pouvoir, le maire Tremblay a tent&#233; de ramasser les pots cass&#233;s. La r&#233;forme institutionnelle &#224; laquelle nous avons assist&#233; est incompl&#232;te. Divers motifs expliquent l'autonomie consid&#233;rable accord&#233;e aux anciennes villes et aux anciens quartiers de la ville centre. Toutefois, un aspect important, que nous de la gauche ne cesserons de revendiquer, a &#233;t&#233; &#233;cart&#233; : une d&#233;centralisation accompagn&#233;e d'une v&#233;ritable d&#233;mocratisation. &#192; l'heure actuelle, le r&#233;sultat est in&#233;gal et engendre un syst&#232;me complexe suscitant de vives r&#233;actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie mise de l'avant par la gauche urbaine tentait pour sa part de juxtaposer d&#233;centralisation et d&#233;mocratisation des nouveaux arrondissements ; l'une et l'autre devant se renforcer mutuellement. Malgr&#233; cela, le processus des d&#233;fusions municipales a men&#233; au d&#233;veloppement in&#233;gal que l'on constate aujourd'hui et qui provoque tant de dol&#233;ances. De plus, certains maires et &#233;quipes d'arrondissement n'ont pas eu &#224; d&#233;velopper une culture d&#233;mocratique puisque la d&#233;centralisation, telle que pratiqu&#233;e, leur permet de garder le pouvoir sans le redistribuer aux citoyennes. Aujourd'hui, Montr&#233;al s'apparente &#224; une f&#233;d&#233;ration d'arrondissements, ce qui pourrait &#234;tre positif, mais sans d&#233;mocratisation, nous restons dans une balkanisation de la ville. Nous assistons pr&#233;sentement &#224; une attaque importante contre la d&#233;centralisation qui provient d'une kyrielle d'&#233;ditorialistes de la presse marchande, de bureaucrates municipaux centralisateurs, d'&#233;l&#233;ments de droite au sein du comit&#233; ex&#233;cutif et autres Benoit Labont&#233; repr&#233;sentant le grand capital. Les m&#233;contentements viennent &#233;galement de certains acteurs de la soci&#233;t&#233; civile, pour qui certaines politiques publiques doivent &#234;tre transversales. Ils basculent ainsi dans une interpr&#233;tation centralisatrice de la sociale-d&#233;mocratie qui est aujourd'hui r&#233;volue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, ceux parmi nous qui avaient plaid&#233; au cours des derni&#232;res d&#233;cennies pour une d&#233;centralisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'histoire de la d&#233;centralisation est peu connue dans notre soci&#233;t&#233; qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ont fait la promotion de la d&#233;mocratisation de nos arrondissements. L'une ne peut aller sans l'autre, autrement on assiste au renforcement du pouvoir des &#233;lus locaux. Parfois des alliances avec des &#233;lues progressistes sont n&#233;cessaires. &#192; peine un an apr&#232;s son arriv&#233;e au pouvoir, le conseil d'arrondissement du Plateau Mont-Royal, sous la pr&#233;sidence de Helen Fotopulos, a command&#233; une &#233;tude sur la d&#233;mocratisation des politiques. Cette &#233;tape a &#233;t&#233; importante pour l'affirmation des orientations en mati&#232;re de d&#233;mocratie participative de l'arrondissement Plateau Mont-Royal &#224; Montr&#233;al. Parmi les r&#233;sultats, le conseil d'arrondissement du Plateau a pr&#233;sent&#233; une r&#233;solution contre la guerre en Irak, largement appuy&#233;e par le Conseil de ville, et une r&#233;solution contre la privatisation de l'eau, encore une fois soutenue par la ville centre. L'arrondissement a aussi implant&#233; bon nombre de commissions citoyennes dont le d&#233;roulement et les r&#233;sultats ont d&#233;pass&#233; le seul pouvoir repr&#233;sentatif dont disposent les &#233;lues. Et, depuis deux ans, le budget participatif semble avoir atteint un air d'aller offrant un espace politique &#224; quiconque veut prendre part &#224; un exercice d&#233;lib&#233;ratif pour d&#233;terminer les orientations du budget d'une partie du programme triennal d'immobilisation de 1,5 million de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Plateau n'est pas une utopie politique. Pas plus que nous vivons une r&#233;elle d&#233;mocratie participative. N&#233;anmoins, par la d&#233;termination de militantes et d'organisations communautaires, combin&#233;e &#224; un leadership du conseil d'arrondissement tout autant d&#233;vou&#233; &#224; l'enracinement d&#233;mocratique, nous cheminons, lentement mais s&#251;rement, vers une nouvelle culture d&#233;mocratique &#224; Montr&#233;al. Une telle am&#233;lioration est n&#233;cessaire autant &#224; la structure politique de la ville qu'&#224; celle des r&#233;gions. La centralisation ne peut r&#233;pondre &#224; un tel besoin. Les progr&#232;s accomplis au Plateau auraient &#233;t&#233; impossibles sans la loi 33 ayant men&#233; &#224; la d&#233;centralisation. Laissons-les autres en faire autant, et pr&#233;parons-nous &#224; leur faire b&#233;n&#233;ficier de notre exp&#233;rience.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'histoire de la d&#233;centralisation est peu connue dans notre soci&#233;t&#233; qui elle, au contraire, met de l'avant &#171; l'efficacit&#233; centralis&#233;e &#187;. Dans sa brillante &#339;uvre, Mildred J. Loomis analyse comment la d&#233;centralisation, l&#224; o&#249; elle a exist&#233;, a encourag&#233; l'autosuffisance, l'agriculture biologique, les droits des consommateurs, les coop&#233;ratives et entreprises autog&#233;r&#233;es, la gestion &#233;cologique des ressources naturelles, l'&#233;ducation progressiste, les syst&#232;mes bancaires &#233;quitables et le d&#233;veloppement &#233;conomique communautaire. Il faut donc avoir confiance au peuple.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dimitri Roussopoulos&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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