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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Le P&#233;rou &#224; l'avant-garde ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Le-Perou-a-l-avant-garde</link>
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		<dc:date>2011-08-19T00:55:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phanie Rousseau</dc:creator>


		<dc:subject>Peuples autochtones</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Rousseau, St&#233;phanie </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En juin 2002, la tenue d'une consultation populaire dans la municipalit&#233; de Tambogrande, Piura, P&#233;rou, &#224; propos d'un projet d'exploitation d'une mine d'or men&#233; par la compagnie canadienne Manhattan Minerals Corp., avait marqu&#233; l'histoire de la r&#233;sistance au mod&#232;le de d&#233;veloppement bas&#233; sur l'exploitation des ressources non renouvelables. Les citoyens de Tambogrande, une municipalit&#233; non autochtone dont l'&#233;conomie est tourn&#233;e vers la production de mangues et de limes, avaient alors (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-36-oct-nov-2010-" rel="directory"&gt;No 036 - oct. / nov. 2010&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Nations-autochtones-+" rel="tag"&gt;Peuples autochtones&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rousseau-Stephanie-+" rel="tag"&gt;Rousseau, St&#233;phanie &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton1139.gif?1642092121' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;640&#034; height=&#034;480&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En juin 2002, la tenue d'une consultation populaire dans la municipalit&#233; de Tambogrande, Piura, P&#233;rou, &#224; propos d'un projet d'exploitation d'une mine d'or men&#233; par la compagnie canadienne Manhattan Minerals Corp., avait marqu&#233; l'histoire de la r&#233;sistance au mod&#232;le de d&#233;veloppement bas&#233; sur l'exploitation des ressources non renouvelables.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment le rapport d'observation de la consultation populaire produit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Les citoyens de Tambogrande, une municipalit&#233; non autochtone dont l'&#233;conomie est tourn&#233;e vers la production de mangues et de limes, avaient alors massivement rejet&#233; le projet minier, entra&#238;nant &#233;ventuellement le retrait de la compagnie canadienne. Pour la premi&#232;re fois dans les Am&#233;riques, une population locale appuy&#233;e par des ONG nationales et internationales utilisait la voie des urnes pour signaler son opposition &#224; l'imposition d'un projet de d&#233;veloppement contraire &#224; ses int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, le droit &#224; la consultation des populations locales &#233;tait faiblement garanti par les lois p&#233;ruviennes, bien que reconnu &#224; l'int&#233;rieur des m&#233;canismes entourant l'approbation des permis d'exploitation mini&#232;re ainsi que dans les dispositions de la Constitution r&#233;gissant les initiatives populaires de r&#233;f&#233;rendum. Les ann&#233;es suivantes ont vu la mobilisation populaire cro&#238;tre de fa&#231;on exponentielle dans plusieurs r&#233;gions du pays en opposition &#224; divers projets d'exploitation des ressources naturelles. Huit ans plus tard, en mai 2010, le P&#233;rou fait encore les manchettes pour &#234;tre le seul pays d'Am&#233;rique latine o&#249; le Congr&#232;s adoptait un projet de loi r&#233;gulant sp&#233;cifiquement le droit &#224; la consultation des peuples autochtones (&lt;i&gt;Ley Marco del Derecho a la Consulta de los Pueblos Ind&#237;genas&lt;/i&gt;). Ce projet de loi &#233;tablit clairement l'obligation pour l'&#201;tat de consulter les populations locales s'identifiant &#224; un peuple autochtone avant la mise en marche d'un projet susceptible d'affecter les conditions de vie de ces populations. On y d&#233;finit cette obligation comme &#233;tant li&#233;e &#224; la recherche du consentement libre et &#233;clair&#233; des populations, ce qui oblige l'&#201;tat &#224; tenir non seulement la consultation en tant que telle mais aussi &#224; s'engager dans le dialogue et la n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet de loi a malheureusement fait l'objet d'un &lt;i&gt;veto&lt;/i&gt; de la part du gouvernement d'Alan Garc&#237;a, ce qui n'a surpris personne &#233;tant donn&#233; le caract&#232;re ouvertement hostile de ce gouvernement face aux revendications autochtones et populaires en g&#233;n&#233;ral. Le projet est donc pour le moment en suspens, ayant &#233;t&#233; renvoy&#233; au Congr&#232;s pour de nouveaux d&#233;bats. N&#233;anmoins, comment expliquer l'avanc&#233;e que repr&#233;sente ce pr&#233;c&#233;dent dans un pays o&#249; la population autochtone est majoritaire dans plusieurs r&#233;gions (entre 25 et 48 % de foyers autochtones au total), mais o&#249; ce n'est que tr&#232;s r&#233;cemment que le mouvement autochtone a r&#233;ussi &#224; devenir un acteur politique central &#224; l'&#233;chelle nationale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;v&#232;nements du 5 juin 2009 &#224; Bagua en Amazonie p&#233;ruvienne, o&#249; des autochtones Awaj&#250;n et Wampis et la police se sont affront&#233;s avec pour cons&#233;quence 33 morts (dont 23 policiers) et plus de 200 bless&#233;s, ont constitu&#233; un point tournant du mouvement autochtone p&#233;ruvien. Ce drame a marqu&#233; la fin d'une longue p&#233;riode de protestation pacifique de ces peuples autochtones du d&#233;partement d'Amazonas contre des d&#233;crets adopt&#233;s en 2008 par le gouvernement d'Alan Garc&#237;a &#8211; d&#233;crets qui signifiaient la fragilisation des droits collectifs autochtones sur leurs territoires ancestraux et leur usage des ressources naturelles, au b&#233;n&#233;fice d'investisseurs &#233;trangers. V&#233;ritable traumatisme national rappelant &#224; la m&#233;moire des P&#233;ruviens la p&#233;riode du conflit entre forces subversives et forces militaires (1980-2000), les &#233;v&#232;nements de Bagua ont n&#233;anmoins eu comme effet de transformer les luttes autochtones en v&#233;ritables enjeux nationaux. Ainsi que me l'affirmaient certains observateurs p&#233;ruviens il y a quelques mois : &#171; &lt;i&gt;avant Bagua, on ne voyait presque jamais les dirigeants autochtones &#224; la une des journaux ; maintenant, c'est commun. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les d&#233;crets en litige ont &#233;t&#233; suspendus, mais que les responsables politiques de l'op&#233;ration polici&#232;re ayant caus&#233; les morts &#224; Bagua n'ont pas encore fait l'objet de sanctions, le principal dirigeant de l'organisation repr&#233;sentant les f&#233;d&#233;rations autochtones amazoniennes, l'AIDESEP (&lt;i&gt;Asociaci&#243;n inter&#233;tnica de desarrollo de la selva peruana&lt;/i&gt;), Alberto Pizango Chota, est revenu au P&#233;rou &#224; la fin de mai 2010, apr&#232;s avoir re&#231;u l'asile politique au Nicaragua. Celui-ci ainsi que d'autres dirigeants d'AIDESEP avaient d&#251; se cacher apr&#232;s les &#233;v&#232;nements de Bagua puisque l'&#201;tat p&#233;ruvien les tenait responsables du massacre. La pression de plusieurs m&#233;dias et forces politiques ont eu raison de la volont&#233; de l'&#201;tat p&#233;ruvien de criminaliser ces dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; conflits sociaux &#187;, ainsi qu'on les appelle au P&#233;rou dans la presse et dans les rapports mensuels de l'Ombusman qui font &#233;tat de leur nombre, n'ont eu de cesse de cro&#238;tre depuis 10 ans. Sur l'ensemble de ces conflits recens&#233;s au mois de juin 2010, 50,4 % (126 cas) sont de nature socioenvironnementale et portent donc sur des enjeux li&#233;s &#224; l'exploitation des ressources naturelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;home.php ?sec=1&amp;pag=5&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La mobilisation des citoyens a pris diff&#233;rentes voies selon les particularit&#233;s des localit&#233;s et en fonction des strat&#233;gies d&#233;velopp&#233;es par diverses organisations locales, r&#233;gionales ou nationales. Dans certaines r&#233;gions clairement autochtones comme en Amazonie, ce sont de grandes organisations telles qu'AIDESEP qui m&#232;nent les luttes. Dans d'autres r&#233;gions comme la Sierra (hautes montagnes) ou la c&#244;te pacifique, l'identit&#233; autochtone n'a traditionnellement pas &#233;t&#233; centrale dans l'articulation des revendications populaires. Par exemple, la CONACAMI (&lt;i&gt;Coordinadora nacional de comunidades afectadas por la miner&#237;a&lt;/i&gt;), une des principales organisations de r&#233;sistance aux activit&#233;s mini&#232;res, a d&#233;but&#233; ses activit&#233;s en 1999 sans d'abord relier son discours &#224; la d&#233;fense des cultures et pratiques autochtones. Puis, sous l'effet de rencontres nationales ou internationales avec des organisations autochtones qui portent une grande partie des m&#234;mes pr&#233;occupations pour le milieu naturel, les activit&#233;s de production agricole traditionnelle et la souverainet&#233; des peuples, la CONACAMI a d&#233;velopp&#233; une sensibilit&#233;, un discours et des symboles de plus en plus nettement autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type de &#171; conversion &#187; n'est pas &#233;tranger &#224; l'appareil juridico-normatif contenu dans la Convention 169 de l'Organisation internationale du travail qui reconna&#238;t dans son article 13 l'importance, pour les cultures autochtones, de leur rapport &#224; la terre et au territoire, et exige ainsi que l'&#201;tat le prot&#232;ge. La Convention reconna&#238;t le droit des peuples autochtones &#224; &#234;tre consult&#233;s &#224; propos de tout projet de d&#233;veloppement susceptible d'affecter les conditions de vie de ses membres. Pour b&#233;n&#233;ficier de la protection offerte par la Convention 169, ratifi&#233;e par le P&#233;rou en 1994, les communaut&#233;s doivent se conformer aux crit&#232;res de base de celle-ci, c'est-&#224;-dire &#234;tre les descendants d'un peuple pr&#233;existant &#224; la colonisation europ&#233;enne, poss&#233;der des institutions et normes communales de type coutumier diff&#233;rant des pratiques et droit nationaux h&#233;g&#233;moniques, et s'auto-identifier comme peuple autochtone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution p&#233;ruvienne de 1993 a aboli l'interdiction de c&#233;der ou vendre des terres et territoires autochtones, interdiction qui avait &#233;t&#233; &#233;tablie dans la Constitution de 1979. Ce recul allait de pair avec la lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie p&#233;ruvienne men&#233;e par le gouvernement d'Alberto Fujimori (1990-2000). &#201;tant donn&#233; les droits contenus dans la C 169, une grande partie de la lutte politique populaire s'est orient&#233;e vers cette Convention depuis la chute du gouvernement de Fujimori. Le projet de loi sur le droit &#224; la consultation des peuples autochtones constitue par cons&#233;quent un succ&#232;s estimable, mais encore fragile.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir notamment le rapport d'observation de la consultation populaire produit par Droits et D&#233;mocratie : &lt;a href=&#034;http://www.ddrd.ca/site/publications/index.php?id=1345&amp;lang=fr&amp;subsection=catalogue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ddrd.ca/site/publications/index.php?id=1345&amp;lang=fr&amp;subsection=catalogue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.defensoria.gob.pe/conflictos-sociales/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.defensoria.gob.pe/conflictos-sociales/&lt;/a&gt; home.php ?sec=1&amp;pag=5&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Avanc&#233;es et conflits</title>
		<link>https://www.ababord.org/Avancees-et-conflits</link>
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		<dc:date>2008-08-13T12:04:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>St&#233;phanie Rousseau</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Rousseau, St&#233;phanie </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Bolivie a entam&#233; en ao&#251;t 2006 la difficile t&#226;che de &#171; refonder l'&#201;tat-Nation &#187; &#224; travers une r&#233;forme constitutionnelle men&#233;e par une assembl&#233;e constituante d&#233;mocratiquement &#233;lue. Alors que la Bolivie compte parmi les pays les plus pauvres de l'Am&#233;rique latine et que la discrimination syst&#233;mique fond&#233;e sur l'ethnicit&#233; et le genre y est particuli&#232;rement criante, les d&#233;fis pourront-ils &#234;tre relev&#233;s par la voie d&#233;mocratique du consensus et de la n&#233;gociation ? La volont&#233; du MAS (Movimiento Al (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-22-dec-2007-jan-2008-" rel="directory"&gt;No 022 - d&#233;c. 2007 / jan. 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Amerique-latine-et-Caraibes-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Rousseau-Stephanie-+" rel="tag"&gt;Rousseau, St&#233;phanie &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Bolivie a entam&#233; en ao&#251;t 2006 la difficile t&#226;che de &#171; &lt;i&gt;refonder l'&#201;tat-Nation&lt;/i&gt; &#187; &#224; travers une r&#233;forme constitutionnelle men&#233;e par une assembl&#233;e constituante d&#233;mocratiquement &#233;lue. Alors que la Bolivie compte parmi les pays les plus pauvres de l'Am&#233;rique latine et que la discrimination syst&#233;mique fond&#233;e sur l'ethnicit&#233; et le genre y est particuli&#232;rement criante, les d&#233;fis pourront-ils &#234;tre relev&#233;s par la voie d&#233;mocratique du consensus et de la n&#233;gociation ? La volont&#233; du MAS (&lt;i&gt;Movimiento Al Socialismo&lt;/i&gt;, Mouvement vers le socialisme) d'Evo Morales de &#171; d&#233;coloniser &#187; la soci&#233;t&#233; bolivienne a-t-elle des chances de triompher face aux r&#233;sistances des &#233;lites et face &#224; l'incertitude qui pr&#233;vaut autour du contenu des nouvelles normes &#171; d&#233;colonisatrices &#187; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le MAS et plusieurs partis et mouvements politiques se sont entendus le 18 octobre dernier sur la nature du nouvel &#201;tat-Nation &#224; ench&#226;sser dans une nouvelle constitution : &#171; &lt;i&gt;un &#201;tat de droit unitaire, social, plurinational, communautaire, d&#233;mocratique, libre, ind&#233;pendant, souverain, interculturel et reconnaissant diverses formes d'autonomies sub-&#233;tatiques. Il se fonde sur la pluralit&#233; et le pluralisme politique, &#233;conomique, juridique, culturel et linguistique.&lt;/i&gt; &#187; L'accord pass&#233; entre ces forces politiques pr&#233;voit que la d&#233;mocratie sera &#224; la fois repr&#233;sentative, participative, directe, d&#233;lib&#233;rative et communautaire, ce dernier aspect faisant r&#233;f&#233;rence au pouvoir des peuples autochtones de nommer leurs autorit&#233;s et de voter pour elles en fonction de leurs normes coutumi&#232;res. Les principes de libert&#233;, d'&#233;galit&#233; de droits et d'opportunit&#233;s, d'&#233;quit&#233;, de compl&#233;mentarit&#233;, de r&#233;ciprocit&#233; et de redistribution, de justice, d'&#233;quit&#233; de genre, de solidarit&#233;, de pluralisme, d'&#233;quilibre, d'harmonie, d'honn&#234;tet&#233;, de tol&#233;rance et de respect de la dignit&#233; humaine sont affirm&#233;s comme devant faire l'objet de mesures sp&#233;cifiques pour leur exercice effectif. L'&#201;tat a pour responsabilit&#233; de redistribuer les exc&#233;dents &#233;conomiques &#224; travers des politiques sp&#233;cifiques dans les domaines social et culturel et dans les domaines de la sant&#233; et de l'&#233;ducation. Par ailleurs, fait notable, la libert&#233; de religion et le respect des cosmovisions distinctes sont affirm&#233;s en m&#234;me temps que l'ind&#233;pendance de l'&#201;tat face &#224; la religion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Partidos logran acuerdo para el tipo de Estado &#187;, quotidien La Raz&#243;n (La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal &#233;l&#233;ment qui ressort de cet accord est la reconnaissance de la pr&#233;existence des peuples autochtones par rapport &#224; la fondation de la nation bolivienne (elle-m&#234;me suivant &#233;videmment une longue p&#233;riode d'occupation coloniale). Cette reconnaissance est manifeste dans le principe de l'autod&#233;termination et de l'autogouvernement de ces peuples dans le cadre du territoire bolivien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ces avanc&#233;es peuvent sembler &#224; premi&#232;re vue assez impressionnantes, il faut tout de suite pr&#233;ciser que le contexte dans lequel se d&#233;roulent ces n&#233;gociations est loin de garantir que la Bolivie parviendra &#224; adopter une telle constitution tout en maintenant un minimum n&#233;cessaire de paix sociale. Cet accord fait en effet partie des r&#233;solutions adopt&#233;es par un &#171; Conseil politique &#187; mis sur pied par le vice-pr&#233;sident du pays afin de d&#233;nouer l'impasse dans laquelle se trouvait l'Assembl&#233;e constituante cr&#233;&#233;e en ao&#251;t 2006 et charg&#233;e de produire une nouvelle constitution. Cette Assembl&#233;e, form&#233;e de 255 repr&#233;sentantes &#233;lues sur la base de listes de partis ou de mouvements politiques, a travers&#233; plusieurs vagues de contestation, de l'int&#233;rieur comme de l'ext&#233;rieur, qui l'ont paralys&#233;e &#224; diff&#233;rents moments depuis qu'elle si&#232;ge. Le dernier &#233;pisode qui dure depuis le mois d'ao&#251;t s'est centr&#233; sur l'&#233;pineuse question du transfert &#233;ventuel de toutes les institutions &#233;tatiques vers la ville de Sucre, capitale historique o&#249; si&#232;ge le pouvoir judiciaire mais supplant&#233;e par La Paz o&#249; se trouvent les pouvoirs ex&#233;cutifs et l&#233;gislatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le d&#233;partement de Chuquisaca, dont Sucre est la capitale d&#233;partementale, la vive mobilisation populaire r&#233;clamait que cette question soit d&#233;battue au sein de l'Assembl&#233;e constituante. Le MAS d'Evo Morales a tout simplement exclu cette possibilit&#233;. Le &#171; Conseil politique &#187; a &#233;t&#233; mis sur pied dans l'espoir d'&#233;tablir un plus large consensus sur les diff&#233;rents articles de la future constitution, dans un contexte o&#249; la mobilisation populaire &#224; Sucre, lieu o&#249; s'est &#233;tablie l'Assembl&#233;e constituante, emp&#234;chait de garantir la s&#233;curit&#233; des repr&#233;sentantEs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;placement du d&#233;bat constitutionnel et la mainmise du vice-pr&#233;sident Alvaro Garcia Linera sur ce dernier, alors que le vice-pr&#233;sident n'est pas &#233;lu &#224; la Constituante, en disent long sur la gravit&#233; de la situation conflictuelle et sur la volont&#233; du MAS de conserver le contr&#244;le sur le processus. Le principal parti d'opposition, le PODEMOS (&lt;i&gt;Poder Democr&#225;tico Social&lt;/i&gt;, Pouvoir d&#233;mocratique social), qui repr&#233;sente les int&#233;r&#234;ts de l'&#233;lite commerciale et financi&#232;re des d&#233;partements de l'est du pays, refuse de signer les accords adopt&#233;s par le Conseil politique. Si les organisations sociales telles que la CONAMAQ (&lt;i&gt;Confederacion nacional de ayllus y markas del qullasuyu&lt;/i&gt;, Conf&#233;d&#233;ration nationale des ayllus et markas du Collasuyo) s'inqui&#232;tent du fait que l'Assembl&#233;e constituante a &#233;t&#233; supplant&#233;e par un Conseil politique, c'est en raison des ann&#233;es de lutte men&#233;es pour que l'Assembl&#233;e soit convoqu&#233;e et que diverses voix populaires puissent y &#234;tre entendues. Quant &#224; PODEMOS, il poursuit son opposition au projet de refondation nationale men&#233;e par le MAS, notamment en ce qui a trait &#224; l'autonomie de territoires autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autonomie est en effet au c&#339;ur des d&#233;bats constitutionnels, bien que le consensus se soit &#233;tabli autour d'un &#201;tat qui resterait unitaire. D'une part, les d&#233;partements riches en ressources naturelles et/ou les plus d&#233;velopp&#233;s (4 sur un total de 9), r&#233;clament un r&#233;gime d'autonomie d&#233;partementale comportant le pouvoir de l&#233;gif&#233;rer et de taxer, de m&#234;me que le contr&#244;le sur l'exploitation des ressources du sous-sol. D'autre part, les organisations autochtones r&#233;clament le droit de s'autogouverner dans le cadre d'autonomies r&#233;gionale et municipale. Le MAS est oppos&#233; &#224; l'autonomie d&#233;partementale maximaliste demand&#233;e par les leaders de ces d&#233;partements, mais il s'est engag&#233; &#224; cr&#233;er un r&#233;gime autonomiste comprenant la dimension d&#233;partementale. Quant aux autonomies autochtones, le MAS est beaucoup plus favorable, bien que la question des comp&#233;tences reste &#224; d&#233;finir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et le mouvement des femmes dans tout &#231;a ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La participation de 88 femmes &#233;lues &#224; l'Assembl&#233;e constituante (presque un tiers des si&#232;ges) repr&#233;sente une avanc&#233;e importante en termes quantitatifs. De m&#234;me, la pr&#233;sidence de l'Assembl&#233;e a &#233;t&#233; remise dans les mains de Silvia Lazarte, une dirigeante connue de la F&#233;d&#233;ration nationale de femmes paysannes Bartolina Sisa. Bien que les efforts de quelques-unes pour former un front de coordination des femmes &#233;lues &#224; l'Assembl&#233;e aient &#233;chou&#233;s, le travail de fourmi effectu&#233; notamment par &#171; &lt;i&gt;Presentes en la Historia. Mujeres en la Asamblea Constituyente&lt;/i&gt; &#187;, une coalition d'ONGs appuy&#233;es par la coop&#233;ration internationale, semble avoir port&#233; fruit. Depuis la fin de 2004, cette coalition a r&#233;alis&#233; un travail gigantesque de consultation &#224; travers le pays (plus de 400 ateliers) dans le but de produire une proposition de Constitution politique synth&#233;tisant les demandes populaires de plus de 20 000 femmes repr&#233;sent&#233;es par 1 000 organisations. Ce document a &#233;t&#233; largement diffus&#233; dans le pays depuis sa parution en juin 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs des &#233;l&#233;ments contenus dans ce document se retrouvent par exemple dans la proposition constitutionnelle pr&#233;sent&#233;e en mai 2007 par le Pacte d'Unit&#233;, regroupant les principales organisations autochtones, syndicales, paysannes du pays &#8212; les principaux alli&#233;s du MAS en somme. Dans cette proposition, on remarque notamment l'usage d'un langage non sexiste dans la r&#233;daction des diff&#233;rents articles (&#171; &lt;i&gt;les Boliviens et les Boliviennes, les citoyens et les citoyennes&#8230;&lt;/i&gt; &#187;). Par ailleurs, on reconna&#238;t le devoir de l'&#201;tat d'adopter des mesures de discrimination positive en faveur des femmes ou de secteurs d&#233;savantag&#233;s de la population. Dans la section portant sur les droits individuels, on reconna&#238;t que les droits et les garanties de la Constitution doivent &#234;tre octroy&#233;s sans discrimination sur la base du sexe, du genre, de l'&#226;ge, de l'appartenance culturelle, de la langue, de l'opinion, de la religion, de l'orientation sexuelle, de l'orientation politique, d'un &#233;tat de grossesse, d'une condition &#233;conomique ou autre. On interdit toute forme de violence ou d'exploitation sexuelle, y compris au sein du couple et dans la famille. De m&#234;me, dans un article sp&#233;cifique on reconna&#238;t le droit des hommes et des femmes &#224; l'exercice et &#224; la protection des droits sexuels et reproductifs. Au chapitre politique, on pr&#233;cise que la nouvelle assembl&#233;e l&#233;gislative devra &#234;tre &#233;lue par le biais de listes &#233;lectorales o&#249; pr&#233;vaudront la parit&#233; et l'alternance entre candidats des deux sexes. Sur l'importante question de la propri&#233;t&#233; de la terre, on sp&#233;cifie que les femmes et les hommes devront avoir les m&#234;mes droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il reste &#224; voir jusqu'&#224; quel point ces &#233;l&#233;ments se retrouveront effectivement dans la nouvelle Constitution, il faut &#233;galement mentionner que ces avanc&#233;es f&#233;ministes se font dans un contexte o&#249; le mouvement des femmes en Bolivie est plut&#244;t fragment&#233;. Alors que les organisations de femmes paysannes et autochtones sont ins&#233;r&#233;es dans les lieux du pouvoir cr&#233;&#233;s par le MAS, peu d'entre elles se font entendre sur la place publique ou dans les m&#233;dias. Par ailleurs, le mouvement des femmes de classe moyenne qui s'associe plus ouvertement au f&#233;minisme et qui a fait des gains importants pendant la d&#233;cennie des ann&#233;es 1990 est pour le moment rel&#233;gu&#233; &#224; un r&#244;le de coulisse, victime des conflits de classe et des conflits ethniques o&#249; l'on associe le f&#233;minisme &#224; un mouvement d'&#233;lite occidentalis&#233;e inf&#233;od&#233;e &#224; la coop&#233;ration internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; vient ce paradoxe du d&#233;calage entre un discours antif&#233;ministe au sein du mouvement populaire et la r&#233;alit&#233; du progr&#232;s important des propositions f&#233;ministes dans la proposition du Pacte d'Unit&#233; ? Voil&#224; un myst&#232;re sur lequel il serait int&#233;ressant d'enqu&#234;ter. Ce qui est s&#251;r, c'est que le sort de l'Assembl&#233;e constituante et le contenu exact de la nouvelle Constitution politique de la Bolivie sont encore incertains devant la vigueur des conflits non r&#233;solus apr&#232;s plus d'un an de d&#233;bat officiel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Partidos logran acuerdo para el tipo de Estado &#187;, quotidien La Raz&#243;n (La Paz), 19 octobre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;St&#233;phanie Rousseau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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