<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.ababord.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
	<link>https://www.ababord.org/</link>
	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.ababord.org/spip.php?id_mot=458&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
		<url>https://www.ababord.org/local/cache-vignettes/L144xH53/siteon0-9c6c5.png?1729015892</url>
		<link>https://www.ababord.org/</link>
		<height>53</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Peut-on critiquer le capitalisme ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Peut-on-critiquer-le-capitalisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Peut-on-critiquer-le-capitalisme</guid>
		<dc:date>2008-07-30T12:34:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yohann Cesa, Sma&#239;n Laacher</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Cesa, Yohann </dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Laacher, Sma&#239;n </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Collectif, Peut-on critiquer le capitalisme ?, La Dispute, Paris, 2008. &lt;br class='autobr' /&gt; L'affaire est entendue, la France se doit d'en finir avec ses &#171; archa&#239;smes &#187;. Et si pour vous le mot &#233;voque, par exemple, la forte reproduction sociale qui y pr&#233;vaut, sachez que vous &#234;tes afflig&#233; d'un &#233;tat d'esprit frelat&#233; mill&#233;sim&#233; 1968. Heureusement, pour pr&#233;server le peuple fran&#231;ais de ces id&#233;es malsaines, on peut compter depuis 30 ans sur la garde pr&#233;torienne des nouveaux philosophes, appuy&#233;s par un rang serr&#233; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-25-ete-2008-" rel="directory"&gt;No 025 - &#233;t&#233; 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Cesa-Yohann-+" rel="tag"&gt;Cesa, Yohann &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laacher-Smain-+" rel="tag"&gt;Laacher, Sma&#239;n &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton444.jpg?1642092269' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;269&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Collectif, &lt;i&gt;Peut-on critiquer le capitalisme ?&lt;/i&gt;, La Dispute, Paris, 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'affaire est entendue, la France se doit d'en finir avec ses &#171; archa&#239;smes &#187;. Et si pour vous le mot &#233;voque, par exemple, la forte reproduction sociale qui y pr&#233;vaut, sachez que vous &#234;tes afflig&#233; d'un &#233;tat d'esprit frelat&#233; mill&#233;sim&#233; 1968. Heureusement, pour pr&#233;server le peuple fran&#231;ais de ces id&#233;es malsaines, on peut compter depuis 30 ans sur la garde pr&#233;torienne des nouveaux philosophes, appuy&#233;s par un rang serr&#233; de l&#233;gionnaires de l'information dont la domesticit&#233; ne lasse pas d'&#233;tonner. Mais l'&#233;tat m&#234;me, on ne peut plus consensuel, de l'espace m&#233;diatique fran&#231;ais ne suffisant pas &#224; garantir le succ&#232;s des prescriptions des z&#233;lotes du march&#233; (dont les joues se sont longtemps souvenu du cinglant camouflet que fut le r&#233;sultat du r&#233;f&#233;rendum de 2005), des gestes anciens et que l'on croyait bannis ressurgissent pour s&#233;curiser la fabrication du consentement. C'est ainsi qu'un pouvoir priv&#233; en pleine expansion et d&#233;complexion, manipulant directement ou non les rouages m&#233;diatiques, red&#233;couvre l'exercice de la censure dont la derni&#232;re campagne pr&#233;sidentielle a fourni nombre d'exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire des 14 articles r&#233;unis ici par La Dispute constitue un &#233;pisode m&#233;connu de ce retour du refoul&#233; : initialement destin&#233;s &#224; composer un num&#233;ro hors s&#233;rie du &lt;i&gt;Nouvel observateur&lt;/i&gt;, ils furent victimes du rouleau compresseur de la censure avant de pouvoir acc&#233;der aux presses d'un hebdomadaire d&#233;cid&#233;ment tr&#232;s observateur au sens religieux du terme. Et de ce num&#233;ro, donc, il ne subsista rien ou presque. Un presque rien dont on d&#233;couvrira le d&#233;tail dans l'introduction que donnent J&#233;r&#244;me Maucourant et Patrick Vassort &#224; ce petit opuscule, bien d&#233;cid&#233; &#224; hanter un espace &#233;ditorial dont il faill&#238;t &#234;tre effac&#233; et dont on se rappellera qu'il est d&#233;tenu pour l'essentiel de son volume par des marchands d'armes (Dassault, Lagard&#232;re). Le lecteur d'&lt;i&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/i&gt; sera sans doute curieux de d&#233;couvrir cet ent&#234;t&#233; revenant puisque pris entre v&#233;rit&#233;s translucides (selon le d&#233;tournement de Louis Gill&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Est translucide ce qui laisse passer la lumi&#232;re sans toutefois permettre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) et une concentration m&#233;diatique &#233;minemment probl&#233;matique, la question &#233;ponyme du livre se pose &#224; lui avec la m&#234;me urgence. Il y trouvera de quoi r&#233;fl&#233;chir, le propos d&#233;passant le cadre hexagonal qui le vit mourir et rena&#238;tre. Il appr&#233;ciera s&#251;rement l'heureuse diversit&#233; de ses textes, pour certains trop courts, et sera s&#251;rement tent&#233; d'agr&#233;menter leur lecture en y cherchant l'immoralit&#233; pour laquelle on leur refusa l'&lt;i&gt;imprimatur&lt;/i&gt;. Celle-ci r&#233;side peut-&#234;tre dans les aspects les plus sombres du capitalisme, rejet&#233;s comme profond&#233;ment &#233;trangers &#224; sa nature par ses d&#233;vots, mais que certains s'obstinent pourtant &#224; voir comme intrins&#232;quement li&#233;s. Ainsi Enzo Traverso (moins convaincant toutefois que dans son petit livre &lt;i&gt;La violence nazie&lt;/i&gt;) d&#233;taille-t-il les rapports &#233;troits qu'entretiennent l'esprit du capitalisme et celui du nazisme. Patrick Vassort voit dans les &#233;crits du marquis de Sade la description du ressort libidinal de l'&#233;conomie capitaliste dont la rationalit&#233; profond&#233;ment perverse d&#233;terminerait un in&#233;vitable rapport social de domination porteur de toutes les formes de totalitarisme. Maucourant, lui, r&#233;vise avec l'appui de Karl Polanyi (&#224; qui il a d&#233;di&#233; un petit livre tr&#232;s utile chez le m&#234;me &#233;diteur) le lien suppos&#233; naturel entre march&#233; et d&#233;mocratie. On imagine comme tout cela est d&#233;plaisant &#224; certaines chastes oreilles. Sans compter que sont repris par le travers un certain nombre de cantiques du n&#233;olib&#233;ralisme &#8211; valeur du travail (Bruno Tinel), &#171; flexicurit&#233; &#187; (Christophe Ramaux) &#8211; et entonn&#233;s quelques refrains que ses ap&#244;tres ne peuvent souffrir : opposition &#224; l'ordre mondial (Doray, Harribey, Laacher et Laville, pas &#224; son meilleur), limitation &#224; l'extension du march&#233; (Marauby, tr&#232;s court), exclusion (Gloukoviezoff), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, il n'y avait rien dans tout cela qui soit de l'ordre de l'in&#233;dit, mis &#224; part la diffusion de ces id&#233;es par un grand tirage hebdomadaire. Voil&#224; donc que par cette tentative d'effacement se r&#233;v&#232;le &#224; nouveau cette limite du lib&#233;ralisme, qui tol&#232;re bien volontiers que des id&#233;es qui lui sont contraires existent pourvu qu'elles conservent la confidentialit&#233; que lui assigne le conformisme m&#233;diatique organis&#233; &#224; son profit. Qu'un petit ensemble de textes suscite un tel effroi ne fait que confirmer que la crainte des garants de l'ordre &#233;tabli est bien que les gens se mettent &#224; penser.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Est translucide ce qui laisse passer la lumi&#232;re sans toutefois permettre d'identifier les objets distinctement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Yohann Cesa&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'institution scolaire et ses miracles</title>
		<link>https://www.ababord.org/L-institution-scolaire-et-ses</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/L-institution-scolaire-et-ses</guid>
		<dc:date>2008-07-26T15:28:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mouloud Idir, Sma&#239;n Laacher</dc:creator>


		<dc:subject>Education et enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Idir, Mouloud </dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Laacher, Sma&#239;n </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sma&#239;n Laacher, L'institution scolaire et ses miracles, La Dispute, Paris, 2005. &lt;br class='autobr' /&gt; L'&#233;cole ancr&#233;e dans son milieu social &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;crits du sociologue Sma&#239;n Laacher, chercheur au Centre d'&#233;tudes des mouvements sociaux de l'&#201;cole des hautes &#233;tudes en sciences sociales (EHESS), gagneraient certainement &#224; &#234;tre davantage connus en Am&#233;rique du Nord. Ce livre permet largement de prendre la mesure de la profondeur analytique et de l'originalit&#233; th&#233;orique de l'auteur s'agissant de la question de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-14-avril-mai-2006-" rel="directory"&gt;No 014 - avril / mai 2006&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Education-et-enseignement-+" rel="tag"&gt;Education et enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Idir-Mouloud-+" rel="tag"&gt;Idir, Mouloud &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laacher-Smain-+" rel="tag"&gt;Laacher, Sma&#239;n &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton351.jpg?1642092268' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;170&#034; height=&#034;281&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sma&#239;n Laacher, &lt;i&gt;L'institution scolaire et ses miracles&lt;/i&gt;, La Dispute, Paris, 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;cole ancr&#233;e dans son milieu social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;crits du sociologue Sma&#239;n Laacher, chercheur au Centre d'&#233;tudes des mouvements sociaux de l'&#201;cole des hautes &#233;tudes en sciences sociales (EHESS), gagneraient certainement &#224; &#234;tre davantage connus en Am&#233;rique du Nord. Ce livre permet largement de prendre la mesure de la profondeur analytique et de l'originalit&#233; th&#233;orique de l'auteur s'agissant de la question de l'&#233;cole et du r&#244;le qu'elle joue dans &#171; &lt;i&gt; les trajectoires scolaires d'enfants immigr&#233;s qui ont acc&#233;d&#233; &#224; l'universit&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup a &#233;t&#233; dit sur les raisons de l'&#233;chec scolaire des &#171; enfants de l'immigration &#187;. Le pr&#233;sent ouvrage rompt pr&#233;cis&#233;ment avec les d&#233;marches analysant &#171; &lt;i&gt; l'&#233;cole ind&#233;pendamment des conditions dans lesquelles elle accomplit sa t&#226;che, des populations qui la composent et des r&#233;sultats effectifs de son action&lt;/i&gt; &#187;. Il en r&#233;sulte une attention particuli&#232;re pr&#234;t&#233;e &#224; des dimensions que le regard traditionnel ne prend que rarement pour objets : d&#233;conditionnement &#224; l'&#233;gard du milieu familial et priv&#233;, capacit&#233; de r&#233;flexion critique permettant de lier sa condition &#224; celle des autres, pr&#233;disposition aux questions d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (souci du monde au sens d'Arendt), sensibilit&#233; et capacit&#233; de comprendre des choses vues d'une position que nous n'occupons pas (facult&#233; de juger au sens de Kant et Arendt), enfin, foi en la force du politique et de la lutte collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En gros, un livre qui permet aussi (mais pas seulement) de repenser le r&#244;le de l'&#233;cole en milieu populaire, de r&#233;interroger la croyance en une conception restreinte de l'int&#233;gration et de comprendre la nette distinction entre l'immigration comme syst&#232;me de relation sociale de domination entre nations et la figure de l'immigr&#233; comme condition ontologique ext&#233;rieure &#224; un ordre du monde symbolique naturalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, rien de mieux que de donner la parole &#224; l'auteur lui-m&#234;me. Cela est motiv&#233;, pour reprendre les paroles du sociologue alg&#233;rien Abdelmalek Sayad, par le souci de prendre toute la mesure de la dignit&#233; sociale des objets intellectuels et par la dignit&#233; intellectuelle de ces objets sociaux que sont l'immigration et le sort de l'immigr&#233;. &#192; cet &#233;gard, Sma&#239;n Laacher nous semble lui-m&#234;me le parfait exemple d'un des miracles de l'institution scolaire. Voyons l'engagement normatif du livre au-del&#224; de la d&#233;marche analytique : &#171; &lt;i&gt; ce livre est pour moi un livre particulier. Il est une partie de moi-m&#234;me. Ou pour le dire autrement, une partie de moi-m&#234;me est d&#233;pos&#233;e dans cet ouvrage. Quand on se demande si l'&#233;cole nous a r&#233;ussi on pense rarement &#224; soi seulement ; car on sait en r&#233;alit&#233; que c'est la conjugaison heureuse d'une famille de qualit&#233; et d'un environnement de qualit&#233; qui nous a rendu remarquable (dans tous les sens du terme) aux yeux de l'institution scolaire. Seule, celle-ci est capable de condenser avec autant de force et d'&#233;vidence, en un seul mouvement, le pass&#233;, le pr&#233;sent et l'avenir. En &#233;crivant ce livre je n'ai cess&#233; de me retourner sur mon pass&#233; et celui de ma famille. Mes parents, d'origine alg&#233;rienne, savaient lire et &#233;crire en arabe. Mais en terre d'immigration leur comp&#233;tence culturelle avait peu d'effets scolaires. Je ne sais pas ce que penserait mon p&#232;re, d&#233;c&#233;d&#233; en 1967, s'il avait ce livre entre les mains. Il serait incapable de le lire mais il serait probablement fier de son fils. Peut-&#234;tre. C'est ce qu'&#233;prouve ma m&#232;re et c'est ce qui lui rend sans aucun doute son immigration plus sens&#233;e ou moins insens&#233;e que beaucoup d'autres. En v&#233;rit&#233; je n'ai jamais eu d'amour pour l'&#233;cole ni pour les professeurs. Peut-&#234;tre un peu d'amiti&#233;. Et celle-ci ne fut pas constante je l'avoue. Je trouve l'univers scolaire tr&#232;s violent symboliquement. Pourtant je ne peux pas me passer de ce que l'&#233;cole m'a appris. Et ce livre, une fois de plus, est un hommage &#224; sa grandeur et ma reconnaissance &#224; son imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233;. En particulier pour les plus d&#233;munis.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mouloud Idir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un regard sociologique sur la r&#233;volte des banlieues fran&#231;aises</title>
		<link>https://www.ababord.org/Un-regard-sociologique-sur-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Un-regard-sociologique-sur-la</guid>
		<dc:date>2008-07-26T14:22:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mouloud Idir, Sma&#239;n Laacher</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration, refuge et racisme</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Idir, Mouloud </dc:subject>
		<dc:subject>Emancipation, insubordination, insurrection</dc:subject>
		<dc:subject>Laacher, Sma&#239;n </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sma&#239;n Laacher est chercheur au Centre d'&#233;tudes des mouvements sociaux de l'&#201;cole des Hautes &#201;tudes en Sciences sociales, Paris. &lt;br class='autobr' /&gt; &#192; b&#226;bord ! - Les derni&#232;res r&#233;voltes urbaines ont radicalement d&#233;voil&#233; la &#171; ghetto&#239;sation sociale &#187; et l'accentuation des in&#233;galit&#233;s en France. Comment ce processus de s&#233;paration radicale a-t-il pu se mettre en place ? Et surtout comment le facteur ethnique intervient-il dans la diff&#233;renciation sociale ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Sma&#239;n Laacher - L'un des probl&#232;mes majeurs de la soci&#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-14-avril-mai-2006-" rel="directory"&gt;No 014 - avril / mai 2006&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Immigration-refuge-et-racisme-+" rel="tag"&gt;Immigration, refuge et racisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Idir-Mouloud-+" rel="tag"&gt;Idir, Mouloud &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Emancipation-insubordination-+" rel="tag"&gt;Emancipation, insubordination, insurrection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Laacher-Smain-+" rel="tag"&gt;Laacher, Sma&#239;n &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sma&#239;n Laacher est chercheur au Centre d'&#233;tudes des mouvements sociaux de l'&#201;cole des Hautes &#201;tudes en Sciences sociales, Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/strong&gt; - Les derni&#232;res r&#233;voltes urbaines ont radicalement d&#233;voil&#233; la &#171; ghetto&#239;sation sociale &#187; et l'accentuation des in&#233;galit&#233;s en France. Comment ce processus de s&#233;paration radicale a-t-il pu se mettre en place ? Et surtout comment le facteur ethnique intervient-il dans la diff&#233;renciation sociale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sma&#239;n Laacher&lt;/strong&gt; - L'un des probl&#232;mes majeurs de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, ce n'est pas tant qu'il y ait beaucoup plus de pauvres, mais que les in&#233;galit&#233;s sociales se traduisent par la concentration de pauvres dans un m&#234;me espace. Les pauvres vivent entre eux. C'est un ph&#233;nom&#232;ne relativement nouveau. Ces espaces sont produits &#224; partir d'un double m&#233;canisme : l'existence de populations au ch&#244;mage ou poss&#233;dant de faibles revenus et l'existence de populations dont la pr&#233;sence se caract&#233;rise par une sorte d'ext&#233;riorit&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise et &#224; l'ordre national fran&#231;ais. Les populations qui cumulent ces deux traits sont en gros les m&#234;mes : ce sont celles que l'on qualifie &#171; d'immigr&#233;es &#187; ou &#171; issues de l'immigration &#187;. Ce processus de rel&#233;gation n'est pas n&#233; comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Il trouve son origine dans l'histoire des modes de pr&#233;sence de l'immigration en France et dans la mani&#232;re dont cette pr&#233;sence a &#233;t&#233; trait&#233;e par les pouvoirs publics pendant plus de trente ans. Si l'on devait r&#233;sumer en une formule cette histoire, je dirais que l'&#201;tat a pens&#233; que la meilleure politique migratoire c'&#233;tait de ne pas avoir de politique. &#192; cela s'ajoute une conviction sociale largement partag&#233;e (aujourd'hui encore) : la France n'est pas un pays d'immigration m&#234;me si les trois derniers si&#232;cles de son histoire d&#233;montrent le contraire. La repr&#233;sentation de l'immigr&#233; (ou de celui qui veut &#171; entrer &#187;) et, plus largement et plus politiquement, la gestion des entrants, des sortants et des &#171; install&#233;s dedans &#187; peut pertinemment s'appr&#233;cier au travers de la m&#233;taphore du &#171; club &#187; ou du &#171; club-nation &#187;, selon la formule de Abdelmalek Sayad. Les lois et tous les r&#232;glements sur l'immigration sont &#224; leur mani&#232;re une s&#233;rie de fronti&#232;res visibles et invisibles qui d&#233;limitent l'espace du &#171; club &#187; et les conditions pour y entrer, et en d&#233;finitive pour y demander son adh&#233;sion. Pour un &#171; club &#187; relativement nouveau comme les &#201;tats-Unis qui s'est constitu&#233; et a fond&#233; sa &#171; force &#187; sur l'immigration, la r&#233;alit&#233; migratoire n'a jamais fait l'objet de d&#233;n&#233;gation et de dissimulation. Tel n'est pas le cas pour un pays comme la France. Pour cette &#171; vieille &#187; nation, la d&#233;n&#233;gation et la dissimulation, voire l'omission de la r&#233;alit&#233; migratoire, furent au contraire constitu&#233;es en une v&#233;ritable posture nationale et &#233;tatique. C'est cette illusion ou cette c&#233;cit&#233; qui explique que pendant tr&#232;s longtemps l'immigration en France ne fut pens&#233;e que comme une affaire de &lt;i&gt;pr&#233;sence&lt;/i&gt; &lt;i&gt;provisoire&lt;/i&gt;, r&#233;ductible &#224; l'ordre de l'&#233;conomique et du travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Sma&#239;n Laacher, L'immigration. De quelques id&#233;es re&#231;ues, &#201;ditions Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; - L'une des observations revenant sans cesse dans le traitement de ce qui s'est pass&#233; en France d&#233;coule du fait qu'on explique souvent les in&#233;galit&#233;s en les rapportant aux notions de &lt;i&gt;territorialit&#233;&lt;/i&gt; et d'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. L.&lt;/strong&gt; - Oui c'est vrai. Mais dire cela n'est pas faire montre d'une grande nouveaut&#233; ni d'une g&#233;niale trouvaille th&#233;orique. Car non seulement on peut le dire de toutes les cat&#233;gories cr&#233;&#233;es par les institutions, mais aussi de celles des sociologues qui reprennent &#224; leur compte sans le savoir les cat&#233;gories bureaucratiques ou, ce qui est de plus en plus fr&#233;quent, qui contribuent par les commandes auxquelles ils r&#233;pondent (appel d'offre, mission, &#233;tude ou enqu&#234;tes) &#224; l&#233;gitimer et durcir des cat&#233;gories d&#233;j&#224; pr&#233;existantes. Ce que je dis l&#224; vaut pour tous les lieux de production de la soci&#233;t&#233; ou tous les dispositifs dont la vocation est la production de l'ordre social et de l'ordre national. C'est presque caricatural &#224; propos de l'immigration. Ce qui caract&#233;rise ce champ, tant du point de vue pratique, politique que th&#233;orique, c'est pr&#233;cis&#233;ment une lutte perp&#233;tuelle, sans fin, entre une multitude d'acteurs pour le monopole non pas tant de la d&#233;finition l&#233;gitime mais de la formule la plus percutante, si possible &#224; l'allure savante. Dans ce domaine, les luttes id&#233;ologiques sont quotidiennes et sans fin. Mais probablement que la structure de ces luttes tient beaucoup &#224; la &#171; nature &#187; des populations qu'elles ont pour enjeu. Nous sommes devant des populations embarrassantes qui mettent dans l'embarras ceux dont la profession est de les nommer. Que l'on pense &#224; toutes ces notions qui ne cessent de se &#171; balader &#187; d'un champ conceptuel &#224; un autre et qui bien souvent sont reprises sans aucune inqui&#233;tude critique : immigr&#233;, migrant, clandestin, r&#233;fugi&#233;, Fran&#231;ais d'origine alg&#233;rienne, sans-papier, issu de l'immigration, etc. Et il ne suffit pas de mettre des guillemets aux mots embarrassants pour s'en tirer &#224; bon compte ou pour montrer que l'on poss&#232;de une ma&#238;trise des mots du sens commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB !&lt;/strong&gt; - Revenons &#224; Sayad. Tout comme vous, ses travaux semblent tenir compte du poids consid&#233;rable d'une &#171; pens&#233;e d'&#201;tat &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Abdelmalek Sayad, &#171; Immigration et pens&#233;e d'&#201;tat &#187;, dans La double absence : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui nous emp&#234;che de penser simultan&#233;ment le sort de l'immigr&#233; et ce que G&#233;rard Noiriel appelle la &lt;i&gt;tyrannie du national&lt;/i&gt;. N'est-ce pas un peu la question classique de la souverainet&#233; qui doit &#234;tre interrog&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. L.&lt;/strong&gt; - Oui sans aucun doute. La souverainet&#233; devrait toujours &#234;tre au centre de l'interrogation de toute r&#233;flexion sur l'immigr&#233; et l'immigration. La vertu politique et la force &#233;pist&#233;mologique de l'immigr&#233; et de l'immigration r&#233;sident en ceci qu'ils d&#233;naturalisent le rapport au monde ; ou, pour le dire autrement, l'&#233;tranger oblige &#224; r&#233;historiciser les rapports sociaux et &#171; les donn&#233;es naturelles &#187; comme l'&#201;tat, le territoire ou la nation. Au fond, l'&#233;tranger n'est qu'un pr&#233;texte scientifique. Pour dire les choses rapidement et brutalement : on part de la soci&#233;t&#233; et on retourne &#224; la soci&#233;t&#233; ; c'est la soci&#233;t&#233; qui int&#233;resse les sciences sociales, pas l'&#233;tranger en tant que tel. Car le risque est grand d'essentialiser sa pr&#233;sence et dans le m&#234;me mouvement les institutions qui participent &#224; sa production et &#224; sa perp&#233;tuation. Prenons l'exemple de la naturalisation (&#224; entendre dans tous les sens du terme). Rarement les deux p&#244;les, l'ordre ancien que l'on a quitt&#233; mais qui restera &#224; tout jamais incorpor&#233; et fera de vous ce que vous &#234;tes, &#224; vos yeux et aux yeux des autres : un &lt;i&gt;non naturel&lt;/i&gt; ; et l'ordre nouveau, qui vous accueille en pensant que la seule mani&#232;re de r&#233;gler cette anomalie historique, aller vivre ailleurs que chez soi, devra se conclure par une &lt;i&gt;naturalisation&lt;/i&gt; (symbole de la fin d'une certaine histoire) ; ces deux p&#244;les, sont rarement tenus et pens&#233;s ensembles. Derri&#232;re cette id&#233;e fondamentale que toute pr&#233;sence &#233;trang&#232;re (ou originellement &#233;trang&#232;re) &#224; la nation qui dure ou est appel&#233;e &#224; durer doit n&#233;cessairement se clore par une naturalisation, il y a la croyance que le principe de nativit&#233; et le principe de souverainet&#233; sont li&#233;s pour l'&#233;ternit&#233; dans le &#171; corps du sujet souverain &#187;, pour parler comme Giorgio Agamben&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Giorgio Agamben, Moyens sans fins : notes sur la politique, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est bien cela d'ailleurs qui est au fondement de l'&#201;tat-nation. L'&#233;tymologie du mot nation (&lt;i&gt;natio&lt;/i&gt;) signifie bien la naissance. Ainsi na&#238;tre dans une nation, c'est &#234;tre comme naturellement le national de celle-ci. Non seulement, au moins depuis la fin de l'Ancien r&#233;gime et la D&#233;claration de l'homme et du citoyen, il n'y a pas d'&#233;cart ou d'opposition entre &lt;i&gt;natio&lt;/i&gt; (la naissance) et nation (l'espace plein de la souverainet&#233;) parce qu'ils se confondent, mais en naissant au &lt;i&gt;bon endroit&lt;/i&gt; (dans sa nation), la reconnaissance et l'attribution des droits et les protections qui leur sont attach&#233;s ne sont possibles que si &lt;i&gt;l'homme&lt;/i&gt; (un homme parmi les hommes, le pur homme en soi comme dirait Agamben) pr&#233;suppose le &lt;i&gt;citoyen&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;AB !&lt;/strong&gt; - Que faire pour que cette violence tragique et quelque peu d&#233;sesp&#233;r&#233;e trouve une traduction politique &#233;mancipatrice ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. L.&lt;/strong&gt; - Il y a deux choses dans votre question. Que cette violence urbaine (dont nous n'avons pas encore mesur&#233; tous les aspects positifs mais aussi contradictoires, ambigus et parfois inadmissibles) d&#233;bouche sur les conditions d'un examen public fond&#233; sur un d&#233;bat contradictoire et pacifique ne serait d&#233;j&#224; pas si mal. C'est le premier aspect. Nous n'en sommes pas encore l&#224; m&#234;me si des efforts sont faits en ce sens. Le deuxi&#232;me aspect, c'est que je ne crois pas que traduire du &lt;i&gt;non politique&lt;/i&gt; en politique se transforme in&#233;luctablement en politique &#233;mancipatrice, ou en projet d'&#233;mancipation politique. Bien &#233;videmment la question qui reste enti&#232;re est celle de savoir, pour ces populations en majorit&#233; enfants d'immigr&#233;s, ce que signifie une &#171; politique &#233;mancipatrice &#187;. Je crois que personne ne le sait. Sauf &#224; croire que &#171; prendre la parole &#187; et la porter violemment sur l'espace public est en soi &lt;i&gt;et d&#233;j&#224;&lt;/i&gt; un acte d'&#233;mancipation. Tous les dispositifs de prise en charge collective de souffrance priv&#233;e (syndicats, associations, partis, comit&#233;s, etc.) ont toujours eu de grandes r&#233;ticences (pour ne pas dire plus) &#224; l'&#233;gard de ces populations que l'on per&#231;oit toujours, qu'on le veuille ou non, comme doublement ext&#233;rieures : ext&#233;rieures aux &#171; moeurs &#187; nationales et ext&#233;rieures &#224; l'ordre national. Le probl&#232;me avec ces populations &lt;i&gt;embarrassantes&lt;/i&gt; c'est que ce n'est pas faux mais il faut ajouter aussit&#244;t que ce n'est m&#234;me pas vrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192;B !&lt;/strong&gt; - Pour conclure sur la vuln&#233;rabilit&#233; au racisme de certaines classes sociales, sommes-nous, dans le cas fran&#231;ais, dans un racisme institutionnel ou sociologique, pour reprendre la r&#233;flexion de Balibar&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tienne Balibar, &#171; Racisme et nationalisme &#187;, dans &#201;tienne Balibar et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S. L.&lt;/strong&gt; - Sur ces questions de racisme, je pense qu'il faut &#234;tre &#224; la fois prudent et surtout nuanc&#233;. La nuance, on ne le dira jamais assez, n'est pas une qualit&#233; dominante quand il s'agit d'&#233;tudier l'immigration et les immigr&#233;s. Ce qui trop souvent l'emporte, pardonnez-moi d'insister, c'est en la mati&#232;re une esp&#232;ce de g&#233;n&#233;rosit&#233; na&#239;ve et au bout du compte perverse, comme toutes les g&#233;n&#233;rosit&#233;s qui produisent des gens si g&#233;n&#233;reux mais qui finissent par structurer le monde en deux : les &#171; bons &#187;, ceux qui pensent que les immigr&#233;s leur ressemblent ; et les &#171; salauds &#187; (les tra&#238;tres, les &#171; suceurs de blancs &#187;, les &#171; ceux qui se prennent pour ce qu'ils ne sont pas &#187;, les &#171; ceux qui ont oubli&#233; d'o&#249; ils venaient &#187;, les intellectuels, etc.) ; ceux qui pensent que les domin&#233;s peuvent &#234;tre domin&#233;s &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; exploiteurs, &#171; racistes &#187;, misogynes et homophobes. Cette derni&#232;re figure n'est pas, m&#234;me dans l'univers immigr&#233;, accidentel ou &#233;piph&#233;nom&#233;nale. Et le sur-investissement militant aux allures scientifiques ne change rien &#224; l'affaire. Quant au fait de savoir si nous sommes en pr&#233;sence d'un &#171; racisme institutionnel ou sociologique &#187;, je pense que c'est dialectiquement li&#233; ; l'institution &#224; sa mani&#232;re et avec sa force propre traduit, durcit et l&#233;gitime les rapports de classes. Je ne suis pas s&#251;r que &#171; les &#187; immigr&#233;s (est-ce qu'on peut mettre sur le m&#234;me plan les Tamouls, les Alg&#233;riens et les P&#233;ruviens ?) soient victimes du &#171; racisme de la France &#187; comme un certain nombre d'apprentis intellectuels militants ne cessent de le proclamer. La soci&#233;t&#233; est devenue plus in&#233;galitaire qu'il y a une trentaine d'ann&#233;es ; donc plus violente. Ceux qui en font les frais, sous diverses formes (humiliation, m&#233;pris, etc.), ce sont les plus pauvres des plus pauvres. Aujourd'hui &#234;tre pauvre et donc socialement encombrant, ce n'est pas tant &#234;tre sans travail ; c'est avant tout &#234;tre &lt;i&gt;hors jeu dans tous les espaces de jeux&lt;/i&gt;. Le proc&#232;s d'Outreau, je devrais dire la trag&#233;die d'Outreau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; Outreau, &#224; partir d'un huis clos familial impliquant les &#233;poux Delay et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , v&#233;ritable catastrophe judiciaire, a permis de r&#233;v&#233;ler les effets terrifiants d'une justice aveugle. Les victimes &#233;taient fran&#231;aises sans ambiguit&#233;s et, je serai tent&#233; de dire, bien &#233;videmment issues des&#8230; classes populaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Sma&#239;n Laacher, &lt;i&gt;L'immigration&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;De quelques id&#233;es re&#231;ues&lt;/i&gt;, &#201;ditions Le Cavalier Bleu. &#192; para&#238;tre en septembre 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Abdelmalek Sayad, &#171; Immigration et pens&#233;e d'&#201;tat &#187;, dans &lt;i&gt;La double absence : des illusions de l'&#233;migr&#233; aux souffrances de l'immigr&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Seuil/Liber, 1999, p. 395-413.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Giorgio Agamben, &lt;i&gt;Moyens sans fins : notes sur la politique&lt;/i&gt;, Paris, Rivages/Poche, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tienne Balibar, &#171; Racisme et nationalisme &#187;, dans &#201;tienne Balibar et Immanuel Wallerstein, &lt;i&gt;Race, nation, classe : les identit&#233;s ambigu&#235;s&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte/ Poche, 1997, p. 57.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; Outreau, &#224; partir d'un huis clos familial impliquant les &#233;poux Delay et leurs quatre fils, plus un couple de voisins, les services sociaux, mais d'abord et avant tout la justice, avaient invent&#233; un &#171; r&#233;seau p&#233;dophile international &#187;. En l'absence de la plus petite preuve mat&#233;rielle, sur la base de d&#233;clarations invraisemblables d'enfants perturb&#233;s, le juge d'instruction d'Outreau, petite ville du nord de la France, avait fait jeter au trou des voisins d'immeuble ou de quartier, mais aussi de parfaits &#233;trangers rafl&#233;s par hasard ou pour cause d'homonymie. Le calvaire a dur&#233; entre quatre ans et quatre ans et demi, parfois jusqu'&#224; 40 mois de d&#233;tention. Il y a eu des tentatives de suicide, des enfants soign&#233;s pour troubles psychiatriques, des parents s&#233;par&#233;s de leurs enfants depuis le d&#233;but de l'affaire, des divorces, des familles ruin&#233;es financi&#232;rement. Les faux accus&#233;s seront d&#233;sormais indemnis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Entretien r&#233;alis&#233; par &lt;strong&gt;Mouloud Idir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
