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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Un programme n&#233;olib&#233;ral pur et dur</title>
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		<dc:date>2003-08-12T05:55:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude St-Onge</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Patrons et think tanks</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>St-Onge, Jean-Claude </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est sans doute l'une des grandes ironies de la petite histoire politique du Qu&#233;bec que l'ADQ se pr&#233;sente sous la banni&#232;re du changement quand on sait qu'elle veut remplacer ce qu'elle appelle de &#171; vieilles &#187; id&#233;es par des id&#233;es encore plus d&#233;su&#232;tes. &lt;br class='autobr' /&gt; Le R&#233;sum&#233; de son Programme annonce que la priorit&#233; de l'ADQ est de &#171; remettre l'&#201;tat &#224; sa place &#187;, c'est-&#224;-dire sabrer 25 % des effectifs de la fonction publique, mousser la part du priv&#233; en sant&#233; et en &#233;ducation, privatiser l'assurance (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-0-avril-2003-" rel="directory"&gt;No 0 - avril 2003&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-St-Onge-Jean-Claude-+" rel="tag"&gt;St-Onge, Jean-Claude &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est sans doute l'une des grandes ironies de la petite histoire politique du Qu&#233;bec que l'ADQ se pr&#233;sente sous la banni&#232;re du changement quand on sait qu'elle veut remplacer ce qu'elle appelle de &#171; vieilles &#187; id&#233;es par des id&#233;es encore plus d&#233;su&#232;tes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le R&#233;sum&#233; de son Programme annonce que la priorit&#233; de l'ADQ est de &#171; &lt;i&gt;remettre l'&#201;tat &#224; sa place&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire sabrer 25 % des effectifs de la fonction publique, mousser la part du priv&#233; en sant&#233; et en &#233;ducation, privatiser l'assurance juridique et impliquer &#171; &lt;i&gt;le secteur priv&#233; dans la gestion&lt;/i&gt; &#187; des prisons. En 2001, Mario Dumont d&#233;clarait qu'on pourrait envisager de privatiser les monopoles d'&#201;tat et il a d&#233;j&#224; parl&#233; de privatiser l'assurance-emploi.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En sant&#233; : l'addition sal&#233;e du priv&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour l'ADQ, notre syst&#232;me de sant&#233; co&#251;te toujours plus cher. Or, le rapport Romanow constate que l'assurance-maladie absorbe 34 % des recettes fiscales des provinces en 2000-2001, contre 39 % il y a 20 ans. Il vaut la peine de souligner que le Qu&#233;bec est la province qui consacre le moins d'argent aux soins de sant&#233;, soit 2899 $ par habitant contre 3435 $ en Ontario et 3660 $ au Manitoba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les probl&#232;mes de notre syst&#232;me de sant&#233; sont palpables. Le cardiologue Hugh Scott, directeur du projet de nouvel h&#244;pital universitaire anglophone de Montr&#233;al, les r&#233;sumait ainsi : &#171; &lt;i&gt;Imaginez le d&#233;sastre si l'on supprimait 20 % des revenus d'Hydro Qu&#233;bec en exigeant qu'elle fournisse les m&#234;mes services. C'est exactement ce qu'a fait le gouvernement f&#233;d&#233;ral, avec les coupes brutales qu'il a effectu&#233;es dans ses subsides aux provinces en 1994&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des &#233;lections partielles au printemps 2002, une candidate ad&#233;quiste pr&#233;sentait le secteur priv&#233;, notamment les soins des yeux et des dents, comme mod&#232;le d'un syst&#232;me qui fonctionne bien. Or, depuis 1975, c'est l&#224; que les co&#251;ts ont augment&#233; le plus, soit pr&#232;s de deux fois plus que dans le secteur public. Selon Lee Soderstrom, de l'Universit&#233; McGill, le secteur priv&#233; demande 22 $ comparativement &#224; 18 $ dans le secteur public pour les m&#234;mes services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'addition du priv&#233;, comme le d&#233;montre le co&#251;t des analyses de laboratoire (HIV, formule sanguine, etc.), ne fera pas diminuer la facture. Cinq provinces, dont l'Ontario, ont confi&#233; ces analyses au secteur priv&#233;. Or, les Ontariens d&#233;boursent 100 $ par personne contre 70 $ au Qu&#233;bec o&#249; les analyses sont faites par le secteur public. Pourtant, un sondage r&#233;alis&#233; en 1998 r&#233;v&#233;lait que 78 % des Qu&#233;b&#233;cois sont d'accord pour payer leurs analyses. Les campagnes qui d&#233;nigrent le secteur public ont port&#233; leurs fruits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, o&#249; le secteur priv&#233; domine, il en co&#251;te 38,7 % de plus par personne pour se faire soigner. Nos voisins du Sud sont-ils pour autant mieux servis ? La mortalit&#233; infantile y est plus &#233;lev&#233;e de 30 % qu'au Canada et l'esp&#233;rance de vie y est plus courte. Par ailleurs, la mortalit&#233; dans les h&#244;pitaux priv&#233;s est, d'apr&#232;s l'&#233;valuation la plus conservatrice, de 2 % plus &#233;lev&#233;e que dans les h&#244;pitaux publics. Selon l'Organisation mondiale de la sant&#233;, les &#201;tats-Unis se classent au 37e rang pour ce qui est de la qualit&#233; des soins de sant&#233;, entre le Costa-Rica et la Slov&#233;nie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on peut le voir, l'addition du priv&#233; en sant&#233; sera sal&#233;e et ne fera rien pour am&#233;liorer le syst&#232;me. Non seulement les services co&#251;teront plus cher aux contribuables, mais le secteur priv&#233; pompera dans sa direction les ressources qui &#339;uvrent pr&#233;sentement dans le secteur public et les listes d'attente s'allongeront.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La redistribution des richesses et l'imp&#244;t unique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s le programme de l'ADQ, la redistribution des richesses est un enjeu majeur. Mais le parti de Mario Dumont veut redistribuer la richesse du bas vers le haut, notamment avec sa proposition d'imp&#244;t unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il existe trois taux d'imposition au Qu&#233;bec : 16 %, 20 % et finalement 24 % pour ceux et celles dont le revenu imposable exc&#232;de les 52 000 $. Bien que la proposition de l'&#233;quipe Dumont reste floue, une chose est claire, les gens fortun&#233;s verraient leur taux d'imposition passer de 24 % &#224; 20 %. Supposons que John Roth, ex-pr&#233;sident de Nortel dont le revenu totalisait 70,8 millions $ en 2000, paie des imp&#244;ts au Qu&#233;bec. Dans l'hypoth&#232;se la plus optimiste pour M. Roth, la proposition de l'ADQ lui ferait &#233;pargner 2,83 millions $. De plus selon son programme, la formation de M. Dumont entend diminuer la taxe sur l'essence, hausser les seuils d'imposition et maintenir la TVA au niveau actuel. Dans cette hypoth&#232;se, cela cr&#233;erait un trou immense dans les finances publiques et se traduirait &#224; coup s&#251;r par une diminution des services &#224; la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'ADQ d&#233;nonce la lourdeur de la fiscalit&#233; qu&#233;b&#233;coise qui exercerait des effets d&#233;pressifs sur la croissance. &#192; ce sujet trois remarques. Premi&#232;rement, la part des imp&#244;ts au Japon atteint 27,8 % du PIB, contre 43,7 % en France. Or, ces deux pays affichent les m&#234;mes taux de croissance au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie. Et c'est loin d'&#234;tre l'exception : les Australiens paient presque deux fois moins d'imp&#244;ts que les Hollandais et les Danois, mais tous ces pays affichent des taux de croissance identiques. Deuxi&#232;mement, le Qu&#233;bec est un v&#233;ritable paradis fiscal pour les entreprises avec un taux r&#233;el d'imposition de 5 %, soit le taux le plus bas en Am&#233;rique. C'est depuis 1972 que tous les gouvernements diminuent les imp&#244;ts des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es (au f&#233;d&#233;ral le taux &#233;tait de 50 % en 1972 et il atteindra 21 % en 2004). Il ne faut pas chercher loin pour savoir pourquoi les particuliers sont surtax&#233;s. Finalement, trois soci&#233;t&#233;s d'&#201;tat qu&#233;b&#233;coises versent au gouvernement presque autant en dividendes que ce que toutes les compagnies paient en imp&#244;ts. Ces fonds servent &#224; financer les services &#224; la population.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les bons d'&#233;tude&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;coles publiques re&#231;oivent une subvention de pr&#232;s de 5000 $ par &#233;l&#232;ve alors que le secteur priv&#233; est subventionn&#233; jusqu'&#224; hauteur des deux-tiers de ce montant. Avec les bons d'&#233;tude, un gouvernement ad&#233;quiste verserait la subvention directement aux parents pour qu'ils envoient leurs enfants &#224; l'&#233;cole de leur choix. Au d&#233;part, cela repr&#233;senterait une subvention suppl&#233;mentaire de 170 millions $ en faveur du secteur priv&#233;, qui profitera d'abord aux familles ais&#233;es et qui enl&#232;vera des fonds au secteur public, d&#233;j&#224; sous-financ&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les promoteurs des bons d'&#233;tude pr&#233;tendent que ceux-ci am&#233;liorent la qualit&#233; de l'&#233;ducation et la r&#233;ussite, et qu'ils sauvent de l'argent au public. L'exp&#233;rience am&#233;ricaine contredit ces &#233;nonc&#233;s. &#192; Milwaukee, Wisconsin, 10 800 &#233;l&#232;ves profitent des bons d'&#233;tude. Un rapport du Wisconsin Legislative Audit Bureau souligne que les espoirs d'am&#233;lioration de la r&#233;ussite suscit&#233;s par les bons d'&#233;tude &#171; &lt;i&gt;ne peuvent &#234;tre v&#233;rifi&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. &#192; Cleveland, Ohio, on compte 4300 b&#233;n&#233;ficiaires des bons d'&#233;tude. Selon le d&#233;partement de l'&#201;ducation, les &#233;l&#232;ves du secteur public ont des &#171; r&#233;sultats comparables &#187; aux b&#233;n&#233;ficiaires des bons d'&#233;tude qui fr&#233;quentent les &#233;coles priv&#233;es. Ces r&#233;sultats ont &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233;s par une &#233;tude ind&#233;pendante d'un professeur de l'Universit&#233; de l'Indiana qui r&#233;v&#233;lait que les enfants des familles ayant fait une demande de bons d'&#233;tude sans les avoir obtenus et qui envoyaient leurs enfants au secteur public &#171; r&#233;ussissaient mieux que les enfants ayant b&#233;n&#233;fici&#233; des bons d'&#233;tude &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs la firme comptable KPMG a d&#233;montr&#233; que les &#233;coles publiques de Cleveland perdent l'aide de l'&#201;tat &#171; &lt;i&gt;sans que leurs co&#251;ts ne changent&lt;/i&gt; &#187;. De plus, les frais de transport des b&#233;n&#233;ficiaires des bons d'&#233;tude sont trois fois plus &#233;lev&#233;s que ceux du r&#233;seau public. Plusieurs d'entre eux habitent loin de leur &#233;cole et doivent &#234;tre transport&#233;s en taxi. Ces compagnies ont surfactur&#233; l'&#201;tat pour un montant de 419 000 $ am&#233;ricains pour transporter des &#233;l&#232;ves qui manquaient leurs cours.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
D&#233;r&#233;glementation et remise en question des acquis des travailleurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le programme de l'ADQ parle abondamment d'all&#233;ger la r&#233;glementation. Nous convenons qu'il y a des lois et des r&#232;glements inutiles et absurdes. On n'a qu'&#224; penser &#224; la loi am&#233;ricaine qui prescrit la grosseur des trous dans le gruy&#232;re. Voil&#224; pour le folklore ! Mais de quoi s'agit-il quand on parle de d&#233;r&#233;glementation ? Il s'agit de revoir, d'all&#233;ger, ou d'abolir certaines des lois qui prot&#232;gent la sant&#233; et la s&#233;curit&#233; du public afin d'accro&#238;tre la comp&#233;titivit&#233; des entreprises. Un des exemples les plus insens&#233;s d'all&#233;gement de la r&#233;glementation au Qu&#233;bec concerne la Commission de la sant&#233; et de la s&#233;curit&#233; au travail (CSST). Entre 1995 et 1998, le gouvernement a fait passer le nombre de visites des inspecteurs de la CSST de 48 424 &#224; 12 783. Au cours de la m&#234;me p&#233;riode, le nombre de d&#233;c&#232;s attribuables aux accidents de travail et aux maladies industrielles passait de 147 &#224; 208. En Grande-Bretagne, la d&#233;r&#233;glementation et la privatisation de l'eau ont produit des augmentations catastrophiques des prix. La d&#233;r&#233;glementation de l'&#233;lectricit&#233; en Ontario, en Nouvelle-Z&#233;lande et aux &#201;tats-Unis s'est traduite par l'augmentation des prix et par de nombreuses interruptions de services dans ces deux derniers pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un autre plan, le programme de l'ADQ remet en question les acquis des travailleuses et travailleurs syndiqu&#233;s en proposant l'abolition de la formule Rand et de la s&#233;curit&#233; d'emploi dans la fonction publique. Il parle &#233;galement &#171; &lt;i&gt;d'assouplir&lt;/i&gt; &#187; les conventions collectives, de &#171; &lt;i&gt;dynamiser les pratiques syndicales&lt;/i&gt; &#187;, d'accro&#238;tre la &#171; &lt;i&gt;flexibilit&#233;&lt;/i&gt; &#187; du travail, de &#171; &lt;i&gt;responsabiliser les travailleurs&lt;/i&gt; &#187;. Mis &#224; part le vocabulaire technocratique, ce discours ressemble &#233;trangement &#224; celui que Duplessis tenait il y a plus de 40 ans. En prime, l'ADQ propose de sabrer 25 % des effectifs de la fonction publique, ce qui aurait des effets d&#233;sastreux. Il y a d&#233;j&#224; un manque de personnel &#224; la CSST et dans des secteurs aussi n&#233;vralgiques que l'environnement, l'inspection des b&#226;timents et des aliments.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Un politicien tout ce qu'il y a de plus traditionnel : l'art de parler des deux c&#244;t&#233;s de la bouche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le programme de l'ADQ propose l'abolition de la s&#233;curit&#233; d'emploi dans la fonction publique. Pourtant durant les &#233;lections partielles de 2002, M. Dumont d&#233;clarait sur les ondes de CKAC : &#171; &lt;i&gt;On n'est pas contre la s&#233;curit&#233; d'emploi, on est contre l'emploi &#224; vie&lt;/i&gt; &#187; ! Plus t&#244;t, il d&#233;clarait au journal &lt;i&gt;Le Soleil&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;On dit pas que &#231;a n'existera plus l'emploi &#224; vie dans le secteur public. On dit plut&#244;t, que ce ne sera plus la norme&lt;/i&gt; &#187;. Remarquons que si le programme propose l'abolition de la s&#233;curit&#233; d'emploi dans la fonction publique, dans cette d&#233;claration M. Dumont vise l'ensemble du &#171; secteur public &#187;. Toujours au micro de CKAC, le chef de l'ADQ d&#233;clarait : &#171; &lt;i&gt;On n'est pas contre les garderies &#224; 5 $&lt;/i&gt; &#187;. Pourtant dans un communiqu&#233; du 7 novembre 2001, son parti proclamait qu'il &#233;tait incompr&#233;hensible qu'on &#171; choisisse de poursuivre dans cette voie &#187; ! Le programme affirme noir sur blanc qu'il n'est pas question d'ajouter &#171; de nouvelles sommes d'argent dans le fonctionnement du syst&#232;me &#187;. &#192; la page suivante on lit que &#171; l'&#201;tat ne doit pas se d&#233;responsabiliser en mati&#232;re de sant&#233; &#187;. L'ADQ pr&#233;tend qu'elle n'est pas contre le gel des droits de scolarit&#233; &#224; l'universit&#233; : elle veut simplement les indexer au co&#251;t de la vie ! L'&#233;quipe Dumont s'est prononc&#233;e en faveur des fusions &#224; Montr&#233;al mais contre au Saguenay. Je suppose que c'est ce qu'on appelle &#171; faire de la politique autrement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ADQ qui se pr&#233;sente comme le parti de l'int&#233;grit&#233; absolue &#173; ce qui serait en effet nouveau &#173; a fait l'objet d'enqu&#234;tes pour de nombreux manquements &#224; la loi &#233;lectorale qu'il serait trop long d'&#233;num&#233;rer. Il y a quelques ann&#233;es, deux de ses militants ont plaid&#233; coupable &#224; un certain nombre d'infractions. R&#233;cemment, l'ancien vice-pr&#233;sident de l'ADQ a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; rembourser les 22 800 $ qu'il avait vers&#233; ill&#233;galement &#224; la caisse du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ADQ, comme les vieux partis, excelle dans l'art de brouiller les pistes. &#192; tel point que, d'apr&#232;s un sondage SOM r&#233;alis&#233; en 2002, 40 % des &#233;lecteurs pensent que le parti de M. Dumont est souverainiste. Or, M. Dumont a d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt;Je ne l'ai jamais &#233;t&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Andr&#233; N&#233;ron, son ancien chef de cabinet, l'a surpris &#224; f&#234;ter la d&#233;faite du OUI au r&#233;f&#233;rendum de 1995. Il avait pourtant milit&#233; dans le camp du OUI. M. Dumont dit qu'il n'est ni nationaliste ni f&#233;d&#233;raliste. &#171; &lt;i&gt;C'est d&#233;pass&#233;&lt;/i&gt;, dit-il. &lt;i&gt;Je suis nationaliste&lt;/i&gt; &#187;. On appr&#233;ciera toute la nouveaut&#233;. H&#233;las !&lt;br class='autobr' /&gt;
M. Dumont est un politicien tout ce qu'il y a de plus traditionnel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un programme inspir&#233; de la droite am&#233;ricaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le programme de l'ADQ reprend, par pans entiers, les id&#233;es de l'&#233;conomiste Milton Friedman, chef de file du n&#233;olib&#233;ralisme et ancien conseiller du pr&#233;sident Ronald Reagan. C'est Friedman qui est &#224; l'origine des bons d'&#233;tudes et qui a popularis&#233; l'id&#233;e d'un taux d'imp&#244;t unique (mis sur la glace par George W. Bush et toujours d&#233;fendu par la fraction la plus &#224; droite du Parti r&#233;publicain). C'est lui qui milite en faveur de la r&#233;duction de l'&#201;tat en pr&#244;nant la d&#233;r&#233;glementation et l'accroissement du r&#244;le du secteur priv&#233;, notamment dans le domaine de la sant&#233;. Contrairement &#224; d'autres, M. Friedman n'a jamais cach&#233; ses couleurs. En 1970, il &#233;crivait dans le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;La seule responsabilit&#233; sociale de l'entreprise est d'accro&#238;tre ses profits&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, M. Dumont est conseill&#233; par l'Institut &#233;conomique de Montr&#233;al (IEDM), un &lt;i&gt;think tank&lt;/i&gt; &#187; (laboratoire d'id&#233;es) n&#233;olib&#233;ral qui d&#233;fend les m&#234;mes id&#233;es, mais sur un mode plus radical. L'IEDM publiait sur son site internet la conf&#233;rence d'un professeur d'&#233;conomie am&#233;ricain qui sugg&#233;rait de r&#233;duire les d&#233;penses de l'&#201;tat &#224; 15 % du PIB. Selon ce texte, les gouvernements devraient s'en tenir &#224; leurs activit&#233;s de base (d&#233;fense, ordre public, routes, un minimum d'&#233;ducation), ni plus ni moins le programme propos&#233; par Adam Smith en 1776. Par ailleurs, M. Dumont est entour&#233; d'une brochette d'hommes d'affaires tels que M. L&#233;on Courville, ex-num&#233;ro deux de la Banque Nationale, dont l'hostilit&#233; envers l'&#201;tat-providence est bien connue.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quel changement ? Acc&#233;l&#233;rer et durcir les vieilles politiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les politiques propos&#233;es par l'ADQ ont &#233;t&#233; mises en &#339;uvre &#173; &#224; des degr&#233;s divers &#173; depuis plus de 20 ans par la plupart des gouvernements. C'&#233;tait la r&#233;ponse muscl&#233;e &#224; la crise de croissance du capitalisme dont les taux de croissance ont &#233;t&#233; coup&#233;s de plus de moiti&#233; &#224; partir de 1975. Ce sont ces politiques que M. Dumont veut acc&#233;l&#233;rer et durcir. Depuis 1980, elles ont caus&#233; des torts immenses : diminution du salaire r&#233;el, pr&#233;carisation du travail, coupes massives dans les programmes sociaux, augmentation de la pauvret&#233; infantile. C'est pr&#233;cis&#233;ment l'adoption de ces politiques qui ont fait passer la &#171; classe moyenne &#187; &#173; que M. Dumont pr&#233;tend d&#233;fendre &#173; de 60 % de la population canadienne en 1973 &#224; 44 % en 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est 40 ans en arri&#232;re que M. Dumont veut nous ramener en proposant l'abolition de la formule Rand et de la s&#233;curit&#233; d'emploi dans la fonction publique. En outre, en sugg&#233;rant qu'un patient utilise son REER pour se faire soigner, M. Dumont exprime sa nostalgie pour la belle &#233;poque o&#249; l'on devait se ruiner pour recevoir des soins. En privil&#233;giant l'implication du secteur priv&#233; en &#233;ducation, ce sont les gains obtenus par la d&#233;mocratisation de l'&#233;ducation qui sont remis en question. Sous couvert de renouveau, la formation politique de M. Dumont veut remplacer les id&#233;es d'hier par celles d'avant-hier en les pr&#233;sentant comme celles de demain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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