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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Du vent dans les compteurs</title>
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		<dc:date>2008-07-14T19:53:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gabriel Sainte-Marie</dc:creator>


		<dc:subject>Economie et finances publiques</dc:subject>
		<dc:subject>Energie</dc:subject>
		<dc:subject>Sainte-Marie, Gabriel</dc:subject>

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&lt;p&gt;Augmenter nos tarifs d'&#233;lectricit&#233; pour rembourser la dette. L'id&#233;e a &#233;t&#233; mouss&#233;e par le groupe des Lucides et reprise par le gouvernement Charest. &#192; les entendre, notre &#233;lectricit&#233; est comme le gaz des Albertains, mais nous sommes trop nonos pour en tirer profit. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans La Presse du 18 avril dernier, le pr&#233;sident d'Hydro-Qu&#233;bec Distribution, Andr&#233; Boulanger, affirmait : &#171; Si tous les consommateurs payaient l'&#233;lectricit&#233; au prix du march&#233;, le Qu&#233;bec pourrait se payer trois CHUM et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-energie-du-desespoir-" rel="directory"&gt;Dossier : L'&#233;nergie du d&#233;sespoir&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Economie-et-finances-publiques-+" rel="tag"&gt;Economie et finances publiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Energie-+" rel="tag"&gt;Energie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Sainte-Marie-Gabriel-+" rel="tag"&gt;Sainte-Marie, Gabriel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Augmenter nos tarifs d'&#233;lectricit&#233; pour rembourser la dette. L'id&#233;e a &#233;t&#233; mouss&#233;e par le groupe des Lucides et reprise par le gouvernement Charest. &#192; les entendre, notre &#233;lectricit&#233; est comme le gaz des Albertains, mais nous sommes trop nonos pour en tirer profit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt; du 18 avril dernier, le pr&#233;sident d'Hydro-Qu&#233;bec Distribution, Andr&#233; Boulanger, affirmait : &#171; &lt;i&gt;Si tous les consommateurs payaient l'&#233;lectricit&#233; au prix du march&#233;, le Qu&#233;bec pourrait se payer trois CHUM et prolonger toutes les autoroutes dont il a besoin.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on augmente ou pas nos tarifs ne changera rien aux prix de nos exportations d'&#233;lectricit&#233;. Celles-ci sont d&#233;j&#224; r&#233;gul&#233;es par le &#171; march&#233; &#187;. Lorsque nous exportons une faible quantit&#233; d'&#233;lectricit&#233;, les prix sont &#233;lev&#233;s. Lorsque nous en exportons beaucoup, les prix diminuent. Par exemple, l'an dernier, nous avons export&#233; 15 t&#233;rawattheures (TWh) au prix moyen de 9,5 sous le kilowattheure (&#162;/kWh), alors qu'en 2002, nous avons export&#233; 54 TWh au prix moyen de 6,4 &#162;/kWh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe pas de march&#233; de l'&#233;lectricit&#233; au Qu&#233;bec. Hydro-Qu&#233;bec est un monopole. Lors de la nationalisation, nous avions d&#233;cid&#233; que l'&#233;lectricit&#233; serait vendue juste assez cher pour couvrir les co&#251;ts de fonctionnement. La soci&#233;t&#233; d'&#201;tat est devenue depuis une vache &#224; lait. L'an dernier, notre soci&#233;t&#233; a r&#233;alis&#233; un b&#233;n&#233;fice net de plus de 2,25 milliards $. Mais on nous r&#233;p&#232;te que les tarifs ne sont pas assez &#233;lev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que notre &#233;lectricit&#233; est moins ch&#232;re que chez nos voisins imm&#233;diats. Par exemple, l'Ontario a d&#233;velopp&#233; la fili&#232;re nucl&#233;aire et fait actuellement face &#224; de s&#233;rieux probl&#232;mes de r&#233;novation de ses installations. C'est pourquoi le secteur r&#233;sidentiel paie 11,2 &#162;/ kWh &#224; Toronto, contre 6,4 &#162;/kWh &#224; Montr&#233;al. C'est &#224; New-York qu'on paie le plus cher l'&#233;lectricit&#233; en Am&#233;rique du Nord : 20,4 &#162;/kWh pour le secteur r&#233;sidentiel. Aucun autre &#201;tat n'a de tels tarifs. Il faut savoir que ces tarifs servent &#224; financer directement les entreprises choisissant de ne pas se brancher au r&#233;seau et de produire elles-m&#234;mes leur &#233;lectricit&#233;, par exemple &#224; partir de petits barrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tarifs du Qu&#233;bec sont semblables aux provinces et &#201;tats ayant d&#233;velopp&#233;, comme nous, la fili&#232;re hydraulique. &#192; chaque ann&#233;e, Hydro-Qu&#233;bec publie une compilation des prix moyens d'&#233;lectricit&#233; en Am&#233;rique du Nord. Peu importe le secteur &#233;tudi&#233;, le Qu&#233;bec se classe toujours derri&#232;re le Manitoba et &#224; peu pr&#232;s nez &#224; nez avec la Colombie-Britannique et l'Oregon. Le Qu&#233;bec se retrouve m&#234;me derri&#232;re l'&#201;tat de Washington, l'Alberta et la Nouvelle-&#201;cosse dans certaines cat&#233;gories.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 170 TWh que nous consommons chaque ann&#233;e permettent d&#233;j&#224; &#224; Hydro-Qu&#233;bec de d&#233;gager de juteux b&#233;n&#233;fices. Nos tarifs d'&#233;lectricit&#233; sont bas&#233;s sur les co&#251;ts de fonctionnement de la soci&#233;t&#233; d'&#201;tat et ne sont pas les plus faibles au Canada. Nous l'avons vu plus haut, le tarif de notre secteur r&#233;sidentiel est identique au prix de nos exportations, lorsqu'on retient les ann&#233;es o&#249; nous exportons beaucoup d'&#233;lectricit&#233;, comme en 2002. Augmenter nos tarifs, dans l'optique de r&#233;duire notre consommation pour exporter davantage, ne nous enrichira pas collectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation de nos tarifs est en fait une taxe d&#233;guis&#233;e. Les b&#233;n&#233;fices accrus de la soci&#233;t&#233; d'&#201;tat reviennent au gouvernement qui en dispose &#224; sa guise. Le probl&#232;me est qu'il s'agit d'une taxe totalement in&#233;quitable. Il est normal et souhaitable de payer des taxes et imp&#244;ts pour recevoir en &#233;change des services universels et de qualit&#233;. Mais il n'y a pas de forme de taxation plus r&#233;gressive que de taxer les services comme l'&#233;lectricit&#233;. Actuellement, avec tout le battage m&#233;diatique, on est en train de faire passer cette augmentation pour normale, voire naturelle, aux yeux de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, 95 % de notre production d'&#233;lectricit&#233; provient de la fili&#232;re hydraulique &#224; un co&#251;t moyen de 2 &#162;/kWh. Il peut alors sembler int&#233;ressant d'accro&#238;tre notre production pour l'exporter chez nos voisins. Malheureusement, comme les meilleurs sites sont d&#233;j&#224; utilis&#233;s, les d&#233;veloppements futurs pr&#233;sentent des co&#251;ts plus &#233;lev&#233;s. Par exemple, la nouvelle centrale de Toulnustuc produit son &#233;nergie &#224; 3,6 &#162;/ kWh. La centrale La Romaine, actuellement &#224; l'&#233;tude, pr&#233;sente un co&#251;t de 7,9 &#162;/kWh. Le potentiel hydraulique qui reste &#224; d&#233;velopper au Qu&#233;bec repr&#233;sente 77 TWh &#224; un co&#251;t moyen de plus de 10,6 &#162;/kWh. C'est tr&#232;s &#233;lev&#233; et ce n'est actuellement pas concurrentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, notre avantage comparatif que pr&#233;sente notre potentiel hydraulique semble d&#233;j&#224; &#234;tre exploit&#233;. La fili&#232;re qui se d&#233;veloppe le plus rapidement au Canada et aux &#201;tats-Unis est celle des centrales au gaz. Il s'agit d'un choix moins polluant que les centrales au charbon ou encore les centrales nucl&#233;aires. Mais cette fili&#232;re n'est pas int&#233;ressante pour nous. D'ailleurs, nous nous sommes clairement prononc&#233;s contre le d&#233;veloppement de la centrale au gaz du Suro&#238;t. Malheureusement, au m&#234;me moment, a &#233;t&#233; conclue l'implantation d'une autre centrale au gaz &#224; B&#233;cancour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Officiellement, le D&#233;partement &#233;tats-unien de l'&#233;nergie affirme que les co&#251;ts de cette fili&#232;re devraient se maintenir autour de 6 &#162;/kWh, et ce, au moins jusqu'en 2015. Or c'est compl&#232;tement faux. Le prix du gaz ne cesse d'augmenter et l'automne dernier, le co&#251;t de cette fili&#232;re &#233;tait d&#233;j&#224; rendu &#224; 9,4 &#162;/kWh. Les centrales au gaz n'ont pas de place au Qu&#233;bec. De plus, la quasi totalit&#233; du co&#251;t de fonctionnement des centrales va au carburant et ne d&#233;veloppe aucune expertise qu&#233;b&#233;coise. Si l'option thermique revient sans cesse sur le plancher, c'est que le lobby du gaz est omnipr&#233;sent au Qu&#233;bec. Plusieurs organismes et d&#233;partements universitaires sont grassement financ&#233;es par ce lobby et une grande partie de la direction d'Hydro-Qu&#233;bec, incluant son pdg Thierry Vandal, provient de Gaz M&#233;tropolitain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, il semble y avoir consensus pour ne pas d&#233;velopper davantage la fili&#232;re nucl&#233;aire au Qu&#233;bec. R&#233;nover la centrale Gentilly repousse le probl&#232;me de son d&#233;mant&#232;lement. Pour le d&#233;veloppement futur, il reste ici &#224; &#233;valuer les &#233;nergies renouvelables alternatives et les &#233;conomies d'&#233;nergie. Le kilowattheure &#233;conomis&#233; est tr&#232;s payant : nous n'avons pas &#224; le d&#233;bourser, et nous pouvons l'exporter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a pr&#233;sentement un fort engouement pour l'&#233;olien dans le monde et le Qu&#233;bec n'y &#233;chappe pas. Les autres fili&#232;res, que ce soit le solaire ou la g&#233;othermie, ne sont pas du tout comp&#233;titives. Il faut quand m&#234;me les garder &#224; l'&#339;il puisque le d&#233;veloppement technologique est tr&#232;s rapide. Une nouvelle innovation r&#233;volutionnera t&#244;t ou tard la production de l'&#233;lectricit&#233;. C'est ce qui s'est pass&#233; avec la fili&#232;re &#233;olienne. Il y a une dizaine d'ann&#233;es, l'&#233;nergie produite par le vent &#233;tait tr&#232;s ch&#232;re. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. La fili&#232;re est de plus en plus accept&#233;e dans les vieux pays, o&#249; le co&#251;t de l'&#233;lectricit&#233; est plus &#233;lev&#233; qu'au Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, nous avons de plus forts vents qu'en Europe, ce qui fait baisser le co&#251;t de la fili&#232;re. En fait, ce co&#251;t commence &#224; &#234;tre comp&#233;titif. Hydro-Qu&#233;bec a sign&#233; des contrats avec une firme qu&#233;b&#233;coise o&#249; la soci&#233;t&#233; d'&#201;tat ach&#232;te l'&#233;lectricit&#233; produite par des parcs &#233;oliens situ&#233;s &#224; Murdochville au prix de 6,5 &#162;/kWh. C'est &#224; la suite de ce contrat qu'on a d&#233;cid&#233; de tenir un premier appel d'offres de 1 000 MW et un deuxi&#232;me, actuellement en cours, de 2 000 MW.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les r&#233;sultats du premier appel d'offres ont &#233;t&#233; tr&#232;s d&#233;cevants. Ce sont des entreprises priv&#233;es albertaine et torontoise qui l'ont remport&#233;, &#224; un co&#251;t moyen de 8,35 &#162;/kWh. Dans une &#233;tude que j'ai r&#233;alis&#233;e l'an dernier, je d&#233;montrais comment le d&#233;velop-pement de la fili&#232;re s'est mal d&#233;roul&#233; et qu'on aurait pu obtenir un co&#251;t inf&#233;rieur &#224; 5 &#162;/kWh, notamment en laissant la fili&#232;re &#224; Hydro-Qu&#233;bec. Il s'agit, pour l'instant, de l'option la plus prometteuse pour un d&#233;veloppement additionnel de notre secteur &#233;nerg&#233;tique, en vue d'accro&#238;tre nos exportations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gabriel Sainte-Marie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;conomiste &#224; la Chaire d'&#233;tudes socio-&#233;conomiques de l'UQAM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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