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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>Oh, la Belle bleue !</title>
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		<dc:date>2008-07-16T19:38:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Fran&#231;ois Blain</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Energie</dc:subject>
		<dc:subject>Blain, Jean-Fran&#231;ois </dc:subject>

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&lt;p&gt;Pour marquer la journ&#233;e de la Terre, quelqu'un me courriellise de magnifiques photos satellite de notre ch&#232;re plan&#232;te &#8211; &#233;trange, la perplexit&#233; que l'on ressent face au simple usage de cette expression&#8230; Ici, une temp&#234;te de sable se l&#232;ve sur le nord-est du continent africain, l&#224;, le cours inf&#233;rieur du Nil draine jusqu'&#224; son delta des eaux si charg&#233;es de phosphates et d'azotes qu'elles apparaissent comme une tra&#238;n&#233;e d'encre vert fluo dissip&#233;e dans la M&#233;diterran&#233;e. Plus loin, l'Islande se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-L-energie-du-desespoir-" rel="directory"&gt;Dossier : L'&#233;nergie du d&#233;sespoir&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Energie-+" rel="tag"&gt;Energie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Blain-Jean-Francois-+" rel="tag"&gt;Blain, Jean-Fran&#231;ois &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour marquer la journ&#233;e de la Terre, quelqu'un me courriellise de magnifiques photos satellite de notre ch&#232;re plan&#232;te &#8211; &#233;trange, la perplexit&#233; que l'on ressent face au simple usage de cette expression&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, une temp&#234;te de sable se l&#232;ve sur le nord-est du continent africain, l&#224;, le cours inf&#233;rieur du Nil draine jusqu'&#224; son delta des eaux si charg&#233;es de phosphates et d'azotes qu'elles apparaissent comme une tra&#238;n&#233;e d'encre vert fluo dissip&#233;e dans la M&#233;diterran&#233;e. Plus loin, l'Islande se d&#233;tache dans l'Atlantique-Nord, blanche boursouflure glaciaire. Plus tard, la nuit tombe sur l'Europe r&#233;v&#233;lant, dans tous les sens du terme, le c&#244;t&#233; d'ombre de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; nuit, les continents d&#233;filent, aux contours tr&#232;s in&#233;galement d&#233;finis par l'&#233;clairage des zones de densit&#233;, pays riches en t&#234;te. La vieille Europe, l'Am&#233;rique du Nord, le Japon et quelques parties de la Chine et du sud-est asiatique &#233;talent de fa&#231;on &#233;clatante leur prosp&#233;rit&#233; &#8211; ou leur cupidit&#233;, c'est selon &#8211; illustration ultime de notre boulimie &#233;nerg&#233;tique, &#233;loquente repr&#233;sentation d'un mod&#232;le &#233;conomique emball&#233; et de ce qui causera sa faillite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi tous, l'Am&#233;rique du Nord, avec 5 % de la population mondiale et 25 % de la consommation d'&#233;nergie, m&#232;ne le bal de la brillance aveugle. En particulier la c&#244;te ouest, le sud des Grands Lacs et les &#201;tats du nord-est. Mais la vall&#233;e du St-Laurent ne donne pas sa place, au point qu'on imagine facilement la contribution des fausses guirlandes de No&#235;l accroch&#233;es aux pignons des bungalows de Brossard, t&#233;moins achev&#233;s de notre d&#233;g&#233;n&#233;rescence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de prendre acte des urgences environnementales auxquelles sont confront&#233;es la plan&#232;te et l'humanit&#233;, l'&#233;conomie de march&#233; en remet et en redemande. La course &#224; l'appropriation des ressources s'acc&#233;l&#232;re et se concentre davantage sur celles qui sont les plus essentielles, voire vitales : l'&#233;nergie et l'eau. Les grandes puissances adaptent essentiellement leurs strat&#233;gies militaires en fonction de l'acc&#232;s &#224; ces ressources qui, au moment o&#249; elles s'&#233;puisent, sont de plus en plus convoit&#233;es. Qu'importe, nous dit-on, il faut cr&#233;er davantage de richesse et tout rentrera dans l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous comprenons bien, la croissance de la demande est non seulement souhaitable mais essentielle, d'autant plus qu'elle justifie en elle-m&#234;me la croissance de l'offre. Si nous comprenons bien, sans croissance : ni cr&#233;ation d'emplois, ni cr&#233;ation de richesse. Sinon, c'est que nous comprenons mal. D'ailleurs, que ferions-nous de nos grandes mains molles et de nos vies mis&#233;rables si elles n'&#233;taient employ&#233;es &#224; servir leurs desseins ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit, le Canada brille peu en regard de sa superficie, et ce, surtout le long de la fronti&#232;re am&#233;ricaine au Qu&#233;bec et en Ontario, o&#249; sa population est concentr&#233;e. &#192; une petite exception pr&#232;s, soit la r&#233;gion du nord de l'Alberta port&#233;e par l'exploitation p&#233;troli&#232;re. Vu d'en haut, on pourrait presque croire qu'il s'agit d'une id&#233;e lumineuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouss&#233;e par la fr&#233;n&#233;sie sp&#233;culative qui s'est empar&#233;e du secteur de l'&#233;nergie, la croissance &#233;conomique d&#233;brid&#233;e de l'Alberta se d&#233;marque largement de celle du reste du pays. Au point qu'elle risque de causer des maux de t&#234;te majeurs &#224; la Banque du Canada et de rendre toute politique mon&#233;taire nationale plus dangereuse qu'utile. Car la Banque du Canada ne peut plus freiner la surchauffe de l'&#233;conomie albertaine sans nuire s&#233;rieusement &#224; celle du reste du pays. &#192; moyen terme, son pouvoir de fixation des taux d'int&#233;r&#234;ts pourrait m&#234;me devenir aussi inutilisable &#8211; voire n&#233;faste &#8211; qu'une arme dont les deux tranchants sont vou&#233;s &#224; l'automutilation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les indicateurs d'activit&#233; &#233;conomique &#224; partir desquels la Banque du Canada &#233;tablit ses pr&#233;visions de croissance et sa politique mon&#233;taire sont d&#233;j&#224; les facteurs pr&#233;pond&#233;rants de notre appauvrissement collectif et les signes pr&#233;curseurs d'une r&#233;cession annonc&#233;e. R&#233;sumons-nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du dollar canadien, dont la valeur a atteint r&#233;cemment son plus haut niveau depuis plus de trente ans, est port&#233;e principalement par la flamb&#233;e des prix de l'&#233;nergie&#8230; dont nous sommes des exportateurs. Au cours des deux derni&#232;res ann&#233;es, la valeur des titres boursiers elle-m&#234;me s'est appr&#233;ci&#233;e dans des proportions beaucoup plus grandes &#224; Toronto qu'&#224; New-York. Le bon c&#244;t&#233; de la chose, c'est qu'un dollar canadien fort attire les placements financiers et devrait, en principe, contribuer &#224; une augmentation du pouvoir d'achat des consommateurs. Le mauvais c&#244;t&#233;, c'est que les produits industriels et manufacturiers canadiens destin&#233;s &#224; l'exportation perdent de leur comp&#233;titivit&#233; &#224; l'&#233;gard de ceux des autres &#233;conomies, ce qui menace les emplois de milliers de travailleurs. La Banque du Canada est donc face &#224; un dilemme : elle ne peut augmenter les taux d'int&#233;r&#234;t pour freiner la surchauffe albertaine sans aggraver significativement la situation &#233;conomique des autres provinces et stimuler indirectement la sp&#233;culation s'&#233;tant empar&#233;e du secteur &#233;nerg&#233;tique. Il faudra bient&#244;t se demander si la stabilit&#233; &#233;conomique canadienne peut encore &#234;tre maintenue avec une politique mon&#233;taire unique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela se produit au terme de la plus longue p&#233;riode de croissance &#233;conomique depuis l'apr&#232;s-guerre. Apr&#232;s tant d'ann&#233;es de &#171; prosp&#233;rit&#233; &#187;, on pourrait s'attendre &#224; ce que les m&#233;nages aient accru leur pouvoir d'achat et r&#233;duit significativement leur taux d'endettement. Pourtant il n'en est rien. En 1982, 39 % des m&#233;nages canadiens d&#233;pensaient plus que leurs revenus disponibles ; 20 ans plus tard, 47 % des m&#233;nages entraient dans cette cat&#233;gorie. Quant au taux d'endettement (totalit&#233; des dettes / revenu annuel net), qui s'&#233;levait &#224; 70 % en moyenne au milieu des ann&#233;es '80, il atteignait 124 % au 2e trimestre de 2005. Seule l'augmentation rapide de la valeur des actifs immobiliers entre 1997 et 2005 est venue att&#233;nuer cette situation, ce qui n'aide en rien les locataires. Le taux d'&#233;pargne des m&#233;nages, apr&#232;s avoir atteint un sommet de 20 % en 1983, s'est effondr&#233; &#224; une valeur n&#233;gative de &#8211;0,5 % en 2005, son plus bas niveau depuis les ann&#233;es 20. Au cours des 15 derni&#232;res ann&#233;es, la dette des m&#233;nages a augment&#233; 2 fois plus vite que leurs revenus disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, l'inflation est principalement soutenue par la flamb&#233;e des prix de l'&#233;nergie, qui accapare maintenant une proportion sans pr&#233;c&#233;dent des revenus disponibles. Pour leur part, les profits des p&#233;troli&#232;res ont connu une croissance fulgurante au cours des 5 derni&#232;res ann&#233;es, ceux de Esso Imp&#233;riale, Petro Canada et Shell Canada totalisant 18 milliards $. Sur les 16,8 milliards $ vers&#233;s &#224; leurs actionnaires par Shell et Esso au cours des 15 derni&#232;res ann&#233;es, 13,5 milliards $ sont partis &#224; l'ext&#233;rieur du Canada. Et pour cette m&#234;me p&#233;riode, &#224; l'exception du secteur de la distribution, le nombre d'emplois directement associ&#233;s aux activit&#233;s des trois grandes p&#233;troli&#232;res a r&#233;gress&#233; de 54 % au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation fulgurante des co&#251;ts de l'&#233;nergie &#8211; qui supporte la croissance &#233;conomique de l'Alberta et, pour une large part, la mont&#233;e du dollar canadien &#8211; accapare maintenant une proportion insoutenable des d&#233;penses des m&#233;nages. Cette situation est d'autant plus dommageable qu'elle prive l'&#233;conomie d'une partie substantielle des revenus disponibles en les drainant tr&#232;s largement &#224; l'&#233;tranger au seul profit de quelques multinationales et de leurs actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impasse &#233;conomique &#224; laquelle est confront&#233; le Canada n'est qu'une illustration des effets d&#233;vastateurs d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement menant litt&#233;ralement la plan&#232;te &#224; sa perte et qui rel&#232;ve d'un aveuglement religieux plut&#244;t que de quelque science objective. Combien de temps encore nous sugg&#233;rera-t-on que la &#171; prosp&#233;rit&#233; &#187; se mesure &#224; l'&#233;paisseur de nos d&#233;potoirs, au nombre de tonnes de CO2 que nous rejetons dans l'atmosph&#232;re, &#224; la croissance d&#233;mentielle des morbides industries du p&#233;trole et de l'armement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'humanit&#233; doit survivre au XXIe si&#232;cle, le seul indicateur d'un progr&#232;s v&#233;ritable sera la r&#233;duction des ressources requises pour satisfaire ses besoins. Reste &#224; savoir si nous aurons la volont&#233; et trouverons les moyens d'amorcer la d&#233;croissance avant d'avoir frapp&#233; le mur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Fran&#231;ois Blain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Analyste, secteur de l'&#233;nergie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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