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	<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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	<description>Publication ind&#233;pendante paraissant quatre fois par ann&#233;e, la revue &#192; b&#226;bord ! est &#233;dit&#233;e au Qu&#233;bec par des militant&#183;e&#183;s, des journalistes ind&#233;pendant&#183;e&#183;s, des professeur&#183;e&#183;s, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des travailleurs et des travailleuses, des rebelles de toutes sortes et de toutes origines proposant une r&#233;volution dans l'organisation de notre soci&#233;t&#233;, dans les rapports entre les hommes et les femmes et dans nos liens avec la nature.
&#192; b&#226;bord ! a pour mandat d'informer, de formuler des analyses et des critiques sociales et d'offrir un espace ouvert pour d&#233;battre et favoriser le renforcement des mouvements sociaux d'origine populaire. &#192; b&#226;bord ! veut appuyer les efforts de ceux et celles qui traquent la b&#234;tise, d&#233;noncent les injustices et organisent la r&#233;bellion.</description>
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		<title>Revue &#192; b&#226;bord !</title>
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		<title>La faim justifie les moyens</title>
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		<dc:date>2026-01-22T14:05:12Z</dc:date>
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		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Consommation, marchandisation et pub</dc:subject>
		<dc:subject>In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous partageons ici un communiqu&#233; du groupe Robins des ruelles, qui a circul&#233; sur internet suite &#224; leur action du 15 d&#233;cembre 2025 (notamment sur le site du journal Le Mouton Noir). &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes les Robins des Ruelles. Lundi soir [le 15 d&#233;cembre], nous avons vol&#233; pour 3000$ de denr&#233;es alimentaires au M&#233;tro de la rue Laurier &#224; Montr&#233;al, une cha&#238;ne d'&#233;picerie ayant enregistr&#233; plus d'un milliard de dollars de profit pour l'ann&#233;e 2025. Nous avons d&#233;pos&#233; les aliments sous un sapin &#224; la Place (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Tribune-Libre-" rel="directory"&gt;Tribune Libre&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Inegalites-et-pauvrete-+" rel="tag"&gt;In&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/canvas.png?1769015386' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;268&#034; height=&#034;415&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous partageons ici un communiqu&#233; du groupe Robins des ruelles, qui a circul&#233; sur internet suite &#224; leur action du 15 d&#233;cembre 2025 (notamment sur le &lt;a href=&#034;https://www.moutonnoir.com/2025/12/la-faim-justifie-les-moyens/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site du journal Le Mouton Noir&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Nous sommes les Robins des Ruelles. Lundi soir [le 15 d&#233;cembre], nous avons vol&#233; pour 3000$ de denr&#233;es alimentaires au M&#233;tro de la rue Laurier &#224; Montr&#233;al, une cha&#238;ne d'&#233;picerie ayant enregistr&#233; plus d'un milliard de dollars de profit pour l'ann&#233;e 2025. Nous avons d&#233;pos&#233; les aliments sous un sapin &#224; la Place Valois dans Hochelaga-Maisonneuve.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Nous avons frapp&#233; l&#224;, mais &#231;a aurait pu &#234;tre ailleurs. Bien s&#251;r, ce M&#233;tro est r&#233;put&#233; comme &#233;tant &#171; le plus cher de l'&#238;le &#187;, bien s&#251;r les gardiens y battent au besoin les clients, bien s&#251;r &#224; l'&#233;poque cette succursale n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; &#233;vincer des locataires pour s'installer dans le quartier. Mais nous aurions pu choisir une autre cible, vous en choisirez d'autres. Nous savons que nous ne sommes pas seuls. N'importe qui peut s'organiser et devenir un Robin des ruelles. Ce geste &#233;tait avant tout une invitation.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Le pr&#233;sident de M&#233;tro, &#201;ric Lafl&#232;che, s'octroie un salaire avec prime avoisinant les 6,1 millions de dollars, tandis que ses employ&#233;s sont pay&#233;s au salaire minimum pour surveiller d'autres pauvres scanner leurs articles. Il faut se l'avouer, les caisses en libre-service apparues dans les derni&#232;res ann&#233;es n'ont rien de libre. Cl&#244;tur&#233;es, gard&#233;es et surveill&#233;es par une employ&#233;e, des gardes de s&#233;curit&#233; et des cam&#233;ras dans tous les angles, difficile de faire plus &#233;touffant. L'alarme rouge de la caisse se d&#233;clenche au moindre poids inexact sur la balance. Mais qu'en est-il du poids de la faim ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Ce mois-ci, nous avons vu des personnes pleurer &#224; l'&#233;picerie et arrondir leurs fins de mois avec de la nourriture en cannes ; une a&#238;n&#233;e voler du thon au Dollorama ; au pied d'une personne menott&#233;e devant un Maxi, un sandwich pr&#233;par&#233; en guise de preuve. Les Robins des Ruelles sont &#224; l'image de tous ces gens, pris dans un syst&#232;me qui profite de leurs ventres vides. Un syst&#232;me qui nous rappelle &#224; tous les repas qu'il faut travailler pour vivre. Nous n'avalons rien de cela, c'est en autre chose que nous croyons.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;&#202;tes vous aussi fatigu&#233;s que nous ? Nous sommes tann&#233;s de travailler jusqu'&#224; l'&#233;puisement seulement pour avoir de la mis&#232;re &#224; payer nos factures et notre panier d'&#233;picerie. Nous ne voulons pas seulement survivre, nous voulons vivre. Et de cette vie, nous esp&#233;rons bien plus. Comprenez bien, pas plus d'heures de travail, plus de factures &#224; payer. La r&#233;ponse ne se trouve certainement pas dans l'effort palliatif des banques alimentaires et encore moins dans les diff&#233;rentes r&#233;formes qui ne font que faire tenir ce syst&#232;me un peu mieux. Elle se trouve d'abord dans notre refus.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Nous r&#233;pondons donc &#224; l'appel des Soul&#232;vements du Fleuve &#224; riposter. Tant que le profit de quelques-uns primera, nous mangerons mal et trop peu, et n'aurons plus de toit sur nos t&#234;tes. Se d&#233;faire de l'emprise du march&#233; sur notre subsistance, voil&#224; notre horizon politique. Se d&#233;faire du monde de l'&#233;conomie qui r&#233;git nos vies et de la confiance en &#171; nos &#187; institutions dont nous n'attendons plus rien. Donnons-nous les moyens de nos ambitions : exproprions les cha&#238;nes d'&#233;piceries, cr&#233;ons des cuisines collectives, changeons les parkings en grands potagers, les champs de monoculture en garde-manger collectif. Ce monde ne leur appartient pas.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:Roboto;&#034;&gt;Notre horizon doit se lier au tapage de nos pas fermes qui descendent dans la rue. Le prix du pain augmente et l'histoire se r&#233;p&#232;te. Ceux qui esp&#232;rent n'entendre dans le pr&#233;sent que le silence de la paix sociale doivent se pr&#233;parer &#224; &#234;tre d&#233;&#231;us. L'avenir appartient &#224; ceux qui se soul&#232;vent. Nous ne resterons pas affam&#233;s bien longtemps.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Illustration : Les soul&#232;vements du fleuve&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Google. Ne pas &#234;tre malveillant</title>
		<link>https://www.ababord.org/Google-Ne-pas-etre-malveillant</link>
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		<dc:date>2023-06-25T17:29:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Yannick Delbecque</dc:creator>


		<dc:subject>Delbecque, Yannick</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Consommation, marchandisation et pub</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 2015, Google devient Alphabet, compagnie m&#232;re chapeautant une diversit&#233; d'entreprises et de services. Au moment de cette restructuration, le code de conduite de Google est modifi&#233; et ne comporte plus la devise &#171; don't be evil &#187;, pilier de la culture de l'entreprise depuis 2000. &lt;br class='autobr' /&gt;
NLDR. Les autres articles de la s&#233;rie sont &#233;galement disponibles sur notre site : &#171; Amazon. Le capitalisme m&#233;galomane &#187; ; &#171; Microsoft. Adopter, &#233;tendre, an&#233;antir &#187; ; &#171; Apple. Le g&#233;ant des apparences &#187; ; &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Consommation-marchandisation-et-+" rel="tag"&gt;Consommation, marchandisation et pub&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/123123-5.png?1687714119' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;821&#034; height=&#034;461&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 2015, Google devient Alphabet, compagnie m&#232;re chapeautant une diversit&#233; d'entreprises et de services. Au moment de cette restructuration, le code de conduite de Google est modifi&#233; et ne comporte plus la devise &#171; &lt;i&gt;don't be evil&lt;/i&gt; &#187;, pilier de la culture de l'entreprise depuis 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NLDR. Les autres articles de la s&#233;rie sont &#233;galement disponibles sur notre site : &#171; &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Amazon-ou-le-capitalisme-megalomane&#034;&gt;Amazon. Le capitalisme m&#233;galomane&lt;/a&gt; &#187; ; &#171; &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Microsoft-Adopter-etendre-aneantir&#034;&gt;Microsoft. Adopter, &#233;tendre, an&#233;antir&lt;/a&gt; &#187; ; &#171; &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/G-A-FAM-Le-geant-des-apparences&#034;&gt;Apple. Le g&#233;ant des apparences&lt;/a&gt; &#187; ; &#171; &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/GA-F-AM-la-tyrannie-de-la-popularite&#034;&gt;Facebook. La tyrannie de la popularit&#233;&lt;/a&gt; &#187; ; &#171; &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/GAFAM-Conclusions&#034;&gt;GAFAM : Conclusions&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'origine, Google est une entreprise Web proposant un moteur de recherche bas&#233; sur un algorithme tr&#232;s performant, d&#233;velopp&#233; dans le cadre des &#233;tudes universitaires de ses fondateurs. Son efficacit&#233; redoutable pour trouver de l'information sur la toile naissante fait en sorte que Google &#233;clipse rapidement la plupart de ses pr&#233;d&#233;cesseurs. Son succ&#232;s est tel qu'&#224; partir de 2004, on commence &#224; utiliser le verbe &#171; googueler &#187; pour signifier &#171; faire une recherche sur le Web &#187;, et ce, dans plusieurs langues. Ainsi, Google est devenu un passage quasi oblig&#233; pour toute recherche d'information en ligne. Encore aujourd'hui, environ 87 % des requ&#234;tes d'information effectu&#233;es sur la toile utilisent Google.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil des ann&#233;es, la compagnie transforme son succ&#232;s initial en un v&#233;ritable succ&#232;s d'entreprise, devenant un empire technologique. En effet, Google est maintenant pr&#233;sent dans plusieurs secteurs Web importants, comme ceux de la diffusion vid&#233;o (YouTube), du courriel (Gmail), de la bureautique (Google Docs) ou de la cartographie (Google Maps et Waze). La plupart de ses produits sont offerts gratuitement. En fait, le c&#339;ur de l'entreprise repose sur son secteur de publicit&#233; : environ 80 % du chiffre d'affaires actuel d'Alphabet provient de revenus publicitaires.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;S&#233;rie d'acquisitions strat&#233;giques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mettant &#224; profit sa r&#233;putation et le capital financier accumul&#233; pendant ses premi&#232;res ann&#233;es, Google fait, &#224; partir de 2001, l'acquisition de pr&#232;s de 250 compagnies technologiques. En 2010 et 2011 seulement, ces acquisitions se succ&#232;dent au rythme moyen d'une par semaine ! Les compagnies acquises sont choisies pour leur int&#233;r&#234;t strat&#233;gique permettant de consolider la domination du g&#233;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque annexion lui permet non seulement d'int&#233;grer &#224; son offre les produits d&#233;velopp&#233;s par les compagnies acquises, mais aussi d'ajouter aux banques de donn&#233;es de Google les informations qu'elles poss&#232;dent sur leurs utilisateur&#183;trice&#183;s. C'est principalement de cette mani&#232;re que Google est devenu le g&#233;ant qu'il est aujourd'hui, bien que selon les dires de l'entreprise, il s'agirait plut&#244;t d'un succ&#232;s atteint gr&#226;ce &#224; la recherche et &#224; l'innovation, &#224; des projets de recherches cr&#233;atifs et &#224; sa capacit&#233; de donner des conditions de travail de r&#234;ve aux nombreux&#183;ses chercheur&#183;euse&#183;s &#224; son emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons les acquisitions les plus significatives. En 2004, Google constate que la recherche d'information g&#233;ographique compte pour 25 % des requ&#234;tes effectu&#233;es sur son moteur de recherche. Cela convainc le futur g&#233;ant d'acheter une s&#233;rie d'entreprises d'information cartographique. Cette acquisition strat&#233;gique a donn&#233; &#224; Google une position dominante en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, Google estime que sa position dominante en tant que moteur de recherche d'information pourrait &#234;tre compromise s'il ne devenait pas l'outil de recherche le plus populaire ou le plus largement install&#233; sur les t&#233;l&#233;phones intelligents qui apparaissaient &#224; l'&#233;poque. Ce constat le pousse &#224; acqu&#233;rir Android, une compagnie travaillant justement &#224; d&#233;velopper un syst&#232;me d'exploitation pour t&#233;l&#233;phone. Pour contrer Apple, Google forme en 2007 l'Open Handset Alliance, un groupe de diverses entreprises li&#233;es &#224; la t&#233;l&#233;phonie cellulaire qui s'engagent toutes &#224; utiliser Android sur leurs appareils. Le g&#233;ant permet aux membres du groupe d'utiliser Android, mais exige en contrepartie qu'y soient inclus certains logiciels li&#233;s &#224; son moteur de recherche et &#224; ses produits. Seize ans plus tard, Android est le syst&#232;me d'exploitation pour t&#233;l&#233;phones intelligents le plus utilis&#233;, pr&#233;sent dans pr&#232;s de 73 % des appareils. Il est donc peu surprenant qu'en 2018, en Europe, Google ait &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; payer une amende de cinq milliards de dollars am&#233;ricains, les ententes de l'Open Handset Alliance limitant la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, en 2006, Google ach&#232;te YouTube pour 20 milliards de dollars am&#233;ricains. Avec aujourd'hui plus de deux milliards d'utilisateur&#183;trice&#183;s, le site de vid&#233;os en ligne est consid&#233;r&#233; comme le deuxi&#232;me r&#233;seau social le plus important apr&#232;s Facebook. La publicit&#233; sur YouTube rapporte &#224; elle seule environ 11 % des revenus actuels d'Alphabet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, Google met la main sur DoubleClic, l'une des premi&#232;res compagnies de publicit&#233; sur le Web. La fusion des informations sur les habitudes des internautes cumul&#233;es par Google et DoubleClic permettra &#224; Google d'occuper une position dominante dans le monde de la publicit&#233; en ligne. En plus de vendre aux annonceurs des espaces publicitaires sur ses propres pages Web, qui sont parmi les plus fr&#233;quent&#233;es, l'entreprise poss&#232;de maintenant l'un des plus importants outils permettant de vendre et d'acheter de la publicit&#233; un peu partout sur le Web.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mainmise sur la publicit&#233; en ligne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Google est donc avant tout un g&#233;ant publicitaire. La compagnie a su habilement utiliser ses multiples applications &#171; gratuites &#187; pour amasser des donn&#233;es sur le comportement des usagers&#183;&#232;re&#183;s du Web. Ces informations permettent de cibler l'affichage publicitaire sur une page Web en fonction de la personne qui la consulte, afin de maximiser les chances que celle-ci ach&#232;te le produit propos&#233; ou qu'elle modifie son comportement de la mani&#232;re d&#233;sir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une part importante de l'activit&#233; publicitaire se d&#233;roule de mani&#232;re invisible. Ainsi, chaque fois qu'une page est visit&#233;e, une n&#233;gociation algorithmique quasi instantan&#233;e a lieu. En effet, il existe plusieurs &#171; bourses de publicit&#233;s en ligne &#187;, comparables aux places boursi&#232;res comme le NASDAQ, servant d'interm&#233;diaires entre les annonceurs et les gestionnaires de sites Web.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Google contr&#244;le l'une des plus importantes de ces bourses de publicit&#233;s. Il d&#233;tient aussi certains des sites les plus int&#233;ressants o&#249; annoncer, en plus d'offrir &#224; ses clients d'am&#233;liorer le placement des publicit&#233;s gr&#226;ce &#224; l'information qu'il d&#233;tient sur nous. C'est donc sans surprise que, plus t&#244;t cette ann&#233;e, en France, Google a r&#233;gl&#233; pour 268 millions d'euros une poursuite de l'Autorit&#233; de la concurrence, qui l'accusait d'utiliser &#224; son avantage la position dominante conf&#233;r&#233;e par ses outils de placement de publicit&#233;s. Aux &#201;tats-Unis, on se questionne pr&#233;sentement sur la possibilit&#233; d'imposer des r&#232;gles aux bourses de publicit&#233;s qui seraient similaires &#224; celles des places boursi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la publicit&#233; en ligne devenant plus importante que celle dans les m&#233;dias de masse traditionnels, des journaux imprim&#233;s, disposant aujourd'hui de sites Web, se voient forc&#233;s de passer &#224; cette forme de publicit&#233; comme source de revenus. Toutefois, les g&#233;ants comme Google et les autres interm&#233;diaires du complexe march&#233; de la publicit&#233; en ligne pr&#233;l&#232;vent une part importante de ce que les annonceurs paient, r&#233;duisant ainsi encore davantage les revenus de publicit&#233; pour les m&#233;dias. Le gouvernement australien a r&#233;cemment forc&#233; Google &#224; payer les producteurs de nouvelles parce qu'elle utilise leur contenu journalistique pour g&#233;n&#233;rer des revenus de publicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Autres malveillances&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme la plupart des grandes entreprises, Google fait de l'&#233;vitement fiscal. Par exemple, la compagnie m&#232;re Alphabet, tout comme au moins 50 de ses filiales, sont enregistr&#233;es au Delaware. Rappelons qu'il s'agit d'un paradis fiscal interne aux &#201;tats-Unis qui ne taxe pas les b&#233;n&#233;fices provenant de biens immat&#233;riels, ce qui est tr&#232;s avantageux pour les compagnies du secteur technologique. &#192; cela s'ajoutent diff&#233;rentes strat&#233;gies d'optimisation fiscale passant par l'Irlande, les Pays-Bas, les Bermudes ou Singapour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On associe aussi Google &#224; la surveillance en ligne &#224; cause de la quantit&#233; ph&#233;nom&#233;nale de donn&#233;es qu'elle d&#233;tient sur les internautes. Google pr&#233;tend que les utilisateur&#183;trice&#183;s de ses produits consentent aux conditions d'utilisation et peuvent r&#233;gler un certain nombre de param&#232;tres pour contr&#244;ler l'acc&#232;s &#224; certaines informations priv&#233;es, comme leur localisation. Or, le g&#233;ant a &#233;t&#233; reconnu coupable par un tribunal australien d'avoir tromp&#233; les utilisateur&#183;trice&#183;s d'Android &#224; cause de la complexit&#233; des conditions qu'il leur impose. En Europe, les pratiques de Google font l'objet d'une enqu&#234;te dans au moins deux causes importantes, intent&#233;es par l'autorit&#233; allemande antitrust et par l'association la Quadrature du Net.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il soit difficile de faire un examen complet des activit&#233;s de ce g&#233;ant, il semble clair que les activit&#233;s les plus importantes de Google ont fortement contribu&#233; &#224; transformer l'Internet libre en un m&#233;dia tentaculaire soumis au capitalisme de surveillance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;croissance : adaptation ou mutation ?</title>
		<link>https://www.ababord.org/Decroissance-adaptation-ou-mutation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Decroissance-adaptation-ou-mutation</guid>
		<dc:date>2022-01-09T17:52:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#233;mie Bouchez, Jos&#233;e Proven&#231;al</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject>Consommation, marchandisation et pub</dc:subject>
		<dc:subject>Bouchez, J&#233;r&#233;mie</dc:subject>
		<dc:subject>Proven&#231;al, Jos&#233;e</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les changements climatiques, et m&#234;me l'actuelle pand&#233;mie, sont les cons&#233;quences de notre d&#233;pendance &#224; des ressources naturelles existant en quantit&#233; limit&#233;e. Ces perturbations nous obligent &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; de nouveaux mod&#232;les de soci&#233;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Il ne suffit pas de &#171; r&#233;former &#187; ou &#171; verdir &#187; le capitalisme, car le d&#233;couplage complet de la croissance &#233;conomique et de la destruction de notre o&#239;kos est impossible. Le d&#233;mant&#232;lement de la fable du d&#233;veloppement durable et de la croissance verte (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-Dossier-Resilience-ecologique-Resistance-ou-resignation-" rel="directory"&gt;Dossier : R&#233;silience &#233;cologique. R&#233;sistance ou r&#233;signation ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Ecologie-et-environnement-+" rel="tag"&gt;Ecologie et environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Capitalisme-et-neoliberalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme et n&#233;olib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Consommation-marchandisation-et-+" rel="tag"&gt;Consommation, marchandisation et pub&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bouchez-Jeremie-+" rel="tag"&gt;Bouchez, J&#233;r&#233;mie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Provencal-Josee-+" rel="tag"&gt;Proven&#231;al, Jos&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3232.png?1642092267' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;577&#034; height=&#034;700&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les changements climatiques, et m&#234;me l'actuelle pand&#233;mie, sont les cons&#233;quences de notre d&#233;pendance &#224; des ressources naturelles existant en quantit&#233; limit&#233;e. Ces perturbations nous obligent &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; de nouveaux mod&#232;les de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Il ne suffit pas de &#171; r&#233;former &#187; ou &#171; verdir &#187; le capitalisme, car le d&#233;couplage complet de la croissance &#233;conomique et de la destruction de notre o&#239;kos est impossible. Le d&#233;mant&#232;lement de la fable du d&#233;veloppement durable et de la croissance verte s'impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comment accompagner l'humanit&#233; dans cette d&#233;marche ? Selon nous, une soci&#233;t&#233; postcroissance est possible si l'on applique les id&#233;es de la d&#233;croissance, une voie f&#233;conde pour r&#233;soudre le probl&#232;me de la perte de contr&#244;le climatique et social caus&#233;e par notre syst&#232;me &#233;conomique. Pour arriver &#224; une soci&#233;t&#233; d&#233;croissante, nous proposons un parcours en quatre &#233;tapes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Reconna&#238;tre les constats de la science&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Il n'est plus question en 2020 de nier la r&#233;alit&#233; des bouleversements climatiques et de ce que nous faisons subir &#224; la plan&#232;te et aux autres esp&#232;ces. La destruction rapide du vivant, l'acc&#233;l&#233;ration des d&#233;r&#232;glements climatiques ou le creusement des in&#233;galit&#233;s sont des faits document&#233;s par la science et les donn&#233;es sont probantes. Cependant, il semble encore n&#233;cessaire de marteler la v&#233;racit&#233; des preuves scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Remettre en question le capitalisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; La critique de l'industrialisation est loin d'&#234;tre nouvelle, nombreux sont les mouvements et les personnes qui ont d&#233;nonc&#233; ce ph&#233;nom&#232;ne au fil des derniers si&#232;cles. Il suffit de penser &#224; Karl Marx (1818&#8211;83) ou &#224; Mohandas Gandhi (1869&#8211;1948). Au XXe si&#232;cle, en 1972, le rapport &lt;em&gt;Les limites &#224; la croissance (dans un monde fini)&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dennis et Donella Meadows, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2013, 432 p.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du Club de Rome a &#233;t&#233; un des premiers &#224; soulever d'importantes pr&#233;occupations relatives &#224; la production industrielle et &#224; la consommation de masse. En 1987, le rapport &lt;em&gt;Notre avenir &#224; tous &lt;/em&gt;r&#233;v&#232;le quant &#224; lui l'inad&#233;quation entre le d&#233;veloppement &#233;conomique appuy&#233; sur la croissance et l'environnement. Au fond, le probl&#232;me est que l'imp&#233;ratif capitaliste du profit exige une croissance &#233;conomique continue et ind&#233;finie, qui impose une pression extr&#234;me aux &#233;cosyst&#232;mes, dont les ressources sont finies. Pourtant, les &#201;tats n'ont jamais formellement remis en question les fondements du syst&#232;me capitaliste, qui a provoqu&#233; une importante d&#233;gradation de l'environnement et qui, en d&#233;pit de quelques avanc&#233;es, a entra&#238;n&#233; une r&#233;gression sur le plan social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 2015, lors du Sommet de l'ONU sur les Objectifs du d&#233;veloppement durable (ODD) les &#201;tats ont adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233; les 17 objectifs devant tracer la voie &#224; suivre afin de &#171; &lt;em&gt;parvenir &#224; un avenir meilleur et plus durable pour tous&lt;/em&gt; &#187;. Or, un constat s'impose : le consensus que les participants ont pr&#233;tendu avoir obtenu est en v&#233;rit&#233; chim&#233;rique, puisque l'id&#233;e m&#234;me d'un &#171; d&#233;veloppement &#187; (c'est-&#224;-dire d'une croissance &#233;conomique) durable entre en contradiction avec la vaste majorit&#233; des ODD. Le d&#233;veloppement durable est un &#171; signifiant vide&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le d&#233;veloppement durable est un signifiant vide, en ce sens qu'il assure une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; qui ne remet nullement en question les assises du capitalisme. Le d&#233;veloppement durable, ou pire encore sa r&#233;incarnation sous le vocable de &#171; croissance verte &#187;, permet la perp&#233;tuation d'un mod&#232;le &#233;conomique d&#233;l&#233;t&#232;re et mortif&#232;re. Ces oxymores font croire &#224; des solutions techniques et innovantes pour l'ensemble des probl&#232;mes environnementaux. Ils donnent l'illusion que chacun&#183;e pourra sortir gagnant&#183;e de cette &#171; transition &#187; et qu'il sera possible d'engendrer ind&#233;finiment une croissance &#233;conomique sans nuire &#224; l'environnement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Giorgios Kallis, &#171; The Degrowth Alternative &#187;, Great Transition (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il convient de pr&#233;ciser que de plus en plus d'articles scientifiques publi&#233;s dans des revues &#224; comit&#233; de lecture ou dans des rapports de la &#171; litt&#233;rature grise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La litt&#233;rature grise est d&#233;finie comme tout document produit par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; insistent sur l'impossibilit&#233; de d&#233;coupler totalement la croissance &#233;conomique et la destruction de l'environnement. On peut citer le Bureau europ&#233;en de l'environnement (une f&#233;d&#233;ration de plus de 140 organisations environnementales) qui a publi&#233; en juillet 2019 un rapport au titre &#233;vocateur : &lt;em&gt;Le d&#233;couplage d&#233;mystifi&#233;. Preuve et arguments contre la croissance verte comme strat&#233;gie unique pour atteindre la durabilit&#233;&lt;/em&gt; (traduction libre)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; Decoupling debunked &#187;, 8 juillet 2019. Disponible en ligne.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En octobre 2020, plusieurs chercheur&#183;e&#183;s ont r&#233;alis&#233; une &#233;tude qui a analys&#233; 179 articles sur le d&#233;couplage publi&#233;s entre 1990 et 2019. Leur conclusion est qu'en l'absence de preuves empiriques solides ou de plans d&#233;taill&#233;s et concrets, la possibilit&#233; d'un d&#233;couplage total entre la croissance &#233;conomique et la destruction de l'environnement repose en partie sur la foi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir la pr&#233;sentation de l'&#233;tude dans Nafeez Ahmed, &#171; La &#8243;croissance verte&#8243; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Entreprendre une alphab&#233;tisation aux id&#233;es de la d&#233;croissance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Une nouvelle &#232;re postcroissance implique de d&#233;construire l'id&#233;e m&#234;me du d&#233;veloppement et de la croissance &#233;conomique qui l'accompagne, afin de d&#233;ployer un &#233;ventail des possibles, des propositions qui changeraient consid&#233;rablement la donne. Cesser de penser nos relations &#224; la soci&#233;t&#233; et &#224; la nature sous l'angle exclusif de l'&#233;conomie en est la premi&#232;re &#233;tape. La d&#233;croissance propose aussi de r&#233;fl&#233;chir sur notre rapport au temps et l'acc&#233;l&#233;ration de nos vies, de reconna&#238;tre le rapport ali&#233;nant toujours croissant que nous avons avec la technologie, en plus de prendre conscience que nous nous sommes dissoci&#233;&#183;e&#183;s de la nature &#8211; en imagination &#8211; alors que nous en faisons partie int&#233;grante.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Poser les bases des soci&#233;t&#233;s postcroissance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; Il existe bien entendu plusieurs visions de la d&#233;croissance. Celles-ci ont n&#233;anmoins en commun d'envisager de nouvelles fa&#231;ons de vivre ensemble, de consommer mieux, de produire moins et de mettre en place de nouvelles institutions pouvant subsister sans la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il n'est donc pas question de changer un mod&#232;le unique, le capitalisme, pour un autre mod&#232;le unique qui serait la d&#233;croissance. Il faut envisager la d&#233;croissance comme un cadre au sein duquel s'inscrivent des imaginaires, des identit&#233;s et des pens&#233;es diff&#233;rentes. La d&#233;croissance, bien qu'ancr&#233;e dans une culture militante radicale et critique, se veut ouverte et multiple. C'est dans cette diversit&#233; qu'elle trouve sa force&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Giacomo D'Alisa, Federico Demaria et Giorgos Kallis, D&#233;croissance. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, il serait saugrenu d'envisager un mod&#232;le unique de d&#233;croissance qui r&#233;pondrait &#224; la fois aux aspirations des gens de la ville et des r&#233;gions, ou encore &#224; celles des Occidentaux et des populations du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Assurer une transition du capitalisme vers la d&#233;croissance doit n&#233;cessairement s'effectuer du bas vers le haut. Des id&#233;es sont en &#233;mergence et des communaut&#233;s posent actuellement les jalons de l'adaptation aux crises &#233;cologiques. Des soci&#233;t&#233;s lib&#233;r&#233;es de l'imp&#233;ratif de la croissance seront ainsi beaucoup plus frugales. Elles produiront moins et se concentreront sur les besoins essentiels. Elles auront &#233;galement mis en place un revenu de base universel afin de lib&#233;rer du temps pour les activit&#233;s non r&#233;mun&#233;r&#233;es, diminuer les in&#233;galit&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Ambre Fourrier, Le revenu de base en question. De l'imp&#244;t n&#233;gatif au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et permettre aux communaut&#233;s les plus fragiles de mieux r&#233;sister aux d&#233;r&#232;glements climatiques. Une &#233;conomie postcroissance serait plus ancr&#233;e localement en r&#233;duisant les circuits de production/consommation tout en favorisant les communs. Elle permettrait une &#171; &lt;em&gt;coproduction de ce qu'il nous faut pour vivre, dans une perspective d'autosubsistance&lt;/em&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Yves-Marie Abraham, Gu&#233;rir du mal de l'infini. Produire moins, partager (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, et donc de renforcement des communaut&#233;s de fa&#231;on r&#233;ellement d&#233;mocratique, dans des lieux qui profiteront d'une excellente qualit&#233; de vie sur une plan&#232;te sur laquelle il sera plus difficile de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;em&gt;In fine&lt;/em&gt;, des soci&#233;t&#233;s mieux adapt&#233;es &#224; la r&#233;alit&#233; climatique et aux crises &#233;cologiques du XXIe si&#232;cle produiront moins, partageront plus et d&#233;cideront collectivement de la voie &#224; suivre, tout en &#233;tant lib&#233;r&#233;es de l'emprise du capitalisme qui nous m&#232;ne vers une voie sans issue. Inventer des soci&#233;t&#233;s postcroissance, c'est reconna&#238;tre la n&#233;cessit&#233; de transformer notre mode de vie. Il en va de notre salut et de notre devoir de faire honneur &#224; l'existence de la vie sur cette plan&#232;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dennis et Donella Meadows, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2013, 432 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le d&#233;veloppement durable est un signifiant vide, en ce sens qu'il assure une fonction de repr&#233;sentation qui sera toujours instable et sujette &#224; des transformations dues aux luttes de d&#233;finition qui l'accompagnent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Giorgios Kallis, &#171; The Degrowth Alternative &#187;, &lt;em&gt;Great Transition Initiative&lt;/em&gt;, f&#233;vrier 2015. &lt;a href=&#034;http://greattransition.org/publication/the-degrowth-alternative&#034;&gt;Disponible en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La litt&#233;rature grise est d&#233;finie comme tout document produit par les diff&#233;rents paliers gouvernementaux, les universit&#233;s, les entreprises et l'industrie, mais qui n'est pas contr&#244;l&#233; par l'&#233;dition commerciale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#171; Decoupling debunked &#187;, 8 juillet 2019. &lt;a href=&#034;http://eeb.org/decoupling-debunked1&#034;&gt;Disponible en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir la pr&#233;sentation de l'&#233;tude dans Nafeez Ahmed, &#171; La &#8243;croissance verte&#8243; est un mythe &#187;, &lt;em&gt;Vice&lt;/em&gt;, 27 juillet 2020. &lt;a href=&#034;http://www.vice.com/fr/article/qj4z9p/la-croissance-verte-est-un-mythe&#034;&gt;Disponible en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Giacomo D'Alisa, Federico Demaria et Giorgos Kallis, &lt;em&gt;D&#233;croissance. Vocabulaire pour une nouvelle &#232;re&lt;/em&gt;, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2015, 376 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Ambre Fourrier, &lt;em&gt;Le revenu de base en question. De l'imp&#244;t n&#233;gatif au revenu de transition&lt;/em&gt;, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2019, 152 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Yves-Marie Abraham, &lt;em&gt;Gu&#233;rir du mal de l'infini. Produire moins, partager plus, d&#233;cider ensemble&lt;/em&gt;, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2020, 280 p. Voir aussi la recension du livre dans &lt;em&gt;&#192; b&#226;bord !&lt;/em&gt;, no 85. &lt;a href=&#034;https://www.ababord.org/Guerir-du-mal-de-l-infini-Produire-moins-partager-plus-decider-ensemble&#034;&gt;Disponible en ligne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Jos&#233;e Proven&#231;al et J&#233;r&#233;my Bouchez font partie du groupe de recherche Pol&#233;mos sur la d&#233;croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration : Fr&#233;d&#233;ric Sasseville-Painchaud&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La fabrique du neuf</title>
		<link>https://www.ababord.org/La-fabrique-du-neuf</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/La-fabrique-du-neuf</guid>
		<dc:date>2021-02-08T20:40:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isabelle Bouchard</dc:creator>


		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Consommation, marchandisation et pub</dc:subject>
		<dc:subject>Bouchard, Isabelle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#201;rik Orsenna et St&#233;phane Qu&#233;r&#233;, La fabrique du neuf, Paris, Cherche-midi, 2018, 138 p. &lt;br class='autobr' /&gt; Si cet ouvrage &#233;tait une entreprise, il gagnerait le prix mondial de la diversification des produits tant l'ouvrage embrasse large ! On a parfois l'impression d'&#234;tre devant un catalogue des derni&#232;res tendances en mati&#232;re de technologies et de services offerts par les nouvelles &#171; start-ups &#187;. Le tout nouveau tout beau a encore la cote ! Comment pourrait-il en &#234;tre autrement ? &lt;br class='autobr' /&gt; L'&#339;uvre constitue en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-82-janvier-2020-" rel="directory"&gt;No 082 - janvier 2020&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Consommation-marchandisation-et-+" rel="tag"&gt;Consommation, marchandisation et pub&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Bouchard-Isabelle-+" rel="tag"&gt;Bouchard, Isabelle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton3066.jpg?1642092254' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;300&#034; height=&#034;497&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;rik Orsenna et St&#233;phane Qu&#233;r&#233;, &lt;i&gt;La fabrique du neuf&lt;/i&gt;, Paris, Cherche-midi, 2018, 138 p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Si cet ouvrage &#233;tait une entreprise, il gagnerait le prix mondial de la diversification des produits tant l'ouvrage embrasse large ! On a parfois l'impression d'&#234;tre devant un catalogue des derni&#232;res tendances en mati&#232;re de technologies et de services offerts par les nouvelles &#171; &lt;em&gt;start-ups&lt;/em&gt; &#187;. Le tout nouveau tout beau a encore la cote ! Comment pourrait-il en &#234;tre autrement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#339;uvre constitue en fait une r&#233;organisation s&#233;lective de 24 &#233;missions de radio qui se sont d&#233;roul&#233;es de 2014 &#224; 2018 et dans lesquelles, plus d'une centaine d'invit&#233;&#183;e&#183;s ont expos&#233; des situations mettant en &#233;vidence l'innovation, les changements et l'adaptation. Les auteurs ont choisi de les diviser en trois chapitres : Pourquoi changer ? Qui et quoi doit changer ? Comment changer ? Cette division discutable ordonne notre r&#233;flexion tant sur l'implacable logique du &#171; progr&#232;s technologique &#187; que sur ses cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pourquoi changer, selon le point de vue de directeurs ou directrices, de maires, de pr&#233;sidents, d'associ&#233;s, etc. ? Il y a consensus, il faut survivre : &#171; &lt;em&gt;Le paradoxe de ce monde d'innovations perp&#233;tuelles, c'est la prise de conscience unanime d'une urgence : il faut pr&#233;server. &lt;/em&gt; &#187; Ceux et celles qui doivent changer, ce sont les &#171; &lt;em&gt;consommacteurs&lt;/em&gt; &#187; qui ne sont plus plac&#233;s devant les monopoles des entreprises de gaz. La consommatrice et le consommateur (fran&#231;ais&#183;e ici) ont le choix et le pouvoir de combiner diff&#233;rentes sources d'&#233;nergie (biomasse, solaire, etc.) qu'ils et elles peuvent d&#233;sormais produire. Mais l&#224; ne s'arr&#234;tent pas leurs nouveaux pouvoirs. En effet, dor&#233;navant ils et elles peuvent aussi innover, par exemple en construisant des objets gr&#226;ce &#224; l'utilisation d'imprimantes 3D.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le chapitre trois de cette fabrique expose des moyens pour orienter le changement. Les auteurs ram&#232;nent des th&#232;ses naturalistes int&#233;ressantes. Pour eux, il faut changer pour imiter la nature ; l'imitation de la nature devient donc le rem&#232;de au changement. L'id&#233;e consiste &#224; transposer les lois de la nature dans le monde de l'industrie. Ainsi, l'altruisme naturel devrait forcer les organisations &#224; se pr&#234;ter des locaux, du mat&#233;riel et des id&#233;es. Le tout prend des allures qui frisent parfois l'&#233;sot&#233;risme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si l'ouvrage reste une pr&#233;sentation impressionniste du changement, illustr&#233;e abondamment par des histoires &#224; succ&#232;s de multinationales ou de toutes petites nouvelles entreprises plus anecdotiques que r&#233;ellement pertinentes, il a toutefois le m&#233;rite de nous rappeler &#224; quel point les soci&#233;t&#233;s ont chang&#233;, changent et changeront. Il a aussi celui d'insister sur la n&#233;cessit&#233; de notre adaptation, qu'elle soit choisie ou impos&#233;e. On regrette am&#232;rement que les points de vue de militant&#183;e&#183;s, de travailleuses&#183;eurs, de syndicats et de groupes communautaires soient totalement absents de ces r&#233;flexions sur ce &#171; &lt;em&gt;branloire p&#233;renne&lt;/em&gt; &#187; de Montaigne. C'e&#251;t &#233;t&#233; une garantie d'une r&#233;flexion critique plus syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<pre>Erreur d’exécution squelettes/inc-rss-item.html</pre>
<item xml:lang="fr">
		<title>Moi, c'est Tantale</title>
		<link>https://www.ababord.org/Moi-c-est-Tantale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Moi-c-est-Tantale</guid>
		<dc:date>2020-05-17T18:09:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Valentin Tardi</dc:creator>


		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Consommation, marchandisation et pub</dc:subject>
		<dc:subject>Tardi, Valentin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Andr&#233; Marois et Julien Castani&#233;, Moi, c'est Tantale, Montr&#233;al, Isatis, 2018, 56 pages. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous entendons de plus en plus, parler des m&#233;taux rares qui sont n&#233;cessaires aux technologies de pointe au c&#339;ur de notre quotidien. Il en va de m&#234;me de l'obsolescence programm&#233;e de nos biens de consommation ainsi que de l'exploitation humaine, des enfants notamment, pour nous fabriquer un fatras de bidules branch&#233;s plus ou moins intelligents. &lt;br class='autobr' /&gt;
Moi, c'est Tantale aborde de front ces enjeux sociaux et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-78-fevrier-mars-2019-" rel="directory"&gt;No 078 - f&#233;vrier / mars 2019&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Consommation-marchandisation-et-+" rel="tag"&gt;Consommation, marchandisation et pub&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Tardi-Valentin-+" rel="tag"&gt;Tardi, Valentin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2902.png?1642092241' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;288&#034; height=&#034;327&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Andr&#233; Marois et Julien Castani&#233;, &lt;i&gt;Moi, c'est Tantale&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Isatis, 2018, 56 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous entendons de plus en plus, parler des m&#233;taux rares qui sont n&#233;cessaires aux technologies de pointe au c&#339;ur de notre quotidien. Il en va de m&#234;me de l'obsolescence programm&#233;e de nos biens de consommation ainsi que de l'exploitation humaine, des enfants notamment, pour nous fabriquer un fatras de bidules branch&#233;s plus ou moins intelligents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Moi, c'est Tantale&lt;/em&gt; aborde de front ces enjeux sociaux et &#233;cologiques : le m&#233;tal y devient le personnage d'une histoire qui nous fait migrer avec les mati&#232;res premi&#232;res. Cet album jeunesse au large spectre nous fait cheminer de l'extraction du m&#233;tal rare (par un gamin congolais de dix ans) &#224; sa r&#233;duction en poudre au Japon, puis &#224; son incorporation, en Chine, dans un minuscule condensateur avant de se retrouver redirig&#233; vers une cha&#238;ne de montage de t&#233;l&#233;phones. &#199;a ne s'arr&#234;te pas l&#224;. En effet, il y a aussi un &#233;pisode europ&#233;en dans lequel un jeune, au fil de sa curiosit&#233;, se conscientise, se politise et milite. Toutefois, son t&#233;l&#233;phone finit trop t&#244;t &#224; la casse et les composantes reprennent la mer vers l'Asie dans l'espoir d'une renaissance. Malheureusement, tout n'&#233;tant pas r&#233;cup&#233;rable : vite &#224; la d&#233;charge !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voyage que nous propose Andr&#233; Marois nous met dans la peau des enfants et souligne les &#233;carts abyssaux entre eux et les jeunes occidentaux choy&#233;s. Les vifs dessins rouges et noirs de Julien Castani&#233; pr&#233;sentent des traits charbonneux qui interpellent l'imagination au point de prolonger l'exploration de l'&#233;crit. Question de poursuivre l'exp&#233;rience, outre des pistes documentaires et d'actions propos&#233;es en annexe, nous en apprenons &#233;galement encore sur le fameux Tantale. Ce personnage de la mythologie grecque qui, &#224; l'instar de notre soci&#233;t&#233; hyper d&#233;velopp&#233;e, fait office de splendide m&#233;taphore : vouloir encore et encore atteindre l'inaccessible &#8211; quitte &#224; immoler sa prog&#233;niture pour y parvenir !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>H&#233;ro&#239;sme et soci&#233;t&#233;</title>
		<link>https://www.ababord.org/Heroisme-et-societe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.ababord.org/Heroisme-et-societe</guid>
		<dc:date>2020-04-13T14:12:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Lagac&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Agriculture et alimentation</dc:subject>
		<dc:subject>Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier</dc:subject>
		<dc:subject>Consommation, marchandisation et pub</dc:subject>
		<dc:subject>Manchette</dc:subject>
		<dc:subject>Lagac&#233;, Francis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mon propre h&#233;ros personnel est rentr&#233; du travail, samedi, en fin de journ&#233;e compl&#232;tement fourbu, &#233;puis&#233; par les hordes de clientes et clients qui se pr&#233;cipitent dans les all&#233;es pour vider les &#233;tag&#232;res, exigeant qu'il soit l&#224; pour les remplir &#224; mesure, et qu'en m&#234;me temps il ne soit pas sur leur passage parce qu'elles et ils le voient comme un nid &#224; virus. Mais pourquoi donc les commis d'&#233;picerie ne sont pas comme les bonnes portugaises ? Invisibles et toujours &#224; la merci de la clochette qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.ababord.org/-Mini-dossier-en-ligne-Covid-19-et-ses-suites-" rel="directory"&gt;Dossier (en ligne) : Covid 19 et ses suites&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Agriculture-et-alimentation-+" rel="tag"&gt;Agriculture et alimentation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Travail-syndicalisme-et-mouvement-+" rel="tag"&gt;Travail, syndicalisme et mouvement ouvrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Consommation-marchandisation-et-+" rel="tag"&gt;Consommation, marchandisation et pub&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Manchette-+" rel="tag"&gt;Manchette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lagace-Francis-+" rel="tag"&gt;Lagac&#233;, Francis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2872.jpg?1642092239' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;3027&#034; height=&#034;3061&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mon propre h&#233;ros personnel est rentr&#233; du travail, samedi, en fin de journ&#233;e compl&#232;tement fourbu, &#233;puis&#233; par les hordes de clientes et clients qui se pr&#233;cipitent dans les all&#233;es pour vider les &#233;tag&#232;res, exigeant qu'il soit l&#224; pour les remplir &#224; mesure, et qu'en m&#234;me temps il ne soit pas sur leur passage parce qu'elles et ils le voient comme un nid &#224; virus. Mais pourquoi donc les commis d'&#233;picerie ne sont pas comme les bonnes portugaises ? Invisibles et toujours &#224; la merci de la clochette qui les commande ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Sa mission ? &#192; part recevoir les insultes et entendre les g&#233;missements, cris, vocif&#233;rations, lamentations, m&#233;lop&#233;es et autres &lt;em&gt;dies irae&lt;/em&gt; d'une client&#232;le en proie &#224; la d&#233;tresse et &#224; l'affliction, il est charg&#233; entre autres de faire repousser l'herbe l&#224; o&#249; Attila et ses Huns sont pass&#233;s. Au milieu du peuple qui d&#233;chire sa chemise, se frappe la poitrine et hurle au d&#233;sespoir, il doit remettre du stock sur les tablettes en &#233;vitant de se faire frapper par les paniers v&#233;loces et de se faire enfoncer dans les &#233;talages par le chaland&#183;la chalande (on a envie de dire &#171; l'achalant&#183;l'achalante &#187;) qui le repousse de toutes ses forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une anecdote illustrera un processus incessament r&#233;it&#233;r&#233; comme un rituel sacrificiel : des camarades avaient emport&#233; dans une all&#233;e une palette de sacs de farine pour pouvoir regarnir les &#233;tag&#232;res d&#233;vast&#233;es. Les consommatrices&#183;consommateurs se sont ru&#233;&#183;e&#183;s sur la palette, d&#233;chirant le plastique qui la recouvrait pour s'emparer au plus vite et en premier d'un sac de farine tels des fourmis qui se jettent sur le sucre. &#192; la diff&#233;rence des fourmis qui chacune reprennent un morceau de sucre pour le rapporter &#224; la fourmili&#232;re, les individus ici se battent et se d&#233;chirent comme des hy&#232;nes &#224; savoir qui en aura le plus. S'il n'y avait pas la limite de deux par personne, &#231;a finirait dans le sang. En fait, les comparaisons animales sont inexactes. Chez les loups, le m&#226;le alpha mange &#224; sa faim en premier, puis laisse les autres se nourrir. Il ne cherche pas &#224; tout prix &#224; en priver les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette folie d&#233;voratrice signe notre impuissance individuelle en tant que rouage isol&#233; du capitalisme confin&#233; &#224; son r&#244;le de p&#244;le consommateur dans le flux des produits, id&#233;al ultime de l'h&#233;g&#233;monie marchande. Ce ph&#233;nom&#232;ne est bien d&#233;crit par Corrine Dupr&#233; dans &lt;em&gt;Cannibalisme et capitalisme&lt;/em&gt;. En ne d&#233;passant pas la conscience individuelle qui nous est assign&#233;e, on se prive de toute une partie de son &#234;tre, de la pens&#233;e plus large, de l'appartenance &#224; la soci&#233;t&#233;. On n'a pas alors la reconnaissance de l'autre en soi ni de soi en l'autre. On ne touche pas la r&#233;alit&#233;, toujours plus vaste que notre identit&#233; rabougrie d'individu, comme le d&#233;montre &#233;loquemment Miguel Benasayag dans &lt;em&gt;Le mythe de l'individu&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Et il faudra bien, un jour, plus tard, r&#233;apprendre &#224; se toucher autrement que par la pens&#233;e pour enfin r&#233;aliser le beau slogan du Front homosexuel d'action r&#233;volutionnaire : &#171; Prol&#233;taires de tous les pays, caressez-vous ! &#187; &#192; cet &#233;gard, une pens&#233;e moins marchande et plus humaine aurait permis que des h&#244;pitaux disposent de stocks suffisants d'&#233;quipements et de m&#233;dicaments, ce qui pourrait r&#233;duire d'autant les craintes de d&#233;bordement et le confinement qui en d&#233;coule. Tout comme une meilleure compr&#233;hension des besoins humains ne ferait pas courir de mani&#232;re effr&#233;n&#233;e les pions au service de la machine &#224; flux tendu des marchandises, qui alimente en m&#234;me temps la machine &#224; d&#233;vastation environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est pourquoi la&#183;le prol&#233;taire ne se limite au cadre restreint de son individualit&#233;. Ielle en d&#233;borde largement dans tous ses contacts d'&#234;tre social et dans toute sa r&#233;alit&#233; cr&#233;&#233;e par son environnement, ses exp&#233;riences, et la pens&#233;e qui circule en elle&#183;lui non pas comme une marchandise, mais comme un potentiel connect&#233; sur l'&#234;tre-l&#224; de la culture toujours en train de se contruire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour d&#233;passer, c'est-&#224;-dire &#224; la fois assumer et transcender, son destin tragique, l'h&#233;ro&#239;ne ou le h&#233;ros ne se contente pas de d&#233;fier les dieux ; elle ou il se met au service des autres. Elle ou il ne roule pas sa pierre en vain ; elle ou il s'en sert pour entretenir le chemin que les autres empruntent &#224; leur passage. C'est ainsi que l'h&#233;ro&#239;sme n'est plus un exploit individuel, mais un r&#244;le social.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : Isabelle Bouchard&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des Affam&#233;s &#224; La Chute de l'empire am&#233;ricain</title>
		<link>https://www.ababord.org/Des-Affames-a-La-Chute-de-l-empire-americain</link>
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		<dc:date>2020-01-17T21:41:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Marie Le Saux</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Analyse du discours</dc:subject>
		<dc:subject>Consommation, marchandisation et pub</dc:subject>
		<dc:subject>Le Saux, Anne-Marie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Anim&#233;e par un insatiable app&#233;tit pour le cin&#233;ma, j'avais d'abord imagin&#233; un bref billet sur le film Les Affam&#233;s de Robin Aubert. En d&#233;pit de mon int&#233;r&#234;t quant &#224; la singularit&#233; de ce cin&#233;aste, il ne me semblait pas &#233;vident de commenter ce film dont je salue toutefois la particularit&#233; : naviguer avec brio &#224; travers les codes de l'horreur et du fantastique dans le contexte de la cin&#233;matographie qu&#233;b&#233;coise demeure une avenue pour le moins rarissime. &lt;br class='autobr' /&gt;
En tant que cin&#233;phile, je crois r&#233;solument (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Le-Saux-Anne-Marie-+" rel="tag"&gt;Le Saux, Anne-Marie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2828.jpg?1642092236' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;1192&#034; height=&#034;849&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Anim&#233;e par un insatiable app&#233;tit pour le cin&#233;ma, j'avais d'abord imagin&#233; un bref billet sur le film &lt;i&gt;Les Affam&#233;s&lt;/i&gt; de Robin Aubert. En d&#233;pit de mon int&#233;r&#234;t quant &#224; la singularit&#233; de ce cin&#233;aste, il ne me semblait pas &#233;vident de commenter ce film dont je salue toutefois la particularit&#233; : naviguer avec brio &#224; travers les codes de l'horreur et du fantastique dans le contexte de la cin&#233;matographie qu&#233;b&#233;coise demeure une avenue pour le moins rarissime.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En tant que cin&#233;phile, je crois r&#233;solument en la pertinence de visionner tout autant le cin&#233;ma de r&#233;pertoire que celui qui s'adresse &#224; un plus large public. C'est pour cette raison que l'&#233;criture d'un bref commentaire sur la toute derni&#232;re production cin&#233;matographique de Denys Arcand me semblait aussi une avenue stimulante. Bien que tout semble &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt; s&#233;parer ces deux films quant &#224; leurs esth&#233;tiques cin&#233;matographiques, aux lieux des intrigues et aux th&#232;mes abord&#233;s, ils proposent &#224; leurs mani&#232;res respectives un regard critique sur notre rapport &#224; la soci&#233;t&#233; de consommation.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La soci&#233;t&#233; vue &#224; la mani&#232;re d'Aubert et d'Arcand&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mettant en sc&#232;ne des &#234;tres d&#233;shumanis&#233;s qui &#233;rigent de hautes structures compos&#233;es de meubles et d'objets h&#233;t&#233;roclites &#224; travers de vastes champs, &lt;em&gt;Les Affam&#233;s&lt;/em&gt; semble proposer une certaine critique de la soci&#233;t&#233; de consommation. Une soci&#233;t&#233; de consommation qui, comme l'&#233;voquait le philosophe Jean Baudrillard, se compose d'objets qui nous consomment. Au sein de cette derni&#232;re, l'objectivation des relations sociales, du corps et des individus a pris le pas sur le sujet et remplace le &#171; monde r&#233;el &#187; par des signes et des images, donnant ainsi l'illusion que le faux, l'image, le simulacre sont plus vrais que le r&#233;el lui-m&#234;me.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette critique de la soci&#233;t&#233; de consommation, qui se d&#233;ploie au sein des &lt;em&gt;Affam&#233;s&lt;/em&gt;, semble r&#233;sonner &#224; travers la fascination qu'exerce cet amoncellement d'objets du quotidien sur ces &#234;tres d&#233;sormais zombifi&#233;s. Ces derniers s'immobilisent &#224; plusieurs reprises devant cette force tot&#233;mique sacralisant ce qui a &#233;t&#233; une soci&#233;t&#233; de consommation, qui a fini par d&#233;truire la soci&#233;t&#233;. Par ses structures et ses institutions, la soci&#233;t&#233; parvenait jadis &#224; cr&#233;er un tissu social suffisamment significatif agissant comme rempart &#224; un individualisme exacerb&#233;, individualisme symbolis&#233; par ces zombies.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que les hautes structures se dressant au sein des &lt;em&gt;Affam&#233;s&lt;/em&gt;, structures brillamment r&#233;alis&#233;es par la directrice artistique Andr&#233;-Line Beauparlant, rappellent par leur esth&#233;tique et leur symbolique &lt;em&gt;Parc industriel&lt;/em&gt;, une installation &#233;ph&#233;m&#232;re in situ &#224; l'angle des rues Sherbrooke et Clark, pr&#233;sent&#233;e il y a quelques ann&#233;es par le collectif artistique ATSA. Cette installation, qui prenait la forme d'un faux site touristique arch&#233;ologique du futur, &#233;tait compos&#233;e de rebus et d'objets de consommation h&#233;t&#233;roclites. Elle se voulait une invitation &#224; d&#233;couvrir notre civilisation d&#233;chue, permettant ainsi une foisonnante r&#233;flexion sur notre rapport aux objets, &#224; l'environnement, &#224; la soci&#233;t&#233;, au sacr&#233;, &#224; l'autre. &#192; l'instar de l'arche colossale compos&#233;e de rebus qui se retrouvait &#224; l'entr&#233;e du site &lt;em&gt;Parc industriel&lt;/em&gt;, les imposantes structures principalement compos&#233;es de chaises dans&lt;em&gt; Les Affam&#233;s&lt;/em&gt; expriment la menace anthropologique que constitue le cycle de production infini sur lequel repose les soci&#233;t&#233;s comme la n&#244;tre.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, &lt;em&gt;La Chute de l'empire am&#233;ricain &lt;/em&gt;pr&#233;sente une critique du consum&#233;risme et du capitalisme financiaris&#233;, se d&#233;clinant cette fois &#224; travers une explication didactique des &#233;vasions fiscales et par le tourment de ce jeune doctorant en philosophie qui, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; t&#233;moin d'un vol &#224; main arm&#233;e rat&#233;, ne peut s'emp&#234;cher de s'emparer des deux sacs remplis de billets de banque qui s'offrent &#224; lui. Quelques questions le taraudent alors : comment trouver le moyen de conserver plus de 10 millions de dollars en liquide sans alerter quiconque et pourquoi ne pas utiliser ce montant d'argent pour faire le bien ?&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse qu'offre Arcand &#224; travers les actions de ses trois principaux personnages &#8211; le livreur-philosophe, l'escorte se pr&#233;sentant &#224; ses clients sous le nom d'Aspasie (du nom de la courtisane cultiv&#233;e qui a eu une certaine influence sur la politique dans l'Ath&#232;nes antique) et l'ex-d&#233;tenu-justicier &#8211; demeure d&#233;cevante. Les bonnes actions de ces personnages s'adonnant &#224; la charit&#233; ne reposent que sur des bases individuelles emp&#234;chant d'envisager une action collective et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie emprunt&#233;e par Aubert semble plus subtile, mais quelque peu nihiliste. Devant l'effondrement de la soci&#233;t&#233; comme pouvoir collectif nous liant inexorablement les uns aux autres par la force r&#233;gulatrice de ses diverses institutions, il ne reste que des individus ne pouvant compter que sur eux-m&#234;mes rencontrant sur les routes sillonn&#233;es par quelques rares vivants non zombifi&#233;s bien peu d'&#233;lans de solidarit&#233;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le langage face aux d&#233;rives&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il m'apparaissait pertinent de terminer ce billet en proposant quelques brefs commentaires sur le rapport au langage &#224; travers ces deux films. L'&#339;uvre contemplative d'Aubert trouve sa beaut&#233; et sa singularit&#233; par un travail sonore discret et pourtant bien pr&#233;sent, quelques magnifiques plans d'Ham-Nord et le peu de mots &#233;chang&#233;s par ses personnages. Ne pourrions-nous pas voir &#224; travers les silences qui habitent ce film un &#233;cho &#224; la difficult&#233; de dire, de mettre en mots ce &#224; quoi les humains font face lorsqu'il n'y a plus de cadre (de soci&#233;t&#233;) pouvant les accueillir et donner du sens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;conomie de mots qui dessinent les pourtours cin&#233;matographiques des &lt;em&gt;Affam&#233;s&lt;/em&gt; s'oppose, au sein de &lt;em&gt;La Chute de l'empire am&#233;ricain&lt;/em&gt;, un d&#233;ferlement de citations de quelques grands philosophes. Les dialogues des personnages, &#233;corchant tant&#244;t les politicien&#183;ne&#183;s de tous les horizons, tant&#244;t les militant&#183;e&#183;s de gauche et les magnats de la finance, ne soutiennent que tr&#232;s rarement les pens&#233;es des grands philosophes cit&#233;s. Des citations sont lanc&#233;es, mais rarement approfondies &#224; travers les conversations ; elles servent plut&#244;t de r&#233;pliques &#224; une blague ou s'offrent comme amorces ou chutes &#224; certaines sc&#232;nes. La sc&#232;ne d'ouverture du film o&#249; le doctorant en philosophie se d&#233;sole en discutant avec sa copine de la soci&#233;t&#233; de consommation, du pouvoir de l'argent, du manque d'intelligence et d'&#233;rudition de celles et ceux qui colonisent le petit &#233;cran et le monde de la finance demeure l'une des seules sc&#232;nes o&#249; les citations de certains philosophes ne font pas uniquement office d'ornementations.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; certaines critiques pertinentes port&#233;es par les personnages quant &#224; la valeur donn&#233;e &#224; l'argent, aux d&#233;rives d'un capitalisme financiaris&#233; et de la rectitude politique, cette proposition cin&#233;matographique manque ind&#233;niablement de finesse. &#192; l'image de la soci&#233;t&#233; de consommation, les dialogues restent en surface, r&#233;duisant ainsi la critique. De surcro&#238;t, le d&#233;fil&#233; tapageur de vedettes qu&#233;b&#233;coises, les plans plut&#244;t convenus de la ville de Montr&#233;al et les citations intellectuelles rarement approfondies laissent peu de place &#224; ce qui m'interpelle davantage comme cin&#233;phile : une &#339;uvre qui d&#233;passe la critique didactique. Le dernier plan d'Arcand trouve toutefois une certaine r&#233;sonnance politique : &#224; travers les quelques visages d'itin&#233;rants autochtones qui y d&#233;filent, une illustration peut-&#234;tre de trop d'ann&#233;es d'humiliations, d'appropriations, de dominations par divers pouvoirs institutionnels invisibilisant les nations autochtones et les r&#233;duisant au silence.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Manuel de l'anti-tourisme</title>
		<link>https://www.ababord.org/Manuel-de-l-anti-tourisme-2819</link>
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		<dc:date>2020-01-12T18:35:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Simon Lindsay</dc:creator>


		<dc:subject>Mondialisation et &#171; libre-&#233;change &#187;</dc:subject>
		<dc:subject>Livres</dc:subject>
		<dc:subject>Consommation, marchandisation et pub</dc:subject>
		<dc:subject>Lindsay, Simon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rodolphe Christin, Manuel de l'anti-tourisme, Montr&#233;al, Ecosoci&#233;t&#233;, 2017, 144 pages. &lt;br class='autobr' /&gt; Sept ans apr&#232;s la parution initiale de l'essai, Rodolphe Christin nous revient avec une version &#171; revue et augment&#233;e &#187; de son Manuel de l'anti-tourisme. Au grand dam de l'auteur, certaines des tendances lourdes d&#233;crites et d&#233;cri&#233;es dans l'ouvrage de 2010 ne se sont pas att&#233;nu&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt; Bien au contraire : si les touristes proviennent toujours majoritairement des pays occidentaux et des classes les plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Consommation-marchandisation-et-+" rel="tag"&gt;Consommation, marchandisation et pub&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Lindsay-Simon-+" rel="tag"&gt;Lindsay, Simon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.ababord.org/IMG/logo/arton2819.png?1642092236' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; width=&#034;289&#034; height=&#034;433&#034; alt=&#034;&#034;/&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rodolphe Christin, &lt;i&gt;Manuel de l'anti-tourisme&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, Ecosoci&#233;t&#233;, 2017, 144 pages.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Sept ans apr&#232;s la parution initiale de l'essai, Rodolphe Christin nous revient avec une version &#171; &lt;em&gt;revue et augment&#233;e&lt;/em&gt; &#187; de son &lt;em&gt;Manuel de l'anti-tourisme&lt;/em&gt;. Au grand dam de l'auteur, certaines des tendances lourdes d&#233;crites et d&#233;cri&#233;es dans l'ouvrage de 2010 ne se sont pas att&#233;nu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Bien au contraire : si les touristes proviennent toujours majoritairement des pays occidentaux et des classes les plus privil&#233;gi&#233;es, ils pourraient repr&#233;senter 1,8 milliard d'arriv&#233;es d'ici 2030. En fait, les pr&#233;visions de l'Organisation mondiale du tourisme, que l'auteur qualifie d'optimistes dans sa nouvelle pr&#233;face, apparaissent de plus en plus conservatrices. L'industrie touristique produit maintenant pr&#232;s de 10 % des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Rien ne semble pouvoir all&#233;ger le &#171; &lt;em&gt;triple poids&lt;/em&gt; &#187; du tourisme, soit son poids &#233;conomique, son poids &#233;cologique et son poids culturel. Pas m&#234;me les tourismes &#171; &lt;em&gt;responsables&lt;/em&gt; &#187;, &#171; &lt;em&gt;humanitaires&lt;/em&gt; &#187; et autres &#171; &#233;cotourismes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En dressant l'histoire parall&#232;le des cong&#233;s pay&#233;s et du &#171; &lt;em&gt;devoir de vacances&lt;/em&gt; &#187;, l'auteur pr&#233;sente le tourisme comme parfait outil de maintien de l'ordre social, comme &#171; &lt;em&gt;repos du guerrier-travailleur &lt;/em&gt; &#187;. Car c'est pour se reposer, mais aussi pour fuir la monotonie de son quotidien que le travailleur devient touriste lorsqu'il est en vacances. C'est pr&#233;cis&#233;ment dans le contexte du travail salari&#233; que cette migration temporaire a du sens. Et c'est ainsi que Christin propose de voir le tourisme comme &#171; &lt;em&gt;une mani&#232;re de g&#233;rer les ressources humaines et de mettre en production les territoires &lt;/em&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ouvrage de Christin est plus qu'une recension des impacts de l'industrie, notamment &#233;cologiques (surd&#233;veloppement et surmenage des destinations touristiques, contribution aux &#233;missions de GES, etc.) ou culturels (occidentalisation du monde, folklorisation des pratiques et rites traditionnels au profit de simulations commercialisables). Le tourisme, plaide-t-il, tue le voyage. L'&#171; &lt;em&gt;offre structur&#233;e&lt;/em&gt; &#187;, &#224; savoir les itin&#233;raires planifi&#233;s, l'uniformisation des services de l'industrie, la standardisation des destinations d'accueil, rend impossible de vagabonder vraiment &#224; sa guise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Sa probl&#233;matique s'&#233;largissant &#224; la critique du tourisme &#224; la fois comme outil et sympt&#244;me d'un syst&#232;me &#233;conomique ultra-in&#233;galitaire, il ne s'aventure pas &#224; montrer une issue d&#233;finitive. Lui-m&#234;me touriste de son propre aveu, il propose n&#233;anmoins des pistes de r&#233;flexion pour un loisir plus durable, pour &#171; &lt;em&gt; voyager en profondeur&lt;/em&gt; &#187;, mais pour un mouvement collectif pour mettre fin &#224; la &#171; &lt;em&gt; touristification du monde&lt;/em&gt; &#187;. On lira &#224; profit &#171; Le tourisme enferm&#233; &#187;, en annexe, dont le texte original est paru dans un autre ouvrage de Christin dans lequel il approfondit davantage le tourisme comme outil de management social.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Fermer les rideaux sur les m&#233;dias sociaux</title>
		<link>https://www.ababord.org/Fermer-les-rideaux-sur-les-medias-sociaux</link>
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		<dc:date>2019-12-08T12:46:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne-Sophie Letellier</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias et journalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Technologies, informatique et internet</dc:subject>
		<dc:subject>Consommation, marchandisation et pub</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie et espace public</dc:subject>
		<dc:subject>Letellier, Anne-Sophie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il est pratiquement impossible d'&#233;chapper au pistage des g&#233;ants du num&#233;rique. M&#234;me une personne ne poss&#233;dant pas de compte Facebook, Twitter, Google ou autre risque de se retrouver dans les bases de donn&#233;es de ces plateformes &#224; travers les donn&#233;es r&#233;colt&#233;es sur les sites web visit&#233;s ou les publications de ses connaissances. Outre la collecte de donn&#233;es op&#233;r&#233;e par ces entreprises, les m&#233;dias sociaux sont une mine d'informations pour quiconque &#8211; un futur employeur, un stalker ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.ababord.org/-No-75-ete-2018-" rel="directory"&gt;No 075 - &#233;t&#233; 2018&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Medias-et-journalisme-+" rel="tag"&gt;M&#233;dias et journalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Technoculture-et-informatique-+" rel="tag"&gt;Technologies, informatique et internet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Consommation-marchandisation-et-+" rel="tag"&gt;Consommation, marchandisation et pub&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Democratie-et-espace-public-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie et espace public&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.ababord.org/+-Letellier-Anne-Sophie-+" rel="tag"&gt;Letellier, Anne-Sophie&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, il est pratiquement impossible d'&#233;chapper au pistage des g&#233;ants du num&#233;rique. M&#234;me une personne ne poss&#233;dant pas de compte Facebook, Twitter, Google ou autre risque de se retrouver dans les bases de donn&#233;es de ces plateformes &#224; travers les donn&#233;es r&#233;colt&#233;es sur les sites web visit&#233;s ou les publications de ses connaissances. Outre la collecte de donn&#233;es op&#233;r&#233;e par ces entreprises, les m&#233;dias sociaux sont une mine d'informations pour quiconque &#8211; un futur employeur, un stalker ou un adversaire politique &#8211; souhaite en savoir plus sur vous ou votre entourage. Heureusement, il existe plusieurs mani&#232;res de tirer les rideaux sur les m&#233;dias sociaux afin d'am&#233;liorer la protection de sa vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;Le consentement, c'est la base&lt;/span&gt;&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'importance du consentement est une dimension de nos habitudes qui tend &#224; s'effacer &#224; une &#233;poque o&#249; l'on nous invite &#224; nous exprimer de mani&#232;re exhaustive en ligne. En comprenant le consentement comme &#233;tant le pouvoir d'accepter ou non une situation en connaissance de cause, il est facile de voir comment le principe tend &#224; &#234;tre probl&#233;matique sur les m&#233;dias sociaux. De par la collecte de donn&#233;es et de m&#233;tadonn&#233;es par les plateformes, le contr&#244;le qu'un individu peut exercer sur son identit&#233; num&#233;rique est limit&#233;.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me du consentement peut &#233;galement relever d'actions en apparence anodine : publier une photo o&#249; toutes les personnes n'ont pas explicitement donn&#233; leur accord pr&#233;alable, t&#233;l&#233;charger une application ou r&#233;pondre &#224; un quiz qui demande un acc&#232;s &#224; l'ensemble des contacts d'un individu, etc. Pour toutes ces situations, il est important de penser &#224; la mani&#232;re de changer la culture autour du consentement sur les m&#233;dias sociaux. L'objectif n'est pas de cesser de &#171; taguer &#187; des gens ni de publier des photos, mais plut&#244;t de ne pas forc&#233;ment tenir pour acquis qu'une personne accepte d'&#234;tre identifi&#233;e en ligne ou qu'elle accepte que les informations accessibles sur son profil public soient remises &#224; une compagnie afin que vous puissiez avoir acc&#232;s &#224; un quiz amusant. En cas doute, demandez-le &#224; la personne&#8230; ou ne partagez pas l'information !&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;span style=&#034;color:#b22222;&#034;&gt;Des param&#232;tres &#224; r&#233;gler&lt;/span&gt;&lt;br&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si renforcer le principe du consentement est une base n&#233;cessaire pour une utilisation des m&#233;dias sociaux plus respectueuse de la vie priv&#233;e, un contr&#244;le efficace des param&#232;tres de confidentialit&#233; est une op&#233;ration n&#233;cessaire pour fermer les rideaux d'une maison autrement entour&#233;e de fen&#234;tres, donc offerte au regard de quiconque int&#233;ress&#233; de voir ce qu'il se passe &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les informations partag&#233;es r&#233;guli&#232;rement peuvent para&#238;tre inoffensives, il n'en reste pas moins que prises ensembles, hors contexte et enrichies de l'interpr&#233;tation d'autrui, elles peuvent raconter une histoire qui n'est pas la v&#244;tre. Par exemple, les groupes Facebook auxquels vous appartenez, les pages que vous avez aim&#233;es autant que vos photos de soir&#233;es un peu trop arros&#233;es peuvent rebuter un futur employeur ou donner des indications &#224; un adversaire pour vous discr&#233;diter. Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;es, indiquer votre lieu de travail, la ville o&#249; vous habitez et identifier les membres de votre famille peuvent en dire beaucoup &#224; une personne malintentionn&#233;e qui pourra ensuite utiliser vos contacts comme source de vuln&#233;rabilit&#233;, pour casser un de vos mots de passe par exemple.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette raison, resserrer ses param&#232;tres de confidentialit&#233; est g&#233;n&#233;ralement un choix judicieux dans la mesure o&#249; cela permet d'assurer une meilleure int&#233;grit&#233; contextuelle de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte o&#249; la majorit&#233; des services que nous utilisons r&#233;coltent et mettent en relation une panoplie de donn&#233;es sur nos activit&#233;s num&#233;riques et celles des personnes avec qui nous interagissons et o&#249; il est particuli&#232;rement difficile de pr&#233;voir les effets &#224; long terme, la s&#233;curit&#233; num&#233;rique et la protection de la vie priv&#233;e deviennent r&#233;ellement l'affaire de tous et toutes. Prot&#233;ger ses arri&#232;res n'est pas suffisant, il faut aussi d&#233;velopper une meilleure consid&#233;ration pour les autres individus qui se trouvent dans nos cercles.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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